[Besançon] 1er Mai Libertaire

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[Paris/Affiche] Les néons des villes ne font qu’éclairer notre colère

On voudrait nous faire croire que la ville c’est le progrès, mais le progrès ne nous détruit jamais aussi profondément que lorsqu’il construit. Les villes dans lesquelles nous vivons sont à l’image de nos vies civilisées : ennuyeuses, froides et vidées de sens, écrasantes par leur taille, étouffantes par leur manque d’air. Pour combler le vide de nos existences urbanisées, nous avons donné des identités aux villes, comme pour se faire croire qu’elles sont uniques, qu’il peut y avoir une fierté quelconque à en être. Mais quoi qu’il en soit,

les villes se ressemblent toutes. Qui peut encore différencier d’une ville à une autre un supermarché, un centre commercial, une gare, un aéroport ou une prison ?

Qui veut encore se réapproprier la ville, la gérer, ou même l’auto-gérer, plutôt que de la détruire ?

A quoi servent donc ces bancs sur lesquels nous ne trouverons jamais de position confortable, à quoi servent donc ces toits en pente sur lesquels nous ne pouvons pas stocker de pierres pour caillasser la flicaille, et ces lampadaires qui nous éblouissent pour mieux nous rendre visibles aux yeux menaçants des caméras de surveillance toujours plus nombreuses, puis ces patrouilles de flics qui nous interdisent de nous rassembler ici ou là, ces barbelés sur lesquels nous déchirons nos jambes lorsque nous sautons les murs qui nous enferment, ces rues tellement immenses que nous nous y sentons trop petits pour les barricader, ces pompiers qui partout tentent d’éteindre nos feux de joie et de colère, ces médiateurs qui cherchent à orienter notre révolte au service de ce monde sans saveur et ces politiciens qui voient en la ville l’espace idéal pour nous contenir, nous parquer et stériliser notre rage. Mais l’urbanisme n’est que l’un des rouages de cette société de domination, il fonctionne de pair avec le système judiciaire, le maintien de l’ordre, la traque des indésirables, le système éducatif et carcéral et toutes les autres institutions du pouvoir et de l’autorité. Son but est de construire des villes optimisées pour le contrôle exercé par les flics et les citoyens. Il n’y a pas un urbanisme qui serait émancipateur, il n’y a que des villes à détruire de mille feux.

La ville ne tend qu’à la massification et la standardisation des individus, son aménagement, lui, ne vise qu’à prévenir le débordement et assurer la pacification qui garantit la bonne marche sociale des rapports de domination.

Le moindre recoin de chaque ville ne répond qu’à deux besoins : le contrôle social et le profit.

Ainsi, nous ne voulons pas nous réapproprier les villes ni les gérer nous-mêmes, car elles ne nous ont jamais appartenu, elles n’ont jamais rien été d’autre que des instruments de notre domination, que des prisons à ciel ouvert, et nous n’en voulons plus. La seule chose que nous pouvons faire des villes, c’est les transformer en terrains de jeu où libérer nos désirs insurgés.

A ceux qui veulent nous civiliser, nous répondons par la sauvagerie de nos passions destructrices, jusqu’à la fin de toute domination. La ville, nous ne voulons ni nous en évader ni nous la réapproprier, nous voulons détruire intensément et dans la joie le monde qui la produit, et elle avec. Pour l’insurrection.

Des sauvages

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[Affiche vue sur les murs de Paris début avril 2013]

Source: Base de Données Anarchistes, 2 avril 2013

[Nos médias] Présentation du site Tabula Rasa, arsenal de textes antiautoritaires et anarchistes dans de nombreuses langues

www.atabularasa.org

Tabula Rasa se veut un arsenal de textes antiautoritaires et anarchistes où chacun pourra trouver des réflexions et des idées pour affiner sa propre pensée, et approfondir ses combats. Nous espérons aussi que cet arsenal contribuera à découvrir des affinités au-delà des frontières, à ouvrir des inconnus exaltants dans la pensée et la pratique –qui en réalité ne font qu’un–, et à se jeter dans le tourbillon de la guerre sociale.

Cependant, cet arsenal n’est pas un supermarché des dernières idées à la mode où l’absence de cohérence est flagrante. La critique anarchiste n’est pas une affaire innocente. Si dans le camp antiautoritaire aussi, on voit comment les idées sont transformées en idéologie et les pensées en politique, comment les choses les plus incompatibles se combinent à tout va afin de ne pas heurter l’illusion quantitative, nous préférons remettre au premier plan une critique anarchiste qui est intimement destructrice. Elle veut détruire l’autorité, sa morale et les rapports sociaux qui en découlent, elle ne cherche pas à les aménager ni à les transformer petit-à-petit. Sans hésitations ni peur des ruines, faire table rase de l’existant. Hier comme aujourd’hui, nous pensons qu’il s’agit de porter partout cette tension destructrice, que ce soit dans les eaux tumultueuses des conflits sociaux ou dans les steppes glaciales de la pacification sociale.

Nous espérons aussi que cet outil contribuera à faire table rase de – pardonnez-nous l’expression – ce « complexe d’infériorité » dont souffrent trop souvent les partisans de l’anarchie, quand ils se retrouvent face aux critiques marxistes et politiques et aux appels à s’adapter à la réalité des choses. S’il est vrai que la destruction de l’autorité est une chose éminemment pratique, ce n’est pas pour autant qu’il faille ensevelir nos idées. Au contraire même, car comme quelqu’un a pu le résumer : l’anarchisme, c’est « de la pensée et de la dynamite ». Il est plus que temps de s’affranchir définitivement des cadavres qui continuent à prétendre que ce sont de mystérieux mécanismes sociaux qui font l’histoire, plutôt que les individus en chair et en os ; que ce sont les conditions d’exploitation qui génèrent le désir de libération, et donc la révolte, plutôt que le cœur et le cerveau ; que la liberté est certes un beau rêve, mais qu’il vaudrait mieux le ranger provisoirement au nom des exigences tactiques et organisatrices du moment. Contre tout cela, la création d’espaces autonomes de discussion, l’approfondissement des affinités, le partage et la critique des expériences de lutte et de révolte, pourraient se révéler quelques pas importants à développer.

Tabula rasa mettra donc à disposition des compagnons de nombreux textes et traductions dans plusieurs langues. Il s’agit aussi bien de textes sortis il y a longtemps, que d’autres plus récents. Bien que tout « classement » amène toujours des problèmes difficilement surmontables, nous essayerons d’archiver les textes non seulement par auteur ou par publication, mais aussi par « thème », afin de faciliter la recherche. Une dernière chose pour finir : ce projet porte l’intention internationaliste d’offrir un espace de discussion au-delà des contextes particuliers, des limites linguistiques et des frontières étatiques.

Reçu par mail, 2 avril 2013

Mierda sempre Comandante !

Plusieurs jours ont maintenant passé depuis l’annonce de la mort d’un chef d’Etat étranger, malade depuis longtemps, dans un pays d’Amérique du Sud. L’info n’a surpris personne. Elle était attendue, presque annoncée. Tout comme étaient prévues les condoléances plus ou moins hypocrites de la moitié des chancelleries du monde entier, et le deuil de millions de ses compatriotes, ces sujets qui infestent la planète depuis des siècles en se serrant les coudes autour de leurs maîtres. Désirant la mort de tout Etat, la mort de ce type nous a laissé plutôt indifférents. Seul un sourire entendu -parce que la mort d’un chef de gouvernement fait toujours plaisir-, mais rien de plus. Si elle avait été provoquée par un acte de révolte, là oui il y aurait eu de quoi fêter sa disparition. Mais pour un cancer, qu’il soit naturel ou pas, quel goût y trouverions-nous ?

Si l’annonce de sa mort nous avait à peine effleuré, quelques nécrologies parues ici en Italie les jours suivants ont par contre réussi à attirer notre attention. Eh oui, parce tout le monde n’a pas partagé notre indifférence, certains ont vraiment pleuré sa mort. Nous aurions du nous en douter. En qualité de porte-drapeau du socialisme d’Etat sud-américain, désigné comme héritier de Fidel (qu’il a précédé dans la tombe), il était évident que sa disparition serrerait pour de bon les glandes lacrymales de tous les sinistres tiers-mondistes.

Nous sommes là face à un de ces exemples qui montre comment, dans le milieu subversif, ce qui sépare les autoritaires des anti-autoritaires n’est pas seulement une divergence théorique, une différence d’objectifs ou une diversité de méthode. Il y a un abîme anthropologique – si on veut bien nous excuser du terme. Les tiers-mondistes sont ces révolutionnaires occidentaux bien nourris qui approuvent quiconque, à un continent de distance, affirme se battre pour défendre les opprimés. Ils sont persuadés que dans ces contrées lointaines, l’esprit critique doit être banni, parce que sinon, on fait -« objectivement », ça va de soi- le jeu de l’ennemi, c’est-à-dire de l’impérialisme yankee. Il s’agit de la reformulation moderne de la vieille litanie stalinienne, selon laquelle ceux qui critiquaient le gouvernement de Moscou étaient par la force des choses au service des gouvernements de Berlin ou de Washington. Cette accusation a disparu peu à peu, pour n’être plus réservée qu’aux « ennemis de l’intérieur ». Les dissidents cubains en exil (anarchistes compris), ont par exemple été accusés plusieurs fois d’être financés par la CIA. Si ce n’était pas le cas, pourquoi n’auraient-ils pas su apprécier avec gratitude les lois du Leader Maximo ? Craignons que les dissidents vénézueliens du défunt commandant ne soient victimes des mêmes misérables insinuations.

Mais ici, à un océan de distance, eh bien on préfère utiliser d’autres arguments. Ici, ceux qui critiquent les lointains Etats socialistes pécheraient par « eurocentrisme », parce qu’ils ne comprennent pas que les critères d’interprétation habituellement utilisés en Occident ne peuvent pas être appliqués de la même façon ailleurs. C’est une remarque incroyable ! C’est d’ailleurs plus ou moins celle qu’utilisent pour se défendre ceux qui pratiquent le tourisme sexuel. Avec une différence : ces soi-disant touristes sexuels vont faire ailleurs ce qu’ils ne peuvent pas faire dans leur propre pays, tandis que les tiers-mondistes acceptent ailleurs pour d’autres ce qu’ils n’accepteraient jamais pour eux dans leur pays. Vous imaginez la réaction si ici, en Europe, un officier des paras, après avoir passé quelques années de prison pour une tentative de coup d’Etat, arrivait au pouvoir ? On invoquerait au minimum une mobilisation permanente contre le fascisme. Par contre, si c’est un officier des paras d’Amérique du Sud… hasta siempre comandante ! Il suffit d’avoir une main rouge, une propagande qui crache le mot peuple en permanence, et voilà que l’Etat, le gouvernement, l’armée, la police, la magistrature, les prisons… et tout ce qui a toujours défendu l’horreur quotidienne deviennent d’un seul coup de nobles institutions à défendre et à protéger. Ils ne se rendent même pas compte que leur soi-disant « refus de l’eurocentrisme » n’est rien d’autre qu’une forme de racisme inversé. Pourquoi les exploités d’autres pays devraient-ils accepter ce qui est considéré comme inacceptable par les exploités d’ici ? En Amérique du Sud, pourquoi devrait-on applaudir les militaires ? En Asie, pourquoi devrait-on se prosterner devant un Comité central ? En Afrique, pourquoi devrait-on honorer les rites religieux ?

Pourquoi partout, sous n’importe quelle latitude, ne devrait-on pas lancer un défi à l’existant, contre ses certitudes, ses habitudes, ses lieux communs, ses institutions ? Voilà l’abîme anthropologique auquel nous faisions allusion, la différence radicale et infranchissable entre ceux qui veulent une réorganisation différente de celle qu’on connaît, et ceux qui désirent tout autre chose.

Traduit de l’italien de finimondo par Brèves du désordre, 15 mars 2012

Chavez et le spectacle de la révolution bolivarienne

[Hors Service #34] Abandonnons les rangs des moutons

Abandonnons les rangs des moutons

Des dizaines de milliers de personnes sont venus se promener dans les rues de Bruxelles. On nous a dit que c’était une manifestation, que les gens étaient venus pour crier leur rage contre l’austérité et la crise, mais pour être honnête, ça ne ressemblait à rien. Si c’est ça que le monde politique et patronal doit craindre, il peut continuer à dormir tranquille. À la fin trajet de la promenade, il y avait même des énormes écrans qui, avec une flèche, marquaient « EXIT », c’est pour dire ! « La fin » ! Et tout le monde a suivi la flèche, s’avançant vers la fin, sagement, sans débordements, comme il faut. La fin de la résistance des travailleurs…

Pourtant, il n’y avait pas que cela sur cette manif. On a vu aussi de petits groupes d’ouvriers et de travailleurs cagoulés, bien gantés, les regards fâchés. Ils ne parlaient pas, ils voulaient castagner, mais entouré d’une telle masse inerte, on est vite découragé. A un certain moment, la tension et la tristesse devenait trop pressante pour un d’eux. Il a crié : « Qu’est-ce qu’on est en train de foutre ici ? C’est n’importe quoi, on dirait des moutons. C’est là-haut qu’il faut aller, c’est là-haut qu’il faut tout cramer, tout brûler. Ils se moquent de nous si on continue avec ces bêtes trucs de moutons et de lâches ! » Un délégué l’a embrassé, a cherché à le calmer… Il lui a dit que l’heure de la revanche viendrait et lui a sorti d’autres balivernes, de celles qu’on se dit pour mieux faire avaler la résignation.

Hier, la direction de Caterpillar, près de Charleroi, a annoncé des licenciements massifs, 1400 si vous voulez « les chiffres », et probablement des centaines d’autres chez les fournisseurs. C’est un « bastion de la lutte ouvrière » de plus que l’on saigne là.

En ce monde, on n’échappe pas facilement au travail, l’un des fondements de la domination ambiante. Coincé entre la nécessité du fric et l’impossibilité de faire autre chose que bosser, produire, consommer, revendiquer des emplois revient toutefois à niveler le terrain pour l’exploitation et les capitalistes. Nous ne mâcherons pas nos mots : on déteste le travail qui abrutit, on veut détruire le salariat qui nous enchaîne et brûler toutes ces usines de merde qui produisentdes cancers, des machines de guerre, des tas de choses inutiles. Face aux licenciements massifs de l’heure, nous ne rejoignons donc pas le mot d’ordre « sauvegardons les emplois » (et donc les patrons, le salariat, l’abrutissement, la nocivité). Si nous sommes prêts à rejoindre quelque chose, c’est la lutte des déshérités et des insoumis contre les exploiteurs et les puissants, pour autant qu’une véritable lutte il y ait.

Ce qui importe, ce ne sont pas les victoires obtenues à la table de négociations, la reconnaissance faux-cul de nos souffrances par les politicards, le fric arraché en primes et compensations. Si nous luttons, c’est avant tout parce qu’au cœur de toute lutte de libération, il y a de ces choses qu’on ne trouve nulle part ailleurs en ce monde, des choses qui peuvent saper les fondements mêmes de toute autorité : la solidarité et l’audace, le courage et la joie de détruire ce qui nous détruit, le saisissement, même pour un moment éphémère et vulnérable, de cette capacité qui dort en nous de réfléchir et d’agir par nous-mêmes.

La possibilité de rompre avec toute logique de pouvoir, toute logique de concurrence, toute logique économique.

Abandonnons les rangs des moutons. Laissons seuls les petits chefs et les apprentis-politiciens. Cessons de réfléchir dans les mêmes termes que les patrons.

Prolétaires, descendez dans vos propres profondeurs, cherchez-y la vérité, créez la vous-mêmes ! Vous ne la trouverez nulle part ailleurs.

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Quelques brèves du désordre…

Banque flambée – Quelques jours avant la manif’ des travailleurs contre l’austérité et la crise, vers 23h, des inconnus ont mis le feu à coups de cocktails Molotov à une agence bancaire BNP Paribas à Schaerbeek. Il n’y aura certes personne pour pleurer le sort d’une banque partie en fumée. Les rouages du capitalisme sont vulnérables.

Le Mistercash n’est plus… – Quelques jours après la manif’ contre l’austérité, dans la station métro Yser, à Bruxelles, des inconnus ont fait exploser un distributeur de billets à l’aide d’une grenade. La meilleure chose à faire avec tous ces machines qui crachent ce que ce monde valorise le plus, les billets de banque, c’est de les piller ou de les saccager. Ou les deux, si possible.

Une entreprise dans la ligne de mireDans la nuit, à Gilly (Charleroi), des inconnus ont incendié trois voitures et un camion appartenant à la même entreprise. Les véhicules ont été complètement détruits. Le nom de cette entreprise n’a pas été divulgué, mais, n’en doutons pas, quelqu’un avait des raisons plus que fondées pour s’attaquer ainsi à un rouage du capital.

Le train-train quotidien – Tôt le matin, un train stationné en gare d’Ath a été attaqué et endommagé. Des vitres ont été brisées et la cabine du conducteur défoncée. Vengeance pour un contrôle ou un conducteur qui a balancé un sans-papiers aux flics? Pas envie d’aller bosser le matin ? Un geste simple pour foutre le bordel dans l’infernal train-train quotidien du métro-boulot-dodo ? On ne saurait le dire, mais les raisons de s’en prendre à la circulation des hommes-marchandises ne manquent certes pas. D’ailleurs, sur la ligne entre Geraardsbergen et Bruxelles, une cabine de signalisation est récemment partie en fumée… causant depuis plusieurs semaines un énorme bordel sur cette ligne.

Bye bye écran géantSur Ixelles, les autorités communales et la ville de Bruxelles ont installé depuis quelques temps un écran géant, qui crache 24h sur 24 des publicités pour la Ville de Bruxelles et ses atouts pour les eurocrates et les représentants des entreprises, les diplomates et toute leur caste immonde. Récemment, il a – heureuse nouvelle – une fois de plus été pris pour cible par des tireurs de bombes de peinture.

Bye bye publicité – Ces six derniers mois, quelques 600 panneaux publicitaires ont été défoncés à Bruxelles. Il semble que nous ayons établi un record, car en moyenne, une centaine de panneaux sont détruit, par an, dans une ville européenne de taille moyenne. De plus, à la Louvière aussi, ce sport salutaire fait rage. Bon, basta les calculs et défonçons la publicité du capital et du pouvoir partout où on la trouve.

Bonne cavale !Sept prisonniers sans-papiers se sont évadés du centre fermé pour clandestins de Merksplas, où ils étaient enfermés en attendant leur déportation. Bon courage aux évadés et feu aux centres fermés & prisons.

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Source: Hors-Service

[Universités] Ni publique ni privée, Autogérée ! (Appel anarchiste à la grève étudiante du 28 février à Barcelone)

Barcelone, Catalogne : Appel anarchiste à la grève étudiante du 28 février

Le 28 février les étudiant-e-s sont de nouveau appelés à la grève contre les augmentations des droits d’inscription d’université et la privatisation croissante de l’éducation publique.

L’opposition à ces mesures, même ainsi, ne devrait pas nous aveugler et nous faire croire que la solution passe par un retour au modèle antérieur. C’est précisément ce modèle de gestion, l’étatique, qui a permis l’implantation de ces mesures que nous critiquons tellement. Les universités, maintenant ou avant le début des coupes budgétaires, sont les mêmes : centres d’extermination de la raison et de l’être humain converti à une simple valeur quantitative en vue de la sortie sur le marché du travail, que tant de fois nous avons au préalable refusé dans des grèves et manifestations. Depuis la critique de la privatisation et les coupes budgétaires, nous proposons et cherchons parmi tous une nouvelle façon d’apprendre et de diffuser la connaissance, sans l’intervention de l’État capitaliste, des entreprises privées ou des poli-professeurs aspirant à devenir des commentateurs télé progressistes.

Le 28 février nous sortirons dans les rues, mais pas pour défendre la perpétuation du système actuel mais pour montrer comment depuis une perspective révolutionnaire nous pouvons atteindre un modèle d’apprentissage basé sur l’horizontalité, l’autogestion et au service du peuple. Pour l’anarchie. Pas un pas en arrière dans la guerre sociale.

NI PUBLIQUE, NI PRIVÉE,

AUTOGÉRÉE !

Source: Contra-info,  27 février 2013

“Ni Dieu, Ni Maître”… sauf maîtres bouchers ?

Décidément… ça ne s’arrange pas à Radio “Libertaire et à la Fédération “anarchiste”.

MangeTaViandeIl y a bientôt 3 ans, la plus “rebelle” des radios nous gratifiait déjà d’un étrange spectacle radiophonique teinté racisme et de banalisation de thèses fascisantes à propos d’Islam (un autre sujet sur lequel la F.”A” n’est franchement pas non plus très à l’aise – genre on aime pas “la religion, mais surtout celle qui vient d’ailleurs”). Cette fois, c’est au tour de l’émission traitant de véganisme et d’antispécisme “Le Vivre Ensemble” d’être supprimée purement et simplement de l’antenne pour “propagande antispéciste”, en gros.

A la F.A et chez les “anti-autoritaires” assimilés, la chasse aux véganEs continue donc.  L’occasion pour nous de revenir sur cette nouvelle lubie militante et d’en toucher quelques mots aux concernés.

L’été dernier (Aout 2012), c’est à une scène de lynchage collectif de végan-e-s et végétarien-ne-s qu’ont pu assister les gens qui se sont rendus aux “rencontres internationales de l’anarchisme” organisées par l’I.F.A à Saint Imier en Suisse. En effet après que plusieurs anarchistes véganEs se soient opposées à la tenue d’un barbecue payant en plein milieu de la cour où les cantines préparaient et servaient leurs repas. Plusieurs militants se sont alors littéralement sentis pousser des couilles. Il faut savoir que les cantines étaient également entièrement végétaliennes et à prix libre (tant qu’on reste dans les cuisines et qu’on la ferme :  “tout va bien”). Cet épisode d’une violence assez inattendue a donc été l’occasion de jet de canettes, de coups, d’insultes notamment sexistes, de menace de morts, etc…

Les Panthères Enragées, un collectif vegan et anti-autoritaire, raconte dans son récit les évènements

veganarchistDéterminés à ne pas en rester là (la lutte contre le véganisme étant décidément un combat qui demande beaucoup d’entrain militant, d’encre et de mauvaise foi),  les fiers à bras de la F.A et leurs amis (quelques uns de l’O.C.L, avec qui ce n’était pourtant pas la joie, mais enfin la haine du végan : ça réconcilie) se sont grassement lâchés sur ces “emmerdeurs de végans” venus gâcher la petite fête commémorative pour vieux barbus et jeunes recrues, le tout dans le consensus sur les “bonnes vieilles traditions”. Notamment, et respectivement dans un article du “Monde Libertaire” sobrement intitulé “Les animaux, ils sont gentils” et un encart du “Courant Alternatif” au titre lui aussi ronflant :  “La «société anar», une Suisse qui mangerait vegan ? Au secours, fuyons !”.

L’article du M.L est sensiblement plus subtile : il ne critique que l’antispécisme en se gardant bien d’aborder la question du véganisme comme partie d’un tout -l’idée de libération totale- et non comme lutte partielle, et donc aussi de la question de la nature. Aussi, on a droit à un détournement et une récupération en bonne et due forme de la critique de l’exploitation animale et de la destruction de la nature qui pourrait se résumer ainsi ” oui la prédation c’est mal, la surpêche c’est pas bien, l’épuisement des ressources, la pollution, l’empoisonnement des terres, mais on veut continuer à manger pareil, ne pas questionner notre mode de vie… blablabla et le véganisme est une dérive sectaire”. Des affirmations, des raccourcis, des amalgames, des généralités suffisantes, du recouvrement du discours, le tout pour assez peu d’argumentaire. Surtout une ignorance crasse et une mauvaise foi de militants chevronnés pour justifier les statuts (puisque le véganisme n’est pas le bienvenu à la F.A, et l’antispécisme simplement interdit. Oui oui… vous avez bien lu).

Globalement, les deux articles font dans ce qui se fait de mieux en matière d’antivéganisme primaire : argumentaire réac sur la “liberté de manger ce qu’on veut”,  clichés honteux (“les végans sont une secte, ils n’ont rien à voir avec l’anarchisme”), victimisation (“ils nous empêchent de manger de la viande”) et mythomanie compulsive.

Le mensonge, en effet, l’encart du Courant Alternatif en donne un bon exemple à propos de l’épisode du barbecue mentionné plus haut :

“Bien entendu, la plupart des personnes présentes à Saint-Imier n’ont pas osé réagir à cette offensive basée sur la culpabilité […] et le barbecue n’a pas été défendu.”

Ce qui ne colle évidemment pas avec toutes les autres récits de ce qui s’est passé à ce moment là sur place (et notamment la déclaration des vegans anarchistes venus interrompre la réunion de clôture des rencontres)… Mais bref : passons. Après tout le lynchage de végans reste une “anecdote” dans “la lutte contre le sectarisme” façon anarchisme organisé.

Des mensonges (au moins par omission), il y en a clairement des plus graves. Notamment concernant Walter Bond, accusé de “faire partie de la secte des vegans” et d’exemplifier la “dérive”. Pour résumer, Walter Bond était un anarchiste végan américain qui s’est revendiqué ouvertement de l’anarchisme et est connu pour son engagement (et son emprisonnement pour cette raison) dans les mouvements de libération de la terre, libération animale, écologiste et notamment de l’ALF (front de libération des animaux). Le problème, c’est que Walter Bond n’est plus anarchiste et qu’il s’est mis à développer des thèses “pro-vie” (…surtout pro-mort pour les femmes qui avortent) et anti-avortement qui sont liées à sa conception du “hardline” plus qu’au véganisme. Il s’est depuis converti à l’Islam. Le tout depuis qu’il est en prison.

Sans discuter du fond du “cas Walter Bond” (que nous ne pouvons raisonnablement plus reconnaître comme un compagnon ou camarade, en dépit de son engagement d’autre fois et de ses textes passés), il nous semble élémentaire de rappeler deux choses importantes eu égard des sous-entendus fait par ces articles. Premièrement, il faut savoir que les cas de changements brusques de personnalité, de revirements politiques ou de “révélations mystiques” sont malheureusement assez fréquents en prison. En outre, et c’est pour nous une évidence : la prison détruit les individus et abîme le corps et l’esprit. C’est une des raisons principales pour lesquelles nous, anarchistes, sommes contre toutes les prisons, tout enfermement et tout type de contrôle social. Sans affirmer que Walter Bond pense ce qu’il pense de ce seul fait (ce qui serait insultant), ni l’excuser non plus (ce qui serait complaisant), on se dit qu’on ne peut pas n’envisager qu’une lecture simpliste de ce qu’est la vie en prison et de l’effet de l’enfermement sur les êtres. Deuxièmement, il nous parait essentiel de rappeler que de nombreux camarades et compagnon-e-s (les vegans en tête) se sont élevés pour dénoncer le fait que des gens comme Walter Bond tiennent des positions anti-avortement au sein de mouvements révolutionnaires et plus particulièrement écologistes radicaux. Seulement, la “dérive” en question a plus à voir avec le mysticisme vitaliste et le naturalisme abstrait qui gangrènent une partie du mouvement écologiste radical qu’avec le véganisme à proprement parlé. Mais le problème c’est aussi que Walter Bond a été soutenu spécifiquement jusqu’à récemment par des collectifs de l’Anarchist Black Cross (La croix noire anarchiste, qui soutient les prisonniers anarchistes et anti-autoritaires partout dans le monde et lutte plus  généralement contre toutes les prisons – collectifs auxquels participent de manière notoire de nombreux membres des fédérations anarchistes de l’I.F.A).

Et ça évidemment, l’article en question évite soigneusement de le mentionner parce que ça fait de la question d’individus comme Walter Bond et des positions qu’ils réussissent à tenir un débat qui concerne tout le mouvement anarchiste au sens large et même les révolutionnaires en général, et non seulement “les végans”.

Revenons en donc au fait. Il y a un peu moins d’un mois, après le lynchage d’été et l’article anti-végan : la F.”A”via Radio “Libertaire” récidive pour la nouvelle année. C’est donc cette fois ci à une censure en bonne et due forme à laquelle les gens qui animaient la seule émission consacrée à l’antispécisme et au véganisme  de la bande F.M ont eu droit.

Merci Radio “Libertaire”. La raison ?

La même que celle évoquée plus haut. Les statuts de la fédération “anarchiste” (plus précisément des “mandats”) interdisent tout simplement la “propagande antispéciste” auquel est amalgamé tout discours sur la libération animale assimilée à une forme de “libéralisme”, qui “nie la lutte des classes”, et “réduit la liberté jusqu’à vider cette notion de son sens”… Bref, le baratin habituel…

Mais on en apprend de belles en lisant les statuts ! (avis aux militants…). Nous qui pensions justement étendre la notion même de lutte en parlant de libération animale et de donner tout son sens au concept liberté en pensant et en luttant pour la libération totale sans nier la question des classes ou les autres luttes (bien au contraire). On avait donc tout faux ! Le libéralisme n’est pas du coté des gens qui ne trouvent comme argumentaire que de flasques “je fais ce que je veux”, ou “j’aime trop la viande” à opposer à la question animale. Il n’est pas donc pas du coté des gens qui rejettent un anarchisme prétendument “lifestyle” pour défendre leur mode de vie à la fois si moderne et si traditionnel, et le “petit commerce” à l’occasion. Le “libéralisme” serait donc du coté d’individus et de groupes qui luttent pour étendre les principes d’émancipation, donner tout son sens au concept de liberté (toute la liberté, et non en inventer une “nouvelle définition spécifique”), et contre la hiérarchisation des luttes précisément.

Merci les statuts de 1995 !

Plus sérieusement, cet acharnement et cette “chasse aux sorcières” contre les vegans à la FA et dans l’anarchisme formel en rappel d’autres, toujours au goût du jour et qui reviennent régulièrement comme un boomrang. Celle contre les “insurrectionnalistes” ou les “totos” (“avec qui il faut pas traîner”). Celle contre les féministes aussi… En bref, contre les anarchistes et anti-autoritaires qui tentent de porter des discours, des pratiques, et des actes qui dépassent le cadre militant traditionnel et font déborder le cases étriquées de l’organisation formelle et sa bureaucratie. Organisation qui a besoin de cadres plus rigides qu’il n’y paressent, où les mécanismes de décision collective sont si souvent brouillés, d’un formalisme administratif virant à l’absurde, d’une cohésion idéologique (pour ne pas parler de “ligne”) qui supporte mal la pluralité et la remise en cause, et donc d’irrémédiables ennemis intérieurs et d’épouvantails militants à chasser pour consolider la structure -souvent monolithique- du bateau qui n’en finit plus de fuir de partout.

images (1)Et ce n’est pas qu’une métaphore. Bien heureusement pour eux et elles, et à mesure qu’ils et elles se rendent compte qu’on se passe très biens d’organisations formelles pour s’organiser, de plus en plus de groupes se dé-fédèrent et d’individuEs désertent ces coquilles vides devenues des mouroirs et des chapelles aux mains des gardiens du temples où on cultive l’esprit de secte, la dépression nerveuse et le conformisme militant le plus stérile, hermétique au renouvellement de la pensée critique et des pratiques de luttes. Où on cultive aussi une sorte de “non-violence à géométrie variable” (à part pour le service d’ordre) qui ne dit pas son nom et exclue systématiquement de leurs soutiens ceux ou celles qui choisissent des modalités d’action plus offensives. Actions contre lesquelles on dispense à l’occasion et régulièrement des communiqués ou des articles moralistes (du moins pour toute action directe qui se passe à moins de 1000km). En bref, où on cultive l’image de l’anarchisme respectable : “les anarchistes, ils sont gentils”.

Ce visage, en dépit de certaines exceptions, est aujourd’hui très globalement celui de l’anarchisme d’organisation à la française. Celui qui s’est auto-célébré en Suisse l’été dernier en s’appropriant la mémoire de l’internationale anti-autoritaire. C’est en tout cas le visage de ce qui y domine.

Mais nos révoltes, nos luttes et nos vies ne tiennent pas dans leurs statuts…

Quelques anarchistes végans.

Source: Le Cri du dodo, 6 février 2013