[Publication] Résistons ensemble n°119 – Mai 2013

La tradition de la haine

Il y avait du monde, une foule énorme excitée qui découvrait les joies de s’approprier la ville, d’affirmer sa puissance. La plupart de ceux qui manifestent le font pour la première fois. Sous les banderoles pour la défense de la « famille traditionnelle », se sont retrouvés partis de droite, organisations catholiques et musulmanes, extra et ultra droites fascisantes et islamophobes. Mais l’ampleur de la mobilisation était plus importante que la clientèle habituelle des organisateurs. Une foule qui puait la haine. Au-delà du rejet du projet de loi sur le « mariage gay », c’est leur volonté de s’accrocher au vieux monde, aux préceptes de la religion, de rejeter l’Autre qui les réunissait. Ces gens, dont l’écrasante majorité vit, en dépit de – ou grâce à – la crise, dans l’aisance, sinon dans la richesse, osent dénoncer, d’une manière démagogique, le chômage et la baisse du pouvoir d’achat.

La Ve République s’enfonce dans les marécages. Dans les années 1920-30 en Allemagne et en Italie c’était pareil. Ce sont les Républiques « démocratiques », la gôche impuissante qui a ouvert la voie à Mussolini et à Hitler.

Alors le fascisme est déjà là ? Non. Les groupes paramilitaires néo-nazis ne paradent pas en France en uniforme noir comme en Grèce ou en Hongrie. Mais à ce rythme-là ça risque d’aller vite. C’est quand même la première fois depuis les mouvements pour l’« Algérie française » que l’extrême droite fascisante « non parlementaire » a pu s’intégrer à une mobilisation massive, englobant bourgeois et Églises… Une mobilisation qui a aussi permis à nombre d’activistes d’extrême droite de se rencontrer et de tisser des liens durables qui seront déterminants dans les prochaines années : il faudra compter sur leur présence régulière dans la rue.

La rue est à nous, affirmaient y compris face à la police des centaines de milliers de manifestants, le « sang va couler » a osé cracher tranquillement leur égérie Frigide Barjot. Il ne faut pas se leurrer, face à eux il n’y a rien à attendre des partis de gôche, exsangues et paralysés par l’ivresse et la corruption du pouvoir.

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[Grèce] Plus de 60 arrestations lors d’une action de solidarité avec les médias libres (censurés par l’Etat grec) – Athènes, 24 avril 2013

Athènes : arrestations lors d’une action solidaire avec les médias bâillonnés, Indymedia Athènes et la radio 98FM

Le matin du 24 avril, une pancarte géante a été accrochée rue Panepistimiou, en plein centre d’Athènes, dans le cadre des actions de solidarité avec les médias de contre-information qui ont été récemment bâillonnés par l’État grec avec l’aide du recteur de l’Université Technique Nationale d’Athènes, Simos Simopoulos. La pancarte dit : “Hausse le ton, lutte contre la censure de l’État, Athens.indymedia.org & Radio98fm.org”, et un drapeau rouge et noir a été mis sur l’immeuble à la place du drapeau national.

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 Quelques heures après les escadrons anti-émeutes MAT et les voltigeurs ont encerclé l’immeuble. Plus de 30 compagnon-ne-s qui participaient à l’intervention solidaire ont été arrêté-e-s par la police et transféré-e-s au quartier général de la police (GADA) sur l’avenue Alexandras.

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Il y a un appel à un rassemblement solidaire à l’extérieur du GADA.

Vers 15:30 on décomptait 69 détenus à GADA (y compris deux touristes français qui ont été arrêtés alors qu’ils regardaient ce qui se passait ). 10 détenus se trouveraient en cellule, alors que le reste des arrêtés est au 7° étage. Ainsi, les détenus ne sont pas tous ensemble, et n’ont pas pu communiquer avec les avocats jusqu’à maintenant. Quelques 200 personnes se sont rassemblées devant les portes de GADA.

mise à jour (25-04):

Vers 21h les groupes de détenus étaient libérés progressivement de GADA, pendant qu’à l’extérieur le rassemblement solidaire était toujours là. Cependant les flics avaient toujours 6 compagnon-ne-s séparés des autres. Les contrôles d’identité continuaient. Le groupe de personnes détenus dans GADA a écrit un communiqué en solidarité avec les 6 compagnon-ne-s.

Vers 22h30 on nous a informé que 63 personnes ont été libérées de GADA. Cependant les 6 compagnon-ne-s resteront en cellule toute la nuit et vont faire face à des charges pour délits mineurs (ils sont accusés d’avoir insulté un symbole national) et passeront devant le procureur ce jeudi matin.

Indymedia Athènes et  98fm appellent à une manifestation solidaire :
Jeudi, 25 avril à 18:00 depuis Monastiraki, Athènes.

Source: Contra-info, 24/04/2013

Grèce: interpellations de manifestants après la fermeture d’une radio contestataire

ATHENES — Soixante-trois personnes ont été interpellées mercredi après avoir remplacé le drapeau grec sur le toit de l’Université d’Athènes par un drapeau anarchiste rouge et noir pour protester contre la fermeture de la radio du site internet d’informations alternatif Indymedia, a-t-on appris de source policière.

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Un groupe de jeunes est entré en début d’après-midi dans le bâtiment, situé au centre de la capitale grecque. Après avoir hissé un drapeau rouge et noir, ils ont installé une banderole géante sur la façade de l’Université, proclamant en anglais: « Raise your voice – Fight against state censorship » (Haussez le ton, luttez contre la censure étatique, NDLR).

La radio contestataire de la mouvance anti autoritaire du site Indymedia avait été fermée la semaine dernière par le procureur d’Athènes sur demande du recteur de l’Ecole polytechnique, après qu’un professeur eut dénoncé avoir été insulté par la radio.

Les autorités grecques ont à plusieurs reprises dans le passé fermé le site Indymedia Athènes, considéré comme un nid de la mouvance anarchiste ou d’extrême gauche en Grèce, et ayant publié les nombreux textes de revendication des différents attentats, fréquents dans le pays, intervenus ces dernières années contre personnalités, banques ou établissements publics.

Mercredi après-midi, le site internet fonctionnait, mettant en ligne des images de la banderole apposée sur la façade de l’université.

Leur presse – AFP, 24/04/2013

[Chili] Actualisation judiciaire sur les anarchistes arrêtées le 28 mars dernier à Temuco

 

Chili : Actualisation judiciaire sur les compagnonnes du 28M de Temuco

Salutations indomptables à distance, salutations sauvages à tous/toutes pour diffuser la situation des filles prisonnières ici dans la prison de Temuco.

Pour saluer et remercier de la solidarité démontrée, nous voulons laisser quelques informations actualisée du procès judiciaire qui va venir pour les trois filles accusées* de “détention, pour leur fabrication, d´explosifs et placement de ceux-ci”:

-La défense des filles (2 avocats particuliers et un commis d’office) n’a rien pu faire jusqu’à présent par rapport aux vérifications du dossier, parce que le bureau du procureur fait retarder sa remise à la défense pour vérifier les preuves, les déclarations, les prélèvements de sang et les expertises réalisées jusqu’à présent par la Dipolcar et l’OS-9.

-Nous comprenons que cette situation est un subterfuge utilisé par l’État afin de pouvoir ainsi retarder un possible appel par rapport à la prison préventive des filles qui nous le rappelons est de 5 mois. Cette situation nous l’avons déjà vu dans d’autres montages comme le “Caso Bombas” ou bien les compagnons du “Caso Security”, qui jusqu’à aujourd’hui n’ont pas reconnu les délits dont ils sont accusés.

Jusqu’à maintenant c’est l’information que nous voulions faire passer, nous espérons qu’elle sera diffusée a travers les différents médias de contre-information, nous comptons sur eux comme outils de diffusion et d’attaque.

Salutations fraternelles à distance.
Liberté sans conditions pour Roxana, Yaritza et Ariadna !!
Nous sommes partout, hurlant pour la liberté !!

* NdT : Les deux autres personnes incarcérées, Silvana et Jota Pe, accusé-e-s de trafic de stupéfiant, ont obtenu le 5 avril l’assignation à résidence nocturne le temps de l’enquête (3 mois).

 

 Traduit de l’espagnol (blog de soutien aux anarchistes chilien.ne.s  arrêté.e.s le 28/03/2013 à Temuco) par Contra-info, 22/04/2013

[Grèce] Répression contre plusieurs médias de contre-information depuis le 11 avril 2013

La répression ne passera pas !

Trois médias grecs de contre-information et anti-autoritaires, athens.indymedia.org98FM et Radio ENTASSI subissent la répression d’état depuis le 11 avril 2013. La prestation d’internet était « interrompue » après des pressions du procureur général.

Durant cette période où toute la société souffre de la répression économique, politique et sociale, quelque soit l’échèle de la résistance, les luttes ouvrières réaniment et donnent l’espoir, transmettent la flamme révolutionnaire, inspirent et sèment des idées radicales qui vont bouleverser et renverser ce monde d’exploitation …

Maintenant que le vrai terroriste, l’État et tout ce qui le constitue, est menacé par les résistances sociales, il essaie d’imposer de manière violente un obscurantisme communicatif à travers les mass médias statutaires sans précédant.

Mais le musèlement et la répression que les médias alternatifs et antiautoritaires subissent ne resteront plus dans l’ombre.

Notre réponse sera plus forte que les célébrations fascistes et autoritaires. Les médias alternatifs sont à nous, ils sont la voix de nos luttes qui nous montrent le chemin pour créer un autre monde, un monde comme nous le voulons.

Pour plus d’infos : indymedia.squat.gr

Pour accéder à Indymedia Athènes ici

Source: Contra-info, 11 avril 2013

« La censure à l’époque de la junte du mémorandum et du capitalisme…ne va pas écraser la contre-information !

Les efforts de la censure et de la suppression, c’est une histoire qui date depuis longtemps… Des interpellations des fascistes au Parlement, jusqu’ aux menaces et aux extrajudiciaires de « O.T.E » ; des répressions évidentes et des moyens pègres comme des black-out pendant les week-ends et avant les manifestations importantes… Toutes ces années depuis 2008 jusqu’aujourd’hui, ils n’ont pas réussi à fermer athens.indymedia et ils ne réussiront jamais.

Cette fois-ci, c’est un « homme d’affaires » et un recteur. Un chasseur d’argent sans scrupules qui a fait une grande fortune à travers des arnaques immenses (Alafouzos) et un mec aléatoire et transitoire qui accepte le bradage de la Connaissance pour le profit des patrons. Un « universitaire » qui n’hésite pas à bafouer tous les droits de la liberté de s’exprimer et d’échanger des idées, les éléments qui constituent l’asile social, lequel on va défendre à tout prix. Cet infâme petit commis se joint avec les assassins de tout un peuple et conduit l’empêchement de toute revendication sociale et du travail, en ignorant ostensiblement le soutien aux moyens d’anti-information par des organisations d’étudiants. Un soutien qui a pris même la forme des résolutions sur les étudiants… Digne donc de son salaire…

Alors, aujourd’hui il est évident que l’Etat montre ses muscles et qu’il réprime toute sorte de lutte et de révolution (comme les luttes ouvrières, les actions en matière d’environnement et les espaces occupés autogérés) en censurant tous ceux qui ne sont pas soumis à ses désirs ou qui révèlent la humiliation sociale de nos jours, pour une soumission totale de toute la société.

Aujourd’hui, il est plus important que jamais pour le pouvoir, les patrons, les gouvernementaux et les autres porte-paroles de la troïka et du mémorandum que l’horreur de la propagande gouvernementale domine, comme il est présenté par la télé, la presse et les radios du régime. Aujourd’hui, pour l’Etat c’est de grande importance de museler toute liberté d’expression, tout échange des idées radicales et perturbatrices en espérant d’empêcher les résistances de ceux qui n’acceptent pas discrètement le destin qu’ils leur accordent.Leur but ultime, mais aussi leur espoir vain est de freiner et déranger toute sorte de discussion, de rêvé et d’action vers une organisation différente de l’expression et du lutte de la société. Mais ils ne vont pas le réussir, comme ils ne l’ont pas fait avec ses efforts précédents.

Athens.indymedia est composé de ses utilisateurs qui informent et s’informent pour la lutte des classes sociales qui se déroule aux sociétés capitalistes du monde entier. La censure et la suppression ne nous empêchent pas, mais contrairement elles nous renforcent. En tant qu’équipe d’administration d’athens.indymedia on fait de notre mieux pour que l’effort de la publication et de la promotion des luttes et des résistances sociales soient maintenus. Pour l’instant et jusqu’à ce qu’on revient sur internet, il y a des moyens alternatifs d’accès à la contre-information par le site web indymedia.squat.gr mais aussi normalement via le réseau Tor sur l’adresse gutneffntqonah7l.onion.to. On continue nos efforts et dans peu de temps, athens.indymedia.org va continuer sa fonction, en continuant de revendiquer le droit d’utilisation du réseau public croyant fermement que n’importe quoi de public appartienne à la société et pas au pouvoir, à l’état et au capital. On ne va pas autoriser leur joie pour la suppression. On ne va pas leur autoriser à ravager les ressources publiques qui nous appartiennent ! On ne va pas rester silencieux et se soumettre à aucune suppression, à aucune censure, même s’il s’agit de notre « exil » et de la recherche d’un terrain plus propice dans un autre lieu d’accueil !

La contre-information ni se muselle, ni se censure, ni se réprime !

La lutte des classes ne va pas être freinée par des petits commis amenés par l’argent et les régimes de la suppression !

L’équipe d’administration d’Athens.Indymedia.org

Traduction du grec envoyée par mail, 16/04/2013

[Tract] R.A.D. pourquoi nous refusons de participer à notre propre répression

« Rien à déclarer » : pourquoi nous refusons de participer à notre propre répression

Cela fait maintenant deux ans qu’une enquête pour « diffamation publique envers des fonctionnaires publics » et « incitation à la commission d’une atteinte à la personne non suivie d’effet » est ouverte, et ce contre le tract Correspondants de nuit : des agents de proximité de la guerre aux pauvres, publié fin 2010 sur Indymedia et repris ensuite sur plusieurs sites, dont Non Fides et Retour à Belleville, mais surtout diffusé massivement dans plusieurs quartiers du Nord-Est parisien.

Dans le cadre de cette enquête, nous avons reçu de nombreuses convocations (courriers simples puis recommandés et appels de la police judiciaire sur les téléphones portables) que nous avons choisi d’ignorer, des proches ont également été convoqués et interrogés.

Suite à ces refus de collaborer au boulot des flics, ceux-ci décident de procéder à deux perquisitions, d’abord chez Dan le 15 mai 2012, puis chez Olivier le 22 janvier 2013, lors desquelles ils nous ont volé ordinateurs, clés USB et disque dur externe. Jusque-là, nous n’étions pas mis en examen, mais aujourd’hui, la juge Maïa Escrive nous convoque pour une « première comparution en vue d’une mise en examen ».
Olivier est accusé d’avoir publié le tract sur Non Fides. Dan de l’avoir publié sur Non Fides et sur Retour à Belleville, et d’en être l’auteur.

Un cérémonial cousu de fil blanc auquel nous refusons de participer, et ce pour plusieurs raisons :

• Tout d’abord, parce que cette juge et son bras armé de la BRDP, font régulièrement équipe dans toutes sortes d’affaires de diffamation concernant de misérables people et autres racistes patentés, tant de cas dans lesquels la question de la « liberté d’expression » revient sans cesse. Mais que les choses soient claires : en tant qu’anarchistes nous ne sommes pas intéressés par ce débat, car pour nous la liberté n’est pas une question de concession du pouvoir, sous la forme du droit, ni la liberté au sens libéral et bourgeois du terme, conjugable, négociable et divisible à l’infini. 
En somme, il est tout a fait hors de question pour nous de discuter avec un juge de ce que nous aurions ou non le droit d’écrire ou de diffuser.

• Ensuite, nous savons très bien de quoi cet interrogatoire serait fait : des questions juste pour la forme, et un refus de répondre à quoi que ce soit. Nous n’avons rien de plus à dire à une juge que ce que nous avons à dire aux flics, à savoir : « rien à déclarer ».

• Aussi parce que nous savons que cette affaire n’est qu’un prétexte de plus pour les flics et la justice de nous emmerder, après nous avoir jetés quelques mois en prison en 2011 pour une autre affaire, et quelques trois années de divers contrôles judiciaires quasi-ininterrompus, qui font que nous ne pouvons théoriquement ni nous voir, ni sortir du territoire, que nous devons en principe pointer chaque semaine au commissariat et payer une rançon de 4000 € à l’Etat. Toutes ces mesures (qui nous touchent nous comme elles ont frappé d’autres camarades avant nous et des dizaines de milliers de personnes un peu partout) ont pour objectif de nous briser, en nous isolant l’un de l’autre et en nous isolant d’un mouvement, mais aussi de casser des dynamiques de lutte. 
Tout cela alors qu’un jugement, notamment pour « destructions ou dégradations par l’effet d’une substance explosive, d’un incendie ou de tout autre moyen de nature à créer un danger pour les personnes », « dégradations de biens en réunion » (et sa cohorte de refus de signalétique et de prélèvements biologiques) menace toujours de tomber d’un jour à l’autre, procès qui visera au total une bonne dizaine de personnes, dans le cadre de la lutte contre la machine à expulser à Paris.

• Enfin, il serait dégradant, à chaque fois que nous sommes sifflés à la niche “Palais de Justice”, d’accourir servilement en remuant la queue.

Pour toutes ces raisons-là, nous ne nous présenterons pas à la convocation prévue pour ce 13 mars au TGI de Paris, en tout cas pas de notre plein gré.

Ces quelques lignes n’ont pas pour but de soulever l’indignation, ni de crier à la répression de « nos médias libres », ni de pointer les projecteurs sur quiconque.

Ce modeste tract, nous nous foutons bien de savoir qui l’a écrit, nous laissons cette vilaine tâche aux assassins qui gouvernent, qu’ils soient en costard, en soutane, en toge ou en uniforme, mais nous en partageons le contenu et la volonté de le diffuser. Comme nous affirmons notre volonté de diffuser toute invitation à la révolte contre les rapports de domination qui régissent ce monde, car nous refusons de laisser la guerre sociale à ceux qui la mènent contre nous.

Vive l’anarchie.

Le 6 mars 2013,

Olivier et Dan.

Source: non-fides, 7 mars 2013

[Contre-info] Le Réveil.ch est de retour sur la toile

Chers amis de l’information citoyenne et engagée, bonsoir ! Après une (très) longue pause de réflexion, l’éternel brouillon de projet éditorial du Réveil reprend sa route pour poursuivre son rôle civique de bastion de la démocratie. Fini les enfantillages, les éternels Ⓐ cerclés, les poussiéreux délires sur la lutte des classes et la dangereuse promiscuité avec les squatteurs de tout poil : Ne vivons-nous pas dans le meilleur pays du meilleur des mondes ? Après l’indignation, c’est le moment de l’engagement, parce que caillasser les flics ne fait qu’affaiblir nos revendications, et puis quand tu te penches pour ramasser un pavé, on risque de voir dépasser ta culotte.

Trêve de plaisanteries. Après moult discussions, énormément de doutes et quelques mois de repos bien mérités durant lesquels le comité éditorial s’est livré à toutes sortes de distractions bourgeoises, nous avons modestement constaté que l’encéphalogramme de la presse romande était resté irrémédiablement plat en l’absence de nos précieuses contributions. Nous avons ainsi décidé de dépasser certaines de nos contradictions – et d’ignorer les autres – afin de remettre sur les rails votre webzine préféré.

D’un coté, sortir d’une dynamique auto-référentielle est une exigence que nous ressentons fortement en ce moment. Nous souhaitons donc un site qui soit un outil de propagande qui élargisse la participation à cette perspective de rupture qui nous tient à coeur. De l’autre coté nous tenons à créer un journal qui ne se limite pas à relayer acritiquement nos initiatives et celle de nos camarades, mais qui soit un instrument stratégique qui nous permette de faire avancer les discours et les pratiques, créer des imaginaires et des langages partagés. Le défi est de devenir un vrai média sans commencer pour autant à faire du journalisme; faire de l’information sans pour autant devoir recentrer notre neutralité sur la moyenne des opinions de notre milieu. Ce qui n’es pas rien. Autrement dit, on voudrait un journal qui vit dans les luttes, pour les luttes et par les luttes, car ça sonne bien et ça fait très ultragauche.

Un site de plus en plus autoritaire

 La dérive mao-dadaïste du collectif rédactionnel nous a fait supprimer le bouton « Contribuer », que vous aviez adoré sur l’ancien site. Plusieurs raisons à cette suppression : la première est que nous assumons un stalinisme de plus en plus décomplexé quant au choix de publication d’articles. La seconde, c’est parce qu’en deux ans d’activité nous n’avons reçu presque que des relais des habituels articles qui inondent tous les Indymedias francophones. Ce nous a poussé à abandonner toute velléité d’être un média participatif. Si jamais vous vous sentez piqué au vif et que vous avez une soudaine envie d’écrire, de faire paraître un communiqué ou de nous transmettre quelque info, vous pouvez maintenant nous envoyer vos contributions via email à redaction@lereveil.ch

Fonctionnement pratique

 L’habillage graphique du Réveil a complètement changé et une magnifique bannière réalisée par tanxxx vous souhaite désormais la bienvenue. Dans la colonne de droite, vous trouverez la transcription de nos tweets, 140 caractères avec lesquels on stalke les politiciens et les journalistes romands, on commente l’actu et on étale nos délires de jeunes révolutionnaires en guerre contre le capitalisme tardif. En les lisant directement sur le site, et en évitant donc d’aller sur l’impopulaire Twitter, vous pourrez continuer à vous présenter comme ‘anti-capitaliste’ la prochaine fois que vous allez boire une binche dans une cave à keupons. Dans la colonne centrale, se retrouvent des contributions originales et des reportage réalisés exprès pour le Réveil, par le Réveil et dans le Réveil. On a voulu mettre un accent particulier sur les nouvelles locales, étant donné l’état pathologiquement embedded de l’actu romande. Vous trouverez donc les brèves de Genève et ses alentours dans la colonne de gauche (qui parfois passe à droite). Finalement, l’agenda vous aidera à sortir de votre trou et à gagner la rue. Oui, oui, on sait que la révolution sera sur YouTube et se déroulera derrière des écrans, mais c’est toujours sympa de rejoindre le monde réel de temps à autre. Si vous avez un événement pétillant et/ou subversif à insérer dans l’agenda vous n’avez qu’à écrire à redaction@lereveil.ch, mais on le dit juste pour être polis car on sait que vous le ferez jamais, bande de bras cassés !

Voilà, que l’aventure recommence! Mais tout doucement, car seule la paresse est révolutionnaire.

Le Réveil.ch 2.0, 24 septembre 2012

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