[Belfort] Révolte à la prison – 2 novembre 2012

Rébellion de treize détenus à la maison d’arrêt

Un mouvement de rébellion s’est produit vendredi à la maison d’arrêt de Belfort. Les responsables de l’établissement ont dû faire appel à un groupe d’intervention spécialisé pour rétablir l’ordre. On déplore quelques dégâts mais pas de blessé.

Pour le moment, on ne connaît pas les causes précises d’un mouvement d’humeur survenu à la maison d’arrêt de Belfort, vendredi 2 novembre. Réaction épidermique après une sanction, une injonction, ou sentiment d’injustice ? L’histoire ne le dit pas. Seule certitude : il semble qu’un des détenus a bénéficié, lors d’un parloir sauvage, du « parachutage » illicite de cinq fioles de cinq centilitres d’alcool.

Vers 17 h, à l’issue de la promenade, treize détenus ont refusé de réintégrer leur cellule, malgré l’insistance des surveillants. Le directeur adjoint, Kamel Zerrougi, a donc tenté une mission de bon office pour débloquer la situation. Il leur a expliqué les conséquences de leurs agissements sur des mesures de réduction de peine, de liberté provisoire ou de semi-liberté.

Le ton a monté. La tension devenait palpable. Des insultes ont été proférées. La médiation ayant échoué, la direction de la prison a alerté une des équipes de l’Eris de Strasbourg (équipe régionale d’intervention spécialisée). Les Eris sont opérationnelles depuis novembre 2003. Elles ont été créées par Dominique Perben, alors ministre de la Justice, pour intervenir dans les prisons et prévenir des tentatives d’évasions violentes ou des révoltes.

Ces hommes de la pénitentiaires, aux allures de gendarmes du GIGN, sont entraînés pour maîtriser des détenus violents ou récalcitrants. Ils l’ont prouvé à Laon : l’Eris de Lille y est intervenue le 13 octobre, en milieu de journée, pour maîtriser vingt détenus armés de manches à balai.

On était loin de ce scénario à Belfort. À leur arrivée vers 20 h, dix hommes de l’Eris de Strasbourg se sont entretenus avec les détenus. « Leur intervention s’est déroulée sans heurt », indique Sébastien Tomezzoli, représentant de Force ouvrière à la prison de la Cité du Lion. « L’incident était réglé vers 20 h 30. Aucun blessé n’est à déplorer ni d’un côté ni de l’autre. »

Quelques dégâts sont cependant répertoriés. Une cabine téléphonique qui sert aux détenus pour appeler leur famille a été détruite. Une porte qui donne sur la cour de promenade a été dégradée. Les détenus ont tenté de détruire une caméra de surveillance qu’ils n’ont pu atteindre en raison de sa hauteur.

Selon une procédure devenue coutumière depuis quelque temps, le meneur, un homme âgé d’une vingtaine d’années, a été transféré vers une autre maison d’arrêt de la région.

Après cet incident, le syndicat FO Pénitentiaire pointe du doigt les carences chroniques de surveillants et les problèmes de surpopulation carcérale.

« Actuellement, ajoute le syndicaliste, il y a 42 détenus pour 42 places. Il suffit d’une comparution immédiate ou d’une exécution de peine pour connaître des difficultés. L’obligation de placer un matelas à terre dans une cellule peut générer des tensions. Nous avons alerté la direction interrégionale. Mais elle fait la sourde oreille. »

Leur presse – Le Pays.fr (Pascal Chevillot), 04/11/2012 à 19:40 

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