[Afrique du sud] La lutte des mineurs continue

Afrique du Sud : Les mineurs refusent de travailler !

Malgré la libération de leurs collègues mineurs arrêtés injustement, lors de leur grève récente qui a tourné au vinaigre, avec une trentaine de morts en leur sein, suite à la descente musclée de la police sud-africaine le 16 Août 2012, les mineurs de Marikana n’ont toujours pas repris le chemin du travail.

Il faut rappeler d’emblée que la raison qui a poussé les mineurs sud-africains à se mettre en  grève était d’ordre salarial. Ils ne comprenaient pas pourquoi ils avaient un si faible salaire comparativement à leurs chefs dont la rémunération était trois fois supérieure à la leur, alors que c’est eux qui abattaient 90 % des travaux effectués dans les mines mortelles.

Comme le stipule l’Article 23 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme, et nous le citons : « Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale », les grévistes sud-africains n’avaient pas aussi tort d’utiliser comme mode de revendication  la grève. Mais, malheureusement, en réponse à cette méthode légale de protestation sociale, les policiers sud-africains ont usé de leurs armes, endeuillant des familles !!!

L’Afrique du Sud du troisième millénaire, doit dépoussiérer les lois iniques  du temps de l’apartheid afin de se conformer aux lois les plus humaines. Cet incident regrettable et antique qui vient de s’y passer n’honore pas le gouvernement de Jacob Zuma.

Il faut que les mineurs sud-africains retrouvent l’entièreté de leurs droits dans le domaine du droit du travail. Ajouter un plus à leurs salaires comme ils le demandent, n’est pas une provocation mais un droit.

De tout temps, le salaire des ouvriers a toujours été dérisoire. Beaucoup de mineurs sont morts à la tâche dans les tunnels caractérisant ce travail très harassant. S’il faut encore que l’Etat Sud-Africain, par le canal de sa police, vienne encore les tuer, cela en ajoute à leur désarroi !

Une fois de plus, il faut que le Président Jacob Zuma se penche sur leur cas dans l’optique de l’équilibrage social.

Source: Come 4 News (Constant Ory), 07/09/2012 20h07

Afrique du sud: nouvelle bouffee de violence dans une mine

Des violences lors de la répression par la police sud-africaine d’un nouveau mouvement syndical dans une mine d’or près de Johannesburg ont fait au moins quatre blessés, lundi 3 septembre. Un incident qui survient alors même que la justice a commencé à libérer des mineurs de Marikana, où 34 grévistes avaient été abattus le 16 août par les forces de l’ordre.

La justice et les autorités sud-africaines ont beau essayer de calmer le jeu sur le front social, rien n’y fait. Après la fusillade de Marikana du 16 août, la police ayant abattu 34 mineurs en grève, les conflits syndicaux se multiplient dans le pays. L’un d’entre eux a dégénéré une nouvelle fois en violences, lundi 23 septembre, cette fois dans la mine de Modder East à Springs, une ville située à environ 30 km à l’est de Johannesburg.

Armés de bâtons et de barres de fer, quelque 200 hommes licenciés en juin par la compagnie Gold One, que contrôlent des capitaux chinois, ont tenté de bloquer les accès à cette mine d’or. Les forces de l’ordre sont alors intervenues en fin de matinée pour disperser les manifestants à l’aide de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. « Nous confirmons que quatre personnes ont été hospitalisées. Mais nous ne pouvons pas dire si elles ont toutes été blessées par balles ou agressées par les ex-mineurs. Une enquête est en cours », a indiqué la porte-parole de la police Pinky Tsinyane à l’AFP.

Après une grève sauvage organisée par le petit syndicat Ptawu, qui cherchait à être l’organisation représentative, Gold One avait licencié en juin plus de la moitié des salariés de la mine, soit 1 044 personnes. La direction avait indiqué avoir eu connaissance d’au moins quatre attaques par d’anciens employés contre son personnel, dont « deux ont été fatales et une troisième a nécessité l’hospitalisation d’un employé ».

Scénario banal

Le scénario est hélas banal : les mineurs lancent une grève sauvage, la justice déclare le mouvement illégal avant que la compagnie exploitante ne licencie les grévistes… pour les réembaucher au compte goutte une fois le calme revenu. Ainsi, au début de l’année, la mine de platine d’Impala Platinum à Rustenburg (nord) a été paralysée plusieurs semaines par une grève illégale émaillée de violences qui ont fait trois morts et plusieurs blessés. La direction avait licencié pas moins 17 200 grévistes, avant d’en réembaucher la plupart.

Ces nouvelles violences interviennent moins de trois semaines après la fusillade meurtrière de Marikana (nord). Le parquet sud-africain avait pourtant fait machine arrière dimanche en retirant « provisoirement » l’étonnante inculpation de 270 mineurs grévistes pour le meurtre de leurs camarades abattus par la police, un drame qui avait ému tout le pays. Les 162 premiers d’entre eux, arrêtés à Marikana juste après la fusillade, ont été libérés lundi par un tribunal de la banlieue de Pretoria.

Jubilant, les mineurs libérés ont quitté le tribunal en chantant et dansant, levant le poing devant les caméras. Les autres doivent être élargis jeudi. Le principal problème est la vérification de leur adresse préalable à leur libération, nombre d’entre eux étant des travailleurs migrants qui habitent dans des bidonvilles aux abords de la mine. Les mineurs, qui restent poursuivis pour violence publique et rassemblement interdit, comparaîtront à nouveau le 12 février 2013.

Leur presse – Jeune Afrique (Avec AFP), 04/09/2012 09h19

[Espagne] Sur la grève des mineurs

Espagne: La trahison de la grève des mineurs et le silence de la pseudo-gauche

Les deux principaux syndicats représentant les mineurs en Espagne, le CCOO et UGT, ont appelé les travailleurs à reprendre le travail dans la région d’Aragon, Leon et Asturias après une grève de 67 jours. Ils ont aussi demandé à tous les mineurs qui occupent les mines d’abandonner leur protestation.

Le 31 mai, plus de 8 000 mineurs avaient commencé une grève illimitée contre la baisse des subventions menaçant de détruire l’industrie et 40 000 emplois dans la mine et autres emplois associés. Les syndicats n’avaient appelé à la grève qu’une fois qu’il était clairement apparu que les mineurs allaient entrer en lutte, avec ou sans leur accord.

Dès le départ, la bureaucratie syndicale a essayé d’étouffer ce mouvement combatif en limitant la lutte à des demandes de subventions, sachant pertinemment que le gouvernement du Parti populaire (PP) n’allait pas revenir sur les coupes. Ils ont ensuite essayé d’isoler les mineurs.

Le 18 juin, une grève générale d’une journée avait été très largement suivie, mais l’action avait été confinée par les syndicats aux régions minières afin d’éviter toute mobilisation plus large contre les mesures d’austérité du gouvernement qui paupérisent des dizaines de millions de personnes.

Puis le 22 juin, 200 mineurs grévistes organisés par le CCOO et UGT avaient fait une « Marche noire » de 500 kms. L’unique objectif de cette marche était de faire pression sur le PP pour qu’il honore le précédent accord avec le gouvernement du Parti socialiste (PSOE) qui, en conformité avec les dictats de l’Union européenne, avait prolongé les subventions jusqu’en 2018.

Le 11 juillet, la marche avait été accueillie par plus de 25 000 personnes dans les rues de Madrid et qui avaient ensuite manifesté avec les grévistes. C’était le signe clair que les mineurs jouissaient du soutien significatif de la classe ouvrière malgré les efforts des syndicats pour les isoler.

Après deux mois de grève, les syndicats obtenaient finalement la rencontre qu’ils souhaitaient avec le gouvernement dont la position n’avait pas changé d’un pouce.

Le coup de grâce alors donné par les syndicats n’aurait pas pu être plus cynique ni plus brutal. Deux jours à peine après cette rencontre, les syndicats ont appelé à mettre fin à la grève, déclarant que les mineurs n’avaient pas les moyens de la poursuivre.

« Nous avons dit aux gens d’aller à la mine dès demain, nous allons aussi annoncer un programme de mobilisations, » a annoncé Felipe Lopez, secrétaire général de CCOO.

Juan Carlos Alvarez Liébana de CCOO a dit que mettre fin à la grève permettrait aux mineurs de « recharger leurs batteries. »

Les mobilisations dont parle Lopez fait référence à de petites protestations symboliques tandis que l’industrie minière est progressivement réduite.

Le sentiment d’être trahi était manifeste. Cinq mineurs sur les six qui occupaient la mine de Santa Cruz del Sil à Leon ont décidé de poursuivre leur protestation jusqu’à ce que la compagnie réponde à leur demande de « Pas de licenciements et pas de coupes. » Commentant l’appel à mettre fin à la grève, un porte-parole des mineurs a dit, « Ce qui est en train de se produire c’est un manque de cohérence qu’on n’a pas vu se produire même sous [le dictateur, le général] Franco. »

La fin de la grève a ouvert la voie à une répression brutale contre les mineurs grévistes qui avaient érigé des barricades à travers les rues, les autoroutes et les voies de chemin de fer durant la grève et avaient résisté aux attaques de la Guardia Civil qui avaient recours à des balles en caoutchouc, du gaz lacrymogène, des matraques et des coups. Plus de 100 grévistes sont actuellement poursuivis en justice. Cette semaine, cinq autres mineurs ont été arrêtés par la Guardia Civil et placés en garde à vue.

Durant la grève, ce sont aux partis de la pseudo-gauche tels Izquierda Anticapitalista (Gauche anticapitaliste) En Lucha (En lutte), El Militante (Le Militant) et Partido Communista de Espana (Parti communiste espagnol) qu’est revenue la tâche de trahir les syndicats. Selon eux, la grève était la preuve que les syndicats pouvaient fonctionner comme des organisations de lutte des classes à condition qu’une pression suffisante soit exercée sur leur direction.

En Lucha, l’homologue espagnol du British Socialist Workers Party, a dit que « la lutte des mineurs nous montre … que notre analyse des principaux syndicats [CCOO et UGT] doit être complexe et échapper aux simplifications sectaires qui ne font pas de différences entre la bureaucratie syndicale et la base combative. »

De telle affirmations ignorent volontairement non seulement le refus de CCOO et UGT d’arrêter la destruction en cours de l’industrie minière, mais aussi les expériences stratégiques avec les syndicats faites par la classe ouvrière espagnole et internationale durant ces dernières décennies. Dans le passé, les stratégies réformistes des syndicats se fondaient essentiellement sur la collaboration de classes et non la lutte des classes. Même quand la bureaucratie était forcée d’appeler à des grèves et à des conflits, son objectif était d’assurer un pacte social entre employeurs et travailleurs, entre dirigeants et dirigés, un pacte qui prévoyait une réglementation économique nationale comprenant des concessions limitées en matière de salaire, de conditions de travail et de mesures de protection sociales.

Dans tous les pays, pour préserver son existence privilégiée, la bureaucratie syndicale a réagi à la mondialisation de la production et à l’ouverture de l’économie nationale à une concurrence bien plus intense et immédiate en changeant l’axe de ses relations établies de longue date avec les employeurs et l’Etat. Depuis maintenant plusieurs décennies, les syndicats participent activement à l’abaissement systématique des salaires et à la destruction des emplois et des conditions de travail. Ils n’agissent même plus en organisations de défense des travailleurs contre les pires excès du système capitaliste, mais en police du monde du travail pour les grandes entreprises et l’appareil d’Etat.

Ce processus a vu aussi le virage à droite très marqué des groupes de pseudo-gauche dont la direction est aussi composée d’une couche petite-bourgeoise privilégiée qui s’est, en particulier, assurée une position au sein des syndicats, de l’appareil gouvernemental local et central et des milieux universitaires.

C’est ce qui explique leur silence assourdissant maintenant que les syndicats ont trahi les mineurs et les ont contraint à reprendre le travail. Il n’y a pas une seule déclaration, pas un seul article publié dans En Lucha, El Militante, Izquierda Anticapitalista et Partido Comunista de España.

Selon Izquierda Anticapitalista, la grève des mineurs « nous montrait la voie » et « s’étendait à tous les secteurs et dans le pays. » Qu’est ce qu’il en reste?

Les mineurs sont laissés pour compte tandis que cette pseudo-gauche passe à autre chose.

Leurs actes ressemblent à l’unité d’opérations psychologiques (psy-ops), dont la fonction, selon la définition du ministère de la Défense américain, est « l’utilisation intégrée des capacités centrales … pour influencer, perturber, corrompre ou usurper la prise de décision automatique et humaine de l’adversaire tout en protégeant la nôtre.»

Durant toute cette lutte, ces ex-gauches ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour influencer, perturber, corrompre et usurper la prise de décision des mineurs et du reste de la classe ouvrière au nom de l’appareil des syndicats.

Il y a deux leçons à tirer. Tout d’abord, la classe ouvrière ne peut mener ses luttes au moyen des syndicats. Deuxièmement, l’ex-gauche petite-bourgeoise a de nouveau été démasquée comme étant un détachement spécial de la bureaucratie syndicale et doit être traitée comme tel.

Depuis le début de cette lutte, le World Socialist Web Site met en garde contre le rôle joué par les syndicats, insistant pour dire que de nouvelles organisations de lutte de la classe ouvrière, tels des comités de voisinage, d’usines et de lieux de travail, indépendants des syndicats, sont nécessaires et qu’un nouveau parti authentiquement socialiste doit être construit. C’est la tâche fondamentale à laquelle sont confrontés les travailleurs et les jeunes en Espagne.

Source: World Socialist Web Site (Alejandro Lopez), 13 août 2012

Du 26 au 28 juillet 2012.

Actions des femmes de mineurs et  blocages de routes tandis  l’Etat réaffirme vouloir imposer son plan.

Jeudi 26 juillet : lors d’une conférence de presse, Sorria, le ministre de l’industrie a déclaré que le gouvernement adoptera unilatéralement le nouveau plan charbon si les syndicats  refusaient de négocier.  Il en a profité pour rappeler que l’actuel plan de fermeture des mines a été adopté par le précédent gouvernement avec l’accord de l’Union européenne. Il accuse les entreprises de manipuler la grève pour profiter à plein des subventions. Il a rappelé quelques chiffres : 5,5 milliards d’euros d’aides directes ont été versées aux entreprises depuis 1990; le montant total des subventions représente quelques 24 milliards d’euros depuis 21 ans. Sorria cible en particulier le Groupe Vitorino Alonso qui aurait reçu depuis cette période 2,11 milliards d’euros au titre des aides. Par ailleurs, il ajoute qu’à une époque où les subventions doivent aller en priorité aux énergies renouvelables, il ne voit pas pourquoi on subventionnerait une énergie très polluante, à forte émission de CO2 et responsable de pluies acides.

Une vingtaine de femmes de mineurs ont bloqué l’entrée principale du port del Musel à Gijon où se trouve le stock de charbon importé de Colombie par Goldman Sachs (156300 tonnes). Le charbon a trouvé preneur puisque l’entreprise de production énergétique HC energia les a achetés.

Vendredi 27 juillet  : l ‘aide financière s’organise d’une manière assez particulière du côté des syndicats. En effet, l’UGT et CCOO ont négocié avec Caja Espana un organisme financier (Caja Madrid fait partie de l’entité appelée Bankia, celle-là même qui a été « nationalisée » récemment et que l’Etat – via l’UE – va renflouer encore un peu plus). Celui ci avance un mois de paye aux mineurs avec comme garants les deux syndicats majoritaires; les mineurs rembourseront plus tard sans intérêt. Ceux qui possède une hypothèque auprès de cet organisme la paieront plus tard. De son côté le syndicat USO a débloqué 600 000 euros de sa CRS (caisse de résistance et solidarité) pour payer les jours de grève de ses syndiqués : ceux-ci n’auront rien à rembourser. De son côté le Spanish Miner’s Solidarity Committee annonce le versement de 10 000 livres sterling par l’intermédiaire des syndicats CCOO et UGT. 5 000 livres viennent de la NUM et de la Durham’s miners association, le reste de dons apportés par des particuliers.

Sur le terrain, en plus de l’action des femmes sur le port, les mineurs enfermés au fond des puits asturiens qui ont pris le relais des sortants il y a une semaine continuent la lutte. Les autoroutes sont régulièrement bloquées, on signale que la ville de CInera a été envahie par les GRS (les CRS locaux). Seuls cinq mineurs qui étaient enfermés dans les salons de la Mairie de CAngas del Narcea ont arrêté leur occupation après être restés enfermés 39 jours dans ce bâtiment.

La solidarité internationale.

Des militants anarchistes israéliens et des travailleuses et travailleurs du Bangladesh ont apporté leur soutien à la lutte que mènent actuellement les mineurs en Espagne.

Source: La Mouette Enragée, 3 août 2012

[Espagne] Les mineurs en lutte: nouvelles de la mobilisation et appel à la solidarité financière indépendante

Actualisation V – Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte

Urgent : Solidarité financière indépendante avec la lutte des mineurs

Alors que la grève illimitée des mineurs se poursuit depuis deux mois, les mineurs et leurs familles se trouvent dans des situations dramatiques. Les numéros de comptes bancaires qui ont circulé sur Internet sont ceux des syndicats (UGT et CCOO) mais il n’y a aucun contrôle ou transparence quant à leur utilisation : cet argent serait utilisé surtout pour financer les frais ‟purement syndicaux” de la lutte (marche des mineurs sur Madrid…), tandis que de nombreux grévistes déclarent ne rien avoir reçu et en être de leur poche, y compris pour les frais occasionnés par le combat quotidien (achat de petits matériels de défense, de protection et d’attaque, déplacements…), sans parler de la survie au jour le jour.

Le FUSOA (Fondo Unitario de Solidaridad Obrera de Asturias), caisse de solidarité ouvrière indépendante des syndicats et des partis politiques, se charge de recueillir des fonds et de les répartir directement auprès de tous les grévistes, syndiqués ou non, en se rendant dans les puits et les lieux de concentration des mineurs en lutte.

L’appel qui suit a été diffusé dans la Communauté Autonome de Madrid. Mais il nous a semblé judicieux de le faire circuler bien au-delà, la solidarité de classe est censée ne pas connaître de frontières.

Recueil de soutien financier pour la lutte des mineurs

Dans une période où les coupes sociales et les attaques contre les emplois, les salaires, les droits basiques du travail deviennent habituelles et quotidiennes sans que les travailleurs et les travailleuses ne s’y opposent avec des mobilisations conséquentes, la lutte menée par les mineurs est remarquable non seulement par sa radicalité et ses confrontations avec les forces de répression, mais aussi par la constance et la continuité de la lutte, en particulier dans les bassins du nord, dans les Asturies et le Léon.

La Caja Obrera de Resistencia de Madrid (Caisse Ouvrière de Résistance de Madrid) a soutenu financièrement cette lutte à plusieurs reprises, jusqu’où cela a été possible, laissant à zéro le solde du compte alimenté par les affiliés actifs. Toutes les aides que nous avons apportées ont été pour le FUSOA (Fonds Unitaire de Solidarité Ouvrière des Asturies), caisse de résistance asturienne avec laquelle nous partageons une présence dans la coordination des Caisses de Résistance et des Comités de Solidarité.

C’est pourquoi avec ce communiqué nous commençons une collecte de fonds parmi les travailleurs et les travailleuses les plus conscients de Madrid. Nous ne demandons pas l’aumône pour les pauvres, nous sollicitons la solidarité financière pour ceux qui luttent, pour qu’ils continuent à se battre et qu’ils puissent lutter contre la répression qui se prépare dans les cabinets ministériels contre tous ceux qui ont été identifiés et arrêtés lors des journées de lutte.

Alors maintenant, tu as la possibilité de participer à la lutte des mineurs en contribuant financièrement, selon tes possibilités. La Caisse Ouvrière de Résistance est une caisse stable qui recueille de façon permanente les contributions de ses membres actifs et qui décide en assemblée sur ses aides et ses collectes, tout en étant ouverte à tous les travailleurs et travailleuses, indépendamment de leur idéologie et de l’organisation syndicale à laquelle ils appartiennent.

Comment faire des contributions à la Caisse Ouvrière de Résistance ?

Toujours de la main à la main, ou directement aux compañeros et compañeras actifs de la Caisse, ou bien aux organisations syndicales qui collaborent à cette Caisse et nous le feront parvenir

(Solidaridad Obrera, Plateforme syndicale de EMT, le Syndicat Assembléaire de la Santé, etc.). Si aucune de ces manières n’est possible, tu peux te mettre en contact avec la Caisse à travers l’adresse de la boîte postale suivante : Apartado de Correos 40155 (28080 Madrid) ou en envoyant un courriel à cette adresse électronique : cajaresistencia [at] gmail.com et nous entrerons en contact personnellement avec toi pour recueillir ton aide financière.

Madrid, juillet 2012

Source : http://www.solidaridadobrera.org/cajaobrera/

Actualisation V – Construisons la solidarité avec les mineurs espagnols en lutte.

Du 19 au 24 juillet 2012

La dissension entre appareils syndicaux se confirme, l’enfumage de l’Etat se poursuit; de leur côté, les mineurs continuent leurs actions sur le terrain.

Le 19 juillet, à San Roman des Bembibre, les mineurs ont bloqué une autoroute et des voies ferrées. Il y a eu trois arrestations à la suite de frictions avec la police.

Toujours depuis le 19 juillet, trois mineurs Asturiens des CCOO-HUNOSA campent devant le ministère de l’indutrie et quatre des CCOO de Léon et Aragon campent également devant le musée du Prado. Ces campements se nomment “Assemblées permanentes”.

Les barrages de routes se poursuivent mais la stratégie est différentes. Dorénavant les mineurs procèdent aux actions et blocages de nuit afin d’éviter que les hélicoptères de la police ne les repèrent. Les flics eux entrent donc dans les villes la nuit, coupent les lumières, brouillent les communications portables et arrêtent tout ce qui bouge : passants, automobilistes, etc…

Les dissensions à la tête des appareils syndicaux se confirment: le SOMA-FITAG-UGT souhaite abandonner la stratégie de blocage des routes. Le SOMA a ainsi organisé le 20 juillet une marche au départ des puits de mine en direction d’Oviedo, capitale provinciale des Asturies. Entre temps l’USO, syndicat qui possède statutairement une caisse de résistance et de solidarité a versé 30.000 € aux mineurs de Cangas del Narcea. Notons qu’à l’issue de la manifestation du 11 juillet, le ministère de l’industrie a reçu l’USO en audience; audience à laquelle CCOO et UGT ont refusé de se rendre. L’USO se positionne clairement comme le syndicat qui veut négocier et pense gagner grâce à la négociation sans importuner la population avec des coupures de routes.

Une réunion était prévue le 20 juillet entre les mairies des bassins miniers (assoc Acom) et un représentant du ministère de l’industrie. Les municipalités ont réclamé la mise en circulation des 111 millions d’ euros prévus pour l’aide à la production de charbon afin de donner un ballon d’oxygène aux entreprises. Le gouvernement a répondu qu’il ne donnera pas un centime tant qu’il y aura la grève et les blocages de routes.

L’enfumage de l’Etat

Le 21 juillet, après 8 h de négociations, les représentants des salariés et ceux des entreprises auraient produit un document qui permettrait de débloquer les 111 millions en question. Ce document de 14 pages serait un accord entre la Carbunion, le FITAG-UGT et les CCOO afin de mettre un terme au conflit grâce à des possibilités de maintient de l’emploi dans les mines jusqu’en … 2012 (sic) !

L’activité des mines serait quant à elle maintenue jusqu’en 2018 grâce à l’étalement des coupes au taux initialement prévu de 63 %.

Dissensions et machinations à la tête des appareils syndicaux

Le mardi 24 juillet : l’USO a donné une conférence de presse accusant les CCOO et le SOMA-FITAG-UGT de prolonger volontairement le conflit pour défendre leurs intérêts syndicaux et les entreprises minières de Vitorino Alonso qualifié de mafieux durant la conférence. L’USO accuse les deux syndicats majoritaires d’avoir refusé un accord avec le ministère de l’ industrie car une partie des aides qui auraient été transférées pour permettre le recouvrement des salaires des ouvriers étaient destinées à l’origine à financer SOMA et CCOO par l’intermédiaire des plans de formation ainsi que le paiement de frais de fonctionnement incluant le salaire de certains secrétaires de ces syndicats. L’USO plaide pour un retour au travail, garantissant que la viabilité du secteur est assurée si on transfère une partie des fonds destinés à la ré-industrialisation vers les entreprises minières pour l’aide à la production, ce qui est en fait la position du gouvernement. Précisons que l’USO n’a pas quitté une seule fois la table de la négociation depuis fin juin et le lancement de la Marche Noire.

Le SOMA répond en demandant au secrétaire de l’USO de se rétracter publiquement sinon ils intenteront des actions en justice. Par ailleurs le SOMA rappelle que l’USO a lui aussi reçu des subventions ainsi que des fonds pour la formation des mineurs et leur famille. Le SOMA rappelle qu’il y a probablement des milliers de “fils de mineurs USO” qui ont bénéficié de ces plans de formation…

Pour compliquer la situation, le secrétaire général des USO Asturies se désolidarise de sa direction nationale quand elle parle des transferts de subventions pour permettre la reprise du travail par contre il rejoint les critiques sur le détournement des subventions de formation pour le financement des syndicats.

Pendant ce temps sur le terrain

Les actions continuent. Les mineurs empêchent depuis le 23 juillet l’approvisionnement de la centrale thermique de Compostilla. Ils ont bloqué des camions chargés de charbon d’importation qui venaient alimenter la centrale. Pendant ce temps, Goldman Sachs accumule dans le port d’El Musel, dans les Asturies, des tonnes de charbon d’importation en attendant que les prix montent.

Mercredi 25 : Le ministère a rejeté le plan commun proposé par les syndicats majoritaire/Carbunion Pour le ministère il est peu clair et inutile. Le gouvernement recherche uniquement le moyen de ne pas fermer des entreprises et perdre des emplois dès cette année. Par contre, les coupes auront bien lieu. Il réfléchit à un plan charbon 2013-2018 tout en assurant que le modèle actuel de négociation est mort, autrement dit, le plan se fera sans les syndicats. Pendant ce temps, le blocage de la centrale

thermique continue. Les mineurs bloquent toujours des autoroutes en ASturies et les mineurs enfermés dans les puits du Léon viennent d’atteindre leur 50 è me jour passé sous terre.

Traduction de la Mouette Enragée (25/07/2012)

[Espagne] Les mineurs en lutte: manifestations et barrages routiers dans les Asturies – 16, 17 et 18 juillet 2012

Ce mardi 18 juillet, au 52ème jour de grève des mineurs contre les coupes budgétaires dans secteur du charbon, plusieurs manifestations ont eu lieu à Palencia, à Villamuriel Cerrato, à Magaz de Pisuerga, à Carrión de los Condes, à Aguilar de Campo, Velilla, Santibanez de la Peña et à Guardo, avec le soutien des familles de mineurs, des syndicats et de la population locale. De plus, sept barrages routiers se sont déroulés dans la région de Palencia.

La section des mines du syndicat FITAG-UGT a déclaré que les manifestations et autres actions de protestation continueront ces prochains jours.

La veille (17/07/2012), les mineurs leonais de la Hullera Vasco ont reconduit la grève illimitée en Assemblée Générale. Un groupe de mineurs de Laciana et de Bierzo s’est également déplacé hier (16/07/2012) à la Robla pour vérifier si les mineurs basques avaient repris le travail. Un barrage routier devait avoir lieu sur la Nationale 630 à la hauteur de Cinera, action qui avait été décidée en Assemblée Générale. Mais l’Assemblée a décidé de déplacer leur mouvement de protestation à la ville de León avec une manifestation devant le bâtiment de la délégation de l’Assemblée de Castille et León. Là, les mineurs ont commencé à tirer des fusées et des pétards et ont reçu le soutien des fonctionnaires de la Commission, qui se sont joints à la protestation contre les dernières coupures lors du Conseil des ministres.

Par ailleurs ce matin (18/07/2012), le tribunal d’Oviedo a condamné deux mineurs à 9 mois de prison et 200 euros d’amende pour avoir participé à un barrage routier avec des pneus enflammées  sur la route nationale 630 à la hauteur de Caleyo.  La Cour les oblige également à indemniser le ministère du Développement de 359 euros pour les dommages causés sur la route.

Traduit de l’espagnol d’articles de leur presse du 17 et 18 juillet 2012

[Besançon] Les murs s’expriment (2) – 14 juillet 2012

Echos à l’action de solidarité avec les mineurs en lutte de ce 14/07/2012:

Alors que les bouchers patriotes défilaient aux pas dans la matinée:

[Besançon] En solidarité avec la lutte des mineurs des Asturies – 14 juillet 2012

Une dizaine de personnes s’est rassemblée devant le consulat d’Espagne à Besançon, qui est honoraire et pour cause: les manifestant-e-s ont trouvé la porte close une fois de plus (la dernière fois) et ont donc laissé quelques traces de leur passage dans le bâtiment en collant quelques autocs évoquant solidarité internationale et lutte de classes.

Le petit groupe s’est ensuite dirigé vers le pont Denfert Rochereau, histoire d’exposer à la vue du plus grand nombre de bisontin-e-s présent-e-s dans les rues de Besançon en ce début d’après-midi, la banderole de la CNT 25 empruntée pour cette action.

Pour finir, les manifestant-e-s se sont posté-e-s devant la banque du CA avec la banderole (un aperçu) durant quelques minutes, entre discussions avec les passant-e-s et lancé de pétards….

Toute notre solidarité avec les 8000 mineurs asturiens en grève depuis un mois et demi, qui se défendent avec courage et détermination face aux charges de la garde civile, toujours plus équipées et toujours aussi brutales (plus de 40 blessé-e-s du côté des manifestant-e-s lors de la manifestation de Madrid du 11/07/2012!)

Les barricades bloquent les routes mais ouvrent la voie !

Face à l’austérité, grève générale !

Mur à proximité de la gare de Besançon-Viotte ce samedi 14 juillet 2012

Petit clin d’oeil à Toufik de Planoise, à qui j’ai piqué la première photo et qui a également fait un compte-rendu de l’action

Des actions de solidarité avec la grève des mineurs ont eu lieu à Boulogne-s/-Mer

Rassemblements en solidarité avec les mineurs espagnoles en lutte à Strasbourg et partout ailleurs – 14 juillet 2012

Reçu par mail:

Contre la répression d’Etat et le chaos capitaliste, la solidarité est l’arme des peuples:

Depuis trois mois, 8000 mineurs des Asturies en grève illimitée refusent une mise à mort sociale planifiée par les grandes banques et la classe bourgeoise, et bloquent leur économie par des dizaines de barricades défendues chaque jour au lance-pierre et au lance-roquette artisanal;

Depuis trois mois, 8000 mineurs des Asturies repoussent au jour et jour les attaques policières sur les piquets de grève aux mines et sur les points de blocage dans les villages, Depuis trois mois, les mineurs et leurs familles luttent seuls contre l’Etat et les flics pour protéger leurs lieux de vie et leurs proches. En ce 11 juillet, des dizaines de milliers de travailleurs solidaires ont pris la rue avec les mineurs grévistes à Madrid. Face à la menace d’un mouvement social déterminé et solidaire, l’Etat a lâché ses porcs pour réprimer dans le sang l’élan populaire. Une centaine de blessés, dont plusieurs enfants. En ce moment même, le peuple espagnol reprend la rue, à Madrid mais aussi à Barcelone et dans d’autres villes. La répression est logiquement impitoyable.

Nous sommes tous des mineurs des Asturies, solidarité totale et inconditionnelle avec la révolte du peuple espagnol !

Face à la répression d’Etat, solidarité totale, inconditionnelle et offensive !

De la Grèce au Portugal, de l’Italie à l’Espagne, la Machine capitaliste continu de condamner des peuples entiers à la misère sociale, détruisant des vies humaines par les plans d’austérité, armes de guerre de la classe bourgeoise. Notre seule arme pour stopper l’hécatombe sont solidarité et détermination.

De Athènes à Rome, de Barcelone à Lisbonne, l’Etat réprime et écrase la moindre révolte.

La passivité est complicité,

Tous au Consulat d’Espagne ce samedi 14 h

13 quai Kleber à Strasbourg

 

Des rassemblements de solidarité avec les mineurs en lutte ont lieu partout en France devant les consulats et ambassades d’Espagne: voir la page facebook (liste des rassemblements dans les différentes villes)

Un rassemblement est prévu à Besançon ce samedi 14 juillet à 14h devant le Consulat d’Espagne (2 E, rue Isenbart)

La liste des autres rassemblements:

Paris 14h00 | Ambassade
Adresse : 22, avenue Marceau

Fort-de-France (Martinique) 14h00 | Consulat Honoraire
Adresse : Pointe La Rose
97231 Le Robert

Bayonne 14h00 | Consulat général
Adresse : Résidence du Parc
4, avenue du B.A.B.
64100 Bayonne

Bordeaux 14h00| Consulat général
Adresse : 1, rue Notre-Dame
33000 Bordeaux

Dijon 14h00| Vice-Consulat Honoraire
Adresse : 11, rue du Tillot
21000 Dijon

Le Havre 14h00 | Vice-Consulat Honoraire
Adresse : Europe building
Quai de l’Europe B.P 119
76051 Le Havre Cédex

La Rochelle 14h00 | Vice-Consulat Honoraire
Adresse : Quai des Chaluts
Port de Pêche Chef de Baie
17045 La Rochelle Cedex 01

Lyon 14h00 | Consulat général
Adresse : 1, rue Louis Guérin
69100 Villeurbanne

Marseille 14h00 | Consulat général
Adresse : 38, rue Edouard Delanglade
13006 Marseille

Montpellier 14h00 | Consulat général
Adresse : 24, rue Marceau – B.P. 51221
34010 Montpellier Cédex 01

Nice 14h00 | Vice-Consulat Honoraire
Adresse : 4, boulevard Jean Jaurès
06300 NICE

Pau 14h00 | Consulat général
Adresse : 6, place Royale
64000 Pau

Perpignan 14h00 | Consulat général
Adresse : 12, rue Franklin
66000 Perpignan

Rennes 14h00 | Consulat Honoraire
Adresse : 2, allée des Açores
35200 Rennes

Rouen 14H00 Vice Consulat,                                                                                                      22 Rue de la Croix d’Yonville, 76000 Rouen

Toulouse 14h00| Consulat général
Adresse : 16, rue Sainte Anne
31000 Toulouse

Toulon 14h00| Vice-Consulat Honoraire
Adresse : 215, avenue de la Victoire
Immeuble Le Mont d’Or
83100 Toulon

Et ailleurs dans le monde:

[Canada] Montréal:

14h00 | Consulat d’Espagne à Montréal
Adresse: 1, Westmount Square

[Suisse] Berne:

14H00 Berne
Kalcheggweg 24
3000 Berne 15

[Belgique] Bruxelles:

Ambassade de l’Espagne
Wetenschapstraat 19 rue de la Science                                                                                              1040 Brussel/Bruxelles

Une pétition de soutien aux mineurs: Appel de soutien à la lutte des mineurs espagnols