[Espagne] Répression policière contre les antifascistes à Bilbao et à Barcelone lors de la fête nationale de l’hispanité – 12 octobre 2012

Affrontements entre anti-fascistes et la police à Bilbao, un arrêté et un blessé à Barcelone:

Un rassemblement antifasciste avait été appelé aujourd’hui [12 octobre 2012 Ndlr] à Bilbao contre la présence d’un groupe de fascistes du parti phalangiste qui étaient arrivés de Madrid pour protester dans le centre de la ville basque, alors que leur présence coïncide avec la Journée de l’hispanité. La police a empêché les antifascistes de se rassembler, qui avait auparavant annoncé un évènement sans confrontation directe, et celle-ci a utilisé des matraques et des balles en caoutchouc pour disperser la foule, qui se comptait par centaines de personnes.

Les affrontements entre les anti-fascistes et la police ont alors commencé, et des barricades ont été érigées partout dans le centre de la ville. Au moins 14 militants antifascistes ont été arrêtés. Un fasciste a été arrêté par la police plus tôt, pour possession de plusieurs battes de base-ball et des couteaux dans le bus des fascistes.

A Barcelone, à 200 antifascistes ses sont réuni.e.s sur une place à proximité de l’endroit où les militants d’extrême-droite et les fascistes avaient organisé une manifestation en faveur de l’unité de l’Etat espagnol et contre le droit à l’auto-détermination. Après le début du rassemblement, une personne portant un drapeau espagnol a tenté d’aller au milieu des antifascistes et la police les a chargés, blessant l’un d’eux. L’antifasciste a été transporté à l’hôpital, où il a été arrêté par les flics. Des dizaines de personnes se sont rassemblées devant l’hôpital. Un petit rassemblement antifasciste a été organisé aussi dans la ville catalane de Gérone.

Deux vidéos des affrontements à Bilbao:

Sources: Alboroto, 12 octobre 2012

Douze antifascistes basques, qui ont été interpellé.e.s lors de ce vendredi 12/10/2012 suite au rassemblement fasciste, ont été libéré.e.s le lendemain (13/10/2012), a communiqué le ministère de l’intérieur à Europa Press.

Après avoir arrêté 15 personnes (14 antifascistes de Sare Antifaxista et un fasciste), la police basque a inculpé 50 personnes (des antifas pour la majorité voire en totalité) pour crimes contre la loi de sécurité publique, c’est-à-dire pour ports d’armes prohibés, désordre et désobéissance.

Des photos du rassemblement des fascistes:

Les fascistes (qui étaient issus de plusieurs organisations telles Alianza Nacional, Falange et Nudo Patriota Español) scandaient des chants nationalistes en affirmant que le Pays Basque est espagnol.

[Chili] Ni olvido ni perdon ! Emeute lors de l’hommage rendu à Pinochet – Santiago et Valparaiso, 10 juin 2012

Chili: violents affrontements lors d’un hommage à Augusto Pinochet

De violents affrontements ont éclaté dimanche dans le centre de Santiago entre la police et quelque 30 000 manifestants opposés à une cérémonie en hommage à Augusto Pinochet, faisant 16 blessés – 14 policiers et deux journalistes – tandis que 25 personnes ont été arrêtées, selon les autorités.

Ces affrontements, parmi les plus violents de ces derniers mois, qui illustrent à quel point la figure de l’ex-dictateur divise encore la société chilienne, se sont concentrés près du théâtre Caupolicán, à quelques centaines de mètres du palais présidentiel où des manifestants cagoulés se sont opposés aux forces de l’ordre, armés de pierres et de bâtons.

La police, qui avait déployé des moyens importants pour empêcher toutes violences, a pour sa part eu recours à des gaz lacrymogènes et à des lances à eau pour disperser les quelque 30 000 manifestants.

Les heurts ont duré plus de trois heures.

«Assassin, assassin!», scandaient les manifestants qui se trouvaient à proximité du théâtre Caupolican, dans le centre de la capitale chilienne, pour protester contre la cérémonie au cours de laquelle était projeté un documentaire intitulé «Pinochet», consacré à l’ex-dictateur resté au pouvoir de 1973 à 1990.

«Il est totalement immoral que l’on rende hommage à un assassin, à un génocidaire, qui a assassiné, torturé, fait disparaître des gens ou les a forcés à l’exil, et a laissé le peuple dépouillé de tous ses droits sociaux» a déclaré à l’AFP Yolanda Contreras, une des manifestantes.

Quelque 2000 partisans de l’ex-général étaient réunis dans la salle de spectacles.

«Je viens faire acte de présence, parce que nous n’avons pas le droit de parler. Je suis pinochetiste depuis l’âge de 15 ans, quand j’étais étudiante et je ne vais pas changer d’avis, ni mes enfants non plus», martèle ainsi Lucila Ruiz.

La cérémonie a été organisée par la Corporation 11 Septembre, qui tire son nom de la date du coup d’État contre le gouvernement socialiste du président Salvador Allende qui l’a porté au pouvoir le 11 septembre 1973.

À l’intérieur du théâtre, avant la projection du documentaire, plusieurs partisans de l’ex-dictateur ont pris la parole dont son petit-fils, Augusto Pinochet Molina, seul membre de la famille présent.

«C’est une cérémonie pour honorer l’histoire», a- t-il ajouté.

«J’estime qu’en démocratie, nous avons tous le droit de présenter ce documentaire», a déclaré l’ancien militaire Juan González, président de la Corporation 11 Septembre.

«Nous nous sommes tus pendant 20 ans et maintenant nous commençons à parler», a-t-il ajouté.

Près de 40 ans après le coup d’État contre le président Salvador Allende, le documentaire expose la situation politique ayant précédé le putsch et recense les principales réalisations du régime.

À l’époque où le général Pinochet était au pouvoir, 3225 personnes ont été tuées ou ont disparu et 37 000 cas de tortures et de détentions illégales ont été recensés.

L’annonce de cette soirée d’hommage quelques jours avant son déroulement a provoqué une vive polémique entre les défenseurs de la liberté d’expression et les familles des victimes, déterminées à faire interdire l’événement.

Le gouvernement a déclaré qu’il ne s’associait pas à l’initiative, mais qu’il respectait le droit de réunion. Quant à la justice, elle a rejeté le recours déposé par le Groupe des proches de détenus et de disparus pour tenter de l’interdire, estimant qu’il n’était pas dans ses attributions d’interdire un événement dans un lieu privé.

Toutefois dimanche, dans un entretien à la télévision nationale, un ancien membre du régime, actuel porte-parole du gouvernement du président Sebastián Piñera, Andrés Chadwick, a avoué «se repentir profondément» d’avoir soutenu la dictature en raison de la «violation brutale des droits de l’homme durant le gouvernement militaire».

 Leur presse – AFP (Paulina Abramovic) par la presse canadienne, 10/06/2012

Une vidéo qui montre les flics protéger les fascistes, pris à partie par les manifestant.e.s:

Des vidéos des affrontements:

 

Selon La Tercera, un engin explosif a été signalé le matin vers 9h30 devant le théatre qui accueille la commémoration du régime fasciste de Pinochet. Peu après l’annonce de l’alerte à la bombe, une trentaine de partisans de Pinochet s’est ramené sur les lieux et ont reçu  des oeufs et des bouteilles, tout comme l’ensemble de ceux qui se sont rendus au théatre durant la matinée.

D’après la presse chilienne (noticia), des barricades en feu étaient visibles dans plusieurs quartier de Santiago, notamment à proximité du théatre où avait lieu l’hommage à Pinochet. Des partisans de Pinochet ont été pris à partie par les manifestant.e.s

Des groupes d’encapuchados ont attaqué les flics avec des barres et des pierres à plusieurs endroits, notamment au niveau de la rue San Diego.

Des manifestations similaires ont eu lieu à Valparaiso. Plus de cent personnes ont tenté de manifester contre cet hommage rendu à Pinochet, de la Place Victoria à l’avenue Pedro Montt mais les flics ont utilisé lacrymos et canons à eau pour disperser la manifestation.

D’autres photos des manifs à Santiago de ce 10 juin 2012:

Des photos des manifs à Valparaiso: