[1er mai en Allemagne] Tours d’horizon des manifs et actions directes à Frankfort, Hambourg et Berlin

A Franckfort, une marche des fascistes du NPD était prévue en ce premier mai. La mobilisation antifasciste ne s’est pas fait attendre et des milliers de manifestant.e.s ont pris les rues afin de la saboter. Pour un militant antifasciste, c’est la première fois depuis 2002 que la marche néo-nazie n’a pas pu avoir lieu, malgré que les flics aient tout tenté pour qu’elle ait lieu. Les antifascistes évoque une répression d’une rare violence, et dénombrent 56 personnes blessées (essentiellement lié à l’utilisation massive de gaz au poivre), 4 personnes ont été hospitalisées dont deux pour fracture du bras.

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L’objectif d’empêcher la marche du NPD est atteint. Par ailleurs, à Hanau, plus de 150 néo-nazis ont pu marché dans la ville: la police étant débordé, les antifascistes ont attaqué leur cortège. Des affrontements entre fascistes et jeunes migrants ont eu lieu un peu plus tôt dans la journée.

Au final, il y a eu une trentaine d’arrestations parmi les les antifascistes.

La police justifie la répression en partie par rapport à des actes de vandalisme perpétrés la veille du 1er mai:

Dans la nuit du mardi 31/04 au mercredi 01/05/2013 à Roedelheim, plusieurs banques de la caisse d’épargne ont eu leurs vitrines brisées, une voiture a été également vandalisée. Plusieurs tags et faits destructions ont été constatées dans le secteur.

Traduit librement de la presse allemande (Frankfurter Online.de), 02/05/2013

A Hambourg:

Le rassemblement avait lieu en début de soirée à la gare Altona et les affrontements ont débuté immédiatement. Les flics se sont fait attaquer à coups de bouteilles, de pétards et quelques bleus ont été blessés. La police anti-émeute a utilisé canons à eau et gaz lacrymos. Les organisateurs ont rapidement appelé à la dispersion.

Sous la devise «Le prolétariat n’a pas de patrie« , environ 1.400 participants se sont rassemblées devant la « Rote Flora« , avant de partir vers la gare Altona. Des escouades anti-émeute accompagnaient le cortège. Peu de temps après le départ, il y a eu des incidents avec des jets de pétards et des bouteilles. Les fonctionnaires ont été attaqués depuis des appartements d’immeubles avec des pierres, indique le porte-parole la police d’Hambourg.

Certaines personnes ont scandé: « Tout Hambourg déteste la police« . On pouvait lire sur les banderoles du cortège anticapitaliste « Contre l’exploitation et l’oppression » ou encore « Combat l’impérialisme dans chaque pays ».

Pour ce 1er mai, 1600 policiers étaient mobilisés, et dans un premier temps 8 manifestants ont été arrêtés pour ‘vandalisme’.

Plus tard dans la soirée, plusieurs foyers d’incendies ont nécessité l’intervention des pompiers aux alentours du centre militant « Rote Flora », où se déroulait « la Nuit de Walpurgis »: deux personnes ont été arrêtées.

Traduit librement de la presse allemande (Frankfurter Online.de), 01/05/2013

A Berlin

Tard dans la soirée du 1er mai, environ 40-50 personnes sont parties en manif sauvage éclair depuis la rue Karl Marx à Neukölln. Les vitrines d’une banque ‘Santander’ et d’un magasin ‘H&M’ ont été explosées, permettant au prolétaire de se servir dans le magasin de fringues. De plus, un tag ‘souviens-toi de Savar‘ a été inscrit sur la façade, en mémoire aux ouvriers du textile de Savar, village du Bangladesh, où le 24 avril dernier 304 d’entre eux ont perdu la vie lors de l’effondrement d’un bâtiment.

Des barricades ont été montés à travers les rues avec des matériaux de construction. Une banque de la filiale ‘Rossmann’ a même reçu quelques pierres, avant que la foule disparaisse dans la nuit.

Traduit librement de l’allemand de linksunten.indymedia.org, 02/05/2013 à 20h45

Un black bloc anticapitaliste réunissant 500 personnes ont manifesté ce 1er mai: attaques de banques et de flics notamment…

Un compte-rendu de la manif en allemand sur indymedia linksunten

Quelques images et traces de la manif (du tagesspiegel.de):

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Le 1er mai s’est prolongé à Berlin

Dans la nuit du 2 au 3 mai 2013, des attaques à la peinture et avec des pierres ont visé plusieurs édifices dans Berlin: les vandales ont agi dans les secteurs de Steglitz, Locust Valley, Lichtenberg, Pankow et rue de la reine Elizabeth à Charlottenburg. 

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‘Berlin Job Center’ , le siège du SPD (soce’dém’), entre autre, en ont fait les frais.

Le "Job Center" de Charlottenburg

Le « Job Center » de Charlottenburg

Siège du SPD

Siège du SPD

Siège du SPD

Siège du SPD

Siège du SPD

Siège du SPD

Le Centre d’emploi à Lichtenberg a été bombardé de pierres, de peinture et des tags longs de plusieurs recouvraient la devanture. Malgré qu’un citoyen ait alerté les flics, personne n’a été arrêté.

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le « job center » de Lichtenberg

A noter qu’une personne a été arrêtée lors de l’attaque du pôle emploi à Charlottenburg. Elle a été interpellée par les flics avec un sac rempli de pavés. Concernant les autres attaques, les vandales s’en sont sorti.e.s sans problème.

Sabotage ferroviaire

Par ailleurs, dans la nuit de mercredi à jeudi, des câbles de la S-Bahn ont été incendiés. Le trafic ferroviaire entre Potsdam et Berlin a été fortement perturbé jeudi, avant d’être rétabli en fin de journée. La police soupçonne les milieux autonomes d’extrême-gauche et anarchiste.

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Traduit librement de la presse allemande – bz-berlin.de, 03/05/2013 à 11h51

Des photos du 1er mai à Stuttgart et Berlin

[Yvelines] Sabotage d’installations téléphoniques de France Télécom – St-Germain-en-Laye et Maisons-Laffitte, 25 avril 2013

Yvelines : un millier de foyers privés de téléphone par malveillance

Plus d’un millier de foyers sont privés de téléphone et d’internet dans les Yvelines, à Saint-Germain-en-Laye et Maisons-Laffitte, suite à des actes de vandalisme.

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Vers 14 h 10, rue Saint-Léger et rue Emmanuel-Chabrier un technicien France Telecom prévient la police. Les forces de l’ordre constatent que dans deux locaux techniques, des lignes téléphoniques ont été sectionnées privant environ 600 foyers du quartier Bel Air de téléphone.

Aucune trace d’effraction n’a été constatée et il faut un code pour ouvrir ces grandes armoires. Les faits dateraient de la nuit dernière.

A 14h45, au 16 rue Fresnel à Sartrouville, les policiers ont découvert que les mêmes faits avaient été commis, générant évidemment les mêmes soucis de téléphone sur la commune voisine de Maisons-Laffitte.

L’enquête s’oriente vers un employé d’Orange qui agirait par vengeance.

Leur presse – LeParisien.fr (Julien Constant), 25/04/2013 à 18h49

[Lecture] Critiques anticapitalistes et anarchistes du travail dans l’industrie de la restauration

« Abolish Restaurants » et « Work. Community. Politics. War » ont été publié en 2006 et 2005 sur le site américain prole.info.

Déjà traduit dans une dizaine de langues, ces deux pamphlets existent désormais en langue française. Ils sont lisibles en intégralité en ligne sur infokiosques.net.

« A bas les restaurants – une critique d’un travailleur de l’industrie de la restauration » est une sorte d’abrégé du Capital de Marx version 21ème siècle limpide mais très tranchant. Il aborde les deux grandes questions suivantes. Premièrement, comment fonctionne un restaurant ? Le processus de production, les profits, la division du travail, le stress, les clients, les pourboires, etc. Et par la suite comment « détruire » un restaurant et le travail qui va avec : comment les travailleurs se regroupent, s’organisent en dehors des syndicats, etc… Pour un monde sans restaurants et sans capitalisme.

Extrait :

« Notre lutte n’est pas contre le geste de couper des légumes, de laver la vaisselle, de verser de la bière ni même de servir de la nourriture à d’autres personnes. Elle est contre la façon dont tous ces actes se rassemblent dans un restaurant, séparés d’autres actes, pour faire partie de l’économie et faire croître le capital. Le point de départ et de fin de ce processus est une société de capitalistes et de personnes obligées de travailler pour eux. Nous voulons une fin à cela. Les luttes des travailleurs de restaurant visent ultimement à créer un monde sans restaurants et sans travailleurs. »

« Guerre de classe – travail, communauté, politique, guerre » pourrait être la version pamphlet de « A bas les restaurants » : critique du travail, critique de la politique, critique des fausses séparations… Il reprend et explique simplement les grandes thèses anarchistes et d’ultragauche. En gros, la guerre de classe pour la révolution !

Extrait :

« Nous sommes la classe des travailleurs qui voulons abolir le travail et les classes. Nous sommes la communauté de ceux qui veulent foutre en l’air les communautés existantes. Notre programme politique c’est de détruire la politique. Pour cela, nous devons appuyer les tendances subversives qui existent aujourd’hui, jusqu’à ce qu’elles bouleversent la société de fond en comble. Il y a un temps, c’est ce qu’on appelait la « révolution ».

Ces deux bouquins sont disponibles dans de nombreuses bonnes librairies et bons infokiosques près de chez vous. Vous pouvez vous les procurez également auprès de vinaigre[arobase]riseup[point]net. Et c’est à cette même adresse qu’il faut écrire pour toutes remarques, suggestions, etc. ou pour aider à la diffusion.

Reçu par mail, 02/12/2012

[Cahors] Le local de Lot Développement Industrie vandalisé

Cahors. Acte de vandalisme rue des Carmes

Le local de Lot développement industrie (LDI), situé 150 rue des Carmes à Cahors a été l’objet pendant les vacances d’un acte de vandalisme. Les portes vitrées sont criblées de plusieurs impacts de pierres. On ignore les raisons qui ont conduit à ce geste ni si les responsables de LDI ont déposé une plainte au commissariat de police.

Leur presse – La Dépêche du Midi, 13/11/2012

[Suisse] Le travail mutile à Morges – 12 octobre 2012

Un ouvrier gravement brûlé dans une citerne

Un ouvrier a été grièvement blessé ce matin alors qu’il mettait en conformité la citerne à mazout d’une villa à Morges. Il a été évacué par les pompiers et emmené au CHUV

Vendredi 12 octobre 2012, vers 11h15, au chemin du Crêt, à Morges, deux ouvriers étaient occupés à mettre en conformité une citerne à mazout enterrée à l’extérieur d’une villa. L’un des deux oeuvrait avec un chalumeau à proximité du bâtiment alors que l’autre se trouvait à l’intérieur de la cuve.

Pour une raison qui reste à déterminer, une violente déflagration s’est produite, blessant sérieusement l’homme se trouvant à l’intérieur; il a été rapidement secouru puis évacué de la citerne par les pompiers. Le médecin du SMUR et les ambulanciers l’ont pris en charge pour le conduire au CHUV, à Lausanne. Il souffre d’importantes brûlures; son collègue n’est pas blessé.

Le procureur de service a été renseigné. Les investigations pour déterminer les causes de cet accident sont confiées aux gendarmes de Morges et aux inspecteurs de l’identité judiciaire de la Police de sûreté.

Leur presse – Le Matin.ch, 12/10/2012 à 15h22

[Suisse] Tué par le travail à 33 ans – Genève, 2 octobre 2012

Un homme décède sur un chantier

Un ouvrier a été retrouvé mort sur un chantier du quartier des Eaux-Vives, à Genève, mardi matin, probablement des suites d’une chute.

Un homme de 33 ans a été retrouvé mort, mardi matin sur un chantier du quartier des Eaux-Vives, à Genève. La justice genevoise, qui a donné l’information, a annoncé avoir ouvert une enquête préliminaire pour déterminer les circonstances du décès.

Cet ouvrier est probablement mort à la suite d’une chute. Une autopsie a été ordonnée par la procureure Brigitte Monti.

Leur presse – 200 Minutes.ch (ATS), 02/10/2012 à 18h27

[Canada] Le travail tue à Québec – 20 septembre 2012

Un travailleur meurt la tête écrasée

QUÉBEC – Un travailleur de 38 ans de la compagnie Signa a eu la tête écrasée jeudi matin, à Québec, alors qu’il s’affairait à ranger de l’équipement de signalisation routière.

L’horrible accident s’est produit à l’angle des rues Honoré-Mercier et Richelieu vers 5h45.

«Ils étaient trois travailleurs et, une fois leur tâche terminée, ils devaient rabattre la flèche lumineuse qui protégeait leur zone de travail sur une petite remorque à l’arrière de leur camion», a expliqué Lucie Michaud, porte-parole de la CSST.

Pour une raison qu’on ignore, le travailleur a pris place sur la tige de métal qui relie la remorque au camion et le panneau s’est décroché pour écraser la tête de l’homme.

«Évidemment, il y aura une expertise mécanique qui sera faite sur la remorque, mais les méthodes de travail seront aussi regardées», a ajouté Mme Michaud.

Leur presse – Canoe.ca (Agence QMI – Kathleen Frenette), 20/09/2012 à 20h25

[Belgique] Grève totale à l’entreprise Margotteaux de Vaux-sous-Chèvremont (province de Liège) suite au suicide d’un travailleur

Magotteaux est à l’arrêt

Le personnel de Magotteaux est en grève depuis ce vendredi matin. La production est à l’arrêt sur le site du leader mondial dans la fourniture de pièces de haute performance pour les industries, qui est basé à Liège.

Un piquet de grève se tient devant les grilles de l’entreprise où le travail n’a pas repris au terme de la journée de deuil décrétée jeudi suite au suicide d’un ouvrier sur le site. Les syndicats ont décidé du blocage complet de la société car le dialogue est inexistant avec la direction.

« Nos revendications n’ont pas changé. Nous voulons discuter des conditions de travail. Nous pensions que la mort de ce travailleur aurait peut-être conscientisé la direction à la nécessité d’améliorer les conditions de travail. Ce n’est pas le cas. Le dialogue est inexistant. C’est regrettable », explique Patrick Masson, le secrétaire permanent Setca-Liège.

Mardi, les syndicats avaient déjà placé un barrage filtrant devant les grilles de l’entreprise afin de faire part de leurs inquiétudes concernant le respect des normes de sécurité dans l’entreprise, l’absence d’investissement dans la maintenance des outils et le manque de formation de certains travailleurs engagés sous contrat intérimaire ou CDD.

Selon les syndicats, cette situation résulte d’une mauvaise gestion du directeur de production toujours en place et de l’ancien plant manager qui a quitté l’entreprise. Les syndicats avaient annoncé qu’ils durciraient le mouvement en l’absence du dialogue. La mort d’un travailleur de l’entreprise a précipité le mouvement de grève.

Leur presse – 7sur7.be (Belga), 06/07/2012 à 15h10

AG chez Magotteaux à la suite du suicide d’un employé

Une assemblée générale s’est tenue, jeudi matin, sur le site de l’entreprise Magotteaux à Liège à la suite de la découverte du corps d’un travailleur qui s’est suicidé sur le lieu de son travail mercredi.

Les travailleurs sont fortement touchés par la perte de leur collègue et sont en colère car « cela fait des mois que les organisations syndicales SETCa et MWB dénoncent les conditions de travail dans une entreprise dont le carnet de commande est bien rempli », ont fait savoir les syndicats par communiqué.

« Ce qui s’est passé cette nuit n’est en rien un accident dû au hasard ou à une fragilité individuelle. Il s’agit de l’aboutissement des techniques de management mis en place par la direction pour satisfaire les actionnaires de l’entreprise et de l’absence d’investissement dans la sécurité », regrettent les syndicats.

Les organisations syndicales dénoncent depuis plusieurs mois le plan de restructuration de 2009. Elles revendiquent une meilleure organisation du travail et de meilleures conditions de sécurité.

La direction de Magotteaux Liège s’est quant à elle dite « bouleversée par l’événement dramatique qui s’est produit dans ses murs ce mercredi 4 juillet », tout en ajoutant que « ses pensées et celles de l’ensemble du personnel vont à la famille et aux proches ».

Pour rappel, une cellule psychologique a été mise en place par les syndicats avec l’accord de la direction pour aider tous ceux qui en ressentent le besoin qu’il soit immédiat ou qu’il se fasse ressentir dans les semaines à venir. Un jour de deuil a été décrété sur le site.

Leur presse – 7sur7.be (Belga), 05/07/2012 à 15h07

 

Un ouvrier se suicide dans son usine à Chaudfontaine

Un employé de l’entreprise Magotteaux, située à Vaux-sous-Chèvremont, dans la commune de Chaudfontaine dans la province de Liège, a mis à ses jours ce mercredi sur son lieu de travail.

Selon la RTBF qui relate l’information ce matin, l’usine était à arrêt depuis mardi. Les employés en grève souhaitaient dénoncer une trop forte pression sur le personnel ainsi que les risques d’accidents de travail de plus en plus nombreux dans cette fonderie.

C’est l’épouse de la victime qui a donné l’alarme ce mercredi. Inquiète de ne pas voir son mari rentrer à la maison, celle-ci s’est rendue à l’usine et a demandé aux collègues de son époux de le chercher. Peu après, quelques ouvriers de la fonderie ont découvert le corps sans vie de cet homme de 40 ans. Celui-ci n’a laissé aucune lettre pour expliquer son geste.

Les collègues de la victime sont sous le choc. Une aide psychologique sera proposée aux employés de l’usine qui organisera également une assemblée générale ce jeudi. Une enquête a été ouverte par l’inspection du travail pour tenter de déterminer si le suicide a un lien avec les conditions de travail dénoncées par les employés.

Leur presse – 7sur7.be (Céline Bayet), 05/07/2012 à 10h36

[PARIS] Grève spontanée à la BU du quartier latin – 3 décembre 2011

Vu sur le blog de la Fédération Anarchiste de la Vienne 

Aujourd’hui, il y a eu grève, une vraie grève, pas une intersyndicale-interprofessionnelle à deux balles et à date fixe décidée au-dessus de nos têtes, non, une vraie grève spontanée.

Le motif est tellement minable que ça fout limite la honte.

On ne réclamait pas une augmentation de salaire, on ne réclamait pas des moyens supplémentaires, nan, rien de tout ça.

Contexte :

Je travaille depuis près d’un an dans une bibliothèque universitaire en tant que magasinière contractuelle. C’est une bibliothèque récente, qui a donc été créée avec une dotation en postes minimale, parce que c’est passé de mode, les fonctionnaires. Il y a donc très peu de titulaires, la majorité des salariés sont des contractuels à des postes permanents (grosso modo, il y a un tiers de fonctionnaires pour deux tiers de contractuels). On n’est pas recrutés pour faire face à un accroissement temporaire d’activité, on est là parce que la bibliothèque ne tournerait pas sans nous, tout simplement.

Comme toute BU, notre bibliothèque est rattachée à une université, qui est notre employeur officiel. Le problème, c’est que la dite université fait preuve d’une certaine mauvaise volonté, voire d’une incompétence crasse, dans la gestion de nos contrats et de nos salaires. Les incidents ne se comptent plus : Contrats égarés (alors qu’ils ont été remis en main propre, donc c’est pas « la faute de la Poste » comme on a essayé de nous le faire avaler), non-renouvelés arbitrairement, salaires amputés de plusieurs centaines d’euros sans explication, contrats renouvelés trop tardivement donc salaire non-versé car c’est trop tard pour la mise en paiement, communication désastreuse (on oscille entre silence pesant et ton menaçant, pour situer)… Il y a eu plusieurs tentatives de régler ces différents à l’amiable, sans résultat. Personnellement, j’ai jamais vu ça, et pourtant, j’ai déjà bossé avec pas mal d’enfoirés.

A l’issu d’une réunion de service, on apprend qu’une fois de plus, un collègue ne va pas être payé en temps et en heure à cause d’un problème administratif nébuleux, qu’il a demandé un chèque à l’agence comptable de l’université, qui lui a ri au nez, qui lui a proposé un paiement de 80% de son salaire mais pas avant quinze jours (« il est 17h »), en lui faisant comprendre qu’il avait du bol, et que c’était ça ou rien. L’appui de la direction de la bibliothèque ne change rien, il peut s’asseoir sur son salaire ce mois-ci, en gros.

Ok les mecs.

Il est bientôt 10h, un collègue propose de ne pas ouvrir la bibliothèque au public tant qu’il n’est pas payé. Accepté à l’unanimité. On est en période de partiels, ça va emmerder les étudiants, mais c’est peut-être le seul moyen de faire entendre raison à cette administration de merde.

Re-contexte : La BU en question est au cœur du quartier latin à Paris, et elle est sur-fréquentée (victime de son succès), il y a fréquemment une file d’attente pour pouvoir y entrer. Si on ferme, les autres BU des environs vont être saturées, sachant qu’elles le sont déjà pour la plupart. Je précise ça parce que moi-même, débarquant de ma province, je ne connaissais que les BU quasi-désertes et vieillottes de ma fac, et je n’imaginais pas que ce genre d’établissements pouvaient être si prisés avant de bosser à la capitale. L’explication est simple : Une concentration d’étudiants très importante, disposant souvent de logements exigus, ou vivant en collocation, viennent en BU pour travailler dans de bonnes conditions, c’est tout.

On rédige un tract collectivement, expliquant le pourquoi de la fermeture, et on se poste à l’entrée de la bibliothèque pour les distribuer et dire aux étudiants ce qu’il en est, partant du principe qu’une porte close n’explique rien, alors qu’un agent qui prend le temps d’exposer la situation, ça a du poids et ça désamorce le sentiment de « prise d’otages » qu’évoquent souvent certains usagers de tel ou tel service public quand il y a grève.

Pour le coup, succès total : très peu de râleurs, la plupart des étudiants sont effarés par notre situation, nous apportent leur soutien, nous encouragent, un futur juriste en droit du travail nous donne même des conseils, personnellement, je ne m’attendais pas à ça.

A midi, on apprend que la DRH arrivera à 14h pour nous « expliquer la situation ».

A 14h, on est en salle de réunion avec cette dame et un directeur des services de l’université, qui vont tenter de « faire de la pédagogie », mais qui vont très vite s’emmêler les pinceaux tant ils ne maîtrisent pas leur sujet. Les problèmes de salaire ? Un « incident marginal ». Quand ils réalisent que plus des trois quarts des salariés présents ont été victimes de ce type d’incident, ils ne se démontent pas. Quand on leur expose les conséquences dramatiques que ça peut avoir sur nos finances, ils haussent les épaules. On cause loyers impayés, un mec explique qu’il ne pouvait même plus payer sa carte de transport pour venir bosser, et eux s’embrouillent dans des discours vagues, ils n’ont même pas honte. J’apprendrai plus tard que le directeur des services est énarque, je ne suis pas étonnée. Ce qu’on nous déballe, c’est un concentré de mauvaise foi.

On a la rage, le ton monte. Mon chef se fait traiter d’ « autiste », parce qu’ « il ne veut pas comprendre ». Comprendre quoi ? Qu’on a rogné sa paye pendant des mois sans explication, et qu’on refusait de régulariser sa situation après ? Qu’il a bossé un mois sans contrat parce que l’université l’avait perdu ?

Les histoires se succèdent, à défaut de leur foutre le nez dans la merde qu’ils ont semé, on vide notre sac. La DRH a un petit sourire ironique à hurler, un collègue m’avait prévenu, elle aime ce genre de situation. Ne pas s’énerver. Je lui fais remarquer que sa condescendance a quelque chose d’insultant, elle ne me regarde même pas, pour elle je vaux sans doute moins qu’une petite merde collée à ses pompes. Elle est quinquagénaire, on est des jeunes cons pour la plupart, je pense que c’est son sentiment.

On en revient au sujet initial. « Vous avez pris le carnet de chèque ? Parce que nous on retourne pas bosser, là. »

Là, on touche un nerf. On sent que ça, ça les emmerde, ces petits branleurs qui ne veulent pas retourner au turbin pour une futile histoire de thune. On insiste aussi sur le fait que, si ce type d’ « incident marginal de paiement » se reproduit à l’avenir, on se remettra en grève. Pour qu’ils réalisent. Puisqu’au fond, il n’y a que ça qui les fait réagir.

Négociations de marchands de tapis, ils proposent 90%, s’emmêlent dans leurs chiffres, finalement ils ne peuvent rien promettre car « l’agent comptable est souverain », ils repartent, ils vont nous tenir au courant.

Pas d’excuses, pas d’explications, rien, du vent.

Comme leur a dit mon chef , on croirait entendre Copé quand ils s’expriment.

Ce cinéma a duré deux heures.

A 17h, le collègue a eu son chèque, de 100% de son salaire.

A 17h15, on a rouvert la bibliothèque.

A 20h, quand j’ai fait la fermeture, j’avais un sale goût dans la bouche. On a fait grève pour qu’un mec qui a bossé touche son salaire. Bien sûr, on a aussi démontré qu’on était une équipe unie, soudée, solidaire, mais n’empêche, on a fait grève simplement pour que notre employeur respecte la loi.

On en est là, putain.

Courageuse Anonyme

Source: Le salaire de la peur, 03/12/2011

[PRECAIRES] Je me débrouille, tu te débrouilles, ils nous contrôlent… Embrouillons-les !

Organisons-nous face aux contrôles domiciliaires CAF !

Autodéfense des précaires !

Aujourd’hui, dans chaque antenne CAF, un panneau d’affichage dresse une liste de condamnations exemplaires en cas de fraude (amendes, peine de prison, etc.). Des campagnes de presse mettent en avant la figure du millionnaire RSAste. Au nom de la bonne gestion de l’argent public, tout allocataire est suspect.

Soyons clairs, il s’agit de nous faire culpabiliser, de nous humilier, d’instaurer un climat de peur. De quoi nous décourager par avance en nous faisant oublier qu’il s’agit de droits et non de l’argent de poche donné par un père autoritaire, tant qu’on le mérite.

Nous sommes des millions à devoir nous serrer la ceinture, à faire des pirouettes pour payer les factures, la bouffe et les transports. Les loyers explosent et il est très dur de les payer même avec l’allocation logement. Tout le monde sait, y compris la CAF, qu’il est presque impossible de survivre avec le montant du RSA.

Et pourtant, dans un contexte de crise toujours plus marqué, le gouvernement français est encore passé à la vitesse supérieure.

Qu’il s’agisse de l’annonce du nouveau plan d’austérité qui promet la baisse des allocations sociales, ou de la campagne publique lancée depuis plusieurs mois contre la « fraude sociale », c’est toujours aux plus pauvres et aux plus précaires qu’il s’agit de s’attaquer.  Regardez, là un chômeur qui triche, là une allocataire que ne déclare pas son compagnon… ce sont eux les vrais responsables de la crise !

C’est aussi pour faire face à cette politique de culpabilisation de plus en plus agressive, que les CAFards, collectif de chômeurs et précaires, ont réalisé un petit guide pratique pour faire face aux contrôles domiciliaires de la CAF. Dispositif répressif parmi d’autres, le contrôle domiciliaire est exemplaire de ce qui se trame contre nous de l’autre côté du guichet.

Avec ce guide pratique, nous donnons quelques billes à chacun pour se débrouiller là où il se trouve, mais nous faisons surtout un appel à se rencontrer, à partager des informations, des pratiques, des idées. Là où ils voudraient nous enfermer dans la peur et l’isolement, il nous faut inventer de nouvelles formes de lutte et de solidarité.


Je me débrouille, tu te débrouilles, ils nous contrôlent…

Embrouillons-les !

CAFards – Collectif de chômeurs et précaires
Contact : cafardsdemontreuil[arobase]riseup[point]net

Voir aussi:

http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5808

Articles de réflexions à propos des contrôles sociaux de la CAF et de la chasse aux « fraudeu.se.r.s »: