[Publication] Brochure ‘Au Centre du volcan’ (Réédition 2013 par Ravage Editions)

Aujourd’hui est plus que jamais le temps du mépris. Penser pouvoir s’évader de la vie quotidienne est folie. Et puis, un évadé solitaire finirait de toute façon par mener une triste vie. Vouloir justement détruire la prison pour libérer tout le monde est une barbarie. De quel droit nous immiscerions-nous dans la vie des autres ? Et pourtant. Pourtant, il y a ce point où dérapent le désespoir et l’angoisse de n’avoir que des perspectives incomplètes et provisoires. Où tous deux se renversent dans la détermination d’être soi-même comme individu, sans atermoiements, d’identifier les moyens et les fins, et de fonder la souveraineté de la révolte sur le néant. Quand nous atteindrons ce point, si ce n’est déjà le cas, saurons-nous quoi faire ? Ou bien ferons-nous demi-tour pour retourner à ce que nous ne connaissons que trop bien ?

Sans-titre-8

Cliquer sur la couverture pour télécharger la brochure (PDF A5 page/page)

Ravage Editions

[Italie] Témoignage d’un migrant retenu au CIE de Ponte Galeria – Rome, mars 2013

Feu à Ponte Galeria

D. Salut. Lundi 18 février au CIE de Ponte Galeria à Rome est survenue une révolte. Tu peux nous raconter ce qui s’est passé et comment tu as été libéré ?

R. La révolte a éclaté parce qu’ils ont commencé à taper un mec nigérian qui cherchait à résister à son expulsion. Ils l’ont tapé de manière inhumaine. Pour eux nous ne sommes que des numéros. D’autres mecs nigérians ont alors commencé à foutre le bordel pour essayer de le défendre… et de là a éclaté la révolte.

D. D’après beaucoup de journaux, ce ne sont que des nigérians qui se sont révoltés, c’est vrai ?

R. Au départ, comme je disais, c’était les nigérians, mais après les autres aussi ont foutu le bordel, géorgiens, moldaves, marocains, albanais… Nous étions tous ensemble parce que nous vivions tous les mêmes conditions, nous avions tous le même problème : vivre. Ils ont arrêté des mecs nigérians parce qu’ils ont vu sur les vidéos que c’étaient eux les premiers… Après nous nous sommes tous unis et nous avons commencé à allumer le feu, qui s’est diffusé dans tout le centre. Les personnes se sont révoltées parce que de toute façon la situation est difficile ; qui n’est pas passé par Ponte Galeria ne peux pas s’imaginer ce que signifie y vivre. C’est insupportable, une vie qu’il n’est pas possible non plus de raconter.

D. Il y a donc eu cette révolte avec le feu. C’est la première que tu as vécu ? Depuis combien de temps es-tu à Ponte Galeria ?

R. j’y suis resté un mois. Les choses de ce genre ont déjà eu lieu deux ou trois fois, toujours avec le feu, car l’unique chose que peuvent faire les détenus pour exprimer leur rage est d’allumer des feux. Cette fois le feu s’est diffusé partout, il a pris le plastique (les vitres de plexiglas qui protègent les barreaux, pour empêcher les retenus de s’en approcher). Les flics n’ont pas réussi à intervenir avec la rapidité et la violence habituelles parce qu’il y avait des journalistes présents ce jour-là… Ils devaient être trop pris à se faire interviewer, qui sait. En plus ils ont dû attendre les docteurs pour soigner le mec nigérian qui devait être expulsé, ils l’avaient tapé fort…

D. Qu’est-ce qui a brûlé à part les panneaux de plexiglas ?

R. Les fils qui connectent les caméras de vidéo-surveillance… La structure n’a pas été rendue inutilisable, mais le système de contrôle ne fonctionne plus.

D. Tu me racontais que cette fois, à la différence d’autres, quelques heures après la révolte la police, la nuit, s’est trouvée en difficulté…

R. La police s’est mise en poste en pleine nuit, et nous a contraints à dormir lumière allumée pour pouvoir mieux contrôler si nous nous levions ou si nous tentions de nous échapper. Ils ont été contraints à rester tout le long du périmètre du centre, comme ils ne le font jamais de nuit.

D. A cause des dommages causés au système de surveillance ils ont vidé le CIE.

R. Oui, ils le vident entre transferts dans d’autres centres, expulsions, et personnes qui ont été libérées parce qu’elles n’ont pas été identifiées. Cependant, neuf mecs ont été arrêtés et quatre ou cinq mis à l’isolement. C’est difficile de comprendre précisément combien ont été transférés, combien expulsés et combien libérés. Au moment de la révolte à l’intérieur nous étions 150, maintenant il n’en reste que 30 ou 40… Je répète, je ne sais pas combien sont sortis au total. Avec moi sont sortis quatre ou cinq personnes.

D. A la différence d’autres révoltes, cette fois ils ne vident pas le CIE parce qu’il est inutilisable…

R. Avec cette révolte nous n’avons pas rendu le CIE moins utilisable qu’avant parce que avant aussi cet endroit était dégueulasse pour y vivre. Avec la crasse qu’il y a, nous étions enfermés dans cet endroit comme dans une cage à poule. Ils nous enfermaient dans les chambres à 21 heures et les ré-ouvraient à 9 heures du matin.

D. T’as raison, ce qui les intéresse c’est seulement les dispositifs de sécurité, les panneaux pour empêcher de s’échapper…

R. Oui c’est vrai, par exemple ce que je te disais qui est arrivé la nuit de la révolte, la lumière allumée pour nous surveiller, est arrivé d’autres fois, est une forme de punition. Quand il y a du bordel, des protestations, des révoltes, ils laissent les lumières allumées jusqu’à deux heures, trois heures du matin. C’est des lumières très fortes que nous ne pouvons pas éteindre et qui nous empêchent de dormir.

D. Ceci, plus qu’une punition est une torture. Les tortures du genre sont diffuses dans certaines prisons… Tu sais si des fois ils utilisent des psychotropes dans la bouffe ? A Turin, beaucoup des prisonniers dans le centre se sentent fatigués et confus après avoir mangé…

R. Non, ici à Rome non, ici ils laissent la lumière allumée et ils essayent de te fatiguer psychologiquement.

D. Évidemment, vu que le CIE de Turin est géré par la Croix-Rouge, ils ont des compétences médicales spécifiques, ils savent utiliser les psychotropes. A Rome je ne sais pas en quoi est spécialisée la coopérative Auxilium qui gère le centre…

R. Eux sont spécialisés dans le tour de clés.

Traduit de ‘Invece’ (mensile anarchico – n°22 mars 2013 – italie) par Sans-papiers ni frontières

[Besançon] L’Intervento, représentation sur les luttes autonomes italiennes des 70’s – 12 mai 2013 à 16h00 au local de Radio Bip

L’INTERVENTO, c’est une compilation de textes, chants, images, témoignages sur les luttes autonomes italiennes dans les années 70.

ça se passe:

le DIMANCHE 12 MAI à 16h00

dans les locaux de RADIO BIP 14 rue de la Viotte (la petite rue juste en dessous de la gare).

ENTREE LIBRE

La représentation sera suivie d’un apéro grignotage puis d’une discussion sur les liens entre les luttes des années 70 et les luttes actuelles.

Merci de faire tourner l’info.

________________________________________________________________________________

Présentation de l’Intervento:

Le mouvement autonome italien est peut-être l’un des mouvements de lutte les plus puissants de l’histoire récente occidentale.

Fort de ponts exceptionnels entre étudiants et ouvriers, « autonome » des partis et des syndicats, massif et violent dans ses modes d’actions, il fera durer mai 68 pendant dix ans. Ce sont les « hordes païennes » de jeunes immigré-e-s du Sud qui paralysent les usines, revendiquant le refus du travail, remettant à l’ordre du jour les pratiques d’action directe qui avaient secoué les mêmes industries en 1920 avant de s’endormir sous le fascisme. Ce sont des quartiers entiers qui, face à l’inflation, refusent de payer les loyers ou les factures. C’est une irruption tonitruante des femmes, homosexuel-le-s, jeunes et chômeurs-ses sur la scène politique. Ce sont des analyses précises et originales de la transformation de l’économie occidentale. C’est une explosion des radios libres qui se font « la voix des sans-voix » tout en jonglant avec l’ironie et la philosophie. C’est enfin le tournant de 1977, les émeutes, les chars blindés à Bologne, une répression féroce : un mouvement étranglé qui n’a plus d’autres issues que la fuite, l’héroïne ou la clandestinité. Beaucoup « d’autonomes » passeront des années en prison, sans manquer d’en faire encore un lieu de luttes.

Des lectures tirées de plus de 15 ouvrages différents et entrecoupées de sons et d’images permettront, chapitre après chapitre, d’avoir un aperçu de l’atmosphère brûlante de l’époque et d’approcher les questions qu’elle nous pose aujourd’hui.

affiche intervento-page1

Mailing-list, 23 avril 2013

[Italie] Arrestations de compagnon.ne.s suite à une action en soutien à un retenu qui résistait à son expulsion – Turin, 11 avril 2013

Arrestations de compagnon-ne-s à Turin [MAJ] – 11 avril 2012

Quatre mandats d’arrêt et deux interdictions de territoire : voici les requêtes émises par le juge Giuseppe Salerno, et que la police a tenté d’exécuter à Turin ce matin. Les mandats ont été émis suite au rassemblement devant le centre le 28 février dernier en soutien à un retenu qui résistait à son expulsion lors duquel un reporter de chronique de Turin a été justement maltraité (regardez ici un exemple de sa prose).

Jusqu’à maintenant la police a réussi à exécuter seulement deux des mandats d’arrêts et à notifier une interdiction de territoire. Il y a eu trois autres compagnons arrêté-e-s mais ce n’est pas clair si  elles/ils font partis des recherché-e-s de cette matinée ou s’ils ont été pris-es parce que trouvé-e-s avec les arrêté-e-s : probablement donc que la police cherche encore.

Mise à jour : Deux des trois arrêté-e-s ont été relâché-e-s : un était pris par erreur par les flics qui voulaient partir au plus vite du quartier de Porta Palazzo et à une autre ils devaient notifier une obligation de signer suite à un vol dans un autogrill au retour d’une manifestation No Tav.

Le troisième en revanche a été tapé durant l’arrestation : arrivé au poste sans son tee-shirt  et avec de traces de coups, il a d’abord été emmené à l’hôpital puis à la prison. Sont encore recherchés deux compagnons, destinataires respectivement d’un mandat d’arrêt et d’une interdiction de territoire.

Donc pour le moment une compagnonne à été interdite de la région de Turin, et deux compagnons et une compagnonne sont à la prison de la Vallette. Pour ceux qui veulent leur écrire voici les noms et adresses :

Borzì Martina Lucia
Poupin Gregoire Yves Robert
Milan Paolo
C.C. via Pianezza 300
10151 Torino

Et pour vous remonter un peu le moral après une journée comme celle là nous publions ici un petit reportage photo qui documente dans quel état est réduit le CIE de Turin après les derniers mois de résistances, luttes et révoltes.

Traduit librement de macerie par sans papiers ni frontières, 12 avril 2013

[Italie] Brèves d’attaques vengeresses – Turin & Naples, mars 2013

Turin – 21 mars 2013

Pendant la nuit, un incendie criminel a visé la porte d’entrée de Geo Studio Servizi, une société d’architectes qui collabore avec la construction du train à grande vitesse (TAV) dans le Val de Suse.

Turin – 14 Mars

Pendant la nuit, trois banques ont été attaquées à coups de marteau. Les fenêtres ont été cassées et le DAB a été endommagé. Des slogans ont été peints sur les murs disant « Basta sfratti » (« arrêt des expulsions ») et « Pagherete tutto » (Vous payerez pour tout »). Selon la police, cette attaque pourrait être une vengeance suite à l’arrestation de trois camarades lors d’une action anti-expulsion.

basta-sfratti

Naples – 4 mars

INCENDIO A 'CITTA' DELLA SCIENZA' A NAPOLIPendant la nuit, la Cité des Sciences à Naples a été réduite en cendres. Cette institution est bien connue, même au-delà des frontières nationales et se composait d’un incubateur d’entreprises et un centre de formation pour promouvoir la «citoyenneté scientifique». En quelques heures, ce monument de la recherche technologique a été détruit. Selon les journaux il s’agirait d’un incendie criminel.

Turin – 2 mars

Pendant la nuit, le feu a été mis à une cabine électrique qui fournit de l’électricité pour l’Office de l’immigration dans le corso Verona. Certains disent que cette attaque pourrait être liée aux révoltes récentes dans le centre de détention pour immigrés de Turin.

Nouvelles traduites de la presse italienne par 325, 02/04/2013

 

[Italie] Nouvelle émeute au CIE de Corso Brunelleschi – Turin, 15 mars 2013

Incendie après incendie, le CIE* de corso Brunelleschi continue à perdre des morceaux. Le dernier, hier soir, survenu durant une brève émeute déclenchée vers 20 heures par les retenus de la section violette, avec matelas et articles ménagers mis au feu dans les chambres.

La révolte a pris corps une demi-heure après un rassemblement bruyant devant le centre d’une vingtaine d’ennemis des expulsions, avec pétards, slogans, cris, et messages de solidarité.

Il ne reste plus de chambres disponibles dans la zone violette, et les prisonniers ont dû dormir soit dans la cantine soit dans une autre section. Depuis les dernières émeutes, il ne reste plus qu’une chambre dans la section bleue ainsi que dans la rouge où dorment 8 ou 9 personnes,.

La section jaune, où le 24 février trois chambres étaient parties en fumée sur cinq, est la plus bondée : une chambre a été rouverte et donc les retenus sont répartis dans trois chambres ainsi que, bien sûr, dans la salle à manger.

Traduit de macerie (16/03/2013) par Sans Papiers Ni Frontières

*: Centre d’Internement pour Etrangers

[Italie] Quelques nouvelles de la révolte en cours au CIE de Corso Brunelleschi – Turin, depuis le 24 février 2013

Vers 8 heures dimanche 24 février ce sont les retenus de la zone jaune qui complètent le travail commencé les jours précédents par les prisonniers du centre de Turin, en incendiant toute la section. L’intervention de la police avec les lances à eau a seulement servi à faire cesser la fumée, parce que les flammes avaient déjà brûlé tout ce qu’elles pouvaient brûler. Maintenant les 35 prisonniers de la zone jaune, certains à peine transférés des autres sections déjà brûlées  se trouvent sous la pluie dans la cour de la section parce qu’il n’est pas possible de rester à l’intérieur.

 Mise à jour 22h30. Il reste seulement deux « chambres » dans la section jaune, et pour «  restaurer les pleines fonctions » ( comme se plait à le dire la préfecture)  une vingtaine de retenus ont été parqués dans la cantine transformée en dortoir. Il paraît par ailleurs que la police ne soit pas intervenu pour malmener les prisonniers. Un rapide rassemblement de solidarité s’est formé pour saluer les retenus et la chaleur démontrée ces derniers jours, et hors les murs on entendait très fort et en chœur le cri provenant de toutes les sections : « Liberté ! Liberté! »

Sourcemacerie, 24/02/2013

Une petite mise à jour depuis le centre de Turin après trois jours de révolte. En tout il y a eu six arrêtés et non cinq comme on l’a cru dans un premier temps. Et tandis que dans les sections jaune, rouge et bleue, endommagées par les incendies de vendredi et celui de dimanche, les travaux de restructuration ont déjà commencé, les retenus continuent de dormir dans les réfectoires. Parmi les prisonniers la rumeur circule que la préfecture, pour alléger la pression sur la structure, est en train de préparer des expulsions imminentes, des transferts dans d’autres centres et des libérations. La même chose, en somme, que ce qui s’est passé au centre de Rome après la révolte du 18 février. Ce qui est sûr c’est qu’aujourd’hui à Turin au moins un retenu a été libéré, mais seulement parce qu’il devait pointer pour une autre procédure pénale.

Sourcemacerie, 26/02/2013

Encore une journée mouvementée au CIE de Turin. Dans l’après midi un retenu monte sur le toit de la section violette pour éviter l’expulsion, et un groupe de solidaires se retrouve devant les murs pour le saluer et le soutenir avec slogans et pétards d’un calibre certain. Non loin de là, un photo reporter trahi par le flash de son appareil se voit encerclé et maltraité : il réussi à sauver son appareil mais perd ses lunettes. Par la suite il s’avérera être un collaborateur d’un des pires journaux locaux.

Quand arrive la confirmation que l’expulsion du retenu sur le toit est reportée, les manifestants s’éloignent  mais une douzaine d’entre-eux se retrouve bloquée non loin par plusieurs voitures de flics. Les arrêtés ont été embarqués au commissariat de via Tirreno, et détenus plusieurs heures. Tous seront relâché dans la soirée, sauf une compagnonne française : selon les menaces de la police, elle serait raccompagnée à la frontière avec un décret d’expulsion d’Italie.

Sourcemacerie, 28/02/2013

La même nuit le local d’électricité du bureau de l’immigration de la préfecture est incendié et les journaux comme les flics accusent les anarchistes. Les dégats se chiffreraient à 70.000 euros environ, et ont nécessite l’installation d’un groupe électrogène.

42OOJJ2N6132--640x360 MTIXHART1368-1949--640x360

Photos de la presse

Turin : attaque incendiaire et expulsion d’une compagnonne

Selon les éditions internet de certains quotidiens locaux, dans la nuit de jeudi à vendredi, une cabine électrique des bureaux de l’Immigration de la Préfecture de police de Turin, corso Verona, a pris feu. Selon les calculs des comptables de la Préfecture, les dégâts monteraient à près de 70 000 euros. Pour continuer de fonctionner, les bureaux seront connectés à un générateur de secours, gracieusement fourni par l’entreprise Iren.

L’hypothèse des journaux est qu’il ne s’est pas agit d’un court-circuit ou d’un imprévu, mais d’une action liée aux récentes révoltes dans le centre de rétention de Turin, et à la menace d’expulser une compagnonne française arrêtée le jour précédent lors d’une manifestation devant le centre. La compagnonne interpellée, comme l’annoncent déjà certaines agences de presse, a été déportée en France cet après-midi : elle va bien et nous sommes certains que son moral est bon.

Concernant la journée d’hier, il faut également rajouter l’info, toujours selon les journaux, que pendant qu’une dizaine de compagnons était retenue dans le commissariat de via Tirreno, “un groupe d’anarchistes a renversé plusieurs bennes à ordures corso Regina Margherita, via Fiochetto et via Cigna, et vidé des extincteurs“.

Traduit de l’italien de macerie par brèves du désordre

[Turin] Mise à jour depuis le CIE – 6 mars 2013

Le CIE de Corso Brunelleschi est toujours en grande partie inutilisable. Contrairement à ce que disent les journaux, les chambres sont toujours hors d’usage.

Deux des cinq arrêtés sont sortis de prison : l’un avec une mesure d’expulsion du territoire italien et l’autre a été expulsé après être repassé par le CIE.

Les détenus sont maintenant un peu plus de 60 (sur 180 places). Depuis les premiers jours des émeutes, au moins 20 personnes ont été expulsées, 6 ou 7 ont reçu une mesure d’expulsion et 2 ont été transférés à Trapani. Au cours des 10 derniers jours, il n’y a eu aucun nouvel arrivant dans le CIE.

Dans toutes les aires du centre, du riz « puant » a été distribué. Tous sont sûrs que le repas a été agrémenté d’une bonne dose de tranquillisants et un militaire s’est pris en retour l’assiette sur la tête.

Hier, un retenu a passé la nuit sur le toit de l’aire violette par peur d’être expulsé. Quelques jours auparavant il avait avalé un grand nombre de piles et de lames de rasoir, mais contre l’avis des médecins (de l’hôpital ?, ndlt) il a été ramené au centre. On dirait qu’il a tenté de se pendre sur le toit. Ce matin, il a été signalé dans un état grave à l’hôpital, apparemment pour des objets ingérés.

Traduit approximativement de macerie6 mars 2013

[Turin] Un saluto – 8 mars 2013

A sept heure du soir, un groupe d’ennemis des expulsions s’est retrouvé corso Brunelleschi pour saluer les retenus du Cie de Turin avec du bruit, des slogans et des feux d’artifice. A l’intérieur, les retenus ont répondu en montant sur les toits, en incendiant des draps et en criant “Liberté!”. Après le rassemblement, dans deux sections les retenus ont refusé le dîner.

D’après macerie, 09/03/2013

Traductions de l’italien par Sans Papiers Ni Frontieres

[Italie/No Tav] Grande manifestation samedi 23 mars à 14h à la Piazza d’Armi à Susa

Un combat mené depuis 20 ans par la population de Val Susa pour devenir une lutte nationale et internationale contre ce projet inutile, couteux et destructeur de l’environnement.

Malgré la répression (procès, emprisonnements…) la désinformation médiatique des grands médias (la stampa, la répubblica, etc.) la résistance et la lutte sont toujours à l’ordre du jour, avec de nombreuses manifestations, occupations, rassemblements, réunions, campings et ce, malgré la répression opérée par un important dispositif policier permanent sur le site.

Venez nombreux soutenir une population en lutte pour son avenir et dire non à ce funeste Tav Lyon – Turin.

Grande manifestation contre le Tav Lyon-Turin. Samedi 23 Mars à 14h à la Piazza d’Armi à Susa

Cliquer pour agrandir l'affiche

Cliquer pour agrandir l’affiche

 Défend ton futur.

Une fois encore, nous vous invi­tons, toutes et tous à mani­fes­ter contre ce projet scé­lé­rat qui, avec le contexte actuel, l’avan­cée de la crise économique natio­nale et inter­na­tio­nale, devient tou­jours plus inu­tile et insou­te­na­ble, pas uni­que­ment pour notre ter­ri­toire, mais pour le Pays entier.

Nous vou­lons être clairs sur un point : ce projet, malgré le mar­tel­le­ment publi­ci­taire qui l’entoure, prend tou­jours eau de toute part et s’avère sur­tout être bal­loté entre les mains tem­pé­tueu­ses et plei­nes de fan­tai­sies des fans du TAV dont on connait tou­jours plus pro­fon­dé­ment la dis­po­ni­bi­lité des fonds des­ti­nés à sa réa­li­sa­tion.

En outre, le gou­ver­ne­ment et les sup­por­ters ne par­lent jamais de la source du finan­ce­ment néces­saire pour la ligne Turin-Lyon, exclu­si­ve­ment publi­que et obte­nue par des sommes sous­trai­tes aux autres sec­teurs pour être dépla­cées sur cette voie morte.

En effet, l’argent de nos impôts est l’unique source de finan­ce­ment exis­tante et uti­li­sée. Cela appa­rait comme étant encore plus injus­ti­fié car cela inter­vient dans un moment his­to­ri­que et signi­fie le dépla­ce­ment de sommes consi­dé­ra­bles d’argent public consa­cré à la santé, à l’école et aux ser­vi­ces sociaux et ce pour finan­cer ce qui cons­ti­tue désor­mais le nou­veau coffre-fort du sys­tème des partis.

De part son inu­ti­lité évidente, le Turin Lyon est devenu le sym­bole d’une poli­ti­que qui veut faire taire un mou­ve­ment popu­laire comme le NOTAV, résis­tant depuis plus de vingt ans en trou­vant de plus en plus de sou­tien à l’inté­rieur d’une société dans laquelle, la tor­peur quo­ti­dienne a été réveillée et qui vit en subis­sant tou­jours plus les sacri­fi­ces d’une poli­ti­que d’aus­té­rité à sens unique.

Contre nous il y n’a pas de cou­leur poli­ti­que, il y a des chœurs de cor­beaux qui croas­sent pour nous battre et nous faire taire, effrayés par la graine de la Vallée qui Résiste et se pro­page sur les autres ter­ri­toi­res et dans les autres com­mu­nau­tés. L’État se cons­ti­tue, de fait, partie civile contre nous, sans honte, en nous accu­sant et en nous empri­son­nant, avec le seul but de nous plier et de nous sous­traire à ce consen­te­ment que nous enten­dons pour­tant de plus en plus gran­dir autour de notre lutte. Dans des salles bunker, les juges nous deman­dent des dom­ma­ges incal­cu­la­bles qui sont autant de mesu­res aptes à limi­ter notre liberté de mou­ve­ment et qui sont le corol­laire d’une mili­ta­ri­sa­tion insup­por­ta­ble du ter­ri­toire, alliée de l’l’art du men­songe quo­ti­dien. C’est contre l’escro­que­rie du siècle, que nous appe­lons à la mobi­li­sa­tion, invi­tant tous ceux qui ont à cœur leur propre futur et celui de leurs enfants à par­ti­ci­per le 23 mars, à la mani­fes­ta­tion popu­laire qui par­tira de Susa et qui arri­vera à Bussoleno.

Le mou­ve­ment No Tav.

Sara Durà / Résistance

P.S : Hébergement assuré.

contact: posta (at) notav­to­rino.org

Voir le site

Source: Rebellyon.info, 9 mars 2013

[Italie] Brèves de révoltes et d’évasions dans les prisons pour sans-papiers – 18 et 22 février 2013

[Turin] Révolte au CIE – 22 février 2013

 Grosse révolte au CIE de Corso Brunnelleschi à Turin. Tout commence vers 21 heures  quand certains retenus tentent de s’évader escaladant les hautes grilles, mais sont repris par la police juste avant le dernier mur. Immédiatement la rage éclate dans tout le centre : certains retenus montent sur les toits et d’autres incendient les dortoirs de quelques sections. La réaction de la police est très violente, avec un usage massif de gaz lacrymogène qui rend l’air irrespirable jusqu’en dehors des murs. Un rassemblement de solidarité [ndt : constitué dans l’urgence à l’aide de la radio et des sms] est chargé à plusieurs reprises via Monginevro, et les CRS sont visés par quelques bouteilles et des gros pétards.

Ecoute le direct sur radio Blackout 105.250 avant la première charge, télécharge le fichier mp3 (en italien)

Ecoute le direct juste après la charge, télécharge le fichier mp3 (en italien)

 Dedans les retenus racontent que des personnes se sont fait taper et menotter,  sûrement déjà prêtes à être arrêtées et transférées à la prison de la Vallette. Alors que nous attendons des nouvelles, nous vous rappelons le rassemblement appelé samedi après-midi à 16 heures Corso Brunnelleschi.

Mise à jour du 23 février. Le quotidien La Stampa rapporte la nouvelle de la révolte parlant de dommages notables à l’intérieur de la structure:

Corso Brunelleschi : Révolte au Cie, Tram bloqué

Tensions et désordres, hier soir, au CIE de Corso Brunelleschi : les forces de l’ordre et les pompiers sont intervenus pour réprimer l’énième révolte dans la structure qui depuis des années anime, pas forcément dans le bon sens, la vie du quartier. Tout est né d’une révolte à l’intérieur du centre, vers 21 heures : un groupe de retenus a tenté de mettre le feu à l’un des dortoirs. Selon la version de la police, une quinzaine d’anarchistes présents à l’extérieur de la structure, a lancé des bombe carta [ndt : gros pétards] et des pétards contre le centre. Juste après une charge des forces de l’ordre,  ils ont riposté en lançant sur les agents en tenue anti-émeute des objets les plus disparates et en renversant les poubelles. Ce fut suffisant pour réveiller brutalement le quartier : la via Monginevro à la hauteur de la via Sacra di San Michele ainsi que la ligne 15 du tram ont été bloquées. Nombreux sont les résidents qui ont assisté de leurs balcons à ces instants de fortes tensions : dizaines de bouteilles cassées et les poubelles restées à terre. La situation s’est normalisée vers 22 heures. De nombreux dommages ont été causés à l’intérieur de la structure. »

Traduit de l’italien de macerie, 23 février 2013

_____________________________________________________________________________________________________________________________________________

[Trieste] Révolte et évasion au CIE de Gradisca – 18 février 2013

Dans la soirée du 18 février 2013 des retenus du centre de Gradisca à la frontière entre l’Italie et la Slovénie tentent de s’enfuir. Une trentaine de retenus armés de barres de fer et d’objets dont l’usage à été détourné pour l’occasion sont sortis de leurs sections en utilisant un jeu de clef en leur possession et se sont affronter avec les vigiles. 5 personnes ont réussi a se faire la belle. Des retenus ont été mis en examen et une enquête ouverte pour connaître l’origine du jeu de clef.

le lendemain ils se sont de nouveau révoltés : ils ont tenté de détruire les cameras puis ont sortis les matelas et les meubles des chambres avant de les enflammer.

Traduit de l’italien de leur presse, 21 février 2013

_____________________________________________________________________________________________________________________________________________

[Rome] Révolte au CIE de Ponte Galeria – 18 février 2013

Le lundi 18 février une révolte a éclaté au centre de rétention de Ponte galeria à Rome. Plusieurs dizaines de retenus sont montés sur les toîts et ont mis le feu au matelas.

ponte-galeria-02-13-1

L’élément déclencheur de leur révolte semble avoir été le refus d’un jeune nigérian de se faire expulser. Sa résistance et la violence des flics a déclenché la solidarité des autres nigérians emprisonnés. Selon divers témoins, le centre de rétention a alors été mis à feu et à sang dans le secteur homme, les pompiers ont mis 3 heures à éteindre l’incendie. Selon les autorités seuls les nigérians, qui sont au nombre de 43 sur les 132 prisonniers du centre, auraient participé à la révolte. Selon d’autres retenus les révoltés seraient allés chercher tous les matelas et toutes les couvertures dans toutes les cellules, les auraient rassemblés et auraient allumé un feu. Victor, le jeune homme qui refusait l’expulsion n’a pas pu être expulsé. Par contre 8 personnes retenues ont été arrêtées et transférées de la prison pour sans-papiers à la prison pour tous (enfin, presque tous, ça dans la prison pour tous ce sont surtout les exploités qui y sont enfermés). En Italie en ce moment beaucoup de personnes sans papiers commettent des actes désespérés. Il y a quelque jour un homme dans cette situation s’est jeté sous le métro, un autre qui venait de recevoir un refus à sa demande d’asile s’est immolé à l’aéroport de Rome. Face à ces gestes de désespoir, les révoltes, même si elles sont parfois aussi désespérées, pourraient apparaître comme une bouffée d’air pur. Elles restent malheureusement trop souvent peu partagées, à l’intérieur comme à l’extérieur, et ne parviennent pas à briser les murs. Solidarité avec les 8 personnes emprisonnées et avec toutes celles qui, en s’opposant à l’expulsion d’un de leurs compagnons d’infortune, ont partagé ce petit moment de liberté retrouvé !

ponte-galeria-02-13-3 ponte-galeria-02-13-2

reçu par mail, 21 février 2013

Source: Sans-Papiers Ni Frontières

[Italie, No TAV] Le chantier de construction attaqué à Chiomonte – Soirée du 9 février 2013

Le 9 Février 2013, quelque 200 militants ont surpris la police qui gardait le chantier de construction du train à grande vitesse TAV à Chiomonte (Italie).

Ils ont détruit quelques engins et attaqué la police tout en exigeant également la libération des prisonniers Cristian et Emanuele.

Via notav.info et Le Révolté