[Lyon] A propos de la pseudo-implantation des JN et identitaires dans le quartier de la Guillotière…

Maîtres chez nous ???

Guillotière vs jeunesse nationaliste : 3-0

Le quartier de la Guillotière est l’exemple d’un quartier ou vivent ensemble de nombreuses cultures, nationalités et religions.

Tout cela dans une bonne humeur et une coexistence pacifique.

L’antithèse de l’extrême-droite lyonnaise véhiculant lâches violences, fantasmes racistes et apocalyptiques. Plusieurs groupuscules ont tenté d’y produire leurs absurdes théories :

les jeunesses identitaires tenteront le buzz à la guillotière en organisant un apéro « saucisson -pinard ». Motivant leur action sur le témoignage d’un habitant de la Guillotière se plaignant de l’impossibilité d’acheter porc et alcool dans sont quartier.

L’identité du « témoin » se révélera être un responsable identitaire habitant les Monts du Lyonnais.

Plusieurs établissements ont été victimes d’agressions.

Les jeunesses nationalistes, sous la direction du communicatif mais néanmoins très peu sympathique Alexandre Gabriac ont voulu démontrer qu’ils étaient autant, si ce n’est plus bêtes que leurs comparses.

Acte1:

La manif des « sous-chiens »

Les jeunesses nationalistes essaient de démontrer au monde entier que la Guillotière est une zone de non-droit où sont persécutés les ressortissants français de « race blanche » dit « souchiens », ortoghraphié de cette manière, cette expression fait allusion au mot « la souche ».

Devant tant d’inepties, une mobilisation populaire du quartier permettra d’obtenir l’interdiction de la manifestation.

Le fantasme d’une manifestation de plusieurs milliers de sous-chiens en révolte contre le racisme anti-blanc se terminera en un rassemblement de quelques dizaines de personnes à plusieurs kilomètres de l’endroit initialement prévu (gare de la Part-Dieu). Yvan Benedetti éructera un semblant de discours sous la protection de la police puis au cris d’un fantasmagorique « maîtres chez nous » prendra la direction du commissariat.


Alexandre Gabriac qui quelques jours auparavant exhortait ses troupes à participer à la manifestation coûte que coûte brillera par son absence.

Quelques partisans de JN non informés par leurs chefs du changement de plan auront l’occasion de « débattre » avec des habitants de La Guillotière sur le bien-fondé du racisme.

Guillotière vs jeunesse nationaliste : 1-0

Acte 2:

La maison bleue

Depuis de nombreuses années le groupe « mère » (Oeuvre française) des jeunesses nationalistes possédait un local au 16 rue de Marseille dans le quartier de la Guillotière.

Pendant une quinzaine d’années le local a vécu très discrètement.

Puis est arrivé Alexandre Gabriac à Lyon. Conscient de son rôle de grand führer de l’extrême-droite lyonnaise, celui-ci y organisa des réunions avec tout le gratin de l’extrême-droite locale.

L’opération Lyon main-propre rendra ces informations publiques.

Ces faits ne manqueront pas d’attirer l’attention des habitants du quartier.

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Suite à cela les « maître chez-nous » ne trouveront d’autre solution que de condamner l’entrée de leur propre local.

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Finalement, en novembre-décembre 2012 le local sera victime d’un malencontreux incendie.

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Arnaques à l’assurance ou colère populaire, la question n’est pas éclaircie à ce jour mais ce qui est certain, c’est que depuis plus de 6 mois ce local est laissé à l’abandon par ses propriétaires …

Guillotière vs jeunesses nationalistes : 2-0

Acte 3:

le mariage gay

Dans le contexte des campagnes homophobes contre le mariage gay et pour (tenter de) prouver que les JN sont les plus virulents, ces derniers tentent d’organiser l’occupation du local du Parti Socialiste afin de protester contre le mariage pour tous et la « re-pénalisation de la sodomie ».

Trouvant les portes du parti socialiste fermées (Cours de la Liberté), ils seront rapidement isolés d’un grand nombre d’habitants du quartier accouru sur les lieux par la police.

Certaines personnes du quartier demanderont aux forces de l’ordre de leur laisser régler le problème. Un habitant joignant le geste à la parole réussira à passer le barrage des forces de l’ordre afin de gifler M. Benedetti.

Ces derniers règleront la situation en interpellant Mr gabriac, Benedetti, Colombet ainsi que 6 de leurs comparses en les conduisant au commissariat, loin de la Guillotière.

Témoignage d’un riverain ici

Guillotière vs jeunesse nationaliste: 3-0

La stratégie des JN serait-elle de se mettre des coups de marteaux sur la tête afin de pouvoir se plaindre d’avoir des bosses sur le crâne ?

C’est bien là leurs problèmes et ce qui est sûr c’est que :

La seule chose qui ne puisse trouver sa place à La Guillotière c’est le racisme. 

Reçu par mail, 21/04/2013

[Besançon] Manif antifasciste & antiraciste samedi 23 mars 2013 15 h place de la révolution

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Appel à une manifestation le 23 mars à Besançon suite aux récentes agressions racistes et néo-nazies ; plusieurs organisations étaient présentes lors de la réunion de préparation de cette manifestation comme la CNT, le Collectif Antifasciste de Besançon, l’Initiative Communiste-Ouvrière, l’AMEB et SOS Racisme :

En Franche-Comté, depuis plusieurs mois, des groupuscules néonazis commettent des agressions.

Présents depuis longtemps à Besançon et dans la région, ces groupes, qui véhiculent des idées nationalistes, identitaires et fascistes, sont aussi des adeptes de l’action violente : parades para-militaires et saluts nazis, gazage devant un bar pendant un concert, passages à tabac ciblés (couleur de peau, orientation sexuelle, engagement politique)…

Dans un contexte où racisme et homophobie sont banalisés et où les extrême-droites s’affirment en Europe, ces faits inacceptables, toujours impunis, nous poussent, nous Bisontin.e.s, à nous organiser pour stopper les agressions racistes et fascistes.

Si nous ne voulons pas du fascisme et ne voulons pas avoir peur de nous faire agresser, c’est entre autres par une mobilisation large que nous pourrons le prouver et montrer à ces groupuscules que leurs idées nauséabondes ne seront jamais les bienvenues à Besançon.

Pour participer à la résistance et aux luttes : Agissez individuellement et collectivement, soyez vigilants et informez-vous : lahorde.samizdat.net •fafwatchfc.noblogs.org  cabesancon.wordpress.com

TÉLÉCHARGER LE TRACT AU FORMAT PDF

“Ni Dieu, Ni Maître”… sauf maîtres bouchers ?

Décidément… ça ne s’arrange pas à Radio “Libertaire et à la Fédération “anarchiste”.

MangeTaViandeIl y a bientôt 3 ans, la plus “rebelle” des radios nous gratifiait déjà d’un étrange spectacle radiophonique teinté racisme et de banalisation de thèses fascisantes à propos d’Islam (un autre sujet sur lequel la F.”A” n’est franchement pas non plus très à l’aise – genre on aime pas “la religion, mais surtout celle qui vient d’ailleurs”). Cette fois, c’est au tour de l’émission traitant de véganisme et d’antispécisme “Le Vivre Ensemble” d’être supprimée purement et simplement de l’antenne pour “propagande antispéciste”, en gros.

A la F.A et chez les “anti-autoritaires” assimilés, la chasse aux véganEs continue donc.  L’occasion pour nous de revenir sur cette nouvelle lubie militante et d’en toucher quelques mots aux concernés.

L’été dernier (Aout 2012), c’est à une scène de lynchage collectif de végan-e-s et végétarien-ne-s qu’ont pu assister les gens qui se sont rendus aux “rencontres internationales de l’anarchisme” organisées par l’I.F.A à Saint Imier en Suisse. En effet après que plusieurs anarchistes véganEs se soient opposées à la tenue d’un barbecue payant en plein milieu de la cour où les cantines préparaient et servaient leurs repas. Plusieurs militants se sont alors littéralement sentis pousser des couilles. Il faut savoir que les cantines étaient également entièrement végétaliennes et à prix libre (tant qu’on reste dans les cuisines et qu’on la ferme :  “tout va bien”). Cet épisode d’une violence assez inattendue a donc été l’occasion de jet de canettes, de coups, d’insultes notamment sexistes, de menace de morts, etc…

Les Panthères Enragées, un collectif vegan et anti-autoritaire, raconte dans son récit les évènements

veganarchistDéterminés à ne pas en rester là (la lutte contre le véganisme étant décidément un combat qui demande beaucoup d’entrain militant, d’encre et de mauvaise foi),  les fiers à bras de la F.A et leurs amis (quelques uns de l’O.C.L, avec qui ce n’était pourtant pas la joie, mais enfin la haine du végan : ça réconcilie) se sont grassement lâchés sur ces “emmerdeurs de végans” venus gâcher la petite fête commémorative pour vieux barbus et jeunes recrues, le tout dans le consensus sur les “bonnes vieilles traditions”. Notamment, et respectivement dans un article du “Monde Libertaire” sobrement intitulé “Les animaux, ils sont gentils” et un encart du “Courant Alternatif” au titre lui aussi ronflant :  “La «société anar», une Suisse qui mangerait vegan ? Au secours, fuyons !”.

L’article du M.L est sensiblement plus subtile : il ne critique que l’antispécisme en se gardant bien d’aborder la question du véganisme comme partie d’un tout -l’idée de libération totale- et non comme lutte partielle, et donc aussi de la question de la nature. Aussi, on a droit à un détournement et une récupération en bonne et due forme de la critique de l’exploitation animale et de la destruction de la nature qui pourrait se résumer ainsi ” oui la prédation c’est mal, la surpêche c’est pas bien, l’épuisement des ressources, la pollution, l’empoisonnement des terres, mais on veut continuer à manger pareil, ne pas questionner notre mode de vie… blablabla et le véganisme est une dérive sectaire”. Des affirmations, des raccourcis, des amalgames, des généralités suffisantes, du recouvrement du discours, le tout pour assez peu d’argumentaire. Surtout une ignorance crasse et une mauvaise foi de militants chevronnés pour justifier les statuts (puisque le véganisme n’est pas le bienvenu à la F.A, et l’antispécisme simplement interdit. Oui oui… vous avez bien lu).

Globalement, les deux articles font dans ce qui se fait de mieux en matière d’antivéganisme primaire : argumentaire réac sur la “liberté de manger ce qu’on veut”,  clichés honteux (“les végans sont une secte, ils n’ont rien à voir avec l’anarchisme”), victimisation (“ils nous empêchent de manger de la viande”) et mythomanie compulsive.

Le mensonge, en effet, l’encart du Courant Alternatif en donne un bon exemple à propos de l’épisode du barbecue mentionné plus haut :

“Bien entendu, la plupart des personnes présentes à Saint-Imier n’ont pas osé réagir à cette offensive basée sur la culpabilité […] et le barbecue n’a pas été défendu.”

Ce qui ne colle évidemment pas avec toutes les autres récits de ce qui s’est passé à ce moment là sur place (et notamment la déclaration des vegans anarchistes venus interrompre la réunion de clôture des rencontres)… Mais bref : passons. Après tout le lynchage de végans reste une “anecdote” dans “la lutte contre le sectarisme” façon anarchisme organisé.

Des mensonges (au moins par omission), il y en a clairement des plus graves. Notamment concernant Walter Bond, accusé de “faire partie de la secte des vegans” et d’exemplifier la “dérive”. Pour résumer, Walter Bond était un anarchiste végan américain qui s’est revendiqué ouvertement de l’anarchisme et est connu pour son engagement (et son emprisonnement pour cette raison) dans les mouvements de libération de la terre, libération animale, écologiste et notamment de l’ALF (front de libération des animaux). Le problème, c’est que Walter Bond n’est plus anarchiste et qu’il s’est mis à développer des thèses “pro-vie” (…surtout pro-mort pour les femmes qui avortent) et anti-avortement qui sont liées à sa conception du “hardline” plus qu’au véganisme. Il s’est depuis converti à l’Islam. Le tout depuis qu’il est en prison.

Sans discuter du fond du “cas Walter Bond” (que nous ne pouvons raisonnablement plus reconnaître comme un compagnon ou camarade, en dépit de son engagement d’autre fois et de ses textes passés), il nous semble élémentaire de rappeler deux choses importantes eu égard des sous-entendus fait par ces articles. Premièrement, il faut savoir que les cas de changements brusques de personnalité, de revirements politiques ou de “révélations mystiques” sont malheureusement assez fréquents en prison. En outre, et c’est pour nous une évidence : la prison détruit les individus et abîme le corps et l’esprit. C’est une des raisons principales pour lesquelles nous, anarchistes, sommes contre toutes les prisons, tout enfermement et tout type de contrôle social. Sans affirmer que Walter Bond pense ce qu’il pense de ce seul fait (ce qui serait insultant), ni l’excuser non plus (ce qui serait complaisant), on se dit qu’on ne peut pas n’envisager qu’une lecture simpliste de ce qu’est la vie en prison et de l’effet de l’enfermement sur les êtres. Deuxièmement, il nous parait essentiel de rappeler que de nombreux camarades et compagnon-e-s (les vegans en tête) se sont élevés pour dénoncer le fait que des gens comme Walter Bond tiennent des positions anti-avortement au sein de mouvements révolutionnaires et plus particulièrement écologistes radicaux. Seulement, la “dérive” en question a plus à voir avec le mysticisme vitaliste et le naturalisme abstrait qui gangrènent une partie du mouvement écologiste radical qu’avec le véganisme à proprement parlé. Mais le problème c’est aussi que Walter Bond a été soutenu spécifiquement jusqu’à récemment par des collectifs de l’Anarchist Black Cross (La croix noire anarchiste, qui soutient les prisonniers anarchistes et anti-autoritaires partout dans le monde et lutte plus  généralement contre toutes les prisons – collectifs auxquels participent de manière notoire de nombreux membres des fédérations anarchistes de l’I.F.A).

Et ça évidemment, l’article en question évite soigneusement de le mentionner parce que ça fait de la question d’individus comme Walter Bond et des positions qu’ils réussissent à tenir un débat qui concerne tout le mouvement anarchiste au sens large et même les révolutionnaires en général, et non seulement “les végans”.

Revenons en donc au fait. Il y a un peu moins d’un mois, après le lynchage d’été et l’article anti-végan : la F.”A”via Radio “Libertaire” récidive pour la nouvelle année. C’est donc cette fois ci à une censure en bonne et due forme à laquelle les gens qui animaient la seule émission consacrée à l’antispécisme et au véganisme  de la bande F.M ont eu droit.

Merci Radio “Libertaire”. La raison ?

La même que celle évoquée plus haut. Les statuts de la fédération “anarchiste” (plus précisément des “mandats”) interdisent tout simplement la “propagande antispéciste” auquel est amalgamé tout discours sur la libération animale assimilée à une forme de “libéralisme”, qui “nie la lutte des classes”, et “réduit la liberté jusqu’à vider cette notion de son sens”… Bref, le baratin habituel…

Mais on en apprend de belles en lisant les statuts ! (avis aux militants…). Nous qui pensions justement étendre la notion même de lutte en parlant de libération animale et de donner tout son sens au concept liberté en pensant et en luttant pour la libération totale sans nier la question des classes ou les autres luttes (bien au contraire). On avait donc tout faux ! Le libéralisme n’est pas du coté des gens qui ne trouvent comme argumentaire que de flasques “je fais ce que je veux”, ou “j’aime trop la viande” à opposer à la question animale. Il n’est pas donc pas du coté des gens qui rejettent un anarchisme prétendument “lifestyle” pour défendre leur mode de vie à la fois si moderne et si traditionnel, et le “petit commerce” à l’occasion. Le “libéralisme” serait donc du coté d’individus et de groupes qui luttent pour étendre les principes d’émancipation, donner tout son sens au concept de liberté (toute la liberté, et non en inventer une “nouvelle définition spécifique”), et contre la hiérarchisation des luttes précisément.

Merci les statuts de 1995 !

Plus sérieusement, cet acharnement et cette “chasse aux sorcières” contre les vegans à la FA et dans l’anarchisme formel en rappel d’autres, toujours au goût du jour et qui reviennent régulièrement comme un boomrang. Celle contre les “insurrectionnalistes” ou les “totos” (“avec qui il faut pas traîner”). Celle contre les féministes aussi… En bref, contre les anarchistes et anti-autoritaires qui tentent de porter des discours, des pratiques, et des actes qui dépassent le cadre militant traditionnel et font déborder le cases étriquées de l’organisation formelle et sa bureaucratie. Organisation qui a besoin de cadres plus rigides qu’il n’y paressent, où les mécanismes de décision collective sont si souvent brouillés, d’un formalisme administratif virant à l’absurde, d’une cohésion idéologique (pour ne pas parler de “ligne”) qui supporte mal la pluralité et la remise en cause, et donc d’irrémédiables ennemis intérieurs et d’épouvantails militants à chasser pour consolider la structure -souvent monolithique- du bateau qui n’en finit plus de fuir de partout.

images (1)Et ce n’est pas qu’une métaphore. Bien heureusement pour eux et elles, et à mesure qu’ils et elles se rendent compte qu’on se passe très biens d’organisations formelles pour s’organiser, de plus en plus de groupes se dé-fédèrent et d’individuEs désertent ces coquilles vides devenues des mouroirs et des chapelles aux mains des gardiens du temples où on cultive l’esprit de secte, la dépression nerveuse et le conformisme militant le plus stérile, hermétique au renouvellement de la pensée critique et des pratiques de luttes. Où on cultive aussi une sorte de “non-violence à géométrie variable” (à part pour le service d’ordre) qui ne dit pas son nom et exclue systématiquement de leurs soutiens ceux ou celles qui choisissent des modalités d’action plus offensives. Actions contre lesquelles on dispense à l’occasion et régulièrement des communiqués ou des articles moralistes (du moins pour toute action directe qui se passe à moins de 1000km). En bref, où on cultive l’image de l’anarchisme respectable : “les anarchistes, ils sont gentils”.

Ce visage, en dépit de certaines exceptions, est aujourd’hui très globalement celui de l’anarchisme d’organisation à la française. Celui qui s’est auto-célébré en Suisse l’été dernier en s’appropriant la mémoire de l’internationale anti-autoritaire. C’est en tout cas le visage de ce qui y domine.

Mais nos révoltes, nos luttes et nos vies ne tiennent pas dans leurs statuts…

Quelques anarchistes végans.

Source: Le Cri du dodo, 6 février 2013

Soutien inconditionnel à Saïdou (ZEP) et Saïd Bouamama, poursuivis en justice pour la publication de Nique La France: devoir d’insolence

Du droit de niquer la france

Le devoir d’Insolence devant les tribunaux

C’est officiel : pour avoir publié ensemble un livre-disque intitulé Nique la France, Saïdou de la ZEP et Saïd Bouamama sont mis en examen pour… racisme antifrançais ! En guise de premier geste de soutien, dans une lutte qui va être longue et difficile, nous republions un premier hommage rendu, dès sa sortie il y a quelques années, à l’un des objets du litige : la chanson de la ZEP – assorti de quelques réflexions sur la question plus large du droit, pour un non-blanc, de niquer la France… et de le dire !

Il y a quelques années, dans un passionnant entretien accordé à la revue Mouvements, Saïdou abordait déjà la question :

« Quand tu prends clairement position contre le privilège racial blanc en France, tout le monde, y compris les gens qui subissent ces discriminations eux-mêmes, vient te voir pour te dire “attention, tu bascules dans la victimisation, le racisme anti-blanc…”. Quand tu prends position là-dessus en tant qu’artiste, ce n’est pas reçu comme tel : on va te définir comme un arabe issu de l’immigration, pas comme un intellectuel ou un artiste. Alors que si Blanchard [1] dit la même chose, tout le monde va dire “Oui, effectivement, c’est indéniable…”. Ou du moins, on ne va pas bondir de la même manière que si c’est moi qui le dis. Il y a un traitement raciste de l’analyse que fait un individu. Le blanc qui siffle la Marseillaise, on va le tolérer plus facilement que l’arabe qui la siffle… L’Arabe sera un “raciste anti-français”, le blanc sera juste un “gauchiste”. L’Arabe n’a pas le droit d’être un gauchiste !

Quand il y a eu les sifflets du Stade de France, on s’est amusé à faire le test : on a joué la Marseillaise en concert, et évidemment presque tout le monde a sifflé, et pas seulement les Arabes ! On a même demandé aux Noirs et aux Arabes de ne pas siffler, pour voir, et évidemment les blancs ont sifflé eux aussi ! Il faut arrêter de se foutre de nous ! Comme si, en France, il n’y avait que les Arabes pour siffler la Marseillaise ! Comme si, chez les franco-français, il n’y avait pas d’anti-patriotisme… Comme si tous les blancs adoraient la Marseillaise, comme si les noirs et les Arabes étaient seuls à la siffler… »

Un an plus tard, il joint le geste à la parole, en enrôlant dans son entreprise de sédition des séniors tout ce qu’il y a de plus blancs. Comment comprendre la chose ? L’arabe est-il devenu gauchiste, ou bien les gauchistes se sont-ils arabisés ? Peu importe, en vérité. Ce qui est certain, qu’on le déplore ou qu’on s’en réjouisse, c’est que – comme le chantait il y a bien longtemps un certain Bob Dylan – les temps changent !

Note:
[1] Allusion à Pascal Blanchard, chercheur travaillant sur l’histoire coloniale et la transmission de l’imaginaire colonial, auteur notamment du recueil collectif La fracture coloniale, paru aux Éditions La Découverte en 2005.

Source: Collectif Les Mots Sont Importants, 18 octobre 2012

Lire également De l’urgence d’en finir avec le « racisme anti-blanc »

“Nique la France”: un rappeur et un sociologue poursuivis par une association d’extrême droite

Mis en examen pour un ouvrage et une chanson intitulés Nique la France, Saïdou, rappeur, et Saïd Bouamama, sociologue, se réclament d’une longue tradition pamphlétaire. Ils sont soutenus par une pétition.

NTM, Sniper, La Rumeur, Youssoupha… Les artistes hip-hop passent devant la justice depuis que le monde est rap.

Dernières cibles : le chanteur Saïdou du groupe ZEP (Zone d’expression populaire) et le sociologue Saïd Bouamama se voient mis en examen pour“injure publique” et “provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence” sur une plainte de l’Agrif (Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne), association située à la droite du FN. L’Agrif s’intéresse de près au “racisme anti-Blanc”,récemment piqué dans l’argumentaire d’extrême droite par Jean-François Copé.

En cause, un ouvrage et une chanson du même nom, Nique la France,sortis conjointement en 2010 dans une démarche intellectuelle et artistique commune : “On vise deux publics différents, l’idée était de les faire converger. On voulait sortir un outil nouveau, mêlant recherche et art”, expliquent le rappeur et le sociologue.

Pour eux, ce titre provocateur n’est pas une fin en soi. Leur collaboration reflète cette intention. Pour Saïdou le musicien, “c’était à l’époque une réponse à ‘la France, tu l’aimes ou tu la quittes’ et au ministère de l’Identité nationale créé par Nicolas Sarkozy.

Nique la France incarne une expression populaire, spontanée et politique. Qu’on le veuille ou non, elle existe et on l’entend tous les jours dans les quartiers, alors pourquoi ne pas en faire une chanson ?” Saïd Bouamama complète : “Nous voulions comprendre ce que les jeunes veulent dire à travers cette expression. Et ce qu’ils expriment, c’est le sentiment d’être méprisés et insultés. Derrière, (…) il y a une demande d’égalité.”

S’inscrivant dans une longue tradition pamphlétaire d’artistes engagés contre l’État français – la “nation de porcs et de chiens” d’André Breton,“le temps que j’baise ma Marseillaise” de Léo Ferré, le “votre République, moi j’la tringle” de Renaud -, Saïdou et Saïd Bouamama ont choisi d’assumer un Devoir d’insolence, nom de leur comité de soutien. Car l’inégalité dont il est ici question concerne aussi la liberté d’expression. Le sociologue l’interroge ainsi : “Pourquoi Jean-Pierre peut-il dire qu’il n’aime pas le drapeau et pas Mohamed ?” Du côté de l’Agrif, porter plainte contre des oeuvres touchant à l’identité française et chrétienne est devenu un véritable fonds de commerce. Généralement déboutée par les tribunaux, l’Alliance s’est déjà attaquée au cinéma, avec une plainte contre Amen de Costa-Gavras, aux Guignols de l’info, à la presse, en visant à cinq reprisesCharlie Hebdo, ou encore à des oeuvres littéraires, des associations ou des hommes politiques.

Le comité de soutien Devoir d’insolence lance une pétition qu’il est possible de consulter et de signer sur le site des Inrockuptibles. En attendant de connaître la date du procès des deux Saïd, des collectifs se constituent un peu partout en France, afin d’éviter que ne s’installe “une liberté d’expression à deux vitesses”.

Leur presse – Les Inrocks.com (Basile Lemaire), 28/11/2012 à 06h21

 Ci-dessous la pétition de soutien, pour le devoir d’insolence:

Devoir d'insolence

Le rappeur Saïdou du groupe Z.E.P (Zone d’expression populaire) et le sociologue et militant Saïd Bouamama ont été mis en examen pour « injure publique » et « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » sur une plainte de l’Agrif, un groupe d’extrême droite nostalgique de l’Algérie française. En cause, un ouvrage et une chanson du même nom, Nique la France, qui assènent en refrain :

« Nique la France et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes / Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes. »

Comme des millions de gens à travers le globe ces dernières années, les deux auteurs ont attaqué le colonialisme et le système capitaliste et impérialiste. Comme beaucoup d’entre nous, ils dénoncent une idéologie toujours très en vogue : le racisme, sous ses formes les plus courantes mais aussi les plus décomplexées. Comme de nombreux habitants des quartiers populaires, ils ont crié leur colère contre les inégalités, les discriminations et la justice à double vitesse.

S’inscrivant dans une longue tradition pamphlétaire des artistes engagés en France contre l’État français, du « nation de porcs et de chiens » d’André Breton au « le temps que j’baise ma Marseillaise » de Léo Ferré en passant par le « je conchie l’armée française »d’Aragon ou le « votre République, moi j’la tringle » de Renaud, Saïdou et Saïd Bouamama ont choisi d’assumer leur « devoir d’insolence » afin d’interpeller et de faire entendre des opinions qui ont peu droit de cité au sein des grands canaux de diffusion médiatique.

Mais voilà, cela dépasse, choque et insupporte qu’une telle parole puisse être portée, d’autant plus quand elle l’est par ceux qui subissent en premier lieu les politiques racistes et antisociales. Lorsque des Noirs ou des Arabes font le choix de sortir de l’invisibilité et du mutisme afin de décrire la réalité telle qu’elle est – violente, inégale et destructrice – la droite extrême, l’extrême droite ou encore l’État s’emploient à tenter de convaincre l’opinion publique de l’illégitimité de ces discours.

NTM, Sniper, Ministère Amër, Mr. R, La Rumeur, Youssoupha ou Houria Bouteldja sont autant de rappeurs et militants attaqués ces dernières années pour des paroles jugées trop irrévérencieuses. Pourtant, tous n’ont fait que porter publiquement l’expression populaire du rejet des discriminations et de la stigmatisation des quartiers populaires, des Noirs, arabes et musulmans.

En signant cette pétition, nous exigeons que les poursuites contre Saïdou et Saïd Bouamama soient abandonnées. D’accord ou pas d’accord avec les propos et les formulations incriminés, nous défendons leur droit de les tenir. L’extrême droite veut interdire le droit de chanter la révolte, imposons le droit de l’exprimer sans entraves.

Comité de soutien Devoir d’insolence

Ils ont déjà signé :
La Rumeur, YoussouphaCasey, Zebda, Scred Connexion, Rachid Taha, Mathieu Kassovitz, Amazigh Kateb,  Les Ogres de Barback, La Rue Kétanou,  Guizmo (Tryo), Imhotep (IAM), Les Ramoneurs de Menhirs, HK et les Saltimbanks, La Compagnie Jolie Môme, Dub Inc,  Elli Medeiros, Archie Shepp, Slimane Dazi, Axiom, Oai Star, Maitre Madj, Première Ligne (Skalpel, E.One et Akye), Siné,  Raphaël Confiant, Judith Butler, Rokhaya Diallo, Pascal Blanchard, Eric Fassin, Laurent Levy, Pierre Tevanian, Christine Delphy, Elie Domota, Olivier Besancenot, Houria Bouteldja,  Eva Joly, Noel Mamère, Sergio Cornado, Hervé Poly,  Xavier Mathieu, Clémentine Autain, Malsa Garcin.

Pour nous rejoindre et agir : devoirdinsolence@gmail.com

Page Facebook: https://www.facebook.com/devoirdinsolence

Site internet: www.zep-site.com

Signer la pétition en ligne

 Il est clair qu’il nous ait impensables de collaborer avec ce genre d’organisations pourris (LICRA, SOS Racisme), qui inversent les rapports dominants/dominés: ne nous associons pas avec ces porcs

Le livre de Saïdou (ZEP) et Said Bouamama, Nique la France: Devoir d’Insolence en téléchargement libre (cliquer sur la couverture du livre):

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[Besançon] Un comité d’accueil pour la droite universitaire de l’UNI-MET – Faculté de lettres, 20 novembre 2012

Le Chat Noir Emeutier reçoit et transmet:

Mardi 20 novembre 2012. Fac de Lettres de Besançon. Jour d’élection du CROUS.

UNEF et corpos diffusent leurs mensonges aux étudiant.e.s. V’là que les étudiant.e.s de droite UNI-MET viennent dans la cour de la faculté de lettres (Mégevand).

Peu avant 10h00 du mat’, la propagande de l’UNI-MET était en grande partie sabotée: en effet, de nombreux tracts déchirés jonchaient le bitume de la cour puis, une heure plus tard, ont été incendiés.

Un des militants du MET, qui venait de se faire arracher ses tracts, s’empressa de jouer les victimes auprès de l’administration de la fac et du CROUS… Sans oublier d’appeler ses amis de la préfecture de police. Un des types de la direction du CROUS dépêché sur les yeux, est allé remplir son rôle de flic en exigeant qu’un des perturbateurs du bon déroulement du scrutin « démocratique » lui donne sa carte d’étudiant. Ce dernier l’a clairement envoyé baladé sur un ton ironique et tout ceci devant des étudiant.e.s hilares.

 La jeunesse dorée de l’UNI est repartie de la fac de lettres en début d’après-midi sous escorte policière, par peur d’une agression de la part de hordes de barbares sans foi ni loi, cagoulés et vêtus de noir.

Sans revenir sur les idées puantes que ces « syndicats » défendent, ces jeunes bourgeois racistes n’hésitent pas à s’afficher régulièrement dans la rue avec les cathos contre le mariage homo et le droit à l’IVG, à organiser des débats avec des organisations fascistes, comme en avril 2012 sur la radio d’extrême-droite Radio Courtoisie avec, s’il vous plaît, l’UDJ (affilié au GUD) et le Casapound (néo-fasciste italien affilié au Bloc Identitaire). C’est sur l’affiche (ci-dessous), et c’est tout un programme…

Guerre aux supporters du fascisme !

[Belfort] Mobilisation contre le racisme et l’islamophobie lors du discours de Copé au meeting de l’UMP – 27 octobre 2012

Samedi 27 octobre 2012, un meeting de l’UMP se tenait à Belfort: Copé a tenu un discours (dans lequel il a dégueulé toute sa haine des musulmans comme à son habitude!), mais un collectif nommé « Résistance citoyenne » est venu devant les portes du meeting distribué des pains au chocolat et étendre une banderole contre l’islamophobie et le racisme de ce parti (qui finira bien un jour ou l’autre par s’allier politiquement avec leurs amis nazillons des identitaires).

Nationalistes, islamophobes et autres racistes, dégagez de nos vies !!!

Ci-dessous la reproduction de l’article de leur presse locale (Fr3 Franche-Comté, 28/10/2012 à 11h25):

Belfort : altercation entre le député Meslot et le collectif « Résistance citoyenne » en marge du meeting de J.F Copé

 Hier soir vers 17H30 devant la salle des fêtes de Belfort, avant un meeting de Jean-François Copé, ce collectif a accusé le député UMP Damien Meslot  d’être « raciste » et « islamophobe ».

Les huit membres de « Résistance citoyenne » ont été refoulés par le service d’ordre mis en place à l’occasion du meeting. Munis de banderoles et de petits pains au chocolat, ils étaient venus dénoncer des propos de Jean-François Copé qu’ils considèrent comme islamophobes. Ce dernier, au cours de son meeting, est brièvement revenu sur l’affaire du petit pain au chocolat.

Une vidéo de l’altercation

Cliquer sur la photo pour voir la vidéo

[Hongrie] Manifestation des Roms contre le fascisme à Miskolc – 17 octobre 2012

Hongrie: mobilisation rom contre une manifestation d’extrême droite

Plusieurs centaines de Roms ont défilé mercredi à Miskolc, dans l’est de la Hongrie, une mobilisation rare pour cette minorité qui protestait contre une manifestation du parti d’extrême droite Jobbik dans la même ville.

Environ 600 Roms ont défilé du quartier, où le Jobbik avait prévu de manifester plus tard dans la journée, jusqu’au centre-ville en scandant « A bas le Jobbik! » ou « Nous sommes ici chez nous! ».

Certains portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire: « Nous voulons la paix, la loi et une Hongrie sans nazis ».

« Il est triste que le gouvernement ait autorisé cet événement raciste », a estimé un participant, en référence à la manifestation du Jobbik au centre d’un quartier de lotissements, qui compte quelque 29.000 habitants. Le parti d’extrême droite a dit vouloir dénoncer à cette occasion une forte augmentation des « crimes roms » dans ce quartier.

La marche est une rare démonstration d’unité de la communauté des Roms, ont estimé ses organisateurs. Pour Aladar Horvath, chef du Mouvement des droits des citoyens pour la République, il s’agit de la plus grande mobilisation rom depuis de nombreuses années.

“C’est merveilleux de voir les Roms enfin se réunir et solidairement défendre ensemble notre dignité et notre honneur face au racisme », a-t-il dit à l’AFP.

Le cortège était entouré d’un étroit dispositif de police. Pour éviter les troubles, les autorités ont autorisé le défilé des Roms, à condition qu’il se termine avant celui du Jobbik.

La police craignait aussi la participation à la manifestation du Jobbik de membres de groupuscules d’extrême droite issus de la « Garde hongroise », une ancienne organisation paramilitaire désormais interdite.

Près de 2.000 personnes ont participé à la manifestation du Jobbik, caractérisée par une rhétorique antitzigane violente, dont une centaine vêtus de l’uniforme de la formation paramilitaire dissoute.

« Nous devons agir dès maintenant pour sauver notre avenir, pour libérer la Hongrie de la criminalité tzigane », a affirmé le député du Jobbik Zsolt Egyed pendant le rassemblement d’extrême droite.

« Chaque jour, un retraité est tué pour quelques milliers de forints (quelques euros). Nous devons reprendre les rues de Miskolc, pour la sécurité de nos enfants », a-t-il ajouté.

Le président du parti, Gabor Vona, a de son côté déclaré que le Jobbik n’était « pas raciste », car il voulait une « égalité devant la justice ».

« Les autres partis nous diabolisent, c’est eux les vrais racistes », a-t-il lancé.

Après les discours, les sympathisants du parti ont défilé entre les maisons du quartier avec des torches en chantant des chansons nationalistes et en répétant des slogans comme « oui, la criminalité tzigane existe ».

Les deux manifestations ont pris fin sans incidents.

En Hongrie, la minorité rom, souvent appauvrie et marginalisée, représente près d’un dixième des 10 millions d’habitants du pays.

Leur presse – Libération.fr (AFP), 17/10/2012 à 21h12 via Contrappunto