[Belgique] En lutte contre la construction d’une maxi-prison dans le nord-est de Bruxelles

L’État belge prévoit la construction d’une méga-prison de 1200 places dans le nord-est de Bruxelles. C’est un appel à la rébellion. A partager et à diffuser largement !

Source: Indymedia Bruxelles

En lutte !

Contre la construction d’une maxi-prison et tout ce qui nous opprime

L’État veut construire 13 nouvelles prisons, dont une au nord de Bruxelles, à Haren. Soi-disant pour fermer St gilles et Forest. Ce projet nous fout la rage ! La taule de Haren sera la plus grande prison jamais construite en Belgique. Elle pourra enfermer au moins 1200 personnes, et concentrera la plupart des régimes carcéraux qui existent : des femmes, des mineurs, des prévenus en attente de jugement, des personnes sous internement psychiatrique. Et même un tribunal pour ne plus avoir à faire de transferts.

Nous luttons contre ce projet parce que les taules nous font horreur, que nous ne voulons d’aucune prison, pas même des nouvelles hyper modernes et des mensonges d’humanisation qui vont avec. Ils veulent nous endormir avec leur discours, mais une cage reste une cage. Les prisons, servent à enfermer ceux qui nuisent au pouvoir. Ils sont privés de leur liberté de mouvement et parqués comme des chiens, cachés derrière des murs, pour bien nous faire comprendre ce que ça coûte de pas respecter les lois. Régulièrement, des personnes sont torturées par les matons qui se croient tout permis. La loi couvre les tabassages, et les scandales qui éclatent de temps à autre le prouvent bien. L’Etat se garde le monopole de la violence pour nous maintenir sous contrôle et que nous restions de bon petits citoyens obéissants et travailleurs. Et les autres finiront au trou!

Nous ne luttons pas pour «  dénoncer les mauvais traitements  », ni exiger de meilleurs conditions de détention, une meilleure police ou un capitalisme moins brutal. On n’a aucun espoir que l’Etat nous écoute, on n’a rien à attendre ni à demander. Que ce soit en Grèce ou en Espagne, y’a des milliers de gens dans les rues, qui expriment leur dégoût et leur colère, et l’Etat leur envoie les keufs et multiplie les mesures d’austérité. En vrai, la répression devient de jour en jour plus présente, et le pouvoir lui, renonce à aucun de ses projets pour faire toujours plus de fric. On licencie des milliers de personnes d’un côté, et on construit des taules de l’autre. La crise c’est pas dans le sécuritaire, on pourra devenir maton, vigile, ou contrôleur! Mais si on mange pas de ce pain là, et qu’on choisit la débrouille en marge de la loi, ce sera p’têt les anciens collègues de boulot qui auront les clés de notre cellule…

On est tellement scotché dans la survie que c’est dur de capter ce qui se trame. Et ça, c’est tout sauf un hasard. On est tellement moins dangereux abruti par le taf, la télé et les pubs! Obligé de trouver du fric, de travailler pour payer notre vie de galérien, notre loyer toujours trop cher pour un espace minuscule, notre bouffe pleine de poisons. On nous bourre le crâne jusqu’à ce qu’on trouve ça normal de passer notre vie à taffer et à se consoler en achetant des télés, des portables et des fringues. On veut nous dresser à coup de propagande. Citoyens par ci, intégration par là, droit de vote, «  liberté  » de manifester, «  liberté  » de s’exprimer. On nous a tellement répété que la démocratie c’était mieux que la dictature qu’on n’ose même plus réfléchir à ce que ça veut dire «  liberté  » . Mais qu’est ce qu’on attend  ? Des gens torturés à mort par les keufs, ou qui se font tabasser salement en manifs, y’en a déjà. Des caméras pour nous surveiller, y’en a déjà. Et des flics avec des uniformes de toutes les couleurs à tous les coins de rue pour que ça fasse pas trop peur aux touristes, aussi. Y’a tout un paquet de prisons qui se prépare! Tout est mis en place pour qu’on accepte bien gentiment de faire tourner ce monde de merde.

Y a pas de mot suffisant pour décrire ce qu’on subit tous les jours. Tout le monde en bave, c’est chacun pour soi alors que tout le monde galère. Mais tant qu’on est vivant, on a la possibilité de reprendre sa vie en main. Comme en Egypte ou en Tunisie, un petit accrochage peut embraser la ville. Tous les pouvoirs gardent bien en tête que ça peut péter d’un moment à l’autre. Ceux qui ont la puissance et le fric ne sont pas prêts à lâcher leurs privilèges. Ils font tout pour écraser les possibilités de révolte, parce qu’ils savent très bien que leur pouvoir n’est pas indestructible. Ils voudraient canaliser nos rages pour qu’on respecte les « lois » et « la démocratie », et qu’on perde notre temps avec des partis politiques ou des syndicats, à faire semblant d’améliorer le quotidien. C’est juste une façon de plus pour qu’on reste calme, et que toute cette colère qu’ils créent ne se transforme pas vraiment en menace. Mais on n’a pas besoin de ça. On n’a pas besoin de chef, pour nous dire quoi faire et comment, même si on arrête pas de nous faire croire que la hiérarchie c’est indispensable. On peut décider pour nous mêmes. On peut très bien s’organiser, en se rencontrant, et même en petit nombre, discuter de tout ce qui peut être fait.

Parce que cette nouvelle taule va pas seulement nous compliquer la vie.

Parce qu’elle va aussi rajouter une couche de souffrance, puisque ce sera 1200 personnes en plus dans les cages de l’Etat.

Parce que la vie s’annonce de plus en plus difficile, et que de plus en plus de personnes vont se retrouver avec la menace de la taule au dessus de leur tête.

Parce que le pouvoir a besoin de cette taule pour nous faire peur et qu’on se tienne tranquille.

Cette prison ne sera pas construite sur notre résignation. Ce chantier peut être empêché, mais surtout, le pouvoir est partout autour de nous, et partout où il est, il peut être attaqué. Il n’y aura jamais assez de flics pour surveiller tout qui permet à la ville de nous étouffer. Soyons ingouvernables, et attaquons tout ce qui nous détruit!

Extrait du journal Hors-Service n°35 – journalhorsservice.blogspot.fr

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Source: Brèves du désordre, 27 mars 2013

[Belgique] Retour sur la mobilisation contre les violences policières du 15 mars dernier à Bruxelles : d’une manif à une attaque en règle contre les keufs

L’imprévu

D’une manif à une attaque en règle contre les keufs

Plusieurs organisations, politiques et syndicales, avaient lancé l’appel à une manifestation « contre les violences policières » pour le 15 mars. Avant de vous raconter comment cette initiative leur a heureusement quelque peu échappé, nous aimerions nous attarder quelque peu sur le contenu que ces organisations avançaient dans le cadre de cette « action ».

S’ils avaient pour but de dénoncer les « abus » policiers, ils revendiquent, au fond, une « meilleure » police, une police moins brutale. Or, non seulement il s’agirait de quelque chose contraire à la nature même de toute institution policière, dont la fonction est justement le contrôle et la coercition, qui produisent toujours leur lot de tortionnaires, tabasseurs, violeurs et racketteurs, mais, surtout, revendiquer une police moins brutale revient à légitimer l’existence de la police, à la renforcer… Et donc, à dire que la liberté n’est pas possible hors du cadre d’un Etat, avec ses lois et ses sbires.

Quant à nous, si nous nous battons pour la liberté, c’est parce que nous pensons qu’après avoir supprimé les sources de l’oppression et de l’exploitation, les êtres humains seront capables de vivre en liberté, c’est-à-dire, de vivre leur vie à leur guise et de faire des accords entre eux quand cela leur semble nécessaire. L’Etat, c’est la négation de la liberté, une négation qui, pour se maintenir, a recours à la police, à l’armée, à la prison… ainsi qu’à l’intégration de ses possibles opposants via le dialogue, la participation, les élections et tout ces choses-là. Le système réussit à se maintenir autant grâce à la police qui le protège que grâce à la collaboration de ceux qui le subissent ou l’acceptent.

De fait, dès le début de la manifestation, les organisations qui l’avaient appelée ont montré de quel monde ils rêvent : tout le monde devait marcher derrière un camion-sono qui crachait leurs slogans tandis qu’une petite armée de service d’ordre, spécialement recrutée pour l’occasion, encadrait les « manifestants ». Si les organisateurs prétendaient dénoncer les abus de la police, ils se montraient déjà prêts à la remplacer eux-mêmes.

Fort heureusement, l’imprévu vient souvent bouleverser les plans de ces apprentis-chefs. Ainsi, vers la fin de la manifestation, l’encadrement a été débordé par des dizaines de personnes ne voulant ni se plier aux mots d’ordre officiels, ni se courber devant les vigiles des organisations. Une patrouille de police a été attaquée et quatre flics en civils (d’ailleurs, des types bien connus pour leurs interventions musclées) ont été coincés et ont bien ramassé. Une demi-heure plus tard, tandis que les révoltés narguaient une rangée d’anti-émeute, les vigiles du service d’ordre ont été pris à partie quand ils tentaient une fois de plus d’endiguer la rage émeutière. Les vigiles et les prêcheurs semaient la confusion, ce qui faisait grandir la méfiance et l’agressivité vis-à-vis de tout ce qui constituait un obstacle (réel ou non) pour les révoltés. Cela amena la situation à un tel point que pas tout le monde ne savait plus distinguer entre complices et délateurs. Les organisations politiques, à travers leur but de tout incorporer dans leurs desseins, sont en grande partie responsables de cet état de fait.

D’ailleurs, pour éviter d’écorner la « bonne image » qu’elles voulaient donner aux médias et aux institutions, elles ont totalement omis d’évoquer ces événements et ces affrontements dans les communiqués qu’elles ont diffusé après la manif’. Alors, une fois de plus, pour quoi se battent-elles, si ce n’est pour remplacer elles-mêmes la police et pour mentir, à l’image des politiciens de toutes obédiences ?

Bien que ce ne soit pas dans nos habitudes, nous voulons bien aider ces organisations politiques et syndicales à en tirer au moins une leçon : ceux qui se battent contre toute autorité et ceux qui se révoltent ne respecteront pas leurs mots d’ordre et ne se laisseront pas effrayer par leurs services d’ordre ou par leur collaboration avec les keufs. Et face à la police, face aux tortures dans les commissariats et aux tabassages dans la rue, face aux chasses à l’homme et aux enfermements, nous ne revendiquerons nullement une meilleure police, nous ne ferons pas des sketches politiques pour gagner de l’influence auprès des institutions. Notre approche, elle est fort simple : dans la mesure du possible, nous leur ferons payer coup pour coup et nous frapperons là où ils ne nous attendront pas, surtout contre ce que la police cherche à défendre. Ingouvernables.

Extrait du journal Hors-Service n° 35, 5 avril 2013

[Belgique] Nique Pâques – Montzen (Plombières), 27 mars 2013

Plombières: deux extincteurs ont été vidés dans l’église de Montzen

À quelques jours de la fête de Pâques, ce ne sont pas des œufs en chocolat mais bien des kilos et des kilos de poudre qui ont été dispersés dans l’église du village de Montzen (Plombières). La poudre blanchâtre provient de deux extincteurs qui ont été vidés depuis le jubé. Une mauvaise surprise qu’une quinzaine de bénévoles a tenté d’effacer hier en vue des offices de la semaine sainte. Mais le nettoyage n’est pas si simple.

Tous les soirs, à Montzen, une dame se charge de fermer à clé, pour la nuit, l’église qui trône au milieu du village de la commune de Plombières. Mercredi soir, elle constate avec surprise que l’édifice religieux est déjà fermé. Elle essaye alors de joindre le curé de la paroisse pour avoir une explication. Quelque temps plus tard, c’est la découverte.

Tout l’intérieur de l’église est recouvert d’une pellicule de poudre blanchâtre. Sol, bancs, statues, autel, cierges : rien n’a été épargné. «  En fait, la ou les personnes qui ont fait ça sont entrées dans l’église, ont brisé le coffre à code où se trouvent les clés et se sont enfermés à l’intérieur pour pouvoir « travailler » à l’aise, explique Jonathan Deckers, un des pompiers volontaires de Plombières. Ils sont montés au jubé, et ont vidé deux extincteurs à poudre de là-haut. »

Leur presse – Sudinfo.be, 29/03/2013 à 18h20

[Belgique] Grève à l’entreprise Meister: nique la surveillance et la marchandise – Sprimont, 25 mars 2013

Meister Sprimont: les travailleurs poursuivent leur grève au finish

SPRIMONT – Réunis en assemblée générale lundi matin, les travailleurs de Meister Sprimont ont voté pour la poursuite de la grève au finish entamée il y a une semaine. Ils attendent un signe de la direction.

«Nous avons fait part de la décision du personnel à la direction», déclare René Petit, secrétaire permanent CSC Metea. «La balle est dans son camp.»

Vendredi, une tentative de contact entre syndicats et direction avait été organisée à l’initiative du conciliateur social.

Chacun campant sur ses positions, l’entreprise, spécialisée dans la fabrication de pièces pour automobiles, avait envoyé un huissier et des policiers à Sprimont pour y déloger les travailleurs qui bloquaient l’entrée du site et empêchaient les expéditions. Ceux-ci craignent une délocalisation des activités de Meister.

«Concrètement, il n’y a plus de piquets de grève devant l’entreprise puisqu’il y a une ordonnance qui dit qu’on ne peut pas s’opposer à la circulation des pièces et des personnes», précise René Petit. «Mais le barrage qui bloque l’entrée est toujours en place. Si la direction veut passer, elle doit le démonter.»

Leur presse – lavenir.net, 25/03/2013 à 14h46

Meister Sprimont: l’administrateur-délégué va porter plainte pour vandalisme

La tension monte d’un cran chez Meister à Sprimont. L’administrateur-délégué allemand de la société va déposer plainte pour vandalisme. Par ailleurs, il n’a pas retrouvé certaines marchandises bloquées toute la semaine dernière par les travailleurs. Des travailleurs qui ont décidé ce lundi matin de poursuivre la grève au finish.

Aucune trace de ces marchandises et aucune image vidéo puisque les enregistreurs des caméras de surveillance ont également disparu. Une dizaine d’ordinateurs avec des dossiers de maintenance et de planning n’ont pas été retrouvés non plus.

Où tout cela a-t-il disparu? Dieter Klingmann, administrateur-délégué de Meister, a sa petite idée. Il pense que les pièces manquantes ont été jetées dans l’étang juste derrière l’entreprise: « Je vois dans notre étang des transpalettes. Pour moi, les pièces et les transpalettes sont dans notre étang. Il y a une caméra qui surveille l’espace extérieur. J’ai regardé si on avait l’enregistrement de cette caméra et j’ai réalisé qu’on avait enlevé l’enregistreur. Je vais porter plainte ».

Côté syndical, on dément avoir balancé ces marchandises dans l’étang. « C’était quand même beaucoup de palettes donc je ne sais pas qui aurait été jeter ça dans l’eau aussi vite que les huissiers sont arrivés » souligne René Petit, pour la CSC. « Je n’ai encore rien entendu » précise de son côté Patrick Moens, pour la FGTB. « Mais je ne l’ai pas vu non, à moins qu’ils ne parleraient des carpes … »

S’agit-il donc de carpes ou de d’engin de transport de palettes? Seule certitude, réunis ce lundi matin en assemblée du personnel, la soixantaine d’ouvriers de Meister a voté contre la reprise du travail. La grève entamée lundi dernier va donc se poursuivre. « Concrètement, il n’y a plus de piquets de grève devant l’entreprise puisqu’il y a une ordonnance qui dit qu’on ne peut pas s’opposer à la circulation des pièces et des personnes », a précisé René Petit, secrétaire permanent CSC Metea. « Mais le barrage qui bloque l’entrée est toujours en place. Si la direction veut passer, elle doit le démonter. »

Leur presse – RTBF.be (F. Braibant avec Belga), 25/03/2013

[Belgique] Manif des ouvriers d’Arcelor: les syndicats travaillent – Namur, 2 mars 2013

ArcelorMittal: la manifestation à Namur dégénère

La police a dû intervenir plusieurs fois avec les auto-pompes pour écarter certains manifestants.

manifestation arcelor

Une arrestation administrative a eu lieu et trois personnes ont été blessées lors de la manifestation des travailleurs d’ArcelorMittal mercredi à Namur, selon la police. Vers 15h15, l’important dispositif policier était levé et les manifestants avaient regagné leurs autocars pour rejoindre Liège, d’où ils étaient venus.

« Une personne a été arrêtée administrativement, le temps d’être identifiée, puis a été relâchée », a indiqué Pierre Jacobs, commissaire à la zone de police de Namur.

Trois personnes ont été admises à l’hôpital pour y recevoir des soins. L’une d’elles a été blessée à l’oeil par le jet d’une auto-pompe. Toutes les forces de l’ordre qui étaient prévues n’ont pas dû être déployées, selon le commissaire. Il y avait environ 150 policiers et des auto-pompes disposées de part et d’autre du Grognon, rue Notre-Dame, avenue Baron Louis Huart et rue Bord de l’Eau.

La police a dû intervenir plusieurs fois avec les auto-pompes pour écarter certains manifestants. Ces derniers ont notamment lancé des bouteilles en verre dans les vitres du Parlement wallon et ont tenté de franchir les chevaux de frise. Pierre Jacobs a souligné la bonne attitude des délégués syndicaux qui ont tenté de canaliser et de raisonner les manifestants les plus récalcitrants.

L’ensemble des partis s’est redit solidaire avec les travailleurs. Ces derniers espèrent que les travaux de la task-force seront terminés d’ici quinze jours/trois semaines et que des solutions seront apportées pour sauver la sidérurgie. « Si les décisions prises nous sont défavorables, nous reviendrons », ont-ils promis.

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Leur presse de l’ordre – LaLibre.be (Belga), 20/03/2013

Un diaporama visible ici

Selon les dernières infos, Rudy, un travailleur qui manifestait, a perdu un œil, touché en plein visage par un violent jet d’eau.

Source: Indymedia Bruxelles, 21 mars 2013

[Belgique] Tract diffusé pendant la manif contre le centre fermé de Vottem – Liège, 17 mars 2013

Tract diffusé pendant la manifestation contre le centre fermé de Vottem à Liège, le 17 mars 2013:

CITOYENNISME ET INSURRECTION

Sur la pertinence des voies citoyennes pour lutter contre les prisons

Entre la prison et son extérieur, il n’y a qu’un mur

L’horreur ordinaire et quotidienne au sein des prisons de tous types n’est plus à démontrer. Nous ne savons que trop bien qu’il y règne une atmosphère de terreur, de haine et de frustration. Faire la liste des tortures psychiques ou physiques que l’Etat inflige régulièrement à tous et toutes les « indésirables » nous ferait pénétrer dans une routine morbide qu’il est temps de briser. Ce qu’on oublie en revanche, c’est que la prison n’est que la concentration et l’expérimentation de méthodes de contrôle, de surveillance et de soumission que l’on retrouve à l’extérieur : la ville-prison. Au travers des caméras, des contrôles de police, du fichage institutionnel (ONEM, CPAS, Banques, ADN et empreintes digitales…), des politiques d’urbanisme, de la promotion du « bon citoyen »… s’exprime une réelle volonté de gérer la population pour s’assurer qu’elle ne quitte pas le droit chemin. Droit chemin balisé par ceux et celles qui ne souhaitent pas perdre leur pouvoir et leurs privilèges. Tout est pire que dehors en prison, et pourtant tout est tellement pareil. Une réflexion sur la prison qui ne critique pas le monde qui la produit est une réflexion amputée.

Qui sont ces gens que l’on enferme ?

Violeu.se.r.s, braqueu.se.r.s, voleu.se.r.s, meurtri.ère.er.s, sans-papiers, révolté.e.s… Une erreur commune est de considérer que derrière chaque personne enfermée, il existe un cas individuel auquel apporter une solution individuelle. Un.e tell.e sera violent.e, psychopathe, perturbé.e, asocial.e, prédisposé.e à la délinquance etc. Sans tomber dans un discours victimisateur et déresponsabilisant, nous sommes en partie le produit du monde dans lequel nous vivons. Ce monde qui prône la richesse, la réussite individuelle par la compétition, réduit les corps à des objets publicitaires, porte la guerre et l’exploitation dans certains pays pour assurer la prospérité d’autres territoires, et dont le mécanisme même ne peut que laisser des milliers de gens sur le carreau. Ce même monde qui feint l’indignation lorsqu’après avoir créé les conditions de la misère (affective, sociale, sexuelle, intellectuelle), certaines personnes vont chercher les moyens de leur satisfaction là où ils se trouvent, ou ceux de lutter contre ce qui les oppresse. Ce qu’elles ont toutes en commun, c’est de mettre en danger la stabilité de ce système socio-économique qu’est le capitalisme.Capitalisme dont l’Etat est le premier défenseur, son rôle principal étant de le faire accepter par la population ou, le cas échéant, de l’y contraindre.

Lutter contre l’Etat tout en lui serrant la main ?

Il paraît donc paradoxal d’attendre de l’Etat qu’il fasse quoi que ce soit qui aille à l’encontre des intérêts économiques qu’il défend et de la paix sociale qu’il met en place. Cependant, pour éviter les écueils de la dictature, l’Etat a du au cours de son développement consentir à créer des espaces bien délimités qui permettent l’expression de la contestation tout en restant gérables. C’est pourquoi il martelle que les seuls moyens de s’exprimer sont ceux-là mêmes qui ne peuvent en aucun cas mettre en péril les fondements du système politique : voter, manifester pacifiquement, faire circuler des pétitions, monter associations et syndicats… en résumé : participer activement à la démocratie. Agir dans ces cadres hyper réglementés apparaît donc comme étant une perte d’énergie, en plus d’un aveuglement incroyable quant aux échecs répétés de ces méthodes de « lutte ». Comment imaginer changer quoi que ce soit par les actes précités alors qu’au sein des taules, les détenu.e.s doivent se mutiner avec violence pour obtenir la simple possibilité de prendre une douche ? Retirer les oeillères du légalisme, c’est élargir son champ de vision aux multiples gestes subversifs du quotidien.

Comment s’aimer et se soutenir par-delà les barreaux ?

D’un point de vue strictement éthique, nous ne pouvons que refuser un quelconque dialogue avec les tortionnaires qui chaque jour, poussent des dizaines de gens au suicide (aussi bien dedans que dehors), quand ils et elles ne les passent tout simplement pas à tabac ou les droguent. On ne saurait plus vraiment dire si l’attitude pacifiste des syndicats et organisations politiques, a pour but de soutenir les gens enfermés ou de faire leur propre promotion en s’assurant que tout reste bien en place, car c’est cette attitude qui par sa passivité même contribue à la continuité de la violence d’Etat. Dedans comme dehors, c’est de liberté saccagée qu’il s’agit, et cette liberté à arracher ne saurait s’accommoder de moyens qui portent en leur sein les conditions de sa négation. Quitter les sentiers battus de la contestation spectaculaire n’est pas une simple question d’efficacité, mais bien d’adéquation entre les fins que nous visons et les moyens que nous utilisons. La question de la violence n’est rien d’autre qu’une question d’Etat, c’est-à-dire une façon d’en conserver son monopole tout en faisant oublier que chaque jour, il distille une dose de haine et de sadisme qu’on ne saurait ni voudrait jamais égaler.

Ce qu’il faut à l’heure actuelle, c’est une propagation de la révolte qui existe déjà à l’intérieur des geôles comme à l’extérieur. Des milliers de gestes et d’habitudes à transformer pour en finir avec un monde qui enferme, tue et mutile. Nous ne parlons pas de battre le pavé avec l’accord du bourgmestre, mais de les saisir et de leur trouver une autre utilité. Nous ne saurions établir le contact avec les prisonniers et prisonnières selon le calendrier de l’administration, nous préférons organiser des parloirs sauvages près des cours de promenade. Bien sur, ce ne sont que des propositions, libre à chacun.e de laisser vagabonder son imagination…

Ceci dit, rappelons-nous que nous parlions déjà plus haut de la ville-prison…

Ne pas s’arrêter en si bon chemin 

Savoir faire le lien entre la construction d’un nouveau centre commercial et la construction d’une nouvelle prison, entre une voiture qui crâme et le suicide d’un.e prisonni.è.er.e, entre l’installation de nouvelles caméras et l’aménagement d’ailes de haute sécurité revient à arrêter de vouloir segmenter les luttes et à s’interroger sur l’aspect totalitaire du système capitaliste. Il est nécessaire de s’attaquer à la prison comme il est nécessaire de saper les fondements de la ville-prison, la première n’étant que le pendant répressif de la seconde.

« Pour que l’odeur de la poudre brise le silence de la paix sociale »

Pour aller plus loin…

Parce qu’on aime bien que les gens s’informent et réfléchissent par eux-mêmes, voici quelques pistes qu’il est intéressant de suivre.

Brochures (trouvables sur infokiosques.net):

  • L’impasse citoyenniste
  • Militantisme, stade suprême de l’aliénation
  • Notre planète est une prison
  • Paroles de retenus depuis la prison pour étrangers de Vincennes
  • Se battre contre l’isolement, c’est se battre contre la prison
  • Paroles de FIES
  • Comme un chien enragé
  • Pourquoi faudrait-il punir ?
  • Lavomatic – lave ton linge en public

Journaux :

  • L’Envolée
  • La Cavale
  • Mauvaises intentions

Livres :

  • Huye, hombre, huye de Xosé Tarrio Gonzalez
  • Fractures d’une vie de Charlie Bauer
  • Surveiller et punir de Michel Foucault
  • A couteaux tirés avec l’existant, ses défenseurs et ses faux critiques
  • Brique par brique ce battre contre la prison et son monde
  • La joie armée de Alfredo M. Bonanno

Films :

  • QHS et rébellion : un court métrage contre la prison
  • Illégal de Olivier Masset-Depasse
  • Celda 211 de Daniel Monzón

Tract au format PDF recto/verso

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Vu sur Indy Bruxelles

Transmis par mail, dimanche 17 mars 2013

600 à 700 personnes devant le centre fermé de Vottem

Environ 600 à 700 manifestants se sont rassemblés dimanche après-midi devant le centre fermé de Vottem afin de dire « non » à la détention des migrants et « non » aux expulsions. La manifestation s’est tenue dans le calme.

Les centaines de personnes présentes ont quitté l’enclos des Fusillés, peu après 14 heures, à la Citadelle. Les manifestants ont ensuite marché jusqu’au centre fermé de Vottem afin de réaffirmer leur attachement au droit d’asile.

« On a l’impression qu’on n’est pas pris en compte et que ce gouvernement renforce la politique d’expulsion. Les chiffres le montrent », explique France Arets du collectif de résistance aux centres pour étrangers. « Ce qui est peut-être un peu particulier en cette période de crise est que les migrants ne doivent pas faire les frais de cette situation. Ils ont des raisons de fuir la guerre, les persécutions, la misère ou encore les catastrophes climatiques. Ils ne sont nullement responsables de cette crise ».

Devant le centre fermé, le collectif Aktivist music, qui rassemble des artistes liégeois engagés, a donné un concert. Des chansons ont été composées spécialement en soutien aux détenus de Vottem. La date du 17 mars choisie pour l’organisation de cette manifestation n’est pas un hasard: cela fait en effet exactement 14 ans ce dimanche que le centre fermé de Vottem a ouvert ses portes.

Leur presse carcérale – 7sur7.be (Belga.be), 17/03/2013 à 17h18

[Belgique] Un fraudeur exemplaire – Liège, 13 mars 2013

Pris sans ticket dans le bus, il tabasse les contrôleurs à Liège: il trouvait le prix du billet trop élevé…

Mercredi vers 17h30, un bus s’est immobilisé devant le poste de police de la rue Natalis, à Liège. Des agents ont remarqué une agitation peu habituelle à l’intérieur du véhicule. Et pour cause, Khalifa (22 ans), un voyageur, pris sans ticket a tabassé plusieurs contrôleurs. Il trouvait que le prix était trop élevé… 

Il était aux alentours de 17h30 lorsque le bus s’est immobilisé devant le poste de police de la rue Natalis, à Liège. Des agents de police présents dans le bâtiment ont remarqué une agitation peu habituelle à l’intérieur. En effet, un individu était occupé à frapper des contrôleurs. Les policiers sont intervenus et ont heureusement réussi à calmer le malfrat.

En fait, l’individu, Khalifa (22 ans), et sa compagne sont montés dans le bus sans acheter de ticket parce qu’ils estimaient que le prix était trop élevé. Mais à hauteur des Chiroux, trois contrôleurs sont montés à bord du véhicule. Ils ont donc demandé les tickets de Khalifa et sa compagne et ceux-ci ont présenté un ticket périmé. Le contrôleur leur a donc demandé leurs papiers d’identité, mais ils ne les avaient pas.

C’est à ce moment-là que la situation a dégénéré. Khalifa a voulu filer vers l’avant du bus, mais il s’est retrouvé face à un autre contrôleur, qu’il a menacé. Un troisième lui a demandé de se calmer et Khalifa lui a craché au visage, avant de lui assener plusieurs coups.

Le chauffeur du bus qui assistait impuissant à la scène a dirigé son bus vers la rue Natalis en espérant que des policiers remarqueraient le problème. Et c’est exactement ce qui s’est déroulé. Khalifa a été interpellé et privé de liberté mais a nié avoir porté des coups aux deux hommes. Quant aux deux contrôleurs, ils ont écopé de 2 et 9 jours d’incapacité de travail.

Leur presse – Sudinfo.be (D.M), 14/03/2013 à 13h22