[Mexique] Rapport de l’audience des Femmes dénonçant le cas Atenco

Rapport de l’audience des Femmes dénonçant le cas Atenco devant la Commission Inter-américaine des Droits Humains.

Compagnons et compagnes de la Sexta nationale et internationale

Compagnons et compagnes du Réseau contre la Répression et pour la solidarité

À tous et à toutes les compagnons et compagnes solidaires qui nous ont accompagnées dans cette lutte qui est à nous tous et toutes :

Au mois de mars dernier, nous nous sommes présentées à la Commission Inter américaine des Droits Humains (CIDH) pour donner notre témoignage, en affrontant la nombreuse délégation de l’État mexicain. Dans ce contexte, nous avons fait appel aux personnes solidaires pour qu’elles nous envoient des photos et des lettres de solidarité. La réponse a été très grande ; elle est venue de tous les coins du Mexique et de plus de 10 pays qui, à travers leurs actions, nous ont accompagnées. Aujourd’hui nous voulons vous informer du déroulement de cette audience ainsi que des événements qui vont suivre.

Le 14 mars dernier, à Washington, a eu lieu au siège de la Commission Inter-américaine des Droits Humains l’audience publique du témoignage concernant le cas #12 846 « Mariana Selvas Gómez et les autres compagnes » contre l’État mexicain. Il portait sur les actes de torture physique et sexuelle, les arrestations arbitraires et les autres graves violations aux Droits Humains commises par des fonctionnaires d’État à l’encontre des 11 femmes plaignantes, et perpétrées durant les opérations policières qui ont eu lieu à Texcoco et San Salvador Atenco, État du Mexico, en mai 2006.

Cette audience s’est déroulée en trois parties. La première était un témoignage de notre compagne Italia Méndez, plaignante, représentant les 11 femmes qui portent plainte. La deuxième concernait les plaidoiries de nos avocates représentées par Alejandra Nuño et Stephanie Erin Brewer, du Centre pour la Justice et le Droit international CEJIL, et du Centre de Droits de l’homme Agustín Pro Juárez.

La troisième partie était la plaidoirie de l’État mexicain, représenté par Lía Limón, sous-secrétaire des Affaires Juridiques et des Droits Humains du Ministère de l’intérieur (SEGOB) du Gouvernement du Mexique, et par Juan Manuel Gómez Robledo Verduzco, sous-secrétaire des Affaires Multilatérales et des Droits Humains du Ministère des relations extérieures du Mexique (SRE). Ces deux représentants ont signalé qu’ils avaient l’intention de s’excuser et ont demandé à la commission son intervention pour trouver une sortie alternative ou « amicale », en exigeant le droit d’offrir cette alternative et, ainsi, passant outre notre droit en tant que plaignantes d’obtenir justice, vérité, mémoire et réparation.

Par une lettre, signée par toutes les femmes plaignantes de ce cas, qui a été lue à voix haute par Italia Méndez, nous avons informé la commission que « Nous ne voyons pas de possibilité et ce n’est pas notre désir d’explorer une solution amicale. En effet, l’État a démontré pendant plus de six ans son incapacité à répondre à nos demandes de vérité et de justice, non seulement parce que les seules actions qu’il ait menées visaient notre dénonciation au niveau inter-américain et international, mais aussi parce qu’il continue de répandre une fausse information sur ce qui s’est passé à Atenco et sur la recherche de justice. En effet, la position de l’État est qu’il a déjà permis un accès à la justice, alors que dans les faits ce cas est resté impuni. C’est pourquoi nous ne pouvons pas attendre de progrès de la part de l’État : au contraire, l’accès plein à la justice que l’État aurait pu offrir dans un premier temps, serait, aujourd’hui au point où nous en sommes, pratiquement impossible à atteindre. »

L’audience s’est conclue avec l’intervention du Procureur de Justice de l’État de Mexico, qui a fait preuve de démagogie et a gaspillé les dernières minutes de l’audience en ne prononçant que des mots vides de sens qui ne transmettaient rien.

Nous demandons à la commission d’émettre son rapport de fond rapidement.

Alors que ce litige international suit son cours, au Mexique un processus pénal est mené contre deux policiers qui seraient supposément les responsables du transfert vers la prison de Santiaguito, transfert durant lequel de nombreux actes de torture ont eu lieu. Ce procès réveille de nouveaux soupçons quant à la simulation de l’État dans ses investigations, puisque les ordres d’arrestation ont été émis dans le contexte d’une enquête réalisée par le Comité pour l’Élimination de la Discrimination de la Femme (CEDAW, son sigle en anglais) au niveau de l’État mexicain.

C’est à New York, la veille de sa rencontre avec le CEDAW, que l’État Mexicain a publiquement annoncé, que des ordres d’arrestation avaient été émis contre trois policiers et qu’à l’heure de la comparution, il avait déjà arrêté deux policiers et qu’un troisième était décédé.

Maintenant, nous savons que bientôt nous serons appelées à nous présenter à une confrontation avec les policiers inculpés, ce qui est très dur pour nous, puisque nous connaissons les pratiques de victimisation de la part des autorités. Nous ne refuserons pas de participer à ce procès, nous irons et soutiendrons le regard et donnerons notre témoignage, parce qu’il y a 7 ans, nous avons décidé de ne pas accepter l’impunité, le silence et l’oubli.

Nous vous lançons à nouveau un appel à rester attentifs/ves, à nous accompagner et à prononcer votre solidarité en ce moment difficile et douloureux.

C’est par la solidarité et le soutien mutuel que nous avons réussi à cheminer jusqu’à maintenant. La dénonciation sociale que nous avons fait avancer depuis 2006 a donné des fruits extraordinaires dans la construction de la vérité et de la mémoire. Nous continuerons en avant d’un pas ferme parce que nous marchons coude à coude avec vous.

Contre la répression politique !

Contre la torture sexuelle !

Femmes dénonçant le cas Atenco

Traduit par les trois passants et Valérie.

*Pour plus d’infos sur les femmes dénonçant le cas Atenco

Source (en espagnol)enlace Zapatista

Transmis par mail, 09/05/2013

[Mexique] Femmes du cas Atenco, 7 ans après: « Nous ne pourrons réparer ce qui est cassé que si nous continuons à nous organiser » (Italia Mendez)

À Atenco : « Nous ne pourrons réparer ce qui est cassé que si nous continuons à nous organiser ».

Italia Méndez

« Plan d’une extermination : écraser l’herbe, arracher tout, depuis la racine jusqu’à la dernière plante vivante, arroser la terre avec du sel. Après, tuer la mémoire de l’herbe. Pour coloniser les consciences, pour les supprimer ; pour les supprimer, les vider du passé. Annihiler tout témoignage qui rappelle que dans la contrée il y a eu autre chose que du silence, des prisons et des tombes. Il est interdit de s’en souvenir… »

Eduardo Galeano

barmarMexico. En 2002, avec le soutien d’organisations et de collectifs, le Front des Villages en Défense de la Terre (FPDT) a réussi à arrêter le projet économique le plus ambitieux du mandat de Vicente Fox Quesada, alors président du Mexique : la construction du nouvel aéroport international de Mexico qui s’étendait sur 4.550 hectares de terres de culture confisquées par le gouvernement fédéral sur le terrain communal de San Salvador Atenco, moyennant une indemnisation de sept pesos (moins d’un euro) par mètre carré.

La lutte des paysans du FPDT est devenue un exemple d’organisation et, surtout, de victoire. La légitimité de leur combat, leur capacité d’organisation et la solidarité nationale et internationale ont été les éléments clefs qui ont permis d’arrêter non seulement l’État et tous ses appareils, mais aussi le capital, puisque des centaines d’entreprises se frottaient déjà les mains en espérant obtenir de grands bénéfices du pillage des biens communaux.

En 2006 naît l’Autre Campagne, un mouvement national rassemblant des milliers de personnes adhérentes à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale. Sur tout le territoire national, elle émerge comme un mode d’organisation qui doit constituer une alternative à la logique électorale des candidats alors engagés dans la campagne. Elle se dresse, provocante et dangereuse pour le pouvoir.

C’est dans ce contexte que, les 3 et 4 mai 2006, le terrorisme d’Etat s’est abattu à Texcoco et à San Salvador Atenco. Par la répression politique, le sang et la prison, le pouvoir a décidé de mettre fin au cheminement de l’Autre Campagne. Tout a commencé par un conflit ciblé entre de petits producteurs de fleurs et de légumes et les autorités municipales de Texcoco : celles-ci niaient le juste droit des premiers à travailler en commercialisant leurs productions sur la voie publique. Le FPDT, toujours solidaire des autres luttes, accompagnait les producteurs et jouait le rôle d’interlocuteur.

Bilan de la répression : Javier Cortés Santiago et Alexis Benhumea assassinés par la police, 207 personnes torturées et emprisonnées, des centaines de perquisitions, cinq personnes d’autres pays – survivantes de la répression – expulsées, la persécution politique et judiciaire des membres du FPDT, l’utilisation de la torture sexuelle contre nous, les femmes détenues. La classe politique dans sa totalité a légitimé les faits de diverses manières, il y a eu des applaudissements retentissants et des silences complices.

La répression politique a pour but très concret la désarticulation, par la terreur, de toute organisation qui s’oppose aux intérêts de l’État et au pouvoir économique. L’objectif principal est d’empêcher les personnes d’identifier les buts que poursuit la répression, afin d’annuler leur capacité de défense et de confrontation.

L’utilisation de la torture sexuelle est un outil de contrôle social si puissant que non seulement il affecte d’une manière directe les femmes survivantes, mais il a aussi des répercussions sur la famille, les collectifs ou les organisations et, naturellement, sur la société. Depuis l’opération policière à Atenco, l’État a nié qu’il y ait eu des femmes torturées sexuellement. Face à des preuves irréfutables, il a déclaré avec insistance que ce qui était arrivé aux femmes sur le parcours vers la prison de Santiaguito, à Toluca, État du Mexico, était le fait d’actes isolés, accomplis par une paire de policiers nerveux et qui avaient agi de leur propre chef. Or, il s’agit en réalité d’une stratégie délibérée à l’encontre des femmes, qui a été employée pendant les deux jours qu’a duré la répression.

La préméditation, l’intentionnalité et l’impunité prouvent que cette atteinte au corps des femmes, mise en œuvre à des moments très précis, vise à envoyer un message brutal à l’« ennemi » en répandant le sentiment de culpabilité, la stigmatisation et la peur.

Dans notre expérience, l’appui mutuel nous a permis de mettre en évidence les buts et les principes de la torture sexuelle. Lorsque nous nous sommes retrouvées toutes ensemble dans la prison de Santiaguito, plusieurs d’entre nous ont décidé d’écrire leur témoignage. Nous avons choisi de transformer la culpabilité et la honte en responsabilité et de désigner les coupables. La divulgation de l’atteinte à nos corps, de nos visages et de nos noms nous a permis de casser le silence. Nous savions que cela ne suffirait pas, mais c’étaient nos premiers pas dans un chemin si long et si sinueux qu’il ne pouvait être parcouru que collectivement.

Le rôle de la dénonciation sociale, tant en 2006 qu’aujourd’hui, a été fondamental. Lorsque nous étions isolées, nos moyens de communication étaient des morceaux de papier mais des centaines de voix ont été le haut-parleur de nos paroles et les récits d’horreur ont acquis une valeur réparatrice : l’innommable, l’inénarrable s’écoutait à haute voix, peu à peu se dissipait le tabou qui consiste à parler de quelque chose de si intime. La honte disparaissait. Nous avons refusé le rôle que les responsables nous avaient attribué et surmonté la culpabilité et la peur, à travers un accompagnement psychologique et un travail collectif.

Face à la répression, d’innombrables manifestations de protestation ont eu lieu, et de grands efforts organisationnels ont été réalisés en vue de la libération de prisonnières et de prisonniers. La peur était coûteuse en énergie et beaucoup de personnes ont renoncé à la participation politique, quelques groupes se sont désarticulés, le tissu social s’est déchiré. Intimider la société à travers le châtiment exemplaire de ceux et celles qui luttent : ce message avait été envoyé, renforcé encore par l’impunité des coupables, la dilution de leur responsabilité l’idée que « rien ne peut être fait face au pouvoir de l’État ».

Découvrir l’étendue de la répression a été réellement dévastateur. Comment recomposer le tissu social ? Comment combattre la peur ? Comment nous reconstruire ?

Certaines d’entre nous insistent sur la nécessité de mettre en évidence les instruments du contrôle social par l’État, et de multiplier les discussions autour de cette problématique. À cette fin, nous avons lancé depuis l’été 2008 « Une campagne contre la répression politique et la torture sexuelle », en cheminant main dans la main avec des organisations et des collectifs qui ouvraient leurs espaces à ces réflexions. Cette campagne vise à mettre au jour les conséquences de la répression, telles qu’elles ont été vécues sur le plan individuel et collectif.

Analyser avec distance les mécanismes répressifs nous permet de nous placer dans un rôle actif, et nous rend capables de leur faire face sans abandonner nos luttes et nos idéaux.

Ces mécanismes obéissent à des stratégies définies selon les effets que l’on cherche à provoquer dans la population, auprès des organisations et des individus. Ils ne sont pas furtifs et encore moins aléatoires. La répression à San Salvador Atenco n’a pas eu lieu par hasard : transformer un modèle d’organisation, de résistance et de victoire en symbole de mort, de torture et de prison, met en évidence l’intérêt du Pouvoir à déformer notre perception, arrêter à tout prix l’Autre Campagne et tatouer dans notre peau le message de la défaite.

Après six ans de résistance nous continuons à construire la mémoire collectivement, en cherchant une réparation, non seulement de nous-mêmes, mais aussi du tissu social, des organisations et des collectifs qui nous accompagnent. Nous réclamons justice, mais pas uniquement par la juridictionnalisation de notre cas à travers des instruments internationaux, puisque nous savons qu’il n’y a pas de justice à attendre des institutions.

Nous ne pouvons réparer ce qui est cassé que si nous continuons à nous organiser, en luttant pour l’autonomie et la liberté.

Aujourd’hui, comme il y a six ans, les hommes politiques lancent leurs campagnes électorales pleines de mensonges et de faux-semblants. Aujourd’hui, comme il y a six ans, nous insistons : notre lutte ne se borne pas aux formes politiques d’en haut, nous continuons notre chemin sans nous contenter du « moins pire ». L’idéal de liberté ne s’efface pas : malgré la répression, nous sommes toujours debout.

*Âgée de 27 ans, Bárbara Italia Méndez a été arrêtée le 4 mai 2006 au matin dans une maison de San Salvador Atenco, dans l’État de Mexico, où elle s’était réfugiée pour échapper à la police. Elle s’était rendue de Mexico à San Salvador Atenco après avoir appris qu’un mineur avait été tué et que des manifestations et des affrontements avec la police avaient eu lieu. Selon son témoignage, des membres de la Policía Federal Preventiva (PFP, Police fédérale préventive) ont fait irruption dans la maison et l’ont arrêtée sans aucune explication. Les policiers lui ont tiré les cheveux, l’ont obligée à s’accroupir et l’ont rouée de coups ; elle a été blessée à la tête et présentait de multiples contusions. Son chemisier remonté sur la tête, elle a été ensuite contrainte de monter dans un véhicule de la police et de s’allonger sur d’autres détenus. Pendant le trajet jusqu’à la prison de Santiaguito près de Toluca, dans l’État de Mexico, elle a dû enlever ses vêtements, a été passée à tabac, menacée, a subi des agressions sexuelles et été violée à l’aide de différents objets par des membres de la police de l’État sous les encouragements de leurs collègues.

Texte d’Italia Méndez, écrit fin 2012.

Traduit par les trois passants

Merci à Valérie pour les corrections

Voir aussi: Lettre de Mariana Selvas envoyée pour la journée du samedi 20 avril 2013, dans le cadre de la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques qui a eu lieu à Paris

Transmis par mail, 5 mai 2013

[Mexique] Nouvelles spéciales : Journées de mobilisations pour la libération des prisonnier-e-s – Avril 2013.

Nouvelles spéciales : Journées de mobilisations pour la libération des prisonnier-e-s, avril 2013.

Journées de mobilisations pour la libération de prisonnier-e-s de la Sexta au Mexique et dans le monde.

Du 15 au 20 avril, de nombreuses manifestations, événements, marches, actions de solidarité pour la libération de Patishtán et des compagnons et compagnes de la Sexta ont eu lieu au Mexique et ailleurs. Suite aux rencontres européennes de solidarité avec les zapatistes et ceux et celles qui luttent en-bas et à gauche, au Mexique et partout dans le monde, plusieurs collectifs de solidarité ont considéré que nous ne devons pas oublier les compagnons et compagnes kidnappé-e-s par les États répressifs, quel que soit le lieu. Ainsi les collectifs présents lors de ces rencontres européennes des 2 et 3 février 2013 à Paris, ont lancé l’idée de manifester chacun à son niveau et dans son lieu de lutte le 17 avril, date choisie en référence à la Journée du Prisonnier Palestinien instituée en 1975. Il s’agit de rappeler à l’opinion publique que des femmes et des hommes sont encore détenu-e-s pour leurs idées et convictions politiques.

Au Mexique, le Réseau contre la Répression et pour la solidarité constitué de collectifs, groupes et individus adhérents à la Sixième Déclaration zapatiste a lancé un appel à manifester le 17 avril. Il lance des journées d’action globale  pour la liberté des prisonnier-e-s politiques et rappelle les compagnons et compagnes de la Sexta qui se trouvent encore enfermé-e-s : Rosa López Díaz, María de los Angeles Hernandez, Alberto Patishtán Gómez, Rosario Díaz Mendez, Pedro López Jiménez, Alejandro Díaz Santiz, Alfredo López Jiménez, Juan Collazo Jiménez, Enrique Gómez Hernández, Juan Díaz Lopez, Juan López Gonzales, Benjamin López Aguilar, Antonio Estrada Estrada, Miguel Vazquez Deara, Miguel Demeza Jiménez,Alvaro Sebastian Ramírez, Máximo Mojica Delgado, Santiago Nazario Lezma et Antonio Díaz Banderas.

Au même moment, des collectifs en Espagne, Italie, France, au Royaume-Uni, au Pays Basque se mobilisent à leur niveau et dans leur espace de résistance… La lutte pour la libération de compagnons adhérents à la Sexta a son propre temps, son propre chemin, sa propre histoire et son propre parcours. Cependant, pendant ces jours-là, les mobilisations et initiatives convergent et se renforcent en faisant pression auprès de ceux qui, là-haut, font la loi et décident à leur guise du sort de compagnons et compagnes emprisonné-e-s. Mais ces mobilisations convergent aussi et surtout pour dire haut et fort aux compagnes et compagnons qu’ils ne sont pas seuls et que la mobilisation en dehors est plus forte que jamais !

*Mobilisations pour la libération du professeur tzotzil Alberto Patishtán, l’organisation de la Voix de l’Amate et Solidaires, un long chemin de lutte :

Le 6 mars dernier, depuis la prison numéro 5 de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas, Patishtán déclarait :  « Nous sommes gouvernés par l’injustice » (1), après avoir appris que les magistrats de la Première Chambre de la Cour Suprême de Justice (SCJN) avaient refusé que le plus haut tribunal puisse considérer son cas, prétendant que celui-ci ne présentait pas d’éléments suffisants pour mériter leur attention. Une réponse forte et solidaire s’est répandue au Mexique et ailleurs. Or, la Cour Suprême de Justice de la Nation Mexicaine ne s’attendait pas à la réaction sociale qu’a soulevée sa réponse négative concernant la révision du cas de Patishtán – a signalé son avocat en annonçant en même temps la nouvelle campagne internationale pour exiger la liberté du professeur tzotzil.

Depuis la prison numéro 5 de San Cristobal de Las Casas au Chiapas, Patishtan a convoqué une nouvelle étape de mobilisations du 20 mars au 19 avril. Ainsi, il lance un appel à manifester face aux ambassades et consulats du Mexique à l’étranger, appelle à mener des actions parallèles à celles réalisées dans son village natal « El Bosque », qui demande depuis douze ans sa libération.

Il faut se rappeler que peu après la décision de la Cour Suprême, les compagnons et compagnes solidaires de la Voix de l’Amate avaient publié plusieurs communiqués et mené un jeûne en demandant la libération d’Alberto et celle de tous les compagnons organisés en prison, adhérents à la Sexta. «  Malgré ce nouveau coup d’injustice, je ne renoncerai pas », a déclaré Patishtán dans son appel aux collectifs solidaires, étudiants, ouvriers, communautés, en exigeant la libération de tous les compagnons et compagnes de l’organisation de la Voix de l’Amate et solidaires. (2)

Patishtán est enfermé depuis douze ans déjà, accusé d’avoir assassiné sept policiers dans une embuscade en juin 2000. Une fois jugé, le cas est resté dans l’oubli, sans faire l’objet d’une enquête ni pendant l’arrestation ni après;c’était bien ça l’idée de ceux qui veulent que rien ne se sache, pour continuer de priver de liberté notre compagnon passé par cinq prisons différentes, dont une de haute sécurité dans l’État de Sinaloa. Les autres compagnons organisés ont été condamnés également pour délits fédéraux et font face à des accusations telles que kidnapping, vol, meurtre, homicide, dans une tentative évidente de ne pas les reconnaître comme prisonnier-e-s de lutte ou comme prisonniers politiques. Comme Patishtán, tous et toutes sont des indigènes. Ils n’ont eu accès ni à un traducteur, ni à un avocat connaissant leur langue tzotzil durant leur déclaration et leur procès. Ils ont tous été torturés ; certains ont été portés disparus pendant plusieurs jours, la majorité a été obligée sous torture de signer des aveux, d’autres ont été obligés de signer des feuilles blanches et ils sont tous condamnés à de lourdes peines qui vont de 25 à 60 ans de prison.

Le professeur Martín Ramírez, porte-parole du mouvement de « El Bosque » a déclaré : « Si seulement les accords de San Andres que le gouvernement mexicain a signés avec l’EZLN avaient été appliqués, Patishtán serait libre, car nous aurions une justice meilleure pour les indigènes. Nous ne comprenons pas pourquoi les mêmes pratiques continuent depuis 200 ans. Nous sommes au XXI siècle et la torture continue à s’appliquer ainsi que le mépris, comme ce fut le cas avec la Cour Suprême de justice qui a méprisé le cas d’Alberto. Le compagnon est un prisonnier politique et est enfermé pour avoir dénoncé publiquement la corruption de la mairie présidée par le PRI à cette époque ». (3)

Après la décision d’incompétence de la Cour Suprême de justice, une des possibilités est que le cas d’Alberto soit reçu par le tribunal collégial à Tuxtla Gutiérrez dans l’État du Chiapas, qui devra déterminer si la défense a raison ou pas. Dans l’attente d’une solution juridique, la pression s’exerce à un autre niveau, par la voie solidaire au travers de manifestations, événements, actions, piquets de protestation, émissions radio, lettres de soutien, dénonciations auprès des instances consulaires et cela malgré la pression gouvernementale pour arrêter les mobilisations massives du 19 avril -date du quarante-deuxième anniversaire de Patishtán et jour de la visite du président mexicain Enrique Peña Nieto au Chiapas. Peu avant la visite du mandataire, le gouverneur de l’État du Chiapas Manuel Velasco s’est même rendu personnellement à la prison numéro 5 de San Cristóbal de las Casas, pour s’entretenir avec le professeur Patishtán et les membres de l’organisation de prisonniers de la Voix de l’Amate et solidaires. Il s’est engagé à rechercher leur libération. (4)

*Le 19 avril a été une journée intense de mobilisations, une journée profonde de solidarité, de rage et d’engagement, une manifestation massive de quinze à dix-huit mille personnes selon certaines sources, composée en majorité par des indigènes tzotziles, à Tuxtla Gutiérrez, Chiapas. Un groupe de huit mille professeurs s’est joint et a pris part à l’exigence de liberté pour Patishtán. La foule a paralysé la ville plusieurs heures, les manifestants se sont arrêtés devant le siège du conseil général du pouvoir judiciaire, la rue a été occupée totalement par les indigènes qui, accompagnés de flûtes, guitares et tambours, composaient cette manifestation très diverse. Certains cortèges portaient des croix symbolisant les morts du massacre d’Acteal. Hommes et femmes venu-e-s de Pantelhó, Huitiupán, Simojovel, Chenalhó, San Andrés, Zinacantán, Huixtán, Chamula, San Cristóbal de las Casas du village de « El Bosque », n’ont pas cessé de crier pour la liberté du professeur pendant toute la marche.(5)

*Des manifestations diverses se sont jointes à cette exigence de liberté. De nombreuses émissions de radio ont eu lieu au Mexique et ailleurs. A Mexico, une manifestation a également été organisée, ainsi qu’une action sur Tweeter, intitulée :  acción #LibertadPatishtan, à laquelle ont participé 17 400 personnes. Une campagne de lettres a été également suivie et au total, plus de 4686 lettres ont été envoyées aux magistrats pour exiger la libération du professeur.(6)

Au niveau international, plusieurs mobilisations se sont jointes à cet appel ; il y a eu des mobilisations au consulat du Mexique au Canada, devant les ambassades mexicaines à Madrid, au Royaume Uni, à Chicago, Valence, Barcelone et Bilbao.

En France, dans le cadre de la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques qui a eu lieu du 14 au 21 avril 2013, deux événements ont été organisés concrètement pour la liberté de compagnons et compagnes adhérents à la Sexta. Le 17 avril, plusieurs collectifs ont organisé une soirée intitulée « 520 ans de résistance », dédiée aux prisonniers de la Sexta au Mexique, aux prisonniers amérindiens aux Etats-Unis (Leonard Peltier – Oso Blanco) et aux prisonniers mapuches. Lors de cette soirée, nous avons évoqué plus en détail le cas d’ Alberto Patishtán et avons également projeté un petit film sur la lutte menée dans sa communauté d’El Bosque. Nous avons parlé de la situation d’Alvaro Sebastian Ramirez et projeté le film du lancement de sa campagne internationale.

Le 20 avril était une journée spéciale dédiée surtout aux femmes prisonnières et ex- prisonnières, quel que soit le moment, quel que soit le lieu, à nos compagnes Rosa Lopez Diaz et Maria de Los Angeles Hernandez, à nos compagnes ex-prisonnières torturées sexuellement par l’État mexicain en 2006, à Atenco, toujours debout et en lutte: Mariana Selvas Gómez, Georgina Edith Rosales Gutiérrez, María Patricia Romero Hernández, Norma Aidé Jiménez Osorio, Claudia Hernández Martínez, Ana María Velasco Rodríguez, Yolanda Muñoz Diosdada, Cristina Sánchez Hernández, Patricia Linares, Suhelen Gabriela Cuevas Jaramillo et Bárbara Italia.

Lors de cette journée internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques, nous voulions donner une place spéciale à l’évocation de la résistance des femmes prisonnières et ex-prisonnières. Finalement, nous avons présenté une performance intitulée « Femmes prisonnières -Solidaridad », que nous avons construite à partir d’échanges (lettres, réflexions, passages du journal en prison, pensées) avec notre compagne ex-prisonnière et adhérente à la Sexta, Mariana Selvas, que nous remercions chaleureusement pour ce tissage collectif.

Mariana a été arrêtée le 4 mai 2006 à San Salvador Atenco, dans l’État de Mexico. Pendant le trajet jusqu’à la prison, elle a été tabassée, menacée de mort et a subi des agressions sexuelles commises par des membres de la police de l’État.

Et la lutte continue, la rage et la solidarité aussi….

*De la journée à la semaine de la Semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques :

A Paris, depuis 2008, différentes organisations participent à la mise en place de cette solidarité en exigeant la reconnaissance du statut de prisonnier politique partout dans le monde mais aussi, et surtout, la libération de ces prisonniers.

Cette année, conscient-e-s que la mobilisation se doit d’être large et de prendre en compte la diversité des situations, nous avons décidé de consacrer une semaine entière à la question des prisonnières et prisonniers politiques. Celle-ci s’est finalement déroulée du 14 au 20 avril dans différents lieux. Cette année, nous avons été nombreux à participer et avons convergé ensemble avec l’Académie des Arts et Culture du Kurdistan, l’Association des familles des prisonniers et des disparus sahraouis, Associu Sulidarità (Corsica), le Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, le Collectif Unitaire National de soutien à Mumia Abu-Jamal, le Comité de Solidarité avec le Peuple Basque, le Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte, le Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques, le Groupe de Soutien à Leonard Peltier, le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits Humains au Sahara Occidental (CORELSO), Les trois passants (Mexique), Libération Irlande, la Maison du Tamil Eelam, le Secrétariat International de la CNT, Sortir du colonialisme, Terre et Liberté pour Arauco. Nous ne sommes pas tou-tes là, il manque les prisonnières et les prisonniers ! Par les trois passants. Merci à Valerie et à Val pour les corrections.

Plusieurs lettres de prisonnier-e-s nous ont été envoyées pour la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques, cliquez ici

Plus d’infos sur les prisonnier-e-s de la Sexta

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Sources:

Reçu par mail, 03/05/2013

[Mexique] Halte au harcèlement contre les militant..e.s des droits humains – 27 avril 2013

Halte à l’harcèlement contre le NODHO et Enlace Urbano de Dignidad, adhérents à la Sexta, PUEBLA – MEXIQUE

A la Sexta,

Au Réseau contre la répression et pour la Solidarité,

Aux compagnes et compagnons de Enlace Urbano de Dignidad et du Nodo de Derechos Humanos adhérents à la Sexta;

Aux médias de communication alternatifs nationaux et internationaux;

Hier 27 avril 2013, des personnes non-identifiées sont entrées au domicile de Eduardo Almeida et Tamara san Miguel, membres du Nodo de Derechos Humanos et de Enlace Urbano de Dignidad. Ces personnes n’ont pris aucun objet de valeur, elles ont uniquement fouillé les meubles, ont volé des papiers et deux ordinateurs, ce qui exclut clairement un vol ordinaire. Il est clair qu’il s’agit d’un acte de harcèlement et de persécution contre deux défenseurs des droits humains et promoteurs communautaires, un de plus dans un pays qui tombe en ruine à cause de la corruption et de l’ignorance des mauvais gouvernements, un de plus venu du pouvoir qui persécute et agresse ceux qui essaient de faire un autre Mexique, un Mexique plus digne.

Face à cette agression, nous les signataires de cette déclaration, sommes solidaires des compagnons de Enlace Urbano de Dignidad et du Nodo de Derechos Humanos et exigeons qu’une enquête soit menée, que les responsables soient sanctionnés et que cesse toute forme de persécution, de harcèlement ou d’agression contre celles et ceux qui luttent pour la dignité et la justice.

Halte à l’harcèlement contre le NODHO et Enlace Urbano de Dignidad !

En Solidarité:

Centro de Documentación sobre Zapatismo, CEDOZ, État espagnol CGT, État espagnol Caracol Zaragoza, État espagnol Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte, Paris, France Fédération SUD éducation, France Les trois passants, France Nodo Solidale, Italie et Mexique Secrétariat international de la CNT, France Tamazgha, France Terre et Liberté pour Arauco, France Toile Libre, France LA PIRATA composée de : Nomads, Nodo Solidale, Colectivo Zapatista Marisol, Lugano, Italie et Suisse

Informations complémentaires :

Quelques heures après ce vol, il y a eu des tentatives de piratage des mails et sites web de ces organisations.

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*Antécédents (2010)

Aux compagnes et compagnons du NODHO des Droits de l’Homme – Puebla Au Conseil Démocratique des Maitres d’Ecole de Puebla (CDMP)

Au Réseau contre la Répression et pour la Solidarité

Aux compagnes et compagnons de l’Autre Campagne

Aux médias de communication alternatifs nationaux et internationaux

23 mars 2010

Depuis l’Europe, c’est avec beaucoup d’indignation et de préoccupation, que nous avons appris que la Procureure Générale de la Justice dont le directeur est Rodolfo Igor Archundia Sierra, a par l’intermédiaire du Ministère Publique de Javier Carrión Jiménez, déposé devant la deuxième juge du tribunal pénal de Puebla, Rosa Celia Pérez González, la demande d’enquête préliminaire 400/2009/-DMS-3º/DMS-II pour le supposé délit de « dégât à la propriété privée » du Syndicat Nacional des Travailleurs de l’education (SNTE) Section 23 et 51 et a demandé la mise en détention de Tamara San Miguel Suárez, y de Itzel Sánchez Martínez toutes deux apartennant au Nodho des Droit de l’Homme et adhérentes à l’Autre Campagne, ainsi que contre des Maîtres d’écoles, tous faisant parti du Conseil Démocratique des Maitres d’Ecole de Puebla : Mariano Rolón Castelán, Evaristo Matero Hernández, Lourdes Valderrábano Teresa, María de Jesús Herrera López, Marcelino Becerra Sollo, Justino Jacinto Rosas, Floriberto Vergara Cañongo, Rosa Isela Hernández Viderique, Mario Rubén Caamaño Lara, Gregorio Martínez Hernández, Marcelino Vázquez Ildefonso, Verónica Ramírez Jarquin, Lorena Ramírez Jarquin, Manuel Morales Espíndola, Élfego Márquez Luna.

Les 17 accusés sont les mêmes qui ont été frappés et détenus arbitrairement le 10 juin 2009 par des Policiers Ministériels, des policiers de l’Etat, des policiers métropolitains et des policiers municipaux de Puebla, quand le Gouvernement de l’Etat de Puebla en charge de Mario Marín Torres a réprimé une manifestation des maîtres d’Écoles contre l’Alliance pour la Qualité de l’Éducation (ACE). Depuis différents pays d’Europe, nous condamnons ces actes d’intimidation et exigeons que la Juge Rosa Celia Pérez annule l’Enquête préliminaire 400/2009/-DMS-3º/DMS-II pour le supposé délit de « dégât à la propriété privée » mené contre les maitres du Conseil Démocratique des Maitres d’Ecole de Puebla et contre les deux compagnes appartenant au Nodho des Droits de l’Homme de Puebla et adhérentes à l’autre Campagne.

Nous informerons les gens ici de ces actes d’injustice. Nous restons attentifs à ce cas.

Halte à la répression et à la criminalisation du mouvement social !

Prisionnières et prisionniers liberté !

S’ils en touchent unE, ils nous touchent touTEs !

Confederación General del Trabajo CGT del Estado Español Grupo IRU (estado español) Red Libertaria Apoyo Mutuo (estado español) Plataforma de Solidaridad con Chiapas-PLATA (Madrid-Estado Español) Comite de Solidaridad con los Pueblos de Chiapas en Lucha, Cspcl-París,Francia Grupo Les trois passants, Francia La Unión Mexicana Suiza (UMES) de Zürich Suiza, Colectivo ALANA (Solidaridad, Resistencia, Dignidad) Grecia. Cooperativa de Comercio Solidario “LA SEMILLA” Grecia Grupo Zero Hebdo, Paris, Francia Collettivo zapatista marisol, lugano

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* CONTEXTE: Nouvelle menace de répression contre le NODHO et les Maîtres d’écoles PUEBLA – MEXIQUE

Le 19 mars 2010 la Commission Juridique du Consejo Democrático Magisterial Poblano (CDMP) et le Nodo de Derechos Humanos (NODHO), nous avons été informés que la Procure Générale de Justice de Puebla (PGJ) en charge de Rodolfo Igor Archundia Sierra, par l’intermédiaire du Ministère Public (MP) Javier Carrión Jiménez, a déposé devant la deuxième juge du tribunal pénal de Puebla, Rosa Celia Pérez González, une demande d’enquête préliminaire pour le supposé délit de « dégât à la propriété privée » contre deux Défenseurs des Droit de l’Homme et 15 Maîtres d’écoles, les mêmes qui ont été détenus le 10 juin 2009 durant la répression contre une manifestation du Magistère.

Les Faits :

Le 19 mars on nous informe que depuis le 5 mars la PGJ, dont Rodolfo Igor Archundia Sierra est à la tête, par l’intermédiaire du MP Javier Carrión Jiménez,a déposé devant la deuxième juge Rosa Celia Pérez la Demande d’Enquête Préliminaire 400/2009/-DMS-3º/DMS-II pour le supposé délit de « dégat à la propièté privée » contre le Syndicat National des Travailleurs de l’Éducation (SNTE) Section 23 et 51 et demande la détention de Tamara San Miguel Suárez, Itzel Sánchez Martínez, toutes deux membres du Nodo de Derechos Humanos; de Mariano Rolón Castelán, Evaristo Matero Hernández, Lourdes Valderrábano Teresa, María de Jesús Herrera López, Marcelino Becerra Sollo, Justino Jacinto Rosas, Floriberto Vergara Cañongo , Rosa Isela Hernández Viderique, Mario Rubén Caamaño Lara, Gregorio Martínez Hernández, Marcelino Vázquez Ildefonso, Verónica Ramírez Jarquin, Lorena Ramírez Jarquin, Manuel Morales Espíndola, Élfego Márquez Luna, tous membres du Consejo Democrático Magisterial Poblano. Les 17 accusés sont les mêmes qui ont été frappés et détenus arbitrairement le 10 juin 2009 par des Policiers Ministériels, des policiers de l’Etat, des policiers métropolitains et des policiers municipaux de Puebla, quand le Gouvernement de l’Etat de Puebla en charge de Mario Marín Torres a réprimé une manifestation des maîtres d’Écoles contre l’Alliance pour la Qualité de l’Éducation (ACE). Les 17 détenus le 10 juin sont restés en liberté et ont déposé plus tard plainte auprès de la Commission des Droits de l’Homme de Puebla et auprès de la PGJ (No. 386/2009). Celle-ci a été enregistré le 17 Février par la Procureur de Puebla.

Vidéo de la répression du 10 juin 2009  

Sources:

Traduit par les trois passants et Val.

Reçu par mail, 28 avril 2013

[Mexique] Assassinat du compagnon Juan Vazquez de l’ejido de San Sebastian Bachajón (Chiapas) – 24 avril 2013

Assassinat du compagnon Juan Vázquez de l’ejido de San Sebastian Bachajón.

Le Réseau contre la Répression du Chiapas reçoit avec rage et indignation la nouvelle de l’assassinat du compagnon Juan Vázquez de l’ejido de San Sebastian Bachajón.

Juan a été pris dans une embuscade alors qu’il rentrait chez lui le 24 avril 2013, il a été atteint de cinq balles qui l’ont tué immédiatement. Après cette agression, les auteurs de ce lâche et infâme assassinat ont fui dans une camionnette rouge.

Tout au long de ces années, Juan Vázquez nous a accompagnés lors de nombreuses mobilisations, actions, événements, forums etc. Il a toujours été en première ligne dans la protection de son ejido pour la défense du territoire et contre le méga-projet touristique des cascades d’Agua Azul, et pour la liberté des prisonnières et des prisonniers politiques, dans le cadre de la Sixième Déclaration.

Nous attendons plus d’informations, mais dans tous les cas il est évident qu’il s’agit d’un assassinat politique à cause des multiples intérêts entrepreneuriaux, politiques et économiques dans cette zone.

Nous nous solidarisons avec ses proches et sa communauté et nous exprimons notre plus profonde douleur pour cette grande perte. Même ainsi nous ne nous décourageons pas et organisons cette rage pour renforcer notre lutte et maintenir toujours vivants notre compagnon Juan et son exemple de résistance.

Réseau contre la Répression du Chiapas

Vidéo – Témoignage des habitants de Bachajon, Chiapas/Témoignage des habitants de San Sebastian Bachajon, Chiapas, dont Juan Vázquez

Lettre de Solidarité et Condoléances depuis l’Europe suite à l’assassinat de Juan Vázquez

CONTEXTE :

Le terrain communal de Bachajón est placé dans la zone de la forêt – centre du Chiapas, dans la municipalité officielle de Chilón, région autonome zapatiste de San José en Rebeldía, lieu stratégique pour l’accumulation par la dépossession , cette zone héberge l’un des paysages naturels les plus beaux du monde : les Cascades d’Agua Azul. Il est important de mentionner qu’une technique de contrôle territorial utilisé par l’État, apparu durant les treize dernières années dans cette zone, est d’encercler les « ressources stratégiques » (terre, eau, biodiversité de la flore et de la faune, les connaissances culturelles, etc.) dans des « capsules de protection », ce que l’institution de l’État nomme zones de Protection de la Flore et la Faune (APFyF).

C’est le miroir de la valorisation de la nature, au niveau de sa richesse génétique, sa capacité de captage de carbone, l’abondance d’eau et son potentiel touristique, comme c’est le cas de la « Réserve de la Biosphère les Cascades d’Agua Azul ». C’est le résultat de cette stratégie d’accaparement territorial, la démagogie de « l’écotourisme » que le mauvais gouvernement de Juan Sabines promeut de manière complément absurde.

Le complexe touristique a été depuis 20 ans l’objet de la spéculation financière par les grandes associations hôtelières. Carlos Rojas, chargé du Secrétariat de Développement Social (SEDESOL) durant la présidence de Salinas, a commencé à projeter ses rêves dans cette zone de la forêt. La manière de valoriser le pillage des ressources était focalisée sur l’exploitation des paysages naturels à travers le tourisme. Le point de référence était les Cascades d’Agua Azul, avec la proposition d’en faire un centre qui ferait concurrence à Cancún au niveau touristique : le Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul (CIP-CAA).

Cependant, ce projet a été brisé par le soulèvement de l’EZLN en 1994, qui a mis en place la « loi agraire révolutionnaire ». Plus tard, avec la création des Municipalités Autonomes Rebelles Zapatistes, on a pu constaté la reconfiguration géographique de la résistance zapatiste. C’est en évoquant une partie de la proposition de la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone, en 2008 que plus de 1800 paysans communaux adhérents à l’Autre Campagne décident d’autogérer le péage du dit complexe touristique en exerçant leur droit à l’usage et à la jouissance de leur territoire.

Mais, parallèlement en mars 2008, les entreprises Norton Consulting, INC et EDSA Construction, obéissant au Projet méso-américain (Plan Puebla-Panama) présentent la proposition pour « élever l’économie à partir du tourisme dans la zone de la forêt du Chiapas ». L’étude a eu pour objectif de développer un plan stratégique qui identifie les espaces et les projets qui peuvent augmenter l’offre touristique. C’est-à-dire « plus de visiteurs et plus de frais » pour le futur CIPP-CAA.

La première étape du projet, consiste à développer une chaîne hôtelière basée sur le concept de « Long’s Retreat », et convertir les Cascades d’Agua Azul, en une « des expériences de resort la plus originale existante dans l’hémisphère Ouest ». Cela en développant quatre concepts d’hotels-resorts dans lesquelles investiront les chaînes les plus luxueuses en matière de tourisme mondial : l’Hôtel Boutique de classe mondiale, de Lodge/retreal – près des Cascades d’Agua Azul -, l’Hôtel de marque européenne cinq étoiles, le Resort avec hôtel, centre de conférences et de golf.

Les opérateurs pour de tels investissements sont : Luxury Collectión, Orient Express, Arman. Leurs tarifs par chambre vont de 300 à 1000 dollars la nuit (3.800 à 10.800 pesos). Des hôtels européens se font aussi remarquer comme : Sonesta, Barcelo, Sol Melia, Kempinsky. Pour hôtel, conférences et golf : Camino Real, Posadas, Park, Royal, Marriot, Hyatt, Westin.

De la même façon, la stratégie du gouvernement fédéral se met en place par le biais du Fonds National pour le Tourisme (FONATUR) en collaboration avec des institutions étatiques et fédérales tel que le ministère du Tourisme de l’État du Chiapas, le ministère du Tourisme et des Relations Internationales, le ministère des Communications et du Transport (SCT), la Procure Fédérale de la Protection de l’Environnement (PROFEPA), l’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire (INAH).

On réussit à établir que le gouvernement de l’État du Chiapas a comme tâches principales :

  1. promouvoir, créer et gérer huit circuits touristiques – à l’intérieur desquels se trouvent le Couloir Palenque-Cascades d’Agua Azul-Toniná- San Cristóbal de las Casas ;
  2. élaborer des diagnostics et mettre en application des politiques environnementales comme instrument de gestion des réserves territoriales, en particulier pour le Centre Intégralement planifié des Cascades d’Agua Azul ;
  3. gérer par le biais du SCT la construction de l’autoroute San Cristobal-Palenque, ainsi que l’agrandissement ou le déplacement de l’aéroport de Palenque, qui serait la route pour transférer les touristes.

En ce qui concerne les Municipalités chargées de participer à l’exécution de ce mégaprojet, elles doivent :

  1. contribuer à l’image et à l’architecture du paysage ;
  2. étendre le périmètre de sécurité publique dans les zones et les circuits touristiques ;
  3. faciliter l’obtention de permis et de licences pour le développement des projets écotouristiques.

La criminalisation comme politique d’État et la répression comme instrument de contrôle, ainsi que le clientélisme, ont été rendus visibles d’une manière cynique en février 2010 et continuent aujourd’hui, quand des militants du Parti de la Révolution Institutionnelle (PRI) ont fait irruption dans la communauté zapatiste de Bolón Ajaw de manière paramilitaire, avec l’ordre d’expulser et de provoquer le déplacement des familles.

Un an après et à quelques jours près de la visite de Felipe Calderón dans cette zone touristique, une expulsion violente a eu lieu contre les compagnons de San Sebastían Bachajón. Depuis février 2011, la répression, l’impunité, la criminalisation, et le clientélisme (propre aux conjonctures électorales), se découvrent encore une fois, avec le mensonge et la démagogie bon marché qui, cette fois-ci, revêtent la barbarie du gouverneur de l’Etat du Chiapas, Juan Sabines, et de son serviteur Noé Castañón.

Le discours de « durabilité » et/ou de « tourisme responsable » ainsi que les soi-disant « tables de négociation » que le mauvais gouvernement utilise font partie du discours attrape-bobos et de la mise en scène montée de toutes pièces dont se sert aujourd’hui le gouverneur, ainsi que tous ceux qui obéissent à ses ordres et tous ceux pour qui importent peu les coûts environnementaux et la spéculation sur la biodiversité et les connaissances culturelles de cette région.

Nommer non seulement les sujets mais aussi les institutions qui promeuvent et gèrent le tourisme en criminalisant des compagnons, les rendre responsables et les engager face à leurs actions : la SEMARNAT, la CONANP, l’INAH doivent se charger des zones régionales et de la possession de la terre, ainsi que d’établir des critères et des programmes à l’ordre et pour le profit du tourisme. Le FONATUR, se chargera de formuler un business plan et le Plan Maître du CIPP-CAA et de participer au Programme de Développement Touristique de la Région-Forêt de l’État du Chiapas …

Bref : ce que nous présentons ici n’est qu’une partie de l’action spéculative dans la région. Cela démontre que les stratégies politiques du gouvernement fédéral, étatique et local ne sont pas si naïves. Dans la région, Juan Sabines et les partis politiques (PRI, PAN, PRD, PVEM), répètent la même politique : assistancialisme, clientéliste, la cooptation et la criminalisation de celui qui résiste, avec comme objectif de créer des conflits entre les communautés de la région afin d’administrer le territoire et de le remettre au capital financier et spéculatif.

Il est clair pour nous que le contexte où est né le conflit pour la gestion du péage d’Agua Azul, représente un miroir de la dispute entre ceux qui sympathisent avec les intérêts du grand capital, les transnationales et le système médiocre des partis politiques et ceux qui défendent le territoire qui donne la vie, qui représente un soutien économique, culturel et politique pour les communautés indigènes mayas, lesquelles construisent avec dignité des alternatives autonomes qui font face à un système de mort, le capitaliste. Dans ce contexte de lutte et de résistance, trois compagnons de Bachajon se trouvent toujours incarcérés : Antonio Estrada Estrada, est incarcéré dans la prison numéro 17 à Plages de Catazaja Miguel Vazquez Deara, est incarcéré dans la prison numéro 16 à Ocosingo Manuel Demeza Jimenez, est incarcéré dans la prison numéro 14 à l’Amate.

Source: noestamostodxs  – Traduit par les trois passants 

Reçu par mail, 28 avril 2013

Par ailleurs, l’Etat mexicain accentue actuellement sa collaboration avec la police européenne EUROPOL, contre les anarchistes. Un article sur cettesemaine revient sur le document interne d’EUROPOL sorti le 24 avril dernier dans la presse mexicaine

[Nos médias] La Voz de la Libertad, blog d’actualité latino-américaine subversive

La voz de la libertad – ¿ Qué es esto ?

La voz de la libertad se veut être un blog d’actualité dit “subversif”.

Pourquoi subversif ? Pour bouleverser un ordre corrompu depuis trop longtemps établi mais aussi en hommage à tout ceux et celles qui ont perdu la vie dans le combat pour la liberté.

La voz de la libertad se veut proposer une transmission de la mémoire latino-américaine afin de combattre le fascisme, le militarisme, le totalitarisme, le sexisme et toutes autres formes d’injustices qui ont gangrené le continent.

La voz de la libertad est, d’abord, un outil de lutte pour l’information et la mémoire.

Ne cessons pas d’écrire pour que la lutte continue !

lavozdelalibertad.noblogs.org

[Paris] Soirée de solidarité avec les prisonnier.e.s de la Sexta de l’EZLN – Mexique au Transfo (Bagnolet) samedi 20 avril 2013

Télécharger le tract au format PDF

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Soirée de solidarité avec les prisonnier-e-s de la Sexta de L’EZLN- Mexique

Dans le cadre de la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques qui aura lieu du 14 au 21 avril 2013, le groupe les trois passants (Libérons-Les!) vous invite à une soirée dédiée aux prisonnier-e-s adhérents à Sexta de L’EZLN- Mexique

SAMEDI 20 AVRIL 2013- 17h00 à 19h00

Le Transfo

57 avenue de la République, Bagnolet (93)

Métro: Gallieni (L3) ou Robespierre (L9)

  • Présentation de la situation des prisonnier-e-s adhérents à la Sexta de L’EZLN, Mexique
  • Projection du documentaire « Koltavanej -libération » sur la vie de Rosa Lopez, la seule femme prisonnière de la Sexta au Chiapas et performance « femmes prisonnières solidaridad»
  • Lecture des lettres des prisonnier-e-s de la Sexta envoyées pour l’occasion
  • Échanges avec le public
  • Tables de presse
  • 19h Concert organisé par le Transfo pour la caisse d’autodéfense juridique du Transfo.

À propos du documentaire « Koltavanej – libération » et de la petite pièce-performance « Femmes prisonnières – Solidaridad ».

Nous avons rencontré Rosa en prison, et elle nous a donné une force énorme et l’envie de continuer à nous battre pour la libération des personnes enfermées pour des raisons politiques ou autres. La situation de Rosa comme celle de beaucoup de femmes incarcérées est extrêmement difficile, car non seulement elles ont été torturées sexuellement mais certaines sont mères et militantes, chose très compliquée dans le cadre extrêmement patriarcal de la prison (au Mexique comme ailleurs). Comme la parole des femmes prisonnières est difficilement reprise à l’extérieur, il est essentiel, dans la lutte, de leur accorder une place importante en tant que femmes, prisonnières, militantes, mères et indigènes. De là l’intérêt de donner une place spéciale à l’évocation de leur résistance, lors de cette journée internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques.

Le documentaire intitulé « Koltavanej » – qui en tzotzil veut dire « libération » – a été réalisé par la compagne et militante de la Sexta Concepción Suárez, que nous remercions pour nous avoir permis de diffuser cette vidéo en France.

Quant à la performance « Femmes prisonnières – Solidaridad », nous l’avons construite à partir d’échanges (lettres, réflexions, passages du journal en prison, pensées) avec notre compagne ex-prisonnière et adhérente à la Sexta, Mariana Selvas, que nous remercions chaleureusement pour ce tissage collectif. Mariana a été arrêtée le 4 mai 2006 à San Salvador Atenco, dans l’État de Mexico. Pendant le trajet jusqu’à la prison elle a été tabassée, menacée de mort et elle a subi des agressions sexuelles par des membres de la police de l’État.

Nous dédions cette pièce aux femmes prisonnières et ex- prisonnières quel que soit le moment, quel que soit le lieu !

Nous ne sommes pas tou-tes là, il manque les prisonnières et les prisonniers !

Pour la mémoire et contre l’oubli !

Venez nombreux et nombreuses !

Pour plus d’information sur les prisonnier-e-s de la Sexta de l’EZLN

Voir le Programme complet de la Semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques

Infos – Transfo sur transfo.squat.net