[Mexique] Assassinat du compagnon Juan Vazquez de l’ejido de San Sebastian Bachajón (Chiapas) – 24 avril 2013

Assassinat du compagnon Juan Vázquez de l’ejido de San Sebastian Bachajón.

Le Réseau contre la Répression du Chiapas reçoit avec rage et indignation la nouvelle de l’assassinat du compagnon Juan Vázquez de l’ejido de San Sebastian Bachajón.

Juan a été pris dans une embuscade alors qu’il rentrait chez lui le 24 avril 2013, il a été atteint de cinq balles qui l’ont tué immédiatement. Après cette agression, les auteurs de ce lâche et infâme assassinat ont fui dans une camionnette rouge.

Tout au long de ces années, Juan Vázquez nous a accompagnés lors de nombreuses mobilisations, actions, événements, forums etc. Il a toujours été en première ligne dans la protection de son ejido pour la défense du territoire et contre le méga-projet touristique des cascades d’Agua Azul, et pour la liberté des prisonnières et des prisonniers politiques, dans le cadre de la Sixième Déclaration.

Nous attendons plus d’informations, mais dans tous les cas il est évident qu’il s’agit d’un assassinat politique à cause des multiples intérêts entrepreneuriaux, politiques et économiques dans cette zone.

Nous nous solidarisons avec ses proches et sa communauté et nous exprimons notre plus profonde douleur pour cette grande perte. Même ainsi nous ne nous décourageons pas et organisons cette rage pour renforcer notre lutte et maintenir toujours vivants notre compagnon Juan et son exemple de résistance.

Réseau contre la Répression du Chiapas

Vidéo – Témoignage des habitants de Bachajon, Chiapas/Témoignage des habitants de San Sebastian Bachajon, Chiapas, dont Juan Vázquez

Lettre de Solidarité et Condoléances depuis l’Europe suite à l’assassinat de Juan Vázquez

CONTEXTE :

Le terrain communal de Bachajón est placé dans la zone de la forêt – centre du Chiapas, dans la municipalité officielle de Chilón, région autonome zapatiste de San José en Rebeldía, lieu stratégique pour l’accumulation par la dépossession , cette zone héberge l’un des paysages naturels les plus beaux du monde : les Cascades d’Agua Azul. Il est important de mentionner qu’une technique de contrôle territorial utilisé par l’État, apparu durant les treize dernières années dans cette zone, est d’encercler les « ressources stratégiques » (terre, eau, biodiversité de la flore et de la faune, les connaissances culturelles, etc.) dans des « capsules de protection », ce que l’institution de l’État nomme zones de Protection de la Flore et la Faune (APFyF).

C’est le miroir de la valorisation de la nature, au niveau de sa richesse génétique, sa capacité de captage de carbone, l’abondance d’eau et son potentiel touristique, comme c’est le cas de la « Réserve de la Biosphère les Cascades d’Agua Azul ». C’est le résultat de cette stratégie d’accaparement territorial, la démagogie de « l’écotourisme » que le mauvais gouvernement de Juan Sabines promeut de manière complément absurde.

Le complexe touristique a été depuis 20 ans l’objet de la spéculation financière par les grandes associations hôtelières. Carlos Rojas, chargé du Secrétariat de Développement Social (SEDESOL) durant la présidence de Salinas, a commencé à projeter ses rêves dans cette zone de la forêt. La manière de valoriser le pillage des ressources était focalisée sur l’exploitation des paysages naturels à travers le tourisme. Le point de référence était les Cascades d’Agua Azul, avec la proposition d’en faire un centre qui ferait concurrence à Cancún au niveau touristique : le Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul (CIP-CAA).

Cependant, ce projet a été brisé par le soulèvement de l’EZLN en 1994, qui a mis en place la « loi agraire révolutionnaire ». Plus tard, avec la création des Municipalités Autonomes Rebelles Zapatistes, on a pu constaté la reconfiguration géographique de la résistance zapatiste. C’est en évoquant une partie de la proposition de la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone, en 2008 que plus de 1800 paysans communaux adhérents à l’Autre Campagne décident d’autogérer le péage du dit complexe touristique en exerçant leur droit à l’usage et à la jouissance de leur territoire.

Mais, parallèlement en mars 2008, les entreprises Norton Consulting, INC et EDSA Construction, obéissant au Projet méso-américain (Plan Puebla-Panama) présentent la proposition pour « élever l’économie à partir du tourisme dans la zone de la forêt du Chiapas ». L’étude a eu pour objectif de développer un plan stratégique qui identifie les espaces et les projets qui peuvent augmenter l’offre touristique. C’est-à-dire « plus de visiteurs et plus de frais » pour le futur CIPP-CAA.

La première étape du projet, consiste à développer une chaîne hôtelière basée sur le concept de « Long’s Retreat », et convertir les Cascades d’Agua Azul, en une « des expériences de resort la plus originale existante dans l’hémisphère Ouest ». Cela en développant quatre concepts d’hotels-resorts dans lesquelles investiront les chaînes les plus luxueuses en matière de tourisme mondial : l’Hôtel Boutique de classe mondiale, de Lodge/retreal – près des Cascades d’Agua Azul -, l’Hôtel de marque européenne cinq étoiles, le Resort avec hôtel, centre de conférences et de golf.

Les opérateurs pour de tels investissements sont : Luxury Collectión, Orient Express, Arman. Leurs tarifs par chambre vont de 300 à 1000 dollars la nuit (3.800 à 10.800 pesos). Des hôtels européens se font aussi remarquer comme : Sonesta, Barcelo, Sol Melia, Kempinsky. Pour hôtel, conférences et golf : Camino Real, Posadas, Park, Royal, Marriot, Hyatt, Westin.

De la même façon, la stratégie du gouvernement fédéral se met en place par le biais du Fonds National pour le Tourisme (FONATUR) en collaboration avec des institutions étatiques et fédérales tel que le ministère du Tourisme de l’État du Chiapas, le ministère du Tourisme et des Relations Internationales, le ministère des Communications et du Transport (SCT), la Procure Fédérale de la Protection de l’Environnement (PROFEPA), l’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire (INAH).

On réussit à établir que le gouvernement de l’État du Chiapas a comme tâches principales :

  1. promouvoir, créer et gérer huit circuits touristiques – à l’intérieur desquels se trouvent le Couloir Palenque-Cascades d’Agua Azul-Toniná- San Cristóbal de las Casas ;
  2. élaborer des diagnostics et mettre en application des politiques environnementales comme instrument de gestion des réserves territoriales, en particulier pour le Centre Intégralement planifié des Cascades d’Agua Azul ;
  3. gérer par le biais du SCT la construction de l’autoroute San Cristobal-Palenque, ainsi que l’agrandissement ou le déplacement de l’aéroport de Palenque, qui serait la route pour transférer les touristes.

En ce qui concerne les Municipalités chargées de participer à l’exécution de ce mégaprojet, elles doivent :

  1. contribuer à l’image et à l’architecture du paysage ;
  2. étendre le périmètre de sécurité publique dans les zones et les circuits touristiques ;
  3. faciliter l’obtention de permis et de licences pour le développement des projets écotouristiques.

La criminalisation comme politique d’État et la répression comme instrument de contrôle, ainsi que le clientélisme, ont été rendus visibles d’une manière cynique en février 2010 et continuent aujourd’hui, quand des militants du Parti de la Révolution Institutionnelle (PRI) ont fait irruption dans la communauté zapatiste de Bolón Ajaw de manière paramilitaire, avec l’ordre d’expulser et de provoquer le déplacement des familles.

Un an après et à quelques jours près de la visite de Felipe Calderón dans cette zone touristique, une expulsion violente a eu lieu contre les compagnons de San Sebastían Bachajón. Depuis février 2011, la répression, l’impunité, la criminalisation, et le clientélisme (propre aux conjonctures électorales), se découvrent encore une fois, avec le mensonge et la démagogie bon marché qui, cette fois-ci, revêtent la barbarie du gouverneur de l’Etat du Chiapas, Juan Sabines, et de son serviteur Noé Castañón.

Le discours de « durabilité » et/ou de « tourisme responsable » ainsi que les soi-disant « tables de négociation » que le mauvais gouvernement utilise font partie du discours attrape-bobos et de la mise en scène montée de toutes pièces dont se sert aujourd’hui le gouverneur, ainsi que tous ceux qui obéissent à ses ordres et tous ceux pour qui importent peu les coûts environnementaux et la spéculation sur la biodiversité et les connaissances culturelles de cette région.

Nommer non seulement les sujets mais aussi les institutions qui promeuvent et gèrent le tourisme en criminalisant des compagnons, les rendre responsables et les engager face à leurs actions : la SEMARNAT, la CONANP, l’INAH doivent se charger des zones régionales et de la possession de la terre, ainsi que d’établir des critères et des programmes à l’ordre et pour le profit du tourisme. Le FONATUR, se chargera de formuler un business plan et le Plan Maître du CIPP-CAA et de participer au Programme de Développement Touristique de la Région-Forêt de l’État du Chiapas …

Bref : ce que nous présentons ici n’est qu’une partie de l’action spéculative dans la région. Cela démontre que les stratégies politiques du gouvernement fédéral, étatique et local ne sont pas si naïves. Dans la région, Juan Sabines et les partis politiques (PRI, PAN, PRD, PVEM), répètent la même politique : assistancialisme, clientéliste, la cooptation et la criminalisation de celui qui résiste, avec comme objectif de créer des conflits entre les communautés de la région afin d’administrer le territoire et de le remettre au capital financier et spéculatif.

Il est clair pour nous que le contexte où est né le conflit pour la gestion du péage d’Agua Azul, représente un miroir de la dispute entre ceux qui sympathisent avec les intérêts du grand capital, les transnationales et le système médiocre des partis politiques et ceux qui défendent le territoire qui donne la vie, qui représente un soutien économique, culturel et politique pour les communautés indigènes mayas, lesquelles construisent avec dignité des alternatives autonomes qui font face à un système de mort, le capitaliste. Dans ce contexte de lutte et de résistance, trois compagnons de Bachajon se trouvent toujours incarcérés : Antonio Estrada Estrada, est incarcéré dans la prison numéro 17 à Plages de Catazaja Miguel Vazquez Deara, est incarcéré dans la prison numéro 16 à Ocosingo Manuel Demeza Jimenez, est incarcéré dans la prison numéro 14 à l’Amate.

Source: noestamostodxs  – Traduit par les trois passants 

Reçu par mail, 28 avril 2013

Par ailleurs, l’Etat mexicain accentue actuellement sa collaboration avec la police européenne EUROPOL, contre les anarchistes. Un article sur cettesemaine revient sur le document interne d’EUROPOL sorti le 24 avril dernier dans la presse mexicaine

[Paris] Soirée de solidarité avec les prisonnier.e.s de la Sexta de l’EZLN – Mexique au Transfo (Bagnolet) samedi 20 avril 2013

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Soirée de solidarité avec les prisonnier-e-s de la Sexta de L’EZLN- Mexique

Dans le cadre de la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques qui aura lieu du 14 au 21 avril 2013, le groupe les trois passants (Libérons-Les!) vous invite à une soirée dédiée aux prisonnier-e-s adhérents à Sexta de L’EZLN- Mexique

SAMEDI 20 AVRIL 2013- 17h00 à 19h00

Le Transfo

57 avenue de la République, Bagnolet (93)

Métro: Gallieni (L3) ou Robespierre (L9)

  • Présentation de la situation des prisonnier-e-s adhérents à la Sexta de L’EZLN, Mexique
  • Projection du documentaire « Koltavanej -libération » sur la vie de Rosa Lopez, la seule femme prisonnière de la Sexta au Chiapas et performance « femmes prisonnières solidaridad»
  • Lecture des lettres des prisonnier-e-s de la Sexta envoyées pour l’occasion
  • Échanges avec le public
  • Tables de presse
  • 19h Concert organisé par le Transfo pour la caisse d’autodéfense juridique du Transfo.

À propos du documentaire « Koltavanej – libération » et de la petite pièce-performance « Femmes prisonnières – Solidaridad ».

Nous avons rencontré Rosa en prison, et elle nous a donné une force énorme et l’envie de continuer à nous battre pour la libération des personnes enfermées pour des raisons politiques ou autres. La situation de Rosa comme celle de beaucoup de femmes incarcérées est extrêmement difficile, car non seulement elles ont été torturées sexuellement mais certaines sont mères et militantes, chose très compliquée dans le cadre extrêmement patriarcal de la prison (au Mexique comme ailleurs). Comme la parole des femmes prisonnières est difficilement reprise à l’extérieur, il est essentiel, dans la lutte, de leur accorder une place importante en tant que femmes, prisonnières, militantes, mères et indigènes. De là l’intérêt de donner une place spéciale à l’évocation de leur résistance, lors de cette journée internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques.

Le documentaire intitulé « Koltavanej » – qui en tzotzil veut dire « libération » – a été réalisé par la compagne et militante de la Sexta Concepción Suárez, que nous remercions pour nous avoir permis de diffuser cette vidéo en France.

Quant à la performance « Femmes prisonnières – Solidaridad », nous l’avons construite à partir d’échanges (lettres, réflexions, passages du journal en prison, pensées) avec notre compagne ex-prisonnière et adhérente à la Sexta, Mariana Selvas, que nous remercions chaleureusement pour ce tissage collectif. Mariana a été arrêtée le 4 mai 2006 à San Salvador Atenco, dans l’État de Mexico. Pendant le trajet jusqu’à la prison elle a été tabassée, menacée de mort et elle a subi des agressions sexuelles par des membres de la police de l’État.

Nous dédions cette pièce aux femmes prisonnières et ex- prisonnières quel que soit le moment, quel que soit le lieu !

Nous ne sommes pas tou-tes là, il manque les prisonnières et les prisonniers !

Pour la mémoire et contre l’oubli !

Venez nombreux et nombreuses !

Pour plus d’information sur les prisonnier-e-s de la Sexta de l’EZLN

Voir le Programme complet de la Semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques

Infos – Transfo sur transfo.squat.net

[Mexique] Nous n’oublions pas la répression perpétrée par l’État le 1er décembre 2012 à Mexico

MEXICO: nous n’oublions pas la répression perpétrée par l’État mexicain le 1er décembre 2012

Nous n’oublions pas le compagnon Kuykendall, ni les arrestations, ni les blessures!

Un coup porté contre l’une ou l’un d’entre nous est un coup porté contre toutes et tous !

Voir les articles sur cette journée de répression: https://lechatnoiremeutier.wordpress.com/2012/12/03/mexique-repression-post-electorale-du-nouveau-pouvoir-elu/ https://lechatnoiremeutier.wordpress.com/2012/12/04/mexique-repression-lors-de-la-prise-de-pouvoir-du-nouveau-president-enrique-pena-nieto-texte-video/

Voir les articles sur cette journée de répression: 1
& 2

Le 1er décembre 2012, quand la mobilisation contre l’investiture-imposition présidentielle d’Enrique Peña Nieto a commencé, les forces de l’ordre ont réprimé de façon brutale les manifestants et manifestantes qui, avec rage et dignité, étaient sorti-e-s dans la rue pour faire entendre leur colère contre un système qui prend uniquement en compte ses propres intérêts sans se soucier du reste. Les manifestants étaient sortis pour crier haut et fort leur colère face au mépris, à tous les abus de pouvoir, à la répression étatique et à la criminalisation de tous ceux et celles qui protestent et osent critiquer leur façon de faire.

Le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité (Rvs), composé de collectifs, individus et groupes adhérents à la Sixième Déclaration de la forêt Lacandone de l’EZLN, a émis plusieurs communiqués condamnant la répression brutale contre les étudiants, les travailleurs, les hommes, femmes, vieillards qui se trouvaient à la manifestation, à proximité du Congrès de l’Union et du centre historique de la ville de Mexico. Peu de temps après cette répression brutale, les différents réseaux ont commencé à informer sur ce qui s’était véritablement passé lors de cette manifestation. Plusieurs vidéos ont montré la brutalité policière à l’encontre de manifestant-e-s et notamment du compagnon Francisco Kuykendall, adhérent à l’Autre Campagne, aujourd’hui adhérent à la Sexta, qui a été blessé à la tête par une grenade lacrymogène lancée par la Police Fédérale Préventive. À ce jour, le compagnon est toujours dans un état critique et lutte pour sa vie.

Tandis que les médias de l’État et les médias commerciaux menaient un véritable lynchage médiatique contre les manifestants « violents » et les « anarchistes-casseurs », les médias indépendants et militants commençaient solidairement à se serrer les coudes et à dénoncer ce coup monté de toutes pièces par le gouvernement et ses serviles chaînes de télévision et journaux, en exigeant la libération immédiate de tous et toutes les détenues, des blessés et, en particulier, dénonçant l’attaque subie par le compagnon Kuy.

Les compagnons de la Croix Noire Anarchiste, entre autres, ont été désignés par le chef du gouvernement du District Fédéral (Maire de Mexico) Marcelo Ebrard, comme les coupables des troubles qui ont eu lieu dans le centre historique de Mexico, le 1er décembre 2012. De plus, des jeunes détenus ont été obligés de déclarer faire partie de ce groupe alors qu’ils n’en étaient pas.

Le Réseau contre la répression et les compagnons de la Sexta nationale et internationale ont déclaré par des lettres et communiqués que cette répression faisait clairement partie d’une stratégie contre-insurrectionnelle, qu’il s’agissait d’une campagne pour criminaliser la protestation sociale, campagne impulsée par les autorités du PAN (Parti d’Action National), du PRD (Parti Démocratique Révolutionnaire) et du PRI. Ces partis pensent qu’avec ce type d’opérations, le peuple du Mexique oubliera la guerre du mandat présidentiel sortant qui a laissé 100 000 morts, la corruption, la misère et les promesses non tenues. Mais le 1er décembre, le peuple est sorti dans la rue sans peur, avec la rage nécessaire, la solidarité entre compagnons et la détermination qui ont commencé à faire trembler le pouvoir.

Pour ce qui est de la lutte pour la libération des compagnons et compagnes emprisonné-e-s, une série d’activités continueront leur cours, et nous restons attentifs aux communiqués qui suivront et aux appels du Réseau contre la Répression et pour la Solidarité. Pour l’instant, un appel à la solidarité avec le compagnon Kuy et toutes et tous les détenu-e-s du 1er décembre 2012 a été lancé par l’EZLN et reprise par certains adhérents à la Sexta au niveau national et international. C’est pourquoi à partir du 17 février, des actions, des lettres de soutien, des événements auront lieu un peu partout : non seulement pour ne pas oublier la répression du 1er décembre ni les détenu-e-s, mais pour dire au compagnon Kuy qu’il n’est pas tout seul !

Le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité lance également un appel à toutes les personnes solidaires pour soutenir le compagnon Kuy, afin d’exiger justice pour lui et pour tous ceux et celles qui ont été blessé-e-s, méprisé-e-s et arrêté-e-s ce 1er décembre 2012. Nous nous joignons à cet appel et exigeons également l’arrêt de tous les procès pénaux contre tous ceux et celles qui ont manifesté contre l’imposition, la corruption et l’arbitraire de ceux d’en-haut.

Si vous voulez participer aux actions engagées pour le compagnon Kuy de la manière que vous souhaiterez, par des mots de soutien ou par une aide financière, vous pouvez contacter le réseau contre la répression, ici: Red contra la represion.org

Qui est Juan Francisco Kuykendall?

Kuykendall a une passion particulière pour le théâtre, il est directeur, producteur et acteur. Tous ceux et celles qui le connaissent l’appellent « Kuy ». Le théâtre est pour lui un outil pour transmettre les différentes réalités, les luttes, les douleurs, les résistances ; ainsi il s’en sert pour mener la lutte, pour sensibiliser et faire passer un message. Ce 1er décembre, Kuy n’est pas rentré chez lui comme il avait l’habitude de le faire, ni vu ses compagnons de lutte comme d’habitude. Il s’est retrouvé dans un lit d’hôpital. Il résiste toujours, il s’accroche, comme d’habitude… car il a l’habitude de se battre.

Nous n’oublions pas!

Par les trois passants

Voici une vidéo sur la répression du 1er décembre et une autre vidéo portant spécifiquement sur l’agression subie par le compagnon Kuy.

Vidéo sous-titrée français:

Reçu par mail, 17 février 2013

[Mexique] Libération du compagnon zapatiste Francisco Sántiz López

Francisco Sántiz López, base d’appui de l’EZLN: LIBRE !

libresantiz

Compañeros et compañeras

Nous sommes très ému-e-s suite à l’annonce de la libération du compañero base d’appui zapatiste Francisco Sántiz López. Beaucoup d’entre nous n’avons pu être présent-e-s pour l’accueillir personnellement à sa sortie, mais nous le sommes par le coeur et le poing levé.

Nous avons appris la nouvelle par les compañeros et compañeras qui l’ont accompagné et qui ont exprimé la joie de NOUS TOU-TE-S, c’est-à-dire de chaque adhérent-e de la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandonne au niveau planétaire, de chaque personne de bon coeur qui s’est unie à nous par son humble action pour exiger justice durant ces 417 jours d’arbitraire.

« Avec le coeur rempli de joie nous embrassons celles et ceux qui sont loin, mais qui comme toujours sont proches »

Red contra la Represión y por la Solidaridad. (Réseau contre la Répression et pour la Solidarité)

Traduit par les trois passants -Merci à Valérie pour les corrections

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[Mexique] Résistance zapatiste au Chiapas: occupations de plusieurs places centrales dans plusieurs villes – 21 décembre 2012

En silence, plus de 40 mille zapatistes se mobilisent dans 5 municipalités du Chiapas

En silence, ils occupent les places centrales d’Ocosingo, de San Cristobal de Las Casas, de Palenque, d’Altamirano et de Las Margaritas.

Puis ils disparaissent de façon ordonnée.

Ocosingo, Chiapas, 21 décembre. Plus de 40 mille bases d’appui zapatistes ont marché ce matin en silence dans cinq villes du Chiapas. Il s’agit de la mobilisation la plus importante de cette organisation depuis le soulèvement de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), le premier janvier 1994.

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Originaires des cinq caracoles* zapatistes de la forêt Lacandone, de la zone de Los Altos et de la zone nord, les peuples mayas en rébellion (tzeltales, tzotziles, choles, tojolabales, mames et zoques) du Chiapas ont occupé les places centrales d’Ocosingo, San Cristóbal de Las Casas, Palenque, Altamirano et Las Margaritas et cela dans un silence complet à chaque endroit où ils étaient présents.

À 6h30, près de 6 mille indigènes zapatistes, en majorité des jeunes, se sont concentrés dans les environs de l’Université de la Selva, près de la zone archéologique de Toniná. De là, ils ont marché vers le parc central d’Ocosingo, où ils sont restés pendant trois heures en face du bâtiment du conseil municipal, qu’il y a 19 ans les insurgés et les miliciens de l’EZLN avaient pris par les armes après avoir déclaré la guerre au gouvernement mexicain.

002n1pol-3_miniCette fois, l’action a été civile et pacifique et les seuls qui ont parlé, ce sont les poings gauches levés de tous les zapatistes quand ils sont montés en ordre sur une estrade installée pour l’occasion. Vers 10h30 les derniers manifestants ont abandonné la place et sont retournés dans la forêt.

De la même façon, dans les autres endroits mentionnés les zapatistes ont placé des estrades où ils sont montés le poing levé, lors d’un défilé d’un impressionnant silence.

A San Cristóbal de Las Casas environ 20 mille hommes et femmes zapatistes ont marché. Selon des rapports, au moins 7 mille indigènes se sont réunis à Las Margaritas, et 8 mille à Palenque. À Altamirano le chiffre est inconnu. Conformément au témoignage d’un chauffeur de la zone d’Ocosingo, du Caracol de La Garrucha, le double d’indigènes aurait pu venir mais il n’y a pas eu suffisamment de véhicules pour les transporter, raison pour laquelle seulement 6 mille personnes se sont déplacées.

Les jeunes et les femmes étaient particulièrement nombreux.

Durant ces dernières semaines, de manière intermittente, le site web « Lien Zapatiste » (Enlace Zapatista) annonçait la publication d’un « message » du Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène, Commandement Général de l’EZLN, ainsi que des commissions Sexta et de la Sexta Internationale. On pense que ces communications pourraient se faire connaître bientôt, mais ce n’est pas encore le cas.

À la date où plusieurs imprudents dans le monde ont cru que le monde se terminerait, selon l’interprétation opportuniste des « prophéties » (en réalité, des calculs mathématiques) des anciens Mayas, les communautés bases d’appui de l’EZLN, appartenant aux peuples mayas contemporains qui, dans ces langues se nomment « les véritables Hommes », ont réalisé, le visage couvert, une puissante démonstration de force et de discipline, parfaitement alignés sous la pluie tenace, inhabituelle à cette époque de l’année, qui a accompagné les mobilisations dans les différentes régions pendant toute la matinée.

Habiles pour « apparaître » tout d’un coup, les rebelles indigènes ont « disparu » aussi proprement et silencieusement qu’ils étaient arrivés à l’aube, dans une ville qui, deux décennies après l’irruption traumatique de l’EZLN lors du nouvel an 1994, les a reçus cette fois avec étonnement et curiosité, sans aucune expression de rejet. Sous les arcs de la mairie, qui a suspendu aujourd’hui ses activités, des dizaines d’habitants se sont réunis pour photographier avec leurs téléphones portables et leurs appareils photo la concentration spectaculaire des hommes et des femmes cagoulés qui ont rempli à ras bord le parc comme dans un jeu de Tetris, avançant entre les jardinières avec ordre, comme dans une chorégraphie, pour monter sur l’estrade mobile installée avec rapidité depuis tôt le matin, pour lever le poing et pour dire, silencieusement, nous sommes toujours là.

Encore une fois.

* Les Caracoles (les « escargots »): lieux ou structures d’autogouvernement, points de convergence, qui sont rattachés à cinq zones territoriales. Il existe cinq caracoles : La Realidad, Oventik, La Garrucha, Morelia, Roberto Barrios.

Traduit par les trois passants

Merci Valérie pour les corrections

Source: Journal La Jornada, 22 décembre 2012

Vidéo: En silence, les zapatistes occupent les places centrales:

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COMMUNIQUÉ DU COMITÉ CLANDESTIN RÉVOLUTIONNAIRE INDIGÈNE:

COMMANDEMENT GÉNÉRAL DE L’ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE MEXIQUE

21 DÉCEMBRE 2012

À QUI DE DROIT : AVEZ-VOUS ENTENDU ?

C’est le bruit de votre monde qui est en train de s’écrouler.

C’est celui du nôtre qui est en train de ressurgir.Le jour qui a été le jour était de nuit.

Et de nuit sera le jour qui sera le jour.

DÉMOCRATIE !LIBERTÉ !JUSTICE !

Depuis les montagnes du Sud-Est du Mexique.

Pour le Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène – Commandement Généralde l’EZLN

Sous-commandant Insurgé Marcos

Mexique, Décembre 2012

Traduit par Les trois passants et ami-e-s

Source: Enlace Zapatista, 21 décembre 2012

Transmis par mail, le 23/12/2012

[Mexique] Expulsion violente à Bachajón et nouvelles des prisonniers de l’Autre Campagne – juin 2012

1. Expulsion violente à Bachajón

Urgent : expulsion violente contre les paysans du territoire communal de

San Sebastián Bachajón, Chiapas

Contexte:

L’Assemblée de la communauté de San Sebastián Bachajón, qui fait partie de l’Autre Campagne, s’est toujours opposée aux projets néo-libéraux qui les expulsent de leurs territoires et impliquent la destruction des ressources naturelles.

Le terrain communal de Bachajón est placé dans la zone de la forêt – centre du Chiapas, dans la municipalité officielle de Chilón, région autonome zapatiste de San José en Rebeldía, lieu stratégique pour l’accumulation par la dépossession , cette zone héberge l’un des paysages naturels les plus beaux du monde : les Cascades d’Agua Azul. Il est important de mentionner qu’une technique de contrôle territorial utilisé par l’État, apparu durant les treize dernières années dans cette zone, est d’encercler les « ressources stratégiques » (terre, eau, biodiversité de la flore et de la faune, les connaissances culturelles, etc.) dans des «capsules de protection», ce que l’institution de l’État nomme zones de Protection de la Flore et la Faune (APFyF).

Les paysans du territoire communal de San Sebastián Bachajón, Chiapas, ont récupéré le péage d’Agua Azul (ndt situé dans leur territoire).

En ce moment, les paysans du territoire communal de Bachajón, adhérents à l’Autre Campagne, viennent de récupérer le péage d’Agua Azul. La récupération s’est faite dans le contexte de la mobilisation nationale et internationale pour la libération des prisonniers politiques.

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2. Depuis la prison fédérale de Guasave, Alberto Patishtán dénonce des atteintes à sa dignité.

Professeur dans une école primaire publique dans la municipalité « Del Bosque », en 2000 « il a été impliqué dans l’homicide de sept policiers, en plus d’être accusé de planification de celui-ci et d’avoir réalisé l’embuscade avec un membre des bases d’appui de l’EZLN », récapitule le Frayba. Il a été inexplicablement condamné, alors qu’il a été démontré, lors du jugement, que celui qui les a accusés, fils du président municipal, mineur, a ouvertement menti, le juge a donc acquitté le coaccusé, mais il n’a pas acquitté Patishtán.

“Injustement privé de ma liberté pendant plus de dix ans, j’ai essayé à tout moment de conserver mes us et coutumes indigènes, mais cela n’a pas été si facile. Actuellement il semble impossible qu’ils respectent ma coutume indigène, il dénigrent ma dignité en tant qu’être humain, ils portent atteinte à ma santé par l’imposition d’un type d’alimentation que pour moi, cela casse les habitudes que mon ethnie a essayé de préserver pendant des siècles,“déclare Patishtán.

Lire l’article complet

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3. Nouvelle semaine mondiale de lutte : Renversons les murs du cachot

La nouvelle semaine mondiale de lutte « Renversons les murs du cachot », compte déjà sur des adhésions en Inde, au Pérou, en Uruguay, en Afrique du Sud, au Canada, au Brésil, en Espagne, en Angleterre, en Écosse, en Autriche, en Nouvelle-Zélande, aux États-Unis et au Mexique pour demander la libération de Santiz López et celle du professeur Alberto Patishtán Gómez. La nouvelle semaine de lutte aura lieu du 8 juin au 15 juin.

Vidéo-message de l’assemblée de bon gouvernement d’Oventic, Chiapas.

L’assemblée du bon gouvernement (JBG) a diffusé un message depuis le Caracol d’Oventic, au Chiapas, en exigeant la libération immédiate et inconditionnelle de Francisco Santiz López, base d’appui de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), arrêté injustement il y a six mois et actuellement prisonnier dans la prison de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, il a été emprisonné par le mauvais gouvernement du Mexique.

Plus d’infos

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4. MEXIQUE: Durcissement des conditions d’enfermement

Selon certains rapports officiels au Mexique, il y aurait plus de 230 000 prisonniers répartis dans plus de 400 prisons (que ce soit dans des prisons fédérales de haute sécurité, des prisons d’Etat et des prisons municipales).

Tous ces lieux d’enfermement sont surpeuplés, la surpopulation peut aller de 100 % à 300 %. Des cellules conçues pour 5 personnes sont occupées par plus de 12 personnes, voir plus.

Au milieu de cette surpopulation, les détenus vivent dans un environnement très hostile, où le système capitaliste est reproduit : les prisonniers manquent de tout, ils doivent payer leurs médicaments, le papier toilette, les serviettes hygiéniques, les couvertures, le savon, etc… La corruption gangrène tous les services allant du médecin, à l’assistante sociale, en passant par le psychologue, les matons et la direction.

C’est dans cette situation que se trouvent les prisonniers et prisonnières enfermés pour avoir lutté, tels ceux de l’Autre Campagne. Ils et elles ne sont pas uniquement victimes des conditions dégradantes au sein des prisons mexicaines, mais ils sont avant tout des acteurs, des militants politiques organisés pour exiger leur libération et l’amélioration des conditions carcérales.

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5. Le “nouveau” système pénitentiaire au Mexique: Durcissement des conditions d’enfermement dans les zones dites de sécurité super-maximale.

Lors de la rencontre contre la prison politique au Mexique qui a eu lieu à San Cristobal de Las Casas Chiapas le mois de mai dernier, plusieurs compagnons prisonnier-e-s et leurs familles ont exprimé leur préoccupation face aux nouvelles mesures de l’Etat en matière de durcissement des conditions d’enfermement. Plusieurs d’entre eux ont cité l’article faisant référence à tels mesures ; cet article signale que dans les cinq années à venir, une prison-hôpital de deuxième niveau sera nécessaire – selon les autorités et l’Etat.

Ainsi nous partageons avec vous cette article intitulé : Le “nouveau” système pénitentiaire au Mexique: Durcissement des conditions d’enfermement dans les zones dites de sécurité super-maximale.

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Traduit par les trois passants et Caracol Solidario

[Mexique] Des nouvelles des prisonniers politiques – Bulletin d’infos du mois de mai 2012.

Des Nouvelles des prisonniers de l’Autre campagne

Bulletin d’infos du mois de mai 2012.

1. Mobilisations pour la libération d’Alberto Patishtán Gómez et le compagnon zapatiste Francisco Santiz López.

Ils et elles exigent au Chiapas, à Mexico, à Oaxaca et dans le monde : liberté pour Patishtán et Santiz !

Communauté de “El Bosque” au Chiapas. Le 18 mai.

Tout se passe en langue tzotzil, ici où Alberto Patishtán Gómez est appelé Beto, ou compagnon «prof ». “Beto résiste ! le village se soulève !”, crient ses compatriotes, après avoir initié une manifestation autour du chef lieu de la municipalité. Où au moins un millier d’indigènes se sont réunis, la majorité des manifestants sont de cette municipalité, mais aussi d’autres communautés se sont jointes à la manifestation, comme San Andrés, Simojovel et Huitiupán, et même des communautés plus éloignées ont participé, tel que la communauté de Venustiano Carranza. Tous et toutes demandent la libération immédiate de leur compagnon, frère, cousin, maître, voisin, Alberto Patishtán Gómez emprisonné il y a 12 ans pour un crime que tous savent qu’il n’a pas commis.

La mobilisation exige aussi la libération de son « frère » zapatiste Francisco Santiz López de Tenejapa, emprisonné il y a six mois sans raison, dans la prison de San Cristóbal de Las Casas, au Chiapas.

Dans le cadre de la semaine mondiale pour la liberté de Patishtán et celle de Santiz López, des mobilisations ont eu lieu en Suisse, en Italie, en Allemagne, en Nouvelle-Zélande et en Hollande. Des collectifs de Grande-Bretagne, des États-Unis, de France, d’Espagne, du Canada, d’Afrique du Sud, d’Argentine, le Mouvement des Sans Terre (MST) au Brésil, des collectifs de Mexico et d’Oaxaca se sont également joints à cette mobilisation.

Source : Journal La Jornada (Hermann Bellinghausen), Samedi 19 mai 2012, p. 18

Voir la vidéo du 18 mai à “ElBosque”

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La JBG, l’assemblée de bon gouvernement d’Oventic exige la libération de Patishtán et Francisco Sántiz López

Hermann Bellinghausen
Journal La Jornada
Mardi 15 mai 2012, p. 19

San Cristóbal de las Casas, Chis., 14 mai.

« Le gouvernement fédéral et celui de l’Etat du Chiapas continuent de bafouer les droits humains de l’indigène base d’appui de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) Francisco Sántiz López, arrêté injustement il y a six mois et toujours prisonnier », a déclaré l’Assemblée de Bon gouvernement (JBG) d’Oventic, après avoir annoncé son appui à la Semaine de lutte mondiale pour la liberté d’Alberto Patishtán et de Francisco Sántiz López.

« Le mauvais gouvernement a fait la sourde oreille et s’entête face aux exigences de liberté de Francisco », ajoute la JBG, dans un enregistrement diffusé durant la conférence de presse avec laquelle commencent les journées de solidarité internationale, convoquées par le Mouvement pour la Justice dans le Quartier adhérent à l’Autre Campagne à New York.

« Nous connaissons bien le compagnon Francisco, il est une personne honnête, engagée et il accomplit les charges qui lui sont confiées par la communauté et l’organisation », signale la JBG, qui salue les organisateurs de cette semaine de lutte mondiale pour la justice et leur demande de continuer à exiger la liberté immédiate du compagnon Francisco.

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2. Résultats de la rencontre contre l’emprisonnement politique au Mexique 

Dans cette rubrique d’infos, vous trouverez les résultats de la rencontre contre l’emprisonnement politique au Mexique. Rencontre lancée par le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité (RvsR) et des organisations de prisonniers appartenant à l’Autre Campagne, réalisé au Centre Indigène de Formation Intégrale (Cideci), à San Cristóbal de las Casas, Chiapas, le 12 et 13 mai 2012.

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3. Sur la  la persécution politique contre les adhérents de l’Autre Campagne de San Sebastian Bachajón.

San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, mai 2012

Aujourd’hui 3 compagnons de San Sebastian Bachajón se trouvent injustement incarcérés.

Par ce communiqué, nous qui formons le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité au Chiapas dénonçons la persécution politique que les mauvais gouvernements étatique et fédéral maintiennent contre les adhérents de l’Autre Campagne de San Sebastian Bachajón (SSB). Aujourd’hui 3 compagnons de San Sebastian Bachajón se trouvent injustement incarcérés et séquestrés par le mauvais gouvernement qui leur a fabriqué de toutes pièces des délits.

Le 7 octobre 2010 MIGUEL DEMEZA JIMENEZ a été arrêté dans la ville d’Ocosingo, Chiapas, par la police préventive de l’Etat, accusé d’enlèvement. Le compagnon Miguel à été porté disparu et torturé. Actuellement il se trouve enfermé dans la prison N°14 El Amate à Cintalapa de Figueroa, dans l’État du Chiapas.

Le 7 août 2011, ANTONIO ESTRADA ESTRADA a été arrêté par des éléments de la police préventive qui ont mis en scène le délit pour l’accuser d’attaque à main armée. Le lendemain il a été mis à la disposition du ministère public après avoir été torturé et obligé à signer des aveux rédigés par les autorités ministérielles et dans lesquels Antonio s’accuse lui-même de plusieurs attaques à main armée sur des routes. Il se trouve actuellement incarcéré dans la prison N°17 de Plages de Catazajá.

Le 25 septembre 2011, MIGUEL VAZQUEZ DEARA a été arrêté dans la ville de Palenque au Chiapas, il a été directement dénoncé par les membres pro-gouvernements du conseil des terres communales de SSB. Ces derniers ont fabriqué et mis en scène une attaque à main armée pour l’accuser et l’ont torturé. Actuellement il se trouve incarcéré dans la prison N°16 d’Ocosingo au Chiapas.

Les adhérents à l’Autre Campagne du territoire communal de San Sebastian Bachajón luttaient pour leurs droits légitimes au territoire depuis 2008. Ils font face à la stratégie du gouvernement étatique qui veut les dépouiller de leur terre où se trouvent les Cascades d’Agua Azul. Celui-ci veut se les approprier pour des intérêts économiques provenant du tourisme.

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Les territoires stratégiques du Chiapas.

Le terrain communal de Bachajón est placé dans la zone de la forêt – centre du Chiapas, dans la municipalité officielle de Chilón, région autonome zapatiste de San José en Rebeldía, lieu stratégique pour l’accumulation par la dépossession , cette zone héberge l’un des paysages naturels les plus beaux du monde : les Cascades d’Agua Azul.

En mars 2008, les entreprises Norton Consulting, INC et EDSA Construction, obéissant au Projet méso-américain (Plan Puebla-Panama) présentent la proposition pour « élever l’économie à partir du tourisme dans la zone de la forêt du Chiapas ». L’étude a eu pour objectif de développer un plan stratégique qui identifie les espaces et les projets qui peuvent augmenter l’offre touristique. C’est-à-dire « plus de visiteurs et plus de frais » pour le futur CIPP-CAA- Centre Intégralement Planifié Palenque-Agual Azul. La première étape du projet, consiste à développer une chaîne hôtelière basée sur le concept de « Long’s Retreat », et convertir les Cascades d’Agua Azul, en une « des expériences de resort la plus originale existante dans l’hémisphère Ouest ». Cela en développant quatre concepts d’hotels-resorts dans lesquelles investiront les chaînes les plus luxueuses en matière de tourisme mondial.

Les compagnons emprisonnés Jerónimo Gómez Saragos , Antonio Gómez Saragos, Manuel Aguilar Gomez, Miguel Demeza Jimenez, Antonio Estrada Estrada et Miguel Vazquez Deara étaient tous très engagées dans la lutte contre le méga-projet touristique CIPP-CAA.

Le CIPP affectera un nombre important de communautés zapatistes et de l’Autre Campagne.

La résistance continue malgré la répression et l’emprisonnement.

Pour plus d’infos (vidéos) sur San Sebastian Bachajón (SSB)

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4.  ATENCO 6 ans après…

Par Italia Méndez

Italia a été arrêtée le 4 mai 2006  à San Salvador Atenco et subi des agressions sexuelles, elle a été violée à l’aide de différents objets par des membres de la police.

« Après six ans de résistance nous continuons à construire la mémoire collectivement, en cherchant une réparation non seulement de nous-mêmes, mais aussi du tissu social(…) »

L’utilisation de la torture sexuelle est un outil de contrôle social si puissant que non seulement il affecte d’une manière directe les femmes survivantes, mais aussi représente un impact chez la famille, les collectifs ou les organisations et, naturellement, dans la société. Depuis l’opération policière à Atenco, l’État a nié qu’il y a eu des femmes torturées sexuellement. Face à des preuves irréfutables, il a insisté en déclarant que ce qui était arrivé aux femmes sur le parcours vers la prison de Santiaguito, à Toluca, État du Mexico, était le fait d’actes isolés, accomplis par une paire de policiers qui étaient nerveux et qui ont agi de leur propre chef. Alors que l’usage de ce mécanisme contre les femmes a été employé pendant les deux jours de répression.

Certaines d’entre nous parions sur l’effort de rendre visible les outils de contrôle social de l’État et de promouvoir les discussions autour de cette problématique. Dans ce sens, nous avons lancé depuis l’été de 2008 “Une campagne contre la répression politique et la torture sexuelle”, en cheminant main dans la main avec des organisations et des collectifs qui ouvraient leurs espaces à ces réflexions, pour essayer d’éventrer les effets qu’ils ont expérimentés de façon individuelle et collective.

Lire l’article complet d’Italia

Traduit par Les trois passants