[Chili] Grève surprise des mineurs de Codelco : la production entièrement bloquée – 9 avril 2013

Cuivre: la production du géant minier Codelco paralysée par une grève

SANTIAGO DU CHILI (Chili) – La production du géant minier public Codelco était paralysée mardi par une grève des travailleurs du secteur du cuivre au Chili, dont le pays est le premier producteur mondial, a-t-on appris auprès du gouvernement et des syndicats.

La paralysie est de 100% dans tous les secteurs de Codelco, à l’exception de quelques équipes d’urgence, a indiqué le ministre des Mines, Hernan de Solminihac.

L’activité de Codelco est paralysée. Les entreprises minières privées sont également à l’arrêt, avait déclaré auparavant à l’AFP un porte-parole de la Fédération des travailleurs du cuivre (FTC), Jorge Varas.

Le président de la FTC, Raimundo Espinoza, ainsi que celui de la Fédération minière du Chili (FMCJ), Gustavo Tapia, avaient appelé lundi à un arrêt de toutes les activités au niveau national dans toutes les unités de production ainsi qu’au siège de Codelco et dans toutes les compagnies privées.

Quelque 29.000 travailleurs de l’industrie minière d’Etat et privée sont concernés par ce mouvement, selon eux.

La grève illégale lancée aujourd’hui par les travailleurs de Codelco n’a aucune justification, a estimé pour sa part Thomas Keller, membre de la direction de Codelco.

Cela signifie que le pays, que tous les Chiliens, perdent 35 millions de dollars, a-t-il ajouté.

Les syndicats veulent protester contre une série de mesures prises par la nouvelle direction de Codelco pour limiter les coûts de production afin de se rapprocher des niveaux de compétitivité de ses concurrents privés.

Le mouvement n’a été que partiellement suivi dans les mines privées, notamment Minera Escondida, gérée par la compagnie anglo-australienne BHP Billiton.

A Collahuasi, opérée par Anglo American Sur et Xstrata, les travailleurs ne se sont pas joints au mouvement de grève, selon des sources syndicales.

Au cours des deux dernières semaines, les exportations de cuivre ont déjà été fortement perturbées par une grève dans les principaux ports chiliens.

Cette mobilisation coïncide avec le début de la sixième édition de la Conférence mondiale du cuivre, qui réunit mardi et mercredi à Santiago les principaux acteurs du secteur.

Les experts présents estiment que la forte demande de la Chine, basée sur un processus d’industrialisation qui en est encore à ses débuts, continuera à soutenir la demande en cuivre sur le long terme.

Selon nos projections, la Chine va continuer à consommer plus de 50% du cuivre mondial jusqu’en 2024, a indiqué le ministre des Mines.

La croissance de la Chine impulse la demande de cuivre à long terme, à renchéri quant à lui Jean Sebastien Jacques, directeur de la section cuivre de la compagnie anglo-australienne Rio Tinto.

Les besoins en énergie et la demande de cuivre vont augmenter, notamment dans la construction en Chine, où 60% du cuivre est utilisé pour différents types de câbles, a ajouté M. Jacques.

Le ministre de l’Economie Pablo Longueira a, par ailleurs, appelé les travailleurs du cuivre au dialogue, et rappelé qu’ils appartiennent à un secteur privilégié.

On ne comprend pas qu’il existe des paralysies illégales dans un secteur qui compte parmi les mieux rémunérés du Chili, a indiqué M. Longueira.

La production de Codelco représente environ 11% de l’offre mondiale en cuivre, et ses bénéfices sont versés à l’Etat chilien. Le Chili produit environ 5,6 millions de tonnes de cuivre par an, un tiers de l’offre mondiale.

Leur presse – Romandie.com (AFP), 09/04/2013 à 21h49

[Afrique du Sud] Les grèves sauvages s’étendent aux mines de fer – 3 octobre 2012

Les grèves s’étendent aux mines de fer sud-africaines

JOHANNESBURG (Reuters) – Le mouvement de grèves « sauvages » des mineurs sud-africains de ces derniers mois a gagné mercredi les mines de fer, dont le pays est le premier producteur du continent, marquant une escalade du climat social devenu un casse-tête pour le gouvernement du président Joacob Zuma.

L’arrêt de travail qui touche désormais la compagnie Kumba Iron Ore, filiale du géant minier Anglo American, risque de saper un peu plus la confiance des investisseurs dans l’économie la plus riche d’Afrique touchée par des mouvements sociaux dans les mines d’or et de platine.

On estimé à 75.000, soit 15% du personnel total du secteur des mines, le nombre de mineurs qui sont déjà en grève dans le pays, qui connaît dans le même temps un débrayage national des routiers affectant les livraisons de carburant.

La direction de Kumba, qui fait partie des plus gros producteurs mondiaux de minerai de fer, a affirmé que la grève « sauvage » ne concernait que 300 membres du personnel de la mine géante de Sishen, dans la province du Cap septentrional, et se limitait à une partie d’un gisement à ciel ouvert.

Le climat social s’est considérablement dégradé dans les mines sud-africaines après la fusillade entre forces de l’ordre et mineurs en grève qui a fait 34 morts le 16 août à la mine d’or de Marikana.

Leur presse – Le Nouvel Obs.com (Reuters), 03/10/2012 à 15h16

[Afrique du Sud] Multiplication des grèves sauvages dans les mines, après le combat victorieux des mineurs de Marikana

Nouvelles grèves sauvages dans les mines sud-africaines

Plusieurs centaines de mineurs ont entamé de nouvelles grèves sauvages vendredi dans trois mines sud-africaines d’or, de chrome et de charbon, dans la foulée des mouvements sociaux qui ébranlent depuis des semaines les secteurs de l’or et surtout du platine.

Des dizaines de milliers de mineurs au total sont en grève dans plusieurs sites majeurs du pays, depuis les événements violents de la mine de platine de Marikana (nord), où 46 personnes ont trouvé la mort en août et septembre.

Après des semaines de négociations, les grévistes de Marikana, dont le mouvement était illégal, ont obtenu de substantielles augmentations, de 11 à 22 %.

Village Main Reef, producteur d’or, a annoncé dans un communiqué que 1 700 de ses employés n’avaient pas rejoint leur poste de travail depuis jeudi soir, à la mine de Blyvooruitzicht près de Johannesburg.

Samancor Chrome a indiqué pour sa part que 400 de ses mineurs avaient lancé un «sit-in souterrain illégal» jeudi, pour réclamer des augmentations de salaire supérieures à celles négociées par les syndicats.

Les mineurs sont ressortis vendredi de la mine. L’un de leurs porte-parole a fait savoir qu’ils réclamaient un salaire de base de 12 500 rands mensuels (1 170 euros).

La direction a pour sa part indiqué vendredi soir que la grève était terminée et qu’un accord salarial, dont elle n’a pas révélé la teneur, avait été finalisé avec la puissante fédération syndicale des mineurs, le NUM.

La somme de 12 500 rands mensuels, réclamée au départ par les grévistes de Marikana, est devenue une sorte de revendication minimum commune à tous les mineurs d’Afrique du Sud.

Par ailleurs, la société Petmin a fait savoir que 345 employés sous contrats temporaires avaient débrayé vendredi dans sa filiale de la Tendele Coal Mining Company. Les revendications des grévistes n’ont pas été explicitées.

Leur presse – La Presse Canadienne, 28/09/2012 à 12h29

Les routiers entrent dans la danse contestataire.

Ca pourrait peut-être donner des idées aux ouvriers de PSA, qui se font saigner sans qu’ils bronchent. La combativité ouvrière en France est plus que minable actuellement. Et heureusement que dans d’autres pays l’espoir est plus fort que la répression et autres pressions patronales.

Vive les grèves sauvages !

Seule la lutte paye !

[Afrique du Sud] Quand les profits des capitalistes s’effondrent, ceux-ci répondent à la résistance prolétarienne par un bain de sang !

Quand les profits des capitalistes s’effondrent, ceux-ci répondent à la résistance prolétarienne par un bain de sang !

Ce ne sont pas ces meurtres qui mettront un terme au défi prolétarien en Afrique du Sud !

Lorsque des mineurs de la mine de Marikana (d’où sont extraits 12% du platine produit dans le pays et qui est en même temps la plus riche mine de platine au monde), ainsi que des habitants du coin qui survivent dans des taudis misérables, ont manifesté le 15 août 2012 pour l’amélioration de leurs conditions de vie, la police –ce corps de protection du capital- a répondu par un massacre.

L’État assassine 45 personnes en 5 jours pour réprimer les mouvements de protestation !

Mais les insupportables conditions de vie ne peuvent pas être balayées par un bain de sang. Le tic-tac de la bombe à retardement ne s’arrête pas… Et il fera sauter tout le système d’exploitation !

Déjà le premier jour de la grève pour l’augmentation des salaires (le 10 août) s’est terminé par une tuerie : dix morts. La réponse du capital fut nécessairement meurtrière –le platine est une marchandise importante pour l’industrie automobile. Dès le début de la crise économique, des sociétés comme Lonmin ont perdu une partie de leurs profits, suite à l’effondrement de la production. Les émeutes dans les mines ont aussi causé la chute du prix de leurs actions. L’extension des luttes aux autres mines serait un sérieux coup de poing pour le capital minier, un coup de poing que le gouvernement du Congrès National africain (ANC) ne pourrait se permettre.

Les courageux prolétaires de Marikana, dont certains sont originaires du Swaziland et du Mozambique, ont néanmoins décidé de poursuivre la lutte. Ni les tueries, ni les menaces et l’ultimatum de Lonmin pour la reprise du travail n’ont arrêté la grève. Au contraire, seulement 13% des ouvriers sont retournés au chagrin et la grève s’est même étendue à au moins deux autres mines. En outre, les jaunes sont massivement menacés et visés par les grévistes, à tel point que la police a déjà officiellement abandonné d’essayer de les protéger contre les représailles. Les prolétaires ont brandi le drapeau de la lutte et n’attendent pas que l’alliance tripartite constituée par l’ANC, le Parti « Communiste » Sud-Africain (SACP) et le syndicat COSATU propose une solution « compatissante » à leur problème.

Ce n’est pas la première fois que le prolétariat en Afrique du Sud connait une telle expérience et s’affronte aux médiateurs de l’ordre capitaliste. Cette fois-ci, c’est le syndicat des mineurs NUM qui a essayé d’empêcher à tout prix la grève, en utilisant parfois la violence physique, afin de maintenir la paix sociale. Cette paix sociale signifie que les ouvriers continuent de vivre dans des bidonvilles, alors que l’ANC a dépensé pour les célébrations de son 100ème anniversaire au moins 9 millions et demi d’euros ; cette paix sociale oblige notre classe en Afrique du Sud à lutter pour avoir accès à l’eau potable et à l’électricité, alors que le nouveau palais du président de l’ANC coûtera 19 millions d’euros !

Les prolétaires en République d’Afrique du Sud perdent leurs illusions. L’ANC est au pouvoir depuis 1994 et elle a prouvé qu’elle gère l’exploitation du prolétariat par le capital de la même façon que tout autre gouvernement. 40% de la population active est au chômage, dont la moitié est constituée de jeunes entre 18 et 24 ans. Le nombre de ceux qui vivotent avec des allocations sociales a augmenté de 2,5 millions en 1999 à 12 million en 2006.

Quelques grèves massives ont éclaté en Afrique du Sud ces 2 dernières années : la grève des fonctionnaires en 2010 qui a duré 20 jours et durant laquelle 1,3 million de personnes prirent part, les grèves dans les industries minières, énergiques, pétrolières et métallurgiques en 2011, chacune comptant des centaines voire des milliers d’ouvriers qui y participèrent.

Le mécontentement grandissant a aussi influencé l’alternance du pouvoir ; le président Thaba Mbeki fut remplacé en 2008 par un crétin plus populiste, Zuma. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que le prolétariat cherche sa voie dans la lutte et qu’il s’organise sous différentes formes : les comités de grève, comités de chômeurs, mouvements d’habitants des bidonvilles, etc. se multiplient. L’ANC au pouvoir, ainsi que le SACP côte à côte avec son alter ego grec le KKE, observent les luttes autonomes du prolétariat avec frayeur, de la même façon qu’ils ont été horrifiés par la possibilité dont ledit printemps arabe pourrait « infecter » notre classe en Afrique du Sud. L’État est déterminé à étouffer dans l’œuf toute propagation de la révolte, à la réprimer aussi durement qu’à l’époque de l’apartheid.

La nouvelle bourgeoisie noire qui s’est développée grâce au programme « Black Economic Empowerment » (BEE) ne possède que 9% du capital dans les sociétés minières, mais les élites étatiques noires gèrent le rapport social capitaliste en Afrique du Sud. Le capital n’a ni nationalité ni race, mais afin de se valoriser, il requiert l’État et sa police qui assureront l’exploitation.

Certains en appellent au socialisme de l’ANC et l’accusent de trahison, mais ce socialisme n’était rien qu’une ruse pour contrôler l’humeur de la classe ouvrière. Le Nationalisme Noir qui était censé être une opposition radicale au colonialisme britannique (qui a effectivement exproprié la terre, imposé des taxes et ensuite absorbé les Sans Terre comme force de travail bon marché) n’a jamais été rien d’autre qu’une variante de la même société de classe basée sur la même conflictualité de classe. Nelson Mandela lui-même a clarifié (déjà en 1964) l’essence nationaliste et bourgeoise de l’ANC : « L’ANC n’a jamais, à aucun moment de son histoire, préconisé un changement révolutionnaire de la structure économique de ce pays, il n’a aussi jamais […] condamné la société capitaliste. »

L’ANC n’a donc pas trahi le prolétariat, mais était au contraire dès le début une expression de l’aspiration de la bourgeoisie noire vers la domination capitaliste. Les nationalisations ne sont rien d’autres qu’une tentative de la bourgeoisie noire de s’accaparer plus de richesses, de la même façon que la bourgeoisie suce le prolétariat au Venezuela, en Colombie, en Chine et à Cuba.

Il est temps de revenir des illusions au sujet de la trahison des élites de l’ANC qui furent alimentées par les gauchistes. En même temps, il est nécessaire de refuser les aspirations à remettre le syndicat COSATU sur ses pieds, telles que demandées par quelques militants.

Le prolétariat en Afrique du Sud, ainsi que partout dans le monde, doit se débarrasser des rapports sociaux qui lui sont imposés, il doit clairement refuser le capitalisme. C’est ce dont sont effrayés l’ANC, le SACP, le COSATU, toutes les fractions de gauche de la bourgeoisie et les ONG : un prolétariat autonome de leurs idéologies, un prolétariat qui lutte pour une vraie amélioration de ses conditions de vie, un prolétariat qui à travers sa lutte saisit les vraies causes de la pauvreté, de l’oppression, des meurtres étatiques et des guerres impérialistes… qui saisit les fondements de l’exploitation capitaliste, de la société de classe, de la séparation de tous d’avec les moyens de subsistance, de la production de marchandises en lieu et place de la production pour la satisfaction des besoins humains.

Camarade prolétaire, n’oublie pas que l’usine n’est pas ton usine, la mine n’est pas ta mine, le bureau n’est pas ton bureau, l’école n’est pas ton école, ce pays n’est pas ton pays,… ce sont les différents lieux de ton exploitation, de ton aliénation, de ton expropriation des moyens de vivre,… ton lieu de travail, c’est ta prison, et d’une prison, ON S’ÉVADE,… ou mieux dit, ON LA DÉTRUIT !!!

Le prolétariat n’a ni patrie, ni race.
Il ne s’agit pas de la cupidité et de la « trahison » des élites.

La répression sanglante en Afrique du Sud n’est que le présage de ce que le capital prépare pour le prolétariat en lutte partout dans le monde !

Pour la satisfaction des besoins humains.
Contre le capitalisme meurtrier.

Pour le prolétariat combattif.
Pour le Communisme.

Groupe Guerre de Classe – août 2012

http://autistici.org/tridnivalka • tridnivalka@yahoo.com

Nous publions ce tract simultanément en trois langues : anglais, français et tchèque, non parce que nous disposerions de traducteurs efficaces, mais par souci d’internationalisme d’une part, et parce qu’il est le fruit d’une activité commune entre des camarades de plusieurs expressions linguistiques d’autre part.

Le tract traduit en français en PDF

[Espagne] Les mineurs en lutte: grèves massives dans les mines des Asturies – Depuis le 27 août 2012

Les grèves dans les mines ont reprise dans les Asturies ce lundi 27 août 2012: alors qu’elles avaient reprise jeudi dernier (23/08/201) à Leõn, les activités minières de Cerredo (Degaña) et de Tormaleo (Ibias) sont totalement bloquées depuis ce lundi. L’origine de cette entrée en grève illimité provient d’une modification des heures de travail et d’une diminution de salaire mensuel entre 200 et 400 euros pour chaque mineur.

Des mineurs grévistes ont tenus des piquets devant deux mines du sud-ouest des Asturies. De leur côté, les mineurs de Cerredo, en grève illimitée depuis ce lundi (27/08), ont bloqué une nouvelle fois la centrale thermique de Compostilla, dans la province de Leõn.

Selon le syndicat Union Minera Del Norte (UMINSA), qui compte 17 sous-traîtants et qui protestent contre les réductions de salaires, environ 95% des mineurs asturiens étaient à l’arrêt en fin de semaine dernière. Le même syndicat affirme que 85 millions de dollars d’aides ont été supprimées pour leur secteur, et que les ajustements salariaux représentent 2 millions de dollars.

Les syndicats parlent désormais de 100% des travailleurs en grève dans les Asturies et à El Bierzo.

A la mine de Pontferrada, 80% des mineurs sont en grève, selon la direction.

Traduit de l’espagnol de leur presse – 27/08/2012

[Espagne] Les mineurs en lutte: nouvelles de la mobilisation et appel à la solidarité financière indépendante

Actualisation V – Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

Urgent : Solidarité financière indépendante avec la lutte des mineurs

Alors que la grève illimitée des mineurs se poursuit depuis deux mois, les mineurs et leurs familles se trouvent dans des situations dramatiques. Les numéros de comptes bancaires qui ont circulé sur Internet sont ceux des syndicats (UGT et CCOO) mais il n’y a aucun contrôle ou transparence quant à leur utilisation : cet argent serait utilisé surtout pour financer les frais ‟purement syndicaux” de la lutte (marche des mineurs sur Madrid…), tandis que de nombreux grévistes déclarent ne rien avoir reçu et en être de leur poche, y compris pour les frais occasionnés par le combat quotidien (achat de petits matériels de défense, de protection et d’attaque, déplacements…), sans parler de la survie au jour le jour.

Le FUSOA (Fondo Unitario de Solidaridad Obrera de Asturias), caisse de solidarité ouvrière indépendante des syndicats et des partis politiques, se charge de recueillir des fonds et de les répartir directement auprès de tous les grévistes, syndiqués ou non, en se rendant dans les puits et les lieux de concentration des mineurs en lutte.

L’appel qui suit a été diffusé dans la Communauté Autonome de Madrid. Mais il nous a semblé judicieux de le faire circuler bien au-delà, la solidarité de classe est censée ne pas connaître de frontières.

Recueil de soutien financier pour la lutte des mineurs

Dans une période où les coupes sociales et les attaques contre les emplois, les salaires, les droits basiques du travail deviennent habituelles et quotidiennes sans que les travailleurs et les travailleuses ne s’y opposent avec des mobilisations conséquentes, la lutte menée par les mineurs est remarquable non seulement par sa radicalité et ses confrontations avec les forces de répression, mais aussi par la constance et la continuité de la lutte, en particulier dans les bassins du nord, dans les Asturies et le Léon.

La Caja Obrera de Resistencia de Madrid (Caisse Ouvrière de Résistance de Madrid) a soutenu financièrement cette lutte à plusieurs reprises, jusqu’où cela a été possible, laissant à zéro le solde du compte alimenté par les affiliés actifs. Toutes les aides que nous avons apportées ont été pour le FUSOA (Fonds Unitaire de Solidarité Ouvrière des Asturies), caisse de résistance asturienne avec laquelle nous partageons une présence dans la coordination des Caisses de Résistance et des Comités de Solidarité.

C’est pourquoi avec ce communiqué nous commençons une collecte de fonds parmi les travailleurs et les travailleuses les plus conscients de Madrid. Nous ne demandons pas l’aumône pour les pauvres, nous sollicitons la solidarité financière pour ceux qui luttent, pour qu’ils continuent à se battre et qu’ils puissent lutter contre la répression qui se prépare dans les cabinets ministériels contre tous ceux qui ont été identifiés et arrêtés lors des journées de lutte.

Alors maintenant, tu as la possibilité de participer à la lutte des mineurs en contribuant financièrement, selon tes possibilités. La Caisse Ouvrière de Résistance est une caisse stable qui recueille de façon permanente les contributions de ses membres actifs et qui décide en assemblée sur ses aides et ses collectes, tout en étant ouverte à tous les travailleurs et travailleuses, indépendamment de leur idéologie et de l’organisation syndicale à laquelle ils appartiennent.

Comment faire des contributions à la Caisse Ouvrière de Résistance ?

Toujours de la main à la main, ou directement aux compañeros et compañeras actifs de la Caisse, ou bien aux organisations syndicales qui collaborent à cette Caisse et nous le feront parvenir

(Solidaridad Obrera, Plateforme syndicale de EMT, le Syndicat Assembléaire de la Santé, etc.). Si aucune de ces manières n’est possible, tu peux te mettre en contact avec la Caisse à travers l’adresse de la boîte postale suivante : Apartado de Correos 40155 (28080 Madrid) ou en envoyant un courriel à cette adresse électronique : cajaresistencia [at] gmail.com et nous entrerons en contact personnellement avec toi pour recueillir ton aide financière.

Madrid, juillet 2012

Source : http://www.solidaridadobrera.org/cajaobrera/

Actualisation V – Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte.

Du 19 au 24 juillet 2012

La dissension entre appareils syndicaux se confirme, l’enfumage de l’Etat se poursuit; de leur côté, les mineurs continuent leurs actions sur le terrain.

Le 19 juillet, à San Roman des Bembibre, les mineurs ont bloqué une autoroute et des voies ferrées. Il y a eu trois arrestations à la suite de frictions avec la police.

Toujours depuis le 19 juillet, trois mineurs Asturiens des CCOO-HUNOSA campent devant le ministère de l’indutrie et quatre des CCOO de Léon et Aragon campent également devant le musée du Prado. Ces campements se nomment “Assemblées permanentes”.

Les barrages de routes se poursuivent mais la stratégie est différentes. Dorénavant les mineurs procèdent aux actions et blocages de nuit afin d’éviter que les hélicoptères de la police ne les repèrent. Les flics eux entrent donc dans les villes la nuit, coupent les lumières, brouillent les communications portables et arrêtent tout ce qui bouge : passants, automobilistes, etc…

Les dissensions à la tête des appareils syndicaux se confirment: le SOMA-FITAG-UGT souhaite abandonner la stratégie de blocage des routes. Le SOMA a ainsi organisé le 20 juillet une marche au départ des puits de mine en direction d’Oviedo, capitale provinciale des Asturies. Entre temps l’USO, syndicat qui possède statutairement une caisse de résistance et de solidarité a versé 30.000 € aux mineurs de Cangas del Narcea. Notons qu’à l’issue de la manifestation du 11 juillet, le ministère de l’industrie a reçu l’USO en audience; audience à laquelle CCOO et UGT ont refusé de se rendre. L’USO se positionne clairement comme le syndicat qui veut négocier et pense gagner grâce à la négociation sans importuner la population avec des coupures de routes.

Une réunion était prévue le 20 juillet entre les mairies des bassins miniers (assoc Acom) et un représentant du ministère de l’industrie. Les municipalités ont réclamé la mise en circulation des 111 millions d’ euros prévus pour l’aide à la production de charbon afin de donner un ballon d’oxygène aux entreprises. Le gouvernement a répondu qu’il ne donnera pas un centime tant qu’il y aura la grève et les blocages de routes.

L’enfumage de l’Etat

Le 21 juillet, après 8 h de négociations, les représentants des salariés et ceux des entreprises auraient produit un document qui permettrait de débloquer les 111 millions en question. Ce document de 14 pages serait un accord entre la Carbunion, le FITAG-UGT et les CCOO afin de mettre un terme au conflit grâce à des possibilités de maintient de l’emploi dans les mines jusqu’en … 2012 (sic) !

L’activité des mines serait quant à elle maintenue jusqu’en 2018 grâce à l’étalement des coupes au taux initialement prévu de 63 %.

Dissensions et machinations à la tête des appareils syndicaux

Le mardi 24 juillet : l’USO a donné une conférence de presse accusant les CCOO et le SOMA-FITAG-UGT de prolonger volontairement le conflit pour défendre leurs intérêts syndicaux et les entreprises minières de Vitorino Alonso qualifié de mafieux durant la conférence. L’USO accuse les deux syndicats majoritaires d’avoir refusé un accord avec le ministère de l’ industrie car une partie des aides qui auraient été transférées pour permettre le recouvrement des salaires des ouvriers étaient destinées à l’origine à financer SOMA et CCOO par l’intermédiaire des plans de formation ainsi que le paiement de frais de fonctionnement incluant le salaire de certains secrétaires de ces syndicats. L’USO plaide pour un retour au travail, garantissant que la viabilité du secteur est assurée si on transfère une partie des fonds destinés à la ré-industrialisation vers les entreprises minières pour l’aide à la production, ce qui est en fait la position du gouvernement. Précisons que l’USO n’a pas quitté une seule fois la table de la négociation depuis fin juin et le lancement de la Marche Noire.

Le SOMA répond en demandant au secrétaire de l’USO de se rétracter publiquement sinon ils intenteront des actions en justice. Par ailleurs le SOMA rappelle que l’USO a lui aussi reçu des subventions ainsi que des fonds pour la formation des mineurs et leur famille. Le SOMA rappelle qu’il y a probablement des milliers de “fils de mineurs USO” qui ont bénéficié de ces plans de formation…

Pour compliquer la situation, le secrétaire général des USO Asturies se désolidarise de sa direction nationale quand elle parle des transferts de subventions pour permettre la reprise du travail par contre il rejoint les critiques sur le détournement des subventions de formation pour le financement des syndicats.

Pendant ce temps sur le terrain

Les actions continuent. Les mineurs empêchent depuis le 23 juillet l’approvisionnement de la centrale thermique de Compostilla. Ils ont bloqué des camions chargés de charbon d’importation qui venaient alimenter la centrale. Pendant ce temps, Goldman Sachs accumule dans le port d’El Musel, dans les Asturies, des tonnes de charbon d’importation en attendant que les prix montent.

Mercredi 25 : Le ministère a rejeté le plan commun proposé par les syndicats majoritaire/Carbunion Pour le ministère il est peu clair et inutile. Le gouvernement recherche uniquement le moyen de ne pas fermer des entreprises et perdre des emplois dès cette année. Par contre, les coupes auront bien lieu. Il réfléchit à un plan charbon 2013-2018 tout en assurant que le modèle actuel de négociation est mort, autrement dit, le plan se fera sans les syndicats. Pendant ce temps, le blocage de la centrale

thermique continue. Les mineurs bloquent toujours des autoroutes en ASturies et les mineurs enfermés dans les puits du Léon viennent d’atteindre leur 50 è me jour passé sous terre.

Traduction de la Mouette Enragée (25/07/2012)

[Espagne] Les mineurs en lutte: barricades et affrontements à San Roman de Bembibre – Nuit du 18 au 19 juillet 2012

Mineurs et Garde civile de la GRS se sont affrontés jusqu’aux petites heures du matin dans le centre-ville de San Román Bembibre et dans la capitale et d’Alto Bierzo.

‘ »Des fusées volantes » et des pierres d’un côté, des balles en caoutchouc de l’autre. Des course-poursuites, des allers et venues, des containers renversés, des contrôles… dans le centre-ville de San Roman de Bembibre, où à l’aube de ce jeudi les affrontements se sont déroulés entre effectifs des GRS de la Garde civile et de mineurs grévistes.

Jusqu’à maintenant les affrontements entre les deux « parties » ont été les plus violents de la région depuis le début du conflit minier, seul les affrontements aussi violents ont eu lieu dans la localité de Ciñera.

Des images du photographe César Sanchez :

Traduit de l’espagnol de leonoticias, 19/07/2012

Mise-à-jour:

Selon le journal en ligne DiaroVasco, 3 mineurs ont été arrêtés par la Garde Civile. A 21h, ce mercredi, un groupe de mineurs grévistes a bloqué la route nationale 6 du Nord-Ouest et l’A-6 à la hauteur de San Román de Bembibre. Selon des témoignages d’habitants, les affrontements entre mineurs et forces de l’ordre se sont poursuivis jusqu’à 04h00 du matin.

Le trafic ferroviaire a également été interrompu avec des barricades sur les voies ferrées à Cinera (Leon) et la circulation des trains RENFE a été bloquée entre Alicante et Gijon à la gare de Busdongo Leon

Les vidéos des affrontements