[Chili] La rage étudiante ne faiblit pas: la manif pour la gratuité scolaire se termine en émeute – 8 mai 2013

Ce 8 mai 2013, environ 80.000 étudiant.e.s chilien.ne.s (37.500 selon les flics) sont de nouveau descendu.e.s dans les rues en criant entre autre « l’éducation chilienne n’est pas à vendre » pour exiger une éducation gratuite et publique.

Le maire de Santiago, Antonio Peribonio, a déclaré lors d’une conférence de presse que 73 manifestant.e.s avaient été arrêté.e.s, dont 4 pour possession d’engins incendiaires et 1 autre pour avoir transporté un récipient qui semblait contenir de l’acide.  3 policiers auraient été blessés.

Vers la fin de la manifestation, des affrontements ont éclaté entre encapuchados et la police anti-émeute. Une barrière de sécurité a été brûlée et un journaliste de CNN Chili s’est fait agressé. Des commerces ont également été pillés.

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Des manifs ont eu lieu dans plusieurs villes à travers le pays, comme à Temuco, Concepcion, Valparaiso…

Une vidéo de la manif (via @rsumen on twitter):

La veille, mardi 7 mai, des encapuchados ont monté des barricades à travers les rues dans le secteur de l’université de Santiago (USACH).  Ils ont bloqué la rue Alameda (artère commerciale de Santiago) en mettant le feu à des barricades. Les flics sont intervenus en utilisant gaz lacrymo et canon à eau. S’étant réfugiés dans les locaux de la faculté, les émeutiers leur ont ensuite balancés différents projectiles.. On ignore s’il y a eu des arrestations.

Les 11 et 25 avril dernier, étudiant.e.s et lycéen.ne.s étaient également descendu.e.s dans la rue et les manifs s’étaient également terminées en affrontements.

Traduit librement de la presse chilienne, 07 & 08/05/2013

[Chili] Luttes étudiantes : au moins 30 manifestant.e.s arrêté.e.s à Santiago – 7 mars 2013

Ce jeudi 7 mars 2013, une journée de manifestations dans de nombreuses villes du pays, pour protester contre les coupes budgétaires, la hausse des frais de scolarité, la marchandisation du savoir… 

A Santiago, environ 300 étudiantEs et lycéenNEs se sont rassembléEs place d’Italie (centre-ville), et ce sans le soutien des organisations étudiantes et l’accord des autorités. Le rassemblement a été déclaré illégal par la police, qui n’a pas tardé à disperser la foule à coups de gaz lacrymos et canons à eau. Les manifestantEs ont répliqué en lançant des pierres et divers objets sur les carabiniers. Le colonel carabinier Hugo Insunza a déclaré que 30 personnes ont été arrêtées (pour la plupart des lycéenNEs) à l’issue de la journée mais aucune information n’ a été communiquée quant au nombre de manifestantEs et policiers blessés.  Il a également affirmé que la police a chargé la foule après avoir reçu des cocktails molotov.

Pendant ce temps, la ministre porte-parole du gouvernement, Cecilia Perez , a déclaré aux journalistes que « la marche a rassemblé très peu de personnes mais s’est exprimée avec beaucoup de violences ». Elle a affirmé également que la justice devra être intransigeante avec les jeunes arrêtéEs.

Des incidents ont eu lieu à plusieurs endroits dans le centre de la capitale et ont contraint les autorités à bloquer le trafic à certains moments.

Des manifestations ont également été organisées dans les villes de Valparaíso, Concepción et Valdivia.

A Valparaiso, selon les médias locaux, la manifestation a rassemblé environ 150 personnes, tandis que, à Valdivia, dans le sud du pays, impliquant des dizaines de jeunes, majoritairement étudiantEs.

Les jeunes ont commencé leurs protestations en mai 2011 avec des occupations d’écoles et des manifestations de masse.

Infos reformulées de la presse  (Reuters via lainformacion.com, 08/03/2013 à 03h25) via Alain Bertho

Photos et vidéo de la manif à Santiago de ce 07/03/2013:

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[Chili] Luttes dans les lycées et les facs: émeutes à Santiago et à Valparaiso – 11 octobre 2012

Jeudi 12/10/2012, une manifestation pour une éducation publique, laïque et gratuite a eu lieu dans le centre-ville de Santiago. Cette mobilisation a été convoquée en début de soirée (18h) par la centrale étudiante chilienne, la Confédération  des Etudiants Chiliens. Environ 60.000 personnes ont défilé dans les rues de la capitale chilienne selon les organisateurs (la police, à côté de la plaque comme à chaque fois, annonce 5.000 participant.e.s).

A la tombée de la nuit, des jeunes cagoulés (les encapuchados) ont commencé à attaquer des flics anti-émeute avec des pierres et des cocktails molotov. Les flics ont répliqué par des tirs de lacrymos et des canons à eau.

A 20h00, au moins 12 manifestant.e.s ont été arrêté.e.s selon les sources policières. Au même moment, plusieurs groupes d’encapuchados ont détruit du mobilier urbain près du parc Bustamante, afin de monter des barricades en feu à travers les rues du centre-ville.

Peu avant, vers 19h00, un groupe de 30 jeunes cagoulés ont défoncé des panneaux de signalisation routière et ont lancé des pierres sur les flics, ce qui a déclenché la riposte de la police et qui a fait que la manifestation débutée peu de temps avant (18h-18h30) a tourné à l’émeute assez rapidement.

De longues coupures de trafic routier a également été constaté, car les interventions des flics et des pompiers ont été multiples et ils ne pouvaient pas s’occuper de tous les foyers d’incendie et des barricades montées dans de nombreuses rues de Santiago.

Les affrontements continuaient aux environs de 22h, avec des gens qui étaient à un concert punk hardcore ont reçu des gaz lacrymogènes.

Traduit de l’espagnol de leur presse chilienne, 13/10/2012

La mobilisation ne s’est pas limitée à Santiago: à Valparaiso, des affrontements ont également éclaté :

2000 personnes ont manifesté à travers la ville de Valparaiso.

Organisée par la CONFECH, la marche s’est soldée par des batailles de rues entre des encapuchados et les forces de l’ordre: un échaffaudage en bois a été incendié à la fin de la manifestation et les flics sont intervenus.

Les flics ont chargé la manif avec des canons à eau et des jets de lacrymos et ont notamment passé à tabac des danseurEUSEs et des jeunes qui faisaient de la batucada présentEs au sein du cortège.

La manif en images:

Sur la pancarte: « Hinzpeter (député de droite Ndlr), ta loi je me la fous à la raie »

…action antipub…

Traduit de leur presse via Alain Bertho (Anthropologie du Présent)

De nombreuses photos sur Liberacion Total

[Chili] Les porcs en uniforme travaillent durant les mobilisations étudiantes

Mobilisation étudiante : les dénonciations d’abus policiers se multiplient au Chili

En même temps qu’augment la fréquence des manifestations étudiantes contre la réforme de l’éducation, les dénonciations d’abus policiers, y compris de coups et agressions sexuelles sur mineurs, se sont multipliées au Chili. La police, institution éminemment respectée des Chiliens, est notamment accusée d’avoir battu, humilié et dévêtu des lycéens dans une caserne. Les forces de l’ordre affrontent aussi des accusations d’usage disproportionné de gaz lacrymogènes et de canons à eau, fréquemment utilisés pour disperser les manifestations.

« Ils m’ont fait entrer et retirer mes vêtements. (Puis) ils m’ont fait agenouiller nu », a raconté à des médias locaux Ignacio Muñoz, président du centre des élèves du lycée Maria Luisa Bombal de Rancagua, qui a été retenu menotté pendant cinq heures aux côtés de neuf autres personnes, dont deux mineurs, après l’évacuation de l’établissement qu’ils occupaient. A la suite de cette opération, quatre policiers seront sanctionnés pour n’avoir pas respecté la procédure dans ce type d’intervention, ont annoncé les autorités. Les étudiants interpellés ont quant à eux saisi les tribunaux.

 SUSPENSION D’UN MEMBRE DES FORCES SPÉCIALES

Jeudi, un membre des forces spéciales a été suspendu après la diffusion d’une vidéo le montrant donnant des coups de pied la veille à des élèves délogés d’un immeuble. « Nous souhaiterions un pas supplémentaire, pas uniquement une réaction postérieure. Que l’on puisse affiner les procédures dans ce type d’opérations qui exigent un traitement spécial, parce qu’il s’agit de mineurs », a réclamé la présidente de l’Institut national des droits de l’homme (INDH, autonome), Lorena Fries.

Depuis trois semaines, son organisation a été saisie de trois cas d’abus sur des mineurs en détention. « Nous allons fournir tous les efforts nécessaires pour que ce type de faits ne se reproduisent pas et qu’il y ait plus de contrôles », a assuré de son côté le chef de la police, Gustavo Gonzalez. Mercredi, le président Sebastian Piñera (droite) a affirmé que son gouvernement ne « tolérerait ni les excès ni les abus policiers ».

Leur presse – Le Monde.fr (AFP), 31/08/2012 à 10h40

[Chili] Aperçu de la contestation étudiante dans les rues de Valparaiso – 28 août 2012

Ci-dessous une vidéo qui retrace la manif pour l’éducation de ce mardi 28 août 2012 à Valparaiso:

Pour rappel, ce qu’il s’est passé le même jour à Santiago (et le mercredi 29/08/2012)

[Chili] Ni olvido ni perdon ! Emeute lors de l’hommage rendu à Pinochet – Santiago et Valparaiso, 10 juin 2012

Chili: violents affrontements lors d’un hommage à Augusto Pinochet

De violents affrontements ont éclaté dimanche dans le centre de Santiago entre la police et quelque 30 000 manifestants opposés à une cérémonie en hommage à Augusto Pinochet, faisant 16 blessés – 14 policiers et deux journalistes – tandis que 25 personnes ont été arrêtées, selon les autorités.

Ces affrontements, parmi les plus violents de ces derniers mois, qui illustrent à quel point la figure de l’ex-dictateur divise encore la société chilienne, se sont concentrés près du théâtre Caupolicán, à quelques centaines de mètres du palais présidentiel où des manifestants cagoulés se sont opposés aux forces de l’ordre, armés de pierres et de bâtons.

La police, qui avait déployé des moyens importants pour empêcher toutes violences, a pour sa part eu recours à des gaz lacrymogènes et à des lances à eau pour disperser les quelque 30 000 manifestants.

Les heurts ont duré plus de trois heures.

«Assassin, assassin!», scandaient les manifestants qui se trouvaient à proximité du théâtre Caupolican, dans le centre de la capitale chilienne, pour protester contre la cérémonie au cours de laquelle était projeté un documentaire intitulé «Pinochet», consacré à l’ex-dictateur resté au pouvoir de 1973 à 1990.

«Il est totalement immoral que l’on rende hommage à un assassin, à un génocidaire, qui a assassiné, torturé, fait disparaître des gens ou les a forcés à l’exil, et a laissé le peuple dépouillé de tous ses droits sociaux» a déclaré à l’AFP Yolanda Contreras, une des manifestantes.

Quelque 2000 partisans de l’ex-général étaient réunis dans la salle de spectacles.

«Je viens faire acte de présence, parce que nous n’avons pas le droit de parler. Je suis pinochetiste depuis l’âge de 15 ans, quand j’étais étudiante et je ne vais pas changer d’avis, ni mes enfants non plus», martèle ainsi Lucila Ruiz.

La cérémonie a été organisée par la Corporation 11 Septembre, qui tire son nom de la date du coup d’État contre le gouvernement socialiste du président Salvador Allende qui l’a porté au pouvoir le 11 septembre 1973.

À l’intérieur du théâtre, avant la projection du documentaire, plusieurs partisans de l’ex-dictateur ont pris la parole dont son petit-fils, Augusto Pinochet Molina, seul membre de la famille présent.

«C’est une cérémonie pour honorer l’histoire», a- t-il ajouté.

«J’estime qu’en démocratie, nous avons tous le droit de présenter ce documentaire», a déclaré l’ancien militaire Juan González, président de la Corporation 11 Septembre.

«Nous nous sommes tus pendant 20 ans et maintenant nous commençons à parler», a-t-il ajouté.

Près de 40 ans après le coup d’État contre le président Salvador Allende, le documentaire expose la situation politique ayant précédé le putsch et recense les principales réalisations du régime.

À l’époque où le général Pinochet était au pouvoir, 3225 personnes ont été tuées ou ont disparu et 37 000 cas de tortures et de détentions illégales ont été recensés.

L’annonce de cette soirée d’hommage quelques jours avant son déroulement a provoqué une vive polémique entre les défenseurs de la liberté d’expression et les familles des victimes, déterminées à faire interdire l’événement.

Le gouvernement a déclaré qu’il ne s’associait pas à l’initiative, mais qu’il respectait le droit de réunion. Quant à la justice, elle a rejeté le recours déposé par le Groupe des proches de détenus et de disparus pour tenter de l’interdire, estimant qu’il n’était pas dans ses attributions d’interdire un événement dans un lieu privé.

Toutefois dimanche, dans un entretien à la télévision nationale, un ancien membre du régime, actuel porte-parole du gouvernement du président Sebastián Piñera, Andrés Chadwick, a avoué «se repentir profondément» d’avoir soutenu la dictature en raison de la «violation brutale des droits de l’homme durant le gouvernement militaire».

 Leur presse – AFP (Paulina Abramovic) par la presse canadienne, 10/06/2012

Une vidéo qui montre les flics protéger les fascistes, pris à partie par les manifestant.e.s:

Des vidéos des affrontements:

 

Selon La Tercera, un engin explosif a été signalé le matin vers 9h30 devant le théatre qui accueille la commémoration du régime fasciste de Pinochet. Peu après l’annonce de l’alerte à la bombe, une trentaine de partisans de Pinochet s’est ramené sur les lieux et ont reçu  des oeufs et des bouteilles, tout comme l’ensemble de ceux qui se sont rendus au théatre durant la matinée.

D’après la presse chilienne (noticia), des barricades en feu étaient visibles dans plusieurs quartier de Santiago, notamment à proximité du théatre où avait lieu l’hommage à Pinochet. Des partisans de Pinochet ont été pris à partie par les manifestant.e.s

Des groupes d’encapuchados ont attaqué les flics avec des barres et des pierres à plusieurs endroits, notamment au niveau de la rue San Diego.

Des manifestations similaires ont eu lieu à Valparaiso. Plus de cent personnes ont tenté de manifester contre cet hommage rendu à Pinochet, de la Place Victoria à l’avenue Pedro Montt mais les flics ont utilisé lacrymos et canons à eau pour disperser la manifestation.

D’autres photos des manifs à Santiago de ce 10 juin 2012:

Des photos des manifs à Valparaiso:

[Chili] Emeute suite à la venue du président chilien à Valparaiso – 21 mai 2012

Emeutes et arrestations à Valparaiso

Une manifestation qui a attiré quelque 8.000 personnes à Valparaiso, coïncidant avec la reddition de comptes de la part du président du Chili, Sebastián Piñera devant le Congrès, s’est terminée aujourd’hui par de violents affrontements qui ont fait deux policiers blessés, des dégâts et au moins 40 arrestations.

Après la manifestation organisée par la Confédération des travailleurs (CUT) afin d’exiger de meilleurs salaires, au moins 300 encapuchados ont vandalisé les rues, ont attaqué les locaux de deux casernes de pompiers et se sont affrontés avec la police jusqu’à ce qu’ils soient dispersés.

Selon une évaluation préliminaire, les incidents se sont soldés par 40 arrestations, dont deux pour avoir transporter des bombes incendiaires, qui devaient être jetés à la police au cours de la manifestation dans les rues de cette ville portuaire.

Le porte-parole de la police Zone V, le commandant Ramon Borquez et le gouverneur de la province de Valparaiso, Pablo Zúñiga, ont fait une évaluation positive des manifestations et a souligné l’appui et la coopération de la communauté pour prévenir les actes des encapuchados.

« Nous rejetons catégoriquement la violence de certaines personnes qui ont endommagé la propriété publique et privée, et aussi attaqué la police et de mettre l’accent sur le rôle des citoyens», a déclaré Zuniga.

Des encapuchados ont tenté de lyncher deux personnes après avoir découverts qu’elles étaient membres de la police. L’un d’eux a été grièvement blessé après avoir été sauvagement battu.

En outre, des clôtures installées par la police ont été utilisées comme des barricades, des caméras de sécurité et de lumières dans les rues proches du siège de la législature ont été détruites et des magasins ont été attaqués avec des tentatives de pillages.

Le général de la police, Richard Quezada, a déclaré aux journalistes que les agents des forces spéciales qui gardent le Congrès ont du attendre une heure et 20 minutes, sous la constante tombée d’objets contondants lancés par des manifestants, avant d’intervenir.

La police a ensuite utilisé un camion à eau sous pression et des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants qui s’étaient rassemblés près du Congrès, à 125 kilomètres au nord-ouest de Santiago.

Lors du rassemblement, où étaient également présents les leaders étudiants Gabriel Vallejo et Camila Borique ainsi que le président de Teachers ‘College, Jaime Gajardo, on pouvait remarquer un drapeau noir avec la légende « Si nécessaire, vous devez tuer le président. »

Presse bourgeoise – Elsol (avec Reuters), 21/05/2012

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