[Toulouse/ZAD de NDdL] Tags et fumier pour la fédération du PS – Nuit du 16 au 17 avril 2013

Vandalisme : tags et fumier à la fédération du PS

201304182054-full«Notre Dame des Landes on récolte ce que l’on sème !» «Vinci + PS = mafia». Hier matin, sur les murs de la fédération du Parti Socialiste de la Haute-Garonne, rue Lancefoc à Toulouse, de grosses lettres noires. Et à terre, contre le portail de l’entrée, du fumier et des déchets verts. Une nouvelle fois, profitant de la nuit, des opposants au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, près de Nantes, ont pris pour cible les locaux du PS, à Toulouse. Des tags et du fumier photographiés largement distribués pendant la nuit et dont la présence, avant un rapide nettoyage, a été constaté par les services de police.

Le PS a bien sûr porté plainte mais l’enquête risque de ne pas déboucher sur grand-chose comme celles qui ont porté ces derniers mois sur d’autres dégradations. Déjà sur les murs du parti de la majorité présidentielle régulièrement pris pour cible mais également sur les murs centenaires de l’Hôtel-Dieu. En décembre, les opposants avaient réussi à écrire à l’encre fluo et en lettres géantes un autre slogan contre le projet d’un aéroport qui se situe quand même à plus de 580 km de la place du Capitole.

Leur presse – LaDépêche.fr, 18/04/2013 à 07h37

[ZAD/NDdL] Les jaunes de l’ACIPA travaillent – 15 avril 2013

Les opposants dépassés à Notre-Dame-des-Landes 

RÉCIT Des heurts ont eu lieu hier sur le site du futur aéroport. Les militants de la première heure déplorent l’action de radicaux éloignés de leur cause.

000-par7531216Dans la voix de Julien Durand, 66 ans, producteur laitier à la retraite et opposant de toujours au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, la colère le dispute à l’amertume. «C’est de la provocation ! Une petite équipe de manipulateurs tente de faire dégénérer le mouvement d’opposition !» s’insurge-t-il. Des affrontements se sont à nouveau produits, hier, sur le site du futur aéroport de Nantes, après plusieurs mois de trêve hivernale et alors qu’une journée de remise en culture des terres s’était déroulée samedi sous forme de manifestation joyeuse et pacifique pour fêter le printemps. Trois gendarmes ont été légèrement blessés ; et il y aurait trois blessés parmi les manifestants, selon ces derniers.

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«Discrètes». Les heurts ont éclaté très tôt hier, non loin du carrefour dit de Fosses-noires. Un lieu jugé stratégique dans la zone d’aménagement différé (la ZAD), que les forces de l’ordre occupaient depuis fin novembre, mais qu’elles avaient quitté vendredi, à la veille de la manifestation. «Les forces de l’ordre s’étaient faites discrètes samedi pour l’opération baptisée « Sème ta ZAD », confirme Julien Durand, également porte-parole de l’Association des citoyens opposés à l’aéroport (Acipa). Et tout s’est bien passé, dans la bonne humeur. Mais dimanche matin, lorsque nous sommes retournés sur place pour pique-niquer et tenir l’assemblée générale des comités de soutien, nous avons constaté qu’une petite équipe de radicaux avait commencé à percer la route et à édifier des chicanes.» Les opposants historiques ont alors tenté d’expliquer que cette route, la seule restant en circulation libre dans la ZAD, est indispensable au travail des riverains et des paysans.«Manipulés par quelques agitateurs irresponsables, ils n’ont rien voulu entendre», déplore le porte-parole.

Pour expliquer les heurts d’hier, les manifestants affirment que les gendarmes ont voulu reprendre leur position au carrefour. De leur côté, la préfecture et les forces de l’ordre avancent que leurs hommes ont été pris à partie et ont riposté. Effectuant plusieurs charges précédées de sommations, puis de tirs nourris de grenades lacrymogènes, les gendarmes ont essuyé des tirs de cailloux et de cocktails Molotov, selon des journalistes de l’AFP. Hier après-midi, ils contrôlaient de nouveau le carrefour de Fosses-noires. «Les forces de police ont été l’objet de provocations et puis cela a dégénéré», tranche Julien Durand. «Ils étaient là pour agresser des gendarmes, assurait aussi, hier, le colonel Frédéric Boudier, commandant du groupement de Loire-Atlantique. Un gendarme mobile a été bousculé par un groupe dans un fossé, il a fait l’objet d’un jet à tir tendu et à bout portant d’un cocktail Molotov alors qu’il se trouvait à terre.»

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«Dialogue». Julien Durand – qui mène la fronde depuis 1973 – veut faire le lien entre les opposants historiques et les squatteurs arrivés il y a quelques années sur le site. Selon lui, le groupe d’extrémistes à l’origine des affrontements n’a rien à voir avec les opposants de la première heure. L’Acipa condamne ces «comportements violents et inutiles qui vont entraver l’amorce de dialogue qui se dessinait avec les pouvoirs publics». Dans un communiqué, le préfet de Loire-Atlantique, Christian de Lavernée, a lui aussi regretté ces incidents qui interviennent alors qu’il engage des discussions «avec les différentes catégories d’opposants au projet, pour évoquer les modalités de mise en œuvre des préconisations des différentes commissions qui ont rendu leurs conclusions la semaine dernière».

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Les opposants avaient d’autant plus retrouvé espoir que les rapports commandés à trois commissions par le gouvernement, remis mardi dernier, s’étaient révélés plutôt de bon augure pour leur combat. La commission de dialogue, celle scientifique sur la compensation des zones humides et la commission agriculture demandaient en effet chacune des aménagements substantiels au projet de plateforme aéroportuaire qui doit remplacer l’actuel aéroport Nantes-Atlantique.

Selon Julien Durand, ces instances ont validé «nombre des arguments développés par les opposants depuis le débat public en 2003»,notamment sur les infractions potentielles au droit environnemental et sur les chiffrages des terres agricoles amenées à disparaître. «Nous avions réussi à retrouver une vie plus calme à Notre-Dame-des-Landes et nous allions aborder plus sereinement l’avenir. Maintenant, on repart de zéro à cause d’une poignée d’activistes irresponsables !»regrette-t-il.

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Leur presse de l’ordre – Libération.fr (Eliane Patriarca), 15/04/2013 à 22h51

Ci-dessous le communiqué de presse de l’ACIPA suite aux affrontements de la veille:

Communiqué de presse Notre-Dame-des-Landes, le 15 avril 2013

L’opération « Sème ta ZAD » fut une belle réussite malgré les conditions climatiques, avec une ambiance conviviale et familiale, témoignage d’une réelle complicité entre les divers mouvements de la lutte contre le projet d’aéroport.

Les gardes mobiles s’étaient retirés des carrefours des Ardillères et du chemin de Suez, dit la Saulce, permettant le bon déroulement de cette manifestation d’installation de projets paysans.

La journée fut paisible et la circulation fluide.

Les forces de police sont revenues aux Ardillières et au carrefour de Suez. En ce dernier lieu, des affrontements ont dégénéré dans une violence réciproque, ce que nous déplorons.

L’ACIPA et l’ADECA regrettent que des tranchées aient été creusées sur la seule route encore utilisable normalement, offrant un prétexte à l’affrontement et entraînant l’escalade de la violence de part et d’autre.

Elles déplorent la présence policière à ces deux carrefours et n’en comprennent pas la raison, puisque suite aux conclusions des différentes commissions, les travaux seront inévitablement retardés de plusieurs mois.

Elles réaffirment leur soutien aux actions créatives de projets porteurs d’avenir pour de nombreux habitant-e-s et paysan-ne-s sur la ZAD, dans un climat de dialogue et de partage entre tous les opposants.

Contact presse :

Julien Durand : 06 33 51 01 25

Les amis des flics – ACIPA, 15/04/2013

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Communiqué de l’équipe médic 15.04.2013

Dans la presse vous entendrez beaucoup parler des trois gendarmes blessés mais, peu des personnes subissants les violences physiques et psychologiques de cette opération militaire.

En tant qu’équipe medic on voulait transmettre ce que l’on a vu aujourd’hui. Alors qu’hier on célébrait la libération du carrefour de la Saulce deux jours plus tôt par un pique-nique festif sans autres blessures que des coups de soleil, ce matin les gendarmes sont revenus en nombre reprendre le carrefour, réinstaurer leur occupation militaire. Dans ce cadre là, on a vu de nombreux tirs tendus de flashball et grenades assourdissantes a courte distance, qui ont infligé de nombreuses blessures dont certaines pris en charge par l’équipe médic :

- impacts par flashball :

  • oedèmes et hématomes :
    – trois personnes dans les jambes
    – une personne dans le bras
    – une personne dans les épaules
    – trois personnes dans le thorax
    – une personne dans le dos
  • un impact dans la tête entrainant une plaie ouverte du crâne nécéssitant cinq points de suture
  • un impact dans le visage provocant un arrachement important de l’arcade et un enfoncement des sinus accompagné par une hémorragie importante nécessitant une prise en charge par les pompiers

- impacts par des grenades assourdissantes :

  • plaies, brûlures et corps étrangers faits par les éclats de grenade :
    – trois personnes dans les jambes
    – une personne dans une fesse
  • blaste :
    – multiples personnes choquées (désorientations, acouphènes)
    – une personne plus gravement atteinte malgré la présence d’une palette la protégant des impacts des éclats

- des nombreuses intoxications liées à l’emploi massif de gaz lacrymogène et poivré

Les pompiers ayant évacué la personne ont été bloqué par les gendarmes qui leur ont refusé l’accès et ne les ont laissé passer qu’après l’insistance d’occupants présents. Ils ont de nouveau empêché leur départ afin de contrôler la personne blessée, retardant en tout plus de vingt minutes la pris en charge des secours.

Une occupation militaire ne s’installe jamais sans violence. Cette liste non-exhaustive ne voudrait pas oublier toute la violence psychologique d’un tel déploiement policier ainsi que celles subies au quotidien dues à leur présence permanente et leurs agissements.

Cliquer sur l’image ci-dessous pour voir/télécharger (au format PDF) un récit des affrontements au carrefour de la Seaulce

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Source: zad.nadir.org, 15 avril 2013

Limoges sème sa ZAD : dimanche 14 avril 2013 à 14h au pied du Jardin de l’ Évêché, carrefour du Pont-Neuf

Le Collectif ZAD 87 organise une action : Sème ta ZAD à Limoges en lien avec la situation en Haute-Vienne et le Limousin

Nous vous donnons rendez-vous pour un moment bucolique et festif (jardinage, musique, etc.)

Dimanche 14 avril à 14 heures au pied du Jardin de l’ Évêché, carrefour du Pont-Neuf.

Venez avec outils de jardin et plantations.

Cliquer sur l'image pour voir/télécharger le tract du collectif 87 au format PDF

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Transmis par mail, 12 avril 2013

[NDdL/Sème ta ZAD] Manif de mise en culture – Samedi 13 avril 2013

Accéder au matériel militant mis en ligne

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Appel

Depuis le 16 octobre, la résistance déterminée à l’opération d’expulsion de la ZAD incarne un espoir : celui que nos vies, nos habitats, nos champs ne soient plus broyés par les logiques marchandes et par les visions stériles de l’aménagement du territoire. Plus de 200 comités locaux de solidarité ont fleuri ces derniers mois, et ici où là, du bocage nantais aux autres zones à défendre, nous voulons de nouveau envisager des victoires.

Le 17 novembre, nous avons montré que malgré l’invasion policière, ils ne pourraient pas vider la ZAD de ses habitant-e-s et que nous pouvions être 40 000 à revenir et reconstruire. Début janvier, une assemblée agricole lançait un appel à projets sur les terres de la ZAD expropriées par Vinci pour remettre en place les potagers détruits et les démultiplier avec l’arrivée de nouveaux et nouvelles paysan-ne-s. Vergers, blés, légumineuses, poules et potagers…une dizaines d’initiatives s’élaborent d’ores et déjà.

Le début du mois d’avril sera un moment charnière : la fin de la « commission de dialogue » proposée par le gouvernement pour « mieux expliquer la nécessité de l’aéroport » signifiera le retour possible d’opérations d’expulsions de grande ampleur. En face, la dynamique d’occupation de la ZAD, relancée le 17 novembre dernier, se tourne à présent vers des projets agricoles destinés à s’implanter dans la durée. La remise en culture, en masse, des terres expropriées sera notre manière de tirer le trait sur un dialogue fantoche – et de célébrer les quelques mois passés à (re)construire, malgré l’incessante occupation militaire des routes du bocage. Cette manifestation sera aussi une manière de prendre de l’avance sur d’éventuels travaux en allant s’installer sur une partie des terres menacées à court terme.

Cette manifestation sera le fruit de ce qui se compose progressivement entre des paysans et des occupant-e-s venu-e-s s’installer pour défendre la zone : défrichage et occupation des terres maraîchères du Sabot en mai 2011, défense de la ferme du Rosier puis de la Châtaigne à l’aide de plusieurs dizaines de tracteurs enchaînés en novembre, occupation in extremis avant sa destruction de la ferme de Bellevue fin janvier… Au-delà de ces quelques dates emblématiques, la régularité des assemblées agricoles ainsi que les complicités nouées au quotidien, aussi bien autour d’un repas que derrière une barricade, ne cessent d’invalider les catégories fermées dont use le pouvoir pour qualifier et diviser les opposant-e-s au projet d’aéroport.

Ce qui se joue aujourd’hui à NDDL rappelle et renouvelle l’histoire dense de certains mouvements paysans locaux au cours des décennies passées : liens forts avec les grèves et mouvements de 68, actions directes face aux diktats de l’industrie, occupations de terre contre les « cumulards »…

Forte de ce terreau, la manifestation du 13 avril, en écho à la journée mondiale des luttes paysannes en appelle à une communisation des terres et des pratiques. Nous entendons par là:

  • une forme de partage en porte à faux avec les grandes concentrations agricoles et les freins posés à l’accés au foncier pour les projets d’installation paysanne.
  • l’entraide, la mutualisation de moyens, d’outils, mais aussi les possibilités d’installations collectives
  • un dialogue fécond entre savoir-faire agricole traditionnel et pratiques expérimentales, entre professionnel-le-s et paysan-ne-s hors-cadre.
  • des réflexions communes autour de la question alimentaire : sur une production autonome en rupture avec les logiques agro-industrielles, sur les liens possibles avec Nantes et ses habitant-e-s.
  • la capacité de relier la question agricole à des formes de vie, d’habitat et à des luttes sociales.

En pratique il s’agira, le 13 avril, de partir outils en mains en plusieurs cortèges depuis les bourgs alentours et de converger sur la ZAD pour se redéployer en direction des différents projets et chantiers agricoles. Au programme et suivant les facteurs hydrométriques : plantation de vergers, de haies et de bosquets aromatiques, pose de ruches, défrichage, repiquage de semis, installation de structures (serres, cabanes à outils…), drainage des terrains, nettoyage des fossés, réparations des clôtures détruites durant les affrontements et balisage des chemins forestiers… Seront aussi prévus des foires aux semences, des expositions de variétés anciennes et aujourd’hui clandestines, des discussions et ateliers autour des pratiques agricoles – et en soirée, des fêtes, bals et banquets.

Nous invitons donc à cette occasion tou-te-s les opposant-e-s au projet d’aéroport à se mobiliser. Venez fêter le retour du printemps et montrons-leur qu’ici comme ailleurs, nous ne voulons ni de leur aéroport ni du monde qui va avec. Rendre fertile ce qu’ils veulent rendre stérile, là est notre force.

(Une liste de besoins plus précis liés aux diverses installations sera transmise quelques semaines avant la manifestation)

En résumé :

  • 10h00 RDV fourche en main pour plusieurs cortèges depuis les bourgs alentours pour aller occuper les terres et commencer les chantiers
  • à midi, chacun-e est invité à amener une tarte à partager.
  • le soir, bal et banquets

(plus d’infos pratiques, sur les RDVs, besoins matériels, l’accueil et autres à venir sur le site : zad.nadir.org/semetazad)

 contact : semetazad[At]riseup[point]net

[Poitiers] Tags anti-militaristes et anti-Ayraultport – Nuit du 28 au 29 mars 2013

POITIERS Tags antimilitaristes à l’Armée de l’Air

La façade du bureau d’information de l’Armée de l’Air, avenue de la Libération à Poitiers, a été couvert d’inscriptions antimilitaristes dans la nuit de jeudi à vendredi. Une enquête est en cours pour tenter d’identifier les auteurs de ces tags. Selon la police, aucun autre établissement militaire n’a été visé.

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La même nuit, d’autres tags, hostiles ceux-là à l’aéroport nantais de Notre-Dame-des-Landes ont été peints sur des murs de l’hôtel-de-ville de Poitiers. Ils ont été effacés par les services municipaux.

Leur presse – La Nouvelle République.fr, 30/03/2013 à 05h28

[NDdL] La ZAD est partout, même dans les boîtes aux lettres !

Transmis par mail, 18/03/2013:

On s’est procuré (la ZAD est partout, même dans les boîtes à lettres des puissants) un échange de courriers entre Xavier Huillard (PDG de Vinci) et François Pinault (PDG de Pinault-Printemps-Redoute et actionnaire de Vinci).

La vérité éclate au grand jour : les PDG ont un coeur ! C’est le scoop-buzz de l’année.

Partage de regrets envoyé de l’un à l’autre quasiment au même moment, c’est tout bonnement hyper-incroyable ! On y apprend que les deux hommes, rongés par d’insoupçonnables remords, conscients de leur condition, aiment profondément le peuple et se désolent d’être si méga méchants.

Choc et VSD ont été devancés par « Les potins du Grand Ouest », le nouveau magazine 100% intox de la ZAD. L’info fait déjà le tour du monde !

En exclusivité, nous avons choisi de publier ces lettres que se sont échangés Xavier et François (junior).

Vive la zizanie !

Ceci était un communiqué de l’Agence Fiente Presse

Ci-dessous les accusés de réception et les courriers originaux

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A Grosrouvre, le 13 mars 2013

Cher Xavier,

Je t’écris pour te faire part de mes doutes. En effet, depuis quelques temps je ne trouve plus mon repos. Je suis avec attention l’évolution de notre projet d’aéroport à Notre Dame des Landes et je me rends bien compte à quel point il est impopulaire. La population, que je croyais inconsciente et servile, m’apparaît chaque jour un peu plus réaliste que nous. Bien plus, je dois bien admettre que je ne peux m’empêcher d’être enthousiaste lorsque je vois ces centaines de jeunes et moins jeunes s’évertuer à faire émerger sur la Zone d’Aménagement Différé une société nouvelle, à partir de pas grand chose et avec le soutien quasi inconditionnel des habitants et agriculteurs de la région.

Les temps sont durs, l’économie capitaliste vacille et la population souffre. Et tu sais pertinemment que nous sommes du côté des oppresseurs, que les projets que nous menons participent au sentiment d’oppression du plus grand nombre. Je ne peux plus croire que les centaines de chantiers VINCI à travers le monde soient vraiment bénéfiques à nos sociétés. Crois-tu vraiment que nos géants de verre et d’acier, que nos monstres de béton, soient si indispensables à une époque où chacun se préoccupe du devenir de la planète ?

Oui, Xavier, au risque de te surprendre et que tu te sentes trahi, je voulais te partager mes sentiments, qui ont beaucoup été perturbés par l’intrusion chez moi à La Mormaire d’une quinzaine de jeunes le 27 janvier dernier. J’ai d’abord porté plainte avec Salma, puis mon cœur s’est empli de remords. Pouvons-nous vraiment agir comme nous le faisons ? Ces jeunes gens sont-ils vraiment coupables d’agir avec sincérité pour préserver leurs cadres de vie et leur avenir ? Pouvons-nous continuer à les mépriser en nous enrichissant à l’abri de nos châteaux luxueux ? Je ne crois pas. Je me suis présenté au Tribunal de Versailles pour l’audience de ces militants, afin d’exprimer publiquement mes regrets. C’est important pour moi désormais de ne pas retirer ma plainte, mais de leur dire dans les yeux le fond de ma pensée avant de demander leur relaxe. Leur audience a été reportée au 3 juin prochain, je ferai tout pour m’y présenter.

Il est temps que les puissants comme nous cessent d’agir avec cupidité. Il est temps que nous laissions à la population leur pouvoir de décision. C’est pourquoi, je vais demander à mon père que la famille Pinault se retire du capital de VINCI, car je ne veux plus être complice de tant de tristesse. De tant de violence aussi, car tu n’es pas sans ignorer que dans d’autres pays nous contribuons à renforcer des pouvoirs autoritaires, à imposer les choix d’élites politiques qui méprisent le peuple. L’aéroport de Pnom Penh, l’autoroute Moscou-Saint Petersbourg, les centrales nucléaires chinoises et britanniques, les palais d’Ashgabat ou les centres commerciaux de Kuala Lumpur, tout ça me paraît désormais terriblement destructeur. Dis moi sincèrement : les simples gens ne se voient-ils pas imposer un modèle de société qui n’est pas le leur et qui ne profite qu’aux plus aisés et aux plus individualistes ?

J’ai d’affreux doutes Xavier, il était important pour moi de t’en faire part avant de prendre des décisions cruciales. En espérant que tu me comprendras.

Sincèrement tien,

François Pinault

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A Versailles, le 15 mars 2013

Cher François,

J’ai appris que tu t’étais présenté au procès des militants anti aéroport qui ont pénétré le 27 janvier dernier sur ta propriété à Grosrouvre. D’abord surpris que tu accordes de l’importance à cette audience, j’ai souhaité t’écrire personnellement pour te faire part de mes sentiments.

Tout d’abord, je souhaitais m’excuser auprès de toi que tu aies eu à subir les conséquences des excès de mon entreprise. J’admets en effet volontiers que VINCI n’a pas toujours contribué au bien-être des masses, bien au contraire. Je connais le fond de ta pensée sur le sujet et c’est pourquoi je t’écris : nous savons l’un comme l’autre qu’il faudrait sortir de l’impasse qui nous conduit à détruire le peu d’espaces vierges qu’il reste sur cette planète. Avec Bouygues, Vinci est l’une des plus puissantes entreprises de BTP au monde, et à ce titre notre empreinte est partout.

Le peuple a sans doute raison de s’inquiéter pour notre avenir, d’autant plus lorsqu’il est témoin des masses d’argent investies dans des projets pharaoniques dont il ne profite que de manière extrêmement limitée, et cela alors même que l’économie mondiale est en crise. Si je prends pour exemple notre projet d’aéroport à Notre Dame des Landes, je suis forcé d’admettre que son utilité est toute relative, voire même inexistante. Jean-Marc y tenait tellement lorsqu’il était maire de Nantes, voyant dans ce projet un moyen de redynamiser sa ville. Mais soyons sincères, tout ceci est un leurre et le peuple n’est pas dupe : il sait bien que de tels éléphants blancs servent avant tout nos intérêts personnels et ceux des édiles politiques. Nantes n’a absolument pas besoin d’être redynamisée !

Et quand bien même, le peuple se fout bien d’un tel dynamisme. Crois-tu que les ouvriers, les chômeurs et les paysans voient dans cet aéroport une quelconque opportunité d’amélioration de leur qualité de vie et de leur environnement ? Non, forcément pas. Le peuple veut s’émanciper, veut avoir du temps pour profiter de l’existence, un environnement sain dans lequel il peut respirer sans craindre d’attraper un cancer, des paysages préservés du béton, de la grisaille et de la pollution…. Je t’avoue que même moi j’y aspire ! Parfois, dans mon manoir à Versailles je me prends à rêver que les mal logés aient eux aussi les moyens de vivre comme nous vivons toi et moi. Je suis fatigué de jouer le rôle d’oppresseur, de brasser mes billets alors que tant de gens n’ont rien.

Des milliers de gens sont enthousiasmés par ce qu’il se passe à Notre Dame des Landes, par l’énergie créative qui s’en dégage. Personne ne peut nier qu’il s’y joue quelque chose de vivant et de fort. Comment pouvons-nous encore justifier notre béton armé face à leurs maisons de bois, leurs plantations et leur volonté de vivre ensemble ? Comment argumenter face au désir de préserver le peu qu’il reste, alors que nous participons au pillage des ressources, à la destruction des espaces naturels, à une logique de croissance toujours plus néfaste pour les sociétés humaines ?

Je ne sais plus que penser, François, mais il me semble que nous devrions nous voir urgemment pour envisager de changer cet état des choses et pour réfléchir ensemble aux moyens de rattraper nos erreurs et de renoncer à nos désirs de puissance. La société va de l’avant, elle a besoin d’air nouveau, mais elle a aussi besoin de voir que des personnes telles que nous, qui incarnons le pouvoir, pouvons revenir à plus d’humilité, de simplicité, d’humanité. Notre condition sociale ne devrait pas être une fatalité. Je te prie de croire en ma sincère amitié et j’espère que tu me comprendras si je venais à prendre des décisions mettant en péril l’entreprise. Crois-moi, ce serait une décision historique dont nous ne pourrions qu’être fiers.

Amicalement,

Xavier Huillard

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[Poitiers] « aéroports, éoliennes, LGV, lignes THT, centrales nucléaires, autoroutes…. Pour faire du fric, il faut du flic » – 1er mars 2013

Le recrutement de la gendarmerie attaqué à Poitiers

POITIERS, Vienne, France  – Vendredi 1er mars 2013, le bureau poitevin de recrutement de la gendarmerie nationale a subi une attaque d’une violence sans précédent.

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Aux alentours de 18h30, une dizaine d’individus appartenant vraisemblablement à un groupe paramilitaire d’obédience narco-autonome et éco-djihadiste a sauvagement ravagé la vitrine de celui-ci à coups de colle et de bandes de cellulose arborant des messages crypto-terroristes. Selon les services de renseignement, le commando aurait agi en lien avec les dangereux squatteurs de Notre-Dame-des-Landes. De plus, notre envoyé spécial, présent sur le terrain, a pu constater des modes opératoires similaires à ceux employés par les déboulonneurs de pylônes. Les vandales ont quitté la zone bien avant que les forces de sécurité ne déclenchent le plan Épervier (mobilisant toutes les unités disponibles) qui a tout de même permis d’interpeller un individu à l’apparence fort peu honnête. Contacté par notre reporter, Médor, un agent chevronné de la brigade des stups nous confiait, juste après l’opération, être persuadé de l’innocence du suspect, qui a été finalement relâché.

Cet événement jette un froid dans une ville déjà meurtrie à de nombreuses reprises par de lâches attentats. Poitiers, pourtant, semblait presque paisible. En effet, ses valeureux justiciers en bleu foncé s’étaient attelés à étouffer toute menace terroriste. Reste à espérer que cet acte isolé n’en appelle pas d’autres…

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Leur presse de l’ordre – Fox News

Affiche collée sur le local de recrutement de gendarmerie

Affiche collée sur le local de recrutement de gendarmerie

Source: MediaTours, 06/03/2013