[Mexique] Nouvelles spéciales : Journées de mobilisations pour la libération des prisonnier-e-s – Avril 2013.

Nouvelles spéciales : Journées de mobilisations pour la libération des prisonnier-e-s, avril 2013.

Journées de mobilisations pour la libération de prisonnier-e-s de la Sexta au Mexique et dans le monde.

Du 15 au 20 avril, de nombreuses manifestations, événements, marches, actions de solidarité pour la libération de Patishtán et des compagnons et compagnes de la Sexta ont eu lieu au Mexique et ailleurs. Suite aux rencontres européennes de solidarité avec les zapatistes et ceux et celles qui luttent en-bas et à gauche, au Mexique et partout dans le monde, plusieurs collectifs de solidarité ont considéré que nous ne devons pas oublier les compagnons et compagnes kidnappé-e-s par les États répressifs, quel que soit le lieu. Ainsi les collectifs présents lors de ces rencontres européennes des 2 et 3 février 2013 à Paris, ont lancé l’idée de manifester chacun à son niveau et dans son lieu de lutte le 17 avril, date choisie en référence à la Journée du Prisonnier Palestinien instituée en 1975. Il s’agit de rappeler à l’opinion publique que des femmes et des hommes sont encore détenu-e-s pour leurs idées et convictions politiques.

Au Mexique, le Réseau contre la Répression et pour la solidarité constitué de collectifs, groupes et individus adhérents à la Sixième Déclaration zapatiste a lancé un appel à manifester le 17 avril. Il lance des journées d’action globale  pour la liberté des prisonnier-e-s politiques et rappelle les compagnons et compagnes de la Sexta qui se trouvent encore enfermé-e-s : Rosa López Díaz, María de los Angeles Hernandez, Alberto Patishtán Gómez, Rosario Díaz Mendez, Pedro López Jiménez, Alejandro Díaz Santiz, Alfredo López Jiménez, Juan Collazo Jiménez, Enrique Gómez Hernández, Juan Díaz Lopez, Juan López Gonzales, Benjamin López Aguilar, Antonio Estrada Estrada, Miguel Vazquez Deara, Miguel Demeza Jiménez,Alvaro Sebastian Ramírez, Máximo Mojica Delgado, Santiago Nazario Lezma et Antonio Díaz Banderas.

Au même moment, des collectifs en Espagne, Italie, France, au Royaume-Uni, au Pays Basque se mobilisent à leur niveau et dans leur espace de résistance… La lutte pour la libération de compagnons adhérents à la Sexta a son propre temps, son propre chemin, sa propre histoire et son propre parcours. Cependant, pendant ces jours-là, les mobilisations et initiatives convergent et se renforcent en faisant pression auprès de ceux qui, là-haut, font la loi et décident à leur guise du sort de compagnons et compagnes emprisonné-e-s. Mais ces mobilisations convergent aussi et surtout pour dire haut et fort aux compagnes et compagnons qu’ils ne sont pas seuls et que la mobilisation en dehors est plus forte que jamais !

*Mobilisations pour la libération du professeur tzotzil Alberto Patishtán, l’organisation de la Voix de l’Amate et Solidaires, un long chemin de lutte :

Le 6 mars dernier, depuis la prison numéro 5 de San Cristóbal de Las Casas au Chiapas, Patishtán déclarait :  « Nous sommes gouvernés par l’injustice » (1), après avoir appris que les magistrats de la Première Chambre de la Cour Suprême de Justice (SCJN) avaient refusé que le plus haut tribunal puisse considérer son cas, prétendant que celui-ci ne présentait pas d’éléments suffisants pour mériter leur attention. Une réponse forte et solidaire s’est répandue au Mexique et ailleurs. Or, la Cour Suprême de Justice de la Nation Mexicaine ne s’attendait pas à la réaction sociale qu’a soulevée sa réponse négative concernant la révision du cas de Patishtán – a signalé son avocat en annonçant en même temps la nouvelle campagne internationale pour exiger la liberté du professeur tzotzil.

Depuis la prison numéro 5 de San Cristobal de Las Casas au Chiapas, Patishtan a convoqué une nouvelle étape de mobilisations du 20 mars au 19 avril. Ainsi, il lance un appel à manifester face aux ambassades et consulats du Mexique à l’étranger, appelle à mener des actions parallèles à celles réalisées dans son village natal « El Bosque », qui demande depuis douze ans sa libération.

Il faut se rappeler que peu après la décision de la Cour Suprême, les compagnons et compagnes solidaires de la Voix de l’Amate avaient publié plusieurs communiqués et mené un jeûne en demandant la libération d’Alberto et celle de tous les compagnons organisés en prison, adhérents à la Sexta. «  Malgré ce nouveau coup d’injustice, je ne renoncerai pas », a déclaré Patishtán dans son appel aux collectifs solidaires, étudiants, ouvriers, communautés, en exigeant la libération de tous les compagnons et compagnes de l’organisation de la Voix de l’Amate et solidaires. (2)

Patishtán est enfermé depuis douze ans déjà, accusé d’avoir assassiné sept policiers dans une embuscade en juin 2000. Une fois jugé, le cas est resté dans l’oubli, sans faire l’objet d’une enquête ni pendant l’arrestation ni après;c’était bien ça l’idée de ceux qui veulent que rien ne se sache, pour continuer de priver de liberté notre compagnon passé par cinq prisons différentes, dont une de haute sécurité dans l’État de Sinaloa. Les autres compagnons organisés ont été condamnés également pour délits fédéraux et font face à des accusations telles que kidnapping, vol, meurtre, homicide, dans une tentative évidente de ne pas les reconnaître comme prisonnier-e-s de lutte ou comme prisonniers politiques. Comme Patishtán, tous et toutes sont des indigènes. Ils n’ont eu accès ni à un traducteur, ni à un avocat connaissant leur langue tzotzil durant leur déclaration et leur procès. Ils ont tous été torturés ; certains ont été portés disparus pendant plusieurs jours, la majorité a été obligée sous torture de signer des aveux, d’autres ont été obligés de signer des feuilles blanches et ils sont tous condamnés à de lourdes peines qui vont de 25 à 60 ans de prison.

Le professeur Martín Ramírez, porte-parole du mouvement de « El Bosque » a déclaré : « Si seulement les accords de San Andres que le gouvernement mexicain a signés avec l’EZLN avaient été appliqués, Patishtán serait libre, car nous aurions une justice meilleure pour les indigènes. Nous ne comprenons pas pourquoi les mêmes pratiques continuent depuis 200 ans. Nous sommes au XXI siècle et la torture continue à s’appliquer ainsi que le mépris, comme ce fut le cas avec la Cour Suprême de justice qui a méprisé le cas d’Alberto. Le compagnon est un prisonnier politique et est enfermé pour avoir dénoncé publiquement la corruption de la mairie présidée par le PRI à cette époque ». (3)

Après la décision d’incompétence de la Cour Suprême de justice, une des possibilités est que le cas d’Alberto soit reçu par le tribunal collégial à Tuxtla Gutiérrez dans l’État du Chiapas, qui devra déterminer si la défense a raison ou pas. Dans l’attente d’une solution juridique, la pression s’exerce à un autre niveau, par la voie solidaire au travers de manifestations, événements, actions, piquets de protestation, émissions radio, lettres de soutien, dénonciations auprès des instances consulaires et cela malgré la pression gouvernementale pour arrêter les mobilisations massives du 19 avril -date du quarante-deuxième anniversaire de Patishtán et jour de la visite du président mexicain Enrique Peña Nieto au Chiapas. Peu avant la visite du mandataire, le gouverneur de l’État du Chiapas Manuel Velasco s’est même rendu personnellement à la prison numéro 5 de San Cristóbal de las Casas, pour s’entretenir avec le professeur Patishtán et les membres de l’organisation de prisonniers de la Voix de l’Amate et solidaires. Il s’est engagé à rechercher leur libération. (4)

*Le 19 avril a été une journée intense de mobilisations, une journée profonde de solidarité, de rage et d’engagement, une manifestation massive de quinze à dix-huit mille personnes selon certaines sources, composée en majorité par des indigènes tzotziles, à Tuxtla Gutiérrez, Chiapas. Un groupe de huit mille professeurs s’est joint et a pris part à l’exigence de liberté pour Patishtán. La foule a paralysé la ville plusieurs heures, les manifestants se sont arrêtés devant le siège du conseil général du pouvoir judiciaire, la rue a été occupée totalement par les indigènes qui, accompagnés de flûtes, guitares et tambours, composaient cette manifestation très diverse. Certains cortèges portaient des croix symbolisant les morts du massacre d’Acteal. Hommes et femmes venu-e-s de Pantelhó, Huitiupán, Simojovel, Chenalhó, San Andrés, Zinacantán, Huixtán, Chamula, San Cristóbal de las Casas du village de « El Bosque », n’ont pas cessé de crier pour la liberté du professeur pendant toute la marche.(5)

*Des manifestations diverses se sont jointes à cette exigence de liberté. De nombreuses émissions de radio ont eu lieu au Mexique et ailleurs. A Mexico, une manifestation a également été organisée, ainsi qu’une action sur Tweeter, intitulée :  acción #LibertadPatishtan, à laquelle ont participé 17 400 personnes. Une campagne de lettres a été également suivie et au total, plus de 4686 lettres ont été envoyées aux magistrats pour exiger la libération du professeur.(6)

Au niveau international, plusieurs mobilisations se sont jointes à cet appel ; il y a eu des mobilisations au consulat du Mexique au Canada, devant les ambassades mexicaines à Madrid, au Royaume Uni, à Chicago, Valence, Barcelone et Bilbao.

En France, dans le cadre de la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques qui a eu lieu du 14 au 21 avril 2013, deux événements ont été organisés concrètement pour la liberté de compagnons et compagnes adhérents à la Sexta. Le 17 avril, plusieurs collectifs ont organisé une soirée intitulée « 520 ans de résistance », dédiée aux prisonniers de la Sexta au Mexique, aux prisonniers amérindiens aux Etats-Unis (Leonard Peltier – Oso Blanco) et aux prisonniers mapuches. Lors de cette soirée, nous avons évoqué plus en détail le cas d’ Alberto Patishtán et avons également projeté un petit film sur la lutte menée dans sa communauté d’El Bosque. Nous avons parlé de la situation d’Alvaro Sebastian Ramirez et projeté le film du lancement de sa campagne internationale.

Le 20 avril était une journée spéciale dédiée surtout aux femmes prisonnières et ex- prisonnières, quel que soit le moment, quel que soit le lieu, à nos compagnes Rosa Lopez Diaz et Maria de Los Angeles Hernandez, à nos compagnes ex-prisonnières torturées sexuellement par l’État mexicain en 2006, à Atenco, toujours debout et en lutte: Mariana Selvas Gómez, Georgina Edith Rosales Gutiérrez, María Patricia Romero Hernández, Norma Aidé Jiménez Osorio, Claudia Hernández Martínez, Ana María Velasco Rodríguez, Yolanda Muñoz Diosdada, Cristina Sánchez Hernández, Patricia Linares, Suhelen Gabriela Cuevas Jaramillo et Bárbara Italia.

Lors de cette journée internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques, nous voulions donner une place spéciale à l’évocation de la résistance des femmes prisonnières et ex-prisonnières. Finalement, nous avons présenté une performance intitulée « Femmes prisonnières -Solidaridad », que nous avons construite à partir d’échanges (lettres, réflexions, passages du journal en prison, pensées) avec notre compagne ex-prisonnière et adhérente à la Sexta, Mariana Selvas, que nous remercions chaleureusement pour ce tissage collectif.

Mariana a été arrêtée le 4 mai 2006 à San Salvador Atenco, dans l’État de Mexico. Pendant le trajet jusqu’à la prison, elle a été tabassée, menacée de mort et a subi des agressions sexuelles commises par des membres de la police de l’État.

Et la lutte continue, la rage et la solidarité aussi….

*De la journée à la semaine de la Semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques :

A Paris, depuis 2008, différentes organisations participent à la mise en place de cette solidarité en exigeant la reconnaissance du statut de prisonnier politique partout dans le monde mais aussi, et surtout, la libération de ces prisonniers.

Cette année, conscient-e-s que la mobilisation se doit d’être large et de prendre en compte la diversité des situations, nous avons décidé de consacrer une semaine entière à la question des prisonnières et prisonniers politiques. Celle-ci s’est finalement déroulée du 14 au 20 avril dans différents lieux. Cette année, nous avons été nombreux à participer et avons convergé ensemble avec l’Académie des Arts et Culture du Kurdistan, l’Association des familles des prisonniers et des disparus sahraouis, Associu Sulidarità (Corsica), le Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, le Collectif Unitaire National de soutien à Mumia Abu-Jamal, le Comité de Solidarité avec le Peuple Basque, le Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte, le Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques, le Groupe de Soutien à Leonard Peltier, le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits Humains au Sahara Occidental (CORELSO), Les trois passants (Mexique), Libération Irlande, la Maison du Tamil Eelam, le Secrétariat International de la CNT, Sortir du colonialisme, Terre et Liberté pour Arauco. Nous ne sommes pas tou-tes là, il manque les prisonnières et les prisonniers ! Par les trois passants. Merci à Valerie et à Val pour les corrections.

Plusieurs lettres de prisonnier-e-s nous ont été envoyées pour la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques, cliquez ici

Plus d’infos sur les prisonnier-e-s de la Sexta

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Sources:

Reçu par mail, 03/05/2013

[Mexique] Halte au harcèlement contre les militant..e.s des droits humains – 27 avril 2013

Halte à l’harcèlement contre le NODHO et Enlace Urbano de Dignidad, adhérents à la Sexta, PUEBLA – MEXIQUE

A la Sexta,

Au Réseau contre la répression et pour la Solidarité,

Aux compagnes et compagnons de Enlace Urbano de Dignidad et du Nodo de Derechos Humanos adhérents à la Sexta;

Aux médias de communication alternatifs nationaux et internationaux;

Hier 27 avril 2013, des personnes non-identifiées sont entrées au domicile de Eduardo Almeida et Tamara san Miguel, membres du Nodo de Derechos Humanos et de Enlace Urbano de Dignidad. Ces personnes n’ont pris aucun objet de valeur, elles ont uniquement fouillé les meubles, ont volé des papiers et deux ordinateurs, ce qui exclut clairement un vol ordinaire. Il est clair qu’il s’agit d’un acte de harcèlement et de persécution contre deux défenseurs des droits humains et promoteurs communautaires, un de plus dans un pays qui tombe en ruine à cause de la corruption et de l’ignorance des mauvais gouvernements, un de plus venu du pouvoir qui persécute et agresse ceux qui essaient de faire un autre Mexique, un Mexique plus digne.

Face à cette agression, nous les signataires de cette déclaration, sommes solidaires des compagnons de Enlace Urbano de Dignidad et du Nodo de Derechos Humanos et exigeons qu’une enquête soit menée, que les responsables soient sanctionnés et que cesse toute forme de persécution, de harcèlement ou d’agression contre celles et ceux qui luttent pour la dignité et la justice.

Halte à l’harcèlement contre le NODHO et Enlace Urbano de Dignidad !

En Solidarité:

Centro de Documentación sobre Zapatismo, CEDOZ, État espagnol CGT, État espagnol Caracol Zaragoza, État espagnol Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte, Paris, France Fédération SUD éducation, France Les trois passants, France Nodo Solidale, Italie et Mexique Secrétariat international de la CNT, France Tamazgha, France Terre et Liberté pour Arauco, France Toile Libre, France LA PIRATA composée de : Nomads, Nodo Solidale, Colectivo Zapatista Marisol, Lugano, Italie et Suisse

Informations complémentaires :

Quelques heures après ce vol, il y a eu des tentatives de piratage des mails et sites web de ces organisations.

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*Antécédents (2010)

Aux compagnes et compagnons du NODHO des Droits de l’Homme – Puebla Au Conseil Démocratique des Maitres d’Ecole de Puebla (CDMP)

Au Réseau contre la Répression et pour la Solidarité

Aux compagnes et compagnons de l’Autre Campagne

Aux médias de communication alternatifs nationaux et internationaux

23 mars 2010

Depuis l’Europe, c’est avec beaucoup d’indignation et de préoccupation, que nous avons appris que la Procureure Générale de la Justice dont le directeur est Rodolfo Igor Archundia Sierra, a par l’intermédiaire du Ministère Publique de Javier Carrión Jiménez, déposé devant la deuxième juge du tribunal pénal de Puebla, Rosa Celia Pérez González, la demande d’enquête préliminaire 400/2009/-DMS-3º/DMS-II pour le supposé délit de « dégât à la propriété privée » du Syndicat Nacional des Travailleurs de l’education (SNTE) Section 23 et 51 et a demandé la mise en détention de Tamara San Miguel Suárez, y de Itzel Sánchez Martínez toutes deux apartennant au Nodho des Droit de l’Homme et adhérentes à l’Autre Campagne, ainsi que contre des Maîtres d’écoles, tous faisant parti du Conseil Démocratique des Maitres d’Ecole de Puebla : Mariano Rolón Castelán, Evaristo Matero Hernández, Lourdes Valderrábano Teresa, María de Jesús Herrera López, Marcelino Becerra Sollo, Justino Jacinto Rosas, Floriberto Vergara Cañongo, Rosa Isela Hernández Viderique, Mario Rubén Caamaño Lara, Gregorio Martínez Hernández, Marcelino Vázquez Ildefonso, Verónica Ramírez Jarquin, Lorena Ramírez Jarquin, Manuel Morales Espíndola, Élfego Márquez Luna.

Les 17 accusés sont les mêmes qui ont été frappés et détenus arbitrairement le 10 juin 2009 par des Policiers Ministériels, des policiers de l’Etat, des policiers métropolitains et des policiers municipaux de Puebla, quand le Gouvernement de l’Etat de Puebla en charge de Mario Marín Torres a réprimé une manifestation des maîtres d’Écoles contre l’Alliance pour la Qualité de l’Éducation (ACE). Depuis différents pays d’Europe, nous condamnons ces actes d’intimidation et exigeons que la Juge Rosa Celia Pérez annule l’Enquête préliminaire 400/2009/-DMS-3º/DMS-II pour le supposé délit de « dégât à la propriété privée » mené contre les maitres du Conseil Démocratique des Maitres d’Ecole de Puebla et contre les deux compagnes appartenant au Nodho des Droits de l’Homme de Puebla et adhérentes à l’autre Campagne.

Nous informerons les gens ici de ces actes d’injustice. Nous restons attentifs à ce cas.

Halte à la répression et à la criminalisation du mouvement social !

Prisionnières et prisionniers liberté !

S’ils en touchent unE, ils nous touchent touTEs !

Confederación General del Trabajo CGT del Estado Español Grupo IRU (estado español) Red Libertaria Apoyo Mutuo (estado español) Plataforma de Solidaridad con Chiapas-PLATA (Madrid-Estado Español) Comite de Solidaridad con los Pueblos de Chiapas en Lucha, Cspcl-París,Francia Grupo Les trois passants, Francia La Unión Mexicana Suiza (UMES) de Zürich Suiza, Colectivo ALANA (Solidaridad, Resistencia, Dignidad) Grecia. Cooperativa de Comercio Solidario “LA SEMILLA” Grecia Grupo Zero Hebdo, Paris, Francia Collettivo zapatista marisol, lugano

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* CONTEXTE: Nouvelle menace de répression contre le NODHO et les Maîtres d’écoles PUEBLA – MEXIQUE

Le 19 mars 2010 la Commission Juridique du Consejo Democrático Magisterial Poblano (CDMP) et le Nodo de Derechos Humanos (NODHO), nous avons été informés que la Procure Générale de Justice de Puebla (PGJ) en charge de Rodolfo Igor Archundia Sierra, par l’intermédiaire du Ministère Public (MP) Javier Carrión Jiménez, a déposé devant la deuxième juge du tribunal pénal de Puebla, Rosa Celia Pérez González, une demande d’enquête préliminaire pour le supposé délit de « dégât à la propriété privée » contre deux Défenseurs des Droit de l’Homme et 15 Maîtres d’écoles, les mêmes qui ont été détenus le 10 juin 2009 durant la répression contre une manifestation du Magistère.

Les Faits :

Le 19 mars on nous informe que depuis le 5 mars la PGJ, dont Rodolfo Igor Archundia Sierra est à la tête, par l’intermédiaire du MP Javier Carrión Jiménez,a déposé devant la deuxième juge Rosa Celia Pérez la Demande d’Enquête Préliminaire 400/2009/-DMS-3º/DMS-II pour le supposé délit de « dégat à la propièté privée » contre le Syndicat National des Travailleurs de l’Éducation (SNTE) Section 23 et 51 et demande la détention de Tamara San Miguel Suárez, Itzel Sánchez Martínez, toutes deux membres du Nodo de Derechos Humanos; de Mariano Rolón Castelán, Evaristo Matero Hernández, Lourdes Valderrábano Teresa, María de Jesús Herrera López, Marcelino Becerra Sollo, Justino Jacinto Rosas, Floriberto Vergara Cañongo , Rosa Isela Hernández Viderique, Mario Rubén Caamaño Lara, Gregorio Martínez Hernández, Marcelino Vázquez Ildefonso, Verónica Ramírez Jarquin, Lorena Ramírez Jarquin, Manuel Morales Espíndola, Élfego Márquez Luna, tous membres du Consejo Democrático Magisterial Poblano. Les 17 accusés sont les mêmes qui ont été frappés et détenus arbitrairement le 10 juin 2009 par des Policiers Ministériels, des policiers de l’Etat, des policiers métropolitains et des policiers municipaux de Puebla, quand le Gouvernement de l’Etat de Puebla en charge de Mario Marín Torres a réprimé une manifestation des maîtres d’Écoles contre l’Alliance pour la Qualité de l’Éducation (ACE). Les 17 détenus le 10 juin sont restés en liberté et ont déposé plus tard plainte auprès de la Commission des Droits de l’Homme de Puebla et auprès de la PGJ (No. 386/2009). Celle-ci a été enregistré le 17 Février par la Procureur de Puebla.

Vidéo de la répression du 10 juin 2009  

Sources:

Traduit par les trois passants et Val.

Reçu par mail, 28 avril 2013

[Mexique] Nous n’oublions pas la répression perpétrée par l’État le 1er décembre 2012 à Mexico

MEXICO: nous n’oublions pas la répression perpétrée par l’État mexicain le 1er décembre 2012

Nous n’oublions pas le compagnon Kuykendall, ni les arrestations, ni les blessures!

Un coup porté contre l’une ou l’un d’entre nous est un coup porté contre toutes et tous !

Voir les articles sur cette journée de répression: https://lechatnoiremeutier.wordpress.com/2012/12/03/mexique-repression-post-electorale-du-nouveau-pouvoir-elu/ https://lechatnoiremeutier.wordpress.com/2012/12/04/mexique-repression-lors-de-la-prise-de-pouvoir-du-nouveau-president-enrique-pena-nieto-texte-video/

Voir les articles sur cette journée de répression: 1
& 2

Le 1er décembre 2012, quand la mobilisation contre l’investiture-imposition présidentielle d’Enrique Peña Nieto a commencé, les forces de l’ordre ont réprimé de façon brutale les manifestants et manifestantes qui, avec rage et dignité, étaient sorti-e-s dans la rue pour faire entendre leur colère contre un système qui prend uniquement en compte ses propres intérêts sans se soucier du reste. Les manifestants étaient sortis pour crier haut et fort leur colère face au mépris, à tous les abus de pouvoir, à la répression étatique et à la criminalisation de tous ceux et celles qui protestent et osent critiquer leur façon de faire.

Le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité (Rvs), composé de collectifs, individus et groupes adhérents à la Sixième Déclaration de la forêt Lacandone de l’EZLN, a émis plusieurs communiqués condamnant la répression brutale contre les étudiants, les travailleurs, les hommes, femmes, vieillards qui se trouvaient à la manifestation, à proximité du Congrès de l’Union et du centre historique de la ville de Mexico. Peu de temps après cette répression brutale, les différents réseaux ont commencé à informer sur ce qui s’était véritablement passé lors de cette manifestation. Plusieurs vidéos ont montré la brutalité policière à l’encontre de manifestant-e-s et notamment du compagnon Francisco Kuykendall, adhérent à l’Autre Campagne, aujourd’hui adhérent à la Sexta, qui a été blessé à la tête par une grenade lacrymogène lancée par la Police Fédérale Préventive. À ce jour, le compagnon est toujours dans un état critique et lutte pour sa vie.

Tandis que les médias de l’État et les médias commerciaux menaient un véritable lynchage médiatique contre les manifestants « violents » et les « anarchistes-casseurs », les médias indépendants et militants commençaient solidairement à se serrer les coudes et à dénoncer ce coup monté de toutes pièces par le gouvernement et ses serviles chaînes de télévision et journaux, en exigeant la libération immédiate de tous et toutes les détenues, des blessés et, en particulier, dénonçant l’attaque subie par le compagnon Kuy.

Les compagnons de la Croix Noire Anarchiste, entre autres, ont été désignés par le chef du gouvernement du District Fédéral (Maire de Mexico) Marcelo Ebrard, comme les coupables des troubles qui ont eu lieu dans le centre historique de Mexico, le 1er décembre 2012. De plus, des jeunes détenus ont été obligés de déclarer faire partie de ce groupe alors qu’ils n’en étaient pas.

Le Réseau contre la répression et les compagnons de la Sexta nationale et internationale ont déclaré par des lettres et communiqués que cette répression faisait clairement partie d’une stratégie contre-insurrectionnelle, qu’il s’agissait d’une campagne pour criminaliser la protestation sociale, campagne impulsée par les autorités du PAN (Parti d’Action National), du PRD (Parti Démocratique Révolutionnaire) et du PRI. Ces partis pensent qu’avec ce type d’opérations, le peuple du Mexique oubliera la guerre du mandat présidentiel sortant qui a laissé 100 000 morts, la corruption, la misère et les promesses non tenues. Mais le 1er décembre, le peuple est sorti dans la rue sans peur, avec la rage nécessaire, la solidarité entre compagnons et la détermination qui ont commencé à faire trembler le pouvoir.

Pour ce qui est de la lutte pour la libération des compagnons et compagnes emprisonné-e-s, une série d’activités continueront leur cours, et nous restons attentifs aux communiqués qui suivront et aux appels du Réseau contre la Répression et pour la Solidarité. Pour l’instant, un appel à la solidarité avec le compagnon Kuy et toutes et tous les détenu-e-s du 1er décembre 2012 a été lancé par l’EZLN et reprise par certains adhérents à la Sexta au niveau national et international. C’est pourquoi à partir du 17 février, des actions, des lettres de soutien, des événements auront lieu un peu partout : non seulement pour ne pas oublier la répression du 1er décembre ni les détenu-e-s, mais pour dire au compagnon Kuy qu’il n’est pas tout seul !

Le Réseau contre la Répression et pour la Solidarité lance également un appel à toutes les personnes solidaires pour soutenir le compagnon Kuy, afin d’exiger justice pour lui et pour tous ceux et celles qui ont été blessé-e-s, méprisé-e-s et arrêté-e-s ce 1er décembre 2012. Nous nous joignons à cet appel et exigeons également l’arrêt de tous les procès pénaux contre tous ceux et celles qui ont manifesté contre l’imposition, la corruption et l’arbitraire de ceux d’en-haut.

Si vous voulez participer aux actions engagées pour le compagnon Kuy de la manière que vous souhaiterez, par des mots de soutien ou par une aide financière, vous pouvez contacter le réseau contre la répression, ici: Red contra la represion.org

Qui est Juan Francisco Kuykendall?

Kuykendall a une passion particulière pour le théâtre, il est directeur, producteur et acteur. Tous ceux et celles qui le connaissent l’appellent « Kuy ». Le théâtre est pour lui un outil pour transmettre les différentes réalités, les luttes, les douleurs, les résistances ; ainsi il s’en sert pour mener la lutte, pour sensibiliser et faire passer un message. Ce 1er décembre, Kuy n’est pas rentré chez lui comme il avait l’habitude de le faire, ni vu ses compagnons de lutte comme d’habitude. Il s’est retrouvé dans un lit d’hôpital. Il résiste toujours, il s’accroche, comme d’habitude… car il a l’habitude de se battre.

Nous n’oublions pas!

Par les trois passants

Voici une vidéo sur la répression du 1er décembre et une autre vidéo portant spécifiquement sur l’agression subie par le compagnon Kuy.

Vidéo sous-titrée français:

Reçu par mail, 17 février 2013

Aux prisonnier-e-s, quelque soit le moment, quelque soit le lieu

Depuis les rencontres européennes de solidarité avec les compañeras et les compañeros zapatistes, ainsi que ceux qui cheminent et résistent en bas à gauche.

Paris, 2 et 3 février 2013

Aux compañeras et compañeros prisonnier-e-s, quelque soit le moment, quelque soit le lieu

Aux compañeras et compañeros prisonnier-e-s de la Sexta

Aux compañeras et compañeros zapatistes

À la Sexta

Aux peuples du Mexique

Aux peuples du monde

Nous écoutons et ressentons de la rage, quand nous lisons :

“Je ne savais pas que ça allait m’arriver. J’ai pleuré pour ma famille, pour ma mère.” “Je ne savais pas comment décrire la peur que j’ai ressenti”. “Ils continuaient à me crier : tu ne te sauveras pas d’ici. De là où nous allons t’emmener, tu ne sortiras pas” “Tu ne bougeras pas. Si tu tentes quelque chose, c’est ici que tu meurs”. Rosa pleura, et demanda qu’on ne lui fasse rien, elle dit qu’elle n’avait séquestré personne. “Comment je peux avouer quelque chose que je n’ai pas fait ?”, demanda Rosa. Rosa fut condamnée à 27 ans, 6 mois et 17 jours de prison. Comme des milliers d’indigènes, Rosa n’a jamais eu accès à un traducteur qualifié connaissant la langue et les coutumes tsotsiles, elle n’a jamais reçu de soins médicaux après la torture dont elle a souffert. Elle n’a pas pu aller à l’enterrement de son fils Natanael, mort de malnutrition grave.

(Témoignage de Rosa, la seule femme de l’organisation los solidarios de la Voz del Amate).

Dans tout calendrier et dans toute géographie , la prison, l’enfermement, l’extradition, l’isolement, les centres de rétention, les centres de réinsertion sociale – ou quelque soit la façon dont ils les déguisent – nourrissent et portent en eux les quatre roues du capitalisme: l’exploitation, la spoliation, la répression et le mépris.

encuentro-París-13-300x168Résister à l’enfermement, c’est s’attaquer à la société capitaliste qui le produit. Toute critique contre cette société qui privilégie ceux qui d’en haut font les lois ne peut omettre la question de l’utilité et de la fonction des ces institutions répressives. Les programmes des gouvernants terrifiés cherchent à améliorer leurs politiques de sécurité nationale, de contrôle social, et gaspillent des millions dans la construction de toujours plus de centres d’enfermement ; la menace de la prison constitue la réponse qu’ils donnent à toutes celles et tous ceux qui représentent un danger pour le système capitaliste. Ainsi nous ne sommes pas surpris par le fait que les premier-es à qui est destiné l’enfermement soient les migrants, les précaires, les travailleurs-euses sexuels, les chômeurs, les travailleurs-euses en lutte, les syndicalistes, les jeunes des quartiers oubliés et harcelés par la police, les indigènes, les squatters, les paysans, celles et ceux qui protestent et critiquent les lois et politiques répressives -comme le montrent les événements survenus le 1er décembre au cours de la prise de pouvoir de Enrique Peña Nieto, dont la répression a entraîné 90 arrestations et où notre compañero Kuy a été gravement blessé, luttant aujourd’hui pour sa vie ; ou comme sur la ZAD, Zone À Défendre, à Notre-Dame-Des-Landes, en France, où Cyril et « J » ont été enfermés pour s’être opposés à la construction d’un aéroport sur une zone agricole ; avec solidarité et fraternité nous n’oublions pas la persécution dont sont victimes celles et ceux qui résistent dans toute l’Italie à la construction d’une ligne à grande vitesse dans le Val de Suze ; nous n’oublions pas non plus Marina et Alberto, deux des cinq compañeros condamnés après les manifestations anti-G8 à Gênes en 2001, et encore emprisonné-es, compañeros qui ont payé par l’enfermement le libre exercice de leur rébellion ; ou encore le cas de Marco Camenisch, prisonnier depuis 20 ans, entre les prisons suisses et italiennes pour son engagement dans la lutte anti-nucléaire et contre la destruction de l’environnement. Nous voulons aussi mentionner les prisonnier-es réfugié-es et exilé-es du peuple basque, et nous dénonçons les gouvernements espagnols et français pour leur harcèlement, ainsi que celui de leur famille. Nous n’oublions pas les accusés du 4F, prisonnier-es de l’État espagnol pour une agression qu’ils n’ont pas commise. Comme nous ne pouvons pas oublier les prisonnier-es de la guerre sociale, ainsi que les antifascistes grecs persécutés et harcelés. Nous n’oublions pas la coopération qui existe entre les États pour extrader des compañeros et compañeras militant-es, où qu’ils soient.

Nous n’oublions pas non plus les compañer@s qui subissent une persécution pour le délit d’être anarchistes, comme dans le cas de Matt Duran, Kteeo Olejnik et Maddy Pfeiffer. Nous n’oublions pas les détenu-es de ce qui est appelé la guerre contre la drogue, pas seulement aux États-Unis ou au Mexique, mais dans le monde entier.

Nous ne pouvons pas ne pas mentionner le compañero Mumia Abu Jamal emprisonné depuis plus de 30 ans par le gouvernement des États-Unis. Nous n’oublions pas le cas emblématique des prisonniers politiques indigènes, comme Leonard Peltier, membre du mouvement indigène américain (AIM) qui sera enfermé depuis 38 ans le 6 février prochain aux États-Unis, pour avoir lutté pour les droits de son peuple.

Nous n’oublions pas non plus tou-tes prisonnier-es politiques mapuches, persécuté-es par le gouvernement chilien, après une vague de répression systématique toujours en cours. Ils sont les victimes modernes de 520 ans de colonisation, comme le sont les compas de la Sexta détenus au Mexique. La rébellion ne sera jamais un crime, et même si le mauvais gouvernement applique ses lois pour persécuter et harceler ceux qui luttent, il n’y a pas de raison qu’il en soit ainsi et il n’en sera pas ainsi. Pour ne pas oublier chacun-e des prisonnier-es de la guerre sociale, nous appelons la Sexta à se solidariser et à participer à la journée internationale pour les prisonnières et les prisonniers politiques le 17 avril 2013, journée initiée pour ne pas oublier la résistance du peuple palestinien dont nous n’oublions pas non plus les prisonnier-es. Initiative qui a été reprise et alimentée par les compas kurdes, basques, kanaks, sahraouis, et qui continue à s’étendre aux prisonniers politiques révolutionnaires d’autres parties du monde.

Compañeras et compañeros, d’ici, nous continuons à apprendre et à être surpris-es par les frères et sœurs zapatistes, leurs poings levés, leur silence assourdissant, nous continuons à penser et à sentir l’envie d’avancer, et de ne laisser personne sur le chemin. Aujourd’hui, ici, lors de ces rencontres, nous nous sommes écoutés, nous avons partagé nos douleurs et nos rages, et nous ne voulons pas laisser passer l’occasion de saluer les compañeros et compañeras zapatistes, Francisco Sántis López qui est aujourd’hui avec ses compas et sa famille, aux prisonniers et prisonnières : Juan Díaz López, Rosa López Díaz, Alfredo López Jímenez, Pedro López Jiménez, Juan López González, Juan Collazo Jiménez, Benjamín López Aguilar, Alejandro Díaz Sántiz, Antonio Estrada Estrada, Miguel Vásquez Deara, Miguel Demeza Jiménez, Enrique Gómez Hernández. Nous somme attentifs à la résolution et la révision des cas d’Alberto Patishtan Gómez, Rosario Díaz Méndez et Álvaro Sebastián Ramírez, qui à cause de l’arbitraire et de l’impunité sont toujours prisonniers.

  • Nous saluons le compañero Kuy, espérant qu’il aille mieux et nous lui envoyons 3000 pesos pour ce dont il a besoin, argent collecté au cours de ces rencontres.
  • Nous saluons les prisonniers et les prisonnières de la guerre sociale où qu’ils et elles soient
  • Nous ne sommes pas tou-tes là, il manque les prisonnières et les prisonniers !
  • Abattons les murs des prisons !

En solidarité : CafeZ, Liège, Belgique Caracol Zaragoza – Réseau de personnes pour l’autonomie zapatiste, État espagnol CAREA e.V., Allemagne CGT, État espagnol Collectif de soutien aux luttes mexicaines, Nancy France Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte, Paris, France Comité Ojo Alerta, Allemagne Gruppe B.A.S.T.A., Münster, Allemagne LA PIRATA composée de : Nomads, Nodo Solidale, Colectivo Zapatista Marisol, Lugano, Italie et Suisse Les Trois Passants, France Mut Vitz 13, France Plataforma de solidaridad con México y Guatemala de Madrid, État espagnol Plataforma Vasca de Solidaridad con Chiapas, Pays basque Red Ya-Basta-Netz, Allemagne Secrétariat international de la CNT, France UK Zapatista Solidarity Network, Royaume-Uni Union syndicale Solidaires, France Ya Basta Milan, Italie

Reçu par mail, le 10 février 2013 (Sourceenlacezapatista, 08/02/2013)

[Mexique] Libération du compagnon zapatiste Francisco Sántiz López

Francisco Sántiz López, base d’appui de l’EZLN: LIBRE !

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Compañeros et compañeras

Nous sommes très ému-e-s suite à l’annonce de la libération du compañero base d’appui zapatiste Francisco Sántiz López. Beaucoup d’entre nous n’avons pu être présent-e-s pour l’accueillir personnellement à sa sortie, mais nous le sommes par le coeur et le poing levé.

Nous avons appris la nouvelle par les compañeros et compañeras qui l’ont accompagné et qui ont exprimé la joie de NOUS TOU-TE-S, c’est-à-dire de chaque adhérent-e de la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandonne au niveau planétaire, de chaque personne de bon coeur qui s’est unie à nous par son humble action pour exiger justice durant ces 417 jours d’arbitraire.

« Avec le coeur rempli de joie nous embrassons celles et ceux qui sont loin, mais qui comme toujours sont proches »

Red contra la Represión y por la Solidaridad. (Réseau contre la Répression et pour la Solidarité)

Traduit par les trois passants -Merci à Valérie pour les corrections

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[Mexique] Résistance zapatiste au Chiapas: occupations de plusieurs places centrales dans plusieurs villes – 21 décembre 2012

En silence, plus de 40 mille zapatistes se mobilisent dans 5 municipalités du Chiapas

En silence, ils occupent les places centrales d’Ocosingo, de San Cristobal de Las Casas, de Palenque, d’Altamirano et de Las Margaritas.

Puis ils disparaissent de façon ordonnée.

Ocosingo, Chiapas, 21 décembre. Plus de 40 mille bases d’appui zapatistes ont marché ce matin en silence dans cinq villes du Chiapas. Il s’agit de la mobilisation la plus importante de cette organisation depuis le soulèvement de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN), le premier janvier 1994.

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Originaires des cinq caracoles* zapatistes de la forêt Lacandone, de la zone de Los Altos et de la zone nord, les peuples mayas en rébellion (tzeltales, tzotziles, choles, tojolabales, mames et zoques) du Chiapas ont occupé les places centrales d’Ocosingo, San Cristóbal de Las Casas, Palenque, Altamirano et Las Margaritas et cela dans un silence complet à chaque endroit où ils étaient présents.

À 6h30, près de 6 mille indigènes zapatistes, en majorité des jeunes, se sont concentrés dans les environs de l’Université de la Selva, près de la zone archéologique de Toniná. De là, ils ont marché vers le parc central d’Ocosingo, où ils sont restés pendant trois heures en face du bâtiment du conseil municipal, qu’il y a 19 ans les insurgés et les miliciens de l’EZLN avaient pris par les armes après avoir déclaré la guerre au gouvernement mexicain.

002n1pol-3_miniCette fois, l’action a été civile et pacifique et les seuls qui ont parlé, ce sont les poings gauches levés de tous les zapatistes quand ils sont montés en ordre sur une estrade installée pour l’occasion. Vers 10h30 les derniers manifestants ont abandonné la place et sont retournés dans la forêt.

De la même façon, dans les autres endroits mentionnés les zapatistes ont placé des estrades où ils sont montés le poing levé, lors d’un défilé d’un impressionnant silence.

A San Cristóbal de Las Casas environ 20 mille hommes et femmes zapatistes ont marché. Selon des rapports, au moins 7 mille indigènes se sont réunis à Las Margaritas, et 8 mille à Palenque. À Altamirano le chiffre est inconnu. Conformément au témoignage d’un chauffeur de la zone d’Ocosingo, du Caracol de La Garrucha, le double d’indigènes aurait pu venir mais il n’y a pas eu suffisamment de véhicules pour les transporter, raison pour laquelle seulement 6 mille personnes se sont déplacées.

Les jeunes et les femmes étaient particulièrement nombreux.

Durant ces dernières semaines, de manière intermittente, le site web « Lien Zapatiste » (Enlace Zapatista) annonçait la publication d’un « message » du Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène, Commandement Général de l’EZLN, ainsi que des commissions Sexta et de la Sexta Internationale. On pense que ces communications pourraient se faire connaître bientôt, mais ce n’est pas encore le cas.

À la date où plusieurs imprudents dans le monde ont cru que le monde se terminerait, selon l’interprétation opportuniste des « prophéties » (en réalité, des calculs mathématiques) des anciens Mayas, les communautés bases d’appui de l’EZLN, appartenant aux peuples mayas contemporains qui, dans ces langues se nomment « les véritables Hommes », ont réalisé, le visage couvert, une puissante démonstration de force et de discipline, parfaitement alignés sous la pluie tenace, inhabituelle à cette époque de l’année, qui a accompagné les mobilisations dans les différentes régions pendant toute la matinée.

Habiles pour « apparaître » tout d’un coup, les rebelles indigènes ont « disparu » aussi proprement et silencieusement qu’ils étaient arrivés à l’aube, dans une ville qui, deux décennies après l’irruption traumatique de l’EZLN lors du nouvel an 1994, les a reçus cette fois avec étonnement et curiosité, sans aucune expression de rejet. Sous les arcs de la mairie, qui a suspendu aujourd’hui ses activités, des dizaines d’habitants se sont réunis pour photographier avec leurs téléphones portables et leurs appareils photo la concentration spectaculaire des hommes et des femmes cagoulés qui ont rempli à ras bord le parc comme dans un jeu de Tetris, avançant entre les jardinières avec ordre, comme dans une chorégraphie, pour monter sur l’estrade mobile installée avec rapidité depuis tôt le matin, pour lever le poing et pour dire, silencieusement, nous sommes toujours là.

Encore une fois.

* Les Caracoles (les « escargots »): lieux ou structures d’autogouvernement, points de convergence, qui sont rattachés à cinq zones territoriales. Il existe cinq caracoles : La Realidad, Oventik, La Garrucha, Morelia, Roberto Barrios.

Traduit par les trois passants

Merci Valérie pour les corrections

Source: Journal La Jornada, 22 décembre 2012

Vidéo: En silence, les zapatistes occupent les places centrales:

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COMMUNIQUÉ DU COMITÉ CLANDESTIN RÉVOLUTIONNAIRE INDIGÈNE:

COMMANDEMENT GÉNÉRAL DE L’ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE MEXIQUE

21 DÉCEMBRE 2012

À QUI DE DROIT : AVEZ-VOUS ENTENDU ?

C’est le bruit de votre monde qui est en train de s’écrouler.

C’est celui du nôtre qui est en train de ressurgir.Le jour qui a été le jour était de nuit.

Et de nuit sera le jour qui sera le jour.

DÉMOCRATIE !LIBERTÉ !JUSTICE !

Depuis les montagnes du Sud-Est du Mexique.

Pour le Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène – Commandement Généralde l’EZLN

Sous-commandant Insurgé Marcos

Mexique, Décembre 2012

Traduit par Les trois passants et ami-e-s

Source: Enlace Zapatista, 21 décembre 2012

Transmis par mail, le 23/12/2012

[Mexique] Caravane de solidarité avec les communautés zapatistes suite aux attaques paramilitaires

Vidéo: Caravane de solidarité avec les communautés zapatistes suite aux attaques paramilitaires

Une centaine d’indigènes déplacés par les paramilitaires au Chiapas attaqués par des armes à feu, ils ont dû quitter les communautés « Comandante Abel » et « Union Hidalgo ».

Près d’une centaine d’indigènes, bases d’appui de l’EZLN, appartenant aux communautés « Comandante Abel » et « Union Hidalgo », commune autonome de « La Dignidad » au Chiapas se sont réfugiés dans d’autres villages dans des conditions qui ont été considérées comme « graves » par le « Frayba ».

Le 8 septembre dernier, 73 personnes de la communauté « Commandant Abel » on été déplacées sous la menaces d’armes à feu par un groupe considéré comme paramilitaire, lié à un autre que l’on connaissait sous le nom « Développement, Paix et Justice » et au PRI. Entre le 6 et le 19 septembre, le nombre des agresseurs est passé de 55 à 150, et ils ont installé un campement à 500 mètres de la communauté. D’autres familles ont dû abandonner « Union Hidalgo » à Sabadilla.

Une brigade d’observation, formée par des organismes civils et des collectifs de l’Autre Campagne a visité la zone pour rencontrer les déplacés et a constaté les faits et les a fait connaître. Notamment plusieurs impacts de balle sur les murs de l’école autonome et des boutiques coopératives et « elle a découvert aussi des tranchées cimentées creusées près de la rivière à 200 mètres du village ». Grâce aux témoignages des réfugiés eux-mêmes, on a pu identifier des armes R15. Pendant la nuit, les agresseurs depuis leurs tranchées menacent les villageois de leurs armes.

Deux jours avant de commencer leurs agressions , les paramilitaires se sont réunis à San Patricio avec les fonctionnaires Eduardo Montoya, Maximiliano Narvaez et Noé Castañon Leon, secrétaire du gouvernement, et avec des agents de la Sécurité Publique. Après sont arrivés d’autres individus en uniformes militaires et armés. « Il y a eu des coups de feu et nous nous sommes jetés à terre pour sauver nos vies ». Le 8 septembre, il y a eu tellement de coups de feu que les femmes sont parties sans savoir où aller. Il y a eu encore plus d’individus armés et en uniformes qui ont tiré ». Il ne reste qu’une trentaine de villageois dans la communauté. La moitié des 147 hectares est« occupée ». À l’entrée, il y a un contrôle de la Sécurité Publique de l’État depuis le 16 septembre, et il a plutôt l’air d’être là pour protéger les envahisseurs. Le 18 les policiers aussi ont tiré.

Quelques femmes se sont échappées vers la rivière. Les enfants « sont partis vers la forêt, sans savoir par où s’enfuir ; les coups de feu venaient de très près, claquant au dessus de nos têtes, touchant les murs de la maison », racontèrent les femmes. L’une d’elles expliqua : « J’étais en train de servir à la Boutique, soudain, les coups de feu ont éclaté, et les compagnes sont sorties en désordre. Trois jours sans boire ni manger ». Une autre raconte : Certaines se sont cachées sous les rochers et les arbres, deux avaient disparu, trois jours plus tard, elles ont réapparu à San Marcos ».

Les paramilitaires ont occupé la maison de santé communautaire autonome. « Les terrains sont surveillés, ils essaient de nous faire évacuer les bases d’appui. Beaucoup de nos parcelles sont envahies entre la rivière et la forêt. Le bétail et les pâturages se perdent, les paramilitaires coupent les clôtures, détruisent les récoltes, mais nous sèmerons de nouveau », annoncent-ils. Ils accusent le « mauvais gouvernement », car « c’est sa façon de nous faire la guerre et de nous user pour nous acculer. Nous n’abandonnerons pas la lutte et nous ne nous rendrons pas ».

La communauté de Union Hidalgo aussi « a été attaquée par les mêmes paramilitaires.

Dans la communauté autonome de San Marcos, les observateurs ont trouvé que les « déplacés » de Comandante Abel » étaient « dans des conditions très précaires ». Quatre des femmes sont enceintes et craignent de faire une fausse-couche. L’une des femmes qui avaient disparu après l’attaque raconte : « Les balles nous poursuivaient et quand nous sommes arrivées ici, nous en étions déjà malades. Nous ne sommes pas passées par le chemin, mais par le ravin. J’ai senti qu’il y avait un tigre derrière moi, je me suis perdue, j’avais l’impression que je n’étais plus de ce monde ». Maintenant elles sont prises en charge par le personnel de santé et les sages-femmes de San Marcos.

À Zaquitel Ojo de Agua se sont réfugiées douze autres membres de la communauté de Union Hidalgo où il ne reste que quelques jeunes pour s’occuper des poules, des porcs et des dindons, sans pouvoir sortir. Ces jeunes sont menacés par des membres du PRI qui se cachent pour leur tirer dessus. Voici leur témoignage : « Nuit et jour, grâce à un mégaphone, les paramilitaires nous annoncent qu’ils vont nous éliminer parce que nous sommes sur une autre ligne, hors de leur justice et de leurs lois ; s’ils ne parviennent pas à prendre la communauté de « Comandante Abel », ils vont nous massacrer ». Des membres de la « Junta de Buen Gobierno »(JBG : Conseil de Bon Gouvernement) ont fait à leur tour une déclaration : « Le gouvernement achète des gens. Ensuite, il les convainc de nous chasser de nos terres ».

Texte traduit par Michèle

Sous-titrage vidéo: Les trois passants et Caracol Solidario

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