[Journal] Sortie de L’Epine Noire n° III (février 2013) : « le spectre du chômage justifie une volonté délibérée de flicage »

En ce début d’année 2013, François Hollande, le président de la République, a ouvert plusieurs fronts.

Tout d’abord, il y a le front intérieur, celui de la « bataille pour l’emploi ». Or, il s’ avère que le pouvoir socialo-écologiste a une nouvelle fois démontré qu’il ne pouvait pas tenir une de ses promesses électorales, enrayer la montée du chômage pour des milliers de travailleurs. Les sidérurgistes d’Arcelor-Mittal, les ouvriers de l’automobile comme ceux de PSA à Aulnay-sous-Bois, ceux de Goodyear d’Amiens-Nord ou ceux de Pétroplus ne se font guère d’illusions : ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes, les dynamiques de luttes convergentes qui se nouent et les échos certains au sein de la société. Le ministre de la Police, à savoir Manuel Valls, ne s’y trompe pas lorsqu’il se dit inquiet des risques d’« implosions ou explosions sociales », affirme qu’« on ne peut pas casser l’outil de travail » et qu’il arbore des dispositifs policiers autour des usines occupées.

Comme le rappe le groupe La Rumeur :

« […] le spectre du chômage justifie une volonté délibérée de flicage ».

Parallèlement, il y a tout un battage médiatique (favorisé par une étrange lenteur à légiférer, même si le projet vient d’être adopté par l’Assemblée) sur la question de l’élargissement du mariage aux couples homosexuels, qui met en lumière la volonté du gouvernement de masquer les luttes en cours par un sujet, certes, sérieux en matière d’« égalité formelle des droits » mais très réformiste au regard de l’histoire des mouvements gays et lesbiens. Cela a eu pour effet de redonner du crédit aux politiques en caricaturant la dualité, rassurante, des camps politiques au Parlement comme dans la rue, gauche/droite, conservatisme/modernité, régression/progrès, croyant/athée, etc.

Puis il y a un second front, extérieur celui-là, ouvert un certain 11 janvier au nord du Mali (ou « Sahélistan »), et qui prouve une fois encore que la gauche de gouvernement souhaitait montrer aux États-Unis que la Fraaaance (!) ne peut se contenter d’être un gendarme régional en continuant d’assumer son impérialisme et son néocolonialisme en Afrique, mais qu’elle est une grande puissance. C’est comme donner un avertissement pour faire peur à tous les gens qui luttent partout, en particulier aux mouvements révolutionnaires de Tunisie et d’Égypte.

C’est ce même pouvoir qui travaille ici, dans la ville « bonhomme », où les laborantins changent de tête. À la préfecture : Élisabeth Borne. Une ancienne jospinette aux manettes dans la région, spécialiste des dossiers de grands projets d’aménagement capitaliste du territoire. Vous voyez le dièse? Cœur d’Agglo, LGV Tours-Bordeaux, LGV Poitiers-Limoges, etc. Ne vous en faites pas, quand il faudra empêcher toute manifestation hostile au contrôle social, elle en sera.

Pendant ce temps-là, des travailleurs se mettent en grève, se battent, luttent comme ils peuvent soit pour sauver leur emploi, soit pour avoir des augmentations de salaire, ou bien encore pour réclamer des indemnités de licenciement comme le font les ex-ouvrières de l’usine saint-savinoise d’Aubade. Ces réactions de travailleurs (ou pas), qu’elles soient plus ou moins populaires, nous font plaisir, même si elles n’annoncent, bien évidemment, pas la fin imminente du rapport social capitaliste ; ce sont sans doute des voies qui aiguisent les lames de la critique, et comme le dit le vieil adage : « Qui ne tente rien n’a rien ».

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[Résistons Ensemble] Brigade Armée de Criminels – Février 2013

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Sortie du journal L’Epine Noire no 2 – automne 2012

EN

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Edito -Novembre 2012.

Tsahal, l’armée israélienne annonce sur Twitter le début de l’opération « Pilier de défense » sur la bande de Gaza. Offensive militaire après celle de « Plomb Durci » en Janvier 2009 afin de terroriser pour dominer les palestiniens dans leur entreprise coloniale. C’est sans doute là où l’État israélien est supérieur, ça n’est pas tant dans le nombre de morts et dégâts matériels que dans sa capacité de contrôler tous les aspects de la vie des palestiniens dans des territoires réduits.

La maîtrise de la géographie est une science redoutable qui, aux mains de l’État et de ses bureaucrates prend le nom « d’aménagement du territoire ».

Ici, de l’autre coté de la Méditerranée cela passe par la prolifération des grands travaux d’infrastructures : lignes THT, autoroutes terrestres et maritimes, aéroports, LGV, centrales nucléaires, prisons, etc. Tout ce qui fait que les flux de cette économie marchande et les rapports sociaux de classes qui en découlent tiennent.

Cependant, des luttes populaires émergent (comme celle contre l’aéroport de Notre-Dames des Landes, ou celle contre le train a grande vitesse entre Lyon et Turin) contre ces « évidences », ces « nécessités » et autres injonctions structurelles et économiques de « Temps de Crise ». La crise que nous vivons sera peut être le tombeau du gouvernement socialiste au pouvoir, à l’image de la Grèce ou de l’Espagne, incapable d’amorcer le changement promis à ses électeurs. Ce qui ne nous surprend guère car nous n’attendions rien de cette « alternance » politique, mais nous ne sommes pas les seuls. La légitimité de l’économie capitaliste (et du pouvoir politique), qu’elle se pare du vernis démocratique, du visage autoritaire ou du cadre islamique, est remise en cause partout dans le monde par des mouvements populaires : Égypte, Chine, Tunisie, Afrique du Sud, Espagne, Grèce, etc.

Apériodique et local est l’Épine Noire, nous n’oublions cependant pas le monde dans lequel nous vivons.

Ici, à Poitiers, l’opération « ville propre » suit son cours : les travaux de la rénovation urbaine « Coeur d’Agglo », les patrouilles de flics omniprésentes à pied ou en voiture, les traques aux sans-papiers, les prisonniers déplacés à Vivonne, la technopole du Futuroscope (et ses centres d’appel), des squats qui prennent feu comme par enchantement, le TAP pour amuser le « Plateau », les constructions de LGV, flics partout, zonards nulle part. L’heure est toujours à la neutralisation des gens qui luttent, au nettoyage des indésirables, pour tirer son épingle du jeu dans la compétition entre les grandes villes (Métropole mon amour !), afin d’attirer la petite bourgeoisie branchée qui vient consommer du divertissement, du bar lounge, des rues sûres et propres. Mais ce n’est pas fini car les indésirables sont encore là, ils s’auto-organisent de différentes manières dans cette guerre sociale, pour ne pas plier face aux notables locaux, aux camelots et à leurs forces armées, qui semblent un peu trop sûrs de leurs prérogatives.

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[Contre-information] Le Cri du Dodo, journal anarchiste de critique sociale

Qu’est-ce que “Le Cri Du Dodo” ?

Depuis deux ans aujourd’hui, Le Cri Du Dodo est un projet de contre-information sur les luttes sociales et de production théorique et critique qui nourri l’ambition de lier la question pratique de l’autonomie des luttes à celle des théories anarchistes et anti-autoritaires dans une perspective offensive.

Ce projet part aussi d’un double constat :

Premièrement, que l’ensemble des organisations révolutionnaires existantes se montrent de plus en plus incapables d’inscrire une projectualité dans le quotidien et la réalité sociale, en rejetant la confrontation avec l’Etat, en circonscrivant l’action directe aux initiatives de leurs chapelles ou à l’action syndicale, en délaissant l’antagonisme social et ses manifestations autonomes pour lui préférer l’idée que la construction organisationnelle serait  préalable à toute action ou agitation révolutionnaire, “plus urgente” ou devrait “primer”. En plus bien sur, de tendre à développer systématiquement des intérêts organisationnels propres, des bureaucraties plus ou moins formelles qui y correspondent, du monolithisme et une tendance marquée à la négociation et donc la collaboration avec les institutions et les classes dominantes.

Deuxièmement, que contrairement à certaines prétentions gauchistes médusées et à la mythologie journalistique et policière, tout porte à croire qu’il n’existe plus en france de réel mouvement autonome (ou même de “mouvance”) mais plutôt un éclatement de milieux, de groupes et d’individus qui souvent se croisent sans se regarder et ne manifestent aucune cohérence d’idées, de projet ou même de pratiques. Et que c’est un secret de Polichinelle. A quoi bon se mentir ? Et sinon, comment s’expliquer que certaines pratiques de cogestion, de sous-syndicalisme, de réformisme radical et de bureaucratie informelle se développent sans problèmes tout en se prétendant “autonomes” ? Comment expliquer aussi le fait que l’Etat puisse condamner avec autant de sévérité (instructions “anti-terroristes”,  et autres enquêtes interminables) des faits qui relèvent habituellement du petit délit lorsqu’ils sont reprochés à de fantasmatiques “anarcho-autonomes” et autre “ultra-gauche” ? Comment l’expliquer sans voir qu’aucune force sociale autonome cohérente ne se manifeste autrement que par des actions sporadiques de contestation qui ne peuvent que difficilement ou rarement être reliées entre elles sinon par une analyse de critique sociale, ou artificiellement par une construction médiatique et policière dans le but de s’inventer un nouvel épouvantail.

En outre, au delà de la nécessité absolue de jeter de l’huile sur le feu en toutes circonstances, de porter la contradiction, de propager la contre-information et de prendre part à des conflits sociaux existants (au moins par la parole), ce projet porte une prétention. Celle de participer modestement à l’élaboration de cette cohérence d’idées et de pratiques, à l’horizontalité de la forme autant que du contenu, et à la tentative de pousser toujours plus loin vers leurs point de rupture les situations et les luttes existantes (plutôt que de se réfugier dans des solutions sectaires ou dans la division du travail théorique), dès lors qu’elles semblent porteuses de potentialités radicales. Et à défaut, d’encourager à les créer. En bref, de participer à l’édification de luttes autonomes aussi multiples qu’offensives, et déterminées à en finir avec le Capitalisme, l’Etat et toutes les hiérarchies, médiations, dominations, et oppressions. Nous pensons qu’à partir de là et de là seulement, peut naitre “l’unité” tant appelée par certains : dans la complicité de la révolte, des idées et des pratiques partagées qui font mouvement.

D’autre part, le site déménage à sa date d’anniversaire sur Noblogs.org pour abandonner définitivement Blogger (blogspot.com, propriété de Google) pour un hébergeur simplement plus proche de cette démarche, moins enclins à fermer un site sans raison, refusant de balancer les identifiants et les logs de ses membres à des entreprises ou aux flics, et surtout n’agissant pas dans un esprit marchand. L’ancien site servira d’archives tant qu’il n’est pas effacé.

Enfin, il faudrait rappeler que la presse papier (tendant à se délocaliser sur internet par solution de facilité ou de “replis”) dans cette optique manque terriblement,  comme outils de partage d’informations et de réflexions qui se passent de main à la main et impliquent un réel rapport social, et non seulement une interaction par écrans interposés. Et qu’une version papier du journal devrait enfin voir le jour d’ici la rentrée. Il faudrait aussi rappeler que si elle n’a pu voir le jour plutôt, c’est aussi précisément parce que ce type de projet font cruellement défaut aux révolutionnaires, et qu’en mener un à maturation est plus que difficile. Mais pas impossible, à condition de bonne volonté, de rencontres et d’associations, et d’un peu d’organisation. Même avec des moyens rudimentaires.

A partir de là, et dès aujourd’hui, nous ouvrons donc le journal à des publications externes (et pourquoi pas à une participation à long terme) dès l’instant qu’elles s’inscrivent dans la démarche exposée plus haut et ne rentrent pas en contradiction avec celle-ci. En fonction évidemment aussi, des affinités.

A bientôt, ici ou ailleurs…

Vive la sociale !

Vive L’anarchie !

Le Cri du Dodo, 27 juillet 2012

[Temps d’Encre] L’art fait patienter les bandits – Juillet 2012

Temps d’Encre est un ensemble de chroniques libertaires virulentes, d’une révolte jeune et très amère, loin de toute faction.

Ci-dessous le numéro Temps d’Encre du mois de juillet 2012:

(cliquez sur l’image pour lire le texte)

Reçu par mail le 31 juillet 2012