[Vigneux, 91] Un lancé de pavé si millimétré – Quartier de la Croix-Blanche, soirée du 24 avril 2013

Vigneux : un policier blessé à la tête par un jet de pavé

Un policier a été blessé mercredi soir à Vigneux-sur-Seine, rue Saint-Just dans le quartier de la Croix-Blanche. Les faits se sont déroulés vers 22 h 30. Les forces de l’ordre sont appelées pour des incidents : de jeunes habitants de la cité ont dégradé des parties communes d’immeubles et sont sur le point de mettre le feu à des poubelles.

La tension est palpable dans le quartier entre certains jeunes et des riverains visiblement à bout. La police arrive alors sur place et se fait caillasser par un groupe de jeunes. Un des agents, âgé de 30 ans, est touché au crâne par un jet de pavé. Il est admis aux soins intensifs de l’hôpital de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). Sérieusement blessé, il était cependant toujours conscient lors de sa prise en charge. Ses jours ne sont pas en danger mais le nerf optique a été touché. L’enquête a été confiée à la sûreté départementale.

En moyenne, chaque année, un policier sur dix est blessé en service en Essonne. « Surtout, c’est la gravité des blessures et la durée des arrêts de travail qui explosent », estimait ces derniers jours Claude Carillo du syndicat Alliance, qui a profité vendredi dernier d’une réunion pour réclamer également un audit complet des arrêts maladie à la direction de la police.

Leur presse de l’ordre – LeParisien.fr (AFP- Florian Loisy), 25/04/2013 à 11h09

[Belgique] Retour sur la mobilisation contre les violences policières du 15 mars dernier à Bruxelles : d’une manif à une attaque en règle contre les keufs

L’imprévu

D’une manif à une attaque en règle contre les keufs

Plusieurs organisations, politiques et syndicales, avaient lancé l’appel à une manifestation « contre les violences policières » pour le 15 mars. Avant de vous raconter comment cette initiative leur a heureusement quelque peu échappé, nous aimerions nous attarder quelque peu sur le contenu que ces organisations avançaient dans le cadre de cette « action ».

S’ils avaient pour but de dénoncer les « abus » policiers, ils revendiquent, au fond, une « meilleure » police, une police moins brutale. Or, non seulement il s’agirait de quelque chose contraire à la nature même de toute institution policière, dont la fonction est justement le contrôle et la coercition, qui produisent toujours leur lot de tortionnaires, tabasseurs, violeurs et racketteurs, mais, surtout, revendiquer une police moins brutale revient à légitimer l’existence de la police, à la renforcer… Et donc, à dire que la liberté n’est pas possible hors du cadre d’un Etat, avec ses lois et ses sbires.

Quant à nous, si nous nous battons pour la liberté, c’est parce que nous pensons qu’après avoir supprimé les sources de l’oppression et de l’exploitation, les êtres humains seront capables de vivre en liberté, c’est-à-dire, de vivre leur vie à leur guise et de faire des accords entre eux quand cela leur semble nécessaire. L’Etat, c’est la négation de la liberté, une négation qui, pour se maintenir, a recours à la police, à l’armée, à la prison… ainsi qu’à l’intégration de ses possibles opposants via le dialogue, la participation, les élections et tout ces choses-là. Le système réussit à se maintenir autant grâce à la police qui le protège que grâce à la collaboration de ceux qui le subissent ou l’acceptent.

De fait, dès le début de la manifestation, les organisations qui l’avaient appelée ont montré de quel monde ils rêvent : tout le monde devait marcher derrière un camion-sono qui crachait leurs slogans tandis qu’une petite armée de service d’ordre, spécialement recrutée pour l’occasion, encadrait les « manifestants ». Si les organisateurs prétendaient dénoncer les abus de la police, ils se montraient déjà prêts à la remplacer eux-mêmes.

Fort heureusement, l’imprévu vient souvent bouleverser les plans de ces apprentis-chefs. Ainsi, vers la fin de la manifestation, l’encadrement a été débordé par des dizaines de personnes ne voulant ni se plier aux mots d’ordre officiels, ni se courber devant les vigiles des organisations. Une patrouille de police a été attaquée et quatre flics en civils (d’ailleurs, des types bien connus pour leurs interventions musclées) ont été coincés et ont bien ramassé. Une demi-heure plus tard, tandis que les révoltés narguaient une rangée d’anti-émeute, les vigiles du service d’ordre ont été pris à partie quand ils tentaient une fois de plus d’endiguer la rage émeutière. Les vigiles et les prêcheurs semaient la confusion, ce qui faisait grandir la méfiance et l’agressivité vis-à-vis de tout ce qui constituait un obstacle (réel ou non) pour les révoltés. Cela amena la situation à un tel point que pas tout le monde ne savait plus distinguer entre complices et délateurs. Les organisations politiques, à travers leur but de tout incorporer dans leurs desseins, sont en grande partie responsables de cet état de fait.

D’ailleurs, pour éviter d’écorner la « bonne image » qu’elles voulaient donner aux médias et aux institutions, elles ont totalement omis d’évoquer ces événements et ces affrontements dans les communiqués qu’elles ont diffusé après la manif’. Alors, une fois de plus, pour quoi se battent-elles, si ce n’est pour remplacer elles-mêmes la police et pour mentir, à l’image des politiciens de toutes obédiences ?

Bien que ce ne soit pas dans nos habitudes, nous voulons bien aider ces organisations politiques et syndicales à en tirer au moins une leçon : ceux qui se battent contre toute autorité et ceux qui se révoltent ne respecteront pas leurs mots d’ordre et ne se laisseront pas effrayer par leurs services d’ordre ou par leur collaboration avec les keufs. Et face à la police, face aux tortures dans les commissariats et aux tabassages dans la rue, face aux chasses à l’homme et aux enfermements, nous ne revendiquerons nullement une meilleure police, nous ne ferons pas des sketches politiques pour gagner de l’influence auprès des institutions. Notre approche, elle est fort simple : dans la mesure du possible, nous leur ferons payer coup pour coup et nous frapperons là où ils ne nous attendront pas, surtout contre ce que la police cherche à défendre. Ingouvernables.

Extrait du journal Hors-Service n° 35, 5 avril 2013

[Dijon] La police accueillie aux cocktails molotov, la poukav citoyenne travaille – Soirées des 17 et 18 février 2013

Cocktails Molotov sur la police : 5 arrestations à Dijon

Lorsque dimanche soir, les pompiers étaient intervenus rue Joliot-Curie, où un local à poubelles venait d’être incendié, ils avaient essuyé, ainsi que les policiers qui les accompagnaient, des jets d’objets divers : pied de lampe, morceaux de table, pièces de mobilier.

Lundi, lors d’une nouvelle intervention pour un nouvel incendie allumé au même endroit, policiers et pompiers avaient été accueillis cette fois par des jets de cocktails Molotov.

Depuis les coursives du 5 e étage

Mais un imposant dispositif d’investigations avait été mis en place par les enquêteurs du groupe de voie publique de la sûreté départementale : ils savaient que ceux qui s’en étaient pris aux gardiens de la paix et aux pompiers avaient lancé leurs projectiles depuis les coursives du 5 e étage du bâtiment Réaumur, et ils disposaient de quelques informations obtenues par l’enquête de voisinage.

Et enfin, des témoins avaient parlé. Si bien que les enquêteurs avaient identifié cinq jeunes gens, tous domiciliés dans le quartier, tous déjà connus de la police et de la justice, tous âgés de 18 à 19 ans.

Interpellés à l’aube

Mardi, à l’aube, au cours d’une opération mobilisant des policiers du groupe de voie publique, de la brigade criminelle et de la brigade d’atteinte aux biens de la sécurité publique, trois des jeunes gens étaient interpellés à leur domicile, conduits dans les locaux du commissariat central et placés en garde à vue. Deux autres les rejoignaient au cours de l’après-midi.

Au cours de leurs auditions, les cinq jeunes gens auraient nié avoir lancé des objets ou des cocktails Molotov sur les pompiers et les policiers, mais certains auraient reconnu s’être trouvés dans les coursives de l’immeuble.

Le service départemental d’incendie et de secours, la police national et le bailleur social Dijon Habitat ont déposé plainte.

Un véhicule incendié

Les cinq jeunes gens, qui sont poursuivis pour les feux de poubelles, les jets de projectiles et, pour deux d’entre eux, pour avoir incendié un véhicule dans la rue Joliot-Curie le dimanche, devaient être présentés au procureur de la République dans la soirée d’hier. L’un d’entre eux pourrait être conduit directement à la maison d’arrêt pour trois mois : il faisait l’objet d’une peine d’emprisonnement avec sursis prononcée dans le cadre d’un autre dossier.

Leur presse – Le Bien Public.com (G. D.), 22/02/2013 à 09h55

[Grèce] Les partisans d’Aube Dorée travaillent – Athènes, 1er février 2013

Athènes, samedi 3 février : Rassemblement de protestation à Thissio suite au meurtre d’un autre immigré

Le 1er février 2013 à environ 20h30, des vendeurs de rue immigrés dans le quartier de Thissio ont été pourchassés par la police municipale d’Athènes, qui a attrapé un des immigrant à l’angle juste au-dessus de la station de métro Thissio.

Quand les flics ont tenté de voler la marchandise du travailleur en le poussant, Babakar Ndiaye (un sénégalais de 38 ans) est tombé sur les rails du métro d’une hauteur de 7 mètres, où il est mort instantanément.

Après la poursuite meurtrière de la police, plusieurs passants, d’autres vendeurs et des personnes en solidarité se sont rassemblés à l’endroit portant le deuil de la perte de Babakar. Peu après, des escadrons anti-émeutes se sont déployés dans la zone, où ils ont attaqués et dispersés la foule avec des gazs lacrymos, etc.. Pendant les heures suivantes, dans le centre-ville, des dizaines d’immigrés ont été arrêtés par la police. Tous les détenus ont été relâchés, sauf 2 immigrants qui restent détenus aux postes de police. Néanmoins, d’après des témoins oculaires, les tueurs en uniformes municipaux qui ont causé la mort de Babakar à Thissio auraient disparu juste après le meurtre, sans qu’on en ait retrouvé la trace jusqu’à maintenant.

Le jour suivant, l’Assemblée des immigrés et des personnes solidaires de ASOEE a initié à une discussion à laquelle plus de 80 immigrants ont participé, et où les gens ont pu partager plus d’informations sur ce qui s’était passé.

Il a ainsi été décidé de mettre en place un rassemblement de protestation avec système audio devant la station de métro de Thissio le dimanche 3 février à 13h, afin d’informer plus de gens sur ce nouveau meurtre fasciste. De plus, le lundi 4 février à 17h, une discussion ouverte aura lieu dans le bâtiment d’ASOEE (faculté d’économie), sur l’avenue Patission, afin d’échanger des idées, de joindre des forces et d’organiser les actions à venir contre la violence policière et le racisme, en solidarité avec tous les opprimés d’Athènes et d’ailleurs.

Rien ne doit rester sans réponses face aux meurtres étatiques et para-étatiques.
Luttes communes des locaux et des immigrés.

Assemblée d’immigrés et solidaires d’ASOEE

“Shehzad Luqman, 27 ans, massacrés par des partisans de l’Aube Dorée. Le silence face aux attaques fasciste c’est la complicité”

“Shehzad Luqman, 27 ans, massacrés par des partisans de l’Aube Dorée. Le silence face aux attaques fasciste c’est la complicité”

– Banderole du lieu social autogéré Stegastro (“Refuge”) dans le quartier de Galatsi-Lambrini, en relation avec le meurtre d’un travailleur immigré pakistanais (le 17/01) à Ano Petralona, un quartier adjacent à Thissio

Source: Contra-info, 3 février 2013

[La Réunion] Les jeunes du Chaudron niquent la police – 6 février 2013

Galets et poubelles en feu cette nuit au Chaudron, mais pas de gaz lacrymogènes

Une cinquantaine de jeunes, dont la plupart avait le visage dissimulé par leurs tee-shirts, ont provoqué les forces de l’ordre dans le quartier du Chaudron, n’hésitant pas à lancer des galets dans leur direction et à renverser des poubelles enflammées au milieu des rues, à proximité de la mairie annexe du quartier.

Chaudron

Tout a commencé en début de soirée, vers 19h30, par des jets de galets en direction d’un véhicule de police à proximité du Mail du Chaudron. Un peu plus tard, les manifestants ont essayé de pénétrer dans le Score pour le piller, mais sans y parvenir devant la réaction des policiers.

Tout au long de la soirée, les forces de l’ordre se sont bien gardées de tirer des grenades lacrymogènes, ayant sans doute tiré les leçons des événements de l’an dernier où chaque explosion de grenade retentissait comme un appel au rassemblement pour tous les jeunes du quartier…

Vers 23 heures, l’hélico de la gendarmerie continuait à survoler le quartier, tandis que les policiers de la Bac patrouillaient en voiture. Le calme semblait être revenu dans le Chaudron…

Leur presse – Zinfos974.com (Pierrot Dupuy), 06/02/2013

Feux de poubelles et tensions au Chaudron

Tensions hier soir dans le quartier du Chaudron. Plusieurs dizaines d’individus ont provoqué les forces de l’ordre après avoir incendié quelques poubelles. Les policiers ont essuyé plusieurs jets de galets avant un relatif retour au calme vers 23h00.

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En début de soirée, les forces de l’ordre ont essuyé quelques jets de galets au niveau du Mail du Chaudron mais les jeunes se sont rapidement dispersés après avoir mis le feu à quelques poubelles, jetées au milieu de la chaussée. Vers 20h30, plusieurs individus ont tenté de vandaliser le magasin Jumbo mais ils ont été repoussés par les forces de l’ordre.

Tout a commencé peu avant 20 heures au niveau du mail du Chaudron. Des dégradations ont été commises par des individus qui dissimulaient leurs visages. Plusieurs poubelles jetées au milieu de la route sont parties en fumée et un important dispositif des forces de l’ordre a été déployé. Vers 23h30, les forces de l’ordre étaient toujours sur le terrain mais tout semblait relativement calme, seules les poubelles continuait de brûler.

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Le quartier du Chaudron a été secoué par de violentes émeutes il y a tout juste un an, en février 2012. Les forces de l’ordre – mobilisés en grand nombre – ont rétabli le calme en choisissant de rester en retrait autant que possible pour ne pas envenimer une situation déjà particulièrement tendue. Un hélicoptère a également survolé la zone.

Ces actes de vandalisme ont été commis après une journée de tensions sur la commune de Saint-Louis où les jeunes ont bloqué le rond-point de La Palissade avant de se rendre à la mairie pour rencontrer le maire et réclamer des contrats. Les commerçants ont baissé leurs rideaux, le mobilier urbain a été endommagé, les forces de l’ordre ont également essuyé des jets de galets et les jeunes sont de nouveau repartis manifester au niveau du rond-point de La Palissade avant de lever leur barrage peu avant 19 heures. Durant la nuit du 5 au 6 février, des groupes d’individus ont également provoqué les forces de l’ordre dans ce quartier de Saint-Louis : poubelles brûlées, arbres tronçonnés… Des gaz lacrymogènes et des galets ont été échangés avant un retour au calme précaire qui a duré quelques heures avant la mobilisation des jeunes dans la matinée de ce mercredi.

Leur presse – L’Info.re (photos: Stephan Laï-Yu, Clicanoo.re), 07/02/2013 à 06h10

[Suisse] Deux keufs passés à tabac au carnaval de Collina d’Oro près de Lugano – Nuit du 2 au 3 février 2013

Carnaval: deux policiers agressés au Tessin

Deux policiers ont été agressés durant la nuit de samedi à dimanche au carnaval de Collina d’Oro, près de Lugano (TI). Les deux agents ont été attaqués par un groupe d’une dizaine de personnes qu’ils tentaient de rappeler à l’ordre, a indiqué la police cantonale tessinoise lundi.

Le groupe a continué de frapper les policiers alors que ces derniers se trouvaient déjà au sol. La situation n’a pu être rétablie qu’après l’intervention de renforts. Blessés, les deux policiers ont été conduits à l’hôpital. Tous les agresseurs ont été identifiés et dénoncés au ministère public, a précisé la police cantonale.

Leur presse – Romandie.com (ATS), 04/02/2013 à 16h22

[Belgique] Justice pour Moha, tabassé par les keufs à Molenbeek – Bruxelles, 11 janvier 2013

Bavure policière à Molenbeek: Moad, 14 ans, injurié (« Sale arabe ») et tabassé à la matraque

«C’est inadmissible!» fulmine encore Aïcha, cinq jours après que son fils de 14 ans, Moad, ait été solidement malmené par cinq policiers, à deux pas de leur domicile familial de Molenbeek. Le garçon, épais comme une cigarette, affirme qu’il courait vers son appartement pour aller chercher son sac de sports lorsque cinq policiers l’ont brutalement terrassé puis emmené au poste, où il a encore été frappé.

MoadLes parents ont déposé plainte, mais aussi lancé via Facebook un appel à une manifestation, ce dimanche, devant le commissariat de Molenbeek.

Du haut de ses 14 ans, Moad a toutes les allures d’un Mbark Boussoufa en gabarit junior. Mais sur la tempe gauche, le garçon présente d’impressionnantes traces d’éraflures coagulées. Assise à côté de lui et entourée de son mari, Jawad Touile, et de son avocat, Vincent Lurquin, sa maman Aïcha montre sur son Iphone la série de photos qu’elle a prises de son fils au lendemain des faits qu’elle dénonce avec virulence. Une longue trace rougeâtre d’un coup de matraque sur la hanche, l’oreille gauche écorchée, une énorme bosse sur l’occiput et quatre lignes imprimées sur le haut du crâne rasé du gamin qu’elle affirme être celles de traces de la semelle de la chaussure d’un des policiers qui l’a écrasé au sol.

Car c’est une véritable bavure policière à l’encontre d’un enfant que dénoncent les parents de Moad.

Celui-ci raconte:

«vendredi dernier, vers 18h, je devais aller chercher mon petit frère à son entraînement de foot, près de la gare de l’Ouest. Mais comme il n’y avait pas été, j’ai demandé à mes parents si je pouvais alors aller m’exercer à ma salle de fitness, au Sippelberg. Mon papa a accepté et j’ai trottiné vers la maison pour vite aller chercher mes affaires de sport. À ce moment, j’ai vu une voiture noire qui a mis les sirènes. Je croyais qu’ils cherchaient quelqu’un d’autre, mais cinq policiers sont sortis, m’ont attrapé et m’ont jeté par terre

Moad a raconté toute sa version dans une lettre manuscrite, à l’écriture appliquée.

«Ils m’ont insulté de tous les noms: fils de p…, sale arabe…» J’ai eu deux coups de matraque. En me mettant par terre, une policière m’a serré les menottes pendant que les autres me frappaient par terre. Y avait un policier qui me donnait des shots sur mon visage. Ensuite, ils m’ont plaqué contre le capot d’une voiture»…

Emmené au commissariat central de Molenbeek, il dit avoir eu le visage écrasé contre la porte d’entrée, puis avoir été poussé dans l’escalier, soulevé de derrière par ses bras menottés. Il y est resté une heure et demie avant d’être libéré, après que son grand frère, sa mère et son père se soient pressés sur place. Car Moad n’avait jamais eu le moindre problème de délinquance. Ce qui révolte d’autant plus les parents. La maman, Aïcha, a lancé dès le week-end dernier, via Facebook, un appel à manifester dimanche prochain, à 11h, devant le commissariat de Molenbeek, pour protester contre cet abus de pouvoir. Le papa, qui a travaillé 12 ans à commune de Molenbeek, n’approuve pas totalement cette démarche. Mais il a rencontré les autorités communales et policières pour dire:

«Ce n’est pas seulement ma voix que je veux faire entendre, mais celles de centaines de parents d’enfants qui subissent les humiliations policières

Plainte a été déposée au Comité P. Selon la police de la zone de Bruxelles Ouest, l’ado aurait tenté d’échapper à un contrôle lors d’une opération anti-sac-jackings.

Leur presse – La Gazette.be (A. BALTHAZART), 16/01/2013 à 08h13

Le rassemblement devant le commissariat de Molenbeek en suspens

BRUXELLES – La bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean Françoise Schepmans (MR) a indiqué, mercredi, que la demande d’autorisation pour le rassemblement de dimanche prochain à 11 heures, devant le commissariat, était en suspens. Le père du jeune Moad, âgé de 14 ans, qui dénonce une bavure policière, lui a communiqué dans la journée qu’il pourrait lancer un appel au calme.

« Je comprends l’émotion de la maman, commence Françoise Schepmans. Mais je comprends aussi son père qui craint des débordements éventuels liés à la récupération de l’incident par d’autres mouvances appelant à manifester. La récupération politique faite est également dommageable. »

Les parents du jeune Moad ont été reçus lundi par le commissaire divisionnaire et ont rencontré mardi Françoise Schepmans qui a ouvert une enquête interne. Les parents devraient à nouveau s’entretenir avec la bourgmestre d’ici la fin de la semaine. Une plainte avec constitution de parties civiles a été déposée par l’avocat des plaignants, Maître Vincent Lurquin.

Moad, sans aucun antécédent, a déclaré avoir été insulté et tabassé gratuitement en rue par des policiers vendredi soir dernier. D’après le porte-parole de la zone de police Ouest, Johan Berckmans, une action contre le sac-jacking et la criminalité de rue était en cours ce soir-là. Le rapport indique que Moad était derrière un mur réputé pour abriter les sac-jackeurs, près de la station Beekkant, à côté d’un jeune de 17 ans connu des services de police. Il aurait pris la fuite pour se soustraire au contrôle.

Leur presse – lavenir.net, 16/01/2013 à 19h55