Tour d’horizon des actions de solidarité avec la révolte au Québec à travers le monde – 23 et 24 juin 2012

Premiers échos des actions de solidarité avec la lutte au Québec

Le 23 juin, un rassemblement a été organisé à Copenhague (Danemark) devant le consulat canadien en soutien à la lutte des étudiants québecois. Une lettre de soutien (voir la lettre en anglais) aux étudiants en lutte au Québec a été lue au nom des syndicats étudiants Danske Studerendes Fællesråd (Danemark), Norsk Studentorganisasjon (Norvège) et Sveriges Förenade Studentkårer (Suède).

Le 24 juin, une journée d’action internationale avait été appelée en soutien aux luttes des étudiants du Québec. Si la dépêche AFP parle de “150 à 200 manifestants”, France Infos donne le chiffre de 200 à 300 manifestants à Paris.

Dans d’autres villes de France aussi, il y a eu des actions et des mobilisations en ce 24 juin comme à Marseille avec 70 manifestant(e)s, à Besançon (voir ici), à Quimper (le 23 juin), Toulouse, etc.

En Suisse, une manifestation a eu lieu à Genève ce dimanche:

Une doctorante québécoise a rassemblé septante personnes sur le pont des Bergues.

Un carré rouge dessiné sur la joue, un autre épinglé sur le pull. Et quelques casseroles, pour faire du bruit. Ils étaient plus de septante dimanche après-midi au pont des Bergues à arborer des touches vermeilles, pour apporter leur soutien aux étudiants québécois. Depuis près de 100 jours, ces derniers manifestent contre la hausse des frais de scolarité. En réponse à ce mouvement, le gouvernement a décrété une nouvelle loi qui restreint le droit de manifester, ce qui a exacerbé la protestation et de nouveaux manifestants ont rejoint les étudiants.

A l’origine du rassemblement genevois, Anaïs, une Québécoise venue faire son doctorat à Genève. “On est scotché devant les news, cette crise sociale est très impressionnante. On a peur pour nos amis et notre famille quand ils vont manifester car la répression est généralement assez brutale. On a envie d’être là-bas pour pouvoir les épauler. Ce rassemblement est une façon de leur manifester notre soutien.”

Pourquoi des carrés rouges et des casseroles? “Les casseroles servent à faire du bruit, ça vient d’Amérique latine, résume Anaïs. Les gens tapaient sur des casseroles pour protester contre la promulgation de lois liberticides. Ce concept a été repris par les étudiants du Québec. Quant au carré rouge, c’est le symbole de la lutte étudiante. Le mien date de 2005! Mais ce carré a été victime d’une récupération politique et maintenant on peut être amendé si on le porte au Québec.”

Sur la septantaine de personnes présentes, on croise des Genevois comme des Québécois. Martin, 30 ans, est originaire de Québec mais effectue un stage à Grenoble. “J’ai entendu parler de ce rassemblement et je me suis dit que ce serait l’occasion de manifester mon soutien et de faire un petit voyage ce weekend!” Daniel, trentenaire également, est Genevois. Il est venu pour en savoir davantage sur les revendications des étudiants et pouvoir se forger une opinion sur le sujet.

La date n’a pas été choisie au hasard: le 24 juin est la fête nationale des Québécois et cette année, c’est également la Journée mondiale de résistance en solidarité avec les étudiants du Québec. Des événements de soutien ont ainsi eu lieu dans plusieurs grandes villes, de Melbourne à Paris et Buenos Aires.

Leur presse – Tribunal de Genève, 24/06/2012

De même qu’à Bruxelles ce dimanche 24 juin 2012:

Une marche en solidarité avec les étudiants québécois a rassemblé, dimanche, à Bruxelles, environ 55 manifestants, selon le décompte effectué par la police de Bruxelles-Ixelles. Aucun incident n’a eu lieu.

Pour le jour de la fête nationale du Québec, plus d’une cinquantaine de jeunes ont répondu, à Bruxelles, à l’appel international de la Coordination de solidarité avec la lutte des étudiants québécois. Des manifestants de la Fédération des Etudiants Francophones (FEF), du Parti socialiste de lutte, d’Anonymous et de la Jeunesse ouvrière chrétienne se sont joints au mouvement. Partis à 15h de la place de l’Albertine, ils ont rallié la Bourse, où ils ont entonné des chants québécois. Arborant des pancartes “L’éducation est un droit, pas une marchandise”, ils ont marqué leur opposition à l’augmentation de 75% des frais universitaires annoncée au Québec. “Nous reprochons au gouvernement libéral d’avoir refusé le débat avec les étudiants et d’avoir eu comme seule réponse la loi 78, dite ‘loi matraque’, qui empêche nos manifestations”, revendique la porte-parole du mouvement. Le carré rouge de la lutte estudiantine épinglé sur leurs vêtements, les jeunes québécois frappaient sur des casseroles, devenues le symbole de la contestation populaire élargie. “La contestation étudiante au Québec a eu un écho important”, poursuit la porte-parole. “Les décisions du gouvernement libéral ont été plus globalement décriées. C’est pourquoi nous marchons également contre le Plan Nord, le retrait du Canada du protocole de Kyoto et la loi sur l’impôt C-38.”

Leur presse – Belga, 24/06/2012

Par Solidarité Ouvrière

[Besançon] Résumé de la marche de solidarité avec la révolte sociale au Québec – 24 juin 2012

C’est vers 14h45, après avoir partagé un repas (vegan et populaire) avec le Resto Trottoir, que la manifestation en solidarité avec les manifestant.e.s québecois.e.s à débuter. Elle a d’abord commencé par une prise de parole sur la place Marulaz, lieu du rassemblement, où deux personnes ont rappelé brièvement la situation sociale au Québec: les 5 mois de grève des étudiant.e.s contre la hausse des frais de scolarité, la répression féroce exercée par ces porcs du SSVPM  lors des manifs, les lois liberticides (loi « anti-masque » et loi 78) de l’Etat policier qui révolte une grande partie de la population (qui vient grossir les rangs des manifs en soutien aux étudiant.e.s en lutte et contre le terrorisme d’Etat), l’adoption de lois répressives par ces gouvernements corrompus (tout gouvernement l’est par nature), du Québec jusqu’en France, qui  utilisent tous les moyens pour casser les révoltes contre l’austérité et le capitalisme (les travailleur-euse.s de la Canadian Pacific en ont fait les frais dernièrement)..

C’est donc sous un ciel gris et une absence totale de flics (et tant mieux!)  qu’environ 30 personnes sont parties en cortège à travers le centre-ville bisontin. Durant tout le trajet, des tracts ont été distribués aux passant.e.s, quelques slogans ont été scandés (comme « étudiants, ouvriers, on passera pas à la casserole »). Un tract a même été donné à un québécois en séjour à Besançon qui a été agréablement surpris de cette initiative de solidarité. Et puis la marche s’est terminée symboliquement devant la faculté de lettres.

Il était important d’apporter notre solidarité avec le désordre social au Québec, avec touTEs ceLLEux qui luttent contre la privatisation de l’éducation et pour la gratuité scolaire (au Chili, en Italie, etc…), contre ces plans d’austérité que le capitalisme nous impose, ainsi qu’une pensée à tous les camarades embastillés dans les geôles des « démocraties » bourgeoises.

Ni prison ni répression n’arrêteront nos rébellions !

Que crève le capitalisme et que vive la solidarité internationale !

D’autres photos sur Fragment de manif (avec un autre résumé de la manif)

[Besançon] Manifestation bruyante en solidarité avec la révolte sociale au Québec dimanche 24 juin 2012

Solidarité avec la révolte sociale au Québec !

Depuis le 13 février 2012, les étudiant.e.s québecois.e.s sont massivement en grève contre la hausse des frais de scolarité, ce qui correspond à une augmentation de plus de 75% prévue sur 5 ans. Grâce à une série d’assemblées générales massives, les syndicats étudiants (la FEUCQ, la FECQ et la plus combative CLASSE) et certaines facultés spécifiques de ces écoles ont maintenu leur décision de faire grève, tout en fixant leurs revendications propres. De nombreuses assemblées générales ont voté la grève générale illimitée jusqu’à la gratuité scolaire (avec plus de 150.000 étudiant-e-s en grève illimitée).

Alors que dans un premier temps le gouvernement de Charest refusait tout dialogue, les négociations ont été ouvertes fin avril dans le but d’étouffer les actions contre la hausse, la CLASSE signant une «trêve» dans la mobilisation durant les négociations. Mais une grande partie des étudiant.e.s n’ont pas tenu compte des «consignes» des bureaucrates d’associations étudiantes et sont descendu.e.s dans la rue aux cris de « négocier, c’est se faire fourrer! », échappant ainsi au contrôle de ces associations et les poussant encore plus à accentuer la lutte contre le gouvernement.

Des actions de sabotage ont eu lieu dans le métro de Montréal, des banques ont été attaquées et de nombreuses manifestations se sont soldées par des affrontements avec la police et de nombreuses arrestations (selon le Collectif Opposé à la Brutalité Policière, environ 3000 arrestations ont été comptabilisées au 29 mai 2012 lors des protestations étudiantes).

De la lutte étudiante émerge une lutte anti-capitaliste, rassemblant les travailleur.euse.s en grève, syndicalistes, écologistes, communistes, anarchistes ou simples révolté.e.s… Ainsi plusieurs actions ont été menées contre le sommet du Plan Nord qui s’est déroulé le 20 avril 2012 à Montréal. Ce projet consiste à coloniser les peuples autochtones du nord du Canada et y développer de nombreuses exploitations industrielles. Dernièrement, du 6 au 10 juin 2012, à l’appel de Convergences des Luttes Anti-Capitalistes, de féministes et d’étudiant.e.s, plusieurs manifestations contre la tenue du Grand Prix de F1 se sont déroulées à Montréal: elles visent à dénoncer le sexisme de ces « festivités » de la F1, les milliards injectés par l’Etat pour cet évènement au détriment de l’éducation ainsi que le symbole machiste et capitaliste qu’il représente.

Le 18 mai 2012, la répression d’Etat a franchi un nouveau cap avec l’adoption de deux nouvelles lois. La première est la loi « anti-masque » qui interdit le fait de se masquer durant les manifestations et qui menace d’amendes allant de 1000 $ à 5000 $.
La deuxième est la loi 78 dite « loi spéciale » qui exige que toute manifestation publique de contestation populaire se soumette à un contrôle minutieux par l’État. Pour toute manifestation, partout au Québec, les organisateurs doivent présenter l’heure de départ et le trajet complet à la police locale, au moins huit heures à l’avance.
Si cela n’est pas fait, la manifestation est déclarée illégale et les organisateurs s’exposent à de lourdes amendes (amende variant de 7000 $ à 35 000 $ pour tout organisateur et organisatrice, porte-parole, ou membre d’une association étudiante qui bloque l’accès aux classes ou qui encourage d’autres à le faire). L’amende sera comprise entre 25 000 $ et 125 000 $ pour toute association étudiante reconnue coupable d’encourager ou d’organiser des perturbations ou des blocages et sera doublée en cas de récidive.

Ces lois liberticides ont provoqué encore plus de colère parmi la population et les contestations se sont amplifiées à Montréal, mais aussi dans plusieurs villes de province du Québec. Ainsi, ce sont plus de 500.000 personnes qui sont descendues dans les rues de Montréal le 22 mai 2012 contre les lois répressives et en solidarité avec les étudiant.e.s en lutte. Des habitant.e.s sortent de partout sur leurs balcons en cognant sur leurs casseroles, comme en Argentine, en Islande… Des petites manifs ou assemblées de quartier ont lieu spontanément.

Au delà de la solidarité qui unit toutes celles et tous ceux qui, dans le monde, se battent contre l’injustice, la lutte des étudiant.e.s du Québec est aussi notre lutte. Non seulement parce qu’il s’agit d’une lutte contre les mêmes politiques d’austérité que nous subissons en Europe, mais aussi parce que, là-bas comme ici, alors que nous devons nous préparer à des luttes de plus en plus dures face aux attaques contre nos droits sociaux et les politiques d’austérité, les gouvernements et le patronat répondent de la même façon : par la répression et la remise en cause de nos droits comme le droit de grève et de manifestation. Après la loi spéciale du Québec pour casser le mouvement étudiant, c’est le gouvernement canadien qui, fin mai, a décrété une loi spéciale pour forcer à la reprise du travail les 5.000 cheminots en grève du Canadien Pacifique.

C’est exactement les mêmes politiques que nous subissons en Europe et en France. Sans parler de l’acharnement, des pressions et des licenciements que subissent bien des militant.e.s ouvrier.e.s et travailleur.euse.s combatif.ve.s dans les entreprises, le précédent gouvernement a limité le droit de grève au nom du « service minimum » dans des secteurs comme les transports publics et l’éducation. Lors de la lutte de l’automne 2010 contre la casse des retraites, c’est par une loi de réquisition et des menaces de prison ferme que le gouvernement a brisé la grève des ouvrier.e.s des raffineries, et en décembre 2011, on a vu l’utilisation de policiers pour casser la grève des travailleur.euse.s des entreprises privées de la sécurité aéroportuaire pour leurs salaires.

Face aux politiques d’austérité, aux attaques contre le monde du travail et la population, aux licenciements massifs, à la dégradation de nos conditions de vie et de travail, à la hausse des prix et à des salaires qui ne nous permettent plus de vivre, nous n’avons pas d’autres choix que de nous battre. Défendre inconditionnellement le droit de grève et de manifestation, c’est défendre les seules armes dont nous disposons pour faire face aux patrons et aux gouvernements. La solidarité avec la lutte des étudiant.e.s du Québec, c’est refuser, des deux côtés de l’Atlantique, les mêmes politiques d’austérité et les mêmes restrictions de nos libertés.

Ce 24 juin 2012, journée internationale de solidarité avec la lutte étudiante au Québec, soyons nombreu.se.s à descendre dans la rue bruyamment avec nos casseroles!

La solidarité est notre arme!

le_tract_solidarite_avec_la_revolte_sociale_au_quebec_en_pdf

CNT 25AMEBInitiative Communiste Ouvrière 

Et juste avant de partir en manif, venez partager un repas vegan avec le collectif Food Not Bombs bisontin à partir de 12h30 !

 

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