[Limoges/La Zad est Partout] Rassemblement de soutien aux inculpé.e.s suite à l’expulsion du jardin potager – Vendredi 24 mai à 10h devant le tribunal

Bonjour à tout.e.s,

Procès des 3 Camille qui ont protesté contre l’expulsion du jardin de la LimoZAD (lieu de vie et de lutte contre la LGV, l’aéroport de NDDL et son monde mortifère), le 24 mai à 10h devant le tribunal de Limoges (Place d’Aine), Repas de soutien sur place à prix libre et Vegan.

Certain.e.s des Camille risquent des peines de prison et condamnations. Venez pour apporter votre soutien ! Diffusez l’information autour de vous.

Toute forme de solidarité est la bienvenue, ici ou ailleurs la ZAD est partout !

Ne laissons pas les flics, l’Etat et la justice nous dicter nos vies ! Non à la répression, aux violences policières et à l’aéroport de Notre- Dame-des-Landes et à son Monde !!!

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Transmis par mail, 12 mai 2013

[Limoges/La ZAD est partout] Expulsion violente du 19 bis rue de la Corderie (07/05/2013) – Solidarité avec les 6 ‘Camille’ poursuivi.e.s !

La Limozad a été expulsée avec violence du 19 bis rue de la Corderie ce matin. Six Camilles sont appelés à comparaître devant le TGI mercredi. Quatre d’entre eux sont en GAV.

Réunion ce 8 mai, à 20h00 au Jardin de l’Evêché devant la Grande Fontaine

[Posté le 07/05 dans les commentaires de l’article Limoges sème sa ZAD dimanche 14 avril 2013]

Expulsion violente du collectif ZAD 87 ce matin à Limoges

Les altermondialistes qui occupaient illégalement un terrain boulevard de la Corderie à Limoges ont été évacués manu militari par les forces de l’ordre ce matin.

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Vive altercation entre quelques militants de ZAD 87, un mouvement contre l’accaparement des zones et des terres agricoles, et les policiers.

Ces derniers  ont tenté d’empêcher notre journaliste de filmer la scène.

Après l’interpellation de militants, une pelleteuse a déblayé le terrain. Selon les forces de police, plusieurs agents auraient été blessés lors de cette expulsion.

Le tribunal de grande instance de Limoges avait ordonné lundi l’évacuation des 13 personnes de ZAD 87 qui occupaient depuis la mi-avril le 19 bis boulevard de la Corderie, terrain appartenant au conseil régional du Limousin.

Voir la vidéo de Fr3 Limousin

Leur presse bétonneuse – Fr3 Limousin (Martial Codet-Boisse), 07/05/2013 à 12h28

[Mexique] Femmes du cas Atenco, 7 ans après: « Nous ne pourrons réparer ce qui est cassé que si nous continuons à nous organiser » (Italia Mendez)

À Atenco : « Nous ne pourrons réparer ce qui est cassé que si nous continuons à nous organiser ».

Italia Méndez

« Plan d’une extermination : écraser l’herbe, arracher tout, depuis la racine jusqu’à la dernière plante vivante, arroser la terre avec du sel. Après, tuer la mémoire de l’herbe. Pour coloniser les consciences, pour les supprimer ; pour les supprimer, les vider du passé. Annihiler tout témoignage qui rappelle que dans la contrée il y a eu autre chose que du silence, des prisons et des tombes. Il est interdit de s’en souvenir… »

Eduardo Galeano

barmarMexico. En 2002, avec le soutien d’organisations et de collectifs, le Front des Villages en Défense de la Terre (FPDT) a réussi à arrêter le projet économique le plus ambitieux du mandat de Vicente Fox Quesada, alors président du Mexique : la construction du nouvel aéroport international de Mexico qui s’étendait sur 4.550 hectares de terres de culture confisquées par le gouvernement fédéral sur le terrain communal de San Salvador Atenco, moyennant une indemnisation de sept pesos (moins d’un euro) par mètre carré.

La lutte des paysans du FPDT est devenue un exemple d’organisation et, surtout, de victoire. La légitimité de leur combat, leur capacité d’organisation et la solidarité nationale et internationale ont été les éléments clefs qui ont permis d’arrêter non seulement l’État et tous ses appareils, mais aussi le capital, puisque des centaines d’entreprises se frottaient déjà les mains en espérant obtenir de grands bénéfices du pillage des biens communaux.

En 2006 naît l’Autre Campagne, un mouvement national rassemblant des milliers de personnes adhérentes à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale. Sur tout le territoire national, elle émerge comme un mode d’organisation qui doit constituer une alternative à la logique électorale des candidats alors engagés dans la campagne. Elle se dresse, provocante et dangereuse pour le pouvoir.

C’est dans ce contexte que, les 3 et 4 mai 2006, le terrorisme d’Etat s’est abattu à Texcoco et à San Salvador Atenco. Par la répression politique, le sang et la prison, le pouvoir a décidé de mettre fin au cheminement de l’Autre Campagne. Tout a commencé par un conflit ciblé entre de petits producteurs de fleurs et de légumes et les autorités municipales de Texcoco : celles-ci niaient le juste droit des premiers à travailler en commercialisant leurs productions sur la voie publique. Le FPDT, toujours solidaire des autres luttes, accompagnait les producteurs et jouait le rôle d’interlocuteur.

Bilan de la répression : Javier Cortés Santiago et Alexis Benhumea assassinés par la police, 207 personnes torturées et emprisonnées, des centaines de perquisitions, cinq personnes d’autres pays – survivantes de la répression – expulsées, la persécution politique et judiciaire des membres du FPDT, l’utilisation de la torture sexuelle contre nous, les femmes détenues. La classe politique dans sa totalité a légitimé les faits de diverses manières, il y a eu des applaudissements retentissants et des silences complices.

La répression politique a pour but très concret la désarticulation, par la terreur, de toute organisation qui s’oppose aux intérêts de l’État et au pouvoir économique. L’objectif principal est d’empêcher les personnes d’identifier les buts que poursuit la répression, afin d’annuler leur capacité de défense et de confrontation.

L’utilisation de la torture sexuelle est un outil de contrôle social si puissant que non seulement il affecte d’une manière directe les femmes survivantes, mais il a aussi des répercussions sur la famille, les collectifs ou les organisations et, naturellement, sur la société. Depuis l’opération policière à Atenco, l’État a nié qu’il y ait eu des femmes torturées sexuellement. Face à des preuves irréfutables, il a déclaré avec insistance que ce qui était arrivé aux femmes sur le parcours vers la prison de Santiaguito, à Toluca, État du Mexico, était le fait d’actes isolés, accomplis par une paire de policiers nerveux et qui avaient agi de leur propre chef. Or, il s’agit en réalité d’une stratégie délibérée à l’encontre des femmes, qui a été employée pendant les deux jours qu’a duré la répression.

La préméditation, l’intentionnalité et l’impunité prouvent que cette atteinte au corps des femmes, mise en œuvre à des moments très précis, vise à envoyer un message brutal à l’« ennemi » en répandant le sentiment de culpabilité, la stigmatisation et la peur.

Dans notre expérience, l’appui mutuel nous a permis de mettre en évidence les buts et les principes de la torture sexuelle. Lorsque nous nous sommes retrouvées toutes ensemble dans la prison de Santiaguito, plusieurs d’entre nous ont décidé d’écrire leur témoignage. Nous avons choisi de transformer la culpabilité et la honte en responsabilité et de désigner les coupables. La divulgation de l’atteinte à nos corps, de nos visages et de nos noms nous a permis de casser le silence. Nous savions que cela ne suffirait pas, mais c’étaient nos premiers pas dans un chemin si long et si sinueux qu’il ne pouvait être parcouru que collectivement.

Le rôle de la dénonciation sociale, tant en 2006 qu’aujourd’hui, a été fondamental. Lorsque nous étions isolées, nos moyens de communication étaient des morceaux de papier mais des centaines de voix ont été le haut-parleur de nos paroles et les récits d’horreur ont acquis une valeur réparatrice : l’innommable, l’inénarrable s’écoutait à haute voix, peu à peu se dissipait le tabou qui consiste à parler de quelque chose de si intime. La honte disparaissait. Nous avons refusé le rôle que les responsables nous avaient attribué et surmonté la culpabilité et la peur, à travers un accompagnement psychologique et un travail collectif.

Face à la répression, d’innombrables manifestations de protestation ont eu lieu, et de grands efforts organisationnels ont été réalisés en vue de la libération de prisonnières et de prisonniers. La peur était coûteuse en énergie et beaucoup de personnes ont renoncé à la participation politique, quelques groupes se sont désarticulés, le tissu social s’est déchiré. Intimider la société à travers le châtiment exemplaire de ceux et celles qui luttent : ce message avait été envoyé, renforcé encore par l’impunité des coupables, la dilution de leur responsabilité l’idée que « rien ne peut être fait face au pouvoir de l’État ».

Découvrir l’étendue de la répression a été réellement dévastateur. Comment recomposer le tissu social ? Comment combattre la peur ? Comment nous reconstruire ?

Certaines d’entre nous insistent sur la nécessité de mettre en évidence les instruments du contrôle social par l’État, et de multiplier les discussions autour de cette problématique. À cette fin, nous avons lancé depuis l’été 2008 « Une campagne contre la répression politique et la torture sexuelle », en cheminant main dans la main avec des organisations et des collectifs qui ouvraient leurs espaces à ces réflexions. Cette campagne vise à mettre au jour les conséquences de la répression, telles qu’elles ont été vécues sur le plan individuel et collectif.

Analyser avec distance les mécanismes répressifs nous permet de nous placer dans un rôle actif, et nous rend capables de leur faire face sans abandonner nos luttes et nos idéaux.

Ces mécanismes obéissent à des stratégies définies selon les effets que l’on cherche à provoquer dans la population, auprès des organisations et des individus. Ils ne sont pas furtifs et encore moins aléatoires. La répression à San Salvador Atenco n’a pas eu lieu par hasard : transformer un modèle d’organisation, de résistance et de victoire en symbole de mort, de torture et de prison, met en évidence l’intérêt du Pouvoir à déformer notre perception, arrêter à tout prix l’Autre Campagne et tatouer dans notre peau le message de la défaite.

Après six ans de résistance nous continuons à construire la mémoire collectivement, en cherchant une réparation, non seulement de nous-mêmes, mais aussi du tissu social, des organisations et des collectifs qui nous accompagnent. Nous réclamons justice, mais pas uniquement par la juridictionnalisation de notre cas à travers des instruments internationaux, puisque nous savons qu’il n’y a pas de justice à attendre des institutions.

Nous ne pouvons réparer ce qui est cassé que si nous continuons à nous organiser, en luttant pour l’autonomie et la liberté.

Aujourd’hui, comme il y a six ans, les hommes politiques lancent leurs campagnes électorales pleines de mensonges et de faux-semblants. Aujourd’hui, comme il y a six ans, nous insistons : notre lutte ne se borne pas aux formes politiques d’en haut, nous continuons notre chemin sans nous contenter du « moins pire ». L’idéal de liberté ne s’efface pas : malgré la répression, nous sommes toujours debout.

*Âgée de 27 ans, Bárbara Italia Méndez a été arrêtée le 4 mai 2006 au matin dans une maison de San Salvador Atenco, dans l’État de Mexico, où elle s’était réfugiée pour échapper à la police. Elle s’était rendue de Mexico à San Salvador Atenco après avoir appris qu’un mineur avait été tué et que des manifestations et des affrontements avec la police avaient eu lieu. Selon son témoignage, des membres de la Policía Federal Preventiva (PFP, Police fédérale préventive) ont fait irruption dans la maison et l’ont arrêtée sans aucune explication. Les policiers lui ont tiré les cheveux, l’ont obligée à s’accroupir et l’ont rouée de coups ; elle a été blessée à la tête et présentait de multiples contusions. Son chemisier remonté sur la tête, elle a été ensuite contrainte de monter dans un véhicule de la police et de s’allonger sur d’autres détenus. Pendant le trajet jusqu’à la prison de Santiaguito près de Toluca, dans l’État de Mexico, elle a dû enlever ses vêtements, a été passée à tabac, menacée, a subi des agressions sexuelles et été violée à l’aide de différents objets par des membres de la police de l’État sous les encouragements de leurs collègues.

Texte d’Italia Méndez, écrit fin 2012.

Traduit par les trois passants

Merci à Valérie pour les corrections

Voir aussi: Lettre de Mariana Selvas envoyée pour la journée du samedi 20 avril 2013, dans le cadre de la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques qui a eu lieu à Paris

Transmis par mail, 5 mai 2013

[Avignon/La ZAD est partout] Face à la LEO et son monde, semons le FLEO – 11 & 12 mai 2013

CONTRE LA LEO, OCCUPONS LE FLEO

GRAINE DE RESISTANCE

A la suite de l’appel lancé par des individus luttant contre la LEO et son monde, des collectifs locaux et du réseau Reclaim the Field, 300 personnes environ ont participé à une manif-occupation du 27 avril au 1er mai 2013. Durant ces rencontres, ont eu lieu : la construction d’un poulailler, l’installation d’un rucher et d’une serre, la plantation d’un champ de patates, le défrichage d’un terrain pour la réinstallation d’une maraîchère déplacée par le projet de la LEO, la taille d’un verger abandonné à cause de la LEO, la préparation de la terre pour des jardins potagers.

Plusieurs discussions se sont déroulées sur des thèmes variés tels que « l’occupation comme pratique de lutte », « les mouvements sociaux en Grèce » ou encore des échanges avec les acteurs des luttes locales. Un chantier de rénovation de la maison de la lutte, baptisée maison LEOpart, s’est déroulé dans une ambiance de partage de savoirs faire. De nombreux habitants de la ceinture verte ont réagi positivement face au mouvement d’occupation. Des voisins sont venus donner un coup de main et ont fait des dons de nourriture, de matériel, d’un âne, d’un bouquet de muguet, de fumier pour les culture et ont proposé des douches aux occupants.

LE FLEO PREND DU TERRAIN

Suite à la manif-occupation, nous avons décidé d’occuper un terrain d’un hectare que nous avons baptisé le FLEO – Fabuleux Laboratoire d’Expérimentation et d’Occupation. Ce lieu se veut une zone d’accueil des nouveaux occupants et un espace de création de nos utopies. Une yourte dortoir, une serre et un poulailler sont déjà installés. Une deuxième yourte, une cuisine collective, des cabanes et une salle de bain sont en chantier.

Parallèlement la maison LEOpart qui se veut être une base d’organisation de la lutte accueillera un dortoir, une cuisine et une salle de réu/concert/projections/infokiosk… Elle sera inaugurée le 25 Mai. Enfin, la GanGGRaine, une maison squattée depuis février abrite un collectif d’habitants.

D’autres lieux sont potentiellement squattable, d’autres maisons sont en phase d’être expropriés.

APPEL A OCCUPATION

Le samedi 11 mai aura lieu la première Assemblée Générale du mouvement LEOpart. Cette assemblée sera ouverte à toutes et tous celleux qui souhaitent s’investir dans le mouvement. Elle sera suivie d’une journée de chantier collectif le dimanche 12 mai.

Ici, la résistance s’organise avec enthousiasme. Nous appelons les individus qui se reconnaissent dans la lutte contre les projets inutiles et leur monde à nous rejoindre pour construire, faire vivre et grandir cette occupation.

Face à la LEO, semons le FLEO.

Les LEOpartes et LEOparts – 5 mai 2013 à 11h06

Des nouvelles fraiches …

Salut, la manif s’est bien déroulée même avec le mauvais temps nous étions environ 300 personnes bien motivé_es. Une parcelle de patates a été plantés, le poulailler collectif prend forme, une petite serre a été construite et pleins de réflexions ont germées.

Nous avons commencé_es a prendre racine sur le camps et tout se déroule bien…..vous êtes invité_es a prendre racine a notre coté de façon provisoire….ou pas.

Pour les plantes d’entre vous les plus sensibles a la pluie nous avons des abris (chapiteaux,tentes,…)ou nous nous rassemblons pour discuter…(il y fait presque chaud, enfin presque….).

Mercredi, il y a une présence au marché au quartier Rocade, une initiation a l’arboriculture (cours théoriques et cours pratiques); différents chantiers, ateliers et discussions.
A 13h on vous invite pour un Apéro. Amenez, si possible, de quoi partager.

L’aprèm il y a une présentation du dernier n° de la revue “Z” sur les luttes urbaines et rurales en Grèce et pour les petit-es et grand-es un jeu de piste guidé par les castors et pleine d’autres choses.

Le soir il y a un concert.

Pour trouver le campement cliquer ici.

On vous attend de racine ferme…..

A bientôt.

Le tract en PDF d’appel à mobilisation du 27/04/2013

Source: leopart.noblogs.org

[Montreuil/Bagnolet] Récit de la manif contre les expulsions et la gentrification – 27 avril 2013

Montreuil-Bagnolet (93): Récit collectif de la déambulation du 27 avril contre les expulsions et la restructuration urbaine

Depuis quelques semaines, rendez-vous était donné à Croix de Chavaux (Montreuil, 93) pour un rassemblement-déambulation contre les expulsions locatives, de squats, de terrains, et les restructurations urbaines en cours sur le territoire Montreuil/Bagnolet.

Dans un contexte d’aseptisation de ces quartiers, avec une chasse aux pauvres toujours plus intense et visible, cette initiative prise lors des assemblées hebdomadaires du Transfo permettait d’adresser un message clair : nous ne nous laisserons pas faire.

En préparation de la manifestation, une affiche et un tract ont été réalisé-e-s.

Le tract, tiré à quelques milliers d’exemplaires puis distribué notamment sur les marchés de Croix de Chavaux et de Bagnolet, au métro Gallieni ou lors de concerts au Transfo, abordait la question des restructurations urbaines en cours à Montreuil et à Bagnolet, et appelait à se rassembler ce samedi pour tou-te-s celles et ceux qui se sentaient concerné-e-s par ces questions.

L’affiche, qui reprenait quelques éléments du tract, a été collée sur Montreuil, Bagnolet et une partie de l’est parisien pour appeler publiquement au rassemblement.

Des tags appelant à la manif ont été faits sur Montreuil et Bagnolet les quelques jours avant le 27 avril, et une grande banderole a été accrochée, deux jours avant la manifestation à l’entrée de la rue piétonne de Croix de Chavaux, à l’endroit exact où la manif devait démarrer ce samedi.

CroixdeChav'

Ce samedi 27 avril donc, à 14h, l’absence de soleil ne nous a pas empêché-e-s de nous retrouver pour crier notre rage. A l’entrée de la rue du Capitaine Dreyfus, au métro de la Croix de Chavaux, c’est environ 250-300 personnes qui se retrouvent, prêtes à déambuler gaiement, au son de quelques chansons détournées contre les huissiers, les flics et les expulsions. Des prises de parole ont lieu sur la place, avec notamment la lecture du tract appelant à la manifestation.

Pas de keufs à l’horizon, exceptés un flic en civil et une voiture de la police nationale qui vient se garer à proximité du rassemblement pour observer ce qui se passe. Après quelques chants et prises de parole, le cortège s’élance donc sur la route – accompagné d’une caravane-sono et d’une batucada – en prenant la rue de Paris pour faire le tour de la place, derrière une grande banderole “Face aux expulsions, luttons contre la restructuration urbaine“, suivi-e-s de près par le véhicule de police.

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On s’engage ensuite dans la rue Girard, au son de slogans tels que “Grève, grève, grève des loyers, et crève, crève, les flics et les huissiers !” ou “Les maisons sont vides, occupation ! Et « les loyers sont trop chers, occupation !“. Une prise de parole a lieu rue Girard, à propos de la future expulsion du squat de “Michto”, pendant que nous repeignons la rue de divers pochoirs et tags (“La maison est à ceux qui l’habitent“, “À bas la propriété privée !“) dans la joie et la bonne humeur.

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Après la rue Girard, nous bifurquons sur la droite pour remonter sur la rue Edouard Vaillant, le long du marché. Le cortège remonté à droite de la place du marché s’arrête à l’angle du boulevard Chanzy, sous les yeux des nombreuses personnes présentes sous la Halle pour une brocante. Là, des ex-habitants de l’ancien squat de “La Clinique” (janvier-juillet 2009) prennent la parole pour rappeler ce qu’a été ce lieu pendant ses sept mois d’existence. Depuis, le bâtiment a été rasé, et le terrain vague qui l’a remplacé est toujours désert en attendant la soi-disant construction d’un centre commercial et de logements dits “sociaux”. La devanture du chantier et d’un bâtiment à côté sont égayées des couleurs chatoyantes de notre colère: “Grève des loyers, occupation !“, “Guerre à la propriété“, “Nous voulons tout, nous brûlerons le reste” ou encore “Les urbanistes au feu, les huissiers au milieu“. Sur un mur du terrain vague, on peut lire une énorme tag depuis début janvier, en solidarité avec la lutte à Notre-Dame-des-Landes: “2012: l’Ayraultport s’écrase – 2013: la révolte s’embrase“.

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Le cortège se remet ensuite tranquillement en route sur la rue de Paris, désormais devancé de loin par une voiture de police qui gère la circulation à une centaine de mètres devant nous, et toujours suivi de près par une seconde voiture. Les slogans sont toujours aussi joyeux: “A Robespierre, les loyers sont trop chers ; à Croix de Chavaux les loyers sont trop hauts“, “Un loyer pas cher, c’est toujours trop cher !“, “Squatteurs, locataires, solidarité face aux propriétaires“. Les murs de cette triste rue continuent d’être maculés par des pochoirs, graffitis et collages d’affiches. “Grève des loyers, crève les huissiers“, “Face aux galères, j’occupe ta résidence secondaire“, “Rangez vos miettes, on veut le tiroir-caisse“, “À bas la propriété“, “Si t’as pas de niche, prends ton pied de biche“, “Expulsion = baston“, “À bas l’État, les flics et les huissiers“, “Occupons tout” ou encore “Tant que vous aménagerez, nous vous saccagerons“.

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Le tract appelant à la manif est toujours distribué aux passant-e-s, qui pour la plupart se sentent directement touché-e-s par l’augmentation des loyers, les expulsions locatives ou la gentrification du quartier.

Une nouvelle intervention a lieu au niveau de la Halle Marcel Dufriche, où des Rroms sont régulièrement harcelés par les flics depuis plusieurs mois et où a eu lieu il y a quelques jours un incendie qui a ravagé une partie de leurs habitations.

On tourne ensuite sur la gauche pour prendre la rue Barbès, où trois flics en civils se promènent nonchalamment sur la gauche de notre cortège. Tout en filmant discrètement la manifestation (un flic a son portable accroché à la poche-poitrine de sa veste), ils s’arrêtent sur le côté et regardent la manif passer. Les cris de “Police, dégage !” et “Flics, porcs, assassins !” ne semblent pas les inquiéter plus que ça, bien qu’ils se glissent des bouchons de liège dans les oreilles pour ne plus subir nos outrages verbaux.

Non loin de la place de la République, une nouvelle prise de parole rappelle que pendant l’été 2011, la place a été occupée quelques temps par les squatteur-euse-s expulsé-e-s de la rue des Sorins (1 et 2).

Le cortège bifurque ensuite sur la droite, au niveau de la rue Bara, où se trouve le foyer de travailleurs migrants Bara, là où les gestionnaires de misère tentent de faire de la place, n’accueillant plus personne depuis plusieurs mois, et laissant environ 80 Maliens à la rue. Un des habitants prend la parole pour expliquer la situation actuelle du lieu.

Certain-e-s d’entre eux-elles se joignent à la manifestation, alors que les flics en civil continuent à nous coller. La foule s’énerve, commence à encercler les flics qui se prennent quelques petits projectiles sur la tronche (au passage, on rappellera que lorsqu’on jette des projectiles sur les flics, il est primordial de s’assurer qu’il ne tombera pas sur des manifestant-e-s ou des passant-e-s !). Ils sortent alors leurs matraques télescopiques, lancent une première grenade de désencerclement en plein milieu de la foule et dégainent un flashball qu’ils braquent à hauteur de visage sur les compagnons proches d’eux. Plusieurs personnes sont légèrement blessées aux jambes par cette grenade de désencerclement, qui sera suivie par au moins une autre, tandis que des tirs de flashball sont assénés à bout portant, dont au moins un à hauteur de poitrine/visage ! Les flics ont également sorti une gazeuse familiale et ont aspergé trois ou quatre personnes en pleine face. En quelques secondes, ils auront fait usage de tout leur attirail répressif. Certain-e-s manifestant-e-s chargent alors les flics avec des chaises provenant d’un bar de la rue et divers autres projectiles, les poussant à dégager définitivement. On peut se demander pourquoi ces trois flics en civil ne sont pas partis avant, car ils n’ont pas seulement mis en danger passant-e-s et manifestant-e-s, mais aussi eux-mêmes, en nous agressant et provoquant ainsi la colère de la rue.

Quelques minutes plus tard, les flics arriveront en force (commissaire, gendarmes mobiles et compagnie) sur la place de la République, non loin du foyer Bara, histoire de mettre la pression dans le quartier, mais ils ne s’approcheront plus de la manifestation. Aucune arrestation à signaler ce jour-là.

La manif s’arrête alors au croisement rue de Paris / rue Robespierre, le temps de s’assurer que tout le monde va bien. Du sérum physiologique est apporté aux personnes touchées par les gaz lacrymogènes, et la parole est prise à nouveau depuis la sono pour expliquer aux passant-e-s ce qui vient de se passer.

Ensuite, la manif continue le long de la rue Arsène Chéreau, jusqu’à la Place de la fraternité, limite entre Montreuil et Bagnolet. C’est l’occasion de prendre une petite pause, et d’une intervention au micro par des membres du collectif “Prenons la ville” sur les transformations du quartier et la récente expulsion d’un squat de Rroms sur la place. Nous discutons aussi avec le propriétaire du bar “Le bouliste”, sous le coup d’une fermeture prochaine de son établissement, nécessaire étape dans la restructuration du quartier en ghetto pour bourgeois-es.
Quelques pochoirs et tags viennent toujours égayer la zone.

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Nous nous dirigeons ensuite sur la rue Etienne Marcel, libres de toute présence policière. Le cortège se fait plus calme et les slogans plus rares. Il faut dire aussi que le coin est peu fréquenté, plus résidentiel.
On tourne ensuite au niveau de la rue Edouard Vaillant pour reprendre sur la rue Victor Hugo, histoire de passer un “big up” au Rémouleur.

Puis la manifestation prend la rue Robespierre, lance des slogans contre Vinci (multinationale connue entre autres pour ses chantiers de construction-destruction à Notre-Dame-des-Landes et à Khimki en banlieue de Moscou) puisque sa filiale “Jean Lefebvre” se trouve dans cette rue.

Le cortège fait ensuite une halte devant la rue de l’Avenir où un terrain squatté par des Rroms, sans eau courante, est la cible régulière de pressions policières (les flics ont notamment distribué des OQTF – obligations de quitter le territoire français – qui ont par la suite été annulées par le tribunal).

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Enfin, la manif emprunte l’avenue de la République en direction du Transfo, où une dernière intervention a lieu, affirmant la volonté de résister face à une éventuelle expulsion. Nous rentrons ensuite à l’intérieur, où une assemblée ouverte se tiendra, réunissant près d’une centaine de personnes. C’est l’occasion de discuter plus en détail des moyens de résister aux expulsions de squats et de tout autre type de logement, de faire le tour de nos idées pour s’organiser avec les personnes concernées par des expulsions dans les quartiers alentours et de partager quelques propositions sur les aspects pratiques que pourrait prendre la résistance à l’expulsion du Transfo. À suivre, que tout cela nous serve de moment de consolidation de résistances au monde du fric, des flics et de la propriété privée !

Source: Squat.net, 29 avril 2013

[Mexique] Assassinat du compagnon Juan Vazquez de l’ejido de San Sebastian Bachajón (Chiapas) – 24 avril 2013

Assassinat du compagnon Juan Vázquez de l’ejido de San Sebastian Bachajón.

Le Réseau contre la Répression du Chiapas reçoit avec rage et indignation la nouvelle de l’assassinat du compagnon Juan Vázquez de l’ejido de San Sebastian Bachajón.

Juan a été pris dans une embuscade alors qu’il rentrait chez lui le 24 avril 2013, il a été atteint de cinq balles qui l’ont tué immédiatement. Après cette agression, les auteurs de ce lâche et infâme assassinat ont fui dans une camionnette rouge.

Tout au long de ces années, Juan Vázquez nous a accompagnés lors de nombreuses mobilisations, actions, événements, forums etc. Il a toujours été en première ligne dans la protection de son ejido pour la défense du territoire et contre le méga-projet touristique des cascades d’Agua Azul, et pour la liberté des prisonnières et des prisonniers politiques, dans le cadre de la Sixième Déclaration.

Nous attendons plus d’informations, mais dans tous les cas il est évident qu’il s’agit d’un assassinat politique à cause des multiples intérêts entrepreneuriaux, politiques et économiques dans cette zone.

Nous nous solidarisons avec ses proches et sa communauté et nous exprimons notre plus profonde douleur pour cette grande perte. Même ainsi nous ne nous décourageons pas et organisons cette rage pour renforcer notre lutte et maintenir toujours vivants notre compagnon Juan et son exemple de résistance.

Réseau contre la Répression du Chiapas

Vidéo – Témoignage des habitants de Bachajon, Chiapas/Témoignage des habitants de San Sebastian Bachajon, Chiapas, dont Juan Vázquez

Lettre de Solidarité et Condoléances depuis l’Europe suite à l’assassinat de Juan Vázquez

CONTEXTE :

Le terrain communal de Bachajón est placé dans la zone de la forêt – centre du Chiapas, dans la municipalité officielle de Chilón, région autonome zapatiste de San José en Rebeldía, lieu stratégique pour l’accumulation par la dépossession , cette zone héberge l’un des paysages naturels les plus beaux du monde : les Cascades d’Agua Azul. Il est important de mentionner qu’une technique de contrôle territorial utilisé par l’État, apparu durant les treize dernières années dans cette zone, est d’encercler les « ressources stratégiques » (terre, eau, biodiversité de la flore et de la faune, les connaissances culturelles, etc.) dans des « capsules de protection », ce que l’institution de l’État nomme zones de Protection de la Flore et la Faune (APFyF).

C’est le miroir de la valorisation de la nature, au niveau de sa richesse génétique, sa capacité de captage de carbone, l’abondance d’eau et son potentiel touristique, comme c’est le cas de la « Réserve de la Biosphère les Cascades d’Agua Azul ». C’est le résultat de cette stratégie d’accaparement territorial, la démagogie de « l’écotourisme » que le mauvais gouvernement de Juan Sabines promeut de manière complément absurde.

Le complexe touristique a été depuis 20 ans l’objet de la spéculation financière par les grandes associations hôtelières. Carlos Rojas, chargé du Secrétariat de Développement Social (SEDESOL) durant la présidence de Salinas, a commencé à projeter ses rêves dans cette zone de la forêt. La manière de valoriser le pillage des ressources était focalisée sur l’exploitation des paysages naturels à travers le tourisme. Le point de référence était les Cascades d’Agua Azul, avec la proposition d’en faire un centre qui ferait concurrence à Cancún au niveau touristique : le Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul (CIP-CAA).

Cependant, ce projet a été brisé par le soulèvement de l’EZLN en 1994, qui a mis en place la « loi agraire révolutionnaire ». Plus tard, avec la création des Municipalités Autonomes Rebelles Zapatistes, on a pu constaté la reconfiguration géographique de la résistance zapatiste. C’est en évoquant une partie de la proposition de la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone, en 2008 que plus de 1800 paysans communaux adhérents à l’Autre Campagne décident d’autogérer le péage du dit complexe touristique en exerçant leur droit à l’usage et à la jouissance de leur territoire.

Mais, parallèlement en mars 2008, les entreprises Norton Consulting, INC et EDSA Construction, obéissant au Projet méso-américain (Plan Puebla-Panama) présentent la proposition pour « élever l’économie à partir du tourisme dans la zone de la forêt du Chiapas ». L’étude a eu pour objectif de développer un plan stratégique qui identifie les espaces et les projets qui peuvent augmenter l’offre touristique. C’est-à-dire « plus de visiteurs et plus de frais » pour le futur CIPP-CAA.

La première étape du projet, consiste à développer une chaîne hôtelière basée sur le concept de « Long’s Retreat », et convertir les Cascades d’Agua Azul, en une « des expériences de resort la plus originale existante dans l’hémisphère Ouest ». Cela en développant quatre concepts d’hotels-resorts dans lesquelles investiront les chaînes les plus luxueuses en matière de tourisme mondial : l’Hôtel Boutique de classe mondiale, de Lodge/retreal – près des Cascades d’Agua Azul -, l’Hôtel de marque européenne cinq étoiles, le Resort avec hôtel, centre de conférences et de golf.

Les opérateurs pour de tels investissements sont : Luxury Collectión, Orient Express, Arman. Leurs tarifs par chambre vont de 300 à 1000 dollars la nuit (3.800 à 10.800 pesos). Des hôtels européens se font aussi remarquer comme : Sonesta, Barcelo, Sol Melia, Kempinsky. Pour hôtel, conférences et golf : Camino Real, Posadas, Park, Royal, Marriot, Hyatt, Westin.

De la même façon, la stratégie du gouvernement fédéral se met en place par le biais du Fonds National pour le Tourisme (FONATUR) en collaboration avec des institutions étatiques et fédérales tel que le ministère du Tourisme de l’État du Chiapas, le ministère du Tourisme et des Relations Internationales, le ministère des Communications et du Transport (SCT), la Procure Fédérale de la Protection de l’Environnement (PROFEPA), l’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire (INAH).

On réussit à établir que le gouvernement de l’État du Chiapas a comme tâches principales :

  1. promouvoir, créer et gérer huit circuits touristiques – à l’intérieur desquels se trouvent le Couloir Palenque-Cascades d’Agua Azul-Toniná- San Cristóbal de las Casas ;
  2. élaborer des diagnostics et mettre en application des politiques environnementales comme instrument de gestion des réserves territoriales, en particulier pour le Centre Intégralement planifié des Cascades d’Agua Azul ;
  3. gérer par le biais du SCT la construction de l’autoroute San Cristobal-Palenque, ainsi que l’agrandissement ou le déplacement de l’aéroport de Palenque, qui serait la route pour transférer les touristes.

En ce qui concerne les Municipalités chargées de participer à l’exécution de ce mégaprojet, elles doivent :

  1. contribuer à l’image et à l’architecture du paysage ;
  2. étendre le périmètre de sécurité publique dans les zones et les circuits touristiques ;
  3. faciliter l’obtention de permis et de licences pour le développement des projets écotouristiques.

La criminalisation comme politique d’État et la répression comme instrument de contrôle, ainsi que le clientélisme, ont été rendus visibles d’une manière cynique en février 2010 et continuent aujourd’hui, quand des militants du Parti de la Révolution Institutionnelle (PRI) ont fait irruption dans la communauté zapatiste de Bolón Ajaw de manière paramilitaire, avec l’ordre d’expulser et de provoquer le déplacement des familles.

Un an après et à quelques jours près de la visite de Felipe Calderón dans cette zone touristique, une expulsion violente a eu lieu contre les compagnons de San Sebastían Bachajón. Depuis février 2011, la répression, l’impunité, la criminalisation, et le clientélisme (propre aux conjonctures électorales), se découvrent encore une fois, avec le mensonge et la démagogie bon marché qui, cette fois-ci, revêtent la barbarie du gouverneur de l’Etat du Chiapas, Juan Sabines, et de son serviteur Noé Castañón.

Le discours de « durabilité » et/ou de « tourisme responsable » ainsi que les soi-disant « tables de négociation » que le mauvais gouvernement utilise font partie du discours attrape-bobos et de la mise en scène montée de toutes pièces dont se sert aujourd’hui le gouverneur, ainsi que tous ceux qui obéissent à ses ordres et tous ceux pour qui importent peu les coûts environnementaux et la spéculation sur la biodiversité et les connaissances culturelles de cette région.

Nommer non seulement les sujets mais aussi les institutions qui promeuvent et gèrent le tourisme en criminalisant des compagnons, les rendre responsables et les engager face à leurs actions : la SEMARNAT, la CONANP, l’INAH doivent se charger des zones régionales et de la possession de la terre, ainsi que d’établir des critères et des programmes à l’ordre et pour le profit du tourisme. Le FONATUR, se chargera de formuler un business plan et le Plan Maître du CIPP-CAA et de participer au Programme de Développement Touristique de la Région-Forêt de l’État du Chiapas …

Bref : ce que nous présentons ici n’est qu’une partie de l’action spéculative dans la région. Cela démontre que les stratégies politiques du gouvernement fédéral, étatique et local ne sont pas si naïves. Dans la région, Juan Sabines et les partis politiques (PRI, PAN, PRD, PVEM), répètent la même politique : assistancialisme, clientéliste, la cooptation et la criminalisation de celui qui résiste, avec comme objectif de créer des conflits entre les communautés de la région afin d’administrer le territoire et de le remettre au capital financier et spéculatif.

Il est clair pour nous que le contexte où est né le conflit pour la gestion du péage d’Agua Azul, représente un miroir de la dispute entre ceux qui sympathisent avec les intérêts du grand capital, les transnationales et le système médiocre des partis politiques et ceux qui défendent le territoire qui donne la vie, qui représente un soutien économique, culturel et politique pour les communautés indigènes mayas, lesquelles construisent avec dignité des alternatives autonomes qui font face à un système de mort, le capitaliste. Dans ce contexte de lutte et de résistance, trois compagnons de Bachajon se trouvent toujours incarcérés : Antonio Estrada Estrada, est incarcéré dans la prison numéro 17 à Plages de Catazaja Miguel Vazquez Deara, est incarcéré dans la prison numéro 16 à Ocosingo Manuel Demeza Jimenez, est incarcéré dans la prison numéro 14 à l’Amate.

Source: noestamostodxs  – Traduit par les trois passants 

Reçu par mail, 28 avril 2013

Par ailleurs, l’Etat mexicain accentue actuellement sa collaboration avec la police européenne EUROPOL, contre les anarchistes. Un article sur cettesemaine revient sur le document interne d’EUROPOL sorti le 24 avril dernier dans la presse mexicaine

[Publication] Sortie du journal ‘Barouf’ #1

Un brouhaha de discussions et de rencontres

Des explosions d’idées subversives et d’envies de révolte

Un vacarme pour affronter ce monde ici et maintenant sans rien attendre des politiciens et de ceux qui veulent nous représenter

…Pour que notre désir de se débarrasser de toute autorité, domination et exploitation fasse du bruit !

journalbarouf [arobaz] riseup.net – barouf.noblogs.org

Cliquer pour télécharger le journal "Barouf" #1 au format PDF

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Balade sous contrôle1

9h30, Aubervilliers-Pantin-4 Chemins. Alors qu’on part trouver de la thune, de quoi manger ou se promener, les flics sont au coin de la rue. Ils sont là, avec leurs armes et leurs sales gueules, comme hier, comme il y a une heure, comme tout le temps maintenant en fait, à harceler les vendeurs/ses à la sauvette, les pauvres en tout genre, à mater tout ce qui bouge de travers, prêt à tou-te-s nous contrôler et arrêter quelques sans papiers sur le chemin. Que l’on soit à Barbès/La-Goutte-d’Or, à la Gare de Saint-Denis, à Saint-Ouen où à Stalingrad, c’est la même chose. Depuis peu ces quartiers sont devenus des ZSP, “Zone de Sécurité Prioritaire”. Nouvelle invention sécuritaire du pouvoir, il en existe soixante-quatre dans tout le pays et concrètement ça signifie encore plus de flics dans les rues et une collaboration plus étroite entre mairies, commissariats et associations. À Belleville et Couronnes il y a aussi plein de flics partout, mais là ce sont ceux de la “Brigade Spécialisée de Terrain” (BST) créée en janvier 2011.

Et puis il y a aussi tous les autres que l’on ne remarque même plus : GPIS, sécurité de la Mairie de Paris, correspondants de nuit, militaires, etc. Avec tous ces uniformes, le pouvoir militarise les villes, et principalement les quartiers pauvres, pour faire régner la pacification sociale et que chacun-e d’entre-nous reste bien à sa place.

12h00, dans le métro. Changement à Stalingrad “contrôle des titres de transports !” Un barrage de contrôleurs fait face au flot des voyageurs qui fouillent frénétiquement leurs poches à la recherche du bout de plastique qui donne le droit de continuer son chemin tranquillement. Certain-e-s tentent de faire demi-tour, mais sont retenu-e-s par les gros bras de la ratp sureté (GPSR).

Dans chaque recoin ou derrière chaque caméra ils sont là, pour réguler et rentabiliser les flux, chasser les fraudeurs, surveiller et réprimer nos faits et déplacements. Et si en plus de pas avoir de ticket on n’a pas le “droit” d’être là (pas de papiers, recherché-e par la justice, sous contrôle judiciaire), la police n’est jamais bien loin pour t’emmener au commissariat.

Les transports en commun sont pensés et organisés en fonction de la nécessité pour l’économie et le pouvoir d’assurer le déplacement dans la ville. Ils ont pour fonction d’amener des gens de la maison au travail, de la CAF au magasin, etc. Les transports, que ce soit le réseau de métro et de bus ou encore les nouvelles lignes de tram qui viennent d’être inaugurées, tissent une toile sur la ville : des arrêts délimités où l’on va parce que l’on a quelque chose à y faire, tout le reste n’est que points de passage. Et tous nos déplacements y sont fichés par les puces RFID contenues dans les pass’ navigo.

L’importance des transports est encore plus visible quand ils sont perturbés, par la neige, la grève ou un sabotage : retards, chaos, désordre, rupture avec la routine.

balade en ville215h15, à l’angle de deux rues dans le XXème arrondissement. Une nouvelle caméra de vidéo-surveillance est en train d’être installée. Elle fait partie du plan de plus de 1000 caméras de la ville de Paris et qui, ajoutées au 10000 du réseau RATP/SNCF et à celles de sociétés privées, banques et magasins, quadrillent toute la ville. Des centres de vidéo-surveillance ont été mis en place dans plusieurs commissariats, où les images sont regardées 24h/24.

Elles sont un moyen de surveillance supplémentaire, traquent nos vies et nos corps dans les moindres détails. De nombreuses villes adoptent un réseau de vidéo-surveillance de plus en plus sophistiqué : rotation à 360°, zoom, infrarouge, détection de comportements suspects (par exemple des attroupements), reconnaissance faciale…

17h30, quartier Bas-Montreuil/Bagnolet. Des huissiers viennent de saisir une famille et de les expulser de leur logement car ils ne payaient plus leur loyer depuis des mois et que leurs crédits à la banque se sont accumulés. Ici, comme dans d’autres quartiers pauvres de proche banlieue, les loyers ne font qu’augmenter et les agences immobilières poussent comme des champignons. C’est un quartier en plein changement d’après la mairie et les promoteurs : ils appellent ça la rénovation urbaine ou la restructuration, prétendent “améliorer la qualité de vie”. Aussi les préfectures et les mairies ont déclaré la guerre aux logements insalubres et aux squats, pour expulser les habitant-e-s qui sont repoussé-e-s toujours plus loin des centres-villes et détruire des bâtiments pour en reconstruire des plus beaux, plus écologiques, pour des gens qui ont plus de thunes.

Cette logique, à l’œuvre depuis des années à Paris, se poursuit et s’étend avec le projet mégalo du “Grand Paris” : hausse des loyers, expulsions, promotion de l’accession à la propriété, construction d’immeubles standing de luxe, logements sociaux très chers pour riches, ouverture de lieux culturels branchés pour bobos, transformation du mobilier urbain en repoussoir anti-SDF, boutiques de mode à prix chic, etc.

Agents immobiliers, promoteurs du BTP, urbanistes et politiciens de tout bord aménagent des espaces civilisés, où les bobos et bourgeois se sentent à l’aise et en sécurité, menant ainsi la guerre aux pauvres. Ces opérations de rénovation leur rapporte de l’argent : spéculation, pots-de-vin.

L’aménagement de l’espace urbain et le contrôle renforcé en disent long sur le monde qu’est en train de construire le pouvoir : un grand enfermement à ciel ouvert, où chaque espace est surveillé, où chaque déplacement est sous contrôle, où chacun-e est à la place qui lui est assignée. Des transports aux caméras, des flics aux métropoles, ça ressemble à une grande prison. Sans ses quatre murs oppressants, la promiscuité forcée, les matons et verrous qui règlent le quotidien, mais où les caméras font penser aux miradors, les quelques m² où l’on vit à des cellules et les frontières tracées entre nous à des barbelés.

Le jeu politique construit l’autre comme l’ennemi, l’indésirable et veut nous faire croire que si c’est la merde c’est la faute du voisin, de celui ou celle qui n’a pas la même couleur de peau, de celui ou celle qui ne fait pas partie de la “communauté”, qu’elle soit “ethnique”, religieuse ou de territoire.

Mais à l’inverse de la guerre de tou-te-s contre tou-te-s et du chacun-e pour soi, ici et là, des gestes du quotidien au sabotage, des actes de résistance s’en prennent à ce monde : de l’ouverture d’un squat à la débrouille, de l’entraide et de la solidarité à la résistance à un contrôle de police, de la destruction de caméras de surveillance au fait de se prévenir de la présence des contrôleurs dans le métro.

Chaque perturbation, peu importe son ampleur, a des effets immédiats sur cette routine quotidienne qui, clairement, est celle du travail, de l’économie, du contrôle et du pouvoir. S’attaquer à ce quotidien c’est apporter sa pierre à la destruction de la domination et de l’exploitation, c’est s’ouvrir des espaces de liberté par la révolte. Soyons incontrôlables…

Sabotons le tram-tram quotidien ! Le jour de l’inauguration de la nouvelle ligne T3 du tramway parisien, aux alentours de midi, des chaussettes remplies de riz ou de sable se sont retrouvées enroulées aux caténaires. Des tracts volants sont aussi apparus à divers endroits sur le boulevard. L’efficacité de cette technique n’étant pas avérée, à chacun-e de faire preuve d’imagination la prochaine fois.

Extrait du journal #01