Marchandisation de l’Université : la réforme licence et les Idex

La réforme licence adoptée par le ministère pendant l’été et qu’il entend appliquer dès la rentrée 2012 est un coup de plus porté à l’Université. Elle s’inscrit dans la droite ligne du processus de Bologne avec à la clé une privatisation de l’enseignement conduisant à accroître la sélection sociale au sein de l’Université tout en renforçant l’emprise du patronat sur cette dernière.

Pour déman­te­ler l’Université la stra­té­gie du gou­ver­ne­ment est la LRU.

De celle-ci découle d’un côté, les IDEX (Initiatives d’Excellence) qui ont pour objec­tif la créa­tion au niveau natio­nal d’une dizaine de pôles uni­ver­si­tai­res hyper­spé­cia­li­sés et dotés de moyens excep­tion­nels (finan­cés par le grand emprunt) en raison de leur « excel­lence » dans l’objec­tif avoué d’acqué­rir une reconnais­sance au niveau inter­na­tio­nal.

D’un autre côté, le plan licence s’adresse aux facs qui res­te­ront ina­dap­tées à la « com­pé­ti­tion inter­na­tio­nale ». La réforme licence vient donc pro­fes­sion­na­li­ser les for­ma­tions res­tan­tes en les adap­tant au bassin local de l’emploi. Ainsi, on forme d’un côté l’élite natio­nale et inter­na­tio­nale, les grands cer­veaux/cher­cheurs, et de l’autre on forme la main d’œuvre bien « pro­fes­sion­na­li­sée et adap­tée aux besoins du marché ».

Facs d’élite pour les uns, facs pou­belle pour les autres..

Dans les dis­cours du gou­ver­ne­ment au ser­vice des riches et des capi­ta­lis­tes, l’Université est res­pon­sa­ble du chô­mage car elle ne répon­drait pas aux besoins des entre­pri­ses. Mais ce n’est pas l’Université qui enchaine plans de licen­cie­ment sur plans de licen­cie­ment, jette les gens à la rue et dans le chô­mage et qui est inca­pa­ble d’assu­rer un emploi stable et épanouissant à tous et toutes, c’est l’État et le grand patro­nat !

Cadre économique global

L’Université n’est pas déconnec­tée de l’ensem­ble de la société, en ce sens, les logi­ques qui s’y appli­quent sont les même que l’on connaît par­tout ailleurs. Austérité, plans de rigueur, crois­sance, pro­fits, chô­mage, concur­rence, com­pé­ti­ti­vité, flexi­bi­lité.. y sont les maî­tres mots. Ainsi, il n’est pas étonnant que l’OCDE ait expres­sé­ment appelé dans son der­nier rap­port annuel sur l’éducation le gou­ver­ne­ment Français à aug­men­ter les frais d’ins­crip­tion à l’uni­ver­sité. Comme en Angleterre par exem­ple où le gou­ver­ne­ment a triplé les frais de sco­la­rité à l’uni­ver­sité les pas­sant de 3000 livres à 9000 livres (plus de 10000€ !) malgré une forte mobi­li­sa­tion étudiante.

Pour faire passer la pilule de la casse sociale géné­ra­li­sée, les gou­ver­ne­ments du monde entier – la France ne fai­sant pas excep­tion – dési­gnent des boucs émissaires : étranger-e-s, sans-papiers, chô­meurs, pré­cai­res, tra­vailleurs seraient res­pon­sa­bles de tous les maux ou « pro­fi­te­raient du sys­tème ». Ainsi, non contents de détruire la vie de mil­lions de gens, nos diri­geant-e-s ten­tent – dans un ultime mani­fes­ta­tion de leur mépris de classe – de faire culpa­bi­li­ser leurs vic­ti­mes. Car qui peut affir­mer sans honte que le pro­fi­teur-se est le/la tra­vailleur-se et non l’action­naire qui sort plus riche encore de la crise qu’il a pro­vo­quée.

Ne ren­trons pas dans le jeu des diri­geant-e-s qui consiste à nous divi­ser pour mieux régner. L’heure est à la lutte !

La réforme licence

Les objec­tifs avoués de la réforme sont « d’amé­lio­rer l’inser­tion pro­fes­sion­nelle » des étudiants en « pro­fes­sion­na­li­sant » les diplô­mes ; « d’indi­vi­dua­li­ser » les for­ma­tions« en créant des par­cours dif­fé­ren­ciés et »d’aug­men­ter les exi­gen­ces aca­dé­mi­ques ».

Cette réforme ampli­fiera donc encore le pro­ces­sus déjà lar­ge­ment avancé de pri­va­ti­sa­tion de l’Université, notam­ment avec la pré­sence de patrons au sein du Conseil d’Administration et pour­sui­vra « l’élitisation » de l’uni­ver­sité en pro­cé­dant à une sélec­tion sociale de fait.

En effet, la pro­fes­sion­na­li­sa­tion des diplô­mes signi­fie en terme concret l’ins­tau­ra­tion de stage(s) dans les cursus, c’est-à-dire la sou­mis­sion – gra­tuite ou à coûts réduits – pen­dant la durée d’études aux besoins des entre­pri­ses. Le contenu théo­ri­que de la licence est ainsi bradé pour four­nir une main d’œuvre mal­léa­ble et à bas coûts aux entre­pri­ses, aug­men­tant un peu plus encore la concur­rence entre les étudiant-e-s/chô­meur-se-s/tra­vailleur-se-s et contrai­gnant ainsi chacun à accep­ter des condi­tions tou­jours plus déplo­ra­bles !

La « pro­fes­sion­na­li­sa­tion » c’est donc bien se sou­met­tre aujourd’hui pour être sûr d’être bien soumis demain !

En outre, l’ins­tau­ra­tion de la « plu­ri­dis­ci­pli­na­rité » verra enté­ri­ner la dis­pa­ri­tion pure et simple des filiè­res les moins ren­ta­bles et les moins adap­tées aux inté­rêts du patro­nal régio­nal. En effet, plutôt que de per­met­tre à tout un chacun d’accé­der à une for­ma­tion de qua­lité de son choix, cri­ti­que et indé­pen­dante, la « plu­ri­dis­ci­pli­na­rité » a en réa­lité pour objec­tif de réa­li­ser des économies d’échelles en met­tant tout le monde dans les mêmes cours ! Ainsi, en homo­gé­néi­sant les for­ma­tions on s’éloigne davan­tage encore de l’ensei­gne­ment cri­ti­que.

Par ailleurs, la « per­son­na­li­sa­tion » des par­cours – c’est-à-dire la créa­tion de par­cours « d’excel­lence » et « de sou­tien » -conduira à indi­vi­dua­li­ser les diplô­mes – c’est-à-dire contrai­re­ment à ce qu’annonce le minis­tère – casser la reconnais­sance par les conven­tions col­lec­ti­ves des diplô­mes et des qua­li­fi­ca­tions pour les rem­pla­cer par un vague « carnet de com­pé­ten­ces », n’offrant aucune garan­tie face aux employeurs/eues.

De plus, le volume horaire des cours en licence sera comme le sou­haite le minis­tère aug­menté, couplé à l’ins­tau­ra­tion de stage(s) dans les cursus, sans aug­men­ta­tion aucune des bour­ses alors que le sala­riat étudiant cons­ti­tue aujourd’hui la pre­mière cause d’échec en licence, l’éviction de l’uni­ver­sité des clas­ses popu­lai­res et des clas­ses les plus défa­vo­ri­sées sera ainsi assu­rée !

Amplifiant par ailleurs les cours sans lien de quel­conque nature avec la spé­cia­lité de l’étudiant – comme des cours de TICE ou de langue – débou­chant sur des cer­ti­fi­cats afin d’acqué­rir un « réfé­ren­tiel de com­pé­ten­ces » dans l’objec­tif avoué de satis­faire les atten­tes des futurs employeur-se-s !

On l’aura com­pris, il ne s’agit plus d’une for­ma­tion mais bien d’un « for­ma­tage » de nos études/de nos vies au marché pour les besoins des entre­pri­ses ! Revaloriser la licence ne signi­fie qu’en réa­lité la reva­lo­ri­ser aux yeux des employeur-se-s !

« La nou­velle licence est inté­grée dans l’envi­ron­ne­ment socio‐é­co­no­mi­que en favo­ri­sant les par­te­na­riats avec l’entre­prise pour la défi­ni­tion de l’offre de for­ma­tion ini­tiale et conti­nue (évaluation des besoins, déve­lop­pe­ment de l’alter­nance au sens large) et en ouvrant plus lar­ge­ment la par­ti­ci­pa­tion des pro­fes­sion­nels aux équipes péda­go­gi­ques et aux jurys d’examen. » dos­sier de presse du minis­tère sur la « nou­velle licence »…

De la néces­sité d’une mobi­li­sa­tion d’ampleur !

Dès aujourd’hui il faut donc se mobi­li­ser pour créer un mou­ve­ment dans les Universités afin de com­bat­tre la réforme licence et les IDEX. Ce mou­ve­ment se devra d’être ouvert sur le reste de la société car les étudiant-e-s sont des tra­vailleur-se-s en for­ma­tion. Les luttes par­tiel­les pour nos inté­rêts sec­to­riels doi­vent fusion­ner en une seule lutte d’ampleur. Nous devons atta­quer toute la poli­ti­que de la classe diri­geante, et scel­ler une large alliance entre les étudiant-e-s, les tra­vailleurs et tra­vailleu­ses, les chô­meurs et les pré­cai­res, qu’ils soient « fran­çais » ou étrangers, avec ou sans-papiers.

Pour cons­truire une mobi­li­sa­tion sociale d’ampleur à la ren­trée, dès main­te­nant, rejoins le mou­ve­ment !

Notre avenir est dans la lutte !

Pour une uni­ver­sité gra­tuite laïque, cri­ti­que et popu­laire !

Contre la réforme licence !

Contre les IDEX !

Contre la sou­mis­sion de nos inté­rêts à une poi­gnée de capi­ta­lis­tes !

Contre les pro­fi­teurs, contre l’escla­vage sala­rié, bri­sons nos chai­nes !

P.-S.

Confédération Nationale du Travail, Fédération Syndicale Étudiante

Source: Rebellyon, 11/09/2011

[JURA] Mutinerie à la prison de Lons-le-Saunier

Lons le Saunier (39) : Mutinerie à la prison

Cinq prisonniers refusent de regagner leur cellule

Hier soir, vers 17 heures, à l’issue de la promenade, cinq détenus considérés comme dangereux car purgeant des peines pour crimes, ont refusé de regagner leur cellule.

Ils exigeaient d’être transférés vers des établissements plus proches de leur famille.

L’incident a nécessité l’intervention de forces speciales d’intervention en milieu carcéral venus de Dijon et Strasbourg.

A 22h 30, 4 des 5 « mutins » ont été transférés vers d’autres prisons.
Rappelons qu’en novembre dernier , la prison de Lons le Saunier avait déjà été le théâtre d’une tentative d’évasion.

Presse bourgeoise – Fr3 FC, 07/08/2011

Lons-le-Saunier (39) Mutinerie à la prison

Samedi, vers 21 h 30, les renforts de Strasbourg sont arrivés.  Photo Laurie Bouclet

Samedi, vers 21 h 30, les renforts de Strasbourg sont arrivés. Photo Laurie Bouclet

Cinq prisonniers qui exigeaient leur transfert vers des prisons plus proches de leur famille ont refusé de regagner leur cellule.

En novembre, une tentative d’évasion avait eu lieu à la prison de Lons-le-Saunier. Samedi, vers 17 heures, la maison d’arrêt de la préfecture du Jura a été le théâtre d’un nouvel incident. À l’issue de la promenade, cinq détenus, purgeant des peines pour crimes et considérés comme dangereux, ont refusé de regagner leur cellule.

Le site a aussitôt été sécurisé par le personnel pénitentiaire qui a reçu le renfort de la Police nationale de la ville. Les hommes d’une équipe régionale d’intervention et de sécurisation en milieu carcéral (ERIS) sont ensuite arrivés depuis Dijon, bientôt rejoint, vers 21 h 30 par douze de leurs collègues des forces spéciales de Strasbourg.

Selon la direction de la prison, les mutins, qui refusaient de quitter la cour, exigeaient d’être dirigés vers des établissements plus proches de leur famille.

Dès samedi soir, alors que la situation paraissait totalement sous contrôle et en voie de dénouement, les services pénitentiaires ont fait savoir que des sanctions seraient immédiatement prises à l’encontre de ces prisonniers.

Quatre d’entre eux avaient d’ailleurs quitté la prison lédonienne dimanche matin, transférés dans la nuit vers d’autres établissements pénitentiaires

Presse bourgeoise – Le Journal de Saône-et-Loire, 08/08/2011

Action anti-OGM à Feyzin près de Lyon

Pour un compte-rendu complet voir Rebellyon

Des anti-OGM ont fauché des tournesols samedi à Feyzin

Ils étaient près de 250 à venir de Saint-Georges d’Espéranche, lieu historique de la lutte anti-OGM.
Les faucheurs ont alors décidé de se rendre dans un champ de tournesols « tolérants » qui permettent de lutter contre l’ambroisie. Ils ont ainsi arraché les fleurs mutées sur une parcelle de 100m2 devant les yeux d’une soixantaine de gendarmes. Une liste des participants a d’ailleurs été remise aux forces de l’ordre. Si le propriétaire de la parcelle porte plainte, les faucheurs risquent une amende voire de la prison avec sursis.

Presse bourgeoise – Lyon Mag, 31/07/2011

Fauchage de tournesol « muté » dans le Rhône

Plus de deux cents manifestants ont fauché samedi une parcelle de 100 m2 de tournesol « muté » à Feyzin (Rhône), près de Lyon, pour protester contre ce qu’ils estiment être des OGM « cachés » ou « clandestins ». A l’appel du mouvement des Faucheurs volontaires d’OGM, les manifestants se sont rassemblés samedi matin à Saint-Georges-d’Espéranche (Isère), où a eu lieu le premier fauchage de colza OGM (organisme génétiquement modifié) en juin 1997.

Un cortège de voitures long de 1,3 km s’est ensuite dirigé vers Feyzin, à 30 km de là, où les militants écologistes, pour certains membres de la Confédération paysanne, ont arraché des plants de tournesol, sous l’oeil d’une cinquantaine de gendarmes. Une liste des participants à ce « fauchage symbolique » avait auparavant été remise à la gendarmerie.

« Ce qu’on veut, c’est alerter l’opinion publique et obtenir une réglementation sur ces cultures de plantes mutées », a expliqué à l’AFP Guy Germain, 68 ans, agriculteur à la retraite. Ces tournesols dits « tolérants », obtenus par mutagenèse, sont censés faciliter la lutte contre l’ambroisie, une plante invasive qui affecte la production.

Presse bourgeoise – Europe 1, 30/07/2011

[URGENT] Manif à Montreuil en solidarité avec les squats parisiens dimanche 31 juillet à 11h00

Urgent / dernière minute : manif de solidarité

Nous appelons nos militantEs et sympahisantEs à se joindre à la manifestation qui aura lieu le 31 juillet 2011 à Montreuil. Cette manifestation fait suite à des expulsions, attaques de milices et diverses violences graves à l’encontre de squatteurs. Face à la spéculation, face à la répression, notre arme est la solidarité.

La ville appartient à celles et ceux qui y habitent. A personne d’autre !

Venez nombreux !
RDV à l’entrée de la rue piétonne, métro Croix de Chavaux, sortie Jacques Duclos.

Source: FA Quartier Pirate, 30 Juillet 2011

Des infos en plus ici concernant la manif

[Besançon] Suite judiciaire concernant la mort d’un homme dans les geôles de la gendarmerie d’Amancey (25)

Jura. Tribunal de Besançon : décès en garde à vue, audience en décembre

Classée sans suite par le parquet de Besançon en mai dernier, la plainte pour « homicide involontaire » déposée par la famille de Joseph Petithuguenin n’est pas restée sans effets.

La famille de cet homme de 77 ans, décédé en juin 2010 d’un malaise cardiaque dans une geôle de la gendarmerie d’Amancey (25), a engagé une procédure de citation directe contre les deux gendarmes qui étaient censés le surveiller le jour du drame. L’audience préliminaire, dite de consignation, s’est déroulée mercredi à Besançon. Une simple formalité destinée à arrêter une date d’audience et le montant de la consignation, à la charge de la famille plaignante, qui a été fixée à 500 euros.

Preuve, s’il en était besoin, que la justice prend ce drame très au sérieux, un après-midi entier d’audience sera consacré à cette affaire le 16 décembre prochain. Mercredi, les deux gendarmes mis en cause étaient présents ainsi que leurs avocats, Mes Sahia, de Belfort, et Billaudel, de Lons. Ils ont pris connaissance des griefs avancés par la famille Petithuguenin, représentée par Me Schwerdorffer.

Dans la matinée du 22 juin 2010 Joseph Petithuguenin, 77 ans, et un de ses amis étaient convoqués par les gendarmes dans le cadre d’une enquête ouverte pour le délit de « mauvais traitements à animaux ». En réalité, les enquêteurs cherchaient à élucider la mort suspecte de daims dans un élevage du village d’Eternoz (25), l’éleveur ayant porté plainte pour l’empoisonnement de ses animaux. Ce qui n’a jamais été démontré par les investigations.

Les deux retraités, qui avaient l’habitude de se promener à proximité du parc, étaient alors soupçonnés. Bien qu’ils aient nié avec force et que la perquisition menée au domicile de Joseph Petithuguenin n’ait rien donné, ils étaient tous deux placés en garde à vue à Amancey.

Contacté mais retenu ailleurs, le médecin n’avait pu rendre visite aux deux hommes. À l’heure du repas, les gendarmes se sont absentés pour déjeuner durant une quarantaine de minutes. À leur retour, M. Petithuguenin avait perdu connaissance, victime d’un accident cardiaque. Les médecins et les secours sont arrivés trop tard.

L’autopsie relevait que le trouble fatal du rythme cardiaque pouvait avoir été causé « par une situation de stress ». L’épouse de la victime et ses enfants ont donc décidé de poursuivre les gendarmes pour « homicide involontaire par négligence et manquement à une obligation de sécurité prévue par un règlement ».

Leur presse – Le Progrès, 20/07/2011

[Besançon] Mobilisation pour les sans-papiers tous les mardis devant la préf’

Besançon : mobilisation pour des étrangers

La première manifestation a eu lieu pendant le défilé du 14 juillet à Besançon.

La première manifestation a eu lieu pendant le défilé du 14 juillet à Besançon.

Le collectif de défense des droits et libertés des étrangers se réunit tous les mardis devant la préfecture.

Une cinquantaine de manifestants s’est retrouvée devant la préfecture du Doubs à Besançon ce mardi à 17h30 et  ils ont pris l’engagement de revenir tous les mardis. Ils reprochent à la préfecture d' »intensifier ces deux dernières semaines les Obligation de Quitter le Territoire Français (O.Q.T.F) » .

D’après le Collectif de Défense des Droits et Liberté des Etrangers « ces procédures risquent de se transformer d’ici quelques jours en mises en rétention suivies d’une expulsion ». Ces mesures pourraient concerner une vingtaine de familles dans le Doubs dont une quinzaine avec enfants. Certaines résident en France depuis trois ans, d’autres sont arrivées plus récemment. La plupart ont déposé une demande d’asile qui n’a pas pu aboutir ou encore une demande de régularisation au titre de la santé. Ces personnes viennent du Kosovo, de Géorgie, d’Arménie et aussi de Gambie ou d’Angola.
Le 14 juillet, au moment du défilé à Besançon, quelques militants avait lancé un « appel citoyen » pour dénoncer ces O.Q.T.F en brandissant silencieusement des pancartes indiquant les noms et l’âge des personnes visées par ces mesures. Ils demandent la régularisation de ces étrangers. Ils ont décidé de se retrouver désormais tous les mardis devant la préfecture du Doubs à Besançon.

Leur presse – Fr3 Franche-Comté, 20/07/2011

[QUEBEC] Répression sur des militants anti-capitalistes suite à la manif du 1er mai dernier

Quatre manifestants du 1er mai arrêtés

Les policiers d’une nouvelle escouade créée pour lutter contre les mouvements marginaux ont arrêté quatre personnes relativement aux blessures subies par des policiers, lors de la manifestation de la fête du Travail le premier mai dernier.

Les quatre suspects, deux hommes et deux femmes âgés entre 19 et 52 ans seront accusés, le 13 juillet, de voies de fait, agression armée, port d’une arme dans un dessein dangereux et entrave.

Ils ont été arrêtés la semaine dernière par les enquêteurs d’une nouvelle escouade appelée GAMMA (Guet des activités et des mouvements marginaux et anarchistes) qui relève de la Division du Crime organisé de la police de Montréal.

Il s’agit des premières arrestations de cette escouade dont la création a été pensée il y a un an, à la suite de méfaits commis contre des auto-patrouilles dans des postes de quartier de Côte-des-Neiges et d’Hochelaga-Maisonneuve.

Les menaces envers la police et les affrontements avec les policiers sont de plus en plus fréquents depuis quelques années et avec cette escouade, le SPVM veut mieux supporter ses patrouilleurs et coordonner sa lutte aux groupes marginaux et anticapitalistes.

D’autres arrestations pourraient suivre relativement aux événements du premier mai dernier.

À coups de 2×3

Ce jour-là, des policiers ont tenté d’arrêter un individu qu’ils considéraient comme un agitateur durant la manifestation organisée par la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC) de Montréal.

Mais des manifestants, cagoulés et armés de 2×3, nous a-t-on dit, se seraient mis à frapper les agents.

Six d’entre eux ont été blessés, souffrant principalement de coupures. L’un d’eux a cependant subi une commotion cérébrale.

Un communiqué du Parti communiste révolutionnaire publié sur le site internet du Centre des médias alter natifs de Montréal identifie l’un des individus arrêtés comme étant Patrice Legendre, 52 ans, un ouvrier communiste qui se ferait appeler William.

Selon le communiqué, la police se demande si Legendre pourrait être impliqué dans l’attentat à la bombe survenu au bureau de recrutement des Forces canadiennes à Trois-Rivières il y a un an.

Cet attentat, revendiqué par la Résistance internationaliste, n’a toujours pas été élucidé.

Le même groupe a revendiqué des méfaits commis contre un pylône d’Hydro-Québec en Estrie en 2004 et l’explosion de la voiture du porte-parole de l’Institut canadien des produits pétroliers, Carol Montreuil, en 2008.

Leur presse – Canoë, 08/07/2011

Des manifestants anticapitalistes auraient rossé des policiers

Le SPVM a récemment arrêté quatre personnes soupçonnées de s’être attaquées à des policiers lors d’une manifestation anticapitaliste à Montréal, le 1er mai dernier, a appris La Presse. Les quatre suspects seront accusés d’agression armée, de port d’arme dans un dessein dangereux, de voie de fait sur des agents de la paix et d’entrave au travail des policiers.

La manifestation, organisée par la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC), visait à dénoncer «le système capitaliste oppresseur et générateur de pauvreté». La police avait alors déclaré que la manifestation avait dégénéré; une vitrine avait été saccagée et six personnes avaient été arrêtées. Au moins sept policiers avaient été blessés, mais la nature de leurs blessures n’avait pas été divulguée.

Selon nos sources, trois ou quatre policiers, agressés à coups de bâton, auraient eu une commotion cérébrale. Hier, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé que des arrestations avaient eu lieu la semaine dernière, mais il s’est abstenu de commenter l’affaire avant la comparution des prévenus, qui ont été libérés sous promesse de comparaître le 13 juillet prochain.

Dans un communiqué publié mardi sur le site internet du Centre des médias alternatifs du Québec, le Parti communiste révolutionnaire (PCR) affirme que les prévenus, au nombre desquels se trouverait un de ses militants, ont été arrêtés sur «la base d’éléments de preuve dérisoires».

«Le contenu des interrogatoires et la présence d’un enquêteur de l’équipe intégrée sur la sécurité nationale laissent croire que d’autres motifs se cachent derrière cette opération», dit le communiqué.

Le PCR affirme que les policiers ont tenté d’établir un lien entre le militant arrêté et l’attentat mené l’été dernier contre le centre de recrutement des Forces armées canadiennes à Trois-Rivières. L’explosion, qui n’avait pas fait de blessé, avait été revendiquée par le groupe Résistance internationaliste. L’Équipe intégrée sur la sécurité nationale, formée de membres de la GRC, de la Sûreté du Québec, du SPVM et du Service canadien du renseignement de sécurité, enquête toujours sur l’affaire.

«Curieuse coïncidence, le lendemain des arrestations de Montréal, l’équipe intégrée sur la sécurité nationale installait pour trois jours un poste de commandement à Trois-Rivières, face au centre de recrutement… Nous savons que les policiers ont alors présenté des photos des quatre personnes arrêtées le 29 juin à la population de Trois-Rivières en espérant trouver quelqu’un qui les impliquerait d’une manière ou d’une autre», dit encore le PCR dans son communiqué.

Leur presse – La Presse, 08/07/2011

Attentat terroriste à Trois-Rivières: des manifestants sous la loupe de la GRC?

(Trois-Rivières) L’enquête menée par l’Équipe intégrée sur la sécurité nationale (ÉISN) dans le dossier de l’attentat terroriste du centre de recrutement des Forces armées canadiennes à Trois-Rivières en juillet 2010, viserait-elle des membres du Parti communiste révolutionnaire (PCR)?

C’est ce que soutient l’organisation, dont l’idéologie s’appuie sur le marxisme-léninisme-maoïsme, dans un communiqué publié le 5 juillet sur son site Internet. Le parti fait état de l’arrestation, le 29 juin dernier, de quatre personnes ayant pris part à une manifestation de la Convergence des luttes anticapitalistes de Montréal. Lors de cette manifestation, qui se tenait le 1er mai, des policiers auraient été blessés lors d’une altercation.

Les quatre personnes arrêtées le 29 juin, dont un militant du PCR, auraient été relâchées sous promesse de comparaître le 13 juillet prochain à Montréal.

Or, le parti soutient que deux jours après l’arrestation, soit au moment où l’ÉISN a installé son poste de commandement à Trois-Rivières dans le but de recueillir de l’information un an après les attentats de Trois-Rivières, les photos des quatre manifestants auraient été montrées aux Trifluviens interrogés dans le cadre de cette enquête.

«L’opération du 29 juin a manifestement été menée sur la base d’éléments de preuve dérisoires. Le contenu des interrogatoires et la présence d’un enquêteur de l’Équipe intégrée sur la sécurité nationale laissent croire que d’autres motifs se cachent derrière cette opération», clame le parti.

«Les informations recueillies par le Bureau d’information politique tendent à montrer que les policiers ont cherché avec cette opération à impliquer le PCR, et en particulier le militant Patrice Legendre, dans trois incidents antérieurs dont l’un survenu l’an dernier à Trois-Rivières alors qu’un engin explosif a fait voler en éclats les portes du centre de recrutement des Forces canadiennes. […] Nous savons que les policiers ont alors présenté des photos des quatre personnes arrêtées le 29 juin à la population de Trois-Rivières en espérant trouver quelqu’un qui les impliquerait d’une manière ou d’une autre», soutient le parti.

«L’opération du 29 juin ne tient pas du hasard. Elle s’inscrit dans un contexte où l’État bourgeois canadien est à l’offensive pour criminaliser la lutte politique et en particulier, les militantes et les militants qui y participent. On n’a qu’à penser au sommet du G20 en juin 2010 à Toronto, où plus d’un millier de personnes ont été arrêtées illégalement. Au cours des dernières années, des douzaines de militantes et de militants, dont certains du PCR, ont été l’objet de harcèlement à leur domicile et sur leur lieu de travail, de la part de cette fameuse  »équipe intégrée »», ajoute le PCR.

Du côté de la GRC, qui coordonne les communications pour l’ÉISN, on ne confirme ni n’infirme cette information, étant donné que l’enquête est actuellement en cours. «Ce qu’on peut dire, c’est que c’est une enquête qui avance, elle ne recule pas. Notre présence à Trois-Rivières la fin de semaine dernière a été très positive et nous espérons un dénouement heureux rapidement», a mentionné le caporal Luc Thibault, porte-parole de la GRC.

Le Nouvelliste a placé, par voie de courriel, une demande d’entrevue avec un représentant du PCR pour tenter d’obtenir plus de détails, mais nous n’avons obtenu aucun retour.

Leur presse – Le Nouvelliste, 09/07/2011

Plus d’infos sur Anarkhia et sur Nouvelles du Front

[RESISTONS ENSEMBLE] Au trou ! Bulletin juillet 2011

Au trou !

« Non à l’impunité policière ! » était l’un des cris lancés lors de la marche du 19 mars par des familles dont les enfants ont été tués par la police. Impunité ? Allons voir comment ça se passe en pratique :
1er acte – Un grand classique : un policier tire. Lors des émeutes à la Grande-Borne (Essonne) en mai 2007, Hakim Fatihi est blessé d’une « balle perdue » par le chef de la BAC Yanneck Pegeaud. Hakim est accusé de tentative d’assassinat sur un policier et fait 9 mois de prison préventive.
2ème acte – L’enquête « déraille » : elle démasque les violences policières. Pour une fois, l’IGPN et un juge d’instruction contredisent la version policiére. Ils démontrent que Y. Pegeaud a menti. Il a tiré 8 balles et pas 3, et ce en dehors de toute légitime défense.
3ème acte : L’« ordre » revient. Le procureur d’Évry de l’époque J.F. Pascal 1/ ne transmet pas les éléments mettant en cause Y.P. 2/ classe l’affaire au motif de légitime défense. Aujourd’hui il est promu procureur général de la cour d’appel de Reims. Fait rare : suite à une nouvelle enquête Y.P. passe devant le tribunal. Mais en dépit de ses actes criminels, ses mensonges et falsifications prouvés, le parquet ne requiert que 18 mois avec sursis (jugement le 12 septembre prochain). On peut prévoir qu’il n’ira pas en prison, comme les auteurs de centaines d’autres crimes policiers.
Même quand la justice ne peut faire autrement que de condamner les flics à la prison ferme, sauf exception, elle n’ose pas les mettre à l’ombre. À notre connaissance, en France, seul le flic qui a tiré et tué Fabrice Fernandez à bout portant lors de sa garde-à-vue, le 18 décembre 1997 à Lyon, a été condamné à 12 ans de prison et placé en détention. Et peut-être une dizaine d’autres ont été condamnés à du ferme et sont aujourd’hui en appel.
Dans une autre société on pourrait espérer la destruction de toutes les prisons. Mais, avant d’y arriver, qui peut admettre l’impunité de fait dont bénéficient les policiers ? Pourquoi ne subissent-ils pas le sort que la société réserve aux prolétaires, aux immigré-e-s, aux habitant-e-s des quartiers populaires : fichage, humiliations, tabassages, lourdes peines fermes systématiques ?
De toute façon, imaginer les keufs assassins derrière les barreaux revient à s’attaquer à un rouage essentiel de ce système et donc à commencer à penser une société sans taule. Alors, exiger aujourd’hui un traitement égal pour les policiers coupables de crimes c’est s’engager sur la voie d’une société juste.

Nouvelles offensives racistes et anti-pauvres des Maires de gôche

À Montreuil (93), le cynisme de Voynet n’est plus à prouver. Les 300 squatters de la rue des Sorins qui sont menacés d’expulsion (lire RE 98) en ont encore fait les frais, la mairie s’est d’abord contentée de discréditer leurs soutiens (utilisant la catégorie « anarcho autonomes » inventée et diabolisée par l’Etat sarkozyste) et de les criminaliser eux mêmes (accusés d’abriter trafics de drogue, prostitution, mariage forcé…). Le 18 juin au matin, avant la manif de soutien qui a parcouru tout Montreuil de haut en bas,Voynet finit par recevoir une délégation ce qui lui permet d’exiger que les sbires municipaux de la « tranquillité publique » (entité créée par elle-même) encadrent la manif et surtout empêcher qu’elle n’entre dans le parc de Montreau où avait lieu la fête annuelle de la ville.
Rue Parmentier toujours à Montreuil, le 5 juin suite un orage, un immeuble de 4 étages s’effondre sur une maisonnette abritant plusieurs familles : Sira Fofana et ses enfants Sennou et Boubakar meurent, 8 autres personnes sont gravement blessées. La mairie se contente d’offrir aux rescapés des places dans un hôtel miteux ; il faudra attendre le 23 juin et un rassemblement devant le conseil municipal pour que des promesses soient faites (seront-elles tenues ?) et cela alors même que la responsabilité de la mairie est engagée : l’immeuble qui s’est effondré, destiné à devenir un « hôtel de tourisme » avait reçu un accord pour simple réhabilitation alors qu’il était dans un état de délabrement avancé. Enfin le 15 juin, c’est au tour d’un squat de la rue de Rosny (« politique » selon la mairie) d’être menacé d’expulsion suite à des courriers de la mairie qui pousse à coup de menaces le propriétaire pour accélérer les procédures judiciaires.
De même à Bagnolet : fin juin, le maire ex PC s’est allié à la préfecture pour mettre à la rue un groupe de rroms qui logeaient dans un « village d’insertion », en fait, des algecos. Et ce alors que le projet avait été initié par la mairie elle même suite à l’incendie d’un bidonville en 2004. Ils sont sommés de quitter les lieux d’ici fin juillet avec pour seule offre une « aide au retour » sensée leur permettre de s’« insérer » dans leur pays d’origine alors qu’ils disposent quasi tous d’un permis de séjour de 10 ans. C’est une première : le projet est interrompu au bout de 3 ans avant la date prévue afin de virer ceux des habitants qui n’auraient pas « fait les efforts d’insertion » requis pour loger au « village ». Explication plausible : la mairie de Bagnolet proche de la ruine n’a plus d’argent pour payer les vigiles qui surveillaient les entrées au « village » et les assos (dont Pactarim 93) chargées de « l’insertion » de ses occupants.

« Ni police ni charité »…

le calvaire continue pour les harragas tunisiens arrivés à Paris. Le 16 juin, ceux qui continuaient d’occuper l’immeuble du 36 rue Botzaris ont à nouveau été évacués sur ordre de l’ambassade : sûrement que la mise en circulation de documents compromettants pour les Etats tunisien et français (liste de RCDistes influents en France, preuves de la participation de la mairie de Paris et de l’Etat français aux campagnes de promotion de Ben Ali…) commençaient à sentir trop mauvais. Beaucoup d’autres continuent de dormir et se reposer dans les parcs alentours notamment de Belleville et des Buttes-Chaumont. Le gymnase Fontaine au roi a finalement été brutalement évacué sur ordre de la mairie de Paris avec le renfort de 120 CRS dépêchés par la préfecture le 5 juillet au soir. Les occupants se sont retrouvés à la rue privés de leurs affaires. On ne compte plus les arrestations, les harcèlements, les tabassages et les mises en rétention. Bref l’enterrement des révolutions arabes suit son cours.

Chronique de l’arbitraire

Lamine Dieng, Ali Ziri tués par la police, on ne vous oublie pas

Le 18 juin plus de 200 personnes ont manifesté pour honorer la mémoire de Lamine tué par la police en 2007 : départ rue des Amandiers, halte sur le lieu de l’interpellation, pour une prise de la parole de la famille, puis devant le commissariat scandant « vérité, justice pour Lamine », « policiers assassins ». Depuis 4 ans l’instruction piétine pourtant les résultats de la contre-autopsie obtenue grâce à la combativité de de la famille démontre que la pression des policiers sur le crâne pendant l’interpellation (ils étaient 5 sur un homme totalement entravé) est à l’origine de la mort par asphyxie mécanique. Le 11 juin, deux rassemblements ont été organisés à Argenteuil et à Paris, devant le ministère de la justice, pour obtenir la mise en examen des policiers responsables de la mort , il y a 2 ans,du chibani Ali Ziri, 69 ans, qui n’ont jusque là pas du tout été inquiétés.

De l’importation de la répression turque

Le 4 juin les flics débarquent vers 10h au centre culturel kurde d’Arnouville (95) dans le cadre d’une enquête de la SDAT contre le PKK (parti des travailleurs du Kurdistan) désigné par l’Europe comme terroriste, dans le cadre de courbettes et autres accords politico-économiques entre Europe, France et Turquie. Des militants sont arrêtés malgré la résistance des personnes présentes, à coups de matraque, flashball et lacrymo. Comme à Evry (91) pour les mêmes raisons au même moment, de violents affrontements éclatent pendant plusieurs heures : ambiance de couvre-feu avec hélicoptère survolant la ville jusqu’au lendemain, où les Kurdes organisent en réaction une manif non déclarée du centre culturel à la gare Arnouville-Villiers-le-Bel-Gonesse. Des centaines de personnes défilent dans le calme. Mais, lors de la dispersion, la police provoque et attaque. Peu après, le maire d’Arnouville fait distribuer dans les boîtes aux lettres un texte répugnant, menaçant la communauté kurde, espérant que les interpellés « auront à répondre de leurs actes devant la justice » avec « une pensée pour les policiers qui ont été blessés », refusant « que des personnes d’origine étrangère bafouent nos institutions, mettent en cause les actions de la police et vandalisent nos villes ». Depuis 2006, environ 160 Kurdes ont été arrêtés pour des motifs politiques, sous prétexte de lutter contre le financement du terrorisme. Neuf d’entre eux sont toujours en prison. Ainsi l’Etat français s’oppose physiquement à l’autodétermination du peuple kurde.

Un poisson pilote ?

Stéphane Gatignon, maire Europe-Écologie les Verts de Sevran (93) envisage « une présence de l’armée 24 heures sur 24 », le ministre de l’Intérieur lui répond que la police suffit. C’est un refus cache-sexe, car l’État prépare activement l’intervention de l’armée en France. Déjà la gendarmerie possède ses véhicules blindés. De plus à Sissonne (Aisne) l’Etat a construit une fausse ville de 5000 habitants, « Jeoffrécourt », où 10 000 soldats sont déjà formés (génie, logistique, artillerie, fantassins….). Officiellement c’est pour préparer une intervention extérieure. Pourtant « Jeoffrécourt » a un quartier historique et un autre pavillonnaire, sa gare, sa mairie, ses petits commerces, des barres d’immeubles, une zone commerciale, une station-service… paysage afghan typique, n’est-ce pas ?

On crut qu’c’était Fantômas

Samedi 2 juillet une vingtaine de personnes, avec gros pétard, barre de fer et divers projectiles, attaquait un commissariat à Champigny-sur-Marne (94), s’en sont suivies 9 interpellations. Le lendemain soir le commissariat est de nouveau pris pour cible, à coups d’engins incendiaires, aucune interpellation. La presse ose un lien avec le récent déploiement des brigades spécialisées de terrain (BST), succédant aux UTEQ, et récemment déployées dans les quartiers, (Belleville, Genevilliers) non sans heurts. La préfecture préfère le déni, parle de « simple provocation ».

Procès des 4 de Tours

Le tribunal correctionnel Tours a rendu son verdict dans le procès des 4 militants contre lesquels Hortefeux en avril 2010 avait porté plainte pour diffamation publique d’administrations publiques (ils ont diffusé un communiqué dans lequel la politique actuelle de traque des sans-papiers était comparée au méthodes du régime de Vichy). Une des prévenues a été relaxée, les trois autres sont condamnés à 500 € d’amende avec sursis, 300 € de dommages et intérêts et 3000 € solidairement pour les frais de justice. Ils ont décidé de faire appel.

Campagne nationale contre le puçage des troupeaux

Le puçage électronique des chevreaux et agneaux est obligatoire depuis juillet 2010, il le sera pour les chèvres et brebis en 2013 et les bovins d’ici peu, sous prétexte d’une traçabilité censée associer « sécurité » et « qualité ». On retrouve aujourd’hui ces mêmes puces RFID dans des cantines, transports, entreprises, etc. alliant contrôle ultra-sophistiqué et rationalisation infinie, nécessaire aux profits sans fin des industriels. Ici, la soi-disante sécurité due à la traçabilité prônée par les bureaucrates européens sonne faux alors que la multiplication des crises sanitaires est due à une organisation concentrationnaire et à la chaîne inhérente à la production agro-industrielle (élevage en batterie, farines animales, etc.). « Parce que mes brebis ne peuvent pas devenir des machines, il m’est impossible de leur mettre des puces électroniques » dit un éleveur. Ils et elles sont plusieurs à refuser le puçage de leurs bêtes à travers des déclarations publiques. Soutenons-les !
Contact : collectif Faut pas pucer – Le Batz, 81 140 St-Michel-de-Vax – fautpaspucer@laposte.net

Vinci une entreprise globale

Vinci, par le biais de sa fondation, soutient l’Observatoire Internationale des Prisons. L’OIP condamne elle-même les nouvelles « usines carcérales » construites dans les années 2000, où l’isolement des prisonniers atteint des sommets. Dans le même temps Vinci a joué un rôle majeur dans la vague récente de constructions de prisons (Nantes, Lille, Melun, Guyane, Guadeloupe…). Heureusement Vinci ne construit pas que des prisons, à Notre-dame-des-Landes, c’est accompagnée de 4×4 de la gendarmerie et d’huissiers, qu’elle enclenche les forages en prévision du futur aéroport de Nantes. Face à la résistance des habitants du coin qui ont créé un collectif « Zone A Défendre » (http://zad.nadir.org/), ils préparent déjà les expropriations.

Brassens sacrée racaille

Attention ! chanter du Brassens est en passe de devenir aussi dangereux que de rapper sur un morceau de la Rumeur ou de Sniper ; ça peut coûter un passage au tribunal pour outrage, c’est ce qui est arrivé à une trentaine de toulousains qui chantaient « mort aux vaches » devant un commissariat. Par la suite une personne à été arrêtée, jugée à Rennes et condamnée à 200 euros et 40 heures de travail d’ intérêt général. Jusqu’où ira l’Etat policier ?

Agir

Vérité et justice pour Ben

Le 24 juin Ben, jeune du quartier de Nanterre-ville, nous quittait alors qu’il célébrait le mariage d’un de ses amis au Parc du Vésinet, alors qu’il circulait à moto, il a été pris en chasse par la police. Marche à l’appel du comité vérité et justice pour Mohamed Ben Maâmar le 10 juillet à 14h au départ de Nanterre-ville (RER A) devant la maison du chemin-de-l’île. Réunion publique à venir.

Soutien aux inculpés…

de l’incendie du Centre de rétention administrative du Canet à Marseille le 9 mars 2011. Sur 6 personnes inculpées, 5 ont été libérées sous contrôle judiciaire, seul Djamel Benamar demeure incarcéré. Pour lui écrire : Benamar Djamel, n° d’écrou 160778, Maison d’arrêt des Baumettes, 213, chemin de Morgiou, 13009 Marseille. Liberté pour tous les inculpés du CRA du Canet.

Télécharger le bulletin no 89 juillet 2011 en pdf

Source: Résistons Ensemble, 9 juillet 2011

[ALGERIE] Les émeutes de la faim et de l’électricité s’étendent dans le sud-est du pays

Les émeutes persistent à El Oued

Crise de pain et d’eau, 14 policiers blessés et 18 manifestants arrêtés

En plus des coupures d’électricité et de la canicule, les habitants de la wilaya se plaignent de la pénurie de pain et d’eau.

D’autres communes, à savoir Mih Ouensa (à 26 km d’El Oued), Djamaâ (à 140 km) Kouinine (à 6 km) et Hassani Abdelkerim (à 10 km), et d’autres quartiers de la commune du chef-lieu de wilaya, ont rejoint le mouvement de protestation contre les coupures d’électricité à El Oued. Dans la nuit de mardi à mercredi, des milliers de manifestants sont sortis dans la rue pour dénoncer les coupures de courant en fermant les routes nationales à l’aide de pneus brûlés, de troncs d’arbres et de blocs de pierre.

En dépit de l’intervention des forces antiémeute, il faut avouer que la wilaya d’El Oued est au bord d’un volcan social. En plus des coupures d’électricité et de la canicule, les habitants de la wilaya se plaignent de la pénurie de pain, de celle de l’eau, sans parler des routes fermées et de la souffrance des voyageurs de la wilaya en provenance ou à destination de la capitale ou autres régions du pays. La colère populaire gronde. Les boulangeries ont baissé rideau en signe de protestation contre justement ce problème d’électricité qui leur a causé d’énormes pertes financières. Ils ont souligné qu’ils ne peuvent pas travailler dans ces conditions. Les imams et les chefs de famille, de leur côté, essayent d’apaiser les esprits en appelant à la sagesse et à la modération, mais ils ne sont pas toujours écoutés.

La contestation continue, relançant celle des communes de Hassi Khalifa, Tagzout, Bayadha et Robbah, lesquelles avaient été le théâtre, dans la nuit de lundi à mardi, de violentes émeutes «d’électricité».
Des structures publiques ont été saccagées et d’autres incendiées. Des bureaux, ordinateurs, documents, climatiseurs et autres matériels ont été également brûlés. Des affrontements ont eu lieu entre les forces de l’ordre et les manifestants, durant lesquels 14 policiers ont été blessés et 18 manifestants arrêtés, selon des sources locales. L’on saura qu’hier en fin d’après-midi, le siège des scouts musulmans et celui de la kasma FLN de la commune de Tagzout ont été saccagés par des manifestants.

Leur presse – El Watan, 14/07/2011

Coupures fréquentes d’électricité
Le délestage «préventif» de Sonelgaz provoque de violentes émeutes

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Les explications fournies hier par les responsables de Sonelgaz sur les coupures d’électricité enregistrées à travers plusieurs régions du pays ont apporté de l’eau au moulin. Des protestations dans plusieurs communes ont eu lieu hier où des citoyens ont exprimé de manière violente leur colère. Dans le sud-est du pays, notamment à Biskra et El Oued, la situation est plus alarmante. Des milliers de citoyens de la wilaya d’Alger sont privés non seulement d’électricité mais également d’eau potable.

Selon des témoignages de citoyens vivant dans les régions d’El Oued et de Biskra, la situation est intenable. Les populations de la wilaya de Biskra sont sans électricité depuis plus de 20 jours, alors que la canicule sévit avec des températures frôlant les 50 degrés.

Après la révolte des habitants de Ouled Djelali, qui ont protesté contre les coupures fréquentes d’électricité, des citoyens de Tolga sont sortis hier et ont incendié l’agence locale de Sonelgaz.

Les coupures fréquentes d’électricité ont encore été à l’origine de la colère des habitants de Tolga. Des habitants, des commerçants et des agriculteurs ont exprimé leur détresse et n’admettent plus les promesses des autorités locales et de Sonelgaz. «Nous avons tout perdu, nos récoltes et nos pompes à cause de ces coupures et délestages d’électricité. C’est inadmissible. Nous ne pouvons plus supporter cette situation.

Les services de Sonelgaz n’arrêtent pas de nous faire des promesses sans lendemain. Jusqu’à quand ils vont continuer à mentir. Ils ne savent pas qu’à cause des coupures d’électricité beaucoup d’agriculteurs ont perdu leur récolte», a dénoncé un citoyen de la commune de Doucen contacté par nos soins.

Dans la localité de Ouled Djellal (Biskra), les habitants ont protesté contre les coupures fréquentes d’électricité depuis le début de l’été en incendiant dans la nuit de dimanche à lundi l’agence locale de Sonelgaz.

Mardi, des habitants de certaines communes de la wilaya d’El Oued ont protesté également contre les coupures fréquentes d’électricité. Selon l’APS, dans la commune de Taghzout, les services de sécurité ont interpellé huit individus.

Les protestataires ont endommagé, en lançant des pierres et des cocktails Molotov, un véhicule et un camion en stationnement dans le parc de l’APC. La même source a ajouté qu’à Hassi Khelifa, située à 40 km à l’est du chef-lieu de wilaya, les manifestants ont fermé la RN16 sur l’axe reliant le chef-lieu de wilaya à l’est du pays pour protester contre les coupures fréquentes d’électricité.

Dans la commune d’El Bayadha (8 km à l’est du chef-lieu de wilaya), des habitants ont brûlé des pneus et coupé l’axe principal reliant les communes de Rebah et El Oued. Les services de la Protection civile d’El Oued ont indiqué que leurs équipes ont dû intervenir pour éteindre les flammes.

Des communes d’Alger privées d’électricité et d’eau
Des coupures d’électricité ont été également signalées dans d’autres wilayas du pays, à l’exemple de la wilaya d’Alger où des communes étaient privées d’électricité et d’eau potable depuis mardi.

A Gué de Constantine, les habitants ont vécu le calvaire. Il était impossible de dormir avec les moustiques et autres insectes étant donné que les appareils anti-moustiques ne fonctionnaient pas à cause des coupures électriques. Dans cette commune, les opérations de démoustication ne sont pas effectuées depuis des mois.

Les citoyens ne savent pas à quel saint se vouer. La saleté qui règne à Aïn Naâdja est incroyable, alors que le nombre d’habitants dépasse les 250 000.

La même situation est vécue à Draria, El Achour, Kouba et Réghaïa où les populations sont privées d’électricité et d’eau potable. Selon les responsables de la société de distribution de Sonelgaz d’Alger, les coupures enregistrées dans la capitale sont dues à la hausse de la consommation énergétique engendrée par la canicule. Les appels à la puissance énergétique ont provoqué des explosions des postes de transformation dans certaines communes de la wilaya. «Nos équipes travaillent depuis ce matin et moi-même je me suis rendu sur les lieux.

Nous avons constaté que les postes de transformation ont été endommagés. La consommation d’énergie électrique est irrationnelle et des actes de sabotage sur les câbles ont été signalés…», a souligné le DG par intérim de la SDA d’Alger.

De son côté, la Société des eaux et assainissement d’Alger nous a confirmé, hier, le manque d’eau dans plusieurs communes, notamment à Rouiba, Gué de Constantine, Draria et Bordj El Kiffan. Selon la direction de la communication, en raison «des coupures d’électricité fréquentes, les pompes à eau ne peuvent plus fonctionner». «Nous ne sommes pas en mesure d’assurer la disponibilité de l’eau dans ces conditions», a-t-on ajouté au niveau de la direction générale de la Seaal.

Les explications «contradictoires» de Sonelgaz  
Invité hier par la Chaîne III de la radio nationale, le directeur de la prospection du groupe Sonelgaz, Rabah Touila, a indiqué que 90% des coupures enregistrées ces derniers jours dans le pays sont dues aux agressions du réseau lors des travaux.

Cependant, le même responsable a affirmé que l’entreprise publique a procédé à des délestages «préventifs» et «conjoncturels» d’une durée maximale d’une heure pour «sauvegarder le réseau national interconnecté».

«Nous sommes dans une situation exceptionnelle avec des températures trop élevées (…) Nous sommes appelés à redimensionner notre réseau par rapport à cette surcharge», a-t-il reconnu tout en rassurant les populations du sud-est du pays, notamment les habitants des wilayas de Biskra et d’El Oued,

que l’électricité sera rétablie d’ici le 15 juillet (demain) avec la mise en service de nouveaux sites de production pouvant fournir une capacité de 250 MW. Pour le directeur de Sonelgaz, la «colère des habitants du Sud est légitime», avant de rappeler que la croissance de la consommation énergétique a évolué de 50% depuis l’année 2005. L’Algérie est-elle à l’abri du black-out total ?

L’invité de la Chaîne III est formel à ce sujet en soulignant que les projets réalisés permettent aujourd’hui d’éviter les situations de black-out vécues dans les années passées. En attendant, de nombreux citoyens souffrent le martyre à cause des coupures d’électricité et d’eau potable.

Leur presse – Le Temps d’Algérie (F. B.), 13/07/2011  

[ALGERIE] A propos des émeutes dans un quartier d’Alger contre la construction d’un parking – Pas touche à nos lieux de vies !

Privée de son unique carré de verdure, une cité algéroise se révolte

À Alger, les habitants de la cité du Bois des Pins se sont confrontés aux forces de police pour empêcher la destruction de la forêt du quartier par les autorités de la ville. En vain : d’ici 18 mois, ce carré de verdure devrait être remplacé par un parking.

C’est en mai dernier que la décision a été prise par la municipalité d’Hydra, le quartier résidentiel qui abrite la cité populaire du Bois des Pins. Le projet de construction de ce nouveau parking nécessitait de raser les 11 000 m2 de forêt, unique poumon du quartier.

La semaine dernière, et durant plusieurs jours, les riverains se sont révoltés contre cette décision jugée arbitraire. Ils dénoncent notamment un projet non conforme aux lois d’urbanisme. Malgré cette opposition, l’intégralité du Jardin des Pins a été rasé le 10 juillet, provoquant ainsi de violentes émeutes. Plusieurs riverains ont été brutalisés par les forces de police qui ont également procédé à des arrestations. Le comité de quartier se bat désormais pour récupérer le terrain.

La cité du Bois des Pins, qui compte 4 500 habitants, est la plus peuplée du quartier d’Hydra qui compte plus de 35 000 habitants.

Abdelghanni Mhenni, 61 ans, est responsable du comité de quartier du Bois des Pins.

Cette affaire a commencé au début du mois de mai lorsqu’une équipe est venue faire des relevés topographiques dans la forêt. C’est là qu’on a appris que la mairie projetait de détruire la forêt du Bois des Pins pour construire à la place un complexe de 12 étages. Nous avons été à la fois surpris et en colère de ne pas avoir été tenus au courant.

La procédure légale qui doit précéder ce genre de projet a été totalement bafouée. Il n’y a pas eu d’enquête de commodo et incommodo auprès de la population [enquête administrative dont le but est d’étudier les avantages et inconvénients d’un projet ou d’une opération pour le public, ndlr]. Nous n’avons pas non plus eu connaissance d’un permis de lotir qui doit délimiter le terrain à construire et la nature du projet. Par ailleurs, il n’y a eu aucun affichage public portant le numéro du projet, la durée des travaux, les noms des organismes qui les ont commandé et qui les exécuteront ni celui de l’organisme qui a délivré le permis de construire. Ce sont là les lois sur l’urbanisme auquel tout projet de construction doit se conformer en Algérie, exception faite pour les édifices de défense nationale. De plus, Alger est une zone sismique et notre commune est placée en zone orange. Est-il raisonnable d’y construire un édifice de 12 étages [les médias ne donnent aucune précision sur le nombre d’étages de l’édifice] sans qu’une étude sérieuse ne semble avoir été engagée et alors que l’édifice le plus élevé est de 9 étages ?

 La cité du Bois des Pins après la destruction des arbres. Photo envoyée par nos Observateurs.

« Nous avions rassemblé près de 4 500 signatures auprès des habitants de la cité et des riverains d’Hydra »

Pendant la première moitié du mois de mai, les équipes topographiques sont venues à plusieurs reprises au Bois des Pins et, à chaque fois, la population de la cité les chassait. Le 16 mai, nous avons fondé un comité de quartier ainsi qu’un comité de sages dont la mission est de dialoguer avec les autorités. Nous avons rassemblé près de 4 500 signatures auprès des habitants de la cité et des riverains d’Hydra.

Durant près de deux mois, nous avons multiplié les démarches auprès de la mairie d’Hydra et de la wilaya d’Alger [la plus importante institution administrative régionale en Algérie]. Nous avons contacté le maire d’Hydra, la waly d’Alger et même le ministre de l’Environnement. Nous avons obtenu de vagues promesses qui n’ont jamais été accompagnées d’actes ou de prises de position officielle [FRANCE 24 a contacté la mairie d’Hydra, la wilaya d’Alger ainsi que la Direction des travaux publics, aucun responsable n’a accepté de nous parler].

Les premières émeutes ont éclaté le 7 juillet. La police était alors venue en grand nombre pour protéger les ouvriers venus ériger des barrières métalliques autour de la forêt. On a réussi à calmer les jeunes durant la journée, mais la nuit, ça a explosé. Les jeunes sont sortis dans la rue et ont affronté les forces de police.

 

Nous avons ensuite eu deux jours de calme relatif jusqu’au dimanche 10 juillet. Ce jour-là, à 7 heures 30, nous avons été surpris par un déploiement sans précédent des forces de sécurité : près de 5 000 policiers, ramenés par des centaines de camions, ont encerclé toute la commune d’Hydra. Ils sont montés dans les terrasses et sur les toits des immeubles et se sont installés dans les cages d’escalier pour pouvoir tout surveiller et empêcher les habitants de sortir. Ils étaient munis de bombes lacrymogènes, de tasers et de flash-ball [armes à balles en caoutchouc].

Mais dès que les ouvriers sont arrivés et qu’ils ont commencé à abattre les arbres, ce fut l’affolement. Les habitants sont sortis de chez eux malgré l’interdiction de la police et de violents affrontements ont eu lieu. Il y a eu des blessés des deux côtés. Personne n’a été épargné, même les vieilles dames ont été brutalisées par la police. Une dizaine de personnes ont été arrêtées, dont moi. Nous n’avons été libérés que dans l’après-midi de mardi et nous sommes convoqués pour comparaître devant le tribunal d’Alger le 6 octobre pour ‘atteinte à la sécurité publique et aux biens de l’Etat’.

« La loi algérienne punit de 10 ans de prison tout individu qui arrache un arbre sans autorisation »

Les autorités sont arrivées à leurs fins en rasant quasiment tous les arbres de la forêt dont certains étaient centenaires. Je crois que les responsables n’imaginaient pas que les Algériens puissent se révolter pour sauvegarder des arbres. Il n’y a jamais eu de manifestations chez nous, pas même lors de la hausse des prix en janvier dernier, alors que nous avons aussi des problèmes de logement et de chômage. Nous n’avons jamais demandé à ce que ce terrain soit transformé en lotissements et nous n’avions pas besoin d’un parking (il y en a déjà un à 50 mètres de là). Tout ce que nous voulions, c’était préserver le poumon de notre cité. Nous continuerons d’ailleurs à nous mobiliser et on espére récupérer ce terrain et replanter des arbres.

Des habitants des autres quartiers sont venus nous voir quand ils ont appris ce qui s’est passé. Si la mobilisation continue et que de nouvelles émeutes éclatent, c’est tout Alger qui se soulèvera car le malaise est général et tout le monde sait que la corruption est au rendez-vous dans ce genre de projet. Ironie du sort, la loi algérienne punit de 10 ans de prison tout individu qui arrache un arbre sans autorisation. »

Le jardin des Pins avant sa destruction

Le même jardin après sa destruction

Une vieille dame brutalisée par la police

Un riverain blessé durant les affrontements avec les forces de police. Toutes les photos nous ont été envoyées par nos Observateurs.

Leur presse – France24, 14/07/2011

Construction d’un parking à la place d’un espace vert

Violents affrontements entre des habitants et les forces de l’ordre à Hydra

De violents affrontements ont eu lieu ce dimanche 10 juillet entre des habitants du quartier des Pins et les forces antiémeute à Hydra sur les hauteurs d’Alger. Les protestataires contestent la réalisation d’un parking dans un espace vert situé à proximité de leur quartier. Plusieurs blessés ont été enregistrés parmi les habitants et les agents de police.

Tout à commencé dans la matinée quand les habitants ont tenté de s’interposer face aux camions et aux engins envoyés par les services de la wilaya d’Alger pour préparer le terrain sur lequel le projet de parking d’une capacité de 250 voitures devrait être réalisé. Les forces antiémeute ont été dépêchées sur place pour défaire la chaîne humaine constituée par les habitants. Les tentatives entreprises pour les convaincre de céder le passage ont rapidement entrainé de violents échanges verbaux avant que les habitants ne commencent à jeter des pierres sur les forces de l’ordre.

Les locataires des Pins conteste la réalisation d’un tel projet dans un espace vert qu’ils considèrent comme un espace de divertissement pour leurs enfants. Pour eux, ce projet est aussi en contradiction avec la loi interdisant l’exploitation de ce genre d’espaces. Ils considèrent également que ce projet constitue une réelle menace sur les huit immeubles dont certains sont de quinze étages. Lors de la dernière rencontre de l’assemblée populaire de wilaya, le wali d’Alger s’était dit déterminé à réaliser ce projet.

Leur presse -TSA Algérie, 10/07/2011

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