[Espagne] Résumé de la contre-manif antifasciste – Madrid, 1er mai 2013

Compte-rendu de la contre-manifestation à Chueca du 1er mai 

Le 1er mai à 18 heures, diverses organisations fascistes, toutes plus pourries les unes que les autres, ont appelé à une manifestation au départ du Tribunal, zone centrale de Madrid, très près de Chueca.

Le même jour à 17 heures, un rassemblement antifasciste a été prévu Place de Chueca. L’appel a été lancé quelques jours auparavant et sans savoir qui y répondra.

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Bien avant 17 heures, à Chuelca, un large déploiement policier se met en place, de ce fait, le rassemblement fut dès son commencement, conditionné. La stratégie adoptée pour se faire, paraît claire : épuiser les manifestant.e.s et les maintenir à cet endroit jusqu’à ce que se termine la manifestation fasciste. Mais les cris, la bonne humeur, la résistance et la dignité ne faiblissent pas et les camarades, qui durant deux heures furent encerclé.e.s par la police, restèrent uni.e.s et combattant. Aux alentours du rassemblement, divers groupes essayent de rejoindre la place en vain, perdant leur temps et ceux des fascistes.

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De ce que nous savons, il y a eu deux rencontres avec des nazis perdu.e.s. La première, quand deux d’entre eux arrivant en retard à leur rassemblement, furent aperçus rue Fuencarral (une rue piétonne, très commerciale et pleine de gens et de policier.e.s) courant les 200 mètres pour fuir un groupe d’antifascistes, et qui eurent le malheur de tomber nez à nez avec un autre groupe plus bas. Un des nazis a reçu un coup au visage par un casque que lui proposa gentiment un des camarades présent. Ils ont été sauvé par une patrouille de police qui passait pas là, mais voir un nazi demander protection à un flic, alors qu’il a un patch A.C.A.B sur sa veste, ça n’a pas de prix. La deuxième rencontre eu lieu avec le nazi qui apparaît sur les photos (ou qui disparaît, parce qu’il se fond avec ceux qui sont en bleu). Il a eu une bonne frayeur et bien sûr, il a été sauvé par la fourgonnette antiémeute. Comme on peut le voir sur les photos, la fraternisation   a bien eu lieu. À peine la porte s’est-elle ouverte pour laisser descendre les policiers qu’il était déjà monté dedans…

Où est le nazi?

Où est le nazi?

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Quand tout.e.s ceux/celles qui étaient au rassemblement à Chueca quittèrent la place après avoir été fouillé, fiché et photographié pour la plupart, ils/elles rejoignirent les autres groupes, qui étaient tenus à l’écart. Ils se dirigèrent vers le Tribunal où se produisit une altercation avec la police et où deux camarades étaient retenus. Vu qu’apparemment ils allaient être mis en détention, les gens ont barricadé la rue et ont lancé des pierres sorties d’un container destiné à la construction.Les flics ont chargé violemment, tirant des balles en caoutchouc et chassant les manifestants, arrêtant une personne, nous ne savons pas si cette personne était avec le groupe ou non. Les deux camarades qui ont été arrêté.e.s plus tôt ont été libéré.e.s, mais d’autres arrestations Plaza de Jacinto Benavente ont eu lieu, loin des rassemblements et longtemps après.

Solidarité avec les détenu-e-s.

Contre le système, démocratique ou fasciste. Pour l’anarchie.

Traduit de l’espagnol (es.contra-info) par La Voz de la Libertad

[Québec] Résumé de la manif bruyante anti-carcérale du Nouvel An devant les prisons de Tanguay et de Bordeaux – Montréal, 31 décembre 2012

Résumé de la manif bruyante du Nouvel An à Montréal:

Plus de 50 personnes se sont réunies à Montréal pour perpétuer la tradition des manifs sonores anti-carcérales devant les prisons lors de la nouvelle année.

La manif est descendue dans les rues derrière une banderole « Pour un Monde sans patrons, ni flics, ni prisons » avec une escorte policière essayant en vain de contrôler la circulation. Parmi les tracts distribués à la foule, certains expliquaient l’action et précisaient les récentes modifications législatives, que le gouvernement a conçu pour remplir les 22 nouvelles prisons construites.

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Lorsque nous sommes arrivés à notre première destination, la prison pour femmes de Tanguay, la foule scandant des slogans est entrée par la porte d’un parking alors que les porcs étaient devant l’entrée. Autour de la porte de derrière, de nombreux discours donnés au méga-phone ont été adressés aux prisonnières, dans l’espoir qu’elles entendent les mots de solidarité en français et en anglais. Des chants, des cornes et des feux d’artifice ont été utilisés pour attirer l’attention de nos amies à l’intérieur.

Peu de temps après, durant la visite, nous avons entendu des réponses depuis les fenêtres, « Bonne année », ce qui a déclenché encore plus de bruit et d’amour de la part de la foule. La foule a passé 20 minutes à échanger des chants de solidarité et de souhaiter du bon aux femmes, avant de promettre de revenir et de marcher jusqu’à notre prochaine cible.

Une marche d’environ 15 minutes nous a amené à la prison pour hommes de Bordeaux, qui est la plus grande prison de la province de Québec. Cette fois, la foule a dû esquiver une barrière pivotante et faire face à une forteresse beaucoup plus grande […] Des feux d’artifice ont annoncé notre présence et les discours ont été de nouveau émis en exprimant notre désir d’abolir les prisons et tous les pouvoirs.

Après beaucoup de bruit de décisions et l’écoute, les réponses provenaient des hommes à l’intérieur. Encore une fois « Bonne année » a été entendu parfaitement, et nous avons répondu par «solidarité avec les prisonniers« . De nombreux hurlements de voix différents franchissant les murs partaient de tous les coins du monstrueux édifice.

[…] En sortant nous avons de nouveau pris la rue à quatre voies en scandant « police partout, justice nulle part » et «notre passion pour la liberté est plus forte que leurs prisons« .

La manif s’est dispersée sans l’ingérence des porcs dans la station de métro où avait débuté le rassemblement.

Traduit de l’anglais d’Anarchist News, 1er janvier 2013 à 20h19

Ecouter un enregistrement audio de la manif anti-carcérale

Ci-dessous le texte du tract distribué lors de la manifestation bruyante:

Notre lutte n’est rien si nous oublions nos prisonnières et nos prisonniers !

Our struggle is nothing if we forget our prisoners !

Manif anti-carcérale du Nouvel An… ou, pourquoi nous haïssons les prisons

Les manifestations de bruit devant les prisons et les centres de détention de l’immigration prennent part à une tradition en cours dans plusieurs régions du monde de ne pas oublier celles et ceux qui sont détenu.es par l’État. C’est une manière de démontrer de la solidarité avec les personnes emprisonnées à l’intérieur. Les prisons ont été créées pour isoler les gens de leurs communautés. Ces manifestations sont un des moyens de nous rassembler pour lutter contre la répression et de briser cet isolement.

Les prisons existent pour affermir l’autorité du pouvoir en place. Il ne peut y avoir ni mesures d’austérité, ni capitalisme, sans prisons pour mettre celles et ceux qui ne peuvent, ou choisissent de ne pas correspondre aux normes de ce système. En fait, l’agrandissement des prisons et la mise en place de mesures d’austérité marchent main dans la main.

Alors que le gouvernement réduit le budget alloué aux services sociaux, étendre le système carcéral est une de ses priorités. Tout en adoptant de nouvelles lois comme les projets de loi C-10 et C-38, qui visent à mettre plus de gens en prison pour plus longtemps et assurer la détention obligatoire des réfugiés, l’État dépense présentement un budget de 4 millions de dollars pour construire 22 nouvelles prisons et agrandir plusieurs établissements déjà existants à travers le pays.

Cela donne une plus grande marge de manoeuvre à l’État pour emprisonner à la fois celles et ceux qui le  combattent activement, comme les personnes emprisonnées dans le contexte de la grève étudiante du printemps dernier ou dans celui des manifestations contre le G20 à Toronto en 2010, ainsi que celles et ceux qui contestent ses lois simplement pour survivre. Les gens sont arrachés de leurs communautés et une fois à l’intérieur, ils et elles deviennent un réservoir de main d’oeuvre esclave pour l’industrie.

Faisons savoir à celles et ceux qui sont enfermées, qu’elles et ils ne sont pas oublié.es.

Nous pouvons partager notre opposition aux barreaux, aux gardes ainsi qu’au monde de misère et d’exploitation qui en a besoin.

Parce que personne n’est libre jusqu’à ce que nous le soyons tous.

A l’intérieur comme à l’extérieur, révoltons-nous !

Traduction du tract trouvée sur montreal.mediacoop.ca, 1er janvier 2013

[Belgique] Précisions et analyses sur la manif contre les violences policières du 27 juin dernier à Bruxelles

Retour sur la manifestation du 27 juin 2012 à Bruxelles

Le fracas de l’incompatible

Convertir qui que ce soit ne nous intéresse pas. Lutter pour ouvrir des brèches, se battre pour que de véritables espaces de discussion soient possibles, se soutenir et aiguiser la critique pour que chacun et chacune puisse développer son parcours et sa cohérence dans une perspective de libération, c’est ça qui nous tient à cœur.

Faire ici une plaidoirie pour la nécessité de l’attaque directe contre ce qui nous opprime, par tous les moyens que nous jugeons adéquats, nous paraît superflu. La question ne semble pas être là. Un abîme a toujours séparé ceux qui veulent imposer un nouvel ordre au monde, « un ordre meilleur » et ceux qui ne veulent plus d’ordre du tout. Entre ceux qui ont prêtés serment à la politique et ses manœuvres, à la stratégie au nom des « rapports de force », à l’organisation des masses et leur transformation non en individus libres et autonomes, mais en adhérents et spectateurs de l’idéologie de service ; et ceux qui refusent de soumettre la rage contre ce monde d’exploitation et de domination à des prérogatives autre que leurs volontés et leurs désirs, qui voient à travers l’action directe et l’auto-organisation les individus se débarrasser des rôles sociaux imposés et des idéologies, qui rejettent tout rappel à l’ordre de la part de qui que ce soit. Nous ne sommes ni des politiciens, ni des manipulateurs. Nous ne cherchons pas à camoufler cet abîme, mieux, nous essayons par tout moyen de l’approfondir. La révolte n’a jamais été une affaire de partis, de politicards en aspiration, de hiérarchies syndicales.

Si quelques vitres pétées d’une voiture d’un fonctionnaire de l’OTAN lors de la récente manifestation ont contribué à éclaircir les divergences, à briser la fausse unité entre des choses incompatibles, c’est probablement tant mieux. Qui aurait pu deviner qu’un geste aussi banal et aussi simple pourrait engendrer de telles polémiques ! On se souviendra des sourires qui sont apparus à ce moment-là sur les visages, de ces sourires de combativité et de joie de passer à l’attaque, de ces sourires qui marquent une complicité dans la révolte. Mais parallèlement, on se souviendra comment des petits chefs courraient comme des poulets sans tête pour éteindre le feu, en assumant leur rôle de pompier, en mettant immédiatement en pratique la délation. Et on se souviendra aussi comment ces leaders autoproclamés n’étaient pas du tout suivis par tout le monde et que leurs ordres et leurs menaces ont été accueillis par une franche hostilité.

Nous avons toujours défendu la nécessité de l’action directe et de la violence révolutionnaire. La question de l’opportunité de tel ou tel geste camoufle en effet assez souvent une volonté de diriger, de contrôler, de soumettre tout le monde à une même stratégie. A notre avis, une manifestation appartient à tous ceux qui y participent, et non aux seuls « organisateurs », c’est donc tant mieux si chacun y agit selon ses volontés et ses appréciations. Cela ne nous intéresse pas de former une masse qui serait manœuvrable pour servir les intérêts du politicard de service et aucune considération stratégique ou opportuniste ne pourrait nous amener à condamner ceux qui choisissent de passer à l’attaque.

Nous avons horreur de devoir nous boucher le nez au nom d’une fausse unité, nous préférons être clairs sur ce que nous pensons, et faisons. Si nous appelons à la révolte, si nous pensons que chacun et chacune est capable de saboter, de mille manières et selon ses préférences, les engrenages de la domination, c’est parce que nous luttons pour un monde où tout individu prend sa vie en main et ne reporte cette exigence vitale à aucun lendemain qui chante. Ceux qui viennent toujours nous harceler avec des discours comme « ce n’est pas le moment » sont ceux qui demain condamneront de toute façon toute geste de révolte individuelle ou collective au nom de leur stratégie politique. Il n’y a pas à se leurrer là-dessus, les discours politiques, aussi « radicaux » se présentent-ils, ont en vérité du mal à camoufler leurs véritables intentions.

Certains pourront ainsi dire qu’on a le droit de se défendre quand la police nous charge. Ils appelleront même à venir « casqués », symboliquement évidemment et au pire des cas, pour réduire le nombre de crânes ouverts. Mais attaquer, ça non. S’ils pensent pouvoir faire leur beurre sur les corps mutilés et les visages ensanglantés par la police, ce ne sera pas avec notre accord ou notre consentement ! Nous ne sommes pas des fanatiques de l’affrontement avec la police, mais pas non plus des moutons qui se laissent défoncer au nom d’une quelconque idéologie de la non-violence. Par contre, ce que nous défendons, c’est la capacité de chacun et chacune à passer à l’attaque, à ne pas attendre que les forces de l’ordre nous en empêchent ou nous attirent dans le piège d’un affrontement stérile. En effet, nous ne cherchons pas forcément des batailles rangées avec la police anti-émeute, qui sont « stériles » au sens où elles détournent trop souvent notre attention de ce que la flicaille essaye de protéger. Nous considérons plutôt la présence policière comme un obstacle à esquiver ou à éliminer (selon nos possibilités pratiques), pour que se déchaîne la fête destructrice. Ce n’est que très rarement qu’un face-à-face avec la police permet à une manif entière une plus grande liberté, un plus grande espace de mouvement, tandis qu’éviter d’attaquer là où ils nous attendent permet très souvent de mettre temporairement en échec le dispositif policier. Les exemples des émeutes dans les quartiers bruxellois sont d’ailleurs très parlantes à ce sujet.

D’autres diront que les gestes de révolte ne servent qu’à amener la répression. Franchement, ces gens-là ont une drôle de vision de la répression. Comme si celle-ci se résumait à des arrestations lors de manifestations, à des tabassages ou à des incarcérations. La répression est présente en permanence, dans chaque sphère de nos vies. Le travail salarié nous étouffe, la consommation nous dégrade, la domination nous empêche d’expérimenter la liberté, l’argent transforme nos vies en une course de rongeurs avec toujours plus de perdants, et vous avez le culot de dire que c’est la révolte qui attire la répression ? De la même manière que la répression est quotidienne, la révolte l’est aussi. Celui qui prêche le calcul, l’attente voire condamne toute velléité de rébellion, doit savoir qu’un fossé infranchissable le sépare de toute perspective révolutionnaire libertaire.

Sommes-nous en train de mettre tout le monde dans le même sac ? En rien ! A chacun son parcours, à chacun son rythme, à chacun ses expérimentations. Mais tout n’est pas compatible. Entre celui qui parle aux flics et celui qui s’oppose à la flicaille, il n’y a pas d’entente possible. Le second a souvent tendance à se conforter dans l’illusion qu’un jour, l’autre verra « la lumière » pour pouvoir s’y associer… sauf qu’entre-temps, le premier l’a déjà livré aux autorités. Il n’y pas de compatibilité entre celui qui prétend parler au nom de qui que ce soit, parce qu’il se trouve à la tête d’une quelconque organisation et s’accapare donc une prétendue légitimité à exiger l’obédience et la loyauté de ses sujets, et celui qui aspire à renforcer et approfondir l’autonomie de chaque être humain, aussi bien sur le niveau des idées que sur le niveau des pratiques.

Au lieu de prétendre à une fausse unité qui reporte la révolte à l’éternel lendemain, nous préférons voir, en taquinant un peu, un éclatement général, où la responsabilité d’agir ici et maintenant ne s’en remet plus à qui que ce soit. Au lieu d’observer les prétendus chefs d’organisations faire leur cuisine interne afin de rallier du monde derrière leurs drapeaux, nous préférons voir des milliers de petits groupes et d’individualités autonomes, avec leurs propres idées et perspectives, leurs propres pratiques et envies, s’accordant entre eux quand ils ressentent le besoin d’agir ensemble, mais refusant toujours d’abaisser leurs idées vers le plus petit dénominateur commun au nom de la stratégie. Car là, on ne serait plus en train de se découvrir, de tisser des liens de solidarité et de réciprocité mutuelles, mais en train de raffiner l’art liberticide du contorsionniste.

A l’heure actuelle, avec des conditions de vie qui se dégradent rapidement et une terreur étatique qui s’intensifie contre des couches toujours plus larges de la population, ce serait vraiment triste de ne pas trouver le courage d’affirmer que nous voulons une transformation révolutionnaire, c’est-à-dire, la destruction de toute domination et exploitation. Les réactionnaires de tout bord, qu’ils soient fascistes, islamistes, racistes ou autoritaires tout court, haussent leurs drapeaux et tentent d’enfermer sous leurs bannières la colère et le mécontentement latents. Nous ne nous sommes jamais hasardés sur le chemin de la politique et de ses compromis et ce n’est pas plus aujourd’hui que nous allons le faire. Nous pensons par contre que c’est le moment pour sortir de toute posture défensive, et de prendre d’assaut la domination, en mots et en actes, dans son entièreté. Si nous passons à l’attaque, ce n’est pas par seul goût de l’affrontement, mais parce que nous pensons que la dissémination d’attaques contient la possibilité de subvertir ce monde. Aux révoltés de Bruxelles et d’ailleurs, nous ne parlerons pas de modération, de politique et de calcul stratégique, mais d’une révolte sans brides contre toute autorité. En démontrant que la domination n’est pas invulnérable, que la révolte et l’action directe sont à la portée de tous et de toutes, et que tout ajournement fait le jeu du pouvoir.

Des vilains petits canards, vendredi 6 juillet 2012

Tabassé par des pacifistes

C’est très difficile de discuter avec les pacifistes non-violents aujourd’hui. Voilà pour eux.

Ça dure depuis ce matin, ça n’arrête pas. Insulté, caricaturé, démonté, menacé, remonté,…

À suivre les « articles » postés par certains, je peux me définir moi-même. Selon eux, j’ai 14 ans, un patch « anarchie » sur mon sac à dos, je n’ai jamais mis les pieds dans une manifestation avant celle d’hier, j’écoute du punk et du reggae, je fume des joints. Le profil type que nous venons de définir : ce serait le mien et celui d’un tas de gens qui étaient à cette fameuse manifestation antifasciste. Et notre crime, c’est d’avoir dit que c’était pas grave si cette voiture de l’OTAN s’était fait peté ses vitres, qu’on allait dénoncer personne à la police et qu’on allait continuer à manifester.

Donc ce morceaux de pare-brise fend l’air, je suis à une cinquantaine de mètres, d’autres sont proches, d’autres sont plus loin. Je me rapproche de la scène pour comprendre les hurlements. Avant d’ouvrir la bouche, un certain « XXX (nom enlevé par la modération-voir charte) » me hurle dessus, suivie par une certaine «YYY (nom enlevé par la modération-voir charte) », et un autre, et un autre. Apparemment, j’ai cassé un pare-brise. Ce qui m’étonne un peu, puisque mon bras ne doit pas mesurer plus de 70cm. Après m’être fait insulté sans avoir même pu casser ce fameux pare-brise, je/on retourne vers notre objectif.

Sauf que, la manifestation est dissoute. Ah bon ? Oui : nous sommes discrédités, écrasés, humiliés, la « honte nous envahit ». Apparemment, les mots d’ordre n’ont pas été respectés, j’ai beau relire l’appel, les quelques « communiqués satellites » émis par les trois organisations initiatrices. Rien. Je ne trouve aucune trace de ce fameux « rassemblement pacifiste ». Du coup, je me sens un peu niqué, on ne m’avait pas prévenu. Apparemment, XXX (nom enlevé par la modération-voir charte) et son ami qui hurlent son cadres à la JOC. Du coup je me dis que la JOC devait être au courant. Je demande à la JOC, qui n’est pas au courant non plus. Je me pose quelques questions sur la ligne politique de la JOC (mais qui sont-ils?)

Ceci fait, je rentre chez moi. Je réfléchis sur la route. Je me demande si je me suis fait traité de « casseur » 4 fois en 1 minutes (en prenant un coup à mon égo, moi qui me trouvait une bonne mémoire) parce que j’ai moins de 30 ans ? On est sans doute tous le casseur de quelqu’un, disait l’autre. Et donc, je rentre chez moi, je réfléchis, je me dis qu’on avait tous un peu le même look. Que quelques manifestants (cette fameuse « YYY (nom enlevé par la modération-voir charte)  » peut-être ?) veulent me dénoncer à la police, et que si j’avais su que j’allais finalement me prendre un procès pour dégradation et incitation à l’émeute, j’aurais vite été me faire le rétroviseur. Histoire de ne pas être venu pour rien.

Rentré, j’allume internet. Je pensais qu’on ne parlerait que de ces voitures partout. En fait, il y a deux ou trois lignes dans la presse. Des milliers sur ‘Facebook’ me dit un ami, je vais donc voir ça à contre-coeur (je ne suis pas fan de facebook). Et ça n’est pas brillant : une véritable ratonnade. On confond absolument tout et n’importe quoi. Donc, ce sont « les jeunes en noir au début de la manif », ou alors c’est « Antifa bruxelles », ou alors c’est un flic infiltré. Deux ou trois personnes disent avoir tout filmé et s’apprêter à remettre les images à la police. Quelques personnes disent que «c’est quand même dommage qu’on ne puisse pas continuer à manifester sous ce prétexte», se fait à nouveau traiter de «casseur», de «décérébré», de «gamin de 5 ans». Je me dis qu’on vit dans un monde formidable, tout est si simple : les gens violents sont « des gamins de 5 ans décérébrés, anarchistes ». On pourra aussi envoyer le profil type à la police.

Et surtout, la vraie question qui se cache là derrière, c’est le sens de la violence. La violence « Ce sont les processus qui permettent d’exercer un contrôle, une soumission, une direction sur quelqu’un ou sur quelques-uns ». Ce qui est apparemment la définition la plus large du terme, c’est aussi la plus étroite. Je mets les situations dans la phrase pour « savoir quoi ».

La presse qui n’a pratiquement rien dit, et qui n’a à peu près rien dit de ce qui était dans le communiqué de presse a donc été violente. Mais tout ce petit monde préfère me traiter moi de casseur.

Ces 5 personnes me hurlant dessus, m’empêchant de parler, me répétant ta gueule, parce que j’ai dit « soyons solidaires »,…

Bon, par contre on m’expliquera en quoi casser la vitre d’une Mini Rouge appartenant à l’organisation militaire la plus puissante des 60 dernières années est violent.

En fait, non. Ne me l’expliquez pas. Discutez sur « Facebook », insultez moi, diffusez mes photos, haïssez moi. Parlez d’un air tristounet des « générations futures » en considérant que « les casseurs » ne sont pas vos « enfants ».

Solidarité.

Par Bob le bricoleur, vendredi 29 juin 2012

Source: Indymedia Bruxelles

[Grèce] Mobilisation anti-fasciste à Lamias – 12 juin 2012

Lamia, Grèce: Rassemblement et manifestation anti-fasciste

Lors de ce mardi 12 juin a eu lieu un rassemblement suivi d’une manifestation anti-fasciste dans la ville de Lamia (Grèce centrale). Les gens ont commencé à se rassembler comme prévu sur la place du Parc aux environs de 21 heures. La place était remplie de toutes sortes de forces de police, qui protégeaient le local pré-électorale récemment investi par le parti néo-nazi Aube Dorée. Environ 20 néo-nazis, la plupart des décervelés d’autres villes, étaient également présents, derrière la police.

Autour de 22 heure, les anti-fascistes sont descendus dans les rues et ont commencé à manifester. Dans la manifestation il y a eu deux blocs, l’un des anarchistes et l’autre des gauchistes ou anti-autoritaires, chacun avec environ 50 participants. Au cours de la marche vive et combative, des tracts ont été distribués et de graffitis, alors qu’après la manif sur la place de départ du Parc a été présenté des courts documentaires antifascistes.

À ce moment, il y a eu un accrochage verbal avec des membres du parti d’Aube Dorée, mais il ne s’est rien passer. Comme disent les camarades de Lamia, «ce n’est pas fini et nous allons mener de nouvelles actions anti-fascistes bientôt. »

Ni à Lamia, ni n’importe où ailleurs!
Ecrasons les fascistes dans chaque quartier!

Sources: Indymedia Athènes et Contra-info.port pour le texte; « Les anarchistes de Lamias » (grec) pour les photos

[PARIS] Grève spontanée à la BU du quartier latin – 3 décembre 2011

Vu sur le blog de la Fédération Anarchiste de la Vienne 

Aujourd’hui, il y a eu grève, une vraie grève, pas une intersyndicale-interprofessionnelle à deux balles et à date fixe décidée au-dessus de nos têtes, non, une vraie grève spontanée.

Le motif est tellement minable que ça fout limite la honte.

On ne réclamait pas une augmentation de salaire, on ne réclamait pas des moyens supplémentaires, nan, rien de tout ça.

Contexte :

Je travaille depuis près d’un an dans une bibliothèque universitaire en tant que magasinière contractuelle. C’est une bibliothèque récente, qui a donc été créée avec une dotation en postes minimale, parce que c’est passé de mode, les fonctionnaires. Il y a donc très peu de titulaires, la majorité des salariés sont des contractuels à des postes permanents (grosso modo, il y a un tiers de fonctionnaires pour deux tiers de contractuels). On n’est pas recrutés pour faire face à un accroissement temporaire d’activité, on est là parce que la bibliothèque ne tournerait pas sans nous, tout simplement.

Comme toute BU, notre bibliothèque est rattachée à une université, qui est notre employeur officiel. Le problème, c’est que la dite université fait preuve d’une certaine mauvaise volonté, voire d’une incompétence crasse, dans la gestion de nos contrats et de nos salaires. Les incidents ne se comptent plus : Contrats égarés (alors qu’ils ont été remis en main propre, donc c’est pas « la faute de la Poste » comme on a essayé de nous le faire avaler), non-renouvelés arbitrairement, salaires amputés de plusieurs centaines d’euros sans explication, contrats renouvelés trop tardivement donc salaire non-versé car c’est trop tard pour la mise en paiement, communication désastreuse (on oscille entre silence pesant et ton menaçant, pour situer)… Il y a eu plusieurs tentatives de régler ces différents à l’amiable, sans résultat. Personnellement, j’ai jamais vu ça, et pourtant, j’ai déjà bossé avec pas mal d’enfoirés.

A l’issu d’une réunion de service, on apprend qu’une fois de plus, un collègue ne va pas être payé en temps et en heure à cause d’un problème administratif nébuleux, qu’il a demandé un chèque à l’agence comptable de l’université, qui lui a ri au nez, qui lui a proposé un paiement de 80% de son salaire mais pas avant quinze jours (« il est 17h »), en lui faisant comprendre qu’il avait du bol, et que c’était ça ou rien. L’appui de la direction de la bibliothèque ne change rien, il peut s’asseoir sur son salaire ce mois-ci, en gros.

Ok les mecs.

Il est bientôt 10h, un collègue propose de ne pas ouvrir la bibliothèque au public tant qu’il n’est pas payé. Accepté à l’unanimité. On est en période de partiels, ça va emmerder les étudiants, mais c’est peut-être le seul moyen de faire entendre raison à cette administration de merde.

Re-contexte : La BU en question est au cœur du quartier latin à Paris, et elle est sur-fréquentée (victime de son succès), il y a fréquemment une file d’attente pour pouvoir y entrer. Si on ferme, les autres BU des environs vont être saturées, sachant qu’elles le sont déjà pour la plupart. Je précise ça parce que moi-même, débarquant de ma province, je ne connaissais que les BU quasi-désertes et vieillottes de ma fac, et je n’imaginais pas que ce genre d’établissements pouvaient être si prisés avant de bosser à la capitale. L’explication est simple : Une concentration d’étudiants très importante, disposant souvent de logements exigus, ou vivant en collocation, viennent en BU pour travailler dans de bonnes conditions, c’est tout.

On rédige un tract collectivement, expliquant le pourquoi de la fermeture, et on se poste à l’entrée de la bibliothèque pour les distribuer et dire aux étudiants ce qu’il en est, partant du principe qu’une porte close n’explique rien, alors qu’un agent qui prend le temps d’exposer la situation, ça a du poids et ça désamorce le sentiment de « prise d’otages » qu’évoquent souvent certains usagers de tel ou tel service public quand il y a grève.

Pour le coup, succès total : très peu de râleurs, la plupart des étudiants sont effarés par notre situation, nous apportent leur soutien, nous encouragent, un futur juriste en droit du travail nous donne même des conseils, personnellement, je ne m’attendais pas à ça.

A midi, on apprend que la DRH arrivera à 14h pour nous « expliquer la situation ».

A 14h, on est en salle de réunion avec cette dame et un directeur des services de l’université, qui vont tenter de « faire de la pédagogie », mais qui vont très vite s’emmêler les pinceaux tant ils ne maîtrisent pas leur sujet. Les problèmes de salaire ? Un « incident marginal ». Quand ils réalisent que plus des trois quarts des salariés présents ont été victimes de ce type d’incident, ils ne se démontent pas. Quand on leur expose les conséquences dramatiques que ça peut avoir sur nos finances, ils haussent les épaules. On cause loyers impayés, un mec explique qu’il ne pouvait même plus payer sa carte de transport pour venir bosser, et eux s’embrouillent dans des discours vagues, ils n’ont même pas honte. J’apprendrai plus tard que le directeur des services est énarque, je ne suis pas étonnée. Ce qu’on nous déballe, c’est un concentré de mauvaise foi.

On a la rage, le ton monte. Mon chef se fait traiter d’ « autiste », parce qu’ « il ne veut pas comprendre ». Comprendre quoi ? Qu’on a rogné sa paye pendant des mois sans explication, et qu’on refusait de régulariser sa situation après ? Qu’il a bossé un mois sans contrat parce que l’université l’avait perdu ?

Les histoires se succèdent, à défaut de leur foutre le nez dans la merde qu’ils ont semé, on vide notre sac. La DRH a un petit sourire ironique à hurler, un collègue m’avait prévenu, elle aime ce genre de situation. Ne pas s’énerver. Je lui fais remarquer que sa condescendance a quelque chose d’insultant, elle ne me regarde même pas, pour elle je vaux sans doute moins qu’une petite merde collée à ses pompes. Elle est quinquagénaire, on est des jeunes cons pour la plupart, je pense que c’est son sentiment.

On en revient au sujet initial. « Vous avez pris le carnet de chèque ? Parce que nous on retourne pas bosser, là. »

Là, on touche un nerf. On sent que ça, ça les emmerde, ces petits branleurs qui ne veulent pas retourner au turbin pour une futile histoire de thune. On insiste aussi sur le fait que, si ce type d’ « incident marginal de paiement » se reproduit à l’avenir, on se remettra en grève. Pour qu’ils réalisent. Puisqu’au fond, il n’y a que ça qui les fait réagir.

Négociations de marchands de tapis, ils proposent 90%, s’emmêlent dans leurs chiffres, finalement ils ne peuvent rien promettre car « l’agent comptable est souverain », ils repartent, ils vont nous tenir au courant.

Pas d’excuses, pas d’explications, rien, du vent.

Comme leur a dit mon chef , on croirait entendre Copé quand ils s’expriment.

Ce cinéma a duré deux heures.

A 17h, le collègue a eu son chèque, de 100% de son salaire.

A 17h15, on a rouvert la bibliothèque.

A 20h, quand j’ai fait la fermeture, j’avais un sale goût dans la bouche. On a fait grève pour qu’un mec qui a bossé touche son salaire. Bien sûr, on a aussi démontré qu’on était une équipe unie, soudée, solidaire, mais n’empêche, on a fait grève simplement pour que notre employeur respecte la loi.

On en est là, putain.

Courageuse Anonyme

Source: Le salaire de la peur, 03/12/2011

[Besançon] Compte-rendu de la manifestation antifasciste – Samedi 3 décembre 2011

Besançon: Manif antifasciste du 3 décembre 2011 contre le Front Comtois et l’extrême-droite en général

A l’appel de la CNT 25, de la FA-Groupe Proudhon, du SCALP Besak et des libertaires, entre 50 et 70 manifestant.e.s se sont rassemblé.e.s ce samedi 3 décembre 2011, sur l’esplanade des Droits de l’Homme pour exprimer leur “refus de l’extrême-droite et de tous les discours haineux”. Il.le.s ont déployé plusieurs banderoles (“Le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève!” – CNT 25, “Le Front comtois s’enracine? Enterrons-le! Pas de fachos en Franche-Comté” – SCALP Besak…) et posé des pancartes un peu partout…

Cette manifestation bisontine précède le procès du Front comtois qui aura lieu le jeudi 8 décembre à 9h au TGI (Petite Hollande) de Montbéliard. Ce groupe de néo-nases local est convoqué devant la justice pour des textes et affiches à caractères raciste et négationniste.

Ici le tract distribué pendant la manif

SourceFragment de manif

Voir aussi:

http://cntbesancon.wordpress.com/2011/12/04/besancon-resume-de-la-manif-antifa-du-3-decembre-2011/

[Suisse] Résumé de la manifestation antifasciste sauvage à Genève – Vendredi 25 novembre 2011

Manif sauvage à Genève: pas de fachos dans nos rues !

Vendredi une manif sauvage a animé les rues de Genève et cassé la monotonie aux couleurs criardes du vendredi soir genevois.

Après une assemblée très fréquentée où nous avons pu constater une recrudescence des violences fascistes de tous genres pendant les dernières semaines (incendies, agressions, intimidations), les antifascistes ont décidé de regagner la rue : aucune agression ne restera sans réponse.

Hier soir, donc, entre 100 et 200 personnes ont défilé au centre-ville. La manif était spontanée et très mobile, aucun appel public n’avait été lancé, ce qui explique que les flics aient été pris au dépourvu .

Les manifestants ont traversé Calvingrad pendant environ une heure afin de sensibiliser la population vis-à-vis de la récente explosion d’agressions nazies dans une ville qui a toujours été orgueilleusement métisse.
Le cortège a traversé le quartier populaire de la Jonction pour ensuite se rendre en vieille ville, prétendu « fief » de l’extrême droite genevois. Mais, comme par hasard, aucune trace de ces rats, qui sont restés bien cachés dans leurs égouts.

Durant le défilé, des affiches ont été collées, des slogans ont été tagués un peu partout et le pub « Spring Brothers » (souvent fréquenté par des nazillons) a été chahuté. Des fusées et des fumigènes ont été tirées. Une grosse voiture à plaque « corps diplomatique » qui a traversé le défilé en renversant un manifestant a été endommagée.

Aucune arrestation n’est à déplorer mais d’après la presse bourgeois quatre jeunes ont été identifiés en marge de la marche.

Bruyante, communicative et combative : voilà notre manière de réagir à ces frustrés préférant les lâches embuscades à coups de couteaux.

PAS DE FRONTIÈRES ENTRE LES PROLÉTAIRES, PAS DE RUES POUR LES NAZIS ! GENÈVE REFUSE LE FASCISME !

Source: Le Réveil

La police tombe sur un os

Courant septembre, en région parisienne, des flics appartenant très probablement aux « services spécialisés » ont tenté d’acheter un squatteur sans-papier pour qu’il devienne un de leurs indicateurs. Mais contrairement à ces chiens de garde du pouvoir, pour nous, la liberté n’a pas de prix. Ils sont donc tombés sur un os.

« Je me suis fait arrêter à l’expulsion d’un squat, on était 5 à l’intérieur. Deux d’entre nous ont été embarqués pour défaut de papiers.
Pendant l’expulsion tout ce que je demande aux flics est accepté alors que mon pote qui s’est fait arrêter avec moi se fait tout refuser, y compris les toilettes.

Au commissariat, on est assis côte à côte. Mon pote va en cellule sans fouille ni prise d’identité.
Moi, une fille en civil avec des cheveux rouges vient me demander si on peut discuter un peu.
Je dis ok, et en montant je lui demande si elle va me mettre en centre de rétention, m’expulser direct ou me mettre en garde à vue.
Elle me dit que je vais être libéré. Je me trouve dans un bureau avec 3 femmes et 1 homme tous en civil. Le mec était habillé jean levi’s, chemise à carreaux.
Je sais pas si ils faisaient partie des flics du commissariat. Une des femmes prend en note tout ce qui se dit et les trois autres flics me parlent.
Ils me demandent pas mon nom, ils le connaissent. Je leur demande comment, ils me répondent que c’est pas important.

« Pourquoi tu vis en squat?
– Parce que j’ai pas de maison.
– Comment tu connais les gens du squat?
– J’avais froid et j’ai frappé. On m’a ouvert.
– C’est pas vrai
– C’est vrai, ça fait deux jours.
– Non, car ça fait longtemps que l’on te connaît.
On me demande pourquoi j’ai été libéré à chaque arrestation, comme je ne réponds pas, elle me dit :  » c’est grâce à nous ». J’ai été arrêté cinq fois ces derniers temps, dans trois villes différentes. Ils connaissent les dates d’arrestations. Je pense qu’ils me suivent depuis longtemps. Ils m’ont même libéré pour un vol.
-Tu n’as pas de travail, de logement de papiers? Si on te l’offre… tu fais quoi ?
-Qui me l’offre ?
-C’est nous, c’est l’état.

– Demain, tu peux gagner les papiers, un bon logement et 2000€/mois. Celle qui me dit ça m’avait demandé si j’avais besoin d’un traducteur, elle m’a caché qu’elle parlait arabe jusque là.
– Pourquoi moi ?
– Mektoub ! (C’est écrit, c’est le destin)
– Ce sera quoi mon travail ?
– C’est pas dangereux : tu vois, tu captes, t’écris.

Ils m’expliquent que mon travail sera de visiter des endroits que je connais déjà et d’autres que je ne connais pas encore. Ils précisent que ça n’est pas dangereux.

Les trois fliques me font signe de dire oui. Ils m’ont laissé le choix, mais en fait ils m’ont fait comprendre que j’étais obligé.
Je dis : « ok si vous libérez mon pote. »
– Tu as un téléphone ?
– Non, mais je peux en avoir un aujourd’hui ou demain.
– On te laisse jusqu’à demain 11h pour venir avec un téléphone. Tu donnes ton numéro, on t’en donne un.
Ce numéro personne ne doit le connaître, il est pour toi. Si tu fais ce numéro d’un autre téléphone c’est ta faute. Si tu racontes ça aussi, ce dont on a discuté doit mourir ici. Maintenant tu réfléchis jusqu’à demain 11h, tu es libéré. »
Je lui demande où est mon pote, il disent qu’il va être libéré. Je descends, à la réception ils me disent que je sors dans 10 minutes.
Ils appellent mon pote et lui disent qu’il peut sortir devant moi.
Je prends mes affaires, la flique me dit d’attendre 10 minutes. Il sort. Elle dit que je peux sortir, me suit, me donne un nom, en disant que c’est le sien, en fait c’est celui d’une chanteuse, et elle me dit « demain
tu viens à la réception, tu donnes ce nom et ils t’emmèneront me voir ».
Si tu as le temps tu viens à 10h pour boire un café et discuter.
– Pas de soucis à demain.

Je ne suis pas allé au rendez-vous, jamais. C’est impossible.

On est pas venus pour acheter des papiers, on est venus pour gagner la liberté. »

Avec ou sans papier, ce n’est pas la police qui nous empêchera de continuer à lutter.
Face aux arrestations, à l’enfermement, aux expulsions, nous savons montrer notre solidarité, lorsqu’ils s’en prennent à l’un d’entre nous, c’est à tous qu’ils s’en prennent.
Ni soumission, ni collaboration, flics porcs assassins !

Des révoltés avec ou sans papier

Source: Indymedia Nantes, 27 septembre 2011

[GRECE] Compte-rendu de la manifestation de solidarité pour les personnes arrêtées lors de la dernière grève générale

Petralona, Athènes, manifestations de solidarité pour les personnes arrêtées les 28 et 29 juin

Mardi 5 juillet a eu lieu à Petralona vers le centre d’Athènes, une manifestation de plus de 150 personnes en solidarité pour les arrêtés de la manifestation de la grève générale  du 28 et 29 juin. Cette manifestation a été appelée par l’assemblée de quartier de Petralona–Koukaki–Thissio.
Les résidents ont défilés dans beaucoup de rues d’Ano Petralona/KAto Petralona (le quartier est divisé en deux par une ligne de métro).
Des slogans militants ont été clamés, tels que :
« Tous dans les rues et les places- Assemblés populaires dans tous les quartiers. »
« Si nous ne résistons pas dans tous les quartiers, les villes dans lesquelles nous vivons deviendrons des prisons modernes. »
« Frappe et bat tous les juges- la justice est une question de classe. »
« La solidarité est notre arme- Guerre contre la guerre des patrons. »
« Ni à Petralona ni ailleurs- Détruisons les fascistes dans tous les quartiers »
« Armons-nous maintenant ou jamais ! »
Quand la manif a atteint les locaux du PASOK, le parti au pouvoir, rue Ious, les manifestants ont écrit des slogans sur la façade et l’ont recouverte par des tags les logos. Un groupe multiracial de jeunes en skat et à vélo menaient le rassemblement.

Une nouvelle assemblée populaire a eu lieu dans la soirée (Kato Petralona) du 7 juillet à l’extérieur de la station de métro Petralona (du côté de la rue piétonne).

Sources: sinoikiesfilopappou.wordpress.com, athens.indymedia.org

 

 

Appel de solidarité face à la répression et au sujet des arrestations de manifestants lors de ces deux journées de grève générale

 

Traduit par Contra-Info, 10 juillet 2011

[ANTI-G8] Retour sur les mobilisations décentralisées contre le sommet du G8 de Deauville

Reçu par mail

Bonsoir, un petit compte-rendu vite fait de la manif de ce soir à Caen.

Environ 500 manifestant-e-s, plus pour certains (jusqu’à 700 au plus fort). C’est honorable pour une manif de ce genre, et probablement plus qu’espérer par les plus pessimistes d’entre nous (dont moi). La manif était légale et le parcours déposé. (Pour moi c’est la deuxième fois en 40 ans de militantisme !!) Présence policière plus que massive et beaucoup plus visible qu’au Havre. En fait on a souvent défilé entre des rangées de flics ne laissant ouvert que le parcours prévu. A noter devant la préfecture la présence de grilles de protection pour les flics et un canon à eau. Mais aucune présence policière pour protéger la mairie PS. La sarkozie ne sait pas remercier ses mercenaires. Double ridicule pour la politique de la tension relayée par Duron: aucun incident, même mineur, et beaucoup de magasins sont restés ouverts. Voilà, un communiqué de presse est en cours de rédaction. Bonne soirée à tout le monde. Demain repos !

 Des photos d’un camarade sur le site de Résistance-Caen

Manifestation, arrestations, occupation: la journée anti-G8 de l’intérieur

Dans ce genre de mini-opération commando, on ne sait jamais jusqu’où on va réussir à aller. Les activistes anti-G8, qui mènent cette semaine des actions décentralisées contre le sommet de Deauville, avaient planifié l’opération depuis longtemps.

D’un côté, ils ont abreuvé les sites militants d’appels à une manifestation, métro Stalingrad à Paris, pour constituer un cortège conséquent et attirer l’attention de la police et des médias. De l’autre, ils ont bûché sur un rendez-vous confidentiel, à garder secret jusqu’au dernier moment : l’invasion financière de l’agence de notation Standard and Poor’s, à la même heure, dans le VIIIe arrondissement. Les Inrocks étaient présents aux deux endroits.

Dans le meilleur des cas, le défilé “officiel” (mais non déposé en préfecture) parvenait à rejoindre les trublions de l’agence. Dans le pire, tout le monde se faisait arrêter pour une manifestation non déclarée et une occupation illégale.

Le bilan se trouve entre les deux : pendant que le hall de Standard and Poor’s a servi de terrain de jeu pendant une bonne heure, les manifestants de Stalingrad étaient encerclés et leurs identités contrôlées. 99 interpellations explique la préfecture, dont 95 contrôles d’identité et quatre gardes à vue pour port d’armes prohibées.

Avec Nina, une militante anti-G8 plutôt tendance écolo – l’opération réunit diverses chapelles, de l’autonome à l’altermondialiste, ainsi que quelques clowns – on entre dans le hall de Standard and Poor’s. Une vingtaine d’activistes sont là, discrets. Ça n’a pas l’air d’affoler la sécurité.

Une petite grappe se détache et cavalcade dans les escaliers pour essayer de rentrer dans les bureaux de l’agence de notation. Pas moyen pour le moment. L’attitude de ces invités qui sautent les portiques de sécurité commence à intriguer les salariés de l’accueil. La manif commence.

Ils viennent pour “dénoncer le capitalisme et ses ravages sociaux”, au siège d’une agence qui “note les Etats et impose des politiques d’austérité sous peine de dégrader leur note”. Ils l’expliquent dans un communiqué :

“Pour nous, cette occupation constitue un moyen de pointer du doigt ce à quoi nous nous opposons quotidiennement: un système économique et politique qui favorise les multinationales, les banques et les institutions financières au détriment des peuples, mondialisant l’austérité et les guerres, provoquant la destruction de l’environnement et générant l’individualisme et la destruction des liens sociaux.”

Nous, on reçoit des gens qui n’ont rien à voir avec vos problèmes”, tente un responsable de la sécurité. Peine perdue, les militants déploient une banderole “Boursicoteur viendra ton heure” sans se troubler. Pour l’instant, les dames de l’accueil sourient toujours. Elles doivent penser que ça ne vas pas durer longtemps, ces trucs de jeunes.

Au bout d’un moment, le sol est couvert de pancartes pour figurer le Monopoly de la finance mondiale. Les anti-G8, sans rien casser, collent des petits autocollants partout, sur les murs, sur le sol. Dessus : “G8-G20 Mettons fin aux privilèges – décapitalisme”. Ils lâchent des billes de peinture, déplacent des lampes et finalement flanquent un canapé en travers de l’entrée. Les salariés et les visiteurs, intrigués, le prennent plus ou moins bien.

L’arrivée d’une délégation de Standard and Poor’s, désignée (sans doute à la courte paille) pour négocier, tourne au dialogue de sourds.

“Pourquoi vous continuez à noter des pays? Pourquoi, éthiquement parlant, vous continuez à travailler pour cette compagnie ?, demandent les manifestants à deux femmes en tailleur lookées Wall Street.

– On peut vous expliquer notre rôle. Il y a un marché où les gens prêtent et empruntent. C’est nécessaire à la marche du monde.

– C’est le système qui vous a rendus nécessaires.

– On est un thermomètre, madame, pas les responsables du système capitaliste.”

La discussion se poursuit mais devient franchement ennuyeuse. La police, qui est arrivée, essaie de piger ce qui se passe. “C’est quoi vos revendications?” “Pas de G8, pas de G20, pas d’agences de notation.” Le bleu répète à son chef à la radio. Un coursier salue l’accueil en passant : “Bon ben bonne journée, bon courage.

Dans le hall de l’agence, c’est un gros bordel dans une bonne ambiance. Marcios fait un petit point d’étape :

Pendant que deux policiers discutent (“Qu’est-ce qu’ils ont fait dans le bureau ?” “Ils ont mis du scotch”), les activistes débattent assis en rond. De l’intérêt ou non de se faire arrêter. D’aller ou non rejoindre les derniers manifestants de Stalingrad pas encore embarqués au commissariat. La diversité d’inspirations leur joue des tours.

Xavier Renou, le VRP des Désobéissants, en costard, ferait bien le poids mort. “Y’a la télé, c’est l’occasion de faire de belles images d’évacuation.” “Moi je suis pas là pour faire des images”, lui rétorque un militant, qui comme beaucoup ne voulait pas voir son visage apparaître. Ce matin à Paris, la finance mondiale n’a pas tremblé, mais elle mettra quelques heures à faire le ménage dans son hall.

Leur presse – Les Inrocks (Camille Polloni & Vincent Barros), 26 mai 2011

Des anti-G8 occupent les locaux de Standard’s and Poor à Paris

Une vingtaine de militants altermondialistes a occupé pendant plus d’une heure, jeudi 26 mai au matin, les locaux de l’agence de notation Standard’s and Poor à Paris. « C’est pour nous l’un des plus importants symboles du capitalisme financier actuel et des plans d’austérité », a expliqué un militant joint par téléphone. « On fait en sorte que le coût de l’irresponsabilité des marchés soit assumé par la majorité de la population, notamment par les plus vulnérables », s’indigne le communiqué de ces militants anti G8, publié sur leur site Internet. « Cette occupation constitue un moyen de pointer du doigt ce à quoi nous nous opposons quotidiennement : un système économique et politique qui favorise les multinationales, les banques et les institutions financières au détriment des peuples », écrivent-ils encore.

Un collectif de militants altermondialistes avait appelé sur Internet « une horde débonnaire et clandestine » à occuper « un symbole bien connu de la manigance capitaliste », en parodiant les noms d’organisations internationales, comme l’Organisation des téléspectateurs anarco-nihilistes (OTAN), la Fédération malgache des insoumis (FMI) ou encore le Groupe invivable des garçonnières du Nébraska (GIGN).

Les militants sont entrés dans le hall, ont distribué des tracts dans les locaux et discuté avec les responsables de l’agence de notation à Paris. Ils ont quitté les lieux dans le calme, suivis de près par la police.

Peu auparavant la police a empêché une cinquantaine d’autres militants s’étaient donnés rendez-vous dans un autre lieu de Paris de se joindre à cette action. Selon des manifestants sur place, les altermondialistes ont été « encerclés par un déploiement considérable de policiers » et ont « été amenés au commissariat du 18e arrondissement ».

Leur presse – LeMonde.fr, 26 mai 2011