[Grèce] Répression contre plusieurs médias de contre-information depuis le 11 avril 2013

La répression ne passera pas !

Trois médias grecs de contre-information et anti-autoritaires, athens.indymedia.org98FM et Radio ENTASSI subissent la répression d’état depuis le 11 avril 2013. La prestation d’internet était « interrompue » après des pressions du procureur général.

Durant cette période où toute la société souffre de la répression économique, politique et sociale, quelque soit l’échèle de la résistance, les luttes ouvrières réaniment et donnent l’espoir, transmettent la flamme révolutionnaire, inspirent et sèment des idées radicales qui vont bouleverser et renverser ce monde d’exploitation …

Maintenant que le vrai terroriste, l’État et tout ce qui le constitue, est menacé par les résistances sociales, il essaie d’imposer de manière violente un obscurantisme communicatif à travers les mass médias statutaires sans précédant.

Mais le musèlement et la répression que les médias alternatifs et antiautoritaires subissent ne resteront plus dans l’ombre.

Notre réponse sera plus forte que les célébrations fascistes et autoritaires. Les médias alternatifs sont à nous, ils sont la voix de nos luttes qui nous montrent le chemin pour créer un autre monde, un monde comme nous le voulons.

Pour plus d’infos : indymedia.squat.gr

Pour accéder à Indymedia Athènes ici

Source: Contra-info, 11 avril 2013

« La censure à l’époque de la junte du mémorandum et du capitalisme…ne va pas écraser la contre-information !

Les efforts de la censure et de la suppression, c’est une histoire qui date depuis longtemps… Des interpellations des fascistes au Parlement, jusqu’ aux menaces et aux extrajudiciaires de « O.T.E » ; des répressions évidentes et des moyens pègres comme des black-out pendant les week-ends et avant les manifestations importantes… Toutes ces années depuis 2008 jusqu’aujourd’hui, ils n’ont pas réussi à fermer athens.indymedia et ils ne réussiront jamais.

Cette fois-ci, c’est un « homme d’affaires » et un recteur. Un chasseur d’argent sans scrupules qui a fait une grande fortune à travers des arnaques immenses (Alafouzos) et un mec aléatoire et transitoire qui accepte le bradage de la Connaissance pour le profit des patrons. Un « universitaire » qui n’hésite pas à bafouer tous les droits de la liberté de s’exprimer et d’échanger des idées, les éléments qui constituent l’asile social, lequel on va défendre à tout prix. Cet infâme petit commis se joint avec les assassins de tout un peuple et conduit l’empêchement de toute revendication sociale et du travail, en ignorant ostensiblement le soutien aux moyens d’anti-information par des organisations d’étudiants. Un soutien qui a pris même la forme des résolutions sur les étudiants… Digne donc de son salaire…

Alors, aujourd’hui il est évident que l’Etat montre ses muscles et qu’il réprime toute sorte de lutte et de révolution (comme les luttes ouvrières, les actions en matière d’environnement et les espaces occupés autogérés) en censurant tous ceux qui ne sont pas soumis à ses désirs ou qui révèlent la humiliation sociale de nos jours, pour une soumission totale de toute la société.

Aujourd’hui, il est plus important que jamais pour le pouvoir, les patrons, les gouvernementaux et les autres porte-paroles de la troïka et du mémorandum que l’horreur de la propagande gouvernementale domine, comme il est présenté par la télé, la presse et les radios du régime. Aujourd’hui, pour l’Etat c’est de grande importance de museler toute liberté d’expression, tout échange des idées radicales et perturbatrices en espérant d’empêcher les résistances de ceux qui n’acceptent pas discrètement le destin qu’ils leur accordent.Leur but ultime, mais aussi leur espoir vain est de freiner et déranger toute sorte de discussion, de rêvé et d’action vers une organisation différente de l’expression et du lutte de la société. Mais ils ne vont pas le réussir, comme ils ne l’ont pas fait avec ses efforts précédents.

Athens.indymedia est composé de ses utilisateurs qui informent et s’informent pour la lutte des classes sociales qui se déroule aux sociétés capitalistes du monde entier. La censure et la suppression ne nous empêchent pas, mais contrairement elles nous renforcent. En tant qu’équipe d’administration d’athens.indymedia on fait de notre mieux pour que l’effort de la publication et de la promotion des luttes et des résistances sociales soient maintenus. Pour l’instant et jusqu’à ce qu’on revient sur internet, il y a des moyens alternatifs d’accès à la contre-information par le site web indymedia.squat.gr mais aussi normalement via le réseau Tor sur l’adresse gutneffntqonah7l.onion.to. On continue nos efforts et dans peu de temps, athens.indymedia.org va continuer sa fonction, en continuant de revendiquer le droit d’utilisation du réseau public croyant fermement que n’importe quoi de public appartienne à la société et pas au pouvoir, à l’état et au capital. On ne va pas autoriser leur joie pour la suppression. On ne va pas leur autoriser à ravager les ressources publiques qui nous appartiennent ! On ne va pas rester silencieux et se soumettre à aucune suppression, à aucune censure, même s’il s’agit de notre « exil » et de la recherche d’un terrain plus propice dans un autre lieu d’accueil !

La contre-information ni se muselle, ni se censure, ni se réprime !

La lutte des classes ne va pas être freinée par des petits commis amenés par l’argent et les régimes de la suppression !

L’équipe d’administration d’Athens.Indymedia.org

Traduction du grec envoyée par mail, 16/04/2013

Aux prisonnier-e-s, quelque soit le moment, quelque soit le lieu

Depuis les rencontres européennes de solidarité avec les compañeras et les compañeros zapatistes, ainsi que ceux qui cheminent et résistent en bas à gauche.

Paris, 2 et 3 février 2013

Aux compañeras et compañeros prisonnier-e-s, quelque soit le moment, quelque soit le lieu

Aux compañeras et compañeros prisonnier-e-s de la Sexta

Aux compañeras et compañeros zapatistes

À la Sexta

Aux peuples du Mexique

Aux peuples du monde

Nous écoutons et ressentons de la rage, quand nous lisons :

“Je ne savais pas que ça allait m’arriver. J’ai pleuré pour ma famille, pour ma mère.” “Je ne savais pas comment décrire la peur que j’ai ressenti”. “Ils continuaient à me crier : tu ne te sauveras pas d’ici. De là où nous allons t’emmener, tu ne sortiras pas” “Tu ne bougeras pas. Si tu tentes quelque chose, c’est ici que tu meurs”. Rosa pleura, et demanda qu’on ne lui fasse rien, elle dit qu’elle n’avait séquestré personne. “Comment je peux avouer quelque chose que je n’ai pas fait ?”, demanda Rosa. Rosa fut condamnée à 27 ans, 6 mois et 17 jours de prison. Comme des milliers d’indigènes, Rosa n’a jamais eu accès à un traducteur qualifié connaissant la langue et les coutumes tsotsiles, elle n’a jamais reçu de soins médicaux après la torture dont elle a souffert. Elle n’a pas pu aller à l’enterrement de son fils Natanael, mort de malnutrition grave.

(Témoignage de Rosa, la seule femme de l’organisation los solidarios de la Voz del Amate).

Dans tout calendrier et dans toute géographie , la prison, l’enfermement, l’extradition, l’isolement, les centres de rétention, les centres de réinsertion sociale – ou quelque soit la façon dont ils les déguisent – nourrissent et portent en eux les quatre roues du capitalisme: l’exploitation, la spoliation, la répression et le mépris.

encuentro-París-13-300x168Résister à l’enfermement, c’est s’attaquer à la société capitaliste qui le produit. Toute critique contre cette société qui privilégie ceux qui d’en haut font les lois ne peut omettre la question de l’utilité et de la fonction des ces institutions répressives. Les programmes des gouvernants terrifiés cherchent à améliorer leurs politiques de sécurité nationale, de contrôle social, et gaspillent des millions dans la construction de toujours plus de centres d’enfermement ; la menace de la prison constitue la réponse qu’ils donnent à toutes celles et tous ceux qui représentent un danger pour le système capitaliste. Ainsi nous ne sommes pas surpris par le fait que les premier-es à qui est destiné l’enfermement soient les migrants, les précaires, les travailleurs-euses sexuels, les chômeurs, les travailleurs-euses en lutte, les syndicalistes, les jeunes des quartiers oubliés et harcelés par la police, les indigènes, les squatters, les paysans, celles et ceux qui protestent et critiquent les lois et politiques répressives -comme le montrent les événements survenus le 1er décembre au cours de la prise de pouvoir de Enrique Peña Nieto, dont la répression a entraîné 90 arrestations et où notre compañero Kuy a été gravement blessé, luttant aujourd’hui pour sa vie ; ou comme sur la ZAD, Zone À Défendre, à Notre-Dame-Des-Landes, en France, où Cyril et « J » ont été enfermés pour s’être opposés à la construction d’un aéroport sur une zone agricole ; avec solidarité et fraternité nous n’oublions pas la persécution dont sont victimes celles et ceux qui résistent dans toute l’Italie à la construction d’une ligne à grande vitesse dans le Val de Suze ; nous n’oublions pas non plus Marina et Alberto, deux des cinq compañeros condamnés après les manifestations anti-G8 à Gênes en 2001, et encore emprisonné-es, compañeros qui ont payé par l’enfermement le libre exercice de leur rébellion ; ou encore le cas de Marco Camenisch, prisonnier depuis 20 ans, entre les prisons suisses et italiennes pour son engagement dans la lutte anti-nucléaire et contre la destruction de l’environnement. Nous voulons aussi mentionner les prisonnier-es réfugié-es et exilé-es du peuple basque, et nous dénonçons les gouvernements espagnols et français pour leur harcèlement, ainsi que celui de leur famille. Nous n’oublions pas les accusés du 4F, prisonnier-es de l’État espagnol pour une agression qu’ils n’ont pas commise. Comme nous ne pouvons pas oublier les prisonnier-es de la guerre sociale, ainsi que les antifascistes grecs persécutés et harcelés. Nous n’oublions pas la coopération qui existe entre les États pour extrader des compañeros et compañeras militant-es, où qu’ils soient.

Nous n’oublions pas non plus les compañer@s qui subissent une persécution pour le délit d’être anarchistes, comme dans le cas de Matt Duran, Kteeo Olejnik et Maddy Pfeiffer. Nous n’oublions pas les détenu-es de ce qui est appelé la guerre contre la drogue, pas seulement aux États-Unis ou au Mexique, mais dans le monde entier.

Nous ne pouvons pas ne pas mentionner le compañero Mumia Abu Jamal emprisonné depuis plus de 30 ans par le gouvernement des États-Unis. Nous n’oublions pas le cas emblématique des prisonniers politiques indigènes, comme Leonard Peltier, membre du mouvement indigène américain (AIM) qui sera enfermé depuis 38 ans le 6 février prochain aux États-Unis, pour avoir lutté pour les droits de son peuple.

Nous n’oublions pas non plus tou-tes prisonnier-es politiques mapuches, persécuté-es par le gouvernement chilien, après une vague de répression systématique toujours en cours. Ils sont les victimes modernes de 520 ans de colonisation, comme le sont les compas de la Sexta détenus au Mexique. La rébellion ne sera jamais un crime, et même si le mauvais gouvernement applique ses lois pour persécuter et harceler ceux qui luttent, il n’y a pas de raison qu’il en soit ainsi et il n’en sera pas ainsi. Pour ne pas oublier chacun-e des prisonnier-es de la guerre sociale, nous appelons la Sexta à se solidariser et à participer à la journée internationale pour les prisonnières et les prisonniers politiques le 17 avril 2013, journée initiée pour ne pas oublier la résistance du peuple palestinien dont nous n’oublions pas non plus les prisonnier-es. Initiative qui a été reprise et alimentée par les compas kurdes, basques, kanaks, sahraouis, et qui continue à s’étendre aux prisonniers politiques révolutionnaires d’autres parties du monde.

Compañeras et compañeros, d’ici, nous continuons à apprendre et à être surpris-es par les frères et sœurs zapatistes, leurs poings levés, leur silence assourdissant, nous continuons à penser et à sentir l’envie d’avancer, et de ne laisser personne sur le chemin. Aujourd’hui, ici, lors de ces rencontres, nous nous sommes écoutés, nous avons partagé nos douleurs et nos rages, et nous ne voulons pas laisser passer l’occasion de saluer les compañeros et compañeras zapatistes, Francisco Sántis López qui est aujourd’hui avec ses compas et sa famille, aux prisonniers et prisonnières : Juan Díaz López, Rosa López Díaz, Alfredo López Jímenez, Pedro López Jiménez, Juan López González, Juan Collazo Jiménez, Benjamín López Aguilar, Alejandro Díaz Sántiz, Antonio Estrada Estrada, Miguel Vásquez Deara, Miguel Demeza Jiménez, Enrique Gómez Hernández. Nous somme attentifs à la résolution et la révision des cas d’Alberto Patishtan Gómez, Rosario Díaz Méndez et Álvaro Sebastián Ramírez, qui à cause de l’arbitraire et de l’impunité sont toujours prisonniers.

  • Nous saluons le compañero Kuy, espérant qu’il aille mieux et nous lui envoyons 3000 pesos pour ce dont il a besoin, argent collecté au cours de ces rencontres.
  • Nous saluons les prisonniers et les prisonnières de la guerre sociale où qu’ils et elles soient
  • Nous ne sommes pas tou-tes là, il manque les prisonnières et les prisonniers !
  • Abattons les murs des prisons !

En solidarité : CafeZ, Liège, Belgique Caracol Zaragoza – Réseau de personnes pour l’autonomie zapatiste, État espagnol CAREA e.V., Allemagne CGT, État espagnol Collectif de soutien aux luttes mexicaines, Nancy France Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte, Paris, France Comité Ojo Alerta, Allemagne Gruppe B.A.S.T.A., Münster, Allemagne LA PIRATA composée de : Nomads, Nodo Solidale, Colectivo Zapatista Marisol, Lugano, Italie et Suisse Les Trois Passants, France Mut Vitz 13, France Plataforma de solidaridad con México y Guatemala de Madrid, État espagnol Plataforma Vasca de Solidaridad con Chiapas, Pays basque Red Ya-Basta-Netz, Allemagne Secrétariat international de la CNT, France UK Zapatista Solidarity Network, Royaume-Uni Union syndicale Solidaires, France Ya Basta Milan, Italie

Reçu par mail, le 10 février 2013 (Sourceenlacezapatista, 08/02/2013)

[International] Campagne de solidarité avec les espaces libérés et les compagnon-ne-s anarchistes du 2 au 12 février 2013

Campagne de solidarité avec les espaces libérés et les compagnon-ne-s anarchistes dans le monde

Nous  appelons à une campagne internationale d’action directe en solidarité avec les espaces libérés, du 2 au 12 février 2013. Cet appel ne doit pas s’arrêter à quelques actions, cela doit être beaucoup plus qu’une simple réponse à la répression. C’est un appel pour tous les anarchistes/anti-autoritaires à se battre maintenant.

Cliquer sur l'image pour accéder au blog (source)

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Si c’est l’attaque frontale contre le milieu anti-autoritaire/anarchiste par l’État grec qui était à l’origine de cet appel, d’innombrables exemples dans le monde entier nous montrent que la police, les autorités municipales et les grandes entreprises coopèrent très bien ensemble, attaquant des structures de solidarité et pacifiant la société à un niveau transnational. Au cours des dernières semaines et mois, dans des parties du monde où les populations souffrent d’un appauvrissement systématique et de l’extension de projets de gentrifications, les attaques de l’État/Capital contre les mouvements radicaux ont augmenté, y compris la répression contre des formes concrètes de résistance telles que l’occupation de terres, projets autogérés, occupation de siège de compagnies, ou des actions de  grève. Ainsi nous considérons important de connecter nos luttes à travers le monde, et de lutter ici et maintenant. Des actions en réponse aux attaques contre des lieux squattés pourraient être l’étincelle pour vous. Agir dans la rue et laisser courir son imagination pour propager le message de la résistance active.

Nos compagnon-ne-s sont toujours emprisonné-e-s partout dans le  monde. Beaucoup de nos espaces autogérés sont attaqués ou expulsés, notre infrastructure est assiégée, et nos médias de contre-information sont censurés ou confisqués. Lorsque nous exprimons nos idées en public des robots armés en uniformes rodent partout. Des machines de surveillance suivent chacun de nos pas, et l’État compte sur le soutien d’une foule de  fascistes armés… Mais notre combat existentiel va au delà de la simple défense d’espaces concrets.

Alors il est temps de dire assez au défaitisme permanent. La guerre sociale est menée indépendamment des expulsions ou des arrestations. Il n’y a pas de frontières dans nos cœurs. Pour chaque projets détruits deux nouveaux doivent apparaître quelque part dans le monde. Pour chaque compagnon-ne en taule nos actions doivent parler d’elles-même.

Réveillez-vous, impliquez-vous, soyez sauvages.
Guerre à la guerre des puissants !

POUR UN FÉVRIER NOIR !

[Grève générale du 14N] Appel international à l’insurrection

Il y aura une grève générale dans les pays du sud de l’Europe. Les incontrôlables souhaitent la répandre et la rendre globale. Feu et barricades dans les rues, police et patrons en fuite. Voici ce qu’est l’appel.

Dans le contexte actuel, il est inutile d’arrêter de travailler pour une seule journée. L’Etat et les entreprises sont capables de résorber les effets et les rendre dangereux pour les travailleurs qui soutiennent la grève. La seule solution est une grève générale permanente et active. Mais dans ce monde globalisé, la réponse doit être mondiale. Les actes isolés dans un pays n’ont pas d’effets sur l’économie de marché. Des situations similaires dans des centaines de pays autorisent la coordination. Aussi simple que de fixer une date commune le 14-N.

A propos de la grève générale du 14-N

Nous n’avons pas de baguette magique (à moins que vous ayez une). Ce que nous savons, c’est que quelque chose a mal tourné ici.

Quand vous vous réveillez chaque matin avant le lever du soleil pour passer sa vie à trimer pour des boulots mal payés, tenus de se dépêcher pour le calendrier et l’ennui.

Quand vous entendez les professionnels à la télévision parler de la violence, mais en excluant leurs origines, parce qu’ils donnent plus d’importance à quelques fenêtres brisées d’établissements appartenant à des tueurs de multinationales, qu’à la vie de travailleurs acharnés qui tombe d’échafaudages parce que l’employeur a décidé de spéculer avec l’argent qui aurait pu servir à mettre en œuvre des mesures de sécurité dans le travail.

Quand vous allez au supermarché et que vous vous rappelez que les prix ont augmenté de la TVA à nouveau. Quand la publicité à la TV vous donne des désirs vides et des chuchotements à l’oreille que vous n’êtes rien de ne pas avoir le dernier modèle de téléphone mobile, ou la plus grande TV en 3D avec un système audio super sophistiqué.

Quand les politiciens n’accomplissent pas leurs promesses de campagne et vous, tranquillement, en disant aussi «salauds, vous devez exploser». Lorsque tu es aussi malade que nous le sommes. Malade à avaler, au silence, à continuer de faire comme si rien ne se passait.

Nous ne sommes pas les anti-système dont tout le monde parle mais très peu au courant. Nous sommes vos fils, vos frères, vos camarades de classe ou collègues de travail, vos voisin. Nous sommes autant baiséEs que vous, et vous vous sentez tout comprendre, parce que nous souffrons aussi, mais nous sommes déçus par les fausses promesses du capitalisme, car une chose est claire: avec ce système, il n’y a pas d’aube possible. La contre-attaque de classe nécessite la généralisation et de changer une fois pour toutes la crainte en colère, les désirs en actions et les mots en actes.

– Parce que d’une journée de grèves et de manifestations drapeaux aux vents ne changera rien (et il est temps de le comprendre).

– Parce que, quelles que soient nos conditions, le travail salarié nous dégoûte par sa nature et sa définition.

– Parce que les syndicats domestiqués ne sont pas la solution mais une partie du problème, et ne nous représentent pas.

– Parce que la banque nous étrangle avec la complicité des partis politiques qui prétendent parler en notre nom et sont là uniquement pour traiter de l’avenir appauvri de nos vies.

– Parce que nous ne nous soucions pas si la police ait également bouleversé. Elle n’est pas de notre côté et ne le sera jamais. Les policiers sont des ennemis de la classe ouvrière à abattre, et qui travaillent pour garder le panoptique comme des verrous et nous étouffent, et bien sûr, ne méritent pas qu’on leur donne des fleurs.

– Parce que ce n’est pas seulE qu’on va changer le monde. Les illusions social-démocrates ne nous convainquent pas.

– Parce que nous n’avons besoin de personne pour nous dire ce que nous devons faire. Nous allons construire par nous-mêmes les alternatives dont nous avons besoin et que nous voulons, et non nous les imposées. Assemblées, l’horizontalité et action directe contre éluEs, bureaucratie et hiérarchie.

Le 14 Novembre, tous les camarades se rencontreront dans la rue, pour rappeler à ceux qui sont réellement coupables de cette crise (banquiers, des politiciens et qui ne sont pas des immigrés ou des foules chômeurs) qui détient à qui. Laissez barricades et les feux de saboter les illusions du réformisme bourgeois et le syndicalisme collaborationniste et laisser les flammes illuminées le sentiment de révolte que nous portons touTEs dans nos cœurs pour que nos rêves se rendre dans les incendies existant en Grèce, au Chili, au Portugal ou en Italie, dont les signaux de fumée communiquent nos désirs et peut devenir le troisième (et dernière) voies de prolétaires à la société de classes.

Nous avons perdu patience, du temps et de l’avenir. Ne craignons rien.
Agissez par vous-même et organisez-vous comme bon vous semble.

Tant que la misère subsiste, il y aura rébellion.

Traduction du Chat noir émeutier à partir du texte ci-dessous.

Le texte d’appel en anglais (325nostate):

We have no magic bullet (or want one). What we know is that something has gone wrong here. When you wake up every morning before sunrise to let life go on a low-paying gigs, bound to rush, schedule and boredom. When you see on TV professionals of lying talk about violence but shut out its origin, because they give more importance to a few broken windows of establishments owned by multinational killers, that the life of hard workers who falls from scaffolds because the employer has decided to speculate with the money that could have been serve to implement safety measures in the work. When you go to the supermarket and remember that prices have gone up in VAT again. When TV advertising gives you empty desires and whispers in your ear that you are nothing by not having the latest model of mobile phone, or larger TV with 3-D ultra-realistic surround sound system. When politicians do not accomplish their campaign promises and you, quietly, saying also “bastards, you should explode”. When you are so sick as we are. Sick to swallow, to silence, to continue to forward as if nothing is happening.

We are not the anti-system that everyone speaks of but very few knows. We are your sons, your brothers, your classmate or work partner, your neighbor. We are as fucked as you are, and understand everything you feel, because we also suffer it, but we are disenchanted with the false promises of capitalism, because one thing is clear: With this system there is no possible dawn. The class counterattack requires generalization and to change once and for all the fear into anger, desires into actions and words into facts.

– Because one-day strikes and demonstrations of moving flags will not change anything (and it is time to understand).

– Because, whatever its conditions, wage labor disgusts us by its nature and definition.

– Because domesticated labor unions are not the solution but part of the problem, and do not represent us.

– Because banking strangles us with the complicity of political parties who claim to speak in our name and on are only dedicated to deal with our future impoverishing our lives.

– Because we do not care if police are also upset. They are not on our side and will never be. They are the enemy of working class to beat, and who work to keep the panopticon that locks and choking us, and of course, do not deserve to give them flowers.

– Because this is not only going to change by itself. Social-democratic illusions do not convince us.

– Because we do not need anyone to tell us what we must do. We will build by ourselves the alternatives that we need and want, not the imposed. Assemblies, horizontality and direct action against delegationism, bureaucracy and hierarchy.

On November 14, all the comrades meet in the street, to remind to those who are really guilty of this crisis (bankers-politicians, not immigrants or unemployed crowds) who holds to whom. Let barricades and fires sabotage bourgeois illusions of reformism and collaborationist syndicalism and let flames light up the feeling of revolt we all carry in our hearts for our dreams to travel to the existing fires in Greece, Chile, Portugal or Italy, whose smoke signals communicate our desires and can become the third (and final) assault of proletarians to class society.

We have lost patience, time, and future. Only fear last.
Do by yourself and organize as you see fit.

While misery remains there will be rebellion.

En espagnol (La Rebelion de las Palabres): 

Sobre la próxima huelga del 14-N

No tenemos receta mágica (ni la queremos). Lo que sabemos es que aquí falla algo. Cuando te levantas cada mañana antes de salir el sol para ir a dejarte la vida en un curro mal pagado, atadx a prisas, horarios,  aburrimiento. Cuando ves cómo en la tele, trajeadxs profesionales de la mentira hablan de una violencia pero se callan su origen, porque se da más importancia a unos cuantos escaparates rotos de establecimientos propiedad de multinacionales asesinas, que a la vida de un/a currante que se cae del andamio por culpa de que su patrón ha decidido especular con el dinero que podría haber destinado a la seguridad de la obra. Cuando entras al supermercado y los precios te recuerdan que han vuelto a subir el IVA. Cuando la publicidad de la televisión fabrica deseos vacíos y a ti te susurra al oído que no eres nadie por no tener el último modelo de teléfono móvil, o la televisión más grande con 3-D ultra-realista y sonido envolvente dolby-surround. Cuando lxs políticxs no cumplen sus promesas electorales y tú, en voz baja, también dices aquello de « cabronxs, así saltaseis todxs por los aires ». Cuando acabas hartx, porque sabemos que, como nosotrxs, tú también lo estás. Hartx de tragar, de callar, de continuar para delante como si no pasase nada.

No somos esxs anti-sistema de lxs que todo el mundo habla pero a lxs que muy pocxs conocen. Somos tus hijxs, tus hermanxs, tus compañerxs de clase o del trabajo, tus vecinxs. Estamos tan jodidxs como tú, y entendemos todo lo que sientes, porque también lo sentimos, pero nos hemos desencantado de las falsas promesas del capitalismo, ya que una cosa está clara: Con este sistema no hay amanecer posible. El contra-ataque de clase necesita generalizarse y transformar, de una vez, el miedo en ira, los deseos en acciones y las palabras en hechos.

– Porque las huelgas de un día y los paseos con banderitas no van a cambiar absolutamente nada (y va siendo hora de entenderlo).

– Porque independientemente de sus condiciones, el trabajo asalariado nos da asco por naturaleza y definición.

– Porque los sindicatos no son la solución, sino parte del problema, y no nos representan.

– Porque la banca nos ahoga con la complicidad de partidos políticos que dicen hablar en nuestro nombre y sólo trafican con nuestro futuro empobreciendo nuestras vidas.

– Porque NOS DA IGUAL que la policía esté también puteada. No son de lxs nuestrxs, y no lo serán jamás. Son enemigxs de la clase trabajadora y trabajan para mantener el panóptico que nos encierra y asfixia, y por supuesto, no se merecen que les demos flores.

– Porque esto no va a cambiar sólo. Las ilusiones socialdemócratas ya no nos convencen.

– Porque sabemos que no necesitamos a nadie que nos diga lo que tenemos que hacer. Por nosotrxs mismxs podemos construir las alternativas que necesitamos y deseamos. Horizontalidad asamblearia y acción directa frente a delegacionismo, burocracia y jerarquía.

El 14 de noviembre todxs a la calle, para recordar a lxs verdaderxs culpables de esta crisis (lxs políticxs y los bancos, no lxs inmigrantes ni lxs trabajadorxs precarixs ni lxs paradxs) quién mantiene a quien. Que las barricadas y los sabotajes prendan fuego a las ilusiones burguesas del reformismo y el sindicalismo vende-obrerxs y que las llamas iluminen el sentimiento de revuelta que llevamos en nuestros corazones para que nuestros sueños viajen hasta las hogueras ya existentes en Grecia, Chile, Portugal o Italia, cuyas señales de humo comunican nuestros deseos y vuelven posible el tercer (y definitivo) asalto de lxs proletarixs a la sociedad de clases.

Hemos perdido la paciencia, el tiempo, y el futuro. Sólo falta el miedo.

Hazlo tú mismx u organízate como te convenga.

Mientras exista miseria, habrá rebelión.

Dans le même temps, une semaine de mobilisation pour l’éducation au  niveau mondial commence également ce 14 novembre 2012, qui doit duré jusqu’au 22 novembre 2012: blocages et occupations d’établissements scolaires et de facultés, manifs et barricades …

[Suède] Retour critique sur le camp No Border de Stockholm

Un camp contre les frontières et les politiques de contrôle et de répression des migrations s’est tenu du 17 au 24 juin à Akalla, dans la banlieue nord de Stockholm. Les camps no borders sont l’occasion pour des activistes des quatre coins de l’Europe (et du monde) de se retrouver pour échanger des expériences, discuter, partager des pratiques et mener des actions contre les structures du pouvoir responsables de la répression à l’égard des migrant.e.s. Le camp de Stockholm, comme la plupart des camps no borders, a réuni entre 400 et 500 personnes.

Manifestation devant le centre de rétention de Marsta

Le camp de Stockholm, construit sur un champ en périphérie de la ville, était constitué d’un certain nombre d’espaces collectifs permettant d’organiser la vie du camp et de réaliser nos principes auto-gestionnaires : tentes collectives (assemblées et workshops), tente info (accueil et information), roulotte juridique (support juridique/solidarité), tente médicale (support médical), tente trauma (support psychologique), tente cuisine (vegan) et tables repas, établi vaisselle (avec compost et évacuation des eaux), toilettes sèches, toilettes « mouillées », lavabos et douches (avec évacuation des eaux), container à outils, espace pour le feu, « local poubelles ». L’autogestion fonctionne relativement bien, avec l’expérience acquise des nombreux camps précédents, chacun étant amené à prendre part aux tâches collectives (construction, évacuation des déchets, sécurité du camp, vaisselle, modération des discussions, partage des informations…).

Entrée du camp

L’une des tentes AG & workshops

Le programme des ateliers était particulièrement riche, même si nombre d’ateliers se chevauchaient et que les actions et leurs conséquences en terme de répression ont souvent nécessité le report ou l’annulation de certains ateliers. Le contenu des réflexions s’enrichit d’année en année en fonction de l’évolution de la situation politique en Europe, prenant en compte un grand nombre de questions relatives à notre condition d’européens, majoritairement blancs de peau et de classe moyenne : les rapports de domination et les structures de pouvoir, la « blanchitude » (whiteness) et le racisme inhérent à notre société, le sexisme et les questions de genres, nos privilèges et le paradoxe d’être anarchiste en société capitaliste, les normes et le folklore anarchistes…

Le camp no borders est surtout l’occasion d’effectuer un inventaire des évolutions politiques aux frontières extérieures et intérieures de l’Europe, en croisant les récits et témoignages de ceux et celles qui s’y sont rendus ou qui partagent le quotidien et les luttes de migrant.e.s. A Stockholm, on a donc eu la possibilité de parler de la situation des migrant.e.s et des frontières en Grèce, en France, en Allemagne, en Espagne, au Mexique, de la situation des rroms à Helsinki et ailleurs, des camps no borders passés et à venir (Lesvos, Calais, Bruxelles, Bulgarie, Cologne), des différentes luttes et résistances de sans papiers, de la façon dont nos ennemis se renforcent, de technologies de contrôle et de surveillance, des formes et progrès des moyens répressifs déployés par l’Europe… 

La tente info

La tente de la medical-team

CRITIQUES GENERALES

Malgré la qualité des ateliers et des discussions, qui ont été particulièrement riches, le camp de Stockholm a manqué cruellement de débriefings et de retours critiques sur les actions réalisées durant le camp et leurs conséquences. Le temps du camp ayant été ponctué d’actions et de manifestations dans différents lieux de la capitale suédoise, ses participants ont subi à plusieurs reprises la répression des pouvoirs locaux, un certain nombre ayant été contrôlés et interpellés. A plusieurs moment, notamment lors des actions des 16, 17, 19, 21 et 23, des personnes ont été arrêtées, le plus souvent sans motif valable et parfois dans des circonstances de tension avec la police. Trois personnes restent actuellement en détention pour « tentative de violence sur agent », « résistance violente », « émeute avec violence », « résistance à l’arrestation ». Au regard de cette répression, qui a vu le déploiement d’unités cynophiles, d’une unité antiterroriste cagoulée (dimanche 17 juin) et la menace de la part d’un flic en civil au moyen d’une arme à feu (mardi 19 juin), il aurait été indispensable que les participants au camp prennent le temps de débriefer et qu’une véritable stratégie collective soit adoptée pour répondre proportionnellement aux différentes attaques de la police.

La répression policière et judiciaire fait partie intégrante des thématiques de réflexions qui nous ont amenées à Stockholm. N’oublions pas que nous subissons actuellement les conséquences des orientations ultra-sécuritaires adoptées par le conseil européen dans le cadre du programme de Stockholm pour la période 2010-2014. C’est pourquoi, il serait indispensable d’obtenir un consensus au sein du réseau no border relatif à notre positionnement vis-à-vis des institutions qui nous oppressent et notamment de la police. Beaucoup trop de participants aux camps considèrent encore les policiers comme des « personnes à convaincre » et entretiennent avec eux des relations cordiales qui participent à nous affaiblir. Cette relation ambiguë de la part de certains avec l’ennemi doit être considérée comme une forme de collaboration vis-à-vis de laquelle nous devons nous positionner. Nous étions un certain nombre à ne pas supporter cette complicité ostentatoire avec ceux qui nous répriment et qui ont amenés certains de nos camarades en prison. Dans une lutte, il faut savoir choisir son camp, la barricade n’a que deux côtés !

La cuisine

CE QU’IMPLIQUE L’« AWARENESS »

Il a beaucoup été question lors du camp no border de Stockholm d’ « awareness ». L’awareness signifie qu’on est conscient de notre condition et qu’on agit en conscience par rapport à notre position de privilégié.e.s, qu’on garde à l’esprit en permanence le fait d’appartenir au groupe des « dominant.e.s » (en tant que blanc.he.s, en tant qu’européen.ne.s, en tant que personnes de classes moyennes, mais aussi souvent en tant que mâle). Cette prise de conscience implique un positionnement idéologique clair et respectueux à l’égard de ce.lleux avec qui on prétend lutter, pour que notre lutte ne prenne pas la forme paternaliste de la protection et de l’assistanat : on ne lutte pas « pour » mais « avec » les migrant.e.s.

Cette prise de conscience à beaucoup d’implications dans la manière dont nous devons lutter. A Stockholm, comme dans les autres camps no borders, cette prise de conscience n’était pas réellement accomplie, comme en témoignent les faits suivants :

  • La forme-camp est un microcosme, un entre-soi confortable : une même catégorie sociale (white middle class) y partage des valeurs communes, à l’écart des autres catégories sociales. Les décisions qui y sont prises n’impliquent que ceux qui en sont partie et la manière d’y vivre sont propres à la population qui y vit (exemple : les toilettes sèches sont partie intégrante de la manière de vivre occidentale. En orient on se nettoie le derrière avec de l’eau).
  • Le fait de posséder des papiers est vécu comme une sécurité et les personnes sans-papiers sont placées « sous la protection » des avec-papiers : l’action directe et la radicalité sont rejetées au motif qu’il ne faut pas « mettre en danger » les sans-papiers. Au lieu de considérer la distinction entre « action radicale » et « action modérée » au regard de la nécessaire diversité des tactiques, on donne du crédit à l’opposition « avec-papiers » et « sans-papiers », participant ainsi aux structures de domination (coloniales) que nous prétendons combattre, en niant le désir de radicalité des personnes avec (pour?) qui nous prétendons lutter.
  • Notre situation de privilégié.e.s (en tant que white middle class) nous permet de disputer certaines questions qui nous paraissent primordiales (comme la nudité, l’apparence physique et la liberté sexuelle), en dépit de leur caractère secondaire, voire futile dans le contexte actuel (s’attaquer à certaines oppressions particulières dans un contexte d’oppression généralisée est un privilège réservé à ce.lleux qui bénéficient d’un certain confort et ne subissent qu’une violence occasionnelle ou tout au moins relative).

Tente trauma et tentes AG / workshops

Aire de silence

Être conscients de notre condition en tant que white middle class ne signifie pas qu’il nous faut cesser de lutter, bien au contraire. Pour autant, il faut cesser absolument de se sentir coupable d’être ce que nous sommes et de jouer le jeu de la ségrégation au nom de la pureté idéologique. Ce n’est pas parce qu’on est blanc.he.s qu’on ne peut lutter au côté des noir.e.s, et ce n’est pas parce qu’on est né.e.s blanc.he.s qu’on doit s’en excuser et faire semblant d’être noir(e). Tout ce qui contribue à cela constitue une mystification idéologique. En tant que blanc.he.s conscientisé.e.s ou en voie de « conscientisation », nous avons d’autant plus de raisons de lutter contre les structures de domination et la société blanches (également capitalistes, bourgeoises et occidentales).

Notre awareness n’implique pas qu’on détruise ce qu’il y a de « dominant » en nous (et nos privilèges/libertés du même coup), ce qui est impossible, mais qu’on tire profit de cette prise de conscience pour déconstruire activement les structures qui sont à l’origine des rapports de domination dont nous faisons partie, afin que ces privilèges/libertés puissent bénéficier à tous et qu’il n’y ai plus de « dominé.e.s ».

Le coin toilette

Le coin vaisselle

Toilettes sèches

UN PRIVILEGE DE DOMINANTS : L’AUTO-VICTIMISATION

En cela, le camp no borders nous a apporté un magnifique exemple. Au troisième jour du camp, un groupe venu d’Allemagne, ou les débats autour de la résilience et de la responsabilité collective sont très vifs depuis la seconde guerre mondiale, a demandé à ce que les hommes du camps (ou tout au moins les corps masculinisés) n’enlèvent pas leurs tee-shirts. Cette demande faisait suite à l’offense vécue par certaines personnes à la vue de corps masculins dénudés, nudité qui constitue un privilège masculin et qui est vécue comme une agression par ce.lleux qui ne bénéficient pas de ce privilège. Durant deux jours, les débats du camp se sont focalisés autour de la demande de ce groupe, qui a adopté une posture radicale en demandant l’exclusion du camp des personnes à l’origine du conflit, à savoir les « hommes » qui avaient enlevé leur haut.

Pour faire valoir la légitimité de leur demande, ce groupe et ses soutiens ont brandi le concept du « power of definition » comme arme. Ce concept vise à assurer aux personnes qui se sentent victimes la solidarité et le soutien non négociable de la collectivité. Il consiste à donner à la victime le pouvoir qui lui est dénié du fait de sa position de dominé(e) et d’empêcher à l’agresseur.euse (dominant.e) d’exercer davantage sa domination : on donne droit et corps au ressenti de la victime par rapport aux arguments de son agresseur.euse.

Manifestation devant le centre de rétention de Marsta

Mais toute l’ambiguité de ce concept réside dans l’honnêteté supposée de la victime. Il ne peut y avoir de postulat selon lequel la victime a toujours raison. Et surtout, il ne peut pas être admis que la victime, quand bien même elle serait vraiment blessée dans son âme et dans sa chair, prenne un pouvoir sur quiconque. Le « power of definition » est utilisé dans ce contexte comme un outil pour inverser les rapports de domination, et non comme moyen d’abolir le statut de dominé(e). Se construire une identité de victime permet alors de prendre le pouvoir, recours bien souvent utilisé par les « dominant.e.s » pour légitimer leur besoin de reconnaissance et inscrire leur lutte pour le renversement du pouvoir dans la lutte, plus défendable, pour l’abolition des privilèges.

Dans le cadre du camp de Stockholm, ce paradoxe prend toute son importance : un groupe de personnes majoritairement dominant.e.s (white middle class, ou tout au moins occidental middle class) s’est construit une identité collective de victimes (en tant que femmes), pour demander l’instauration de règles castratrices, afin d’abolir ce qui est perçu comme un privilège, alors qu’il s’agit de libertés pour laquelle chacun(e) devrait se battre. Certaines personnes féminines du camps l’ont bien compris et ont enlevé leur tee-shirts en signe de protestation : quand on veut, on peut. Sans compter que tous les hommes ne sont pas forcément à l’aise pour ôter leur tee-shirt. C’est avant tout une gêne personnelle, quand bien même cette gêne est générée par toutes sortes de rapports dominant.e.s/dominé.e.s inhérents à la société.

Manifestation devant le centre de rétention de Marsta

Les messages des détenus du centre de rétention de Marsta : « HELP » / « FREEDOM » / « DETRUISEZ TOUTES LES PRISONS »

Se construire en tant que victime fait appel au ressenti, à l’intimité, et non plus au politique. La blessure vécue est présentée comme une violence irréparable, et son auteur comme un ennemi à bânnir. Faire appel à la collectivité pour régler un problème personnel est un procédé autoritaire et automutilatoire, visant à expurger publiquement des émotions qu’on ne parvient pas à négocier en privé. L’une des dérives possibles de ce type de recours est l’imposition d’un ordre moral : si chaque personne se sentant victime fait appel à la collectivité pour résoudre des problèmes d’ordre intime, notamment en établissant des règles à tour de bras pour satisfaire les appréhensions et les angoisses de chacun, libératrices pour certains, oppressives pour une majorité, on aboutit sur une société totalitaire.

Au final, cette discussion n’aura pas abouti sur un consensus : le camp se refusant à imposer l’interdiction du torse nu et à bannir qui que ce soit pour ce motif, le groupe qui a soulevé cette question a préféré quitter le camp en affirmant qu’il n’y « avait aucune compréhension pour l’anti sexisme » dans ce camp.

Quelques destructions suite à la manifestation de solidarité devant la prison de Solletuna où sont détenus trois camarades

LE PARADOXE D’ETRE ANARCHISTE DANS LA LUTTE EN FAVEUR DES MIGRANT.E.S

Au cours de ce camp, on a également soulevé la difficulté de jongler entre nos principes anarchistes et la nécessité d’accompagner les migrant.e.s et demandeur.euses d’asile dans leurs démarches pour intégrer le système. Lorsqu’on s’engage auprès des migrant.e.s, il arrive bien souvent qu’on soit contraint de transiger avec nombre de nos valeurs : sur la question du sexisme justement, ou encore de la xénophobie, du rapport à la société marchande, aux traditions, au travail, à l’État… Les personnes qu’on soutient sont rarement anarchistes et ne comprennent pas le plus souvent nos modes de vie. Comme la majorité de la population, ils et elles cherchent à « s’intégrer », fonder une famille, trouver du travail, bénéficier d’un bon salaire, acquérir des biens et une propriété, choisir leurs représentants et faire allégeance aux lois démocratiques. Par ailleurs, ils/elles restent généralement attaché.e.s à des valeurs traditionnelles, qui sont souvent machistes et patriarcales, et entretiennent des préjugés à l’égard des autres peuples, si ce n’est un racisme ostensible.

Lorsqu’on est confronté à cela, c’est parfois nécessaire d’adopter une stratégie. Changer les mentalités n’est pas chose facile, chacun le sait. Le premier défi auquel on est confronté, c’est souvent la honte que les migrant.e.s ressentent vis-à-vis de leur condition, du fait d’être montré.e.s du doigt comme « hors-la-loi » et d’être contraints de violer la loi pour survivre. En tant qu’anarchistes, nous assumons nos pratiques illégales et même nous les revendiquons, ce qui est loin d’être le cas pour tous. Récupérer dans les poubelles, squatter, voler, frauder, vendre à la sauvette, se cacher des flics, sont des pratiques de survie que les migrant.e.s ont adopté par défaut. Ce sont des pratiques que nous adoptons par conviction politique. En tant qu’anarchistes, notre première tâche doit donc être de déconstruire le légalisme, de faire prendre conscience aux migrant.e.s qu’on soutient que l’illégalité se défend, que l’illégalisme est une forme de résistance légitime face à un système qui produit des règles injustes et destructrices. Il faut aider les migrant.e.s à se décomplexer vis-à-vis de la loi, en partageant nos pratiques illégales et en mettant l’accent sur des principes et valeurs que nous partageons tous. Le plus important est de garder à l’esprit le principe de légitimité : on peut se permettre beaucoup de choses tant qu’on reste légitime à le faire.

Une fois que cette étape est franchie et que les migrant.e.s assument le fait d’être « hors-la-loi » et qu’ils deviennent nos complices et nous les leurs, c’est que le rapport de domination instauré entre nous par la loi a été en partie aboli ou que tout au moins il ne nous empêche plus de partager nos pratiques. Une fois cette complicité établie, la confiance mutuelle suit et il devient alors possible de discuter de nos divergences idéologiques sans que cela ne nuise à nos relations. En général, le rapport de confiance aide à agir sur l’opinion d’autrui : l’affectif qui s’instaure devient plus fort que les rapports de pouvoir qui nous opposent du fait de notre condition sociale. Vulgairement : les migrant.e.s considèrent désormais qu’on est dans leur camp et leur méfiance disparaît. C’est à ce moment seulement qu’on peut entreprendre des choses ensemble : c’est la condition essentielle pour que notre action soit véritablement collective et pour qu’elle se distingue de celle menée par les humanitaires et les associatifs. On lutte en leur faveur avant tout s’ils sont d’accord qu’on le fasse.

Portraits de flics devant le centre de rétention de Marsta

Et lorsque nous sommes amenés à accompagner les migrant.e.s dans leurs démarches administratives, il devient plus facile de pointer ensemble les incohérences du système et même, s’il y a vraiment une confiance mutuelle, de construire ensemble des stratégies de résistance. A cet instant, il n’est plus seulement question pour les migrant.e.s de se faire accepter, mais de faire valoir des droits en toute légitimité, de revendiquer leur droit à réaliser leurs projets de vie au même titre que nous. Et lorsqu’on lutte ensemble avec cette vision commune, la distinction entre « eux » et « nous » disparaît : ce n’est pas l’obtention des papiers qui les fait « accéder à notre monde » mais la lutte qui leur fait prendre conscience que nous « sommes déjà du même monde » et que les frontières entre nous sont fictives. C’est plus ou moins ce qu’on appelle « autodétermination », lorsqu’une personne ou un groupe de personnes se choisit sa destinée, sans se soucier des limites préétablies par les structures de pouvoir existantes.

Défendre et promouvoir l’illégalisme, se déculpabiliser, sont donc des moyens de lutter avec les personnes migrantes contre un système qui nous criminalise tous. Il n’est donc pas paradoxal d’intégrer le système lorsqu’on est conscient(e) que ce n’est pas une issue de secours et qu’on œuvre à ce que les personnes qu’on aide à l’intégrer en sont conscient.e.s aussi.

Une fois cette conscience partagée, il ne reste qu’à faire preuve d’intégrité et lutter radicalement contre les structures de dominations, sans transiger avec l’ennemi et sans se persuader qu’on peut échapper à sa condition. En cela, l’antiracisme blanc des Weather Underground 1 2 peut servir d’exemple ou tout au moins fournir quelques pistes…

BRING THE WAR HOME !

Source: L’interstice, 28 juin 2012

Tour d’horizon des actions de solidarité avec la révolte au Québec à travers le monde – 23 et 24 juin 2012

Premiers échos des actions de solidarité avec la lutte au Québec

Le 23 juin, un rassemblement a été organisé à Copenhague (Danemark) devant le consulat canadien en soutien à la lutte des étudiants québecois. Une lettre de soutien (voir la lettre en anglais) aux étudiants en lutte au Québec a été lue au nom des syndicats étudiants Danske Studerendes Fællesråd (Danemark), Norsk Studentorganisasjon (Norvège) et Sveriges Förenade Studentkårer (Suède).

Le 24 juin, une journée d’action internationale avait été appelée en soutien aux luttes des étudiants du Québec. Si la dépêche AFP parle de “150 à 200 manifestants”, France Infos donne le chiffre de 200 à 300 manifestants à Paris.

Dans d’autres villes de France aussi, il y a eu des actions et des mobilisations en ce 24 juin comme à Marseille avec 70 manifestant(e)s, à Besançon (voir ici), à Quimper (le 23 juin), Toulouse, etc.

En Suisse, une manifestation a eu lieu à Genève ce dimanche:

Une doctorante québécoise a rassemblé septante personnes sur le pont des Bergues.

Un carré rouge dessiné sur la joue, un autre épinglé sur le pull. Et quelques casseroles, pour faire du bruit. Ils étaient plus de septante dimanche après-midi au pont des Bergues à arborer des touches vermeilles, pour apporter leur soutien aux étudiants québécois. Depuis près de 100 jours, ces derniers manifestent contre la hausse des frais de scolarité. En réponse à ce mouvement, le gouvernement a décrété une nouvelle loi qui restreint le droit de manifester, ce qui a exacerbé la protestation et de nouveaux manifestants ont rejoint les étudiants.

A l’origine du rassemblement genevois, Anaïs, une Québécoise venue faire son doctorat à Genève. “On est scotché devant les news, cette crise sociale est très impressionnante. On a peur pour nos amis et notre famille quand ils vont manifester car la répression est généralement assez brutale. On a envie d’être là-bas pour pouvoir les épauler. Ce rassemblement est une façon de leur manifester notre soutien.”

Pourquoi des carrés rouges et des casseroles? “Les casseroles servent à faire du bruit, ça vient d’Amérique latine, résume Anaïs. Les gens tapaient sur des casseroles pour protester contre la promulgation de lois liberticides. Ce concept a été repris par les étudiants du Québec. Quant au carré rouge, c’est le symbole de la lutte étudiante. Le mien date de 2005! Mais ce carré a été victime d’une récupération politique et maintenant on peut être amendé si on le porte au Québec.”

Sur la septantaine de personnes présentes, on croise des Genevois comme des Québécois. Martin, 30 ans, est originaire de Québec mais effectue un stage à Grenoble. “J’ai entendu parler de ce rassemblement et je me suis dit que ce serait l’occasion de manifester mon soutien et de faire un petit voyage ce weekend!” Daniel, trentenaire également, est Genevois. Il est venu pour en savoir davantage sur les revendications des étudiants et pouvoir se forger une opinion sur le sujet.

La date n’a pas été choisie au hasard: le 24 juin est la fête nationale des Québécois et cette année, c’est également la Journée mondiale de résistance en solidarité avec les étudiants du Québec. Des événements de soutien ont ainsi eu lieu dans plusieurs grandes villes, de Melbourne à Paris et Buenos Aires.

Leur presse – Tribunal de Genève, 24/06/2012

De même qu’à Bruxelles ce dimanche 24 juin 2012:

Une marche en solidarité avec les étudiants québécois a rassemblé, dimanche, à Bruxelles, environ 55 manifestants, selon le décompte effectué par la police de Bruxelles-Ixelles. Aucun incident n’a eu lieu.

Pour le jour de la fête nationale du Québec, plus d’une cinquantaine de jeunes ont répondu, à Bruxelles, à l’appel international de la Coordination de solidarité avec la lutte des étudiants québécois. Des manifestants de la Fédération des Etudiants Francophones (FEF), du Parti socialiste de lutte, d’Anonymous et de la Jeunesse ouvrière chrétienne se sont joints au mouvement. Partis à 15h de la place de l’Albertine, ils ont rallié la Bourse, où ils ont entonné des chants québécois. Arborant des pancartes “L’éducation est un droit, pas une marchandise”, ils ont marqué leur opposition à l’augmentation de 75% des frais universitaires annoncée au Québec. “Nous reprochons au gouvernement libéral d’avoir refusé le débat avec les étudiants et d’avoir eu comme seule réponse la loi 78, dite ‘loi matraque’, qui empêche nos manifestations”, revendique la porte-parole du mouvement. Le carré rouge de la lutte estudiantine épinglé sur leurs vêtements, les jeunes québécois frappaient sur des casseroles, devenues le symbole de la contestation populaire élargie. “La contestation étudiante au Québec a eu un écho important”, poursuit la porte-parole. “Les décisions du gouvernement libéral ont été plus globalement décriées. C’est pourquoi nous marchons également contre le Plan Nord, le retrait du Canada du protocole de Kyoto et la loi sur l’impôt C-38.”

Leur presse – Belga, 24/06/2012

Par Solidarité Ouvrière

[INTERNATIONAL]  » Ne dites pas que nous sommes peu  »

‘Ne dites pas que nous sommes peu’

[Verset de Lee Kwang Su, de la déclaration de la] Fédération Anarchiste Informelle Italienne.

Si les actes sont les balles qui arrachent la chair hors du monde capitaliste, alors les fondations théoriques, les pensées et les émotions sont les armes qui tirent en rafales. Les actes qui ne sont pas accompagnés par les moyens qui les inspirent sont des moments inconsistants dépourvus de la possibilité de la diffusion et de l’appropriation, alors que les pensées et les actes non appliquées pratiquement résultent en des discussions assommantes dans des cafés et dégénèrent dans une autre comédie idéologique.

Sur ces bases, les groupes et individus rebelles communiquent leurs attaques formant la Fédération Anarchiste Informelle/Front Révolutionnaire International (FAI/FRI). Le réseau anti-autoritaire informel des groupes insurgés et des individus autonomes qui appliquent l’action directe et le sabotage contre l’État et le Capital mais aussi l’opposition de conscience à chaque relation de Pouvoir, qui est inculqué dans tous les chemins au sommet de la pyramide sociale et transmis dans la compétition petite-bourgeoise et l’envie de possession. La FAI connecte les attaques et les destructions en Italie, Royaume-Uni, Russie, Belgique, Finlande, Hollande, Chili, Mexique, Argentine, Pérou, Bolivie, Indonésie et Grèce, orchestrant la polyphonie des explosions nocturnes en vue des aspirations révolutionnaires COMMUNES et la lutte COMMMUNE pour la liberté, créant ainsi un océan de dialectiques et de communication dans les rangs des anarchistes de l’action.

LONGUE VIE À LA FAI/FRI, LONGUE VIE À L’ANARCHIE !

Source: Contra-info, 22/12/2011