[Gennevilliers, 92] Deux militants du réseau Résistons Ensemble arrêtés par les flics lors d’un tractage dans la Cité de Luth – 15 avril 2013

Communiqué

Ce lundi 15 avril après-midi, Ivan et Janos, membres du Réseau Résistons ensemble contre les violences policières et sécuritaires, diffusaient le petit bulletin mensuel du Réseau qui existe depuis 2002, et est à son 118ème numéro dans la Cité du Luth à Gennevilliers (92). Ils ont été arrêtés par 8 policiers sortis de trois voitures de la BAC et d’une voiture de police /sérigraphiée/, garées en travers de la chaussée, bloquant le trafic. Puis ils ont été amenés sous la contrainte au commissariat de Gennevilliers dans des véhicules séparés. Une fois au commissariat ils ont été placés en cellule de garde-à-vue, leurs empreintes ont été relevées et ils ont été pris en photo. Lors de leurs auditions respectives on leur a signifié l’accusation d’avoir détenu des affiches et tracts dont le contenu serait considéré par la police comme diffamatoire. On leur a également signifié qu’ils pourraient être convoqués pour la poursuite de cette affaire. Ils ont pu sortir du commissariat après ce qui curieusement leur a été présenté comme des « auditions libres », plus de deux heures après leur arrestation. A leur sortie les policiers ont refusé de restituer le matériel saisi et ainsi que de leur délivrer un reçu.

Le 16 avril 2013

Contact: ijsolidarite[at]free[point]fr

Mailing-list Réseau « Résistons Ensemble« , 17 avril 2013

[Tours] Journée anti-répression: Marquons notre solidarité et organisons notre défense – Jeudi 21 mars 2013

CONTRE LA REPRESSION

Face à la Justice Jeudi 21 Mars : Marquons notre solidarité et organisons notre défense

Solidarité :

Trois des « 4 de Tours » poursuivis par le ministre de l’Intérieur pour diffamation ont été condamnés par la Justice à payer, entre autres, un dédommagement à la  »victime », le Ministre de l’Intérieur, puisque c’est ainsi qu’il est désigné par les tribunaux. Ces militants avaient voulu alerter, dénoncer la chasse aux sans papiers et le fichier Base Elèves pour ficher les enfants et leur famille. La Cour de Cassation est à présent saisie.

Grâce à la solidarité, les honoraires d’avocats et d’autres dépenses afférentes aux procès ont pu être payés.

Cependant, le montant total des condamnations, « frais de justice » et divers « dommages et intérêts » est de 7260 €. Jeudi 21 mars 2013 nous remettrons pour 4000 € de chèques venant de toute la France à l’avocat du Ministre de l’Intérieur Hor-Gué-Valls, car la date de validité de ces chèques arrive bientôt à expiration. Nous souhaitons faire de ce 21 mars une journée de convergence, avec les trop nombreux réprimés à Tours, notamment :

  • une camarade poursuivie pour avoir refusé le fichage ADN suite à des violences policières des squatteurs impliqués dans des luttes politiques, expulsés de leur habitation un syndicat dont les locaux ont été perquisitionnés, et qui est poursuivi en justice par un « chef » qui ne supporte pas la critique.
  • Une camarade « invitée » par les flics à leur donner des informations sur des militants, odieuse proposition appuyée par un chantage par rapport à la garde de son fils.
  • Des «Faucheurs Volontaires» poursuivis pour avoir dénoncé par leurs actions l’invasion du vivant par les OGM
  • Des camarades antipub condamnés pour avoir détourné des panneaux publicitaires

Un moment pour confronter nos expériences :

Il est important de développer la solidarité face à la répression et ses nombreuses facettes qui va en s’aggravant. Comment faire face à la répression judiciaire ? Quelles stratégies développer tant vis à vis de la police que de la justice ? Comment imposer la dimension politique de nos luttes, quand l’institution judiciaire fait de nous des « délinquants » ? Comment organiser des solidarités concrètes, au-delà des désaccords politiques et de la diversité des pratiques ? Ces questions seront débattues avec les différents individus, collectifs, organisations, syndicats, etc.

JEUDI 21 MARS :

  • 15h RASSEMBLEMENT DEVANT LE PALAIS DE JUSTICE

  • 20h DÉBAT A SAMIRA (Centre Social du Sanitas) 2 Avenue du Général De Gaulle, Tours

Signatures : Comité de soutien aux « 4 de Tours », Soif d’Utopies, Thanks For The Futures, Collectif pas de bavures, DAL 37, les Déboulonneurs, Comité de soutien 37 contre le fichage Adn, des Individus en lutte

D’autres signatures sont en discussion

Reçu par mail, samedi 9 mars 2013

[Grigny, 91] Un « banal » contrôle de police provoque la mort d’un jeune – Soirée du 12 février 2013

Grigny : il meurt en tentant d’échapper à la police

Un homme a été mortellement percuté, hier soir, à Grigny par une voiture après un contrôle de police à proximité de la Grande-Borne.

La Grande-Borne (Grigny), hier soir. Un important dispositif de sécurité a été mis en place pour pallier tout débordement

La Grande-Borne (Grigny), hier soir. Un important dispositif de sécurité a été mis en place pour pallier tout débordement

Un banal contrôle de routine a tourné au drame, hier soir à Grigny. A proximité du quartier sensible de la Grande-Borne, un jeune homme de 24 ans a trouvé la mort, renversé par une voiture, conduite par des particuliers.

Il est aux environs de 20 heures lorsqu’un équipage de la brigade anticriminalité (BAC), en poste place de la Treille, découvre deux barrettes de cannabis sur un homme à l’issue d’un contrôle.

Celui-ci s’y était soumis sans faire d’histoires. Mais, au moment où les policiers tentent de le faire monter dans leur véhicule afin de le conduire au commissariat, il prend brusquement la fuite. Dans sa course, il traverse l’avenue Victor-Schœlcher, une artère très fréquentée à cette heure.

« A ce moment-là, une voiture l’a percuté et l’a projeté sur l’autre voie, raconte un policier. Un second véhicule arrivant dans l’autre sens l’a heurté à son tour alors qu’il se trouvait au sol. » Souffrant de blessures multiples, le jeune homme reste au sol.

La victime était originaire de Sainte-Geneviève-des-Bois

« Il a alors été pris en charge par les fonctionnaires de la BAC qui ont procédé à son contrôle, poursuit cette même source policière. Ils ont tenté de lui faire plusieurs points de compression, mais son état s’est vite dégradé. » Pompiers et Samu sont rapidement sur place, mais, malgré les massages cardiaques, ils ne parviennent pas à le ranimer. Le jeune fuyard est décédé sur place quelques minutes plus tard. Très rapidement, le quartier a été sécurisé par une bonne quarantaine de policiers antiémeute. Un dispositif qui devait rester actif une grande partie de la nuit.

« Il faut mettre fin à toutes les rumeurs. Je précise qu’aucun véhicule de police n’est en cause dans cet accident », affirme Luc-Didier Mazoyer, le directeur départemental de la sécurité publique de l’Essonne.

Selon les premiers éléments de l’enquête, la victime n’est pas originaire du quartier de la Grande-Borne, ni même de Grigny, mais de la commune voisine de Sainte-Geneviève-des-Bois.

Un point d’information sur cet accident est prévu aujourd’hui, en fin de matinée, par le parquet d’Evry.

Leur presse de l’ordre – Le Parisien.fr (LAURENT DEGRADI), 13/02/2013 à 03h55

[Aix-en-Provence] Les keufs assassins d’Hakim Ajimi condamnés en appel à du sursis – 11 février 2013

La condamnation de trois policiers confirmée en appel dans l’affaire Ajimi

Six, dix-huit et vingt-quatre mois de prison avec sursis : la cour d’appel d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) a confirmé lundi 11 février la condamnation de trois policiers pour leur implication dans la mort d’Hakim Ajimi, à Grasse (Alpes-Maritimes), lors de son interpellation. Ce jeune homme de 22 ans est mort asphyxié le 9 mai 2008. Deux policiers auxquels il résistait ont comprimé sa cage thoracique et pratiqué une clé d’étranglement autour de son cou avec trop de force et durant trop longtemps, selon les rapports d’expertise médicale.

Deux policiers de la brigade anticriminalité (BAC) de Grasse ont écopé de 18 et 24 mois de prison avec sursis. Le troisième, un policier municipal, a lui été condamné à six mois avec sursis.

Un pourvoi en cassation envisagé

L’avocat des policiers, Joël Blumenkranz, a indiqué que ses clients allaient « envisager un pourvoi en cassation »« Ils ne comprennent pas pourquoi ils ont été condamnés », a-t-il déclaré. « Il est établi que la cause du décès est la compression thoracique mais ce geste est totalement réglementaire, il est enseigné à l’école de police. »

De son côté, Boubaker Ajimi, le père d’Hakim, a déclaré à la sortie de l’audience : « On est soulagé. Au moins, on sait qu’ils sont coupables, même si ce sont des coupables protégés. »

Une mobilisation de soutien et en mémoire d'Hakim Ajimi à Grasse (Alpes-Maritimes), le 12 janvier 2013.

Une mobilisation de soutien et en mémoire d’Hakim Ajimi à Grasse (Alpes-Maritimes), le 12 janvier 2013.

Leur presse – FranceTV (avec AFP), 11/02/2013 à 16h16

[Belgique] Justice pour Moha, tabassé par les keufs à Molenbeek – Bruxelles, 11 janvier 2013

Bavure policière à Molenbeek: Moad, 14 ans, injurié (« Sale arabe ») et tabassé à la matraque

«C’est inadmissible!» fulmine encore Aïcha, cinq jours après que son fils de 14 ans, Moad, ait été solidement malmené par cinq policiers, à deux pas de leur domicile familial de Molenbeek. Le garçon, épais comme une cigarette, affirme qu’il courait vers son appartement pour aller chercher son sac de sports lorsque cinq policiers l’ont brutalement terrassé puis emmené au poste, où il a encore été frappé.

MoadLes parents ont déposé plainte, mais aussi lancé via Facebook un appel à une manifestation, ce dimanche, devant le commissariat de Molenbeek.

Du haut de ses 14 ans, Moad a toutes les allures d’un Mbark Boussoufa en gabarit junior. Mais sur la tempe gauche, le garçon présente d’impressionnantes traces d’éraflures coagulées. Assise à côté de lui et entourée de son mari, Jawad Touile, et de son avocat, Vincent Lurquin, sa maman Aïcha montre sur son Iphone la série de photos qu’elle a prises de son fils au lendemain des faits qu’elle dénonce avec virulence. Une longue trace rougeâtre d’un coup de matraque sur la hanche, l’oreille gauche écorchée, une énorme bosse sur l’occiput et quatre lignes imprimées sur le haut du crâne rasé du gamin qu’elle affirme être celles de traces de la semelle de la chaussure d’un des policiers qui l’a écrasé au sol.

Car c’est une véritable bavure policière à l’encontre d’un enfant que dénoncent les parents de Moad.

Celui-ci raconte:

«vendredi dernier, vers 18h, je devais aller chercher mon petit frère à son entraînement de foot, près de la gare de l’Ouest. Mais comme il n’y avait pas été, j’ai demandé à mes parents si je pouvais alors aller m’exercer à ma salle de fitness, au Sippelberg. Mon papa a accepté et j’ai trottiné vers la maison pour vite aller chercher mes affaires de sport. À ce moment, j’ai vu une voiture noire qui a mis les sirènes. Je croyais qu’ils cherchaient quelqu’un d’autre, mais cinq policiers sont sortis, m’ont attrapé et m’ont jeté par terre

Moad a raconté toute sa version dans une lettre manuscrite, à l’écriture appliquée.

«Ils m’ont insulté de tous les noms: fils de p…, sale arabe…» J’ai eu deux coups de matraque. En me mettant par terre, une policière m’a serré les menottes pendant que les autres me frappaient par terre. Y avait un policier qui me donnait des shots sur mon visage. Ensuite, ils m’ont plaqué contre le capot d’une voiture»…

Emmené au commissariat central de Molenbeek, il dit avoir eu le visage écrasé contre la porte d’entrée, puis avoir été poussé dans l’escalier, soulevé de derrière par ses bras menottés. Il y est resté une heure et demie avant d’être libéré, après que son grand frère, sa mère et son père se soient pressés sur place. Car Moad n’avait jamais eu le moindre problème de délinquance. Ce qui révolte d’autant plus les parents. La maman, Aïcha, a lancé dès le week-end dernier, via Facebook, un appel à manifester dimanche prochain, à 11h, devant le commissariat de Molenbeek, pour protester contre cet abus de pouvoir. Le papa, qui a travaillé 12 ans à commune de Molenbeek, n’approuve pas totalement cette démarche. Mais il a rencontré les autorités communales et policières pour dire:

«Ce n’est pas seulement ma voix que je veux faire entendre, mais celles de centaines de parents d’enfants qui subissent les humiliations policières

Plainte a été déposée au Comité P. Selon la police de la zone de Bruxelles Ouest, l’ado aurait tenté d’échapper à un contrôle lors d’une opération anti-sac-jackings.

Leur presse – La Gazette.be (A. BALTHAZART), 16/01/2013 à 08h13

Le rassemblement devant le commissariat de Molenbeek en suspens

BRUXELLES – La bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean Françoise Schepmans (MR) a indiqué, mercredi, que la demande d’autorisation pour le rassemblement de dimanche prochain à 11 heures, devant le commissariat, était en suspens. Le père du jeune Moad, âgé de 14 ans, qui dénonce une bavure policière, lui a communiqué dans la journée qu’il pourrait lancer un appel au calme.

« Je comprends l’émotion de la maman, commence Françoise Schepmans. Mais je comprends aussi son père qui craint des débordements éventuels liés à la récupération de l’incident par d’autres mouvances appelant à manifester. La récupération politique faite est également dommageable. »

Les parents du jeune Moad ont été reçus lundi par le commissaire divisionnaire et ont rencontré mardi Françoise Schepmans qui a ouvert une enquête interne. Les parents devraient à nouveau s’entretenir avec la bourgmestre d’ici la fin de la semaine. Une plainte avec constitution de parties civiles a été déposée par l’avocat des plaignants, Maître Vincent Lurquin.

Moad, sans aucun antécédent, a déclaré avoir été insulté et tabassé gratuitement en rue par des policiers vendredi soir dernier. D’après le porte-parole de la zone de police Ouest, Johan Berckmans, une action contre le sac-jacking et la criminalité de rue était en cours ce soir-là. Le rapport indique que Moad était derrière un mur réputé pour abriter les sac-jackeurs, près de la station Beekkant, à côté d’un jeune de 17 ans connu des services de police. Il aurait pris la fuite pour se soustraire au contrôle.

Leur presse – lavenir.net, 16/01/2013 à 19h55

[Québec] Résumé de la manif bruyante anti-carcérale du Nouvel An devant les prisons de Tanguay et de Bordeaux – Montréal, 31 décembre 2012

Résumé de la manif bruyante du Nouvel An à Montréal:

Plus de 50 personnes se sont réunies à Montréal pour perpétuer la tradition des manifs sonores anti-carcérales devant les prisons lors de la nouvelle année.

La manif est descendue dans les rues derrière une banderole « Pour un Monde sans patrons, ni flics, ni prisons » avec une escorte policière essayant en vain de contrôler la circulation. Parmi les tracts distribués à la foule, certains expliquaient l’action et précisaient les récentes modifications législatives, que le gouvernement a conçu pour remplir les 22 nouvelles prisons construites.

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Lorsque nous sommes arrivés à notre première destination, la prison pour femmes de Tanguay, la foule scandant des slogans est entrée par la porte d’un parking alors que les porcs étaient devant l’entrée. Autour de la porte de derrière, de nombreux discours donnés au méga-phone ont été adressés aux prisonnières, dans l’espoir qu’elles entendent les mots de solidarité en français et en anglais. Des chants, des cornes et des feux d’artifice ont été utilisés pour attirer l’attention de nos amies à l’intérieur.

Peu de temps après, durant la visite, nous avons entendu des réponses depuis les fenêtres, « Bonne année », ce qui a déclenché encore plus de bruit et d’amour de la part de la foule. La foule a passé 20 minutes à échanger des chants de solidarité et de souhaiter du bon aux femmes, avant de promettre de revenir et de marcher jusqu’à notre prochaine cible.

Une marche d’environ 15 minutes nous a amené à la prison pour hommes de Bordeaux, qui est la plus grande prison de la province de Québec. Cette fois, la foule a dû esquiver une barrière pivotante et faire face à une forteresse beaucoup plus grande […] Des feux d’artifice ont annoncé notre présence et les discours ont été de nouveau émis en exprimant notre désir d’abolir les prisons et tous les pouvoirs.

Après beaucoup de bruit de décisions et l’écoute, les réponses provenaient des hommes à l’intérieur. Encore une fois « Bonne année » a été entendu parfaitement, et nous avons répondu par «solidarité avec les prisonniers« . De nombreux hurlements de voix différents franchissant les murs partaient de tous les coins du monstrueux édifice.

[…] En sortant nous avons de nouveau pris la rue à quatre voies en scandant « police partout, justice nulle part » et «notre passion pour la liberté est plus forte que leurs prisons« .

La manif s’est dispersée sans l’ingérence des porcs dans la station de métro où avait débuté le rassemblement.

Traduit de l’anglais d’Anarchist News, 1er janvier 2013 à 20h19

Ecouter un enregistrement audio de la manif anti-carcérale

Ci-dessous le texte du tract distribué lors de la manifestation bruyante:

Notre lutte n’est rien si nous oublions nos prisonnières et nos prisonniers !

Our struggle is nothing if we forget our prisoners !

Manif anti-carcérale du Nouvel An… ou, pourquoi nous haïssons les prisons

Les manifestations de bruit devant les prisons et les centres de détention de l’immigration prennent part à une tradition en cours dans plusieurs régions du monde de ne pas oublier celles et ceux qui sont détenu.es par l’État. C’est une manière de démontrer de la solidarité avec les personnes emprisonnées à l’intérieur. Les prisons ont été créées pour isoler les gens de leurs communautés. Ces manifestations sont un des moyens de nous rassembler pour lutter contre la répression et de briser cet isolement.

Les prisons existent pour affermir l’autorité du pouvoir en place. Il ne peut y avoir ni mesures d’austérité, ni capitalisme, sans prisons pour mettre celles et ceux qui ne peuvent, ou choisissent de ne pas correspondre aux normes de ce système. En fait, l’agrandissement des prisons et la mise en place de mesures d’austérité marchent main dans la main.

Alors que le gouvernement réduit le budget alloué aux services sociaux, étendre le système carcéral est une de ses priorités. Tout en adoptant de nouvelles lois comme les projets de loi C-10 et C-38, qui visent à mettre plus de gens en prison pour plus longtemps et assurer la détention obligatoire des réfugiés, l’État dépense présentement un budget de 4 millions de dollars pour construire 22 nouvelles prisons et agrandir plusieurs établissements déjà existants à travers le pays.

Cela donne une plus grande marge de manoeuvre à l’État pour emprisonner à la fois celles et ceux qui le  combattent activement, comme les personnes emprisonnées dans le contexte de la grève étudiante du printemps dernier ou dans celui des manifestations contre le G20 à Toronto en 2010, ainsi que celles et ceux qui contestent ses lois simplement pour survivre. Les gens sont arrachés de leurs communautés et une fois à l’intérieur, ils et elles deviennent un réservoir de main d’oeuvre esclave pour l’industrie.

Faisons savoir à celles et ceux qui sont enfermées, qu’elles et ils ne sont pas oublié.es.

Nous pouvons partager notre opposition aux barreaux, aux gardes ainsi qu’au monde de misère et d’exploitation qui en a besoin.

Parce que personne n’est libre jusqu’à ce que nous le soyons tous.

A l’intérieur comme à l’extérieur, révoltons-nous !

Traduction du tract trouvée sur montreal.mediacoop.ca, 1er janvier 2013

[Ne restons pas isolé.e.s face la machine judiciaire] Face au chantage… ( Vive la solidarité ! )

Face au chantage… (vive la solidarité !)

D’un côté, la grande boucherie judiciaire étend chaque jour davantage ses filets contre les pauvres, les rebelles et autres insoumis aux lois de la propriété et de la domination, tandis que d’un autre, chacune de ses mailles devient plus dense et plus étroite. Les dispositifs de contrôle se diversifient (caméras, ADN, uniformes en tout genre), les prétextes légaux pour finir au trou se multiplient, la durée des peines s’allonge… et le nombre de prisonniers augmente sans cesse (plus de 67 000) pour venir s’entasser loin des yeux des braves citoyens à la conscience tranquille.

Mais il existe aussi un autre aspect de la prison, plus vicieux, qui vient enchaîner et frapper beaucoup d’entre nous à l’extérieur des murs : les contrôles judiciaires, les aménagements de peine et les conditionnelles drastiques. Comme les autres, ces peines se déversent dans les quartiers et s’étalent toujours plus dans le temps. Casier, gros sursis, pointage au comico ou au tribunal, bracelet électronique, obligation de travailler ou de soins, régime de semi-liberté, etc. sont autant de raffinements pour essayer de nous maintenir sous la coupe des flics, des psys, des assistants sociaux, des patrons et des juges. Au moindre faux pas dans ce labyrinthe de contraintes, ils dégainent l’arme de la zonz pour nous menacer une fois de plus d’aller y pourrir. Avec ces mesures, c’est un peu comme s’ils nous tenaient toujours en joue, comme des proies à soumettre pendant de longues années supplémentaires (avant comme après le passage au tribunal et en taule). Mais comment continuer de vivre dehors sans broncher, avec cette épée de Damoclès en rab au-dessus de nos têtes ? Comment accepter de s’écraser de soi-même aussi longtemps, d’auto-gérer sa propre peine, quand on s’est pris un de ces dispositifs de contrôle dans la tronche ?

Mike est un camarade qui a été condamné en mai 2012 à un an de prison, dont six mois avec sursis, pour fabrication d’engin explosif. Comme d’autres, il a décidé de ne pas se résigner à la fausse alternative proposée par le juge d’application des peines : choisir entre la prison et le bracelet électronique avec travail obligatoire et domicile fixe. Car entre subir les matons de l’administration pénitentiaire et devenir son propre geôlier, peut-on encore vraiment parler de choix ? Entre la taule, avec ses mille et unes tortures démocratiques, et une exploitation salariale sous bracelet, avec horaires monacaux et mouvements limités, il s’agit en réalité plutôt d’un chantage entre deux formes d’enfermements. S’il existait un choix en la matière, ce ne pourrait qu’être celui vers la liberté, avec entre autres conséquences celle de refuser de collaborer pour définir ensemble avec le juge les modalités de sa propre détention ! Ce serait celui de renvoyer toute la responsabilité de l’incarcération, quelque soit sa forme, à l’Etat et à tous ceux qui défendent, justifient et profitent de l’existence des prisons. Finalement, face à son refus de collaborer avec le juge, on a appris que Mike sera convoqué le 7 janvier 2013 à la maison d’arrêt de Chambéry.

Dans cette histoire, il y a quelque chose qui dépasse la situation de ce camarade et de tous ceux qui affrontent cette question en continuant leur propre chemin : la justice n’est pas un monde à part qui justifierait toute une série de calculs qu’un anti-autoritaire se refuserait pourtant de faire au quotidien, afin d’éviter le couperet à n’importe quel prix, quitte à se renier ou à se transformer petit à petit en maton de soi-même ou des autres. Ne pas trancher entre deux maux, ne pas céder aux misérables chantages de la justice, ne pas intégrer ses logiques de condamnation puis d’enfermement à la maison, c’est alors aussi une manière de continuer le combat contre toutes les dominations. Une manière qui n’est certainement pas la seule, mais qui mérite en tout cas toute notre solidarité. Car lorsque comme Mike –à l’intérieur d’un rapport de force social–, des personnes font face à la machine à broyer de l’Etat en essayant de continuer à porter leurs idées et ce qu’ils sont, c’est quelque chose qui nous dit aussi que c’est possible.

Ne laissons pas les individus qui tiennent un rapport hostile à la domination et à son monde judiciaire se faire isoler.

Que chacun exprime sa solidarité de la manière qui lui semble la plus adéquate…

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Kaliméro est une caisse de solidarité avec les prisonniers de la guerre sociale en cours. Elle a pour objet de collecter des sous pour envoyer des mandats, et de se rencontrer pour discuter des différentes situations. Chaque second jeudi du mois se tient une réunion. Pour envoyer de l’argent ou être tenus au courant des prochains rendez-vous, écrire à kalimeroparis@riseup.net

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Reçu par mail, 30 décembre 2012