[Grèves sauvages des mineurs en Afrique du Sud] «S’ils disent qu’ils nous licencient, nous allons nous battre contre eux. Il y a déjà des gars qui projettent de brûler la fonderie» , Rustenburg, 6 août 2012

Afrique du Sud  : 12.000 salariés grévistes licenciés dans une mine d’Anglo American

Des centaines de mineurs sud-africains du site de Rustenburg (nord) d’Amplats, numéro un mondial du platine, ont tenu samedi un rassemblement pacifique pour protester contre le licenciement massif de 12.000 personnes, mais brandi la menace d’un recours à la violence.

Des centaines de mineurs sud-africains du site de Rustenburg (nord) d’Amplats, numéro un mondial du platine, ont tenu samedi un rassemblement pacifique pour protester contre le licenciement massif de 12.000 personnes, mais brandi la menace d’un recours à la violence. « C’est le début de la guerre », a ainsi lancé l’un des responsables syndicaux des mineurs, Gaddhafi Mdoda.

Regroupés dans un stade de Rustenburg, les mineurs ont été encouragés par leurs leaders à rejeter le licenciement prononcé par Anglo American Platinum (Amplats) et continuer les protestations jusqu’à l’obtention d’une augmentation salariale. « Si Anglo American n’est pas prêt à négocier, ils doivent faire leurs bagages et partir », a déclaré M. Mdoda à l’AFP. Les mineurs s’étaient rendus au stade sous escorte policière, scandant des slogans, tandis qu’un hélicoptère survolait la zone. Les mineurs ont également observé une minute de silence à la mémoire d’un de leurs collègues, tué jeudi dans des affrontements avec la police.

Menace de violences

Amplats, filiale d’Anglo American qui emploie 28.000 personnes à Rustenburg et y produit près d’un quart du platine mondial, a mis vendredi à exécution sa menace de licencier tous les mineurs en grève sauvage, depuis le 12 septembre, qui refuseraient de comparaître devant un conseil de discipline. Plusieurs d’entre eux, déterminés à obtenir les substantielles augmentations de salaire qu’ils réclament depuis le début de leur mouvement, ont menacé de recourir à la violence pour forcer l’exploitant de la mine à les réembaucher. « S’ils ne veulent pas nous parler, beaucoup de choses vont brûler à partir d’aujourd’hui », a lancé à l’AFP Hendrick Mpondo, 27 ans. « S’ils disent qu’ils nous licencient, nous allons nous battre contre eux. Il y a déjà des gars qui projettent de brûler la fonderie ».

Les mineurs se sont cependant dispersés dans le calme, à l’issue de ce rassemblement. Ils ont néanmoins promis de poursuivre leurs protestations. Pour la majorité d’entre eux, ils n’étaient pas armés, à l’inverse d’autres manifestations où des bâtons et d’autres formes d’armes avaient été brandies.

En février, le principal concurrent d’Amplats, Impala Platinum avait licencié 17.000 travailleurs, pour les réembaucher quelques semaines plus tard, après un accord sur les salaires. Amplats s’était dit prêt vendredi à « explorer les possibilité de faire avancer les négociations salariales dans le cadre des conventions existantes ».

Près de 100.000 personnes en grève

Dans la journée, l’agence de presse sud-africaine SAPA a également annoncé le renvoi de la majorité des 3.500 mineurs grévistes de la compagnie Atlatsa Resources Corporation, en partie détenue par Amplats. A l’instar des travailleurs de Rustenburg, les mineurs du site d’extraction de platine de Bokoni, dans la province voisine du Limpopo (nord-est), ont été licenciés pour leur absence à une audience disciplinaire, après deux semaines de grève sur les salaires. Ils ont trois jours pour faire appel.

Signe des tensions qui persistent, trois véhicules ont été incendiés vendredi soir juste à côté du puits de Thembelani, l’un des site d’Amplats. Par ailleurs, un dirigeant local du syndicat national des mines (NUM) a été abattu chez lui vendredi soir dans la ville de Marikana, à quelques kilomètres de là. Marikana, un site exploité par Lonmin, a été le théâtre en août et septembre du plus violent conflit social en Afrique du Sud depuis la chute de l’apartheid en 1994 : 46 personnes au total y ont trouvé la mort, dont 34 mineurs en grève sauvage abattus par la police le 16 août.

Depuis le début des conflits sociaux dans les mines, les grévistes expriment une vive défiance envers le NUM, accusé d’être trop proche du pouvoir et du patronat. Selon les informations des syndicats, au moins sept personnes ont trouvé la mort en marge du conflit social d’Amplats, depuis une semaine. Près de 100.000 personnes, mineurs mais également transporteurs routiers, sont en grève actuellement en Afrique du Sud pour réclamer des hausses de salaires.

« Le gouvernement ne fait rien »

Le président Jacob Zuma a répété cette semaine que ces conflits sociaux étaient dangereux pour l’économie, et risquaient de faire fuir les investisseurs. « Nous ne devrions pas chercher à nous montrer nous-mêmes comme une nation perpétuellement en train de se battre », a-t-il lancé jeudi. Les investisseurs redoutent une paralysie totale du secteur minier, poumon économique du pays, qui contribue à presque 20% du PIB sud-africain. « Le gouvernement ne fait rien », constatait vendredi Peter Attard Montalto, analyste stratégique à la banque japonaise Nomura, affirmant que les grèves avaient déjà coûté entre 0,2 et 0,3% de croissance au troisième trimestre.

Leur presse – Les Echos.fr (AFP), 07/10/2012 à 10h06

Crise minière sud-africaine: un nouveau mort, 12 000 grévistes licenciés

Le numéro un mondial du platine Amplats a annoncé vendredi le licenciement de 12 000 de ses 28 000 mineurs en grève sauvage du site de Rustenburg dans le nord de l’Afrique du Sud, au lendemain de la mort d’un gréviste tué par la police.

« Environ 12 000 employés ont décidé de ne pas se présenter (devant les conseils de discipline), de ne pas assister aux audiences, et ont donc été licenciés en leur absence », annonce un communiqué d’Amplats, filiale d’Anglo American, qui avait clairement menacé de licencier les grévistes refusant de comparaître devant les conseils de discipline.

Ces conseils, convoqués depuis mardi, se sont tenus comme prévu, explique Amplats. « Les employés concernés connaîtront aujourd’hui (vendredi) le verdict de leur audience. Ils auront trois jours ouvrables pour faire appel ».

L’entreprise, dont tous les puits du bassin de Rustenburg sont bloqués depuis le 12 septembre, avait déjà lancé plusieurs ultimatums à ses employés, les sommant de reprendre le travail sous peine de licenciement. Les ultimatums avaient jusqu’à présent été repoussés à chaque fois.

Les grévistes, dont le mouvement ne respecte pas les procédures du droit du travail sud-africain, réclament 16 000 rands (1843 $) mensuels, une substantielle augmentation.

Les violences à Amplats témoignent de la tension qui règne toujours dans nombre de mines sud-africaines, paralysées depuis presque deux mois par des grèves sauvages.

Jeudi soir, un mineur a de nouveau été tué dans des affrontements entre employés d’Amplats et policiers à Rustenburg.

Les policiers affirment avoir utilisé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser un rassemblement illégal, assurant que les mineurs avaient commencé à jeter des pierres sur les forces de l’ordre.

« On ne reculera pas »

Tous les témoignages recueillis auprès des mineurs indiquent au contraire que la police a ouvert le feu avant qu’il y ait eu la moindre marque d’hostilité de la part des mineurs.

« Ils n’ont rien jeté sur les policiers », a souligné Mikael Rafuza, un mineur proche du comité de grève soutenu par une poignée de militants trotskystes.

Un autre mineur, qui a demandé à garder l’anonymat, a conduit l’AFP sur les lieux, un hameau de logements en tôle ondulée, où selon lui, un groupe de mineurs a refusé d’obtempérer lorsque les policiers les ont sommés de se disperser, comptant jusqu’à dix pour les faire partir.

« 1, 2, 3, 4… et ils ont tiré. La balle l’a touché lui et les autres (mineurs) quand ils ont vu ça se sont enfuis », a-t-il dit.

Les grévistes, très déterminés, répètent sur tous les tons qu’ils veulent 16 000 rands mensuels et qu’ils ne savent pas quand la grève prendra fin.

« On ne reculera pas, peu importe ce qu’ils disent ou ce qu’ils font, on se battra jusqu’à la dernière goutte de sang », a déclaré l’un des animateurs du mouvement, Mametlwe Sebei.

Depuis une semaine, les mineurs d’Amplats, relativement pacifiques jusque-là, semblent s’engager dans un bras de fer sans merci.

Des violences avaient déjà fait cinq morts en début de semaine.

Les menaces à peine voilées proférées vendredi aux non-grévistes n’augurent rien de bon. « Ceux qui vont au travail sont responsables de la mort des autres », a lancé l’un des leaders du mouvement, promettant que « personne ne dormirait la nuit prochaine, car nous devons contrôler les gens qui vont au travail ».

Il a ensuite donné rendez-vous à tous samedi à 7 h (1 h, heure de Montréal) pour un nouveau rassemblement suivi d’une marche jusqu’au lieu du décès de la victime de jeudi pour y prier.

Tandis que l’impasse semble totale chez Amplats, une lueur d’espoir est apparue cette semaine pour les mines d’or où le mouvement a fait tache d’huile.

La Chambre des mines a accepté, sous la pression, de tenter de débloquer la situation et de proposer sans tarder des hausses de salaire.

La crise sociale a été exacerbée par la fusillade de Marikana, où la police a abattu 34 mineurs en grève le 16 août sur un site de platine exploité par Lonmin.

Depuis deux semaines, les transporteurs routiers ont également cessé le travail pour réclamer de meilleurs salaires, ce qui porte à environ 100 000 le nombre de salariés en grève dans le pays, selon un décompte de l’AFP.

Leur presse – La presse canadienne (Claudine Renaud de l’AFP), 05/10/2012 à 12h53

[Afrique du Sud] Les grèves sauvages s’étendent aux mines de fer – 3 octobre 2012

Les grèves s’étendent aux mines de fer sud-africaines

JOHANNESBURG (Reuters) – Le mouvement de grèves « sauvages » des mineurs sud-africains de ces derniers mois a gagné mercredi les mines de fer, dont le pays est le premier producteur du continent, marquant une escalade du climat social devenu un casse-tête pour le gouvernement du président Joacob Zuma.

L’arrêt de travail qui touche désormais la compagnie Kumba Iron Ore, filiale du géant minier Anglo American, risque de saper un peu plus la confiance des investisseurs dans l’économie la plus riche d’Afrique touchée par des mouvements sociaux dans les mines d’or et de platine.

On estimé à 75.000, soit 15% du personnel total du secteur des mines, le nombre de mineurs qui sont déjà en grève dans le pays, qui connaît dans le même temps un débrayage national des routiers affectant les livraisons de carburant.

La direction de Kumba, qui fait partie des plus gros producteurs mondiaux de minerai de fer, a affirmé que la grève « sauvage » ne concernait que 300 membres du personnel de la mine géante de Sishen, dans la province du Cap septentrional, et se limitait à une partie d’un gisement à ciel ouvert.

Le climat social s’est considérablement dégradé dans les mines sud-africaines après la fusillade entre forces de l’ordre et mineurs en grève qui a fait 34 morts le 16 août à la mine d’or de Marikana.

Leur presse – Le Nouvel Obs.com (Reuters), 03/10/2012 à 15h16

[Afrique du Sud] Multiplication des grèves sauvages dans les mines, après le combat victorieux des mineurs de Marikana

Nouvelles grèves sauvages dans les mines sud-africaines

Plusieurs centaines de mineurs ont entamé de nouvelles grèves sauvages vendredi dans trois mines sud-africaines d’or, de chrome et de charbon, dans la foulée des mouvements sociaux qui ébranlent depuis des semaines les secteurs de l’or et surtout du platine.

Des dizaines de milliers de mineurs au total sont en grève dans plusieurs sites majeurs du pays, depuis les événements violents de la mine de platine de Marikana (nord), où 46 personnes ont trouvé la mort en août et septembre.

Après des semaines de négociations, les grévistes de Marikana, dont le mouvement était illégal, ont obtenu de substantielles augmentations, de 11 à 22 %.

Village Main Reef, producteur d’or, a annoncé dans un communiqué que 1 700 de ses employés n’avaient pas rejoint leur poste de travail depuis jeudi soir, à la mine de Blyvooruitzicht près de Johannesburg.

Samancor Chrome a indiqué pour sa part que 400 de ses mineurs avaient lancé un «sit-in souterrain illégal» jeudi, pour réclamer des augmentations de salaire supérieures à celles négociées par les syndicats.

Les mineurs sont ressortis vendredi de la mine. L’un de leurs porte-parole a fait savoir qu’ils réclamaient un salaire de base de 12 500 rands mensuels (1 170 euros).

La direction a pour sa part indiqué vendredi soir que la grève était terminée et qu’un accord salarial, dont elle n’a pas révélé la teneur, avait été finalisé avec la puissante fédération syndicale des mineurs, le NUM.

La somme de 12 500 rands mensuels, réclamée au départ par les grévistes de Marikana, est devenue une sorte de revendication minimum commune à tous les mineurs d’Afrique du Sud.

Par ailleurs, la société Petmin a fait savoir que 345 employés sous contrats temporaires avaient débrayé vendredi dans sa filiale de la Tendele Coal Mining Company. Les revendications des grévistes n’ont pas été explicitées.

Leur presse – La Presse Canadienne, 28/09/2012 à 12h29

Les routiers entrent dans la danse contestataire.

Ca pourrait peut-être donner des idées aux ouvriers de PSA, qui se font saigner sans qu’ils bronchent. La combativité ouvrière en France est plus que minable actuellement. Et heureusement que dans d’autres pays l’espoir est plus fort que la répression et autres pressions patronales.

Vive les grèves sauvages !

Seule la lutte paye !

[Afrique du Sud] Quand les profits des capitalistes s’effondrent, ceux-ci répondent à la résistance prolétarienne par un bain de sang !

Quand les profits des capitalistes s’effondrent, ceux-ci répondent à la résistance prolétarienne par un bain de sang !

Ce ne sont pas ces meurtres qui mettront un terme au défi prolétarien en Afrique du Sud !

Lorsque des mineurs de la mine de Marikana (d’où sont extraits 12% du platine produit dans le pays et qui est en même temps la plus riche mine de platine au monde), ainsi que des habitants du coin qui survivent dans des taudis misérables, ont manifesté le 15 août 2012 pour l’amélioration de leurs conditions de vie, la police –ce corps de protection du capital- a répondu par un massacre.

L’État assassine 45 personnes en 5 jours pour réprimer les mouvements de protestation !

Mais les insupportables conditions de vie ne peuvent pas être balayées par un bain de sang. Le tic-tac de la bombe à retardement ne s’arrête pas… Et il fera sauter tout le système d’exploitation !

Déjà le premier jour de la grève pour l’augmentation des salaires (le 10 août) s’est terminé par une tuerie : dix morts. La réponse du capital fut nécessairement meurtrière –le platine est une marchandise importante pour l’industrie automobile. Dès le début de la crise économique, des sociétés comme Lonmin ont perdu une partie de leurs profits, suite à l’effondrement de la production. Les émeutes dans les mines ont aussi causé la chute du prix de leurs actions. L’extension des luttes aux autres mines serait un sérieux coup de poing pour le capital minier, un coup de poing que le gouvernement du Congrès National africain (ANC) ne pourrait se permettre.

Les courageux prolétaires de Marikana, dont certains sont originaires du Swaziland et du Mozambique, ont néanmoins décidé de poursuivre la lutte. Ni les tueries, ni les menaces et l’ultimatum de Lonmin pour la reprise du travail n’ont arrêté la grève. Au contraire, seulement 13% des ouvriers sont retournés au chagrin et la grève s’est même étendue à au moins deux autres mines. En outre, les jaunes sont massivement menacés et visés par les grévistes, à tel point que la police a déjà officiellement abandonné d’essayer de les protéger contre les représailles. Les prolétaires ont brandi le drapeau de la lutte et n’attendent pas que l’alliance tripartite constituée par l’ANC, le Parti « Communiste » Sud-Africain (SACP) et le syndicat COSATU propose une solution « compatissante » à leur problème.

Ce n’est pas la première fois que le prolétariat en Afrique du Sud connait une telle expérience et s’affronte aux médiateurs de l’ordre capitaliste. Cette fois-ci, c’est le syndicat des mineurs NUM qui a essayé d’empêcher à tout prix la grève, en utilisant parfois la violence physique, afin de maintenir la paix sociale. Cette paix sociale signifie que les ouvriers continuent de vivre dans des bidonvilles, alors que l’ANC a dépensé pour les célébrations de son 100ème anniversaire au moins 9 millions et demi d’euros ; cette paix sociale oblige notre classe en Afrique du Sud à lutter pour avoir accès à l’eau potable et à l’électricité, alors que le nouveau palais du président de l’ANC coûtera 19 millions d’euros !

Les prolétaires en République d’Afrique du Sud perdent leurs illusions. L’ANC est au pouvoir depuis 1994 et elle a prouvé qu’elle gère l’exploitation du prolétariat par le capital de la même façon que tout autre gouvernement. 40% de la population active est au chômage, dont la moitié est constituée de jeunes entre 18 et 24 ans. Le nombre de ceux qui vivotent avec des allocations sociales a augmenté de 2,5 millions en 1999 à 12 million en 2006.

Quelques grèves massives ont éclaté en Afrique du Sud ces 2 dernières années : la grève des fonctionnaires en 2010 qui a duré 20 jours et durant laquelle 1,3 million de personnes prirent part, les grèves dans les industries minières, énergiques, pétrolières et métallurgiques en 2011, chacune comptant des centaines voire des milliers d’ouvriers qui y participèrent.

Le mécontentement grandissant a aussi influencé l’alternance du pouvoir ; le président Thaba Mbeki fut remplacé en 2008 par un crétin plus populiste, Zuma. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que le prolétariat cherche sa voie dans la lutte et qu’il s’organise sous différentes formes : les comités de grève, comités de chômeurs, mouvements d’habitants des bidonvilles, etc. se multiplient. L’ANC au pouvoir, ainsi que le SACP côte à côte avec son alter ego grec le KKE, observent les luttes autonomes du prolétariat avec frayeur, de la même façon qu’ils ont été horrifiés par la possibilité dont ledit printemps arabe pourrait « infecter » notre classe en Afrique du Sud. L’État est déterminé à étouffer dans l’œuf toute propagation de la révolte, à la réprimer aussi durement qu’à l’époque de l’apartheid.

La nouvelle bourgeoisie noire qui s’est développée grâce au programme « Black Economic Empowerment » (BEE) ne possède que 9% du capital dans les sociétés minières, mais les élites étatiques noires gèrent le rapport social capitaliste en Afrique du Sud. Le capital n’a ni nationalité ni race, mais afin de se valoriser, il requiert l’État et sa police qui assureront l’exploitation.

Certains en appellent au socialisme de l’ANC et l’accusent de trahison, mais ce socialisme n’était rien qu’une ruse pour contrôler l’humeur de la classe ouvrière. Le Nationalisme Noir qui était censé être une opposition radicale au colonialisme britannique (qui a effectivement exproprié la terre, imposé des taxes et ensuite absorbé les Sans Terre comme force de travail bon marché) n’a jamais été rien d’autre qu’une variante de la même société de classe basée sur la même conflictualité de classe. Nelson Mandela lui-même a clarifié (déjà en 1964) l’essence nationaliste et bourgeoise de l’ANC : « L’ANC n’a jamais, à aucun moment de son histoire, préconisé un changement révolutionnaire de la structure économique de ce pays, il n’a aussi jamais […] condamné la société capitaliste. »

L’ANC n’a donc pas trahi le prolétariat, mais était au contraire dès le début une expression de l’aspiration de la bourgeoisie noire vers la domination capitaliste. Les nationalisations ne sont rien d’autres qu’une tentative de la bourgeoisie noire de s’accaparer plus de richesses, de la même façon que la bourgeoisie suce le prolétariat au Venezuela, en Colombie, en Chine et à Cuba.

Il est temps de revenir des illusions au sujet de la trahison des élites de l’ANC qui furent alimentées par les gauchistes. En même temps, il est nécessaire de refuser les aspirations à remettre le syndicat COSATU sur ses pieds, telles que demandées par quelques militants.

Le prolétariat en Afrique du Sud, ainsi que partout dans le monde, doit se débarrasser des rapports sociaux qui lui sont imposés, il doit clairement refuser le capitalisme. C’est ce dont sont effrayés l’ANC, le SACP, le COSATU, toutes les fractions de gauche de la bourgeoisie et les ONG : un prolétariat autonome de leurs idéologies, un prolétariat qui lutte pour une vraie amélioration de ses conditions de vie, un prolétariat qui à travers sa lutte saisit les vraies causes de la pauvreté, de l’oppression, des meurtres étatiques et des guerres impérialistes… qui saisit les fondements de l’exploitation capitaliste, de la société de classe, de la séparation de tous d’avec les moyens de subsistance, de la production de marchandises en lieu et place de la production pour la satisfaction des besoins humains.

Camarade prolétaire, n’oublie pas que l’usine n’est pas ton usine, la mine n’est pas ta mine, le bureau n’est pas ton bureau, l’école n’est pas ton école, ce pays n’est pas ton pays,… ce sont les différents lieux de ton exploitation, de ton aliénation, de ton expropriation des moyens de vivre,… ton lieu de travail, c’est ta prison, et d’une prison, ON S’ÉVADE,… ou mieux dit, ON LA DÉTRUIT !!!

Le prolétariat n’a ni patrie, ni race.
Il ne s’agit pas de la cupidité et de la « trahison » des élites.

La répression sanglante en Afrique du Sud n’est que le présage de ce que le capital prépare pour le prolétariat en lutte partout dans le monde !

Pour la satisfaction des besoins humains.
Contre le capitalisme meurtrier.

Pour le prolétariat combattif.
Pour le Communisme.

Groupe Guerre de Classe – août 2012

http://autistici.org/tridnivalka • tridnivalka@yahoo.com

Nous publions ce tract simultanément en trois langues : anglais, français et tchèque, non parce que nous disposerions de traducteurs efficaces, mais par souci d’internationalisme d’une part, et parce qu’il est le fruit d’une activité commune entre des camarades de plusieurs expressions linguistiques d’autre part.

Le tract traduit en français en PDF

[Afrique du Sud] Vive la contagion des mines en grève !

Grève dans les mines sud-africaines: Zuma se défend de copier l’apartheid

Le président sud-africain Jacob Zuma s’est défendu dimanche de copier les méthodes de l’apartheid après l’envoi en force de la police pour empêcher des manifestations de mineurs en grève, un mois après la fusillade qui avait fait 34 morts à Marikana (nord).

« L’Etat intervient à Marikana uniquement pour mettre un terme à la violence et à l’intimidation », a souligné le président Zuma, affirmant agir « comme dans n’importe quel pays démocratique du monde ».

« Les travailleurs ont le droit de négocier avec leurs employeurs sur les salaires et les conditions de travail et l’Etat ne prend pas parti dans le conflit », a ajouté M. Zuma, accusé de tourner le dos aux intérêts des mineurs.

C’est dans ce contexte social tendu que le président sud-africain ouvrira lundi matin le congrès du Cosatu, la grande confédération syndicale du pays, dont la fédération minière, le NUM, n’est jamais apparue aussi contestée par sa base.

Dimanche matin, les forces de l’ordre, qui ont reçu du gouvernement la consigne de mettre un terme aux troubles dans le bassin minier de Rustenburg, avaient bloqué une nouvelle manifestation de mineurs du secteur du platine dans cette zone vitale pour l’économie nationale.

Barrant la route avec des véhicules blindés, la police a sommé les manifestants de quitter les lieux. Ces derniers ont obtempéré par peur de nouveaux affrontements.

Les mineurs, venus sans armes ni bâtons, voulaient marcher « pacifiquement » vers le poste de police pour protester contre les violences de la veille.

Samedi, la police avait opéré une spectaculaire descente nocturne dans les logements de Marikana, y confisquant armes blanches et bâtons. Les forces de l’ordre avaient ensuite dispersé un rassemblement de mineurs, usant de gaz lacrymogènes et tirant des balles en caoutchouc qui ont fait plusieurs blessés.

Dimanche, tandis que la manifestation se dispersait, un mineur, Lunsstone Bonase, 32 ans, affirmait aux journalistes: « Le gouvernement est contre le peuple et permet qu’on tue des gens (…) Est-ce qu’on va travailler comme sous l’apartheid? Ils nous forcent à retourner au travail, comme ils le faisaient sous l’apartheid ».

« répression digne de l’apartheid »

Les références au régime raciste et répressif de l’apartheid, disparu en 1994, se sont multipliées depuis que la police a tué 34 mineurs en grève le 16 août à Marikana, sur le site exploité par le britannique Lonmin. Les grévistes réclamaient un triplement de leurs salaires, à 12.500 rands mensuels (1.160 euros).

Samedi, l’évêque anglican Jo Seoka, médiateur dans les pourparlers entre les mineurs et leur direction, a mis en garde le pouvoir: « Le gouvernement doit être fou pour croire que ce qui ressemble pour moi à la répression du temps de l’apartheid, puisse réussir ».

« Le gouvernement ne peut pas tolérer une situation dans laquelle les gens manifestent dans les rues avec des armes dangereuses », a rétorqué M. Zuma.

Il a assuré que « le gouvernement comprenait pleinement la détresse des pauvres et de la classe ouvrière du pays ». Il a sommé les compagnies minières d’agir « immédiatement » pour se mettre en règle et notamment améliorer les logements. Une demande assortie toutefois d’aucune menace de retirer leurs licences aux compagnies.

L’agitation sociale dans les mines, qui touche essentiellement la ceinture de platine autour de Rustenburg — d’où les multinationales du secteur extraient plus d’un cinquième de la production mondiale — a débuté après le massacre du 16 août à Marikana.

Depuis, les mineurs d’autres sites ont réclamé les mêmes augmentations de salaire et, face aux risques de violence, les majors du platine ont fermé un à un leurs puits dans la région. L’activité devait reprendre lundi chez le géant australien Aquarius, et mardi chez Amplats, filiale du groupe Anglo American selon un communiqué.

Chez Lonmin, les négociations doivent reprendre lundi dans un lieu éloigné du site où depuis le 10 août, 3.000 foreurs refusent de redescendre sous terre.

Leur presse – Libération.fr (AFP), 16/09/2012 à 21h29

AFRIQUE DU SUD Perquisitions massives à Marikana

La police sud-africaine a effectué samedi une intervention massive autour de la mine en grève de Marikana (nord), provoquant des heurts qui ont fait plusieurs blessés, un mois après les 34 morts de la fusillade policière du 16 août. Les foyers d’hébergement et baraquements de mineurs du groupe britannique Lonmin ont été perquisitionnés dans la nuit. Les employés de Lonmin sont en grève depuis le 10 août pour leurs salaires, et le mouvement a été suivi par des mineurs d’autres sociétés du secteur.

Leur presse – La Nouvelle République.fr, 17/09/2012 à 05h20

Quelques photos et une vidéo des affrontements avec la police de ce samedi 15 septembre 2012:

Une vidéo de l’AFP postée le 13 septembre 2012 sur Youtube:

Afrique du Sud: Nouvelle grève dans une mine, bras de fer à Marikana

OR – Quelque 15.000 mineurs sud-africains ont à nouveau débrayé lundi dans une mine proche de Johannesburg…

Quelque 15.000 mineurs sud-africains ont à nouveau débrayé lundi dans une mine d’or proche de Johannesburg dans un climat social toujours tendu par le bras de fer qui se poursuit à la mine de Marikana, théâtre d’une sanglante fusillade policière le 16 août.

Pour une raison encore non élucidée selon l’employeur, l’équipe de nuit a cessé le travail à la mine d’or KDC exploitée à plus de 3.000 mètres de profondeur par le groupe Gold Fields dans la banlieue de Johannesburg.

C’est le secteur Ouest qui est touché, quatre jours après une première grève sauvage affectant les puits Est de cette mine de 27.000 salariés, où la direction du principal syndicat, le NUM (National Union of Mineworkers), est contestée, pour une sombre affaire de cotisation « obsèques ».

Gold Fields, groupe coté à Johannesburg et New York, est le deuxième producteur local d’or, et quatrième mondial.

Cette agitation sociale, relativement banale en temps ordinaires, a pris une teinte inquiétante alors que les efforts pour obtenir la reprise du travail à Marikana restent vains, un mois jour pour jour après le début de la grève.

Les craintes suscitées par l’incapacité du NUM à canaliser le mécontentement sont redoublées par l’activité de Julius Malema, l’ex-leader de la Ligue de jeunesse de l’ANC exclu du parti, décidé à rendre « ingérable » un secteur symbole des inégalités et des conditions de travail innommables d’une majorité de salariés noirs.

Lundi dernier, il était venu s’adresser aux mineurs de Gold Fields, accusant le NUM « d’agir sans consulter les travailleurs ». « S’ils ne tiennent pas leurs engagements envers vous, vous devez vous diriger vous-mêmes », avait-il lancé.

A Marikana, où la contestation du NUM a aussi été l’étincelle qui a déclenché la grève sauvage, encouragée par le petit syndicat dissident Amcu (Association of mine workers and construction unions), seuls 6,34% des mineurs ont embauché lundi.

Le groupe britannique Lonmin est propriétaire de ce site d’extraction et de traitement du platine, où 44 personnes ont trouvé la mort en août, dont 34 grévistes abattus par la police le 16, et dont les derniers ont été inhumés samedi au Cap oriental (sud), leur région d’origine.

La colline, où a eu lieu ce qui s’apparente de plus en plus à une massive bavure policière au vu des témoignages recueillis auprès des manifestants, est devenu le point de ralliement quasi-quotidien des foreurs en grève qui réclament toujours un triplement de leurs salaires à 12.500 rands (1.200 euros).

Lundi, environ 3.000 d’entre eux se sont rassemblés pour marcher ensuite en cortège vers les accès d’une mine encore en activité du site, Eastern Platinum, barricadée derrière quatre véhicules de police blindés.

La tête du cortège a été autorisée à rentrer sous escorte, tandis que la foule scandait « Nous nous battons pour nos droits ».

Mercredi soir, un « accord de paix » avait été conclu entre la direction et syndicats, mais rejeté par l’Amcu.

Pour les observateurs, le secteur minier risque de vivre au rythme de ces perturbations jusqu’au congrès de l’ANC en décembre, source de querelles de personnes et idéologiques.

« C’est presque devenu contagieux », explique Crispen Chinguno, sociologue à l’université de Witwatersrand à Johannesburg.

« Même si les travailleurs ont de vraies revendications sociales, cela va bien au-delà d’un conflit du travail. Certains politiciens ont fait main basse sur la grogne des travailleurs parce que la mine est au coeur de l’ordre économique, social et politique en Afrique du Sud », ajoute-t-il.

Leur presse – 20 Minutes.fr (AFP), 10/09/2012 à 17h49

[Afrique du sud] La lutte des mineurs continue

Afrique du Sud : Les mineurs refusent de travailler !

Malgré la libération de leurs collègues mineurs arrêtés injustement, lors de leur grève récente qui a tourné au vinaigre, avec une trentaine de morts en leur sein, suite à la descente musclée de la police sud-africaine le 16 Août 2012, les mineurs de Marikana n’ont toujours pas repris le chemin du travail.

Il faut rappeler d’emblée que la raison qui a poussé les mineurs sud-africains à se mettre en  grève était d’ordre salarial. Ils ne comprenaient pas pourquoi ils avaient un si faible salaire comparativement à leurs chefs dont la rémunération était trois fois supérieure à la leur, alors que c’est eux qui abattaient 90 % des travaux effectués dans les mines mortelles.

Comme le stipule l’Article 23 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme, et nous le citons : « Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale », les grévistes sud-africains n’avaient pas aussi tort d’utiliser comme mode de revendication  la grève. Mais, malheureusement, en réponse à cette méthode légale de protestation sociale, les policiers sud-africains ont usé de leurs armes, endeuillant des familles !!!

L’Afrique du Sud du troisième millénaire, doit dépoussiérer les lois iniques  du temps de l’apartheid afin de se conformer aux lois les plus humaines. Cet incident regrettable et antique qui vient de s’y passer n’honore pas le gouvernement de Jacob Zuma.

Il faut que les mineurs sud-africains retrouvent l’entièreté de leurs droits dans le domaine du droit du travail. Ajouter un plus à leurs salaires comme ils le demandent, n’est pas une provocation mais un droit.

De tout temps, le salaire des ouvriers a toujours été dérisoire. Beaucoup de mineurs sont morts à la tâche dans les tunnels caractérisant ce travail très harassant. S’il faut encore que l’Etat Sud-Africain, par le canal de sa police, vienne encore les tuer, cela en ajoute à leur désarroi !

Une fois de plus, il faut que le Président Jacob Zuma se penche sur leur cas dans l’optique de l’équilibrage social.

Source: Come 4 News (Constant Ory), 07/09/2012 20h07

Afrique du sud: nouvelle bouffee de violence dans une mine

Des violences lors de la répression par la police sud-africaine d’un nouveau mouvement syndical dans une mine d’or près de Johannesburg ont fait au moins quatre blessés, lundi 3 septembre. Un incident qui survient alors même que la justice a commencé à libérer des mineurs de Marikana, où 34 grévistes avaient été abattus le 16 août par les forces de l’ordre.

La justice et les autorités sud-africaines ont beau essayer de calmer le jeu sur le front social, rien n’y fait. Après la fusillade de Marikana du 16 août, la police ayant abattu 34 mineurs en grève, les conflits syndicaux se multiplient dans le pays. L’un d’entre eux a dégénéré une nouvelle fois en violences, lundi 23 septembre, cette fois dans la mine de Modder East à Springs, une ville située à environ 30 km à l’est de Johannesburg.

Armés de bâtons et de barres de fer, quelque 200 hommes licenciés en juin par la compagnie Gold One, que contrôlent des capitaux chinois, ont tenté de bloquer les accès à cette mine d’or. Les forces de l’ordre sont alors intervenues en fin de matinée pour disperser les manifestants à l’aide de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. « Nous confirmons que quatre personnes ont été hospitalisées. Mais nous ne pouvons pas dire si elles ont toutes été blessées par balles ou agressées par les ex-mineurs. Une enquête est en cours », a indiqué la porte-parole de la police Pinky Tsinyane à l’AFP.

Après une grève sauvage organisée par le petit syndicat Ptawu, qui cherchait à être l’organisation représentative, Gold One avait licencié en juin plus de la moitié des salariés de la mine, soit 1 044 personnes. La direction avait indiqué avoir eu connaissance d’au moins quatre attaques par d’anciens employés contre son personnel, dont « deux ont été fatales et une troisième a nécessité l’hospitalisation d’un employé ».

Scénario banal

Le scénario est hélas banal : les mineurs lancent une grève sauvage, la justice déclare le mouvement illégal avant que la compagnie exploitante ne licencie les grévistes… pour les réembaucher au compte goutte une fois le calme revenu. Ainsi, au début de l’année, la mine de platine d’Impala Platinum à Rustenburg (nord) a été paralysée plusieurs semaines par une grève illégale émaillée de violences qui ont fait trois morts et plusieurs blessés. La direction avait licencié pas moins 17 200 grévistes, avant d’en réembaucher la plupart.

Ces nouvelles violences interviennent moins de trois semaines après la fusillade meurtrière de Marikana (nord). Le parquet sud-africain avait pourtant fait machine arrière dimanche en retirant « provisoirement » l’étonnante inculpation de 270 mineurs grévistes pour le meurtre de leurs camarades abattus par la police, un drame qui avait ému tout le pays. Les 162 premiers d’entre eux, arrêtés à Marikana juste après la fusillade, ont été libérés lundi par un tribunal de la banlieue de Pretoria.

Jubilant, les mineurs libérés ont quitté le tribunal en chantant et dansant, levant le poing devant les caméras. Les autres doivent être élargis jeudi. Le principal problème est la vérification de leur adresse préalable à leur libération, nombre d’entre eux étant des travailleurs migrants qui habitent dans des bidonvilles aux abords de la mine. Les mineurs, qui restent poursuivis pour violence publique et rassemblement interdit, comparaîtront à nouveau le 12 février 2013.

Leur presse – Jeune Afrique (Avec AFP), 04/09/2012 09h19

[Afrique du Sud] Grève sauvage et émeute dans une mine d’or dans la région de Johannesbourg – 3 septembre 2012

Heurts dans une mine d’or sud-africaine

JOHANNESBURG (Reuters) – La police a tiré lundi des grenades lacrymogènes et fait usage de balles en caoutchouc pour disperser des mineurs en grève dans une mine d’or des environs de Johannesburg, moins de trois semaines après la tuerie qui a fait 34 morts dans la mine de platine de Marikana.0

Dans un communiqué, le propriétaire de la mine de Modder East, Gold One International Ltd, a indiqué qu’une soixantaine de mineurs ont observé une grève « sauvage », empêchant la moitié du personnel du site d’aller au travail.

« Devant le refus des grévistes de se disperser, la police a dû faire usage de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc pour les disperser », a précisé l’employeur.

De son côté, le porte-parole de la police, Pinky Tsinyane, a déclaré que quatre personnes ont été blessées et quatre autres arrêtées.

La situation reste tendue dans les mines d’Afrique du Sud, colonne vertébrale de la première économie du continent, après la fusillade du 16 août à Marikana. Ce jour-là, des policiers ont tué 34 mineurs de fond en grève pour obtenir un doublement de leur salaire de base. Il s’est agi de l’incident le plus meurtrier enregistré en Afrique du Sud depuis la fin en 1994 du régime d’apartheid.

Le gouvernement du président Jacob Zuma s’efforce depuis de faciliter un accord entre la direction et le personnel dans cette mine appartenant à Lonmin, cotée à Londres.

Lundi, les premiers des 270 mineurs de Marikana placés en détention préventive à la suite de la tuerie du 16 août ont recouvré la liberté.

Ils avaient été, dans un premier temps, inculpés du meurtre de leurs collègues en vertu d’une loi remontant l’époque de l’apartheid. Mais face aux protestations, le parquet a depuis fait machine arrière et levé ces inculpations.

Leur presse – Le Nouvel Obs (Reuters Ed Cropley, avec Tshepo Tshaballala et Ed Stoddard; Jean-Loup Fiévet pour le service français), 03/09/2012 ) 17h45