[La police assassine] Vérité & Justice pour Abdelhakim Ajimi : mobilisations à Grasse et à Aix-en-Provence – Janvier 2013

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Reçu par mail, 29/12/2012:

Bonjour à toutes et à tous,

Suite au procès des 7 policiers impliqués dans la mort d’’Abdelhakim Ajimi qui s’’est tenu du 16 au 20 janvier 2012, W. Lebeaupin, J.-M. Moinier et J. Manach, condamnés par le Tribunal de Grasse à des peines de prison avec sursis, ont fait appel devant la Cour d’’Aix-en-Provence. L’’audience aura lieu lundi 14 et mardi 15 janvier 2013. Les avocats de la famille Ajimi, Me Henry Leclerc, ancien Président de la Ligue des Droits de l’Homme et Me Franck De Vita seront présents.

En amont, une mobilisation aura lieu à Grasse samedi 12 janvier 2013 : RDV à 14h en haut du boulevard Victor Hugo (c’est-à-dire sur le lieu du drame).

UNE MOBILISATION EST ORGANISEE À AIX-EN-PROVENCE LUNDI 14 et MARDI 15 JANVIER 2013 devant et dans la Cour d’’appel : 20, place de Verdun – 13616 Aix-en-Provence.

Covoiturage au départ de Grasse : RDV chaque matin à 6h15, parking de la gare SNCF.

Les séances étant publiques, il est possible d’entrer dans l’’enceinte de la Cour d’’appel muni d’’une pièce d’’identité.

Un point presse sera tenu les 14 et 15 janvier devant l’’entrée de la Cour d’’appel, à chaque pause déjeuner et à partir de 16h.

Merci A CHACUN DE PREVENIR ses correspondants aux niveaux local et national : particuliers, groupes militants, PRESSE PAPIER, RADIO, TV, WEB…

Pour le Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi,

[La police assassine] Les 4 flics assassins jugés « responsables de la mort de Mohamed Boukrourou mais pas pénalement » – Justice pour toutes les victimes !

Les quatre policiers mis en examen pour homicide involontaire après la mort de Mohamed Boukrourou ne seront pas jugés. Un non-lieu a été prononcé. Malgré des faits accablants.

Feu Mohamed Boukrourou

Le 12 novembre 2009, Mohamed Boukrourou mourrait dans un fourgon de police.

Mort dans un fourgon de police

Quelques minutes plus tôt, ce père de famille sans histoire menaçait de porter plainte contre le pharmacien chez qui il venait acheter ses médicaments. M Boukrourou refusa la marque de médicaments que ce dernier voulait lui vendre. Le ton est monté, le pharmacien a appelé la police. Un quart d’heure plus tard, les policiers entraient dans la pharmacie. La suite, son frère Abdelkader nous la racontait en 2009 :

Quinze minutes plus tard, quatre fonctionnaires de police sont arrivés et ont directement interpellé mon frère. Ils ont voulu le faire sortir de l’officine, mais celui-ci a refusé. Ils ont donc usé de la force pour le sortir. Pour contester cette violence, Mohamed s’est assis pacifiquement. Les quatre policiers ont alors décidé de le menotter et de le traîner jusqu’au fourgon. C’est alors que la violence a redoublé. Ils se sont acharnés sur mon frère qui en est ressorti une heure plus tard mort. Voyant qu’il ne bougeait plus, les policiers ont appelé les pompiers et le Samu qui n’ont pu que constater le décès.

Lire – « Mohamed avait un morceau de la joue arraché »

Malgré des faits accablants, un non-lieu

Deux ans et demi plus tard, les quatre policiers sont mis en examen pour « homicide involontaire », ce qui indigna la famille qui espérait voir les fonctionnaires traduits devant une cour d’assises.

Selon elle, des éléments factuels accablent les policiers. Le défenseur des droits lui-même a conclu que « les policiers ont fait un recours inadapté et disproportionné à la force à l’encontre de M. [Mohamed Boukrourou], qui a été victime d’un traitement inhumain et dégradant au sens de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme. »

Il recommanda par ailleurs que « les quatre policiers mis en cause fassent l’objet d’une procédure disciplinaire, et il a formulé une série de recommandations générales sur la formation et la déontologie de la police », comme le rappelle Amnesty International sur son site.

« Responsables, mais pas pénalement »

Pourtant, c’est un non-lieu, demandé par le procureur chargé de l’affaire, qui vient d’être prononcé. Très en colère après cette décision de justice, les proches de Mohamed Boukrourou ne comptent pas en rester là. Ils ont annoncé faire appel.

Interviewé par France 3 Franche-Comté, Randall Schwerdorffer, l’avocat des policiers, se dit satisfait du jugement et indique que « ce qui est arrivé n’est pas du fait des policiers, en tout cas pas pénalement du fait des policiers ». Les quatre policiers seraient donc, selon leur avocat, responsables de la mort de M. Boukrourou. Mais pas « pénalement » responsables. Déclaration surréaliste et choquante.

Amnesty International : « Notre vie est en suspens »

Amnesty International s’inquiète de ces décès aux mains de la police. Outre le décès de Mohamed Boukrourou, l’ONG revient sur quatre autres morts qui posent question.

Abdelhakim Ajimi, décédé le 9 mai 2008, à Grasse après avoir été maîtrisé par des policiers lors de son arrestation.

Abou Bakari Tandia, ressortissant malien, mort le 24 janvier 2005 suite à sa garde à vue au commissariat de Courbevoie au cours de laquelle il tombe dans le coma.

Lamine Dieng, français d’origine sénégalaise, mort le 17 juin 2007, suite à son interpellation à Paris après une altercation.

Ali Ziri, retraité algérien de 69 ans, mort le 9 juin 2009, suite à interpellation à Argenteuil.

Rendez-vous sur le site d’Amnesty International pour télécharger l’étude : France. «Notre vie est en suspens».

Les familles des personnes mortes aux mains de la police attendent que justice soit faite.

Source: A toutes les victimes, 18 décembre 2012

[Paris] Récit d’un banal contrôle de police : un jeune retrouvé inconscient sur le trottoir – 10 décembre 2012

Bavure policière : “Si Hollande n’était pas passé, on t’aurait massacré”

Lundi 10 décembre, 1h du matin. Un banal contrôle policier dérape non loin de l’Arc de Triomphe, Mounir* se retrouve inconscient sur un trottoir. Une enquête de la police des polices a été ouverte. 

Mounir, le lendemain de son agression

Mounir, le lendemain de son agression

Ils revenaient d’un petit tour en haut de la grande roue de la Concorde. Dans la voiture : Mounir*, sa copine et un autre couple. Après avoir remonté les Champs Elysées, vers 1h du matin, ils font l’objet d’un contrôle policier qui tourne mal. Une dizaine de minutes plus tard, Mounir est retrouvé inconscient par les pompiers sur le trottoir, des contusions sur le corps et les yeux brûlés à la bombe lacrymogène. Le jour même, lundi 10 décembre, l’Inspection générale des services (IGS) – la “police des polices”, a ouvert une enquête.

“Ils nous parlaient comme à des chiens” 

Nuit du dimanche 9 au lundi 10 décembre, peu avant une heure du matin. La 307 de la petite amie de Mounir contourne l’arc de Triomphe, puis descend l’avenue de la Grande armée. Derrière eux, une voiture de police allume son gyrophare. Ils s’arrêtent. Le pote de Mounir qui conduit semble faire l’objet d’une annulation de permis. Les policiers l’emmènent au commissariat du XVIIe arrondissement pour des vérifications. Les trois autres restent sur place. Une seconde patrouille débarque en citroën Berlingo.

D’après le récit de Mounir, un grand policier sorti du véhicule l’aurait alors bousculé. Le ton serait rapidement monté, “ils nous parlaient comme à des chiens“, explique-t-il, le visage encore tuméfié.

L’agent lui lance : “Tu as de la chance, si Hollande n’était pas passé, on t’aurait massacré“. Mounir demande un peu de respect, précise qu’il a un travail de gérant de magasin. Ses deux amies tentent en vain de s’interposer. L’agent s’approche, gaze Mounir dans les yeux avec sa bombe lacrymogène. Une fois à terre, Mounir aurait reçu un coup à la tête et dans les côtes. La seconde brigade décampe.

Appelés par les filles, les pompiers arrivent et réaniment Mounir. En entendant la mésaventure, les soldats du feu appellent une troisième brigade de policiers. Ces derniers ne semblent pas étonnés et rassurent Mounir : “Ne vous inquiétez pas, ils ont été filmés“. Les pompiers le conseillent également: “Rappelez-vous, c‘est au minimum non assistance à personne en danger de vous avoir laissé là“. Les fonctionnaires de police donnent à Mounir le contact d’un commandant de l’IGS. Une plainte sera déposée le jour même.

Enquête en cours 

Les quatre certificats médicaux réalisés montrent que Mounir n’avait ni bu ni consommé de stupéfiants. Selon les hôpitaux, de quatre à dix jours d’ITT (Incapacité totale de travail) lui ont été donnés. Contacté, le commissaire responsable du XVIIe arrondissement précise: “même si potentiellement, il peut s’agir de mes équipes, je ne suis pas habilité à vous parler“.  Côté communication, la préfecture de police de Paris refuse de s’exprimer sur une enquête en cours. Même sirène du côté de la brigade de pompiers du centre de secours de Champerret intervenus sur place.

*Le prénom a été modifié

Leur presse – Les Inrocks.com (Geoffrey Le Guilcher), 17/12/2012 à 12h37