[Afrique du Sud] Grèves et manifs sauvages dans les mines de charbon

Sept mineurs à l’hôpital et 9 arrestations suite à des affrontement avec la police

  • 7 mineurs hospitalisés et 9 arrestations lors d’affrontement avec la police
  • Les perturbations sauvages se propagent dans l’industrie du charbon
  • Exxaro menace de tirer sur les mineurs en grève

JOHANNESBURG, 20 Mars (Reuters) – La police a tiré des balles en caoutchouc sur les travailleurs en grève de la mine Shanduka Coal à Graspan en Afrique du Sud après que les manifestants aient tenté de charger les cordons policiers avec des engins de terrassement, ont déclaré la police et la compagnie minière mercredi.

Sept travailleurs ont été admis à l’hôpital et neuf ont été arrêtés après l’incident de mardi. Les machines restaient suspendues mercredi à Graspan à la suite de la manifestation sauvage d’environ 250 employés.

Le débrayage de Shanduka ajoute à l’agitation ouvrière de plus en plus forte dans l’industrie du charbon en Afrique du Sud, qui a éclaté à nouveau il y a deux semaines après les grèves minières violentes de l’année dernière qui comprenait le meurtre par la police de 34 mineurs en grève.

Les problèmes pourraient sérieusement toucher le secteur et affecter l’approvisionnement en électricité.

La mine de charbon de Shanduka, en partie détenue par le géant mondial Glencore, a déclaré que la grève était illégale et en violation des contrats de travail des employés.

« La police a dispersé les grévistes, qui occupaient le site illégalement, se sont emparés de l’équipement minier et ont refusé de le quitter pacifiquement », a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Selon la police, les travailleurs ont refusé de se disperser après la remise d’un avis à la gestion de leurs demandes détaillant. Certains d’entre eux ont chargé les rangs de la police avec de lourdes engins de terrassement, a déclaré le brigadier Selvy Mohlala, porte-parole de la police de la province de Mpumalanga.

« C’est à ce moment que la police a utilisé des balles en caoutchouc pour disperser la foule», a-t-il dit.

Le porte-parole du Syndicat national des mineurs, Lesiba Seshoka, a dit qu’il n’était pas sûr si les travailleurs blessés étaient des membres du NUM ou non.

« Mais nous sommes très préoccupés par les agissements de la police. Nous avons envoyé une équipe d’investigation pour enquêter sur les allégations selon lesquelles des balles auraient été utilisées, » a-t-il dit à Reuters.

Le conflit de travail dans l’industrie du charbon a commencé à la mine appartenant à des sociétés minières diversifiées Exxaro il y a deux semaines, avec des opérations dans cinq de ses mines de charbon et une dans l’usine de char, qui a suspendu ses livraisons à l’industrie des ferro-alliages.

Exxaro a déclaré mercredi qu’il pourrait licencier les 3.200 mineurs qui participent à la grève illégale si elles refusaient de retourner au travail la semaine prochaine.

« A ce stade, l’entreprise pèse ses options à l’avenir, mais l’engagement se poursuit avec le Syndicat national des mineurs pour essayer de remettre les gens au travail et à trouver une solution », a-t-il indiqué dans une réponse écrite à nos questions.

La grève sauvage chez Exxaro a également tourné à la violence cette semaine, la police a tiré des balles en caoutchouc grévistes dans une mine.

Un arrêt prolongé dans les mines de charbon pourrait mettre la pression sur la société d’électricité d’Etat Eskom, qui utilise le charbon pour produire 85% de l’électricité alimentant la plus grande part de l’économie africaine.

Eskom a déjà du mal à se maintenir au pouvoir s’écouler vers les usines, les mines et les fonderies qui ont dû fermer pendant plusieurs jours il y a cinq ans lorsque le réseau national s’est quasiment effondré, coûtant des milliards de dollars en pertes de production.

Traduit de l’anglais de leur presse – Reuters, 20/03/2013 à 12h17 (Original ci-dessous)

UPDATE 1-Striking S.Africa coal miners injured in clash with police

* Seven in hospital, nine arrested after clash with police

* Illegal labour unrest spreads across coal industry

* Exxaro threatens to fire striking miners

JOHANNESBURG, March 20 (Reuters) – Police fired rubber bullets at striking workers at Shanduka Coal’s Graspan colliery in South Africa after the demonstrators tried to charge their lines with earth-moving equipment, police and the company said on Wednesday.

Seven workers were admitted to hospital and nine were arrested after the incident on Tuesday. Operations at Graspan remained suspended on Wednesday following the wildcat protest by about 250 employees.

The Shanduka walkout adds to growing labour unrest in South Africa’s coal industry, which flared again two weeks ago after violent mining strikes last year which included the killing by police of 34 striking platinum miners.

The problems could seriously hit the sector and affect electricity supplies.

Shanduka Coal, partly owned by global commodity trader Glencore, said the walkout was unlawful and a breach of employees’ contracts.

« The police dispersed the striking employees, who were on mine premises illegally, had seized mine equipment, and were refusing to leave peacefully, » it said in a statement.

Police said workers refused to disperse after handing over a notice to management detailing their demands. Some of them charged the police lines with heavy earth-moving equipment, said

Mpumalanga province police spokesman Brigadier Selvy Mohlala.

« That is when the police used rubber bullets to disperse the crowd, » he said.

National Union of Mineworkers spokesman Lesiba Seshoka said he was not sure if the injured workers were NUM members or not.

« But we are very concerned about the actions of the police. We have sent an investigating team to investigate allegations that live ammunition was used, » he told Reuters.

The labour strife in the coal industry started at collieries owned by diversified mining company Exxaro two weeks ago, with operations at five of its collieries and a char plant, which supplies the ferroalloys industry, suspended.

Exxaro said on Wednesday it could dismiss the 3,200 coal miners who are participating in the illegal strike if they refused to return to work by next week.

« At this stage the company is weighing its options going forward, but engagement continues with the National Union of Mineworkers to try get people back to work and to find a solution, » it said in a written response to questions.

Exxaro’s strike also turned violent this week, with police firing rubber bullets at strikers at one mine.

A prolonged shutdown at coal mines could put pressure on state electricity utility Eskom, which uses coal to generate 85 percent of the electricity powering Africa’s biggest economy.

Eskom is already struggling to keep power flowing to factories, mines and smelters that had to shut for days five years ago when the national grid nearly collapsed, costing billions of dollars in lost output.

Afrique du sud : Exxaro veut sévir contre les grévistes pour sécuriser ses mines

La société Exxaro, qui se dit « excédée » par une  « grève illégale » à laquelle près de 3200 employés se sont ralliés, a lancé mercredi une menace de licenciement pour tout gréviste qui ne reprendrait pas les activités dans la semaine du 25 mars, a rapporté jeudi Miningweekly.

Six sites de la société sont actuellement touchés par cette grève [voir ci-dessus] qui a commencé deux semaines auparavant pour progressivement s’étendre.

Pour l’heure, Exxaro soupèse les mesures à prendre mais reste certaine sur « l’option de licencier les travailleurs grévistes qui ne retourneront pas au travail dans la semaine du 25 mars », a déclaré Sipho Nkosi, CEO d’Exxaro.

Les discussions engagées pour ramener le calme et maintenir la continuité de la production se poursuivent avec l’Union nationale des travailleurs des mines (NUM) aux fins de trouver, à temps, une solution acceptable par les deux parties.

Leur presse patronale – AgenceEcofin.com, 22/03/2013

[Grèves sauvages des mineurs en Afrique du Sud] «S’ils disent qu’ils nous licencient, nous allons nous battre contre eux. Il y a déjà des gars qui projettent de brûler la fonderie» , Rustenburg, 6 août 2012

Afrique du Sud  : 12.000 salariés grévistes licenciés dans une mine d’Anglo American

Des centaines de mineurs sud-africains du site de Rustenburg (nord) d’Amplats, numéro un mondial du platine, ont tenu samedi un rassemblement pacifique pour protester contre le licenciement massif de 12.000 personnes, mais brandi la menace d’un recours à la violence.

Des centaines de mineurs sud-africains du site de Rustenburg (nord) d’Amplats, numéro un mondial du platine, ont tenu samedi un rassemblement pacifique pour protester contre le licenciement massif de 12.000 personnes, mais brandi la menace d’un recours à la violence. « C’est le début de la guerre », a ainsi lancé l’un des responsables syndicaux des mineurs, Gaddhafi Mdoda.

Regroupés dans un stade de Rustenburg, les mineurs ont été encouragés par leurs leaders à rejeter le licenciement prononcé par Anglo American Platinum (Amplats) et continuer les protestations jusqu’à l’obtention d’une augmentation salariale. « Si Anglo American n’est pas prêt à négocier, ils doivent faire leurs bagages et partir », a déclaré M. Mdoda à l’AFP. Les mineurs s’étaient rendus au stade sous escorte policière, scandant des slogans, tandis qu’un hélicoptère survolait la zone. Les mineurs ont également observé une minute de silence à la mémoire d’un de leurs collègues, tué jeudi dans des affrontements avec la police.

Menace de violences

Amplats, filiale d’Anglo American qui emploie 28.000 personnes à Rustenburg et y produit près d’un quart du platine mondial, a mis vendredi à exécution sa menace de licencier tous les mineurs en grève sauvage, depuis le 12 septembre, qui refuseraient de comparaître devant un conseil de discipline. Plusieurs d’entre eux, déterminés à obtenir les substantielles augmentations de salaire qu’ils réclament depuis le début de leur mouvement, ont menacé de recourir à la violence pour forcer l’exploitant de la mine à les réembaucher. « S’ils ne veulent pas nous parler, beaucoup de choses vont brûler à partir d’aujourd’hui », a lancé à l’AFP Hendrick Mpondo, 27 ans. « S’ils disent qu’ils nous licencient, nous allons nous battre contre eux. Il y a déjà des gars qui projettent de brûler la fonderie ».

Les mineurs se sont cependant dispersés dans le calme, à l’issue de ce rassemblement. Ils ont néanmoins promis de poursuivre leurs protestations. Pour la majorité d’entre eux, ils n’étaient pas armés, à l’inverse d’autres manifestations où des bâtons et d’autres formes d’armes avaient été brandies.

En février, le principal concurrent d’Amplats, Impala Platinum avait licencié 17.000 travailleurs, pour les réembaucher quelques semaines plus tard, après un accord sur les salaires. Amplats s’était dit prêt vendredi à « explorer les possibilité de faire avancer les négociations salariales dans le cadre des conventions existantes ».

Près de 100.000 personnes en grève

Dans la journée, l’agence de presse sud-africaine SAPA a également annoncé le renvoi de la majorité des 3.500 mineurs grévistes de la compagnie Atlatsa Resources Corporation, en partie détenue par Amplats. A l’instar des travailleurs de Rustenburg, les mineurs du site d’extraction de platine de Bokoni, dans la province voisine du Limpopo (nord-est), ont été licenciés pour leur absence à une audience disciplinaire, après deux semaines de grève sur les salaires. Ils ont trois jours pour faire appel.

Signe des tensions qui persistent, trois véhicules ont été incendiés vendredi soir juste à côté du puits de Thembelani, l’un des site d’Amplats. Par ailleurs, un dirigeant local du syndicat national des mines (NUM) a été abattu chez lui vendredi soir dans la ville de Marikana, à quelques kilomètres de là. Marikana, un site exploité par Lonmin, a été le théâtre en août et septembre du plus violent conflit social en Afrique du Sud depuis la chute de l’apartheid en 1994 : 46 personnes au total y ont trouvé la mort, dont 34 mineurs en grève sauvage abattus par la police le 16 août.

Depuis le début des conflits sociaux dans les mines, les grévistes expriment une vive défiance envers le NUM, accusé d’être trop proche du pouvoir et du patronat. Selon les informations des syndicats, au moins sept personnes ont trouvé la mort en marge du conflit social d’Amplats, depuis une semaine. Près de 100.000 personnes, mineurs mais également transporteurs routiers, sont en grève actuellement en Afrique du Sud pour réclamer des hausses de salaires.

« Le gouvernement ne fait rien »

Le président Jacob Zuma a répété cette semaine que ces conflits sociaux étaient dangereux pour l’économie, et risquaient de faire fuir les investisseurs. « Nous ne devrions pas chercher à nous montrer nous-mêmes comme une nation perpétuellement en train de se battre », a-t-il lancé jeudi. Les investisseurs redoutent une paralysie totale du secteur minier, poumon économique du pays, qui contribue à presque 20% du PIB sud-africain. « Le gouvernement ne fait rien », constatait vendredi Peter Attard Montalto, analyste stratégique à la banque japonaise Nomura, affirmant que les grèves avaient déjà coûté entre 0,2 et 0,3% de croissance au troisième trimestre.

Leur presse – Les Echos.fr (AFP), 07/10/2012 à 10h06

Crise minière sud-africaine: un nouveau mort, 12 000 grévistes licenciés

Le numéro un mondial du platine Amplats a annoncé vendredi le licenciement de 12 000 de ses 28 000 mineurs en grève sauvage du site de Rustenburg dans le nord de l’Afrique du Sud, au lendemain de la mort d’un gréviste tué par la police.

« Environ 12 000 employés ont décidé de ne pas se présenter (devant les conseils de discipline), de ne pas assister aux audiences, et ont donc été licenciés en leur absence », annonce un communiqué d’Amplats, filiale d’Anglo American, qui avait clairement menacé de licencier les grévistes refusant de comparaître devant les conseils de discipline.

Ces conseils, convoqués depuis mardi, se sont tenus comme prévu, explique Amplats. « Les employés concernés connaîtront aujourd’hui (vendredi) le verdict de leur audience. Ils auront trois jours ouvrables pour faire appel ».

L’entreprise, dont tous les puits du bassin de Rustenburg sont bloqués depuis le 12 septembre, avait déjà lancé plusieurs ultimatums à ses employés, les sommant de reprendre le travail sous peine de licenciement. Les ultimatums avaient jusqu’à présent été repoussés à chaque fois.

Les grévistes, dont le mouvement ne respecte pas les procédures du droit du travail sud-africain, réclament 16 000 rands (1843 $) mensuels, une substantielle augmentation.

Les violences à Amplats témoignent de la tension qui règne toujours dans nombre de mines sud-africaines, paralysées depuis presque deux mois par des grèves sauvages.

Jeudi soir, un mineur a de nouveau été tué dans des affrontements entre employés d’Amplats et policiers à Rustenburg.

Les policiers affirment avoir utilisé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser un rassemblement illégal, assurant que les mineurs avaient commencé à jeter des pierres sur les forces de l’ordre.

« On ne reculera pas »

Tous les témoignages recueillis auprès des mineurs indiquent au contraire que la police a ouvert le feu avant qu’il y ait eu la moindre marque d’hostilité de la part des mineurs.

« Ils n’ont rien jeté sur les policiers », a souligné Mikael Rafuza, un mineur proche du comité de grève soutenu par une poignée de militants trotskystes.

Un autre mineur, qui a demandé à garder l’anonymat, a conduit l’AFP sur les lieux, un hameau de logements en tôle ondulée, où selon lui, un groupe de mineurs a refusé d’obtempérer lorsque les policiers les ont sommés de se disperser, comptant jusqu’à dix pour les faire partir.

« 1, 2, 3, 4… et ils ont tiré. La balle l’a touché lui et les autres (mineurs) quand ils ont vu ça se sont enfuis », a-t-il dit.

Les grévistes, très déterminés, répètent sur tous les tons qu’ils veulent 16 000 rands mensuels et qu’ils ne savent pas quand la grève prendra fin.

« On ne reculera pas, peu importe ce qu’ils disent ou ce qu’ils font, on se battra jusqu’à la dernière goutte de sang », a déclaré l’un des animateurs du mouvement, Mametlwe Sebei.

Depuis une semaine, les mineurs d’Amplats, relativement pacifiques jusque-là, semblent s’engager dans un bras de fer sans merci.

Des violences avaient déjà fait cinq morts en début de semaine.

Les menaces à peine voilées proférées vendredi aux non-grévistes n’augurent rien de bon. « Ceux qui vont au travail sont responsables de la mort des autres », a lancé l’un des leaders du mouvement, promettant que « personne ne dormirait la nuit prochaine, car nous devons contrôler les gens qui vont au travail ».

Il a ensuite donné rendez-vous à tous samedi à 7 h (1 h, heure de Montréal) pour un nouveau rassemblement suivi d’une marche jusqu’au lieu du décès de la victime de jeudi pour y prier.

Tandis que l’impasse semble totale chez Amplats, une lueur d’espoir est apparue cette semaine pour les mines d’or où le mouvement a fait tache d’huile.

La Chambre des mines a accepté, sous la pression, de tenter de débloquer la situation et de proposer sans tarder des hausses de salaire.

La crise sociale a été exacerbée par la fusillade de Marikana, où la police a abattu 34 mineurs en grève le 16 août sur un site de platine exploité par Lonmin.

Depuis deux semaines, les transporteurs routiers ont également cessé le travail pour réclamer de meilleurs salaires, ce qui porte à environ 100 000 le nombre de salariés en grève dans le pays, selon un décompte de l’AFP.

Leur presse – La presse canadienne (Claudine Renaud de l’AFP), 05/10/2012 à 12h53

[Afrique du Sud] Multiplication des grèves sauvages dans les mines, après le combat victorieux des mineurs de Marikana

Nouvelles grèves sauvages dans les mines sud-africaines

Plusieurs centaines de mineurs ont entamé de nouvelles grèves sauvages vendredi dans trois mines sud-africaines d’or, de chrome et de charbon, dans la foulée des mouvements sociaux qui ébranlent depuis des semaines les secteurs de l’or et surtout du platine.

Des dizaines de milliers de mineurs au total sont en grève dans plusieurs sites majeurs du pays, depuis les événements violents de la mine de platine de Marikana (nord), où 46 personnes ont trouvé la mort en août et septembre.

Après des semaines de négociations, les grévistes de Marikana, dont le mouvement était illégal, ont obtenu de substantielles augmentations, de 11 à 22 %.

Village Main Reef, producteur d’or, a annoncé dans un communiqué que 1 700 de ses employés n’avaient pas rejoint leur poste de travail depuis jeudi soir, à la mine de Blyvooruitzicht près de Johannesburg.

Samancor Chrome a indiqué pour sa part que 400 de ses mineurs avaient lancé un «sit-in souterrain illégal» jeudi, pour réclamer des augmentations de salaire supérieures à celles négociées par les syndicats.

Les mineurs sont ressortis vendredi de la mine. L’un de leurs porte-parole a fait savoir qu’ils réclamaient un salaire de base de 12 500 rands mensuels (1 170 euros).

La direction a pour sa part indiqué vendredi soir que la grève était terminée et qu’un accord salarial, dont elle n’a pas révélé la teneur, avait été finalisé avec la puissante fédération syndicale des mineurs, le NUM.

La somme de 12 500 rands mensuels, réclamée au départ par les grévistes de Marikana, est devenue une sorte de revendication minimum commune à tous les mineurs d’Afrique du Sud.

Par ailleurs, la société Petmin a fait savoir que 345 employés sous contrats temporaires avaient débrayé vendredi dans sa filiale de la Tendele Coal Mining Company. Les revendications des grévistes n’ont pas été explicitées.

Leur presse – La Presse Canadienne, 28/09/2012 à 12h29

Les routiers entrent dans la danse contestataire.

Ca pourrait peut-être donner des idées aux ouvriers de PSA, qui se font saigner sans qu’ils bronchent. La combativité ouvrière en France est plus que minable actuellement. Et heureusement que dans d’autres pays l’espoir est plus fort que la répression et autres pressions patronales.

Vive les grèves sauvages !

Seule la lutte paye !

[Afrique du Sud] Vive la contagion des mines en grève !

Grève dans les mines sud-africaines: Zuma se défend de copier l’apartheid

Le président sud-africain Jacob Zuma s’est défendu dimanche de copier les méthodes de l’apartheid après l’envoi en force de la police pour empêcher des manifestations de mineurs en grève, un mois après la fusillade qui avait fait 34 morts à Marikana (nord).

« L’Etat intervient à Marikana uniquement pour mettre un terme à la violence et à l’intimidation », a souligné le président Zuma, affirmant agir « comme dans n’importe quel pays démocratique du monde ».

« Les travailleurs ont le droit de négocier avec leurs employeurs sur les salaires et les conditions de travail et l’Etat ne prend pas parti dans le conflit », a ajouté M. Zuma, accusé de tourner le dos aux intérêts des mineurs.

C’est dans ce contexte social tendu que le président sud-africain ouvrira lundi matin le congrès du Cosatu, la grande confédération syndicale du pays, dont la fédération minière, le NUM, n’est jamais apparue aussi contestée par sa base.

Dimanche matin, les forces de l’ordre, qui ont reçu du gouvernement la consigne de mettre un terme aux troubles dans le bassin minier de Rustenburg, avaient bloqué une nouvelle manifestation de mineurs du secteur du platine dans cette zone vitale pour l’économie nationale.

Barrant la route avec des véhicules blindés, la police a sommé les manifestants de quitter les lieux. Ces derniers ont obtempéré par peur de nouveaux affrontements.

Les mineurs, venus sans armes ni bâtons, voulaient marcher « pacifiquement » vers le poste de police pour protester contre les violences de la veille.

Samedi, la police avait opéré une spectaculaire descente nocturne dans les logements de Marikana, y confisquant armes blanches et bâtons. Les forces de l’ordre avaient ensuite dispersé un rassemblement de mineurs, usant de gaz lacrymogènes et tirant des balles en caoutchouc qui ont fait plusieurs blessés.

Dimanche, tandis que la manifestation se dispersait, un mineur, Lunsstone Bonase, 32 ans, affirmait aux journalistes: « Le gouvernement est contre le peuple et permet qu’on tue des gens (…) Est-ce qu’on va travailler comme sous l’apartheid? Ils nous forcent à retourner au travail, comme ils le faisaient sous l’apartheid ».

« répression digne de l’apartheid »

Les références au régime raciste et répressif de l’apartheid, disparu en 1994, se sont multipliées depuis que la police a tué 34 mineurs en grève le 16 août à Marikana, sur le site exploité par le britannique Lonmin. Les grévistes réclamaient un triplement de leurs salaires, à 12.500 rands mensuels (1.160 euros).

Samedi, l’évêque anglican Jo Seoka, médiateur dans les pourparlers entre les mineurs et leur direction, a mis en garde le pouvoir: « Le gouvernement doit être fou pour croire que ce qui ressemble pour moi à la répression du temps de l’apartheid, puisse réussir ».

« Le gouvernement ne peut pas tolérer une situation dans laquelle les gens manifestent dans les rues avec des armes dangereuses », a rétorqué M. Zuma.

Il a assuré que « le gouvernement comprenait pleinement la détresse des pauvres et de la classe ouvrière du pays ». Il a sommé les compagnies minières d’agir « immédiatement » pour se mettre en règle et notamment améliorer les logements. Une demande assortie toutefois d’aucune menace de retirer leurs licences aux compagnies.

L’agitation sociale dans les mines, qui touche essentiellement la ceinture de platine autour de Rustenburg — d’où les multinationales du secteur extraient plus d’un cinquième de la production mondiale — a débuté après le massacre du 16 août à Marikana.

Depuis, les mineurs d’autres sites ont réclamé les mêmes augmentations de salaire et, face aux risques de violence, les majors du platine ont fermé un à un leurs puits dans la région. L’activité devait reprendre lundi chez le géant australien Aquarius, et mardi chez Amplats, filiale du groupe Anglo American selon un communiqué.

Chez Lonmin, les négociations doivent reprendre lundi dans un lieu éloigné du site où depuis le 10 août, 3.000 foreurs refusent de redescendre sous terre.

Leur presse – Libération.fr (AFP), 16/09/2012 à 21h29

AFRIQUE DU SUD Perquisitions massives à Marikana

La police sud-africaine a effectué samedi une intervention massive autour de la mine en grève de Marikana (nord), provoquant des heurts qui ont fait plusieurs blessés, un mois après les 34 morts de la fusillade policière du 16 août. Les foyers d’hébergement et baraquements de mineurs du groupe britannique Lonmin ont été perquisitionnés dans la nuit. Les employés de Lonmin sont en grève depuis le 10 août pour leurs salaires, et le mouvement a été suivi par des mineurs d’autres sociétés du secteur.

Leur presse – La Nouvelle République.fr, 17/09/2012 à 05h20

Quelques photos et une vidéo des affrontements avec la police de ce samedi 15 septembre 2012:

Une vidéo de l’AFP postée le 13 septembre 2012 sur Youtube:

Afrique du Sud: Nouvelle grève dans une mine, bras de fer à Marikana

OR – Quelque 15.000 mineurs sud-africains ont à nouveau débrayé lundi dans une mine proche de Johannesburg…

Quelque 15.000 mineurs sud-africains ont à nouveau débrayé lundi dans une mine d’or proche de Johannesburg dans un climat social toujours tendu par le bras de fer qui se poursuit à la mine de Marikana, théâtre d’une sanglante fusillade policière le 16 août.

Pour une raison encore non élucidée selon l’employeur, l’équipe de nuit a cessé le travail à la mine d’or KDC exploitée à plus de 3.000 mètres de profondeur par le groupe Gold Fields dans la banlieue de Johannesburg.

C’est le secteur Ouest qui est touché, quatre jours après une première grève sauvage affectant les puits Est de cette mine de 27.000 salariés, où la direction du principal syndicat, le NUM (National Union of Mineworkers), est contestée, pour une sombre affaire de cotisation « obsèques ».

Gold Fields, groupe coté à Johannesburg et New York, est le deuxième producteur local d’or, et quatrième mondial.

Cette agitation sociale, relativement banale en temps ordinaires, a pris une teinte inquiétante alors que les efforts pour obtenir la reprise du travail à Marikana restent vains, un mois jour pour jour après le début de la grève.

Les craintes suscitées par l’incapacité du NUM à canaliser le mécontentement sont redoublées par l’activité de Julius Malema, l’ex-leader de la Ligue de jeunesse de l’ANC exclu du parti, décidé à rendre « ingérable » un secteur symbole des inégalités et des conditions de travail innommables d’une majorité de salariés noirs.

Lundi dernier, il était venu s’adresser aux mineurs de Gold Fields, accusant le NUM « d’agir sans consulter les travailleurs ». « S’ils ne tiennent pas leurs engagements envers vous, vous devez vous diriger vous-mêmes », avait-il lancé.

A Marikana, où la contestation du NUM a aussi été l’étincelle qui a déclenché la grève sauvage, encouragée par le petit syndicat dissident Amcu (Association of mine workers and construction unions), seuls 6,34% des mineurs ont embauché lundi.

Le groupe britannique Lonmin est propriétaire de ce site d’extraction et de traitement du platine, où 44 personnes ont trouvé la mort en août, dont 34 grévistes abattus par la police le 16, et dont les derniers ont été inhumés samedi au Cap oriental (sud), leur région d’origine.

La colline, où a eu lieu ce qui s’apparente de plus en plus à une massive bavure policière au vu des témoignages recueillis auprès des manifestants, est devenu le point de ralliement quasi-quotidien des foreurs en grève qui réclament toujours un triplement de leurs salaires à 12.500 rands (1.200 euros).

Lundi, environ 3.000 d’entre eux se sont rassemblés pour marcher ensuite en cortège vers les accès d’une mine encore en activité du site, Eastern Platinum, barricadée derrière quatre véhicules de police blindés.

La tête du cortège a été autorisée à rentrer sous escorte, tandis que la foule scandait « Nous nous battons pour nos droits ».

Mercredi soir, un « accord de paix » avait été conclu entre la direction et syndicats, mais rejeté par l’Amcu.

Pour les observateurs, le secteur minier risque de vivre au rythme de ces perturbations jusqu’au congrès de l’ANC en décembre, source de querelles de personnes et idéologiques.

« C’est presque devenu contagieux », explique Crispen Chinguno, sociologue à l’université de Witwatersrand à Johannesburg.

« Même si les travailleurs ont de vraies revendications sociales, cela va bien au-delà d’un conflit du travail. Certains politiciens ont fait main basse sur la grogne des travailleurs parce que la mine est au coeur de l’ordre économique, social et politique en Afrique du Sud », ajoute-t-il.

Leur presse – 20 Minutes.fr (AFP), 10/09/2012 à 17h49

[Afrique du sud] La lutte des mineurs continue

Afrique du Sud : Les mineurs refusent de travailler !

Malgré la libération de leurs collègues mineurs arrêtés injustement, lors de leur grève récente qui a tourné au vinaigre, avec une trentaine de morts en leur sein, suite à la descente musclée de la police sud-africaine le 16 Août 2012, les mineurs de Marikana n’ont toujours pas repris le chemin du travail.

Il faut rappeler d’emblée que la raison qui a poussé les mineurs sud-africains à se mettre en  grève était d’ordre salarial. Ils ne comprenaient pas pourquoi ils avaient un si faible salaire comparativement à leurs chefs dont la rémunération était trois fois supérieure à la leur, alors que c’est eux qui abattaient 90 % des travaux effectués dans les mines mortelles.

Comme le stipule l’Article 23 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme, et nous le citons : « Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale », les grévistes sud-africains n’avaient pas aussi tort d’utiliser comme mode de revendication  la grève. Mais, malheureusement, en réponse à cette méthode légale de protestation sociale, les policiers sud-africains ont usé de leurs armes, endeuillant des familles !!!

L’Afrique du Sud du troisième millénaire, doit dépoussiérer les lois iniques  du temps de l’apartheid afin de se conformer aux lois les plus humaines. Cet incident regrettable et antique qui vient de s’y passer n’honore pas le gouvernement de Jacob Zuma.

Il faut que les mineurs sud-africains retrouvent l’entièreté de leurs droits dans le domaine du droit du travail. Ajouter un plus à leurs salaires comme ils le demandent, n’est pas une provocation mais un droit.

De tout temps, le salaire des ouvriers a toujours été dérisoire. Beaucoup de mineurs sont morts à la tâche dans les tunnels caractérisant ce travail très harassant. S’il faut encore que l’Etat Sud-Africain, par le canal de sa police, vienne encore les tuer, cela en ajoute à leur désarroi !

Une fois de plus, il faut que le Président Jacob Zuma se penche sur leur cas dans l’optique de l’équilibrage social.

Source: Come 4 News (Constant Ory), 07/09/2012 20h07

Afrique du sud: nouvelle bouffee de violence dans une mine

Des violences lors de la répression par la police sud-africaine d’un nouveau mouvement syndical dans une mine d’or près de Johannesburg ont fait au moins quatre blessés, lundi 3 septembre. Un incident qui survient alors même que la justice a commencé à libérer des mineurs de Marikana, où 34 grévistes avaient été abattus le 16 août par les forces de l’ordre.

La justice et les autorités sud-africaines ont beau essayer de calmer le jeu sur le front social, rien n’y fait. Après la fusillade de Marikana du 16 août, la police ayant abattu 34 mineurs en grève, les conflits syndicaux se multiplient dans le pays. L’un d’entre eux a dégénéré une nouvelle fois en violences, lundi 23 septembre, cette fois dans la mine de Modder East à Springs, une ville située à environ 30 km à l’est de Johannesburg.

Armés de bâtons et de barres de fer, quelque 200 hommes licenciés en juin par la compagnie Gold One, que contrôlent des capitaux chinois, ont tenté de bloquer les accès à cette mine d’or. Les forces de l’ordre sont alors intervenues en fin de matinée pour disperser les manifestants à l’aide de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. « Nous confirmons que quatre personnes ont été hospitalisées. Mais nous ne pouvons pas dire si elles ont toutes été blessées par balles ou agressées par les ex-mineurs. Une enquête est en cours », a indiqué la porte-parole de la police Pinky Tsinyane à l’AFP.

Après une grève sauvage organisée par le petit syndicat Ptawu, qui cherchait à être l’organisation représentative, Gold One avait licencié en juin plus de la moitié des salariés de la mine, soit 1 044 personnes. La direction avait indiqué avoir eu connaissance d’au moins quatre attaques par d’anciens employés contre son personnel, dont « deux ont été fatales et une troisième a nécessité l’hospitalisation d’un employé ».

Scénario banal

Le scénario est hélas banal : les mineurs lancent une grève sauvage, la justice déclare le mouvement illégal avant que la compagnie exploitante ne licencie les grévistes… pour les réembaucher au compte goutte une fois le calme revenu. Ainsi, au début de l’année, la mine de platine d’Impala Platinum à Rustenburg (nord) a été paralysée plusieurs semaines par une grève illégale émaillée de violences qui ont fait trois morts et plusieurs blessés. La direction avait licencié pas moins 17 200 grévistes, avant d’en réembaucher la plupart.

Ces nouvelles violences interviennent moins de trois semaines après la fusillade meurtrière de Marikana (nord). Le parquet sud-africain avait pourtant fait machine arrière dimanche en retirant « provisoirement » l’étonnante inculpation de 270 mineurs grévistes pour le meurtre de leurs camarades abattus par la police, un drame qui avait ému tout le pays. Les 162 premiers d’entre eux, arrêtés à Marikana juste après la fusillade, ont été libérés lundi par un tribunal de la banlieue de Pretoria.

Jubilant, les mineurs libérés ont quitté le tribunal en chantant et dansant, levant le poing devant les caméras. Les autres doivent être élargis jeudi. Le principal problème est la vérification de leur adresse préalable à leur libération, nombre d’entre eux étant des travailleurs migrants qui habitent dans des bidonvilles aux abords de la mine. Les mineurs, qui restent poursuivis pour violence publique et rassemblement interdit, comparaîtront à nouveau le 12 février 2013.

Leur presse – Jeune Afrique (Avec AFP), 04/09/2012 09h19

[Tunisie] Les nervis fascistes d’Ennahda et l’UGTT travaillent

Tunisie: Des voyous islamistes attaquent la manifestation de travailleurs au chômage à Sidi Bouzid

La semaine dernière, la police s’est tenue à l’écart tandis que des centaines de voyous salafistes attaquaient des travailleurs et des jeunes à Sidi Bouzid, dans le centre de la Tunisie. La ville dont la révolte a commencé la révolution de 2011 qui a renversé le dictateur tunisien, le président Zine El Abidine Ben Ali, et lancé le « Printemps arabe », est devenu une fois de plus un centre de l’opposition au gouvernement droitier du parti islamiste Ennahda.

Les voyous ont attaqué Sidi Bouzid dans la nuit du 23-24 août, blessant au moins sept personnes. Des témoins ont dit à l’AFP que les assaillants, des militants islamistes radicaux, étaient venus en bus la nuit et avaient attaqué près de 15 maisons dans le quartier de Aouled Belhedi. Les combats se sont poursuivis jusqu’à l’aube. La police n’est pas intervenue pour faire cesser les affrontements, « afin d’éviter d’aggraver la situation. »

Cela n’a pas découragé des jeunes qui le lendemain ont organisé un sit-in devant les autorités locales responsables de l’éducation pour exiger des emplois.

Selon l’AFP, «D’après les résidents de la ville, les affrontements ont éclaté dans la nuit de lundi quand un groupe de salafistes aurait essayé de s’emparer d’un homme saoûl pour le punir de boire de l’alcool en violation des lois musulmanes. Des jeunes hommes ont riposté mercredi en frappant trois salafistes, déclenchant ainsi les heurts de la nuit. » (retraduit de l’anglais)

Il ne s’agit pas d’un événement isolé. Le 16 août, des voyous islamistes armés de bâtons et d’épées ont attaqué un festival culturel au nord de la Tunisie et blessé cinq personnes. C’était la troisième attaque de ce type en trois jours organisée par des salafistes en Tunisie, au motif d’un soi-disant manque de respect pour le mois sacré du Ramadan.

Des forces islamistes de droite sont introduites comme troupes de choc pour attaquer les manifestations et l’opposition sociale qui se développent au sein de la classe ouvrière, dans un contexte économique et social qui se détériore.

L’économie est en récession depuis plus d’un an et l’intensification de la crise économique en Europe (qui achète 75 pour cent des exportations de la Tunisie) va aggraver la récession. Le taux de chômage dépasse les 18 pour cent, soit 709 000 personnes sur une population active de 3,9 millions, avec des taux beaucoup plus élevés à la campagne et dans l’intérieur plus défavorisé du pays, loin des côtes.

Depuis le mois de mai, il y a eu des grèves générales dans certaines villes, à Tatouine, Monastir, Kasserine et Kairan. Le regain de l’offensive de la classe ouvrière a été contrée par des critiques de la presse bourgeoise demandant que les travailleurs tunisiens se comportent en force de travail bon marché et docile, comme sous Ben Ali. Le journal économique L’Economiste, bien que mal à l’aise avec les positions fondamentalistes du gouvernement Ennahda, accuse les jeunes et les travailleurs d’avoir «contribué par leur comportement à la dégradation de la situation économique et sociale du reste très détériorée de longue date … On ne peut revendiquer à bon droit le développement et faire fuir les investisseurs en multipliant obstacles et entraves à la production.»

Le journal a ajouté un autre commentaire qui révèle mieux encore les préoccupations de la bourgeoisie. Il a exprimé ses craintes que les travailleurs et les jeunes de «Sidi Bouzid, Kasserine, Sfax…sont entrain de se jouer les prolongations d’une révolution inachevée. »

A Sidi Bouzid même, des journaliers qui protestaient contre un retard de paiement de deux mois des salaires ont attaqué le 26 juillet le siège du parti Ennahda. Ils ont fracassé la porte et lancé un pneu en feu dans les bureaux d’Ennahda. Tandis que la police tiraient des coups de feu d’avertissement et des gaz lacrymogènes, les manifestants criaient « La police de Ben Ali est de retour. »

Le 9 août, la police a tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes sur une foule, blessant cinq personnes qui ont été admises à l’hôpital. Les manifestants demandaient un accord sur le statut des travailleurs, la démission du commandant régional de la Garde nationale, la démission du gouverneur Mohamed Najib Mansouri et la dissolution de l’Assemblée constituante du fait de son incapacité à satisfaire les revendications des résidents de Sidi Bouzid de garantir l’approvisionnement en eau, des emplois et le développement économique.

Le 14 août, une grève générale à Sidi Bouzid a exigé que soient libérés les manifestants arrêtés et détenus lors de la précédente manifestation quelques semaines avant.

La complicité de la police et des représentants de l’Etat, y compris l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) qui soutenait Ben Ali avant la révolution, donne les coudées franches aux salafistes pour attaquer les travailleurs.

Un représentant de l’UGTT de Krassine, Mohamed Sgahaier Saihi, a dit à la presse qu’avec 20 pour cent de chômage, «Ces gens expriment leur colère avec des barrages routiers et des sit-in improvisés jour après jour. » En bon bureaucrate de l’UGTT, il a déploré cette activité qu’il considère comme une menace à l’ordre social: «Ils représentent une réelle menace à la stabilité sociale et jour après jour ils créent des problèmes en organisant des sit-in et en bloquant les rues et les routes.»

Des manifestations localisées et sous contrôle de l’UGTT avant la révolution cherchaient à faire retomber la pression et à empêcher toute menace politique indépendante de la classe ouvrière vis à vis du régime. Ces manifestations fournissaient aussi l’occasion à divers partis de pseudo-gauche, tel le Parti des travailleurs maoïste (PT), anciennement le Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT), de poser en alliés de la classe ouvrière.

Ils ont tous joué un rôle pour empêcher que la chute de Ben Ali n’ouvre la voie à une véritable révolution sociale et à la prise du pouvoir par la classe ouvrière. Ils ont légitimé la formation du gouvernement Ennahda qui est aujourd’hui complètement démasqué comme étant un ennemi farouche de la classe ouvrière.

Les craintes de mouvements révolutionnaires de par le monde arabe ont conduit l’impérialisme américain et ses alliés européens à se tourner de plus en plus vers les partis islamistes pour gouverner et vers leurs alliés plus extrémistes tels les troupes de choc pour les actions violentes. L’intervention de groupes liés à Al-Qaïda contre les régimes de Libye et de Syrie ciblés pour être renversés par Washington est devenue un outil significatif de la politique impérialiste dans la région.

Le député en vue d’Ennahda, Sadok Chourou a qualifié les grévistes d’ « ennemis de dieu. » Dans une interview, il a nié que les salafistes soient responsables de la violence: «La vérité c’est que certains membres des groupes salafistes ne sont pas de vrais salafistes.. Ce sont des vestiges du précédent régime qui ont infiltré les groupes salafistes pour commettre des actes contre le gouvernement… Les vrais salafistes n’adoptent pas l’usage de la violence. »

Chourou essaie de dissimuler la complicité du gouvernement et de la police dans la violence salafiste. Mais s’il y a une quelconque vérité dans ses remarques, et si la police de Ben Ali était impliquée dans l’organisation de l’attaque contre les travailleurs de Sidi Bouzid, cela ne fait que souligner la continuité fondamentale de la politique anti-ouvrière de Ben Ali et d’Ennahda. La révolution de la classe ouvrière qui a commencé avec le renversement de Ben Ali doit se poursuivre en une lutte contre le gouvernement Ennahda.

(Article original paru le 29 août 2012.)

Source: World Socialist Web Site (Antoine Lerougetel), 30 août 2012

Grèves sauvages , émeutes … ça bouillonne en Algérie et on aime ça ! ! !

Ces ennemis qui vous veulent du bienTaille du texte normaleAgrandir la taille du texte

Neuf mille troubles à l’ordre public depuis un an, le patron de la DGSN, l’organisme qui sert d’habitude à faire avouer les autres, a lui-même avoué que c’en était trop pour les pauvres policiers qui se remettent à peine de leur augmentation. Cette «culture de l’émeute», magnifique oxymore puisque l’émeute est le contraire de la culture, accolée à des grèves sauvages et des mouvements de masse spontanés, résume bien ces dernières années d’affrontements d’échelle entre le groupe et la superstructure. Un choc thermique permanent entre une foule qui bouillonne et un Etat glacé, le premier n’ayant plus le temps d’attendre le décollage économique, le second prenant tout le sien en planant au-dessus de ses obligations, feignant d’oublier la menace quotidienne du crash. Est-ce à dire que l’Algérie est mal gouvernée ou que les Algériens en demandent trop, à l’image du personnel d’Air Algérie qui a demandé 106% d’augmentation, avec une remarquable précision de chiffre ?

Sans entrer dans les jugements de valeur, il faut revenir à l’explication officielle des émeutes. Tous les gouvernants le disent régulièrement : les émeutes sont «normales» depuis l’accalmie relative sur le front terroriste et un semblant de paix retrouvée, les Algériens se sont emparés du champ de l’expression et revendiquent bruyamment. Ce qui implique un étonnant autre aveu. Le terrorisme contient les mouvements de protestation et garde en l’état la situation sociale, tout comme la pérennité de l’Etat, de ses hommes et de ses structures. Le terrorisme de base est donc l’allié objectif de ceux qui, au sommet de l’Etat, refusent les augmentations de salaire, les améliorations des conditions de vie et de travail de tous ceux qui veulent un présent meilleur que celui que leur offre le régime. Le terrorisme est l’ami du régime, ce sont les officiels qui le disent. Il n’y a donc pas lieu d’une condamnation, monsieur le juge.

Presse bourgeoise – El Watan (Chawki Amari), 19/07/2011