[Mexique] Assassinat du compagnon Juan Vazquez de l’ejido de San Sebastian Bachajón (Chiapas) – 24 avril 2013

Assassinat du compagnon Juan Vázquez de l’ejido de San Sebastian Bachajón.

Le Réseau contre la Répression du Chiapas reçoit avec rage et indignation la nouvelle de l’assassinat du compagnon Juan Vázquez de l’ejido de San Sebastian Bachajón.

Juan a été pris dans une embuscade alors qu’il rentrait chez lui le 24 avril 2013, il a été atteint de cinq balles qui l’ont tué immédiatement. Après cette agression, les auteurs de ce lâche et infâme assassinat ont fui dans une camionnette rouge.

Tout au long de ces années, Juan Vázquez nous a accompagnés lors de nombreuses mobilisations, actions, événements, forums etc. Il a toujours été en première ligne dans la protection de son ejido pour la défense du territoire et contre le méga-projet touristique des cascades d’Agua Azul, et pour la liberté des prisonnières et des prisonniers politiques, dans le cadre de la Sixième Déclaration.

Nous attendons plus d’informations, mais dans tous les cas il est évident qu’il s’agit d’un assassinat politique à cause des multiples intérêts entrepreneuriaux, politiques et économiques dans cette zone.

Nous nous solidarisons avec ses proches et sa communauté et nous exprimons notre plus profonde douleur pour cette grande perte. Même ainsi nous ne nous décourageons pas et organisons cette rage pour renforcer notre lutte et maintenir toujours vivants notre compagnon Juan et son exemple de résistance.

Réseau contre la Répression du Chiapas

Vidéo – Témoignage des habitants de Bachajon, Chiapas/Témoignage des habitants de San Sebastian Bachajon, Chiapas, dont Juan Vázquez

Lettre de Solidarité et Condoléances depuis l’Europe suite à l’assassinat de Juan Vázquez

CONTEXTE :

Le terrain communal de Bachajón est placé dans la zone de la forêt – centre du Chiapas, dans la municipalité officielle de Chilón, région autonome zapatiste de San José en Rebeldía, lieu stratégique pour l’accumulation par la dépossession , cette zone héberge l’un des paysages naturels les plus beaux du monde : les Cascades d’Agua Azul. Il est important de mentionner qu’une technique de contrôle territorial utilisé par l’État, apparu durant les treize dernières années dans cette zone, est d’encercler les « ressources stratégiques » (terre, eau, biodiversité de la flore et de la faune, les connaissances culturelles, etc.) dans des « capsules de protection », ce que l’institution de l’État nomme zones de Protection de la Flore et la Faune (APFyF).

C’est le miroir de la valorisation de la nature, au niveau de sa richesse génétique, sa capacité de captage de carbone, l’abondance d’eau et son potentiel touristique, comme c’est le cas de la « Réserve de la Biosphère les Cascades d’Agua Azul ». C’est le résultat de cette stratégie d’accaparement territorial, la démagogie de « l’écotourisme » que le mauvais gouvernement de Juan Sabines promeut de manière complément absurde.

Le complexe touristique a été depuis 20 ans l’objet de la spéculation financière par les grandes associations hôtelières. Carlos Rojas, chargé du Secrétariat de Développement Social (SEDESOL) durant la présidence de Salinas, a commencé à projeter ses rêves dans cette zone de la forêt. La manière de valoriser le pillage des ressources était focalisée sur l’exploitation des paysages naturels à travers le tourisme. Le point de référence était les Cascades d’Agua Azul, avec la proposition d’en faire un centre qui ferait concurrence à Cancún au niveau touristique : le Centre Intégralement Planifié – Cascades d’Agua Azul (CIP-CAA).

Cependant, ce projet a été brisé par le soulèvement de l’EZLN en 1994, qui a mis en place la « loi agraire révolutionnaire ». Plus tard, avec la création des Municipalités Autonomes Rebelles Zapatistes, on a pu constaté la reconfiguration géographique de la résistance zapatiste. C’est en évoquant une partie de la proposition de la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone, en 2008 que plus de 1800 paysans communaux adhérents à l’Autre Campagne décident d’autogérer le péage du dit complexe touristique en exerçant leur droit à l’usage et à la jouissance de leur territoire.

Mais, parallèlement en mars 2008, les entreprises Norton Consulting, INC et EDSA Construction, obéissant au Projet méso-américain (Plan Puebla-Panama) présentent la proposition pour « élever l’économie à partir du tourisme dans la zone de la forêt du Chiapas ». L’étude a eu pour objectif de développer un plan stratégique qui identifie les espaces et les projets qui peuvent augmenter l’offre touristique. C’est-à-dire « plus de visiteurs et plus de frais » pour le futur CIPP-CAA.

La première étape du projet, consiste à développer une chaîne hôtelière basée sur le concept de « Long’s Retreat », et convertir les Cascades d’Agua Azul, en une « des expériences de resort la plus originale existante dans l’hémisphère Ouest ». Cela en développant quatre concepts d’hotels-resorts dans lesquelles investiront les chaînes les plus luxueuses en matière de tourisme mondial : l’Hôtel Boutique de classe mondiale, de Lodge/retreal – près des Cascades d’Agua Azul -, l’Hôtel de marque européenne cinq étoiles, le Resort avec hôtel, centre de conférences et de golf.

Les opérateurs pour de tels investissements sont : Luxury Collectión, Orient Express, Arman. Leurs tarifs par chambre vont de 300 à 1000 dollars la nuit (3.800 à 10.800 pesos). Des hôtels européens se font aussi remarquer comme : Sonesta, Barcelo, Sol Melia, Kempinsky. Pour hôtel, conférences et golf : Camino Real, Posadas, Park, Royal, Marriot, Hyatt, Westin.

De la même façon, la stratégie du gouvernement fédéral se met en place par le biais du Fonds National pour le Tourisme (FONATUR) en collaboration avec des institutions étatiques et fédérales tel que le ministère du Tourisme de l’État du Chiapas, le ministère du Tourisme et des Relations Internationales, le ministère des Communications et du Transport (SCT), la Procure Fédérale de la Protection de l’Environnement (PROFEPA), l’Institut National d’Anthropologie et d’Histoire (INAH).

On réussit à établir que le gouvernement de l’État du Chiapas a comme tâches principales :

  1. promouvoir, créer et gérer huit circuits touristiques – à l’intérieur desquels se trouvent le Couloir Palenque-Cascades d’Agua Azul-Toniná- San Cristóbal de las Casas ;
  2. élaborer des diagnostics et mettre en application des politiques environnementales comme instrument de gestion des réserves territoriales, en particulier pour le Centre Intégralement planifié des Cascades d’Agua Azul ;
  3. gérer par le biais du SCT la construction de l’autoroute San Cristobal-Palenque, ainsi que l’agrandissement ou le déplacement de l’aéroport de Palenque, qui serait la route pour transférer les touristes.

En ce qui concerne les Municipalités chargées de participer à l’exécution de ce mégaprojet, elles doivent :

  1. contribuer à l’image et à l’architecture du paysage ;
  2. étendre le périmètre de sécurité publique dans les zones et les circuits touristiques ;
  3. faciliter l’obtention de permis et de licences pour le développement des projets écotouristiques.

La criminalisation comme politique d’État et la répression comme instrument de contrôle, ainsi que le clientélisme, ont été rendus visibles d’une manière cynique en février 2010 et continuent aujourd’hui, quand des militants du Parti de la Révolution Institutionnelle (PRI) ont fait irruption dans la communauté zapatiste de Bolón Ajaw de manière paramilitaire, avec l’ordre d’expulser et de provoquer le déplacement des familles.

Un an après et à quelques jours près de la visite de Felipe Calderón dans cette zone touristique, une expulsion violente a eu lieu contre les compagnons de San Sebastían Bachajón. Depuis février 2011, la répression, l’impunité, la criminalisation, et le clientélisme (propre aux conjonctures électorales), se découvrent encore une fois, avec le mensonge et la démagogie bon marché qui, cette fois-ci, revêtent la barbarie du gouverneur de l’Etat du Chiapas, Juan Sabines, et de son serviteur Noé Castañón.

Le discours de « durabilité » et/ou de « tourisme responsable » ainsi que les soi-disant « tables de négociation » que le mauvais gouvernement utilise font partie du discours attrape-bobos et de la mise en scène montée de toutes pièces dont se sert aujourd’hui le gouverneur, ainsi que tous ceux qui obéissent à ses ordres et tous ceux pour qui importent peu les coûts environnementaux et la spéculation sur la biodiversité et les connaissances culturelles de cette région.

Nommer non seulement les sujets mais aussi les institutions qui promeuvent et gèrent le tourisme en criminalisant des compagnons, les rendre responsables et les engager face à leurs actions : la SEMARNAT, la CONANP, l’INAH doivent se charger des zones régionales et de la possession de la terre, ainsi que d’établir des critères et des programmes à l’ordre et pour le profit du tourisme. Le FONATUR, se chargera de formuler un business plan et le Plan Maître du CIPP-CAA et de participer au Programme de Développement Touristique de la Région-Forêt de l’État du Chiapas …

Bref : ce que nous présentons ici n’est qu’une partie de l’action spéculative dans la région. Cela démontre que les stratégies politiques du gouvernement fédéral, étatique et local ne sont pas si naïves. Dans la région, Juan Sabines et les partis politiques (PRI, PAN, PRD, PVEM), répètent la même politique : assistancialisme, clientéliste, la cooptation et la criminalisation de celui qui résiste, avec comme objectif de créer des conflits entre les communautés de la région afin d’administrer le territoire et de le remettre au capital financier et spéculatif.

Il est clair pour nous que le contexte où est né le conflit pour la gestion du péage d’Agua Azul, représente un miroir de la dispute entre ceux qui sympathisent avec les intérêts du grand capital, les transnationales et le système médiocre des partis politiques et ceux qui défendent le territoire qui donne la vie, qui représente un soutien économique, culturel et politique pour les communautés indigènes mayas, lesquelles construisent avec dignité des alternatives autonomes qui font face à un système de mort, le capitaliste. Dans ce contexte de lutte et de résistance, trois compagnons de Bachajon se trouvent toujours incarcérés : Antonio Estrada Estrada, est incarcéré dans la prison numéro 17 à Plages de Catazaja Miguel Vazquez Deara, est incarcéré dans la prison numéro 16 à Ocosingo Manuel Demeza Jimenez, est incarcéré dans la prison numéro 14 à l’Amate.

Source: noestamostodxs  – Traduit par les trois passants 

Reçu par mail, 28 avril 2013

Par ailleurs, l’Etat mexicain accentue actuellement sa collaboration avec la police européenne EUROPOL, contre les anarchistes. Un article sur cettesemaine revient sur le document interne d’EUROPOL sorti le 24 avril dernier dans la presse mexicaine

[Nos médias] La Voz de la Libertad, blog d’actualité latino-américaine subversive

La voz de la libertad – ¿ Qué es esto ?

La voz de la libertad se veut être un blog d’actualité dit “subversif”.

Pourquoi subversif ? Pour bouleverser un ordre corrompu depuis trop longtemps établi mais aussi en hommage à tout ceux et celles qui ont perdu la vie dans le combat pour la liberté.

La voz de la libertad se veut proposer une transmission de la mémoire latino-américaine afin de combattre le fascisme, le militarisme, le totalitarisme, le sexisme et toutes autres formes d’injustices qui ont gangrené le continent.

La voz de la libertad est, d’abord, un outil de lutte pour l’information et la mémoire.

Ne cessons pas d’écrire pour que la lutte continue !

lavozdelalibertad.noblogs.org

[Paris] Soirée de solidarité avec les prisonnier.e.s de la Sexta de l’EZLN – Mexique au Transfo (Bagnolet) samedi 20 avril 2013

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Soirée de solidarité avec les prisonnier-e-s de la Sexta de L’EZLN- Mexique

Dans le cadre de la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques qui aura lieu du 14 au 21 avril 2013, le groupe les trois passants (Libérons-Les!) vous invite à une soirée dédiée aux prisonnier-e-s adhérents à Sexta de L’EZLN- Mexique

SAMEDI 20 AVRIL 2013- 17h00 à 19h00

Le Transfo

57 avenue de la République, Bagnolet (93)

Métro: Gallieni (L3) ou Robespierre (L9)

  • Présentation de la situation des prisonnier-e-s adhérents à la Sexta de L’EZLN, Mexique
  • Projection du documentaire « Koltavanej -libération » sur la vie de Rosa Lopez, la seule femme prisonnière de la Sexta au Chiapas et performance « femmes prisonnières solidaridad»
  • Lecture des lettres des prisonnier-e-s de la Sexta envoyées pour l’occasion
  • Échanges avec le public
  • Tables de presse
  • 19h Concert organisé par le Transfo pour la caisse d’autodéfense juridique du Transfo.

À propos du documentaire « Koltavanej – libération » et de la petite pièce-performance « Femmes prisonnières – Solidaridad ».

Nous avons rencontré Rosa en prison, et elle nous a donné une force énorme et l’envie de continuer à nous battre pour la libération des personnes enfermées pour des raisons politiques ou autres. La situation de Rosa comme celle de beaucoup de femmes incarcérées est extrêmement difficile, car non seulement elles ont été torturées sexuellement mais certaines sont mères et militantes, chose très compliquée dans le cadre extrêmement patriarcal de la prison (au Mexique comme ailleurs). Comme la parole des femmes prisonnières est difficilement reprise à l’extérieur, il est essentiel, dans la lutte, de leur accorder une place importante en tant que femmes, prisonnières, militantes, mères et indigènes. De là l’intérêt de donner une place spéciale à l’évocation de leur résistance, lors de cette journée internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques.

Le documentaire intitulé « Koltavanej » – qui en tzotzil veut dire « libération » – a été réalisé par la compagne et militante de la Sexta Concepción Suárez, que nous remercions pour nous avoir permis de diffuser cette vidéo en France.

Quant à la performance « Femmes prisonnières – Solidaridad », nous l’avons construite à partir d’échanges (lettres, réflexions, passages du journal en prison, pensées) avec notre compagne ex-prisonnière et adhérente à la Sexta, Mariana Selvas, que nous remercions chaleureusement pour ce tissage collectif. Mariana a été arrêtée le 4 mai 2006 à San Salvador Atenco, dans l’État de Mexico. Pendant le trajet jusqu’à la prison elle a été tabassée, menacée de mort et elle a subi des agressions sexuelles par des membres de la police de l’État.

Nous dédions cette pièce aux femmes prisonnières et ex- prisonnières quel que soit le moment, quel que soit le lieu !

Nous ne sommes pas tou-tes là, il manque les prisonnières et les prisonniers !

Pour la mémoire et contre l’oubli !

Venez nombreux et nombreuses !

Pour plus d’information sur les prisonnier-e-s de la Sexta de l’EZLN

Voir le Programme complet de la Semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques

Infos – Transfo sur transfo.squat.net

[Mexique] Nous n’oublions pas la répression perpétrée par l’État le 1er décembre 2012 à Mexico

MEXICO: nous n’oublions pas la répression perpétrée par l’État mexicain le 1er décembre 2012

Nous n’oublions pas le compagnon Kuykendall, ni les arrestations, ni les blessures!

Un coup porté contre l’une ou l’un d’entre nous est un coup porté contre toutes et tous !

Voir les articles sur cette journée de répression: https://lechatnoiremeutier.wordpress.com/2012/12/03/mexique-repression-post-electorale-du-nouveau-pouvoir-elu/ https://lechatnoiremeutier.wordpress.com/2012/12/04/mexique-repression-lors-de-la-prise-de-pouvoir-du-nouveau-president-enrique-pena-nieto-texte-video/

Voir les articles sur cette journée de répression: 1
& 2

Le 1er décembre 2012, quand la mobilisation contre l’investiture-imposition présidentielle d’Enrique Peña Nieto a commencé, les forces de l’ordre ont réprimé de façon brutale les manifestants et manifestantes qui, avec rage et dignité, étaient sorti-e-s dans la rue pour faire entendre leur colère contre un système qui prend uniquement en compte ses propres intérêts sans se soucier du reste. Les manifestants étaient sortis pour crier haut et fort leur colère face au mépris, à tous les abus de pouvoir, à la répression étatique et à la criminalisation de tous ceux et celles qui protestent et osent critiquer leur façon de faire.

Le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité (Rvs), composé de collectifs, individus et groupes adhérents à la Sixième Déclaration de la forêt Lacandone de l’EZLN, a émis plusieurs communiqués condamnant la répression brutale contre les étudiants, les travailleurs, les hommes, femmes, vieillards qui se trouvaient à la manifestation, à proximité du Congrès de l’Union et du centre historique de la ville de Mexico. Peu de temps après cette répression brutale, les différents réseaux ont commencé à informer sur ce qui s’était véritablement passé lors de cette manifestation. Plusieurs vidéos ont montré la brutalité policière à l’encontre de manifestant-e-s et notamment du compagnon Francisco Kuykendall, adhérent à l’Autre Campagne, aujourd’hui adhérent à la Sexta, qui a été blessé à la tête par une grenade lacrymogène lancée par la Police Fédérale Préventive. À ce jour, le compagnon est toujours dans un état critique et lutte pour sa vie.

Tandis que les médias de l’État et les médias commerciaux menaient un véritable lynchage médiatique contre les manifestants « violents » et les « anarchistes-casseurs », les médias indépendants et militants commençaient solidairement à se serrer les coudes et à dénoncer ce coup monté de toutes pièces par le gouvernement et ses serviles chaînes de télévision et journaux, en exigeant la libération immédiate de tous et toutes les détenues, des blessés et, en particulier, dénonçant l’attaque subie par le compagnon Kuy.

Les compagnons de la Croix Noire Anarchiste, entre autres, ont été désignés par le chef du gouvernement du District Fédéral (Maire de Mexico) Marcelo Ebrard, comme les coupables des troubles qui ont eu lieu dans le centre historique de Mexico, le 1er décembre 2012. De plus, des jeunes détenus ont été obligés de déclarer faire partie de ce groupe alors qu’ils n’en étaient pas.

Le Réseau contre la répression et les compagnons de la Sexta nationale et internationale ont déclaré par des lettres et communiqués que cette répression faisait clairement partie d’une stratégie contre-insurrectionnelle, qu’il s’agissait d’une campagne pour criminaliser la protestation sociale, campagne impulsée par les autorités du PAN (Parti d’Action National), du PRD (Parti Démocratique Révolutionnaire) et du PRI. Ces partis pensent qu’avec ce type d’opérations, le peuple du Mexique oubliera la guerre du mandat présidentiel sortant qui a laissé 100 000 morts, la corruption, la misère et les promesses non tenues. Mais le 1er décembre, le peuple est sorti dans la rue sans peur, avec la rage nécessaire, la solidarité entre compagnons et la détermination qui ont commencé à faire trembler le pouvoir.

Pour ce qui est de la lutte pour la libération des compagnons et compagnes emprisonné-e-s, une série d’activités continueront leur cours, et nous restons attentifs aux communiqués qui suivront et aux appels du Réseau contre la Répression et pour la Solidarité. Pour l’instant, un appel à la solidarité avec le compagnon Kuy et toutes et tous les détenu-e-s du 1er décembre 2012 a été lancé par l’EZLN et reprise par certains adhérents à la Sexta au niveau national et international. C’est pourquoi à partir du 17 février, des actions, des lettres de soutien, des événements auront lieu un peu partout : non seulement pour ne pas oublier la répression du 1er décembre ni les détenu-e-s, mais pour dire au compagnon Kuy qu’il n’est pas tout seul !

Le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité lance également un appel à toutes les personnes solidaires pour soutenir le compagnon Kuy, afin d’exiger justice pour lui et pour tous ceux et celles qui ont été blessé-e-s, méprisé-e-s et arrêté-e-s ce 1er décembre 2012. Nous nous joignons à cet appel et exigeons également l’arrêt de tous les procès pénaux contre tous ceux et celles qui ont manifesté contre l’imposition, la corruption et l’arbitraire de ceux d’en-haut.

Si vous voulez participer aux actions engagées pour le compagnon Kuy de la manière que vous souhaiterez, par des mots de soutien ou par une aide financière, vous pouvez contacter le réseau contre la répression, ici: Red contra la represion.org

Qui est Juan Francisco Kuykendall?

Kuykendall a une passion particulière pour le théâtre, il est directeur, producteur et acteur. Tous ceux et celles qui le connaissent l’appellent « Kuy ». Le théâtre est pour lui un outil pour transmettre les différentes réalités, les luttes, les douleurs, les résistances ; ainsi il s’en sert pour mener la lutte, pour sensibiliser et faire passer un message. Ce 1er décembre, Kuy n’est pas rentré chez lui comme il avait l’habitude de le faire, ni vu ses compagnons de lutte comme d’habitude. Il s’est retrouvé dans un lit d’hôpital. Il résiste toujours, il s’accroche, comme d’habitude… car il a l’habitude de se battre.

Nous n’oublions pas!

Par les trois passants

Voici une vidéo sur la répression du 1er décembre et une autre vidéo portant spécifiquement sur l’agression subie par le compagnon Kuy.

Vidéo sous-titrée français:

Reçu par mail, 17 février 2013

Aux prisonnier-e-s, quelque soit le moment, quelque soit le lieu

Depuis les rencontres européennes de solidarité avec les compañeras et les compañeros zapatistes, ainsi que ceux qui cheminent et résistent en bas à gauche.

Paris, 2 et 3 février 2013

Aux compañeras et compañeros prisonnier-e-s, quelque soit le moment, quelque soit le lieu

Aux compañeras et compañeros prisonnier-e-s de la Sexta

Aux compañeras et compañeros zapatistes

À la Sexta

Aux peuples du Mexique

Aux peuples du monde

Nous écoutons et ressentons de la rage, quand nous lisons :

“Je ne savais pas que ça allait m’arriver. J’ai pleuré pour ma famille, pour ma mère.” “Je ne savais pas comment décrire la peur que j’ai ressenti”. “Ils continuaient à me crier : tu ne te sauveras pas d’ici. De là où nous allons t’emmener, tu ne sortiras pas” “Tu ne bougeras pas. Si tu tentes quelque chose, c’est ici que tu meurs”. Rosa pleura, et demanda qu’on ne lui fasse rien, elle dit qu’elle n’avait séquestré personne. “Comment je peux avouer quelque chose que je n’ai pas fait ?”, demanda Rosa. Rosa fut condamnée à 27 ans, 6 mois et 17 jours de prison. Comme des milliers d’indigènes, Rosa n’a jamais eu accès à un traducteur qualifié connaissant la langue et les coutumes tsotsiles, elle n’a jamais reçu de soins médicaux après la torture dont elle a souffert. Elle n’a pas pu aller à l’enterrement de son fils Natanael, mort de malnutrition grave.

(Témoignage de Rosa, la seule femme de l’organisation los solidarios de la Voz del Amate).

Dans tout calendrier et dans toute géographie , la prison, l’enfermement, l’extradition, l’isolement, les centres de rétention, les centres de réinsertion sociale – ou quelque soit la façon dont ils les déguisent – nourrissent et portent en eux les quatre roues du capitalisme: l’exploitation, la spoliation, la répression et le mépris.

encuentro-París-13-300x168Résister à l’enfermement, c’est s’attaquer à la société capitaliste qui le produit. Toute critique contre cette société qui privilégie ceux qui d’en haut font les lois ne peut omettre la question de l’utilité et de la fonction des ces institutions répressives. Les programmes des gouvernants terrifiés cherchent à améliorer leurs politiques de sécurité nationale, de contrôle social, et gaspillent des millions dans la construction de toujours plus de centres d’enfermement ; la menace de la prison constitue la réponse qu’ils donnent à toutes celles et tous ceux qui représentent un danger pour le système capitaliste. Ainsi nous ne sommes pas surpris par le fait que les premier-es à qui est destiné l’enfermement soient les migrants, les précaires, les travailleurs-euses sexuels, les chômeurs, les travailleurs-euses en lutte, les syndicalistes, les jeunes des quartiers oubliés et harcelés par la police, les indigènes, les squatters, les paysans, celles et ceux qui protestent et critiquent les lois et politiques répressives -comme le montrent les événements survenus le 1er décembre au cours de la prise de pouvoir de Enrique Peña Nieto, dont la répression a entraîné 90 arrestations et où notre compañero Kuy a été gravement blessé, luttant aujourd’hui pour sa vie ; ou comme sur la ZAD, Zone À Défendre, à Notre-Dame-Des-Landes, en France, où Cyril et « J » ont été enfermés pour s’être opposés à la construction d’un aéroport sur une zone agricole ; avec solidarité et fraternité nous n’oublions pas la persécution dont sont victimes celles et ceux qui résistent dans toute l’Italie à la construction d’une ligne à grande vitesse dans le Val de Suze ; nous n’oublions pas non plus Marina et Alberto, deux des cinq compañeros condamnés après les manifestations anti-G8 à Gênes en 2001, et encore emprisonné-es, compañeros qui ont payé par l’enfermement le libre exercice de leur rébellion ; ou encore le cas de Marco Camenisch, prisonnier depuis 20 ans, entre les prisons suisses et italiennes pour son engagement dans la lutte anti-nucléaire et contre la destruction de l’environnement. Nous voulons aussi mentionner les prisonnier-es réfugié-es et exilé-es du peuple basque, et nous dénonçons les gouvernements espagnols et français pour leur harcèlement, ainsi que celui de leur famille. Nous n’oublions pas les accusés du 4F, prisonnier-es de l’État espagnol pour une agression qu’ils n’ont pas commise. Comme nous ne pouvons pas oublier les prisonnier-es de la guerre sociale, ainsi que les antifascistes grecs persécutés et harcelés. Nous n’oublions pas la coopération qui existe entre les États pour extrader des compañeros et compañeras militant-es, où qu’ils soient.

Nous n’oublions pas non plus les compañer@s qui subissent une persécution pour le délit d’être anarchistes, comme dans le cas de Matt Duran, Kteeo Olejnik et Maddy Pfeiffer. Nous n’oublions pas les détenu-es de ce qui est appelé la guerre contre la drogue, pas seulement aux États-Unis ou au Mexique, mais dans le monde entier.

Nous ne pouvons pas ne pas mentionner le compañero Mumia Abu Jamal emprisonné depuis plus de 30 ans par le gouvernement des États-Unis. Nous n’oublions pas le cas emblématique des prisonniers politiques indigènes, comme Leonard Peltier, membre du mouvement indigène américain (AIM) qui sera enfermé depuis 38 ans le 6 février prochain aux États-Unis, pour avoir lutté pour les droits de son peuple.

Nous n’oublions pas non plus tou-tes prisonnier-es politiques mapuches, persécuté-es par le gouvernement chilien, après une vague de répression systématique toujours en cours. Ils sont les victimes modernes de 520 ans de colonisation, comme le sont les compas de la Sexta détenus au Mexique. La rébellion ne sera jamais un crime, et même si le mauvais gouvernement applique ses lois pour persécuter et harceler ceux qui luttent, il n’y a pas de raison qu’il en soit ainsi et il n’en sera pas ainsi. Pour ne pas oublier chacun-e des prisonnier-es de la guerre sociale, nous appelons la Sexta à se solidariser et à participer à la journée internationale pour les prisonnières et les prisonniers politiques le 17 avril 2013, journée initiée pour ne pas oublier la résistance du peuple palestinien dont nous n’oublions pas non plus les prisonnier-es. Initiative qui a été reprise et alimentée par les compas kurdes, basques, kanaks, sahraouis, et qui continue à s’étendre aux prisonniers politiques révolutionnaires d’autres parties du monde.

Compañeras et compañeros, d’ici, nous continuons à apprendre et à être surpris-es par les frères et sœurs zapatistes, leurs poings levés, leur silence assourdissant, nous continuons à penser et à sentir l’envie d’avancer, et de ne laisser personne sur le chemin. Aujourd’hui, ici, lors de ces rencontres, nous nous sommes écoutés, nous avons partagé nos douleurs et nos rages, et nous ne voulons pas laisser passer l’occasion de saluer les compañeros et compañeras zapatistes, Francisco Sántis López qui est aujourd’hui avec ses compas et sa famille, aux prisonniers et prisonnières : Juan Díaz López, Rosa López Díaz, Alfredo López Jímenez, Pedro López Jiménez, Juan López González, Juan Collazo Jiménez, Benjamín López Aguilar, Alejandro Díaz Sántiz, Antonio Estrada Estrada, Miguel Vásquez Deara, Miguel Demeza Jiménez, Enrique Gómez Hernández. Nous somme attentifs à la résolution et la révision des cas d’Alberto Patishtan Gómez, Rosario Díaz Méndez et Álvaro Sebastián Ramírez, qui à cause de l’arbitraire et de l’impunité sont toujours prisonniers.

  • Nous saluons le compañero Kuy, espérant qu’il aille mieux et nous lui envoyons 3000 pesos pour ce dont il a besoin, argent collecté au cours de ces rencontres.
  • Nous saluons les prisonniers et les prisonnières de la guerre sociale où qu’ils et elles soient
  • Nous ne sommes pas tou-tes là, il manque les prisonnières et les prisonniers !
  • Abattons les murs des prisons !

En solidarité : CafeZ, Liège, Belgique Caracol Zaragoza – Réseau de personnes pour l’autonomie zapatiste, État espagnol CAREA e.V., Allemagne CGT, État espagnol Collectif de soutien aux luttes mexicaines, Nancy France Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte, Paris, France Comité Ojo Alerta, Allemagne Gruppe B.A.S.T.A., Münster, Allemagne LA PIRATA composée de : Nomads, Nodo Solidale, Colectivo Zapatista Marisol, Lugano, Italie et Suisse Les Trois Passants, France Mut Vitz 13, France Plataforma de solidaridad con México y Guatemala de Madrid, État espagnol Plataforma Vasca de Solidaridad con Chiapas, Pays basque Red Ya-Basta-Netz, Allemagne Secrétariat international de la CNT, France UK Zapatista Solidarity Network, Royaume-Uni Union syndicale Solidaires, France Ya Basta Milan, Italie

Reçu par mail, le 10 février 2013 (Sourceenlacezapatista, 08/02/2013)

[Mexique] Libération du compagnon zapatiste Francisco Sántiz López

Francisco Sántiz López, base d’appui de l’EZLN: LIBRE !

libresantiz

Compañeros et compañeras

Nous sommes très ému-e-s suite à l’annonce de la libération du compañero base d’appui zapatiste Francisco Sántiz López. Beaucoup d’entre nous n’avons pu être présent-e-s pour l’accueillir personnellement à sa sortie, mais nous le sommes par le coeur et le poing levé.

Nous avons appris la nouvelle par les compañeros et compañeras qui l’ont accompagné et qui ont exprimé la joie de NOUS TOU-TE-S, c’est-à-dire de chaque adhérent-e de la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandonne au niveau planétaire, de chaque personne de bon coeur qui s’est unie à nous par son humble action pour exiger justice durant ces 417 jours d’arbitraire.

« Avec le coeur rempli de joie nous embrassons celles et ceux qui sont loin, mais qui comme toujours sont proches »

Red contra la Represión y por la Solidaridad. (Réseau contre la Répression et pour la Solidarité)

Traduit par les trois passants -Merci à Valérie pour les corrections

Voir d’autres infos

[Mexique] Résistance zapatiste au Chiapas: occupations de plusieurs places centrales dans plusieurs villes – 21 décembre 2012

En silence, plus de 40 mille zapatistes se mobilisent dans 5 municipalités du Chiapas

En silence, ils occupent les places centrales d’Ocosingo, de San Cristobal de Las Casas, de Palenque, d’Altamirano et de Las Margaritas.

Puis ils disparaissent de façon ordonnée.

Ocosingo, Chiapas, 21 décembre. Plus de 40 mille bases d’appui zapatistes ont marché ce matin en silence dans cinq villes du Chiapas. Il s’agit de la mobilisation la plus importante de cette organisation depuis le soulèvement de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), le premier janvier 1994.

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Originaires des cinq caracoles* zapatistes de la forêt Lacandone, de la zone de Los Altos et de la zone nord, les peuples mayas en rébellion (tzeltales, tzotziles, choles, tojolabales, mames et zoques) du Chiapas ont occupé les places centrales d’Ocosingo, San Cristóbal de Las Casas, Palenque, Altamirano et Las Margaritas et cela dans un silence complet à chaque endroit où ils étaient présents.

À 6h30, près de 6 mille indigènes zapatistes, en majorité des jeunes, se sont concentrés dans les environs de l’Université de la Selva, près de la zone archéologique de Toniná. De là, ils ont marché vers le parc central d’Ocosingo, où ils sont restés pendant trois heures en face du bâtiment du conseil municipal, qu’il y a 19 ans les insurgés et les miliciens de l’EZLN avaient pris par les armes après avoir déclaré la guerre au gouvernement mexicain.

002n1pol-3_miniCette fois, l’action a été civile et pacifique et les seuls qui ont parlé, ce sont les poings gauches levés de tous les zapatistes quand ils sont montés en ordre sur une estrade installée pour l’occasion. Vers 10h30 les derniers manifestants ont abandonné la place et sont retournés dans la forêt.

De la même façon, dans les autres endroits mentionnés les zapatistes ont placé des estrades où ils sont montés le poing levé, lors d’un défilé d’un impressionnant silence.

A San Cristóbal de Las Casas environ 20 mille hommes et femmes zapatistes ont marché. Selon des rapports, au moins 7 mille indigènes se sont réunis à Las Margaritas, et 8 mille à Palenque. À Altamirano le chiffre est inconnu. Conformément au témoignage d’un chauffeur de la zone d’Ocosingo, du Caracol de La Garrucha, le double d’indigènes aurait pu venir mais il n’y a pas eu suffisamment de véhicules pour les transporter, raison pour laquelle seulement 6 mille personnes se sont déplacées.

Les jeunes et les femmes étaient particulièrement nombreux.

Durant ces dernières semaines, de manière intermittente, le site web « Lien Zapatiste » (Enlace Zapatista) annonçait la publication d’un « message » du Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène, Commandement Général de l’EZLN, ainsi que des commissions Sexta et de la Sexta Internationale. On pense que ces communications pourraient se faire connaître bientôt, mais ce n’est pas encore le cas.

À la date où plusieurs imprudents dans le monde ont cru que le monde se terminerait, selon l’interprétation opportuniste des « prophéties » (en réalité, des calculs mathématiques) des anciens Mayas, les communautés bases d’appui de l’EZLN, appartenant aux peuples mayas contemporains qui, dans ces langues se nomment « les véritables Hommes », ont réalisé, le visage couvert, une puissante démonstration de force et de discipline, parfaitement alignés sous la pluie tenace, inhabituelle à cette époque de l’année, qui a accompagné les mobilisations dans les différentes régions pendant toute la matinée.

Habiles pour « apparaître » tout d’un coup, les rebelles indigènes ont « disparu » aussi proprement et silencieusement qu’ils étaient arrivés à l’aube, dans une ville qui, deux décennies après l’irruption traumatique de l’EZLN lors du nouvel an 1994, les a reçus cette fois avec étonnement et curiosité, sans aucune expression de rejet. Sous les arcs de la mairie, qui a suspendu aujourd’hui ses activités, des dizaines d’habitants se sont réunis pour photographier avec leurs téléphones portables et leurs appareils photo la concentration spectaculaire des hommes et des femmes cagoulés qui ont rempli à ras bord le parc comme dans un jeu de Tetris, avançant entre les jardinières avec ordre, comme dans une chorégraphie, pour monter sur l’estrade mobile installée avec rapidité depuis tôt le matin, pour lever le poing et pour dire, silencieusement, nous sommes toujours là.

Encore une fois.

* Les Caracoles (les « escargots »): lieux ou structures d’autogouvernement, points de convergence, qui sont rattachés à cinq zones territoriales. Il existe cinq caracoles : La Realidad, Oventik, La Garrucha, Morelia, Roberto Barrios.

Traduit par les trois passants

Merci Valérie pour les corrections

Source: Journal La Jornada, 22 décembre 2012

Vidéo: En silence, les zapatistes occupent les places centrales:

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COMMUNIQUÉ DU COMITÉ CLANDESTIN RÉVOLUTIONNAIRE INDIGÈNE:

COMMANDEMENT GÉNÉRAL DE L’ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE MEXIQUE

21 DÉCEMBRE 2012

À QUI DE DROIT : AVEZ-VOUS ENTENDU ?

C’est le bruit de votre monde qui est en train de s’écrouler.

C’est celui du nôtre qui est en train de ressurgir.Le jour qui a été le jour était de nuit.

Et de nuit sera le jour qui sera le jour.

DÉMOCRATIE !LIBERTÉ !JUSTICE !

Depuis les montagnes du Sud-Est du Mexique.

Pour le Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène – Commandement Généralde l’EZLN

Sous-commandant Insurgé Marcos

Mexique, Décembre 2012

Traduit par Les trois passants et ami-e-s

Source: Enlace Zapatista, 21 décembre 2012

Transmis par mail, le 23/12/2012