[Québec] Compte-rendu de la journée du 1er mai anti-capitaliste à Montréal

Cette année pour le 1er mai, deux marches, une partant de l’ouest avec comme banderoles de tête  « Pour un monde sans patrons, ni flics, ni prisons » ainsi que « sud-ouest contre le capitalisme, le 1er mai et tous les jours« , et une autre menée par une banderole « sabotage / grève sauvage« , devaient se rejoindre devant l’hôtel de ville à 18h00 pour ensuite marcher uni jusqu’au club privé 357c, où la lie de l’Etat, de la mafia et des affaires se réunissent pour planifier secrètement la manière par laquelle ils vont tou.te.s nous baiser.

L’ambiance était très festive que des centaines de personnes se sont rassemblées Place Jacques-Cartier à côté de la mairie. Il y a eu un petit discours et la tension a commencé à augmenter à mesure que les charges de flics ont commencé à provoquer la foule, en attaquant au hasard les gens avec des matraques et bloquant l’accès à la rue. Les gens ont finalement fait leur chemin à travers et se sont dirigés dans le vieux Montréal. La marche a pris fin 20 minutes plus tard quand les flics ont chargé et encerclé quelques 450 personnes avant même d’avoir pu s’approcher de Club 357c.

447 personnes ont reçu 635 $ d’amendes du règlement antiprotest P6, après avoir été menottées et détenues pendant huit heures, ambiance électrique au moment où ils/elles sont sorti.e.s du bus à la station de police Langelier. Six personnes ont également été arrêtées et font face à diverses accusations criminelles, de voies de fait contre un agent de police pour violation des conditions.

Des personnes se sont réunies pour une veillée nocturne à l’extérieur du poste de police Langelier, attendant leurs proches et/ou en solidarité avec les détenu.e.s. Le rassemblement a été poussé loin de l’entrée par les flics mais est resté proche jusqu’à ce que la dernière personne souffrant de déshydratation soit libérée.

Une vidéo de la manif de CUTV:

Un résumé de la Convergence des Luttes Anti-Capitalistes

Traduit de l’anglais de sabotage media, 6 mai 2013

[Suisse] Rébellion à la prison de Champ-Dollon – Genève, 3 et 4 mai 2013

Double incident détenus-gardiens ce week-end

Deux prisonniers de Champ-Dollon, menaçants, ont été placés en cellule forte. Ils ont frappé au visage deux gardiens et fracturé le pouce d’un troisième.

Sur fond de surpopulation carcérale, le double incident tombe à pic pour illustrer l’insécurité que dénonce le syndicat policier. A deux reprises ce week-end, des détenus s’en sont pris aux gardiens. Les prisonniers concernés sont des habitués: le 8 avril, ils s’étaient barricadés dans un étage avec dix autres mutins, avant d’être mâtés par la police.

Vendredi soir, d’abord, l’un d’eux menace d’incendier sa cellule. L’arrivée d’un troisième co-détenu l’excède. Il vocifère, insulte. Son placement en cellule forte est décidé. Une fois son transfert réalisé, il frappe au visage deux surveillants. Ce heurt en appelle un autre, samedi. Un second individu, révolté par l’épisode, se rebelle. La sanction est identique, les dégâts différents: un maton a le pouce fracturé. «Les faits ont été dénoncés au procureur général», indique le directeur des lieux, Constantin Franziskakis. Les récalcitrants, eux, écopent de dix et cinq jours de cachot.

Leur presse carcérale – 20min.ch (Jérôme Faas), 07/05/2013 à 06h45

[Mexique] Femmes du cas Atenco, 7 ans après: « Nous ne pourrons réparer ce qui est cassé que si nous continuons à nous organiser » (Italia Mendez)

À Atenco : « Nous ne pourrons réparer ce qui est cassé que si nous continuons à nous organiser ».

Italia Méndez

« Plan d’une extermination : écraser l’herbe, arracher tout, depuis la racine jusqu’à la dernière plante vivante, arroser la terre avec du sel. Après, tuer la mémoire de l’herbe. Pour coloniser les consciences, pour les supprimer ; pour les supprimer, les vider du passé. Annihiler tout témoignage qui rappelle que dans la contrée il y a eu autre chose que du silence, des prisons et des tombes. Il est interdit de s’en souvenir… »

Eduardo Galeano

barmarMexico. En 2002, avec le soutien d’organisations et de collectifs, le Front des Villages en Défense de la Terre (FPDT) a réussi à arrêter le projet économique le plus ambitieux du mandat de Vicente Fox Quesada, alors président du Mexique : la construction du nouvel aéroport international de Mexico qui s’étendait sur 4.550 hectares de terres de culture confisquées par le gouvernement fédéral sur le terrain communal de San Salvador Atenco, moyennant une indemnisation de sept pesos (moins d’un euro) par mètre carré.

La lutte des paysans du FPDT est devenue un exemple d’organisation et, surtout, de victoire. La légitimité de leur combat, leur capacité d’organisation et la solidarité nationale et internationale ont été les éléments clefs qui ont permis d’arrêter non seulement l’État et tous ses appareils, mais aussi le capital, puisque des centaines d’entreprises se frottaient déjà les mains en espérant obtenir de grands bénéfices du pillage des biens communaux.

En 2006 naît l’Autre Campagne, un mouvement national rassemblant des milliers de personnes adhérentes à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale. Sur tout le territoire national, elle émerge comme un mode d’organisation qui doit constituer une alternative à la logique électorale des candidats alors engagés dans la campagne. Elle se dresse, provocante et dangereuse pour le pouvoir.

C’est dans ce contexte que, les 3 et 4 mai 2006, le terrorisme d’Etat s’est abattu à Texcoco et à San Salvador Atenco. Par la répression politique, le sang et la prison, le pouvoir a décidé de mettre fin au cheminement de l’Autre Campagne. Tout a commencé par un conflit ciblé entre de petits producteurs de fleurs et de légumes et les autorités municipales de Texcoco : celles-ci niaient le juste droit des premiers à travailler en commercialisant leurs productions sur la voie publique. Le FPDT, toujours solidaire des autres luttes, accompagnait les producteurs et jouait le rôle d’interlocuteur.

Bilan de la répression : Javier Cortés Santiago et Alexis Benhumea assassinés par la police, 207 personnes torturées et emprisonnées, des centaines de perquisitions, cinq personnes d’autres pays – survivantes de la répression – expulsées, la persécution politique et judiciaire des membres du FPDT, l’utilisation de la torture sexuelle contre nous, les femmes détenues. La classe politique dans sa totalité a légitimé les faits de diverses manières, il y a eu des applaudissements retentissants et des silences complices.

La répression politique a pour but très concret la désarticulation, par la terreur, de toute organisation qui s’oppose aux intérêts de l’État et au pouvoir économique. L’objectif principal est d’empêcher les personnes d’identifier les buts que poursuit la répression, afin d’annuler leur capacité de défense et de confrontation.

L’utilisation de la torture sexuelle est un outil de contrôle social si puissant que non seulement il affecte d’une manière directe les femmes survivantes, mais il a aussi des répercussions sur la famille, les collectifs ou les organisations et, naturellement, sur la société. Depuis l’opération policière à Atenco, l’État a nié qu’il y ait eu des femmes torturées sexuellement. Face à des preuves irréfutables, il a déclaré avec insistance que ce qui était arrivé aux femmes sur le parcours vers la prison de Santiaguito, à Toluca, État du Mexico, était le fait d’actes isolés, accomplis par une paire de policiers nerveux et qui avaient agi de leur propre chef. Or, il s’agit en réalité d’une stratégie délibérée à l’encontre des femmes, qui a été employée pendant les deux jours qu’a duré la répression.

La préméditation, l’intentionnalité et l’impunité prouvent que cette atteinte au corps des femmes, mise en œuvre à des moments très précis, vise à envoyer un message brutal à l’« ennemi » en répandant le sentiment de culpabilité, la stigmatisation et la peur.

Dans notre expérience, l’appui mutuel nous a permis de mettre en évidence les buts et les principes de la torture sexuelle. Lorsque nous nous sommes retrouvées toutes ensemble dans la prison de Santiaguito, plusieurs d’entre nous ont décidé d’écrire leur témoignage. Nous avons choisi de transformer la culpabilité et la honte en responsabilité et de désigner les coupables. La divulgation de l’atteinte à nos corps, de nos visages et de nos noms nous a permis de casser le silence. Nous savions que cela ne suffirait pas, mais c’étaient nos premiers pas dans un chemin si long et si sinueux qu’il ne pouvait être parcouru que collectivement.

Le rôle de la dénonciation sociale, tant en 2006 qu’aujourd’hui, a été fondamental. Lorsque nous étions isolées, nos moyens de communication étaient des morceaux de papier mais des centaines de voix ont été le haut-parleur de nos paroles et les récits d’horreur ont acquis une valeur réparatrice : l’innommable, l’inénarrable s’écoutait à haute voix, peu à peu se dissipait le tabou qui consiste à parler de quelque chose de si intime. La honte disparaissait. Nous avons refusé le rôle que les responsables nous avaient attribué et surmonté la culpabilité et la peur, à travers un accompagnement psychologique et un travail collectif.

Face à la répression, d’innombrables manifestations de protestation ont eu lieu, et de grands efforts organisationnels ont été réalisés en vue de la libération de prisonnières et de prisonniers. La peur était coûteuse en énergie et beaucoup de personnes ont renoncé à la participation politique, quelques groupes se sont désarticulés, le tissu social s’est déchiré. Intimider la société à travers le châtiment exemplaire de ceux et celles qui luttent : ce message avait été envoyé, renforcé encore par l’impunité des coupables, la dilution de leur responsabilité l’idée que « rien ne peut être fait face au pouvoir de l’État ».

Découvrir l’étendue de la répression a été réellement dévastateur. Comment recomposer le tissu social ? Comment combattre la peur ? Comment nous reconstruire ?

Certaines d’entre nous insistent sur la nécessité de mettre en évidence les instruments du contrôle social par l’État, et de multiplier les discussions autour de cette problématique. À cette fin, nous avons lancé depuis l’été 2008 « Une campagne contre la répression politique et la torture sexuelle », en cheminant main dans la main avec des organisations et des collectifs qui ouvraient leurs espaces à ces réflexions. Cette campagne vise à mettre au jour les conséquences de la répression, telles qu’elles ont été vécues sur le plan individuel et collectif.

Analyser avec distance les mécanismes répressifs nous permet de nous placer dans un rôle actif, et nous rend capables de leur faire face sans abandonner nos luttes et nos idéaux.

Ces mécanismes obéissent à des stratégies définies selon les effets que l’on cherche à provoquer dans la population, auprès des organisations et des individus. Ils ne sont pas furtifs et encore moins aléatoires. La répression à San Salvador Atenco n’a pas eu lieu par hasard : transformer un modèle d’organisation, de résistance et de victoire en symbole de mort, de torture et de prison, met en évidence l’intérêt du Pouvoir à déformer notre perception, arrêter à tout prix l’Autre Campagne et tatouer dans notre peau le message de la défaite.

Après six ans de résistance nous continuons à construire la mémoire collectivement, en cherchant une réparation, non seulement de nous-mêmes, mais aussi du tissu social, des organisations et des collectifs qui nous accompagnent. Nous réclamons justice, mais pas uniquement par la juridictionnalisation de notre cas à travers des instruments internationaux, puisque nous savons qu’il n’y a pas de justice à attendre des institutions.

Nous ne pouvons réparer ce qui est cassé que si nous continuons à nous organiser, en luttant pour l’autonomie et la liberté.

Aujourd’hui, comme il y a six ans, les hommes politiques lancent leurs campagnes électorales pleines de mensonges et de faux-semblants. Aujourd’hui, comme il y a six ans, nous insistons : notre lutte ne se borne pas aux formes politiques d’en haut, nous continuons notre chemin sans nous contenter du « moins pire ». L’idéal de liberté ne s’efface pas : malgré la répression, nous sommes toujours debout.

*Âgée de 27 ans, Bárbara Italia Méndez a été arrêtée le 4 mai 2006 au matin dans une maison de San Salvador Atenco, dans l’État de Mexico, où elle s’était réfugiée pour échapper à la police. Elle s’était rendue de Mexico à San Salvador Atenco après avoir appris qu’un mineur avait été tué et que des manifestations et des affrontements avec la police avaient eu lieu. Selon son témoignage, des membres de la Policía Federal Preventiva (PFP, Police fédérale préventive) ont fait irruption dans la maison et l’ont arrêtée sans aucune explication. Les policiers lui ont tiré les cheveux, l’ont obligée à s’accroupir et l’ont rouée de coups ; elle a été blessée à la tête et présentait de multiples contusions. Son chemisier remonté sur la tête, elle a été ensuite contrainte de monter dans un véhicule de la police et de s’allonger sur d’autres détenus. Pendant le trajet jusqu’à la prison de Santiaguito près de Toluca, dans l’État de Mexico, elle a dû enlever ses vêtements, a été passée à tabac, menacée, a subi des agressions sexuelles et été violée à l’aide de différents objets par des membres de la police de l’État sous les encouragements de leurs collègues.

Texte d’Italia Méndez, écrit fin 2012.

Traduit par les trois passants

Merci à Valérie pour les corrections

Voir aussi: Lettre de Mariana Selvas envoyée pour la journée du samedi 20 avril 2013, dans le cadre de la semaine internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques qui a eu lieu à Paris

Transmis par mail, 5 mai 2013

[Grasse/Flics porcs assassins] Hommage à Abdelhakim Ajimi, tué par la BAC il y a 5 ans – Samedi 11 mai 2013

SAMEDI 11 MAI 2013 à GRASSE

MOBILISATION EN MÉMOIRE D’ABDELHAKIM AJIMI MORT LE 9 MAI 2008 LORS D’UNE INTERPELLATION POLICIÈRE

  • 17h: RASSEMBLEMENT* en haut du boulevard Victor Hugo (lieu de l’interpellation mortelle)
  • 19h: REPAS* au 11 rue Gazan (Bourse du Travail CGT) – prix de soutien
  • 21h: PROJECTION DE SOUVENIR DE GRASSE* (première à Grasse) en présence du réalisateur Jean-Jacques BÉRYL et de Mogniss H. ABDALLAH (agence IM’média). Documentaire tourné à Grasse en 1973 par Yann Le Masson, Antoine Bonfanti et Jean-Jacques Béryl, suite à une manifestation de sans-papiers réclamant « liberté, égalité, papiers » qui provoque une chasse à l’homme raciste dans les rues de Grasse.

LA FAMILLE AJIMI ET LE COMITÉ VÉRITÉ ET JUSTICE POUR ABDELHAKIM AJIMI RÉCLAMENT

  • LA RÉVOCATION IMMÉDIATE* des 3 policiers reconnus coupables de la mort d’Abdelhakim Ajimi. Cette sanction administrative est en effet indispensable, parallèlement à la procédure judiciaire. Dans d’autres « affaires » similaires, des policiers coupables de violences ont par le passé et encore récemment été révoqués pour leurs agissements.
  • L’INTERDICTION DE LA CLÉ D’ÉTRANGLEMENT* comme pratique d’interpellation policière. En 2002, le comité européen pour la prévention de la torture a demandé à l’État français que son utilisation soit évitée. Cette demande n’ayant pas été suivie d’effets, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a condamné l’État français en octobre 2007.

MERCREDI 22 MAI 2013 à 8h30 au tribunal de Grasse

SUITE DE LA MOBILISATION

Walid et Dorsaf, deux membres du comité, sont convoqués pour « outrage », pour des paroles qu’ils auraient adressées à des policiers lors du procès en février 2012. Soyons nombreux pour les soutenir !

Cliquer sur l'affiche pour la voir/télécharger au format PDF

Cliquer sur l’affiche pour la voir/télécharger au format PDF

Cliquer sur l'affiche pour la voir/télécharger au format PDF

Cliquer sur l’affiche pour la voir/télécharger au format PDF

Cliquer pour télécharger le tract

Cliquer pour télécharger le tract

Télécharger le texte au format PDF

Télécharger le texte au format PDF

Ci-dessous, un texte de Mogniss H. Abdallah par rapport au film Souvenir de Grasse qui sera projeté lors de la commémoration du 11 mai :

Souvenir de Grasse, un certain 12 juin 1973 – une autre « ratonnade » oubliée

Pentecôte 1973 à Grasse, capitale des fleurs et du parfum dans les Alpes-maritimes. Lundi 11 juin, des travailleurs immigrés tunisiens tiennent meeting en plein air dans la vieille ville, et décident en assemblée générale d’une grève illimitée reconductible toutes les 24 h. Ils travaillent dans le bâtiment, parfois dans l’horticulture ou des exploitations agricoles, sont pour la plupart sans-papiers, et vivent dans des logements délabrés voire dans des bidonvilles (la Plaine du Var, la Bocca à Cannes…). Ils co-existent avec les pieds-noirs contrôlant le petit commerce du vieux Grasse, mais qui ne veulent pas se mélanger. Un « Sudisme » à la française. Ne supportant plus la « surexploitation » – c’est leur expression –, ni un racisme latent à peine contenu, ils ont décidé de le faire savoir sur la place publique. Comme ailleurs en France, où des grèves de la faim, des occupations d’usine ou des manifestations se multiplient pour réclamer des papiers et la « carte de travail », des augmentations de salaire, un logement décent, le droit à la santé, à la liberté d’expression et d’association.

Aujourd’hui, que reste-t-il de cette histoire?

Le film « Souvenir de Grasse » (26mn – 1973) de Jean-Jacques Béryl, Yann Le Masson et Antoine Bonfanti n’a semble-t-il jamais été diffusé sur place. Cette lacune sera comblée samedi 11 mai 2013, à l’occasion de la 5ème commémoration d’AbdelHakim Ajimi, mort entre les mains de la police le 9 mai 2008 à Grasse. Un moment sans doute aussi pour rediscuter d’où on en est du racisme individuel ou systémique dans cette « douce France ». Une « vieille France », qui de génération en génération maintient à distance les immigrés et leurs enfants, 40 ans après ces affrontements raciaux entre « Européens » et « suppôts mahométans », pour reprendre la terminologie fleurie des amis du maire d’antan. Et quelques semaines après la condamnation par la justice de trois policiers, encore en fonction. Une hagra qui s’ajoute à la hagra, et qui pose la question de la volonté ou de l’absence de volonté politique de la révocation…

Lire la suite de l’article de Mogniss H. Abdallah

Mailing-list, 04/05/2013

[Publication] Sortie du journal ‘Barouf’ #1

Un brouhaha de discussions et de rencontres

Des explosions d’idées subversives et d’envies de révolte

Un vacarme pour affronter ce monde ici et maintenant sans rien attendre des politiciens et de ceux qui veulent nous représenter

…Pour que notre désir de se débarrasser de toute autorité, domination et exploitation fasse du bruit !

journalbarouf [arobaz] riseup.net – barouf.noblogs.org

Cliquer pour télécharger le journal "Barouf" #1 au format PDF

Cliquer pour télécharger le journal « Barouf » #1 au format PDF

Balade sous contrôle1

9h30, Aubervilliers-Pantin-4 Chemins. Alors qu’on part trouver de la thune, de quoi manger ou se promener, les flics sont au coin de la rue. Ils sont là, avec leurs armes et leurs sales gueules, comme hier, comme il y a une heure, comme tout le temps maintenant en fait, à harceler les vendeurs/ses à la sauvette, les pauvres en tout genre, à mater tout ce qui bouge de travers, prêt à tou-te-s nous contrôler et arrêter quelques sans papiers sur le chemin. Que l’on soit à Barbès/La-Goutte-d’Or, à la Gare de Saint-Denis, à Saint-Ouen où à Stalingrad, c’est la même chose. Depuis peu ces quartiers sont devenus des ZSP, “Zone de Sécurité Prioritaire”. Nouvelle invention sécuritaire du pouvoir, il en existe soixante-quatre dans tout le pays et concrètement ça signifie encore plus de flics dans les rues et une collaboration plus étroite entre mairies, commissariats et associations. À Belleville et Couronnes il y a aussi plein de flics partout, mais là ce sont ceux de la “Brigade Spécialisée de Terrain” (BST) créée en janvier 2011.

Et puis il y a aussi tous les autres que l’on ne remarque même plus : GPIS, sécurité de la Mairie de Paris, correspondants de nuit, militaires, etc. Avec tous ces uniformes, le pouvoir militarise les villes, et principalement les quartiers pauvres, pour faire régner la pacification sociale et que chacun-e d’entre-nous reste bien à sa place.

12h00, dans le métro. Changement à Stalingrad “contrôle des titres de transports !” Un barrage de contrôleurs fait face au flot des voyageurs qui fouillent frénétiquement leurs poches à la recherche du bout de plastique qui donne le droit de continuer son chemin tranquillement. Certain-e-s tentent de faire demi-tour, mais sont retenu-e-s par les gros bras de la ratp sureté (GPSR).

Dans chaque recoin ou derrière chaque caméra ils sont là, pour réguler et rentabiliser les flux, chasser les fraudeurs, surveiller et réprimer nos faits et déplacements. Et si en plus de pas avoir de ticket on n’a pas le “droit” d’être là (pas de papiers, recherché-e par la justice, sous contrôle judiciaire), la police n’est jamais bien loin pour t’emmener au commissariat.

Les transports en commun sont pensés et organisés en fonction de la nécessité pour l’économie et le pouvoir d’assurer le déplacement dans la ville. Ils ont pour fonction d’amener des gens de la maison au travail, de la CAF au magasin, etc. Les transports, que ce soit le réseau de métro et de bus ou encore les nouvelles lignes de tram qui viennent d’être inaugurées, tissent une toile sur la ville : des arrêts délimités où l’on va parce que l’on a quelque chose à y faire, tout le reste n’est que points de passage. Et tous nos déplacements y sont fichés par les puces RFID contenues dans les pass’ navigo.

L’importance des transports est encore plus visible quand ils sont perturbés, par la neige, la grève ou un sabotage : retards, chaos, désordre, rupture avec la routine.

balade en ville215h15, à l’angle de deux rues dans le XXème arrondissement. Une nouvelle caméra de vidéo-surveillance est en train d’être installée. Elle fait partie du plan de plus de 1000 caméras de la ville de Paris et qui, ajoutées au 10000 du réseau RATP/SNCF et à celles de sociétés privées, banques et magasins, quadrillent toute la ville. Des centres de vidéo-surveillance ont été mis en place dans plusieurs commissariats, où les images sont regardées 24h/24.

Elles sont un moyen de surveillance supplémentaire, traquent nos vies et nos corps dans les moindres détails. De nombreuses villes adoptent un réseau de vidéo-surveillance de plus en plus sophistiqué : rotation à 360°, zoom, infrarouge, détection de comportements suspects (par exemple des attroupements), reconnaissance faciale…

17h30, quartier Bas-Montreuil/Bagnolet. Des huissiers viennent de saisir une famille et de les expulser de leur logement car ils ne payaient plus leur loyer depuis des mois et que leurs crédits à la banque se sont accumulés. Ici, comme dans d’autres quartiers pauvres de proche banlieue, les loyers ne font qu’augmenter et les agences immobilières poussent comme des champignons. C’est un quartier en plein changement d’après la mairie et les promoteurs : ils appellent ça la rénovation urbaine ou la restructuration, prétendent “améliorer la qualité de vie”. Aussi les préfectures et les mairies ont déclaré la guerre aux logements insalubres et aux squats, pour expulser les habitant-e-s qui sont repoussé-e-s toujours plus loin des centres-villes et détruire des bâtiments pour en reconstruire des plus beaux, plus écologiques, pour des gens qui ont plus de thunes.

Cette logique, à l’œuvre depuis des années à Paris, se poursuit et s’étend avec le projet mégalo du “Grand Paris” : hausse des loyers, expulsions, promotion de l’accession à la propriété, construction d’immeubles standing de luxe, logements sociaux très chers pour riches, ouverture de lieux culturels branchés pour bobos, transformation du mobilier urbain en repoussoir anti-SDF, boutiques de mode à prix chic, etc.

Agents immobiliers, promoteurs du BTP, urbanistes et politiciens de tout bord aménagent des espaces civilisés, où les bobos et bourgeois se sentent à l’aise et en sécurité, menant ainsi la guerre aux pauvres. Ces opérations de rénovation leur rapporte de l’argent : spéculation, pots-de-vin.

L’aménagement de l’espace urbain et le contrôle renforcé en disent long sur le monde qu’est en train de construire le pouvoir : un grand enfermement à ciel ouvert, où chaque espace est surveillé, où chaque déplacement est sous contrôle, où chacun-e est à la place qui lui est assignée. Des transports aux caméras, des flics aux métropoles, ça ressemble à une grande prison. Sans ses quatre murs oppressants, la promiscuité forcée, les matons et verrous qui règlent le quotidien, mais où les caméras font penser aux miradors, les quelques m² où l’on vit à des cellules et les frontières tracées entre nous à des barbelés.

Le jeu politique construit l’autre comme l’ennemi, l’indésirable et veut nous faire croire que si c’est la merde c’est la faute du voisin, de celui ou celle qui n’a pas la même couleur de peau, de celui ou celle qui ne fait pas partie de la “communauté”, qu’elle soit “ethnique”, religieuse ou de territoire.

Mais à l’inverse de la guerre de tou-te-s contre tou-te-s et du chacun-e pour soi, ici et là, des gestes du quotidien au sabotage, des actes de résistance s’en prennent à ce monde : de l’ouverture d’un squat à la débrouille, de l’entraide et de la solidarité à la résistance à un contrôle de police, de la destruction de caméras de surveillance au fait de se prévenir de la présence des contrôleurs dans le métro.

Chaque perturbation, peu importe son ampleur, a des effets immédiats sur cette routine quotidienne qui, clairement, est celle du travail, de l’économie, du contrôle et du pouvoir. S’attaquer à ce quotidien c’est apporter sa pierre à la destruction de la domination et de l’exploitation, c’est s’ouvrir des espaces de liberté par la révolte. Soyons incontrôlables…

Sabotons le tram-tram quotidien ! Le jour de l’inauguration de la nouvelle ligne T3 du tramway parisien, aux alentours de midi, des chaussettes remplies de riz ou de sable se sont retrouvées enroulées aux caténaires. Des tracts volants sont aussi apparus à divers endroits sur le boulevard. L’efficacité de cette technique n’étant pas avérée, à chacun-e de faire preuve d’imagination la prochaine fois.

Extrait du journal #01

[Grande-Bretagne] Brighton Antifa – 21 avril 2013

L’EXTRÊME DROITE BRITANNIQUE S’EST PRIS SA PREMIÈRE RACLÉE DU PRINTEMPS

À BRIGHTON, LES GENS PÈTENT LA GUEULE AUX FASCISTES PAR HABITUDE

e0e209fd59ec3211d6e14b0a4b318eba Samedi dernier, après des mois de grisaille infernale, les habitants de Brighton se sont réveillés sous un ciel qui ne donnait, pour une fois, pas envie de se pendre. Pourtant, ceux qui pensaient pouvoir passer un week-end à se dorer la pilule sur la plage ont vite déchanté. En effet, dès dimanche après-midi, leur ville était envahie par quelque 200 militants d’extrême droite.

La March for England se veut une célébration cordiale de la fierté anglaise, organisée chaque année le jour de la Saint-George. Mais alors qu’auparavant, les gens se contentaient de se dessiner le drapeau anglais sur le visage, chanter « Jerusalem » et de parler de la grandeur de feu Winston Churchill, l’évènement semble s’attacher aujourd’hui à de nouvelles traditions : notamment réunir les groupes d’extrême droite les plus pétés d’Angleterre, tels que l’English Defense League(EDL) et d’autres mouvements encore plus radicaux, et souvent, fascistes.

7f7809878041e7964d620693abef5311

Ça fait cinq ans que la marche est organisée chaque année à Brighton, mais depuis 2011, les antifas locaux décident eux aussi de se mobiliser contre ce qu’ils considèrent comme une « dérive inacceptable ». La fête de non-bienvenue de l’an dernier avait d’ailleurs si bien réussi à humilier les manifestants que Casual United, un gang de hooligans d’extrême droite, est revenu prendre sa revanche un mois après les faits, pour ne finalement récolter que quelques pétards sur la gueule – de la part de toute les habitants de la ville.

Plutôt que de délocaliser la manifestation vers un coin plus accueillant pour eux, l’organisation de la March for England a fait de Brighton son nouveau quartier général. Un habitant de la ville m’a dit : « Ils ne viennent ici que parce que c’est la ville la plus à gauche et la plus gay-friendly d’Angleterre. » Aussi, ils ne supportent pas l’idée de s’être fait défoncés par des gens qu’ils considèrent comme une joyeuse bande de pédés communistes. Cette année ne devait pas déroger à la tradition, et en conséquence nous nous sommes dirigés vers le bord de mer, histoire voir des droitards bourrés se faire tabasser une nouvelle fois.

Quand on est arrivés sur le bord de mer, une longue ligne de camions de police anti-émeute avait créé un mur infranchissable destiné à séparer la zone de manifestation de celle réservée aux contre-manifestants antifascistes. Environ 700 policiers anti-émeute venus des quatre coins du pays, même du Pays de Galles, se préparaient à mener à bien la plus grande opération de police que Brighton avait jamais connue.

0b18cb3a1d093fb921781df3d646de02

La stratégie de la police était d’amener les participants à la March for England en bus jusqu’à leur point de départ, de les laisser marcher et de les réembarquer loin de là, en bus, sans qu’ils n’aient la moindre occasion de croiser des gens de Brighton. Sur le papier, la stratégie avait l’air opérationnelle – jusqu’au moment où une poignée de fafs qui n’étaient pas arrivés dans les bus affrétés par la police se sont mis à débarquer d’un peu partout.

La masse d’antifascistes était assez dense, concentrée sur un rond-point près de l’aquarium. Chose étonnante, ces gens distribuaient des pancartes antifascistes à tous les gens autour d’eux qui n’en avaient pas. Mais la présence policière était si impressionnante que nous nous sommes demandé si une journée auSea Life Centre (l’aquarium en question) n’était pas plus divertissante que de regarder des gens s’insulter de part et d’autre d’un mur de camions et de policiers épais de 10 mètres.

46e25e1d4f286939c818f52eb419a520

Heureusement, la vie sauvage a rapidement refait surface avec cette bonne dizaine de débiles sortie de laMarch for England. Ceux-ci avaient décidé d’aller faire les marioles devant la masse d’antifas réunis à quelques dizaines de mètres d’eux.

La multitude les a rapidement accablés d’injures, alors qu’une simple barrière séparait les marcheurs d’une mer d’antifas en colère. Le mec des Black Blocs – que vous voyez en train de se faire attaquer (photo ci-dessous) – a par la suite sauté la barrière pour s’en prendre à cinq ou six mecs plus carrés que lui, et s’est très vite retrouvé dépassé par le nombre de pieds nationalistes – et des manches de leurs drapeaux.

2a44bb455840b951487ef9289cd4aa9ab9922de4dec1cbde0d30df42e178994f Puis, plusieurs de ses amis sont arrivés à la rescousse, juste à temps pour lui éviter une clavicule pétée. Les coups de poing ont volé et les cogneurs faf se sont retrouvés au sol, convertis en une masse d’où sortaient une dizaine de bras et de jambes (certains racistes, d’autres pas) en train de se débattre avec ardeur. Il est difficile de déterminer le niveau de xénophobie d’un membre quand on ne distingue pas la tête à laquelle il est rattaché.

fbe5ab1520fd3f17068ab89893f2afe7

Tout le monde a fini par se lever et retourner vers son équipe. La Team England s’est adossée aux clôtures, comme un troupeau de moutons effrayés à la vue du fermier qui traverse nonchalamment le champ armé de sa pince à castrer. Cet agent de liaison de la police, dans son impeccable layette bleu turquoise, était le seul rempart qui les protégeait de la foule antifasciste et de ses lancers de bouteilles.

27270659a81cfe368f5be37fe9ad04ab

Les fafs venaient juste de se jouer du cordon policier lorsque des renforts des forces de l’ordre sont arrivés à cheval et ont décidé qu’il était impératif – d’un point de vue stratégique ! – de confisquer la banderole des Black Blocs. Ils n’ont pas réussi. Et, après un instant de confusion au cours duquel la police a tenté de contenir la foule, les forces de l’ordre ont finalement lâché l’affaire (et la banderole) et ont poursuivi leur mission de contrôle comme si rien ne s’était passé.

7098adb698cc98c6025da8e2fe135ee2 Ce médecin de la police, esseulé, a exigé de ce membre du Black Bloc qu’il retire son masque. La réponse qu’il a obtenue, « non », l’a sensiblement humilié.

144cd2ae209c4562e4a22c4b655cca89

Une centaine de mètres plus loin, un groupe de fafs a trouvé refuge dans une agence de la chaîne Coral après avoir été poursuivi par des antifascistes armés de bombes à encre.

7aba878496506c4e85d121773121434d

Plusieurs policiers ont également été touchés lors de la bataille, mais, impressionnants de stoïcisme, ils ont su conserver une détermination des plus inattendues de la part de gens dont le visage était partiellement couvert d’encre.

30a4dd58ffe5eee32b759323c72839a8

Nous étions de retour près du rond-point, où régnait une grande confusion. La police montée coursait les gens. Peut-être croyaient-ils que les charges des chevaux finiraient d’une façon ou d’une autre par convaincre les manifestants d’enlever leurs masques. Pendant un instant, on aurait même pu oublier que l’extrême droite était là ; la police arrêtait et fouillait le moindre contre-manifestant qu’elle parvenait à attraper.

fc0bdd5b134561778a20666fc5c88444 […] Quelques instants plus tard, un autre groupe de fafs a déboulé d’une rue adjacente, prêt à en découdre, avant de se voir cerné de tous côtés. Voilà comment ça s’est passé :

La police est parvenue à ouvrir une voie pour que les nationalistes puissent s’échapper, mais pas avant que plusieurs projectiles leur tombent dessus. Regardez bien le skinhead avec les lunettes de soleil et le hoodie blanc. On pourrait croire qu’il s’est pris des gros œufs dans la tronche. En vérité, lui et plusieurs autres fafs ont ramassé des cannettes de bière en plein visage, ce qui est bien plus douloureux.

ccfe0763d53e43ad32501f7ba2b2d028Beaucoup des rues qui menaient au front de mer (la marche se déroulait le long de ce front) étaient fermées par des cordons policiers. Celui-ci a servi de toile de fond à cette bande de débiles alors qu’ils prenaient la pose pour leur calendrier promotionnel de l’année prochaine.

e7ebeaf79a1e871ccf330e5dc3b5aa75

Ces rues barrées n’ont posé aucun problème aux antifascistes locaux qui, connaissant la zone, ont pu rallier le front de mer en empruntant les rues adjacentes.

1823a32e8233c17d447e8d171dcddaf5

Lorsqu’ils sont arrivés là, des fascistes les attendaient pour une petite bagarre. Un antifasciste, l’air un peu sonné, m’a dit : « On les avait pas vus. Ils nous sont tombés sur le rabe, à mon pote et à moi, au moment où on est arrivés. »

L’effet de surprise n’a pas été très efficace et les fafs, dépassés par le nombre de leurs opposants, se sont faits dérouiller comme de coutume. Avant l’intervention de la police, l’ambiance sonore se résumait à quelques bruits sourds de poings américains et de chaussures éclatant des caboches de néonazis.

2fe0f558f4412b7e925a3330430a81364a5ccfac1b4d71add0716784b2e0c13d

Une fois la baston terminée, nous avons enfin eu droit à une brève séquence de la March for England. Tout le monde sera d’accord avec moi sur ce point : si jamais la « race anglaise » devait se défendre et se protéger d’un envahisseur quelconque, ces gars seraient l’élite de l’espèce, la lignée à conserver.

9c1b2da025fa5238a41fafd378b7b8b9

Le peuple de Brighton s’est réuni en lignes le long du parcours de la manifestation, pour chanter des trucs comme « From the station to the sea, Brighton will be fascist-free » (De la gare jusqu’à la mer, Brighton ne veut pas voir un seul fasciste) ou un hymne simple mais efficace, « Small dicks ! ». Pendant ce temps, quelqu’un qui disposait d’une grosse sono jouait des hymnes gays, type « I Will Survive ».

3d3ee22840a4a645d5eeb1fa5f6fe0af

La manifestation était en réalité la plus grosse blague du week-end. Les nationalistes ont été autorisés à marcher, fièrement, sur 400 mètres de front de mer. Juste assez pour tomber sur cette banderole antifasciste accrochée à un toit aux abords de leur circuit. Ils ont ensuite été escortés en sens inverse, sans bruit, sans discours, sans rien. Direction le bus, puis la maison.

07c1f4cadadd9fdc9587227b25c711d0

Et puis, c’était fini. Des rumeurs, qui restent à vérifier, ont fait état de l’agression d’une famille musulmane par plusieurs voyous nationalistes, ceci devant nous assurer que s’ils revenaient une nouvelle fois à Brighton au printemps prochain, les fafs seraient accueillis par une foule tout aussi déterminée à leur expliquer de quel bois on se chauffe sur les bords de la Manche.

 Source: vice.com (Par Simon Childs, Photos : Henry Langston), 23/04/2013

Les fascistes de tous bords (EDL, Casual United..) organisaient une fois de plus leur « marche pour l’Angleterre » ce dimanche 21 avril 2013 à Brighton.

Alors qu’ils n’ont jamais été la bienvenue à Brighton lors de ces deux dernières années, en 2012 leur marche avait été bloquée et le parcours avait dû être modifié par la police. Cette année, l’intervention de la police a consisté à raccourcir leur parcours tout en  les faisant marcher sur le front de mer, zone beaucoup plus facile à isoler du public. C’est avant même d’arriver à Brighton que les fascistes ont subi une défaite.

Voir la suite du résumé de cette journée publié sur Indymedia UK

Un natio la gueule en sang cherche du réconfort...

Un natio la gueule en sang cherchant du réconfort…

Sale métier de protéger les fachos...en tout cas, ça laisse des traces...

Sale métier de protéger les fachos…en tout cas, ça laisse des traces…

[Etats-Unis/Fuck Nazis] Ripostes antifascistes à la marche raciste du KKK et du NSM – Atlanta, 19 et 20 avril 2013

Le 20 Avril 2013, environ 200 personnes se sont rassemblées pour protester contre un rassemblement « anti-immigration » organisé par le groupe néo-nazi « Mouvement national-socialiste » et le Klu Klux Klan.

L'affiche de la mobilisation

La veille au soir un communiqué anonyme a été publié par quelques antifascistes d’Atlanta:

« Le 19 Avril 2013, des antifascistes d’Atlanta se sont rendus au Wellesley Inn Hôtel, où le groupe néo-nazi connu sous le nom du Mouvement national-socialiste tenait son congrès annuel. Nous avons fracassé toutes les fenêtres et crevé un pneu de la voiture de leur membre Richard Wight. Nous avons fait cela pour perturber leur conférence, attirer l’attention sur leur présence lors de la conférence, les frapper financièrement, et leur montrer qu’il y aura toujours des conséquences pour les organisations fascistes.

-Va te faire foutre abruti de nazi! ATLANTA ANTIFA « 

(Source: Indymedia Atlanta, 19 avril 2013)

(Il a été révélé plus tard que la direction de l’hôtel ait demandée au NSM de partir)

Il y avait seulement 40 fascistes  environ présents lors de la manifestation – opposés aux 200 personnes prêtes à riposter. Les contre-manifestants ont tenu deux banderoles, une disant «Rappelez-vous Tinley Park? » et «(A) – Combattons les fascistes». Les rues environnantes étaient également ornées de propagande antifasciste.

À l’arrivée de contre-manifestants, la police a immédiatement intervenus et a menacé les manifestants. Avec un certain succès les flics ont réussi à séparer la foule en trois parties. Nous devons toujours éviter de se laisser diviser. La solidarité nous donne la force.

Pendant ce temps, il n’y avait aucune présence visible de manifestants nazis (autres que ceux avec des insignes), mais dès que le Klan et le NSM se sont montrés, en marchant sur le trottoir vers le Capitole, la foule a immédiatement commencé à se diriger vers eux. La police de l’État de Géorgie a sorti un fusil d’assaut pour calmer les gens.

Le NSM et le Klan ont été escortés par les flics et leur rassemblement fasciste a commencé. La police a tenté de bloquer une partie de la rue, en plaçant seulement une petite ligne de flics, de taille moyenne, et quelques barrières entre les nazis et la contre-manifestation. La foule s’est rendue compte que les flics n’étaient pas prêts à la contenir si elle chargeait vers l’avant et a pris le trottoir en face de leur marche. La majorité de la racaille nazie n’a jamais tourné le dos à la foule en colère et semblait visiblement peu rassurée comte tenu des insultes qui leur étaient adressées. Des gens de la foule criaient « Tuez-vous », « Crevez s’il vous plaît», «Crevez abrutis de nazis», entre autres. Vers la fin de la marche, certains des plus jeunes néo-nazis sont venus vers les barrières, criant qu’ils voulaient agresser sexuellement et affronter la foule. La foule a répondu à leurs menaces par des crachats et le majeur élevé bien haut. Une fois que plusieurs camera men étaient près d’eux, de nombreux nazis ont craint d’être pris en photo.

Salut nazi d'un membre du NSM devant les antifascistes rassemblés

Salut nazi d’un membre du NSM devant les antifascistes

Lorsque le rassemblement s’est terminé, les nazis ont été escortés dans la rue par les flics et la foule les a suivit, en se mettant de l’autre côté de la rue en leur hurlant de dégager d’Atlanta. Les policiers ne se montraient pas préparés pour ce type de confrontation et ont été contraints de faire appel à d’autres unités d’intervention, dont des patrouilles à cheval. Les nazis ont été forcés de se réfugier dans le parking, conduits à l’intérieur par la police d’Atlanta. Réalisant qu’il y avait qu’une seule entrée, la foule alors entouré le parking. Une partie de la foule était assez proche pour essayer de péter la clôture sur le côté du pont, mais la police a réussi à intervenir avant.

Il y a eu une arrestation pendant la contre-manif après qu’un flic ait harcelé une personne pour avoir refusé de lui remettre une pancarte qui disait « Nazis Fuck off « . La personne a été battu par environ 6 officiers et accusé de délit. (la personne doit être libérée à l’heure qu’il est.)

1366604920-2661

Les flics ne semblaient pas être prêts à réagir s’il y avait eu davantage de personnes présentes et préparées. Les possibilités de rendre la situation incontrôlable étaient nombreuses. Étant donné qu’il y avait certainement plus de manifestant.e.s que de flics et fachos réunis et qu’à de nombreuses reprises les flics ont dû courir pour rattraper l’action, les choses auraient pu peut-être se terminer différemment. Cependant, à la fin, le message était clair: les merdes fascistes et néo-nazies ne sont pas les bienvenus à Atlanta ou dans nos vies.

Fuck Nazis (A)

Traduit de Indymedia Atlanta, 20/04/2013

Une manifestante antifasciste a été violemment interpellée par les flics lors des protestations contre la tenue d’une manifestation anti-immigrés organisée par les néo-nazis du NSM et du KKK, samedi 20 avril 2013 au Capitol de Géorgie, dans le centre d’Atlanta.

Durant son audition au commissariat, la jeune fille de 21 ans a également du faire face au harcèlement misogyne et anti-LGBT des policiers.

Source: Indymedia Atlanta, 2/04/2013 à 15h01

Une vidéo du rassemblement nazi, couvert en partie par les protestations des antifascistes:

Source photos: clatl.com, 22/04/2013 à 10h46