[Chili] Luttes étudiantes : au moins 30 manifestant.e.s arrêté.e.s à Santiago – 7 mars 2013

Ce jeudi 7 mars 2013, une journée de manifestations dans de nombreuses villes du pays, pour protester contre les coupes budgétaires, la hausse des frais de scolarité, la marchandisation du savoir… 

A Santiago, environ 300 étudiantEs et lycéenNEs se sont rassembléEs place d’Italie (centre-ville), et ce sans le soutien des organisations étudiantes et l’accord des autorités. Le rassemblement a été déclaré illégal par la police, qui n’a pas tardé à disperser la foule à coups de gaz lacrymos et canons à eau. Les manifestantEs ont répliqué en lançant des pierres et divers objets sur les carabiniers. Le colonel carabinier Hugo Insunza a déclaré que 30 personnes ont été arrêtées (pour la plupart des lycéenNEs) à l’issue de la journée mais aucune information n’ a été communiquée quant au nombre de manifestantEs et policiers blessés.  Il a également affirmé que la police a chargé la foule après avoir reçu des cocktails molotov.

Pendant ce temps, la ministre porte-parole du gouvernement, Cecilia Perez , a déclaré aux journalistes que « la marche a rassemblé très peu de personnes mais s’est exprimée avec beaucoup de violences ». Elle a affirmé également que la justice devra être intransigeante avec les jeunes arrêtéEs.

Des incidents ont eu lieu à plusieurs endroits dans le centre de la capitale et ont contraint les autorités à bloquer le trafic à certains moments.

Des manifestations ont également été organisées dans les villes de Valparaíso, Concepción et Valdivia.

A Valparaiso, selon les médias locaux, la manifestation a rassemblé environ 150 personnes, tandis que, à Valdivia, dans le sud du pays, impliquant des dizaines de jeunes, majoritairement étudiantEs.

Les jeunes ont commencé leurs protestations en mai 2011 avec des occupations d’écoles et des manifestations de masse.

Infos reformulées de la presse  (Reuters via lainformacion.com, 08/03/2013 à 03h25) via Alain Bertho

Photos et vidéo de la manif à Santiago de ce 07/03/2013:

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[Crève la taule…partout] Gestes et actions contre les prisons lors de la nuit de la St-Sylvestre (3)

Brixton, Londres, 31 Décembre 2012

Un groupe de manifestant.e.s a manifesté devant la prison de Brixton, en solidarité avec les prisonniers durant la soirée du Nouvel An.

Déambulant avec plusieurs banderoles, le cortège a reçu de nombreux signes de soutien de la part de la population du quartier avec des coups de klaxon, des cris de joies…

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Des feux d’artifices ont été tirés pour établir une communication avec les détenus, qui n’ont pas tardé à répondre en criant des messages pour la liberté, en tapant sur les portes de leur cellule ou encore en lançant des sacs en plastiques enflammés.

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Lire le compte-rendu (en anglais) sur Act For Freedom Now, 3 janvier 2013

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Manif bruyante du Nouvel An – Prison de Nottingham (UK)

Le soir du réveillon du Nouvel An, environ 30 personnes se sont présentées devant les portes de la prison de Nottingham afin de faire du bruit et de montrer notre solidarité avec les personnes détenues à l’intérieur. Nous avons sillonné le périmètre de la clôture avec un sound-system, en frappant contre la barrière avec des casseroles, en chantant et en criant, tandis que les feux d’artifice ont été lancés et jetés au-dessus des murs. […]

Ce n’est là qu’une des nombreuses manifestations de solidarité avec les prisonniers qui se sont déroulées à travers le monde lors de la Saint-Sylvestre. Le système carcéral est un moyen brutale et violente de répression et de contrôle par l’Etat qui doit être combattu dans notre lutte pour la liberté. Les manifs bruyantes ne sont qu’une façon modeste de rompre l’isolement auquel les prisonniers sont soumis, en leur faisant savoir qu’ils ne sont pas oubliés.

Traduit de l’anglais (325nostate) par lechatnoiremeutier, 3 janvier 2013 à 22h56

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Artifices en feu contre la taule d’Angers 

Le 31 décembre, trois charges explosives et lumineuses ont pété aux trois coins de la taule angevine… mais sans réussir à faire tomber ses vieux murs.

Malgré tout, le sentiment d’une brèche dans la normalité de cette société qui isole et quelques cris échangés par-dessus les murs. Un peu de lumière, un peu de bruit, un peu de fumée et beaucoup de rage…

Pierre par pierre, mur par mur, nous détruirons toutes les prisons !

Pour 2013 réduisons les prisons en braises !

Source: Indymedia Nantes, 6 janvier à 01h51

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Voir également:

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Durham, Caroline du Nord, USA

À Durham, Caroline du Nord, un peu plus de 50 personnes ont à l’appel pour une manifestation bruyante à la prison, avec percussions, bouches d’égout retournées, beaucoup de banderoles anarchistes, et le jet de nombreux feux d’artifices. Les jeunes gens couraient joyeusement tandis que les gens plus âgé-e-s ont scandés des mantras anti-flics. Au moins une voiture de police a été attaquée.

Traduit de l’anglais de Anarchist News par Le Cri du Dodo

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[Russie – Détruire toutes les prisons]

En Russie, une personne sur quatre a déjà vu une prison de l’intérieur.

Il ne s’agit pas d’une question de mentalité pas plus que d’un penchant maniaque à commettre des crimes. Nous rejetons la glorification de la figure du prisonnier – en dehors du cadre de ses qualités individuelles – seulement du fait de son emprisonnement.

Se lamenter sur l’aspect accusatoire du système judiciaire ou la brutalité policière ne nous convient pas non plus.

La solution ne peut résider que dans l’abolition de cette institution répressive, rabougrie et obsolète sur laquelle s’appuie largement le système, y envoyant, de siècle en siècle, ses indésirables.

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Une heure avant minuit, devant la prison n°5 “Vodnik” une fusée de détresse a fendu l’air tandis que quelques feux d’artifice illuminaient une banderole avec l’inscription “détruire toutes les prisons”, visible d’une partie des cellules.

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PS: A Stepan Zimin, Yaroslav Belousov, Denis Lutskevich, Fedor Bahov, et aux autres inculpés de l’affaire du Marais, aux prisonniers anarchistes et anti-racistes nous souhaitons santé et endurance.

Soyez réalistes – demandez l’impossible!

Traduit du russe avtonom.org,  publié par Le Cri du Dodo

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Nouvel an 2013 à Toulouse , feux d’artifices devant les prisons !

Feux aux prisons, sur un air de charleston.

Les fêtes de fin d’année, ça nous fait chier. Célébrer leur nouvelle année on en a rien à péter, ça nous fait gerber mais pas pour les mêmes raisons…

L’année prochaine ça sera pire qu’avant et les gens derrière les barreaux sont bien placé-es pour le savoir. Chargés de dix kilos d’explosif (lol : soirée charleston, merci le capital), on est allé-es arpenter les champs qui entourent le CRA de Cornebarrieu et celui de la maison d’arrêt et du centre de détention de Seysses. pendant que les beaufs avec leurs coupes au gel et leur teinture blonde faisaient la teuf dans les maisons des matons, on a allumé les feux d’artifice pour faire un gros big up aux prisonnier-es. On entendait que ça criait à l’intérieur et on voyait du monde aux fenêtres, ce genre de moments, même s’ils ne cassent pas les murs des prisons, sont précieux et donnent de la force aux enfermé-es qu’ils/elles soient dedans ou dehors.

Ils passent leur temps à nous exploiter et quand on essaye de se débrouiller par nos propres moyens ils nous enferment.

On reviendra, gros big up à tout-es les encagé-es.

Source : Indymedia Nantes, 3 janvier 2013 à 00h10

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Voir toutes les actions anti-carcérales qui se sont déroulées devant les prisons à travers le monde lors de la nuit de la St-Sylvestre:

[Chili] Protestations étudiantes à Santiago (21/12/2012) et résistance mapuche

Ce vendredi 21 décembre, les étudiant.e. chilien.ne.s sont descendu.e.s dans la rue: la manifestation a été déclarée illégale par les autorités chiliennes dès le début de la journée. La situation a viré à l’émeute vers midi, durant laquelle des encapuchados se sont affrontés avec les policiers anti-émeute à coups de cocktails molotov et de barricades dans les rues (notamment dans le secteur de la rue Alameda), ce qui a paralysé le trafic.

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Les affrontements ont duré pendant plus de trois heures.

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« La vraie « fin du monde » est de voir le Chili sans éducation »

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8293982551_41974aeb20_z-287x190Par ailleurs, des affrontements se sont déroulés entre la police et des lycéen.nes, qui s’étaient rassemblé.e.s à la Plaza Los Heroes de Santiago: deux manifestant.e.s ont été arrêté.e.s selon terra.cl, alors que biobiochile.cl a annoncé qu’à la fin de la journée, au moins 25 manifestant.e.s ont été interpellé.e.s.

Résumé rédigé à partir de la presse chilienne, 21/12/2012

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Des affrontements se sont déroulés ce samedi matin /22/12/2012) entre les flics et des encapuchados mapuches dans la région de l’Araucanie, sur la route entre Carahue et Imperial. Un flic aurait été blessé suite aux émeutes.

Selon RBB, les manifestants ont érigé des barricades sur les routes du secteur. Un peu plus tard, lorsque la police est intervenue pour rétablir la circulation, la volaille s’est fait canardée de cocktails molotov et visée par des tirs de fusil.

Des tracts se référant aux revendications mapuche ont été retrouvés sur la zone d’affrontements.

Résumé rédigé par nos soins à partir d’un article en espagnol de leur presse – Biobiochile.cl, 22/12/2012

[Québec] Déserter les urnes pour occuper la rue – Montréal, 31 août 2012

MANIFESTATION NOCTURNE Quatre jours avant les élections

À quatre jours du scrutin, plus d’une centaine de manifestants ont tenu à se faire entendre une fois de plus lors d’une manifestation nocturne contre la hausse des frais de scolarité qui s’est tenue vendredi soir, à Montréal.

En plus de prendre part à la traditionnelle manifestation nocturne, l’objectif de ce rassemblement était de faire durer la marche toute la nuit dans le cadre d’une manifestation pré-élections contre le parti libéral de Jean Charest.

Ils étaient quelques dizaines à se rassembler à la place Émilie-Gamelin aux alentours de 21 h. Parmi les manifestants, une vingtaine d’entre eux étaient cagoulés.

La manifestation a été déclarée illégale même avant le départ des marcheurs, faute de trajet.

Ils ont finalement quitté leur lieu de rassemblement habituel vers 21 h 30.

À l’inverse des dernières manifestations nocturnes qui étaient beaucoup plus calme, la foule de vendredi était beaucoup plus énergique.

Aucun méfait n’avait été rapporté avant 22 h, mis à part un policier qui a été atteint d’une pièce pyrotechnique près du marché St-Jacques. Trois autres projectiles ont été lancés parmi la foule.

Deux personnes ont été appréhendées en marge de cette manifestation nocturne.

Ils étaient toujours une quarantaine dans les rues de Montréal peu après 23 h pour finalement terminer la manifestation vers 23 h 30, ce qui a mis fin à la longue manifestation nocturne en prévision des élections.

Leur presse – Le Journal de Montréal (Agence QMI), 01/09/2012 ) à 14h51

[Etats-Unis] Manifestation sauvage contre les prisons pour mineurs à Seattle – 4 juillet 2012

Résumé de la manif bruyante du 4 juillet au centre pour mineurs

En début de soirée du 4 juillet 2012, un groupe d’environ 20 personnes a tenu une manifestation bruyante aux abords du centre de rétention pour mineurs du comté de King. Nous étions peu, mais bruyantEs. Après avoir utilisé diverses formes de perturbation, nous avons finalement pris contact avec quelques jeunes à l’intérieur. Nous avons pu obtenir les noms de cinq jeunes incarcérés pour la rédaction d’une lettre dans un futur proche. Un d’eux nous a dit qu’unE jeune avait été agresséE sexuellement par un membre du personnel la semaine dernière. Tout au long de notre manif, plusieurs personnes du quartier se sont arrêtées pour demander ce que nous faisions et nous avons pu avoir de bonnes conversations sur les plans de construction d’un nouveau centre de rétention pour mineurs.

Après quelques minutes de dialogue, des policiers sont arrivés et nous ont demandé d’arrêter de taper sur les murs et de sortir de la propriété. Nous nous sommes lentement déplacéEs vers le coin et nous avons poursuivi notre manif de bruit durant quelques instants de plus. Heureusement tout le monde a pu partir sans incident.

Traduit de l’anglais de Pugetsoundanarchists (05/07/2012) via Contra-info (es)

[Québec] Feux de joie contre la répression d’Etat

[« La fête, la vraie fête »] Des lois spéciales, et du feu !

On nous l’avait promis, la « loi spéciale » a fait parler d’elle. L’emballement médiatique de la semaine dernière autour de cette affaire de soi-disante « incitation à craindre le terrorisme » (l’accusation liée à l’histoire des fumigènes dans le métro) est déjà enterré par le choc de l’adoption éclair de la loi 78 et du règlement anti-masque par la ville de Montréal. Et pour dire, leur application ne s’est pas fait attendre. Depuis samedi dernier, les manifestations quotidiennes qui jusqu’ici n’étaient déclarées illégales qu’après les premiers « méfaits » sont désormais considérées « attroupements illégaux » dès le départ — sous prétexte que le trajet n’a pas été établi avec la police. Ceci n’empêche que le « camion-flûte » qui sert aux flics à annoncer l’injonction de dispersion s’est fait cramer à la messe de dimanche.

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En passant sa loi 78, Charest qui voulait à tout prix réduire le mouvement à une pleurnicherie d’étudiants gâtés, aura bientôt réussi a faire du carré rouge le symbole d’un mouvement général pour sa destitution. Plus que jamais, ça n’est plus qu’une affaire de frais de scolarité, et un paquet de monde en est bien conscient.

Avec la nouvelle marge de manœuvre de la police, il ne manque plus qu’un couvre-feu général pour avoir vraiment le style « loi martiale ». Or, le couvre-feu est déjà une réalité pour des dizaines voire des centaines d’arrêtés qui ont été relâchés sous des conditions très strictes, et contre des cautions allant parfois à plus de 10’000 $.

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L’ambiance est de plus en plus celle de la perte de contrôle, de la grécification de la situation. L’économie québécoise n’est pas aussi ouvertement agonisante que chez nos amis les Hellènes, mais depuis vendredi, on a aussi droit à l’éclairage aux cocktails molotovs.  Samedi soir, c’est la rue St-Denis, prise par la fête, la vraie fête, qui a été littéralement allumée. Des milliers de gens se sont retrouvés à chanter et danser autour d’un feu de plusieurs mètres de haut, qui a brûlé plus d’une demi-heure. Après une première dispersion, les flics sont repartis rapidement vers d’autres lieux de tumulte dans la ville. Mais quelques minutes plus tard déjà, une nouvelle marée humaine inondait tout le bas de la rue St-Denis pour venir voir ce feu dont la rumeur s’était répandue sur la ville. Devant le reste de cendres fumantes, il n’y avait qu’un moyen d’être sûr de n’être pas venu pour rien. Quelques instants auront suffi pour que deux nouveaux feux de joie, plus gros encore, soient rallumés. La proximité de chantiers de construction pourvoyait l’essentiel des matériaux à brûler et ceux qui ont servi à ériger des barricades sur trois des intersections.

Dimanche, une autre nuit d’émeutes et de saccage en règle des chars de popo. Cette fois, plutôt que le feu, ce fût l’eau : sur St-Denis encore, une borne d’incendie est ouverte full blast, offrant l’occasion de se rafraîchir en cette soirée de canicule. Puis ça y est, encore 300 arrêtés, et avec les nouvelles dispositions des flics, les prix des amendes distribuées a été multiplié par cinq. Soit 300 × 635 $. Mais ça ne paye pas le coût des opérations.

Avec les nouvelles mesures de répression, tout manifestant étant d’emblée illégal, les « blacks blocs » apparaissent pour plusieurs non plus comme les irresponsables qui mettent en péril la manif, mais comme les seuls qui peuvent la protéger contre les assauts de la flicaille.

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Depuis des mois, les hélicos sur-plombent la ville en permanence, et depuis le début des manifs nocturnes quotidiennes, j’avoue que j’ai du mal à dormir. Ça fait maintenant une semaine que les forces de la police provinciale (SQ) sont présentes chaque soir pour donner un coup de main aux petits cochons fatigués du SPVM. Si la ville devient un terrain de jeu pour tous ceux qui jouent à cache-cache-caillassage avec la police, elle le devient aussi pour ces petits porcs qui n’hésitent plus à poivrer et gazer les terrasses des bars, à arrêter et tabasser tous les passants sans distinction : la nouvelle loi le permet, et la situation les y pousse.

Ceux qui se croyaient à l’abri dans leur démocratie commencent à se rendre compte du côté flippant de ce régime politique. Les dictatures à la chilienne étaient portées par une minorité, tandis qu’ici, les gouvernants sont élus et restent soutenus par la majorité. Oui, la majorité, celle qui ne descend pas dans la rue, approuve la loi spéciale, et tout porte à penser que Charest pourrait être réélu. À Montréal pourtant (en excluant la banlieue), le gros du monde semble soutenir le mouvement, même les commerçants et les professionnels sont de plus en plus à trouver que les flics vont trop loin. Mais ailleurs, loin du feu et des gaz, le peuple a peur. Ça semble vraiment absurde comme situation. Très peu de gens comprennent quel intérêt le gouvernement peut avoir à pousser autant les gens à bout. Ça donne l’impression qu’il s’agit vraiment d’un test, d’une expérience laboratoire : les gouvernants et les flics de partout ont les yeux rivés sur ce qui se passe ici. Ceux de Washington en premier.

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« Il va y avoir un mort »

Voilà donc, malgré la joie des rues, la multiplication des attelles et des béquilles dans les manifs est inquiétante. Mais le fait que les blessés continuent à se pointer démontre la détermination des gens. Cette fin de semaine, aux moins deux rumeurs ont commencé à faire craindre le premier mort du mouvement. Lésions au foie pour l’un (dû à une balle de plastique, pas à l’éthylisme) et l’autre le visage massacré sur l’asphalte (dû aux flics, pas au mobilier urbain laissé là par les casseurs). Encore une fois, ceux qui ont cru que les nouvelles menaces répressives allaient calmer le jeu se sont complètement gourés. La tension ne fait que monter de deux ou trois crans. Dans les petites chroniques comme dans les discussions à l’arrêt de bus, j’entends des gens qui commencent à prendre le truc au sérieux. « Si la tendance se maintient, il y aura bientôt un mort. » Et quand je tends l’autre oreille, j’entends dire les autres : « y’en a  marre, qu’ils envoient donc l’armée et qu’on en parle plus ».

Le maire de Montréal, piteux, ne trouve rien de mieux que d’en appeler à la trêve, encore. Mardi dernier, le 22 mai, la quatrième manifestation « nationale » mensuelle s’est faite sous les mots d’ordre de défi à la loi spéciale.  » La loi spéciale, on s’en câlisse »,  » Charest si tu savais ta loi où on se la met » etc. Sans hésitation, tous s’accordent pour parler de la plus grosse manifestation de l’histoire du Canada, avec près d’un demi-million de personnes à Montréal seulement, mais avec aussi des rassemblements à Québec et dans des dizaines de villes dans toute la province. Fait nouveau, des rassemblements ont aussi eu lieu à Toronto, New York, Paris…

Mais Charest reste impassible (tant mieux) et sa ministre Courchesne dit qu’elle attend que les leaders étudiants viennent vers elle. Façon polie de dire qu’elle attend d’eux qu’ils renoncent à leurs revendications. Hier, pendant ce temps, encore plus de 500 arrestations sont venues s’ajouter au décompte. Le bilan total, après 101 journées de grève tourne autour de 2000 arrêtés.

Cette semaine plus que jamais, plusieurs personnes ont reçu des coups de fil de la police qui leur demandaient de se rendre sans quoi on viendrait les chercher. Ainsi, de nombreuses accusations frappent des gens parfois un mois après une émeute, le temps d’identifier les visages sur les photos et vidéos des événements.

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Côté école, le gouvernement a décrété la suspension des cours jusqu’au mois d’août, en croyant ainsi briser l’élan. Ça ne fait qu’éviter d’avoir à affronter les injonctions et rien ne semble indiquer que la grève ne pourra pas s’étendre jusqu’à septembre. Le semestre d’hiver 2012 ne pourra pas être sauvé si le gouvernement ne lâche pas. Et c’est pas parti pour ça. L’été, avec tous les festivals que comptent Montréal et Québec, offrira des occasions de perturbations inédites, en commençant par le Grand Prix. Si ça fait pleurer le maire de Montréal, on dirait que ça fait rire Charest que son plan à lui est de venir à bout du mouvement en judiciarisant tout ce qui bouge. Il a la loi de son côté et il compte l’utiliser. Il compte bien profiter de l’escalade de la confrontation. Effectivement, à première vue, on dirait que tout pousse au raidissement, aux actions plus impressionnantes, à l’inflation quantitative des gueules cassées, tous camps confondus. Et chaque camp est de plus en plus vide de contenu.

Qualitativement, ça reste difficile de voir quelle consistance arrive à sortir de cette occasion « historique ». Sous la tension, on dirait que tout ce qui compte c’est la capacité immédiate à continuer d’aller dans la rue. Et ça marche. Mais au-delà des tactiques de rue, de la multiplication des manifs, le mouvement tarde à prendre en épaisseur.

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Grand Tintamarre Saint-Denis et Saint-Zotique

Mardi soir, tout de même, une nouvelle pratique s’est diffusée dans tout Montréal (et probablement ailleurs) qui produit déjà autre chose. Aux coups de huit heures (20h), des gens sortent de partout sur leurs balcons en cognant sur leurs casseroles, comme en Argentine, en Islande etc. Du coup, dans certains coins de la ville, ça a déjà donné lieu à des petites manifs ou assemblées de quartier spontanées. De là peut-être quelque chose peut commencer à prendre forme qui ne serait plus soumis à l’initiative des seules associations éudiantes et à leur temporalité syndicaliste.

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Ça fait juste commencer les amis. Check it out.

sans-titre-diffusion, 24 mai 2012

Source: Le Jura Libertaire, 24 mai 2012

[Québec] La loi spéciale on s’en calisse!

La loi spéciale on s’en calisse!

Tandis que depuis vendredi le 18 mai des manifestations ont lieu dans plusieurs villes de la province, comme à Québec, Sherbrooke et Trois-Rivières, à Montréal, des dizaines de milliers de personnes s’affrontent à l’État Policier et ses Forces de l’ordre défiant la nouvelle loi 78 qui exige, entre autre, que quelconque attroupement de 50 personnes et plus donne son trajet 8h d’avance et le modifie selon les exigences des flics sous peines d’amendes qui peuvent aller jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de dollars.

Vendredi le 18 mai, 

après avoir donné un trajet au flics et quitter la place Émilie-Gamelin vers 21h, la manif qui, à un certain point comptait plus de 10 000 personnes de tous âges, à dévié et improvisé sa route. La foule scandait «la loi spéciale on s’en calisse!» et des slogans anti-gouvernement et anti-flics. Quelques 40 minutes après le début de la manif les flics ont chargé sans avertissement sur la foule en lançant des bombes assourdissantes à la hauteur des têtes, comme toujours, et ainsi ont commencé les affrontements. La foule a répliqué avec des roches, des bombes fumigènes et des cocktails molotov plusieurs noyaux se sont formés et des affrontements se sont poursuivis jusqu’à 3h30 avec des vitrines fracassés et des voitures de flics vandalisés. Il y a eu une dizaine d’arrestations et un homme a été hospitalisé en état grave après avoir reçu une balle de plastique à bout portant dans le foie.

Voir une vidéo ici

Samedi le 19 mai, 

une autre immense foule de milliers de personnes ont pris la rue étant la 26e manif nocturne en autant de soirées, aucun trajet n’a été donné au flics la manif est partie de la Place Émilie-Gamelin vers 21h comme chaque soirs. La SSPVM a déclaré la manif illégale quelques minutes après son début et a répété le même avertissement à répétition avec la foule scandant «la loi spéciale on s’en calisse!». Un convoi de plusieurs camions d’anti-émeutes de la SQ suivait la manif par les rues parallèles. Plusieurs personnes étaient masquées en défiant le nouveau règlement municipal, en vigueur depuis la journée même, interdisant le port du masque pendant une manif.

Un peu après 22h les flics ont provoqué la foule avec des arrestations arbitraires et se sont mis à gazer. Les affrontements ont commencés et des barricades ont été érigé, notamment à l’angle Ontario et Saint-Denis où une barricade enflammé fut érigé et maintenue pendant plusieurs heures. Des voitures de flics et un autobus d’antiémeute ont été attaqués. La SQ est venue en renfort au SPVM et à un certain point les pompiers sont arrivés et se sont rendus jusqu’au feu, mais les flics les ont ordonnés de s’en aller, surement qu’ils voulait que des photos de l’intervention de l’antiémeute sur un fond de barricades enflammés légitimiste le power-trip des flics qui attaquaient tout ce qui bouge dans la rue où sur les terrasses des bars sur St-Denis. D’ailleurs le lendemain, le maire, a répondu a certains journalistes qui questionnaient le travail des flics, que les casseurs avaient mis le feu Montréal.

Il y a eu selon les flics 69 arrestations, arrêtant à peu près n’importe qui n’importe quand. 9 des 69 personnes sont accusées de voies de fait contre des policier, agression armée et incendie, trois personnes toujours dans les cages de l’État ont été relâchées le 22 mai sous cautionnement (à noter qu’au même moment une autre personne toujours détenue par rapport à des accusations de méfait et de voie de fait contre un policier lors de l’émeute du 20 avril pendant le Salon du Plan Nord, s’est vue refusé sa libération et comparaitra de nouveau le 23 mai). Le proprio d’un bar a aussi été arrêté parce qu’il a laissé des gens qui se seraient réfugier de la répression dans la rue, sortir par la porte arrière. Un autre à annoncé qu’il poursuivrait le SPVM après qu’ils aient attaqués les gens sur sa terrasse.

Dimanche le 20 mai, 

encore plusieurs milliers de personnes dans les rues de Montréal, la manif est déclarée illégale depuis le début. Encore une fois plusieurs personnes se sont masquées. Les flics ont tenté de disperser la foule à plusieurs reprise, mais des foules se sont dispersées et reformées pendant 5h durant lesquels il y a eu des barricades et des batailles de rues intenses contre des flics hors de contrôle. Des vitrines ont été fracassés (ce qui fera surement encore brailler les autoritaires paciflics) et des attaques sur des véhicules de police dont un a été incendié, dû à un «bris» selon les flics… À un moment, une foule de jeunes qui s’étaient fait prendre en souricière entre deux lignes d’antiémeute s’est regroupée et a foncé sur une ligne de flics armés jusqu’aux dents, plusieurs réussissants ainsi à s’en sortir en brisant et désorganisant les lignes. Camarades, votre courage nous réchauffe le coeur et nous montre le chemin d’un monde nouveau.

Les porcs ont fait plusieurs arrestations de masse, avec un bilan de 300 arrestations. Entre des dizaines de blessés, plusieurs personnes ont été vues inconscientes après avoir été attaqué par les flics, un homme à été transporté à l’hôpital, inconscient, après avoir reçu une balle de plastique à la tête. Plusieurs flics de merde ont été blessés aussi.

Et ce n’est que le début…

Sabotage Media, 23 mai 2012