[Besançon] L’Intervento, représentation sur les luttes autonomes italiennes des 70’s – 12 mai 2013 à 16h00 au local de Radio Bip

L’INTERVENTO, c’est une compilation de textes, chants, images, témoignages sur les luttes autonomes italiennes dans les années 70.

ça se passe:

le DIMANCHE 12 MAI à 16h00

dans les locaux de RADIO BIP 14 rue de la Viotte (la petite rue juste en dessous de la gare).

ENTREE LIBRE

La représentation sera suivie d’un apéro grignotage puis d’une discussion sur les liens entre les luttes des années 70 et les luttes actuelles.

Merci de faire tourner l’info.

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Présentation de l’Intervento:

Le mouvement autonome italien est peut-être l’un des mouvements de lutte les plus puissants de l’histoire récente occidentale.

Fort de ponts exceptionnels entre étudiants et ouvriers, « autonome » des partis et des syndicats, massif et violent dans ses modes d’actions, il fera durer mai 68 pendant dix ans. Ce sont les « hordes païennes » de jeunes immigré-e-s du Sud qui paralysent les usines, revendiquant le refus du travail, remettant à l’ordre du jour les pratiques d’action directe qui avaient secoué les mêmes industries en 1920 avant de s’endormir sous le fascisme. Ce sont des quartiers entiers qui, face à l’inflation, refusent de payer les loyers ou les factures. C’est une irruption tonitruante des femmes, homosexuel-le-s, jeunes et chômeurs-ses sur la scène politique. Ce sont des analyses précises et originales de la transformation de l’économie occidentale. C’est une explosion des radios libres qui se font « la voix des sans-voix » tout en jonglant avec l’ironie et la philosophie. C’est enfin le tournant de 1977, les émeutes, les chars blindés à Bologne, une répression féroce : un mouvement étranglé qui n’a plus d’autres issues que la fuite, l’héroïne ou la clandestinité. Beaucoup « d’autonomes » passeront des années en prison, sans manquer d’en faire encore un lieu de luttes.

Des lectures tirées de plus de 15 ouvrages différents et entrecoupées de sons et d’images permettront, chapitre après chapitre, d’avoir un aperçu de l’atmosphère brûlante de l’époque et d’approcher les questions qu’elle nous pose aujourd’hui.

affiche intervento-page1

Mailing-list, 23 avril 2013

Le prix d’un monde entier

La société de hiérarchie et d’argent dans laquelle nous vivons produit chaque jour de la violence, et en même temps un système épais d’anesthésie morale qui fait supporter cette violence. La capacité de percevoir la violence, une condition nécessaire pour se révolter, est devenue un effort à faire. Les rapports quotidiens sont un grand jeu complexe de déguisements de cette brutalité.

La première règle est de fragmenter l’activité des individus, rendant impossible de considérer ceux-ci dans leur unité. Qu’est-ce que penserait l’ouvrier s’il avait soudainement sous les yeux la totalité de causes et d’effets des petits gestes répétitifs qui constituent son quotidien ? Les machines qu’il fait tourner produisent l’exploitation, la misère, la souffrance, la mort. Et il lui faut faire un effort pour mettre en lien l’enfant squelettique en Afrique qu’il a vu à la télé avec les matières premières qu’il utilise, avec les produits qu’il fabrique. Rester focalisé sur la minuscule télécommande est une anesthésie de la conscience. Le petit bureaucrate qui remplit huit heures par jour des formulaires, ne voit pas, quand il est à la maison, l’immigré qui sera déporté – l’immigré n’est pas . Il ne voit pas celui qui sera incarcéré parce qu’il ne correspond pas aux papiers tamponnés. Lui, il n’a jamais tourné la clé derrière quelqu’un.

La contemplation passive du travail qui nous dépasse complètement est la même que celle qui nous enchaîne aux écrans. Les spectateurs sortent directement des usines et des bureaux. On peut se lamenter à propos de son travail comme on se lamente du politicien qui passe à la télé. Mais si derrière le dos de ce politicien, on voyait les humains écrasés par la loi, morts à cause de l’amiante, bombardés, déchirés par des fils barbelés, torturés dans un quelconque commissariat, si, derrière la grimace du politicien, on voyait la souffrance, que se passerait-il ?

La violence que l’on perçoit, c’est uniquement la violence qui est représentée. La mafia tue pour l’argent. Le citoyen s’en indigne, et plus il s’en indigne, plus il se sent innocent quand il dépense de l’argent (la grande mafia). Les terroristes font exploser des bombes sur les trains. Le citoyen s’en indigne, et plus il s’en indigne, plus il se sent à l’aise quand il va voter (les grands terroristes). Tant de gens, qui encaissent de l’argent chaque jour, qui mettent de l’argent à la banque, qui font des courses aux supermarchés, n’ont jamais pris une arme dans la main, n’ont jamais menacé, ni blessé, ni tué. Ils travaillent pour les assurances, pour la poste, pour la douane ou qui sait pour quoi encore, ils sont pacifiques et détestent le sang et la violence brutale. Braves gens. Ils n’ont jamais voulu voir la violence, et, par conséquent, ils ne l’ont jamais vue.

Dans son abstraction, l’économie semble tourner par elle-même. Voilà pourquoi l’argent semble innocent. On ne perçoit pas de violence parmi un tas de billets de banques, et donc, de violence, il n’y en a pas. Mais essaye une fois d’allonger tes mains et de prendre la marchandise sans en donner la valeur d’échange correspondante, la valeur fixée socialement, son équivalent général, de l’argent, en d’autres mots. Jusque là fragmentée, la société s’unit soudainement, pour réagir au viol de la propriété privée. Le capitaliste, le juge, le policier, le maton, le journaliste, le prêtre et le psychologue se hâteront pour la défendre, pour t’expliquer que la valeur d’une chose n’est pas ta jouissance, ton activité ou ton besoin, mais une mystérieuse mesure sociale qui permet d’obtenir la marchandise à l’unique condition que l’on rejoigne le long cortège de ses courtisans, que l’on accepte aussi le capitaliste, le juge etc. Ils viendront t’expliquer la valeur du travail et prôner l’habitude de concevoir les choses comme le temps qu’il faut se laisser dérober pour acquérir la marchandise – c’est ça l’argent – et donc de la sacraliser, de la servir, de te valoriser en fonction de la marchandise et non l’inverse. Ils viendront te rappeler que le respect pour la propriété, c’est l’amour pour l’humain ; que si tu penses le contraire, tu souffres de problèmes mentaux ou familiaux, que tu recherches peut-être l’attention de ton père dans le vol, bref, que tu dois être aidé, suivi, éduqué, intégré. Ils te traîneront devant le tribunal et te jetteront en prison. Et si tu résistes, ils te tabasseront, ils tireront sur toi, ils t’abattront. Quand quelqu’un interrompt la circulation habituelle de l’argent, le vrai visage de la marchandise émerge : la violence. « Voler, braquer, comment est-ce possible ? » se demande le citoyen, focalisé sur sa télécommande, sur ses formulaires, sur l’écran. Pourquoi plutôt l’activité illégale que le travail ? Peut-être parce que quelqu’un qui allonge ses mains directement sur l’argent, soustrait du temps – de la vie – à l’organisation de l’économie. Il soustrait au temps mort du travail la possibilité de faire ce qu’il veut, de rêver, de discuter, d’aimer, de construire ses projets. Moins de temps pour le travail, plus de temps pour le détruire. L’argent, c’est du temps. En attaquant la propriété on n’échappe certes pas à l’exploitation du système marchand (croire une telle chose revient une fois de plus à se concentrer sur sa propre main allongée, donc à accepter une énième anesthésie morale). Ce qu’on obtient, quand on a la force d’attaquer la propriété, n’est rien d’autre que quelques possibilités de plus.

Les choses ne sont alors plus mesurées sur l’échelle de l’argent (donc de l’activité extorquée, du sacrifice), mais se prêtent surtout à l’expérimentation, au don, à l’usage, à la destruction. Le travail n’apparaît plus uniquement comme salaire (la première de ses chaînes), mais comme organisation sociale, comme ensemble de rapports. Quand on se soustrait au salaire – dans le sens strict du mot –, on dispose de quelques instruments en plus dans la lutte contre l’économie (au moins, si on ne se laisse pas soumettre par l’argent, par le rôle de voleur, par le spécialisme). Mais cette lutte est soit diffuse, soit elle n’est rien. C’est uniquement lorsque le pillage devient une pratique diffuse, quand la gratuité s’arme contre la valeur d’échange, quand les rapports ne sont plus médiés par la marchandise et quand les individus donnent leur propre mesure aux choses, uniquement à ce moment là que la destruction de la marchandise et de l’argent – destruction qui ne fait qu’une avec celle de l’Etat et de toute hiérarchie – devient une possibilité réelle.

Mais quand les autorités découvrent de telles intentions derrière un braquage, elles augmentent le prix à payer. Alors le montant de la peine est revu à la hausse ; alors les marchandises deviennent encore plus coûteuses, car ce qui est remis en question, c’est l’existence même des capitalistes, juges, flics, matons, journalistes, prêtres, psychologues, bureaucrates, travailleurs et braqueurs. Pour cela, aucun prix ne devrait sembler trop haut.

Extrait de la revue Salto #2

[Grèce] La lutte pour l’autogestion des ouvriers de l’usine Vio.Me à Thessalonique

«Nous sommes ceux qui pétrissent et nous n’avons pourtant pas de pain, nous sommes ceux qui extraient le charbon et nous avons pourtant froid. Nous sommes ceux qui ne possèdent rien et nous arrivons pour prendre le monde» Tassos Livaditis (poète grec, 1922-1988)

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Les travailleurs de Vio.Me., une usine de matériaux de construction à Thessalonique, en Grèce, abandonnée par ses propriétaires, ne sont pas payés depuis mai 2011. Par décision de son assemblée générale, ils ont décidé d’occuper l’usine et la faire fonctionner sous le contrôle des travailleurs en démocratie directe. Après la lutte qui dure depuis un an, et qui a attiré l’attention et la solidarité en Grèce et dans le monde entier, ils ont redémarré la production le 12 Février 2013, suite à 3 jours de manifestations intenses.

Au cœur de la crise, les travailleurs de Vio.Me. visent le cœur de l’exploitation et de la propriété. Alors que le taux de chômage atteint 30% en Grèce, alors que le revenu des travailleurs est nul, fatigués et irrités par des phrases pompeuses, des promesses et de nouveaux impôts, sans salaire depuis mai 2011 et sans travail du fait de l’abandon de l’usine par leurs employeurs, les travailleurs de Vio.Me, à la suite d’une décision prise lors de leur assemblée générale, ont fait part de leur détermination à ne pas devenir les proies d’un chômage permanent mais plutôt de lutter afin de s’approprier l’usine et de la faire fonctionner eux-mêmes. En octobre 2011, par le biais d’une proposition officielle, ils ont revendiqué la constitution d’une coopérative ouvrière, demandant une reconnaissance légale pour leur propre coopérative ainsi que pour celles qui suivront. Ils ont revendiqué, en parallèle, l’argent nécessaire pour faire fonctionner l’usine. Cet argent leur appartient quoi qu’il en soit puisque se sont eux qui produisent la richesse de la société. Le plan qu’ils ont établi n’a rencontré qu’indifférence de la part de l’Etat et des bureaucraties syndicales. Il a toutefois rencontré l’enthousiasme au sein des mouvements sociaux, lesquels ont lutté au cours des derniers six mois pour répandre le message de Vio.Me. à l’ensemble de la société, cela par la création de l’Open Initiative of Solidarity à Thessalonique, puis par la mise sur pied d’initiatives identiques dans beaucoup d’autres villes.

Les machines auto-gérées sont en marche! 

solidarios en manifestacion tesalonicaAprès 3 jours d’intense mobilisation, le 12 février 2013, l’usine de Vio.Me. a commencé la production sous contrôle ouvrier! Il s’agit de la première expérience dans l’industrie auto-gérée dans la Grèce en crise, et les travailleurs de Vio.Me. sont convaincus que ce sera que le premier de toute une série. La manifestation a été massive et dynamique. La mobilisation a débuté par une grande assemblée des travailleurs, des organisations solidaires et des individus dans un théâtre du centre-ville dimanche soir. C’est là que déroulement de l’action du mouvement de solidarité a été discuté, tout le monde a eu la chance de prendre le micro et d’exprimer son opinion sur la lutte des travailleurs.

Des artistes talentueux ont joué en faveur de la lutte de Vio.Me.

Le lundi soir, il y avait une manifestation dans le centre de la ville suivie d’un énorme concert-bénéfice avec plusieurs groupes folkloriques bien connus et de chanteurs. Parmi eux, Thanassis Papakonstantinou, l’un des plus importants compositeurs contemporains grecs qui fait en quelque sorte «partie du mouvement», car il donne toujours son soutient avec des paroles et en actes aux efforts de la société pour l’autodétermination. La participation a dépassé les attentes de tout le monde. Malheureusement, environ un millier de personnes n’ont pas réussi à entrer, car le stade était déjà plein. Le moment stellaire de la nuit, c’est quand les travailleurs ont pris le micro et ont expliqué leur vision d’une autre société, basée sur la justice sociale, la solidarité et l’autogestion. Cinq mille personnes ont applaudi, criant et chantant des chants de soutien. C’est alors que tout le monde s’est rendu compte que cet effort était voué au succès! Les travailleurs de Vio.Me. Se sont adressés au peuple. Tôt le lendemain matin la mobilisation a continué avec une manifestation dynamique vers l’usine. Les travailleurs étaient déjà à leur poste et le coup d’envoi triomphal de la production s’est fait devant les caméras des médias nationaux, locaux et alternatifs. Les travailleurs ont organisé une visite guidée de l’usine et expliqué tous les détails du processus de production pour les journalistes et les participants au mouvement de solidarité.

Le premier lot de produits fabriqués sous contrôle ouvrier!

Il y a encore un long chemin à parcourir: Les coûts de production sont élevés, l’accès au crédit est impossible et d’obtenir une part du marché en période de récession est plus qu’incertain. Les travailleurs sont toutefois optimistes: le produit du concert de soutien et les dons de particuliers et des groupes de soutien recueillies via viome.org devraient être suffisants pour maintenir l’entreprise à flot dans les premiers mois. Et le soutien des mouvements sociaux signifie que bon nombre des produits seront distribués par le biais des structures existantes de l’économie sociale et solidaire. Les travailleurs de Vio.Me. sont déjà à la recherches de nouveaux produits de nettoyage, sur la base des ingrédients non toxiques écologiques, aptes à un usage domestique. L’usine fabrique des matériaux de construction de qualité (mortiers, plâtres, pâte colle à carrelage et matériaux de jointoiement, coulis imperméable à l’eau, etc) et les travailleurs savent très bien comment améliorer la qualité tout en réduisant encore plus les coûts de production et donc le prix. Le défi consiste maintenant à trouver un marché pour ces matériaux, que ce soit en Grèce ou dans les pays des Balkans environnantes. Certains produits peuvent être expédiés encore plus loin, afin qu’ils puissent être distribués par le mouvement de solidarité international. Les 40 travailleurs de Vio.Me. et des centaines de participants au mouvement de solidarité ont vécu pendant trois jours une expérience inoubliable, qui n’est cependant que le début d’un chemin long et difficile. Maintenant plus que jamais, nous devons être unis et forts, déterminés à construire un monde nouveau fondé sur la solidarité, la justice et l’autogestion!

 Traduction transmise par mail, 11 mars 2013

[Nancy] Planning des activités du Centre Culturel Autogéré (CCAN) – mars 2013

Le planning du Centre Autogéré de Nancy du mois de mars *est publié.

Si vous souhaitez nous pouvons vous l’envoyer par la poste pour déposer dans vos locaux ou vous pouvez le télécharger en format PDF sur le site.

Le Centre Culturel Autogéré de Nancy est un lieu militant, associatif et convivial. Le CCAN a pour but de promouvoir les cultures alternatives, émancipatrices et opposées à la culture marchande

Centre Culturel Autogéré de Nancy* (CCAN)

  • Adresse : 69 rue de Mon-Désert 54000 Nancy
  • Tél : 03.72.14.85.23 –
  • Email : contact[AT]ccan.herbesfolles.org

DIY AGENDA

Agenda DIY regroupe des évènements militants, politiques et DIY de Nancy et alentours. DIY est un mode de vie et d’organisation entre les individu-e-s et les collectifs, un apprentissage et le partage de savoir.

Reçu par mail, 11 mars 2013