[Paris/Affiche] A Bas la France

A BAS LA FRANCE. 

Parce que nous n’oublions aucune de ces horreurs, parce que ces massacres et ses bombardements qu’ils soient humanitaires, colonialistes ou nationalistes, pour du pétrole ou pour son honneur nous ont exterminés, nous ont fait croire qu’il n’était plus possible de choisir la rébellion. Nous lui crachons dessus, nous nous essuyons avec son drapeau, nous dégueulons sa marseillaise, nous brûlons ses postes-frontières et nous profanons ses sanctuaires et ses idoles tâchées de sang de nos frères et soeurs apatrides.

A BAS TOUTES LES NATIONS ET LES FRONTIÈRES. Parce que la prétendue appartenance nationale n’est pas innée, mais enseignée à coup de servitude, parce que c’est un concept religieux, on est français, tunisien, portugais ou malien exactement comme on est chrétien, musulman ou juif, et on vote exactement comme on va à la messe. Parce que c’est au nom des nations que riches et puissants d’endroits différents mais tous de la même puanteur, se font la guerre à coup de chair à canon. A bas toutes les frontières, parce que, comme toutes les autres normes, elles définissent les indésirables et elles séparent les bonnes des mauvaises graines, français ou immigré, avec ou sans papiers, barbare ou civilisé. C’est en leur nom que chaque jour, l’ordure étatique et policière et les collaborateurs de la machine à expulser raflent, enferment, expulsent et tirent à vue le long des lignes de démarcations étatiques.

A BAS TOUS LES POLITICIENS. Parce ce sont eux qui administrent la si banale apocalypse permanente dans laquelle nous vivons depuis des siècles, passant des mains des maîtres à celles des curés puis des propriétaires pour finir sous la coupe de la marchandise et du contrôle diffus. Car que ce soit à coup de frappes chirurgicales, de matraque, de justice, de guerres propres ou de paix sale, de prison et de turbin, de camps humanitaires, de concentration ou d’extermination, de référendum, de beaux discours ou de bombes atomiques, les politiciens n’ont pour seul but que de maintenir leur pouvoir et de l’étendre, se concurrençant les uns les autres pour la mainmise sur le bétail du parc humain.

A BAS LA RÉSIGNATION. Parce que la liberté n’apparaîtra pas miraculeusement, parce que le capitalisme ne s’effondrera pas tout seul, parce que ceux qui tombent sur les lignes de front de la guerre sociale ne doivent pas rester seuls face aux juges et autres croque-morts de ce monde, parce qu’il ne sert à rien de se plaindre et que nous ne voulons plus être des victimes, parce qu’il n’y a qu’une seule entité réelle, la terre, et que dans les conditions qui nous y sont faites, il n’y a qu’une seule façon d’y vivre : à couteaux tirés avec ce monde de fric, de prison, de pouvoir, de contrôle, de médiocrité et d’ennui.

Parce qu’on ne peut entrer dans un monde meilleur autrement que par effraction.

Dans cette guerre sociale, n’écoutons plus les sirènes nationalistes et politiques, car comme les feuilles, les promesses tomberont l’automne venu. Dans un monde où toute liberté est désordre sauf celle de consommer et de choisir son maître, il n’y a rien à défendre, mais tout un ordre à attaquer partout où il se trouve.

Pour un monde sans Etats, ni patries, ni frontières, ni prisons, ni nations.

Que nos passions détruites se transforment en passions destructrices

[Affiche trouvée sur les murs de Paris, avril 2013.]

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Source: Base de données anarchistes, 10 mai 2013

[Publication] Résistons ensemble n°119 – Mai 2013

La tradition de la haine

Il y avait du monde, une foule énorme excitée qui découvrait les joies de s’approprier la ville, d’affirmer sa puissance. La plupart de ceux qui manifestent le font pour la première fois. Sous les banderoles pour la défense de la « famille traditionnelle », se sont retrouvés partis de droite, organisations catholiques et musulmanes, extra et ultra droites fascisantes et islamophobes. Mais l’ampleur de la mobilisation était plus importante que la clientèle habituelle des organisateurs. Une foule qui puait la haine. Au-delà du rejet du projet de loi sur le « mariage gay », c’est leur volonté de s’accrocher au vieux monde, aux préceptes de la religion, de rejeter l’Autre qui les réunissait. Ces gens, dont l’écrasante majorité vit, en dépit de – ou grâce à – la crise, dans l’aisance, sinon dans la richesse, osent dénoncer, d’une manière démagogique, le chômage et la baisse du pouvoir d’achat.

La Ve République s’enfonce dans les marécages. Dans les années 1920-30 en Allemagne et en Italie c’était pareil. Ce sont les Républiques « démocratiques », la gôche impuissante qui a ouvert la voie à Mussolini et à Hitler.

Alors le fascisme est déjà là ? Non. Les groupes paramilitaires néo-nazis ne paradent pas en France en uniforme noir comme en Grèce ou en Hongrie. Mais à ce rythme-là ça risque d’aller vite. C’est quand même la première fois depuis les mouvements pour l’« Algérie française » que l’extrême droite fascisante « non parlementaire » a pu s’intégrer à une mobilisation massive, englobant bourgeois et Églises… Une mobilisation qui a aussi permis à nombre d’activistes d’extrême droite de se rencontrer et de tisser des liens durables qui seront déterminants dans les prochaines années : il faudra compter sur leur présence régulière dans la rue.

La rue est à nous, affirmaient y compris face à la police des centaines de milliers de manifestants, le « sang va couler » a osé cracher tranquillement leur égérie Frigide Barjot. Il ne faut pas se leurrer, face à eux il n’y a rien à attendre des partis de gôche, exsangues et paralysés par l’ivresse et la corruption du pouvoir.

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[Publication] Sortie du journal ‘Barouf’ #1

Un brouhaha de discussions et de rencontres

Des explosions d’idées subversives et d’envies de révolte

Un vacarme pour affronter ce monde ici et maintenant sans rien attendre des politiciens et de ceux qui veulent nous représenter

…Pour que notre désir de se débarrasser de toute autorité, domination et exploitation fasse du bruit !

journalbarouf [arobaz] riseup.net – barouf.noblogs.org

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Balade sous contrôle1

9h30, Aubervilliers-Pantin-4 Chemins. Alors qu’on part trouver de la thune, de quoi manger ou se promener, les flics sont au coin de la rue. Ils sont là, avec leurs armes et leurs sales gueules, comme hier, comme il y a une heure, comme tout le temps maintenant en fait, à harceler les vendeurs/ses à la sauvette, les pauvres en tout genre, à mater tout ce qui bouge de travers, prêt à tou-te-s nous contrôler et arrêter quelques sans papiers sur le chemin. Que l’on soit à Barbès/La-Goutte-d’Or, à la Gare de Saint-Denis, à Saint-Ouen où à Stalingrad, c’est la même chose. Depuis peu ces quartiers sont devenus des ZSP, “Zone de Sécurité Prioritaire”. Nouvelle invention sécuritaire du pouvoir, il en existe soixante-quatre dans tout le pays et concrètement ça signifie encore plus de flics dans les rues et une collaboration plus étroite entre mairies, commissariats et associations. À Belleville et Couronnes il y a aussi plein de flics partout, mais là ce sont ceux de la “Brigade Spécialisée de Terrain” (BST) créée en janvier 2011.

Et puis il y a aussi tous les autres que l’on ne remarque même plus : GPIS, sécurité de la Mairie de Paris, correspondants de nuit, militaires, etc. Avec tous ces uniformes, le pouvoir militarise les villes, et principalement les quartiers pauvres, pour faire régner la pacification sociale et que chacun-e d’entre-nous reste bien à sa place.

12h00, dans le métro. Changement à Stalingrad “contrôle des titres de transports !” Un barrage de contrôleurs fait face au flot des voyageurs qui fouillent frénétiquement leurs poches à la recherche du bout de plastique qui donne le droit de continuer son chemin tranquillement. Certain-e-s tentent de faire demi-tour, mais sont retenu-e-s par les gros bras de la ratp sureté (GPSR).

Dans chaque recoin ou derrière chaque caméra ils sont là, pour réguler et rentabiliser les flux, chasser les fraudeurs, surveiller et réprimer nos faits et déplacements. Et si en plus de pas avoir de ticket on n’a pas le “droit” d’être là (pas de papiers, recherché-e par la justice, sous contrôle judiciaire), la police n’est jamais bien loin pour t’emmener au commissariat.

Les transports en commun sont pensés et organisés en fonction de la nécessité pour l’économie et le pouvoir d’assurer le déplacement dans la ville. Ils ont pour fonction d’amener des gens de la maison au travail, de la CAF au magasin, etc. Les transports, que ce soit le réseau de métro et de bus ou encore les nouvelles lignes de tram qui viennent d’être inaugurées, tissent une toile sur la ville : des arrêts délimités où l’on va parce que l’on a quelque chose à y faire, tout le reste n’est que points de passage. Et tous nos déplacements y sont fichés par les puces RFID contenues dans les pass’ navigo.

L’importance des transports est encore plus visible quand ils sont perturbés, par la neige, la grève ou un sabotage : retards, chaos, désordre, rupture avec la routine.

balade en ville215h15, à l’angle de deux rues dans le XXème arrondissement. Une nouvelle caméra de vidéo-surveillance est en train d’être installée. Elle fait partie du plan de plus de 1000 caméras de la ville de Paris et qui, ajoutées au 10000 du réseau RATP/SNCF et à celles de sociétés privées, banques et magasins, quadrillent toute la ville. Des centres de vidéo-surveillance ont été mis en place dans plusieurs commissariats, où les images sont regardées 24h/24.

Elles sont un moyen de surveillance supplémentaire, traquent nos vies et nos corps dans les moindres détails. De nombreuses villes adoptent un réseau de vidéo-surveillance de plus en plus sophistiqué : rotation à 360°, zoom, infrarouge, détection de comportements suspects (par exemple des attroupements), reconnaissance faciale…

17h30, quartier Bas-Montreuil/Bagnolet. Des huissiers viennent de saisir une famille et de les expulser de leur logement car ils ne payaient plus leur loyer depuis des mois et que leurs crédits à la banque se sont accumulés. Ici, comme dans d’autres quartiers pauvres de proche banlieue, les loyers ne font qu’augmenter et les agences immobilières poussent comme des champignons. C’est un quartier en plein changement d’après la mairie et les promoteurs : ils appellent ça la rénovation urbaine ou la restructuration, prétendent “améliorer la qualité de vie”. Aussi les préfectures et les mairies ont déclaré la guerre aux logements insalubres et aux squats, pour expulser les habitant-e-s qui sont repoussé-e-s toujours plus loin des centres-villes et détruire des bâtiments pour en reconstruire des plus beaux, plus écologiques, pour des gens qui ont plus de thunes.

Cette logique, à l’œuvre depuis des années à Paris, se poursuit et s’étend avec le projet mégalo du “Grand Paris” : hausse des loyers, expulsions, promotion de l’accession à la propriété, construction d’immeubles standing de luxe, logements sociaux très chers pour riches, ouverture de lieux culturels branchés pour bobos, transformation du mobilier urbain en repoussoir anti-SDF, boutiques de mode à prix chic, etc.

Agents immobiliers, promoteurs du BTP, urbanistes et politiciens de tout bord aménagent des espaces civilisés, où les bobos et bourgeois se sentent à l’aise et en sécurité, menant ainsi la guerre aux pauvres. Ces opérations de rénovation leur rapporte de l’argent : spéculation, pots-de-vin.

L’aménagement de l’espace urbain et le contrôle renforcé en disent long sur le monde qu’est en train de construire le pouvoir : un grand enfermement à ciel ouvert, où chaque espace est surveillé, où chaque déplacement est sous contrôle, où chacun-e est à la place qui lui est assignée. Des transports aux caméras, des flics aux métropoles, ça ressemble à une grande prison. Sans ses quatre murs oppressants, la promiscuité forcée, les matons et verrous qui règlent le quotidien, mais où les caméras font penser aux miradors, les quelques m² où l’on vit à des cellules et les frontières tracées entre nous à des barbelés.

Le jeu politique construit l’autre comme l’ennemi, l’indésirable et veut nous faire croire que si c’est la merde c’est la faute du voisin, de celui ou celle qui n’a pas la même couleur de peau, de celui ou celle qui ne fait pas partie de la “communauté”, qu’elle soit “ethnique”, religieuse ou de territoire.

Mais à l’inverse de la guerre de tou-te-s contre tou-te-s et du chacun-e pour soi, ici et là, des gestes du quotidien au sabotage, des actes de résistance s’en prennent à ce monde : de l’ouverture d’un squat à la débrouille, de l’entraide et de la solidarité à la résistance à un contrôle de police, de la destruction de caméras de surveillance au fait de se prévenir de la présence des contrôleurs dans le métro.

Chaque perturbation, peu importe son ampleur, a des effets immédiats sur cette routine quotidienne qui, clairement, est celle du travail, de l’économie, du contrôle et du pouvoir. S’attaquer à ce quotidien c’est apporter sa pierre à la destruction de la domination et de l’exploitation, c’est s’ouvrir des espaces de liberté par la révolte. Soyons incontrôlables…

Sabotons le tram-tram quotidien ! Le jour de l’inauguration de la nouvelle ligne T3 du tramway parisien, aux alentours de midi, des chaussettes remplies de riz ou de sable se sont retrouvées enroulées aux caténaires. Des tracts volants sont aussi apparus à divers endroits sur le boulevard. L’efficacité de cette technique n’étant pas avérée, à chacun-e de faire preuve d’imagination la prochaine fois.

Extrait du journal #01

[Manifs réactionnaires et homophobes] Pour une riposte antifasciste immédiate !

! NO PASARAN !

Pour une riposte antifasciste immédiate

Les violences homophobes se multiplient, la coordination des mouvances fascistes se renforce, les manifestations de masse réactionnaires approuvent et appellent à la guerre civile. A cela une seule réponse possible : stoppons l’ennemi fasciste !

Depuis l’automne 2010, le mouvement social ne se relève pas en France, subissant les compromis des centrales syndicales avec le PS au pouvoir, et la répression médiatique et policière instantanée au moindre soubresaut populaire. Remplissant sa fonction historique comme cela est le cas en Italie, au Portugal, en Espagne et en Grèce, le PS collabore avec le Capital pour nous imposer leur crise par de violentes offensives patronales. Ceux de PSA, de Goodyear et de ArcelorMittal en sont parmi les premières victimes, se défendent de manière dispersée et isolée, face à l’austérité à grande échelle qui menace. Crève, ou crève : voilà leur message pour notre avenir proche et à terme. Tandis que des ministres crapules cachent des comptes secrets en Suisse et ailleurs de plusieurs dizaines de millions d’euros !

Qui plus est, la seule dynamique sociale qui s’anime en ce printemps 2013 est une dynamique fasciste. Depuis des décennies, nous n’avions pas connu une telle connivence et coordination, politique et de terrain, entre toutes les forces d’extrême-droite existantes, qui parviennent aujourd’hui à créer un mouvement social-fasciste commun et ascendant. Du prétexte réactionnaire de départ contre l’égalité des droits et le mariage homosexuel, les forces fascistes et identitaires se sont rassemblées pour prendre l’avantage et mener actions et manifestations de masse. Ils parviennent actuellement à élargir leur champ d’action en posant la question du chômage et de la crise, pouvant permettre d’ouvrir les portes au fascisme. De Lyon à Paris, de Nancy à Marseille, nous subissons toujours davantage les coups répétés des groupes nazis à l’encontre de camarades antifas, des roms, d’homosexuels et des personnes d’origine immigrée. Les groupes fascistes multiplient actions de ratonnade et menaces permanentes en une terreur de rue contre tous ceux qui n’appartiennent pas à leur monde consanguin. Comme il y a toujours eu, mais cette fois soutenus et appuyés par un mouvement de masse de défense de la bourgeoisie. Car le fascisme est aussi un mouvement de masse, de la masse ennemie.

Ils en appellent maintenant au sang et à la guerre civile. Qu’ils sachent que la guerre civile, nous y sommes déjà et que nous répondrons au sang par le sang.

L’heure est à la riposte. Empêchons les fascistes d’occuper la rue, harcelons leurs modes d’implantation, ne les laissons pas faire loi. Nous sommes la vie, nous sommes légion, nous sommes partout. Si nous faisons l’erreur de sous-estimer la menace fasciste aujourd’hui, nous subirons rapidement un écrasement équivalent à celui quesubissent nos amis de Grèce.

Nous gardons en tête que l’ennemi fasciste demeure l’allié privilégié de l’Etat et du Capital, qu’il n’y a à traiter avec eux que par une ligne de front. Nous devons rester déterminés, organiser des Comités d’autodéfense sociale et antifasciste dans chaque ville et dans chaque quartier. Ne leur laisser aucune marge d’action ni aucun répit. Car derrière le combat contre le fascisme se tient toujours le combat frontal contre le capitalisme et ses structures d’exploitation, de domination et de répression.

Bloquons les convois de militants fascistes partant en bus des provinces pour se rendre à Paris lors des manifestations réactionnaires de masse. Reprenons la rue, non plus pour l’égalité des droits, mais contre l’avènement en force du fascisme.

Ils nous déclarent la guerre : la solidarité sera notre arme, la détermination notre force.

Réseaux Communistes Libertaires Autonomes/ groupes Nancy-Paris-Lyon-Strasbourg.

Le texte en fichier PDF

Reçu par mail, 20 avril 2013

[Ravage éditions] Présentations/Discussions autour de deux récentes publications

Bonjour, nous sommes heureux de vous faire part de la tenue de deux présentations/discussions à Lille et Paris autour de deux de nos publications:

Discussion à Lille autour du livre «Angry Brigade»

L’Insoumise “Bouquinerie occupée” 10 rue d’Arras – Lille Moulins

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Discussion à Paris autour de la brochure «Aux origines du pouvoir»

A la Bibliothèque anarchiste Libertad 19 rue Burnouf 75019 Paris Métro Belleville ou Colonel Fabien

Contact: ravage[at]riseup[point]net

[Montreuil/Bagnolet, 93] Contre les expulsions et la restructuration urbaine – Samedi 27 avril 2013 à 14h00 M° Croix-de-Chavaux

Samedi 27 avril à 14h: Rassemblement-déambulation contre les expulsions et la restructuration urbaine

Des expulsé-e-s il y en a de plus en plus. C’est pas la crise pour tout le monde, les flics, huissiers et juges ont du travail pour mener à bien le ballet des expulsions : squatteurs/euses de bâtiments vides ; occupant-e-s de terrains ; sans abris du métro ; sans papiers dans les foyers ; et tou-te-s les locataires qui n’ont plus assez de thunes pour payer le loyer.

Tandis que rue Girard à Croix-de-Chavaux la mairie veut expulser les occupant-e-s d’une maison, des campements rroms sont démolis par la police, comme récemment à la Boissière (Haut Montreuil). Des « mal-logé-e-s » il y en a de plus en plus. Les fins de mois sont de plus en plus dures, avec des logements toujours plus chers, toujours plus petits et toujours plus loin. Forcément des fois on n’arrive pas à payer et on se retrouve vite avec les huissiers sur le dos ou assigné au tribunal pour rembourser les dettes sous la menace permanente de se retrouver à la rue.

Alors que l’État par le biais de la préfecture, les propriétaires et les mairies expulsent, chacun se renvoie les responsabilités mais s’accorde à nous parler de soi-disant réquisitions de bâtiments vides, de construction de logements sociaux.

Mais c’est toujours ceux et celles qui n’ont pas les thunes, le bon dossier, les bons papiers qui au final trinquent au quotidien et galèrent à trouver quelques billets pour survivre. Et quand on arrive à gratter quelques miettes, un logement social, un relogement, on a vite fait de se retrouver en zone 5 du RER ou dans un centre d’hébergement où on n’a aucune liberté.

À Paris, à Montreuil, à Bagnolet, etc., l’État, les spéculateurs, les architectes et les urbanistes prônent leur « mixité sociale », c’est-à-dire chassent les pauvres, en construisant du standing de luxe, des éco-quartiers et des logements sociaux pour la petite bourgeoisie.

Les nouveaux projets immobiliers qui se construisent, par exemple, autour du métro Robespierre et de la place de la Fraternité, où promoteurs privés et élus s’accordent pour offrir une accession à la propriété à une nouvelle population plus riche qui doit venir s’installer à la place de tou-te-s celles et ceux qu’ils ne souhaitent plus voir. Dehors les sans papiers, les Rroms, les trop pauvres, les trop nombreux… à qui il est proposé – ou pas – des relogements toujours plus loin. C’est ce qui s’est passé récemment pour les exclus du foyer Bara qui se retrouvent à dormir dans le métro ou à qui il est proposé un hébergement à des dizaines de kilomètres de Montreuil.

Cette politique du logement s’inscrit dans un processus plus général de rentabilisation et de pacification de l’espace urbain. Cela s’exprime notamment par la prolifération des caméras de vidéo-surveillance (comme à la Boissière), la destruction de certains quartiers, la création de pôles économiques et commerciaux. Cette logique de rénovation est en cours à Paris depuis longtemps et s’étend à la petite couronne avec le projet du Grand Paris. La nouvelle place de la mairie de Montreuil en est une illustration flagrante et flippante, où nouveaux centres commerciaux, logements vendus comme écologiques, et bureaucrates avec ou sans cravate sont « protégés » par une armée de caméras. L’espace a été aseptisé, tout est bien aligné et tous les bancs de la place ont disparu.

Autant de projets qui servent les logiques du profit et du contrôle, qui rendent toujours plus forts les propriétaires de ce monde et leurs flics, et confirment l’exploitation et la domination qu’ils nous infligent.

Contre toute cette merde, nombreux/ses sont celles et ceux qui s’entraident, s’organisent pour occuper des bâtiments vides, luttent contre les rénovations de leurs quartiers, sortent de l’isolement face aux galères du quotidien, refusent de payer le loyer, s’attaquent directement à ce qui nous pourrit la vie… jusqu’à ce que disparaissent la propriété privée, l’État et le capitalisme.

Dans le quartier des Coutures à Bagnolet et du Bas-Montreuil, le collectif Prenons la ville s’oppose aux projets de transformation et propose des moments de rencontres, d’échanges et d’organisation face aux expulsions. À Bagnolet, le collectif La Noue–Jean Lolive s’est opposé au bétonnage du quartier, à l’expulsion d’habitant-e-s, à la suppression des espaces verts et à la construction de logements sociaux d’accession à la propriété privée dénonçant ainsi la logique de rentabiliser économiquement leur quartier et de le rendre humainement invivable.

Ce texte est un appel à tou-te-s celles et ceux qui se sentent préocupé-e-s par ces différentes questions, qui veulent s’opposer aux expulsions et à la restructuration urbaine, qui sont en colère.

Rassemblement-déambulation samedi 27 avril à 14 heures, à Montreuil, métro Croix-de-Chavaux (entrée de la rue piétonne).
Suivi d’une assemblée à 17 heures au Transfo, 57 avenue de la République, Bagnolet (métro Robespierre ou Gallieni).

Cette assemblée sera l’occasion de reparler des projets de restructuration urbaine et des expulsions en cours, de présenter les collectifs qui s’organisent pour y faire face et pourquoi pas d’élaborer des pistes pour tenter de s’y opposer ensemble.

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27avril-Affiche

Le Transfo est un lieu occupé depuis le 14 novembre 2012, où ont lieu de nombreuses activités: une cantine, des projections de film, des réunions, des ateliers, des concerts de soutien, un bar… et une assemblée tous les dimanches à 14 heures pour faire vivre le lieu. Le propriétaire qui a engagé une procédure d’expulsion n’est autre que EDF, cette entreprise, dont l’État est actionnaire majoritaire, qui rackette tout le monde en vendant de l’énergie nucléaire.

Vous pouvez trouver toutes les infos sur transfo.squat.net.

[Paris/Affiche] Les néons des villes ne font qu’éclairer notre colère

On voudrait nous faire croire que la ville c’est le progrès, mais le progrès ne nous détruit jamais aussi profondément que lorsqu’il construit. Les villes dans lesquelles nous vivons sont à l’image de nos vies civilisées : ennuyeuses, froides et vidées de sens, écrasantes par leur taille, étouffantes par leur manque d’air. Pour combler le vide de nos existences urbanisées, nous avons donné des identités aux villes, comme pour se faire croire qu’elles sont uniques, qu’il peut y avoir une fierté quelconque à en être. Mais quoi qu’il en soit,

les villes se ressemblent toutes. Qui peut encore différencier d’une ville à une autre un supermarché, un centre commercial, une gare, un aéroport ou une prison ?

Qui veut encore se réapproprier la ville, la gérer, ou même l’auto-gérer, plutôt que de la détruire ?

A quoi servent donc ces bancs sur lesquels nous ne trouverons jamais de position confortable, à quoi servent donc ces toits en pente sur lesquels nous ne pouvons pas stocker de pierres pour caillasser la flicaille, et ces lampadaires qui nous éblouissent pour mieux nous rendre visibles aux yeux menaçants des caméras de surveillance toujours plus nombreuses, puis ces patrouilles de flics qui nous interdisent de nous rassembler ici ou là, ces barbelés sur lesquels nous déchirons nos jambes lorsque nous sautons les murs qui nous enferment, ces rues tellement immenses que nous nous y sentons trop petits pour les barricader, ces pompiers qui partout tentent d’éteindre nos feux de joie et de colère, ces médiateurs qui cherchent à orienter notre révolte au service de ce monde sans saveur et ces politiciens qui voient en la ville l’espace idéal pour nous contenir, nous parquer et stériliser notre rage. Mais l’urbanisme n’est que l’un des rouages de cette société de domination, il fonctionne de pair avec le système judiciaire, le maintien de l’ordre, la traque des indésirables, le système éducatif et carcéral et toutes les autres institutions du pouvoir et de l’autorité. Son but est de construire des villes optimisées pour le contrôle exercé par les flics et les citoyens. Il n’y a pas un urbanisme qui serait émancipateur, il n’y a que des villes à détruire de mille feux.

La ville ne tend qu’à la massification et la standardisation des individus, son aménagement, lui, ne vise qu’à prévenir le débordement et assurer la pacification qui garantit la bonne marche sociale des rapports de domination.

Le moindre recoin de chaque ville ne répond qu’à deux besoins : le contrôle social et le profit.

Ainsi, nous ne voulons pas nous réapproprier les villes ni les gérer nous-mêmes, car elles ne nous ont jamais appartenu, elles n’ont jamais rien été d’autre que des instruments de notre domination, que des prisons à ciel ouvert, et nous n’en voulons plus. La seule chose que nous pouvons faire des villes, c’est les transformer en terrains de jeu où libérer nos désirs insurgés.

A ceux qui veulent nous civiliser, nous répondons par la sauvagerie de nos passions destructrices, jusqu’à la fin de toute domination. La ville, nous ne voulons ni nous en évader ni nous la réapproprier, nous voulons détruire intensément et dans la joie le monde qui la produit, et elle avec. Pour l’insurrection.

Des sauvages

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[Affiche vue sur les murs de Paris début avril 2013]

Source: Base de Données Anarchistes, 2 avril 2013