[Suisse] Rébellion à la prison de Champ-Dollon – Genève, 3 et 4 mai 2013

Double incident détenus-gardiens ce week-end

Deux prisonniers de Champ-Dollon, menaçants, ont été placés en cellule forte. Ils ont frappé au visage deux gardiens et fracturé le pouce d’un troisième.

Sur fond de surpopulation carcérale, le double incident tombe à pic pour illustrer l’insécurité que dénonce le syndicat policier. A deux reprises ce week-end, des détenus s’en sont pris aux gardiens. Les prisonniers concernés sont des habitués: le 8 avril, ils s’étaient barricadés dans un étage avec dix autres mutins, avant d’être mâtés par la police.

Vendredi soir, d’abord, l’un d’eux menace d’incendier sa cellule. L’arrivée d’un troisième co-détenu l’excède. Il vocifère, insulte. Son placement en cellule forte est décidé. Une fois son transfert réalisé, il frappe au visage deux surveillants. Ce heurt en appelle un autre, samedi. Un second individu, révolté par l’épisode, se rebelle. La sanction est identique, les dégâts différents: un maton a le pouce fracturé. «Les faits ont été dénoncés au procureur général», indique le directeur des lieux, Constantin Franziskakis. Les récalcitrants, eux, écopent de dix et cinq jours de cachot.

Leur presse carcérale – 20min.ch (Jérôme Faas), 07/05/2013 à 06h45

[Canada] Les matons travaillent en Alberta: Révolte à la nouvelle prison ‘Remand’ – Edmonton, 27 avril 2013

Alberta: au moins une prison aurait été saccagée en raison d’une grève

Un conflit de travail dans le cadre duquel des agents correctionnels oeuvrant dans des prisons provinciales ont quitté leur poste a résulté en un saccage du nouveau Remand Centre d’Edmonton par des détenus, selon le vice-premier ministre de l’Alberta.

Thomas Lukaszuk a pris la peine d’ajouter que les informations reçues étaient de deuxième main et que des responsables provinciaux tentaient de les confirmer.

Il a toutefois déclaré, lors d’une conférence de presse, que les prisonniers exploitaient le changement de routine au sein du bâtiment pour provoquer des dégâts.

Malgré ces informations, le vice-premier ministre a assuré que personne n’était en danger à l’intérieur ou à l’extérieur des prisons de la province.

Plus tôt samedi, le syndicat qui représente les agents correctionnels de l’Alberta avait indiqué que la Commission des relations de travail de la province avait jugé que la grève d’agents dans certains centres de détention était illégale et qu’elle leur avait ordonné de reprendre le travail.

Le porte-parole des Syndicats albertains des employés provinciaux, Bill Dechant, a précisé que le jugement s’appliquait aux agents du Remand Centre d’Edmonton et à ceux d’un établissement de Fort Saskatchewan.

La décision de la commission survient après que les travailleurs de sept centres de détentions eurent déclenché une grève pour protester contre la suspension d’un employé du Remand Centre qui se serait plaint de questions de sécurité.

Le gouvernement de l’Alberta avait affirmé que la grève était illégale et s’était tourné vers la commission pour qu’elle ordonne aux employés de reprendre le travail.

M. Dechant a déclaré que le syndicat demanderait aux employés s’ils veulent respecter le jugement de la commission.

On ne sait pas pour l’instant ce qui en était des employés en grève dans les autres centres de détention.

Les détenus dans les centres concernés ont été confinés à leur cellule et le personnel en grève a été remplacé par la police municipale et la GRC [Forces anti-émeute], ainsi que par des superviseurs des services correctionnels.

Leur presse carcérale – La Presse Canadienne, 27 avril 2013 à 20h55

Une source a rapporté à CBC que « la situation dans le centre était chaotique et dangereuse ». Les détenus ont tapé violemment les portes de leurs cellules. Les gardiens en grève se plaignent d’une situation « explosive » à l’intérieur de ce nouveau centre de rétention, qui a ouvert il y a seulement deux semaines.

En attendant, ce sont les forces anti-émeute qui gèrent le centre et les détenus sont confinés à leurs cellules. Des gardiens de plusieurs prisons du secteur (centre de détention provisoire de Calgary, centre pour jeunes délinquants d’Edmonton et les centres de détention de Lethbridge et Fort Saskatchewan) ont également rejoint leurs revendications pour ‘plus de sécurité’.

Traduit librement de la presse canadienne – CBC News, màj 27/04/2013 à 02h00

[Suisse] Mutinerie à la prison de Champ-Dollon, en réaction à la grève des matons – Genève, 8 avril 2013

Mutinerie à la prison de Champ-Dollon

A la suite du débrayage des gardiens, survenu ce lundi matin, 53 détenus ont refusé de réintégrer leurs cellules après le repas de midi. La police a dû intervenir.

Journée houleuse à la prison de Champ-Dollon. A 10h30, quelque 170 gardiens débrayaient pour protester contre les effets de la surpopulation carcérale sur leurs conditions de travail. Deux heures plus tard, 53 détenus refusaient de réintégrer leurs cellules après leur repas.

41 d’entre eux cédaient à 13h30, après des discussions avec le personnel de la prison. Douze autres, en revanche, se barricadaient dans leur étage. Après un ultimatum, la police est intervenue à 15h10. Les mutins ont été placés au cachot.

Vue plongeante sur la manifestation des gardiens

Le bâtiment des détenus a commencé à bouger lorsque les gardiens ont manifesté devant l’établissement voisin de la Brénaz, aux alentours de onze heures. Des cris s’échappent des cellules, qui donnent sur le lieu de rassemblement. Le personnel revient dans la prison de Champ-Dollon à 11h15, soit un quart d’heure après l’horaire prévu. «La distribution des repas a pris du retard», explique Constantin Franziskakis, le directeur de l’établissement.

Après avoir mangé, à 12h30, deux demi-unités, l’une regroupant 41 détenus, l’autre douze, refusent de rentrer en cellule. «Nous nous y attendions un peu, les détenus nous avaient avertis vers midi. Dès ce moment, la police était avertie», poursuit le directeur.

Une pétition, signe avant-coureur

A 13h30, le groupe de 41 prisonniers accepte de baisser pavillon. «L’usage de la contrainte n’a pas été nécessaire», précise-t-il. Ces détenus, par ailleurs, avaient des revendications. «Ils nous avaient déjà adressé une pétition qui réclamait des améliorations matérielles. Je ne pouvais rien faire pour leur donner satisfaction.»

Constantin Franziskakis, directeur de la prison de Champ-Dollon

Constantin Franziskakis, directeur de la prison de Champ-Dollon

Des détenus «qui voulaient en découdre»

Les douze autres hommes, en revanche, n’ont aucune revendications, mais profitent de l’occasion pour «mettre le bazar», et se barricadent derrière la porte de leur couloir, bloquée avec divers objets. Un ultimatum leur est lancé. Ils passent outre. A 15h10, la police intervient. «Il s’agissait de détenus déterminés, qui voulaient en découdre», décrit Constantin Franziskakis.

Aucun blessé

L’intervention n’a causé aucun blessé, ni parmi les forces de l’ordre, ni parmi les détenus. Les douze récalcitrants ont été conduits en cellule forte par les gardiens. Une procédure disciplinaire est par ailleurs engagée à l’encontre de leurs 41 collègues.

Leur presse carcérale – 20minutes.ch (Jérôme Faas/Thomas Piffaretti), 08/04/2013 à 18h54

[Italie] Arrestations de compagnon.ne.s suite à une action en soutien à un retenu qui résistait à son expulsion – Turin, 11 avril 2013

Arrestations de compagnon-ne-s à Turin [MAJ] – 11 avril 2012

Quatre mandats d’arrêt et deux interdictions de territoire : voici les requêtes émises par le juge Giuseppe Salerno, et que la police a tenté d’exécuter à Turin ce matin. Les mandats ont été émis suite au rassemblement devant le centre le 28 février dernier en soutien à un retenu qui résistait à son expulsion lors duquel un reporter de chronique de Turin a été justement maltraité (regardez ici un exemple de sa prose).

Jusqu’à maintenant la police a réussi à exécuter seulement deux des mandats d’arrêts et à notifier une interdiction de territoire. Il y a eu trois autres compagnons arrêté-e-s mais ce n’est pas clair si  elles/ils font partis des recherché-e-s de cette matinée ou s’ils ont été pris-es parce que trouvé-e-s avec les arrêté-e-s : probablement donc que la police cherche encore.

Mise à jour : Deux des trois arrêté-e-s ont été relâché-e-s : un était pris par erreur par les flics qui voulaient partir au plus vite du quartier de Porta Palazzo et à une autre ils devaient notifier une obligation de signer suite à un vol dans un autogrill au retour d’une manifestation No Tav.

Le troisième en revanche a été tapé durant l’arrestation : arrivé au poste sans son tee-shirt  et avec de traces de coups, il a d’abord été emmené à l’hôpital puis à la prison. Sont encore recherchés deux compagnons, destinataires respectivement d’un mandat d’arrêt et d’une interdiction de territoire.

Donc pour le moment une compagnonne à été interdite de la région de Turin, et deux compagnons et une compagnonne sont à la prison de la Vallette. Pour ceux qui veulent leur écrire voici les noms et adresses :

Borzì Martina Lucia
Poupin Gregoire Yves Robert
Milan Paolo
C.C. via Pianezza 300
10151 Torino

Et pour vous remonter un peu le moral après une journée comme celle là nous publions ici un petit reportage photo qui documente dans quel état est réduit le CIE de Turin après les derniers mois de résistances, luttes et révoltes.

Traduit librement de macerie par sans papiers ni frontières, 12 avril 2013