[Paris/Affiche] A Bas la France

A BAS LA FRANCE. 

Parce que nous n’oublions aucune de ces horreurs, parce que ces massacres et ses bombardements qu’ils soient humanitaires, colonialistes ou nationalistes, pour du pétrole ou pour son honneur nous ont exterminés, nous ont fait croire qu’il n’était plus possible de choisir la rébellion. Nous lui crachons dessus, nous nous essuyons avec son drapeau, nous dégueulons sa marseillaise, nous brûlons ses postes-frontières et nous profanons ses sanctuaires et ses idoles tâchées de sang de nos frères et soeurs apatrides.

A BAS TOUTES LES NATIONS ET LES FRONTIÈRES. Parce que la prétendue appartenance nationale n’est pas innée, mais enseignée à coup de servitude, parce que c’est un concept religieux, on est français, tunisien, portugais ou malien exactement comme on est chrétien, musulman ou juif, et on vote exactement comme on va à la messe. Parce que c’est au nom des nations que riches et puissants d’endroits différents mais tous de la même puanteur, se font la guerre à coup de chair à canon. A bas toutes les frontières, parce que, comme toutes les autres normes, elles définissent les indésirables et elles séparent les bonnes des mauvaises graines, français ou immigré, avec ou sans papiers, barbare ou civilisé. C’est en leur nom que chaque jour, l’ordure étatique et policière et les collaborateurs de la machine à expulser raflent, enferment, expulsent et tirent à vue le long des lignes de démarcations étatiques.

A BAS TOUS LES POLITICIENS. Parce ce sont eux qui administrent la si banale apocalypse permanente dans laquelle nous vivons depuis des siècles, passant des mains des maîtres à celles des curés puis des propriétaires pour finir sous la coupe de la marchandise et du contrôle diffus. Car que ce soit à coup de frappes chirurgicales, de matraque, de justice, de guerres propres ou de paix sale, de prison et de turbin, de camps humanitaires, de concentration ou d’extermination, de référendum, de beaux discours ou de bombes atomiques, les politiciens n’ont pour seul but que de maintenir leur pouvoir et de l’étendre, se concurrençant les uns les autres pour la mainmise sur le bétail du parc humain.

A BAS LA RÉSIGNATION. Parce que la liberté n’apparaîtra pas miraculeusement, parce que le capitalisme ne s’effondrera pas tout seul, parce que ceux qui tombent sur les lignes de front de la guerre sociale ne doivent pas rester seuls face aux juges et autres croque-morts de ce monde, parce qu’il ne sert à rien de se plaindre et que nous ne voulons plus être des victimes, parce qu’il n’y a qu’une seule entité réelle, la terre, et que dans les conditions qui nous y sont faites, il n’y a qu’une seule façon d’y vivre : à couteaux tirés avec ce monde de fric, de prison, de pouvoir, de contrôle, de médiocrité et d’ennui.

Parce qu’on ne peut entrer dans un monde meilleur autrement que par effraction.

Dans cette guerre sociale, n’écoutons plus les sirènes nationalistes et politiques, car comme les feuilles, les promesses tomberont l’automne venu. Dans un monde où toute liberté est désordre sauf celle de consommer et de choisir son maître, il n’y a rien à défendre, mais tout un ordre à attaquer partout où il se trouve.

Pour un monde sans Etats, ni patries, ni frontières, ni prisons, ni nations.

Que nos passions détruites se transforment en passions destructrices

[Affiche trouvée sur les murs de Paris, avril 2013.]

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Source: Base de données anarchistes, 10 mai 2013

[1er mai en Allemagne] Tours d’horizon des manifs et actions directes à Frankfort, Hambourg et Berlin

A Franckfort, une marche des fascistes du NPD était prévue en ce premier mai. La mobilisation antifasciste ne s’est pas fait attendre et des milliers de manifestant.e.s ont pris les rues afin de la saboter. Pour un militant antifasciste, c’est la première fois depuis 2002 que la marche néo-nazie n’a pas pu avoir lieu, malgré que les flics aient tout tenté pour qu’elle ait lieu. Les antifascistes évoque une répression d’une rare violence, et dénombrent 56 personnes blessées (essentiellement lié à l’utilisation massive de gaz au poivre), 4 personnes ont été hospitalisées dont deux pour fracture du bras.

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L’objectif d’empêcher la marche du NPD est atteint. Par ailleurs, à Hanau, plus de 150 néo-nazis ont pu marché dans la ville: la police étant débordé, les antifascistes ont attaqué leur cortège. Des affrontements entre fascistes et jeunes migrants ont eu lieu un peu plus tôt dans la journée.

Au final, il y a eu une trentaine d’arrestations parmi les les antifascistes.

La police justifie la répression en partie par rapport à des actes de vandalisme perpétrés la veille du 1er mai:

Dans la nuit du mardi 31/04 au mercredi 01/05/2013 à Roedelheim, plusieurs banques de la caisse d’épargne ont eu leurs vitrines brisées, une voiture a été également vandalisée. Plusieurs tags et faits destructions ont été constatées dans le secteur.

Traduit librement de la presse allemande (Frankfurter Online.de), 02/05/2013

A Hambourg:

Le rassemblement avait lieu en début de soirée à la gare Altona et les affrontements ont débuté immédiatement. Les flics se sont fait attaquer à coups de bouteilles, de pétards et quelques bleus ont été blessés. La police anti-émeute a utilisé canons à eau et gaz lacrymos. Les organisateurs ont rapidement appelé à la dispersion.

Sous la devise «Le prolétariat n’a pas de patrie« , environ 1.400 participants se sont rassemblées devant la « Rote Flora« , avant de partir vers la gare Altona. Des escouades anti-émeute accompagnaient le cortège. Peu de temps après le départ, il y a eu des incidents avec des jets de pétards et des bouteilles. Les fonctionnaires ont été attaqués depuis des appartements d’immeubles avec des pierres, indique le porte-parole la police d’Hambourg.

Certaines personnes ont scandé: « Tout Hambourg déteste la police« . On pouvait lire sur les banderoles du cortège anticapitaliste « Contre l’exploitation et l’oppression » ou encore « Combat l’impérialisme dans chaque pays ».

Pour ce 1er mai, 1600 policiers étaient mobilisés, et dans un premier temps 8 manifestants ont été arrêtés pour ‘vandalisme’.

Plus tard dans la soirée, plusieurs foyers d’incendies ont nécessité l’intervention des pompiers aux alentours du centre militant « Rote Flora », où se déroulait « la Nuit de Walpurgis »: deux personnes ont été arrêtées.

Traduit librement de la presse allemande (Frankfurter Online.de), 01/05/2013

A Berlin

Tard dans la soirée du 1er mai, environ 40-50 personnes sont parties en manif sauvage éclair depuis la rue Karl Marx à Neukölln. Les vitrines d’une banque ‘Santander’ et d’un magasin ‘H&M’ ont été explosées, permettant au prolétaire de se servir dans le magasin de fringues. De plus, un tag ‘souviens-toi de Savar‘ a été inscrit sur la façade, en mémoire aux ouvriers du textile de Savar, village du Bangladesh, où le 24 avril dernier 304 d’entre eux ont perdu la vie lors de l’effondrement d’un bâtiment.

Des barricades ont été montés à travers les rues avec des matériaux de construction. Une banque de la filiale ‘Rossmann’ a même reçu quelques pierres, avant que la foule disparaisse dans la nuit.

Traduit librement de l’allemand de linksunten.indymedia.org, 02/05/2013 à 20h45

Un black bloc anticapitaliste réunissant 500 personnes ont manifesté ce 1er mai: attaques de banques et de flics notamment…

Un compte-rendu de la manif en allemand sur indymedia linksunten

Quelques images et traces de la manif (du tagesspiegel.de):

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Le 1er mai s’est prolongé à Berlin

Dans la nuit du 2 au 3 mai 2013, des attaques à la peinture et avec des pierres ont visé plusieurs édifices dans Berlin: les vandales ont agi dans les secteurs de Steglitz, Locust Valley, Lichtenberg, Pankow et rue de la reine Elizabeth à Charlottenburg. 

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‘Berlin Job Center’ , le siège du SPD (soce’dém’), entre autre, en ont fait les frais.

Le "Job Center" de Charlottenburg

Le « Job Center » de Charlottenburg

Siège du SPD

Siège du SPD

Siège du SPD

Siège du SPD

Siège du SPD

Siège du SPD

Le Centre d’emploi à Lichtenberg a été bombardé de pierres, de peinture et des tags longs de plusieurs recouvraient la devanture. Malgré qu’un citoyen ait alerté les flics, personne n’a été arrêté.

le "job center" de Lichtenberg

le « job center » de Lichtenberg

A noter qu’une personne a été arrêtée lors de l’attaque du pôle emploi à Charlottenburg. Elle a été interpellée par les flics avec un sac rempli de pavés. Concernant les autres attaques, les vandales s’en sont sorti.e.s sans problème.

Sabotage ferroviaire

Par ailleurs, dans la nuit de mercredi à jeudi, des câbles de la S-Bahn ont été incendiés. Le trafic ferroviaire entre Potsdam et Berlin a été fortement perturbé jeudi, avant d’être rétabli en fin de journée. La police soupçonne les milieux autonomes d’extrême-gauche et anarchiste.

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Traduit librement de la presse allemande – bz-berlin.de, 03/05/2013 à 11h51

Des photos du 1er mai à Stuttgart et Berlin

[1er Mai à travers le monde] Emeutes à Seattle (USA) et à Santiago (Chili)

[Etats-Unis] Emeute à Seattle:

A Seattle (USA), la manifestation du 1er mai, à laquelle des milliers de personnes ont participé, a fini en affrontement à la tombée de la nuit de ce mercredi 1er mai. Plusieurs manifestants ont attaqué les flics par des jets de projectiles, ces derniers ayant répondu avec des grenades assourdissantes et gaz lacrymos.

La police de Seattle a déclaré qu’un policier avait été blessé par un jet de pierre.

Plusieurs magasins et hôtels ont vu leurs devantures vitrées partir en éclats, dont H&M et Sun Liquor. Une pharmacie a également été attaquée.

L’année dernière, les anarchistes ont cassé des fenêtres de devantures de magasins, y compris Niketown, ainsi que des véhicules et utilisé pétards et fumigènes. Les manifestants ont également cassé les vitres et la porte d’un bâtiment fédéral.

Des appels à manifester ont été publiés sur plusieurs sites anarchistes (1 & 2), et de nombreux manifestant.e.s revendiquaient haut et fort leurs idées anti-capitalistes et anti-étatiques.

Au total, 17-18 personnes (selon plusieurs sources) ont été arrêtées.

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La vitrine du magasin 'sun liquor' après le passage des manifestants

La vitrine du magasin ‘sun liquor’ après le passage des manifestants

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Quelques vidéos des affrontements de la manif du 1er mai:

vidéo CNN

vidéo de KomoNews

vidéo du Belfast telegraph

Par ailleurs, ce 1er mai était aussi une journée de mobilisation contre la criminalisation des sans-papiers du dernier projet de loi d’Obama et pour les droits des travailleurs sans-papiers. Plusieurs marches se sont déroulées à travers le pays, qui se sont terminées sans incidents.

 Traduit librement de la presse américaine (photos prise sur plusieurs sites), 1-2/05/2013

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[Chili] Emeute à Santiago:

A Santiago au Chili, la manifestation du 1er mai a rassemblé environ entre 15000 et 25000 personnes et est rapidement partie en émmeute. Tout a commencé lorsqu’un groupe d’une trentaine d’encapuchados, placé en fin de cortège, ont vandalisé et arraché le mobilier urbain, à construire des barricades dans les rues avec panneaux de signalisation et poubelles. Un arrêt de bus a été entièrement brûlé.

Les flics sont rapidement intervenus en utilisant gaz lacrymos et canons à eau. Les affrontements, qui se sont déroulés en grande partie dans les grandes rues commerçantes du centre-ville, ont fait 19 flics blessés, dont 2 gravement à l’acide et un autre par un jet de pavé.

Plusieurs magasins ont été pillés et incendiés.

Selon la police, plus de 1000 personnes ont participé aux affrontements, qui se sont soldés par 60 arrestations.

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Traduit librement de la presse chilienne, 01-02/05/2013 via Anthropologie du présent

A Montréal (Québec), les flics ont arrêté plus de 300 manifestant.es anticapitalistes

Par ailleurs, des affrontements se sont également déroulées ce 1er mai à Bogota (Colombie), au Mexique (à Chilpancingo et à Oaxaca), à San José (Costa Rica)

[Publication/Hors Service #36] L’évasion est nécessaire

L’évasion est nécessaire

Ce monde est une prison à ciel ouvert

Se maintenir en forme – Le train-train quotidien est une arme très puissante du système. On crève au boulot, on crève à faire la queue devant les administrations, on crève devant l’absence de vraies relations. Notre cerveau pourrit de préjugés et de fausses valeurs comme le pouvoir, l’argent, l’obéissance. Se tenir en forme pour être capable de briser cette routine, exercer son esprit pour réfléchir par soi-même, c’est entamer les hostilités contre ce système qui nous enferme.

Chercher des complices – Personne ne se révoltera à notre place, cela dépend entièrement de nous-mêmes. Mais sur le chemin de la révolte, on croisera aussi d’autres enragés. Ces complicités et ces solidarités permettront des attaques toujours plus vastes contre le pouvoir.

Scier les barreaux – Le pouvoir a des noms et des adresses : les banques, les supermarchés, les institutions, les commissariats, les dépôts ; les huissiers, les matons, les politiciens, les riches, les balances ; les transformateurs qui alimentent leurs usines de mort, les relais de télécommunication qui nous enchaînent à la technologie. Ce sont tous des cibles à portée de main. N’attendons pas de voir de grandes manifestations avant de déchaîner notre rage, attaquons ici et maintenant, même à peu nombreux. En commençant à scier les barreaux du pouvoir, la révolte peut faire écho auprès d’autres rebelles et se répandre toujours plus.

Préparer sa fuite – Si le pouvoir ne peut pas être reformé, s’il faut alors le détruire de fond en comble, nos armes doivent être chargées de liberté. Sans savoir où aller, sans réfléchir le pourquoi de nos révoltes, on ne peut pas espérer s’évader du monde du fric et de l’autorité. Déchaînons les mauvaises passions, n’ayons pas peur des ruines, mais recommençons aussi à rêver. Car aucun pouvoir ne peut résister à celui qui se bat pour sa dignité, pour la dignité et la joie de vivre en femmes et en hommes libres.

Extrait du journal ‘Hors Service’ #36

Lire le journal 'Hors Service' #36 au format PDF

Lire le journal ‘Hors Service’ #36 au format PDF

[Besançon] L’Intervento, représentation sur les luttes autonomes italiennes des 70’s – 12 mai 2013 à 16h00 au local de Radio Bip

L’INTERVENTO, c’est une compilation de textes, chants, images, témoignages sur les luttes autonomes italiennes dans les années 70.

ça se passe:

le DIMANCHE 12 MAI à 16h00

dans les locaux de RADIO BIP 14 rue de la Viotte (la petite rue juste en dessous de la gare).

ENTREE LIBRE

La représentation sera suivie d’un apéro grignotage puis d’une discussion sur les liens entre les luttes des années 70 et les luttes actuelles.

Merci de faire tourner l’info.

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Présentation de l’Intervento:

Le mouvement autonome italien est peut-être l’un des mouvements de lutte les plus puissants de l’histoire récente occidentale.

Fort de ponts exceptionnels entre étudiants et ouvriers, « autonome » des partis et des syndicats, massif et violent dans ses modes d’actions, il fera durer mai 68 pendant dix ans. Ce sont les « hordes païennes » de jeunes immigré-e-s du Sud qui paralysent les usines, revendiquant le refus du travail, remettant à l’ordre du jour les pratiques d’action directe qui avaient secoué les mêmes industries en 1920 avant de s’endormir sous le fascisme. Ce sont des quartiers entiers qui, face à l’inflation, refusent de payer les loyers ou les factures. C’est une irruption tonitruante des femmes, homosexuel-le-s, jeunes et chômeurs-ses sur la scène politique. Ce sont des analyses précises et originales de la transformation de l’économie occidentale. C’est une explosion des radios libres qui se font « la voix des sans-voix » tout en jonglant avec l’ironie et la philosophie. C’est enfin le tournant de 1977, les émeutes, les chars blindés à Bologne, une répression féroce : un mouvement étranglé qui n’a plus d’autres issues que la fuite, l’héroïne ou la clandestinité. Beaucoup « d’autonomes » passeront des années en prison, sans manquer d’en faire encore un lieu de luttes.

Des lectures tirées de plus de 15 ouvrages différents et entrecoupées de sons et d’images permettront, chapitre après chapitre, d’avoir un aperçu de l’atmosphère brûlante de l’époque et d’approcher les questions qu’elle nous pose aujourd’hui.

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Mailing-list, 23 avril 2013

[Publication] Sortie de la revue anarchiste « Subversions » #2 – Avril 2013

Le n°2 de “Subversions” vient de sortir (avril 2013). Cette revue anarchiste de critique sociale fait 66 pages, et tourne du côté des distros au prix de 2 euros l’exemplaire, 7 euros les 5 exemplaires et 12 euros les 10 exemplaires. 

On peut écrire à subversions((A))riseup.net pour se la procurer, ou à

Subversions – c/o Bibliothèque Libertad – 19 rue Burnouf – 75019 Paris.

Pour avoir une petite idée de son contenu, voilà l’édito et le sommaire (ci-dessous). Le n°1 (septembre 2012) est toujours disponible.

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« Subversions » #2 (avril 2013)

Edito :

Encore une revue ? Pas tout à fait. D’un côté, il nous semble qu’au moment où les idées tendent toujours plus à devenir des marchandises ou de simples opinions (virtuelles qui plus est), continuer à faire circuler par écrit quelques réflexions reste plus que jamais nécessaire. D’un autre côté, si on peut toujours tenter de disséquer à l’infini la énième restructuration en cours de la domination, la question serait également d’affiner nos angles d’attaque pour mieux lui porter des coups. Théorie, agitation, analyse ou propositions se mêleront donc en un mélange que nous souhaitons subversif.

Le fait que certains textes soient publiés ici ne signifie pas nécessairement que nous en partagions l’intégralité, car il nous importe davantage de susciter des discussions qui rompent avec l’activisme mouvementiste ou avec les spéculations autoritaires. Cela pourrait être aussi une manière d’explorer quelques pistes, tout en sachant que c’est dans notre vie même, au quotidien, que s’élaborent les hypothèses révolutionnaires avec toutes les conséquences qui en découlent.

Encore une revue ? Peut-être. Mais en tout cas un instrument supplémentaire pour intervenir dans la guerre sociale, de l’intérieur d’une conflictualité qui tend aussi à échapper aux récupérateurs traditionnels en se développant dans toutes les directions. Une petite contribution pour approfondir, en quelque sorte, les mauvaises passions d’une liberté démesurée pour toutes et tous.


Sommaire :

Nuisances • L’ouvriérisme comme idéologie au service des patrons • L’honnête ouvrier • Notre-Dame-des-Landes : Contre l’aéroport et son quoi ? • Res communis ou res nullius ?

Focus • L’enfer est pavé de bonnes intentions L’Humanitaire à l’aune du 3e millénaire • L’humanitaire en treillis • Ni Salut, ni Armée : contre les collabos caritatifs

Pot-pourri • Critique de la société idéale • Liberté ? • Egypte. Comme la mer • Invitation à la rencontre internationale de Zurich • Contribution barbare • De court-circuit en black-out social • Quelque chose qui manque • Dépasser les frontières

Commentaires déplacés • Sommets et lentilles • L’espace qu’on leur laisse • Charlot policeman

Fil de l’histoire • Un coup de lime : L’anarchisme autonome de G. Ciancabilla

Source: Brèves du désordre, 23 avril 2013

[Chili] Actualisation judiciaire sur les anarchistes arrêtées le 28 mars dernier à Temuco

 

Chili : Actualisation judiciaire sur les compagnonnes du 28M de Temuco

Salutations indomptables à distance, salutations sauvages à tous/toutes pour diffuser la situation des filles prisonnières ici dans la prison de Temuco.

Pour saluer et remercier de la solidarité démontrée, nous voulons laisser quelques informations actualisée du procès judiciaire qui va venir pour les trois filles accusées* de “détention, pour leur fabrication, d´explosifs et placement de ceux-ci”:

-La défense des filles (2 avocats particuliers et un commis d’office) n’a rien pu faire jusqu’à présent par rapport aux vérifications du dossier, parce que le bureau du procureur fait retarder sa remise à la défense pour vérifier les preuves, les déclarations, les prélèvements de sang et les expertises réalisées jusqu’à présent par la Dipolcar et l’OS-9.

-Nous comprenons que cette situation est un subterfuge utilisé par l’État afin de pouvoir ainsi retarder un possible appel par rapport à la prison préventive des filles qui nous le rappelons est de 5 mois. Cette situation nous l’avons déjà vu dans d’autres montages comme le “Caso Bombas” ou bien les compagnons du “Caso Security”, qui jusqu’à aujourd’hui n’ont pas reconnu les délits dont ils sont accusés.

Jusqu’à maintenant c’est l’information que nous voulions faire passer, nous espérons qu’elle sera diffusée a travers les différents médias de contre-information, nous comptons sur eux comme outils de diffusion et d’attaque.

Salutations fraternelles à distance.
Liberté sans conditions pour Roxana, Yaritza et Ariadna !!
Nous sommes partout, hurlant pour la liberté !!

* NdT : Les deux autres personnes incarcérées, Silvana et Jota Pe, accusé-e-s de trafic de stupéfiant, ont obtenu le 5 avril l’assignation à résidence nocturne le temps de l’enquête (3 mois).

 

 Traduit de l’espagnol (blog de soutien aux anarchistes chilien.ne.s  arrêté.e.s le 28/03/2013 à Temuco) par Contra-info, 22/04/2013

[Russie] Plusieurs engins de chantier de l’autoroute traversant la forêt de Khimki incendiés – 6 et 8 mars 2013

08/03/2013: 2 engins de chantier incendiés.

Dans la nuit du 8 mars 2013, 3 engins incendiaires ont été déposés à l’intérieur de véhicules de chantier dans le secteur de Solnetchnogorsk (près de Moscou).

Le site en chantier est destinée à des projets de construction de routes dans la forêt de Khimki et d’autres projets de développement régionaux. Deux véhicules ont été complètement détruits par les flammes: un bulldozer et une pelleteuse.

En raison du climat humide, une torche s’est éteinte. L’action a été revendiqué par une section de la FAI.

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06/03/2013: une pelleteuse partiellement incendiée

Mercredi 6 mars 2013, un autre chantier de construction de cette autoroute à travers la forêt de Khimki a été visité. 6 litres d’essence reliées à une minuterie ont été déposées dans la cabine du conducteur d’une pelleteuse. Malheureusement, elle n’a pas entièrement brûlé: les travailleurs du chantier ont accouru pour éteindre les flammes, et il semblerait qu’ils aient réussi.

Le sabotage incendiaire a été revendiqué par une cellule d’artificiers des CCF- Russie

Source: Liberaciontotal.lahaine.org, 28 mars 2013

[Angleterre/Mort de Thatcher] Sabotage de véhicules de la société Mitie (gestionnaire de prisons) – Bristol, 13 & 14 avril 2013

Bristol : Incendie et dégradations contre des véhicules de Mitie

Pendant le week-end, nous avons attaqué deux différents vans de l’entreprise Mitie. Derrière le pub « Bush », situé à 5 minutes de Templemeads, lors d’une soirée ensoleillée pendant l’heure de pointe, nous avons saisi l’opportunité de crever deux pneus et de taguer le véhicule. Nous avons certainement été vus, et alors, bonne chance à eux, nous ressemblons tout simplement à n’importe qui.

Nous avons décidé de ne pas uniquement mener notre lutte aux heures sombres, en pensant que l’expression de notre colère, si elle était vue, poserait peut-être question aux témoins. A ce moment-là, nous avons évalué que le risque en valait la peine. Nous avons aussi brûlé un van de Mitie à East Bristol, en l’incendiant en pleine nuit.

Mitie est une des nombreuses entreprises qui ont largement bénéficié de la privatisation initiée par Thatcher dans les années 80. L’externalisation des prisons pour immigrés comme Campsfield, a été le premier pas pour se bâtir un empire, qui comprend maintenant les prisons, les centres pour « jeunes délinquants », les services de probation, et s’étend au logement et aux sources d’énergie « durable ». Nous ne demandons pas que ce qui précède soit contrôlé par l’Etat. Mais nous appelons à incendier toutes les prisons – pour immigrés, pour jeunes, quelles que soient leur forme.

En plus des « centres de détention », Mitie gère maintenant 6 prisons différentes – dont deux instituts pour « jeunes délinquants ». Ils sont partenaires de l’UK Border Agency [Bureaux de l’immigration] et de l’administration pénitentiaire. L’an dernier, des travailleurs de Mitie à Londres ont fait grève après qu’une travailleuse enceinte ait été maltraitée, et ait finit à l’hôpital, tout en travaillant pour Mitie.

A travers le pays, des gens de tous âges sont confiés aux bons soins de Mitie, et sont tabassés et privés de liberté. Ces petites actions sont en solidarité avec eux, et toute personne qui était dans la rue ce week-end [dans les manifs émeutières pour célébrer la mort de Thatcher].

Mitie prétend aider les gens, mais leurs investissements dans le logement et l’énergie ne change pas le fait qu’ils ont l’intention de profiter de tous les aspects de la vie.

Feu aux prisons !
Brûle en enfer, Maggie !

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Traduit de l’anglais de 325 par Brèves du désordre, 18/04/2013

[Belgique] Retour sur la mobilisation contre les violences policières du 15 mars dernier à Bruxelles : d’une manif à une attaque en règle contre les keufs

L’imprévu

D’une manif à une attaque en règle contre les keufs

Plusieurs organisations, politiques et syndicales, avaient lancé l’appel à une manifestation « contre les violences policières » pour le 15 mars. Avant de vous raconter comment cette initiative leur a heureusement quelque peu échappé, nous aimerions nous attarder quelque peu sur le contenu que ces organisations avançaient dans le cadre de cette « action ».

S’ils avaient pour but de dénoncer les « abus » policiers, ils revendiquent, au fond, une « meilleure » police, une police moins brutale. Or, non seulement il s’agirait de quelque chose contraire à la nature même de toute institution policière, dont la fonction est justement le contrôle et la coercition, qui produisent toujours leur lot de tortionnaires, tabasseurs, violeurs et racketteurs, mais, surtout, revendiquer une police moins brutale revient à légitimer l’existence de la police, à la renforcer… Et donc, à dire que la liberté n’est pas possible hors du cadre d’un Etat, avec ses lois et ses sbires.

Quant à nous, si nous nous battons pour la liberté, c’est parce que nous pensons qu’après avoir supprimé les sources de l’oppression et de l’exploitation, les êtres humains seront capables de vivre en liberté, c’est-à-dire, de vivre leur vie à leur guise et de faire des accords entre eux quand cela leur semble nécessaire. L’Etat, c’est la négation de la liberté, une négation qui, pour se maintenir, a recours à la police, à l’armée, à la prison… ainsi qu’à l’intégration de ses possibles opposants via le dialogue, la participation, les élections et tout ces choses-là. Le système réussit à se maintenir autant grâce à la police qui le protège que grâce à la collaboration de ceux qui le subissent ou l’acceptent.

De fait, dès le début de la manifestation, les organisations qui l’avaient appelée ont montré de quel monde ils rêvent : tout le monde devait marcher derrière un camion-sono qui crachait leurs slogans tandis qu’une petite armée de service d’ordre, spécialement recrutée pour l’occasion, encadrait les « manifestants ». Si les organisateurs prétendaient dénoncer les abus de la police, ils se montraient déjà prêts à la remplacer eux-mêmes.

Fort heureusement, l’imprévu vient souvent bouleverser les plans de ces apprentis-chefs. Ainsi, vers la fin de la manifestation, l’encadrement a été débordé par des dizaines de personnes ne voulant ni se plier aux mots d’ordre officiels, ni se courber devant les vigiles des organisations. Une patrouille de police a été attaquée et quatre flics en civils (d’ailleurs, des types bien connus pour leurs interventions musclées) ont été coincés et ont bien ramassé. Une demi-heure plus tard, tandis que les révoltés narguaient une rangée d’anti-émeute, les vigiles du service d’ordre ont été pris à partie quand ils tentaient une fois de plus d’endiguer la rage émeutière. Les vigiles et les prêcheurs semaient la confusion, ce qui faisait grandir la méfiance et l’agressivité vis-à-vis de tout ce qui constituait un obstacle (réel ou non) pour les révoltés. Cela amena la situation à un tel point que pas tout le monde ne savait plus distinguer entre complices et délateurs. Les organisations politiques, à travers leur but de tout incorporer dans leurs desseins, sont en grande partie responsables de cet état de fait.

D’ailleurs, pour éviter d’écorner la « bonne image » qu’elles voulaient donner aux médias et aux institutions, elles ont totalement omis d’évoquer ces événements et ces affrontements dans les communiqués qu’elles ont diffusé après la manif’. Alors, une fois de plus, pour quoi se battent-elles, si ce n’est pour remplacer elles-mêmes la police et pour mentir, à l’image des politiciens de toutes obédiences ?

Bien que ce ne soit pas dans nos habitudes, nous voulons bien aider ces organisations politiques et syndicales à en tirer au moins une leçon : ceux qui se battent contre toute autorité et ceux qui se révoltent ne respecteront pas leurs mots d’ordre et ne se laisseront pas effrayer par leurs services d’ordre ou par leur collaboration avec les keufs. Et face à la police, face aux tortures dans les commissariats et aux tabassages dans la rue, face aux chasses à l’homme et aux enfermements, nous ne revendiquerons nullement une meilleure police, nous ne ferons pas des sketches politiques pour gagner de l’influence auprès des institutions. Notre approche, elle est fort simple : dans la mesure du possible, nous leur ferons payer coup pour coup et nous frapperons là où ils ne nous attendront pas, surtout contre ce que la police cherche à défendre. Ingouvernables.

Extrait du journal Hors-Service n° 35, 5 avril 2013