[Chili] Le cirque électoral n’arrêtera pas la révolte étudiante et la solidarité avec les prisonnier.e.s mapuche – Santiago, 25 octobre 2012

Ce 25 octobre 2012, les étudiant.e.s et personnel éducatif sont descendu.e.s dans les rues de Santiago, alors que le cirque électoral se déroule actuellement au Chili et que le président Pinera vient de dévoiler le budget 2013 prévu pour l’éducation, qui est de 12,8 millions de dollars et qui est jugé insuffisant par les étudiant.e.s et le reste du personnel éducatif.

D’après les médias de masse chiliens, des affrontements violents se sont déroulés à Santiago, entre des groupes de jeunes cagoulés (encapuchados) et la police anti-émeute: les émeutier.e.s ont utilisé pierres, bouteilles et de nombreux cocktails molotov, alors que les flics ont répliqué avec des canons à eau et lacrymo.

Les jeunes ont aussi manifesté en soutien au peuple mapuche, dont plusieurs d’entre elles/eux sont incarcéré.e.s actuellement: cette journée du 25/10/2012 est marquée du 60ème jour de grève de la faim des prisonniers mapuche (grève de la faim qui a débuté le 27/08/2012).

Ensuite, les policiers ont envahi les locaux de l’Université Métropolitaine des Sciences de l’Education (UMCE) et ont raflé tou.te.s étudiant.e.s qui se trouvaient dans les bâtiments. L’intervention policière à l’intérieur de la faculté a provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, qui ont dénoncé plusieurs cas de violences policières. Les flics ont prétexté que leur intrusion a été faite pour interpeller les encapuchados, qui sont accusés d’avoir lancer des cocktails molotov.

De plus, une coordination de lycéen.ne.s organise en ce moment des assemblées populaires pour appeler la population chilienne à s’abstenir durant les élections municipales.

Résumé d’articles des médias chiliens, 25/10/2012

Quelques photos prises de leur presse – elobservatodo.cl, 25/10/2012 à 22h10:

Feu aux élections…

Une affiche anti-carcérale publiée sur Liberacion Total et traduite de l’espagnol par Contra-info (la traduction en français juste en-dessous de l’affiche):

Chili : Parce qu’en votant tu deviens esclave…

Si tu votes tu acceptes volontairement de participer à ce système de domination en élisant tous les 4 ans celui qui sera le dominateur de service de la commune, du pays et de ta vie. Que ce soit à droite, à gauche ou indépendant, en votant tu ne fais que maintenir et reproduire les conditions de misère et d’exploitation dans lesquelles tu vis.

Si tu votes tu crois illusoirement que la réalité se changera d’un simple trait sur le papier et qu’un candidat stupide résoudra tes problèmes.

NE SOIS PLUS UN PION DE PLUS DANS LEUR JEU D’ÉCHEC. DÉTRUIS TES CHAÎNES, LIBÈRE-TOI !

Toi seul es capable de changer ta réalité de façon autonome, en rompant avec tout système électoral, démocratique et toute autorité.
Parce que la fête des élections c’est bon pour les esclaves. Il n’y a rien à célébrer.

RÉCUPÉRONS NOS VIES POUR LA LIBÉRATION TOTALE.
PEU IMPORTE QUI GOUVERNE, NOUS SERONS TOUJOURS INGOUVERNABLES !

[Chili] Les étudiant.e.s en lutte contre le terrorisme d’Etat et son projet de loi Hinzpeter

Chili : Une loi met en danger les étudiants

Face aux protestations étudiantes qui secouent le pays depuis un an, une loi est en passe d’être votée. Depuis quelques jours, les étudiants chiliens sont en alerte. La Loi dite Hinzpeter, peut être approuvée dans moins de vingt jours et légitimer l’action répressive du gouvernement chilien. Dénoncée par Amnesty International, Reporters sans frontières et des fédérations étudiantes, y compris en Europe, cette loi risque de faire revivre la période noire de la dictature.

La Confédération des étudiants du Chili (CONFECH) tente d’attirer l’attention sur ce projet de loi qui existe depuis octobre 2011. La loi de la Sauvegarde de l’ordre public est dénommée par les étudiants, loi Hinzpeter en référence à son auteur, le Ministre de l’Intérieur chilien. Ce projet de loi vise à punir de peines de prison tout mouvement social. Une simple protestation avec le bruit des casseroles – signe d’opposition durant la dictature, peut être considérée comme « terrorisme d’Etat » par cette loi. La CONFECH a publié un folder expliquant les faits que la loi punirait.

L’article 269 du projet de loi prévoit de punir de 541 jours à 3 ans de prison, les personnes ayant:_ paralysé ou interrompu un service public comme les hôpitaux, les urgences, les services électriques, l’eau potable, les communications, les transports. Comme le précise le folder envoyé par les dirigeants étudiants, de punir l’occupation d’écoles en signe de protestation. Fait initié dans de nombreux lysées et universités durant l’année 2011.

Elle prévoit également de rendre punissable : _ l’envahissement, l’occupation ou le saccage des habitations, des bureaux, des établissements commerciaux, industriels, éducatifs, religieux entre autres. Nette référence à l’action pacifique menée par une poignée d’étudiants au sein des locaux de la chaîne chilevision, dont le capital est détenu par le Président Sebastian Pinera.

Troisième point punissable : _Empêcher ou altérer la libre circulation des individus et véhicules sur des ponts, rues, routes et autres biens d’usages publics similaires. La Confech précise que sont visées les marches interdites à la dernière minute. Comme ce fut le cas le 15 mars dernier dans une marche convoquée par les étudiants du secondaire, qui a vu le déploiement répressif des carabiniers du Chili.

L’organisation étudiante nationale relève trois autres points du projet de loi : _ Celui d’attenter contre l’autorité ou ses agents (ndlr : les carabiniers du Chili), celui d’employer des armes à feu ou un élément incendiaire. Mais surtout, l’organisation étudiante pointe la dangerosité du point autorisant l’arrestation de toute personne ayant incité à une marche dans la ville. Autrement dit, la légitimité d’arrêter un leader étudiant.

Depuis le mois de mars, ceux-ci reçoivent l’aide de l’Institut des Droits de l’Homme du Chili qui envoie des observateurs lors des marches étudiantes afin d’éviter des arrestations arbitraires d’étudiants. De son côté, Reporters sans frontières a supplié le gouvernement chilien de retirer le volet permettant la saisie de matériels journalistiques comme le stipule l’article 83 du Code Pénal.

Durant les vacances scolaires des mois de Janvier et Février, les étudiants se sont mobilisés contre ce projet de loi mettant en danger la liberté d’expression, de droit de manifester, et interdisant toute forme de protestation sociale. Depuis son entrée au congrès en octobre 2011, le projet de loi a été déposé trois fois en « urgence » par le gouvernement chilien. Vendredi dernier, il réitérait une quatrième tentative. En réaction, les dirigeants étudiants de la CONFECH réalisent une semaine « agitation contre le Loi Hinzpeter ».

Le 21 mai dernier, les fédérations étudiantes du monde entier – plus de 20 millions d’étudiants, exigeaient l’arrêt immédiat de ce projet criminalisant le mouvement étudiant chilien. Deux jours après, ils étaient rejoints dans leur déclaration par Amnesty International, qui en des termes durs, n’hésitait pas à dénoncer des cas de tortures sur des étudiants. Cas déjà dénoncés en janvier devant la Haute Commissaire de l’ONU en Suisse par la principale leader étudiante chilienne, Camila Vallejo.

Sources :

CONFECH campagne contre la Loi Hinzpeter

http://prezi.com/qs-oqs9vhp8n/resumen-explicativo-del-proyecto-de-ley-de-resguardo-del-orden-publico-ley-hinzpeter-en-el-marco-de-la-protesta-social/

Action de solidarité mondiale pour le Chili

http://notascect.wordpress.com/2012/05/21/miles-de-estudiantes-firman-una-solidaridad-mundial-con-chile/

Amnesty International

http://www.emol.com/noticias/nacional/2012/05/23/542033/amnistia-internacional-chile-rechaza-proyecto-de-ley-hinzpeter-por-vulnerar-ddhh.html

http://www.lanacion.cl/amnistia-internacional-pide-al-gobierno-que-actue-ante-denuncias-contra-la-policia/noticias/2012-05-23/222953.html

Leur presse – AgoraVox, 30/05/2012

Photos prises sur Piketejuridico, blog dédié à la semaine d’agitation contre loi Hinzpeter

Des photos et une vidéo des mobilisations à Santiago (28/05/2012):

Voir d’autres photos 


[Chili] Emeute suite à la venue du président chilien à Valparaiso – 21 mai 2012

Emeutes et arrestations à Valparaiso

Une manifestation qui a attiré quelque 8.000 personnes à Valparaiso, coïncidant avec la reddition de comptes de la part du président du Chili, Sebastián Piñera devant le Congrès, s’est terminée aujourd’hui par de violents affrontements qui ont fait deux policiers blessés, des dégâts et au moins 40 arrestations.

Après la manifestation organisée par la Confédération des travailleurs (CUT) afin d’exiger de meilleurs salaires, au moins 300 encapuchados ont vandalisé les rues, ont attaqué les locaux de deux casernes de pompiers et se sont affrontés avec la police jusqu’à ce qu’ils soient dispersés.

Selon une évaluation préliminaire, les incidents se sont soldés par 40 arrestations, dont deux pour avoir transporter des bombes incendiaires, qui devaient être jetés à la police au cours de la manifestation dans les rues de cette ville portuaire.

Le porte-parole de la police Zone V, le commandant Ramon Borquez et le gouverneur de la province de Valparaiso, Pablo Zúñiga, ont fait une évaluation positive des manifestations et a souligné l’appui et la coopération de la communauté pour prévenir les actes des encapuchados.

« Nous rejetons catégoriquement la violence de certaines personnes qui ont endommagé la propriété publique et privée, et aussi attaqué la police et de mettre l’accent sur le rôle des citoyens», a déclaré Zuniga.

Des encapuchados ont tenté de lyncher deux personnes après avoir découverts qu’elles étaient membres de la police. L’un d’eux a été grièvement blessé après avoir été sauvagement battu.

En outre, des clôtures installées par la police ont été utilisées comme des barricades, des caméras de sécurité et de lumières dans les rues proches du siège de la législature ont été détruites et des magasins ont été attaqués avec des tentatives de pillages.

Le général de la police, Richard Quezada, a déclaré aux journalistes que les agents des forces spéciales qui gardent le Congrès ont du attendre une heure et 20 minutes, sous la constante tombée d’objets contondants lancés par des manifestants, avant d’intervenir.

La police a ensuite utilisé un camion à eau sous pression et des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants qui s’étaient rassemblés près du Congrès, à 125 kilomètres au nord-ouest de Santiago.

Lors du rassemblement, où étaient également présents les leaders étudiants Gabriel Vallejo et Camila Borique ainsi que le président de Teachers ‘College, Jaime Gajardo, on pouvait remarquer un drapeau noir avec la légende « Si nécessaire, vous devez tuer le président. »

Presse bourgeoise – Elsol (avec Reuters), 21/05/2012

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