[Turquie] 1er mai: journée de lutte et d’affrontements avec les flics à Istanbul

Turquie: 1er mai marqué par des heurts à Istanbul, 30 blessés et 72 arrestations

Près de 30 personnes, dont une majorité de policiers, ont été blessées et 72 autres arrêtées par la police mercredi dans les incidents et violents heurts qui ont marqué la célébration du 1er mai à Istanbul, a annoncé le gouverneur.

Istanbul

Istanbul était déclarée «ville fermée» et tout rassemblement était interdit à cause de travaux en cours sur l’emblématique place Taksim.

«22 agents de police ont été blessés dans les incidents», a indiqué le gouverneur, Avni Mutlu, devant les journalistes au terme des heurts, précisant que l’un d’eux avait été opéré pour un traumatisme crânien. La blessure a été provoquée par des billes d’acier projetées par des lance-pierres, a-t-il souligné.

Trois civils, des manifestants, ont en outre été blessés, a-t-il ajouté, attribuant la responsabilité des incidents à des «groupes marginaux».

Des journalistes de l’AFP sur place ont fait état auparavant d’une dizaine de blessés parmi les manifestants, dont la plupart ont subi des malaises cardiaques en raison du gaz lacrymogène utilisé en abondance par la police anti-émeutes.

Dès le petit matin, par petits groupes de quelques centaines, plusieurs milliers de manifestants ont tenté d’accéder à l’esplanade Taksim par les rues adjacentes, mais se sont heurtés à une force colossale de 22.000 policiers mobilisés pour leur barrer la route.

Un photographe de l’AFP a été pris à partie et blessé par des manifestants anarchistes cagoulés qui ont brisé son matériel.

Les heurts ont cessé dans avec la dispersion de l’emsemble des manifestants de gauche.

Les unités anti-émeutes de la police ont été très strictes pour empêcher les regroupements dans le quartier de Besiktas, à 2 kilomètres de Taksim, sur la rive européenne de la ville.

Quelques centaines de manifestants réunis à l’appel de partis de gauche et de syndicats ont riposté par des jets de pierres.

«Mort au fascisme», «Longue vie au 1er mai», ont scandé les manifestants.

Des échauffourées ont continué pendant plusieurs heures dans au moins trois quartiers menant à Taksim vers lesquels les routes ont été fermées et barricadées pour empêcher les manifestants d’y accéder.

Le transport routier, ferroviaire et maritime vers Taksim a également été suspendu, empêchant de nombreux stambouliotes et les touristes de circuler.

De nombreux riverains et passants ont été incommodés par les gaz.

Un groupe d’une trentaine de féministes, agitant leurs drapeaux violets, a été repoussé par la police à coups de grenades lacrymogènes.

«Assassins, sans honneur», hurlait un vieillard a la barbe blanche, alors que la police continuait de jeter des grenades en dépit des appels à l’aide pour soigner les victimes de malaise.

En revanche, la Fête du travail a été célébrée sans incidents sur au moins deux autres places de la mégapole turque et dans d’autres villes de Turquie, ont rapporté les chaînes de télévision.

Le gouvernement turc avait décidé d’interdire le rendez-vous du 1er mai sur la célèbre place Taksim, jugeant que le chantier engagé en novembre dernier pour en détourner la circulation automobile empêchait d’assurer la sécurité des dizaines de milliers de manifestants attendus.

La centrale syndicale des ouvriers Disk (gauche) avait toutefois décidé de passer outre.

La police est aussi intervenue mercredi près du siège de ce syndicat situé aux abords de Taksim contre les manifestants, utilisant encore une fois des grenades lacrymogènes.

Des députés du principal parti d’opposition (CHP, social-démocrate) qui étaient sur les lieux ont dû s’abriter dans des immeubles avoisinants.

«C’est une répression inacceptable contre les travailleurs», a déclaré aux journalistes le vice-président de cette formation, Gürsel Tekin.

Le 1er mai 1977, des inconnus avaient ouvert le feu lors du rassemblement du 1er mai, provoquant la panique parmi la foule et la mort de 34 personnes.

Le Parlement turc a rétabli le 1er mai comme jour férié en 2009 et le gouvernement a autorisé les rassemblements l’année suivante à Taksim.

Le gouvernement a toutefois autorisé pour mercredi le dépôt d’une gerbe à la mémoire des victimes de 1977

Leur presse – Libération.fr (AFP), 01/05/2013 à 16h52

Voir la vidéo de Reuters

A noter que lors du 1er mai l’an dernier, des anarchistes avaient participé à plusieurs attaques de multinationales et autres symboles du capital et de l’Etat: une vague de répression  anti-anarchiste avaient alors été mené par le pouvoir turc.

“Amnistie sociale” et illusions démocratiques…

“Il est toujours facile de trouver quelqu’âme sélecte qui “parle” de révolution, néanmoins ils sont peu nombreux ceux qui cherchent à faire concrètement quelque chose. Tant qu’on ne fait que bavarder, on peut être plus ou moins tous d’accord. […]

Nous réaffirmons avec insistance notre conviction que l’usage de la violence organisée contre les exploiteurs, même lorsqu’elle prend l’aspect de l’action minoritaire et circonscrite, est un instrument indispensable de la lutte anarchiste contre l’exploitation”

Alfredo Bonanno,Contre l’amnistie*

ON ne parle pas souvent de ce qui se passe à l’assemblée nationale ou dans les autres antichambres de l’Etat. On en parle pas souvent puisqu’on en a pas grand chose à foutre la plupart du temps.

Mais aujourd’hui, a été rejetée le proposition de loi du groupe communiste et du Front de Gauche sur “l’amnistie sociale” par la commission des lois de l’assemblée nationale.

Ce projet visait à amnistier les “délits commis lors de mouvements sociaux”. C’est l’occasion de parler de ce micro-évènement qui illustre bien tout un ensemble de choses qu’on peut reprocher à la Gauche, même “extrême”, notamment dans sa manière d’envisager la conflictualité sociale.

Déjà, il y a cette illusion toute démocrate qu’on peut changer le système en faisant voter des lois de l’intérieur. Ce procédé est le même échec répété et crevé depuis 100 ans. Il découle de la vieille stratégie d’inspiration léniniste selon laquelle le parlement ou quelque autre institution électorale peut être utilisée soit comme “tribune” pour un discours soit-disant subversif, soit comme tremplin pour porter des lois qui “déstabiliseraient” l’Etat et le capitalisme.

Il y a deux excellentes raisons de constater que sur cette question comme sur d’autres, les mêmes causes produisent les mêmes effet.

Premièrement les lois sont toujours votées par les valets de la classe dominante -et appliquées par ses flics et ses juges- : qu’ils soient députés, élus, ou toute sorte de dirigeants. Mieux : ils en font partie de part leur statut même et n’ont donc absolument aucun intérêt à aller contre ce qu’ils sont et voter des lois qui les mettraient en danger (c’est d’ailleurs un des arguments principaux utilisés par les parlementaires socialistes contre le projet de loi : protéger les élus). Et si l’Etat et ses institutions républicaines n’avaient pas été savamment pensés pour ne pas être “changés de l’intérieur” depuis Rousseau ou Hobbes, ça fait sans doutes longtemps qu’on en aurai finit avec ce monde…

Deuxièmement, la prétention de transformer ces institutions en “tribunes” pose une autre question centrale : à qui s’adresse t’on ? Et depuis quelle position ? On l’a vu, les élus parlent surtout aux élus, à l’Etat, à la rigueur aux médias, et ceux et celles qui ont la délicate attention de croire aux promesses les écoutes et les suivent.

Le mouvement reste donc à l’initiative des dirigeants, qu’ils soient du parti, investis par une fonction étatique ou les deux.

Mais cette proposition “d’amnistie sociale” et les illusions qu’elle a nourrit chez les militant-e-s communistes et autres syndicalistes de la CGT pose d’autres problèmes. D’une certaine manière déjà, “elle tombe mal” dans l’agenda “militant”. En plein mouvement social réactionnaire et fascisant contre le “mariage étendu” et “l’égalité des droits” : mouvement face auquel l’extrême-gauche -PCF et FdG inclus- est totalement à la ramasse et quasiment aphone. Pour ne pas dire inexistante.

Et évidemment, l’argument du gouvernement consiste donc simplement à leur répondre avec cet exemple à l’appuie que “force doit revenir à la loi”. Et ce n’est pas Jean-luc Mélenchon qui pourra contredire ça… Les démocrates radicaux de toute engeance sont pris au piège de leur propre discours citoyenniste et légaliste. Mais que pouvaient ils donc espérer d’autre ?

Que le gouvernement leur offre un chèque en blanc pour faire la révolution ?

Et puis depuis quand on a besoin de violer la loi pour faire la “révolution citoyenne” ?! L’hypocrisie crasse d’une extrême-gauche française toujours plus empêtrée dans ses contradictions.

Dans laquelle on vénère la loi comme le veau d’or parce qu’on aimerait y substituer la sienne (plus démocrate, plus républicaine, plus “communiste”, etc…), tout en essayant de tenir un discours intenable comme quoi il faudrait “enfreindre la loi sans l’enfreindre”, aménager une temporalité “mouvement social” dans laquelle on aurait soudain “le droit” de faire la révolution. Bref… Un casse tête de citoyenniste à se taper la tête contre les murs.

Mais les actes de révolte, d’insoumission, de rébellion, de lutte de classes, etc, n’ont pas moins de sens lorsqu’ils surgissent au milieu de la vie quotidienne, tout les jours, même en dehors de tout “mouvement social”. Ils sont un produit de l’antagonisme permanent entre les exploité-e-s, les dominé-e-s et la société dans laquelle nous vivons.

Et d’ailleurs, tout les “mouvements sociaux” sont initiés par des actes ou des actions (de la grève au sabotage en passant par les manifs sauvages, les émeutes ou les occupations) qui ne sont pas considérés comme en faisant parti à la base (et bien souvent même pas du tout…).

Du reste : qui décide de ce qu’est un mouvement social ? L’Etat ? Les médias ? le PCF, laCGT et le FdG lorsqu’ils décident d’y participer ?

Cette idée “d’amnistie sociale”, donc, même telle qu’elle a été “pensée à la base” dans une proposition de loi (au delà de l’aspect légaliste) ne peut pas nous convenir par quelque angle qu’on la prenne. Au delà de l’aspect délirant de la chose donc, cette idée “d’amnistie sociale” n’a été pensée que par et pour la CGT et ses ouailles, le PCF, Le Front de gauche et leurs militant-e-s. C’est d’ailleurs à l’appel exclusif de ces organisations que leurs seul-e-s militant-e-s se sont rassemblé-e-s devant le Sénat pour soutenir ce projet bidon (bidon dans le sens où il n’avait simplement aucune chance d’aboutir – indépendamment du principe). Car tout ce cirque n’est bien qu’une mascarade où quelques pseudo-révolutionnaires tentent simplement de s’arroger le droit de définir ce qui est ou non un mouvement social, et des privilèges dans la “lutte”.  Un élan désespéré d’une extrême-gauche sans avenir pour se sauver elle-même.

En effet, on le sait depuis longtemps : le SO de la CGT balance à chaque “mouvement social” les radicaux ou révolté-e-s aux flics dans les manifs ou les tabasses directement pour attendrir la viande préventivement. Vieille tradition stalinienne française. La direction, aussi, exclue régulièrement ses dissidences syndicales (parfois des sections entières), notamment à l’occasion de grèves qui débordent. Ou bien elle se contente de laisser pourrir ses syndiqué-e-s dans la répression lorsqu’ils ou elles n’ont pas respecté-e-s les consignes (comme pour les Goodyear lâchés face à leurs procès à Amiens).  Même chose pour le S.O du PCF dans les manifs, ou celui du Front de Gauche pendant le mouvement des retraites en 2010 (par exemple) avec les déclarations de Jean-Luc Mélenchon et Bernard Thibaut sur les “casseurs”, et “anarcho-autonomes” soit-disant “infiltrés par la police”. Déclarations mensongères qui auront valus de la prison ou des condamnations à plusieurs compagnon-e-s et camarades.

Là encore, toute l’hypocrisie du caractère “social” de cette soit-disant amnistie montre bien ses limites : amnistie pour les “délits” commis par des syndicalistes et militants certifiés A.O.C.

Et pour les autres : la taule, la répression, la calomnie,  et l’isolation. En gros, cette proposition scelle aussi la division omniprésente dans la conception de ces organisations entre les réprimé-e-s ou prisonnier-e-s “politiques” d’un coté justement, et les “cas sociaux” de l’autre (qui, ironie du sort, sont donc exclu-e-s de cette idée farfelue d’amnistie “sociale”).

Bref, tout ces soit-disant révolutionnaires se retrouvent être à chaque période de trouble, ou “mouvement” de bons agents bénévoles du maintiens de l’ordre et la paix sociale. Un bon alibi en soi…

Enfin, pour cette simple raison que le principe même implique la reconnaissance de l’Etat, ses institutions et ses lois, et la paix -même “temporaire”- avec lui, nous ne voulons pas d’aucune “amnistie”.

Nous voulons la révolte, l’insurrection, et la révolution sociale. Et pour ça dans l’immédiat, il  faut assumer l’antagonisme de classe et contre l’Etat, la solidarité, l’entraide, et l’action directe sous toutes ses formes.

Pas de paix avec l’oppression et l’exploitation. Pas de paix avec l’Etat.

Des anarchistes du Cri Du Dodo

* : Cette question s’est posée en d’autres termes en Italie il y a quelques années. Bien que pour des faits “plus graves” du point de vue de la loi, puisqu’il s’agissait -entre autres- d’accusations pour des faits qualifiés de “terroristes”. Néanmoins, des remarques et réflexions similaires peuvent être portées dans les deux cas.  Pour lire le texte : c’est ici.

[Chili] Grève surprise des mineurs de Codelco : la production entièrement bloquée – 9 avril 2013

Cuivre: la production du géant minier Codelco paralysée par une grève

SANTIAGO DU CHILI (Chili) – La production du géant minier public Codelco était paralysée mardi par une grève des travailleurs du secteur du cuivre au Chili, dont le pays est le premier producteur mondial, a-t-on appris auprès du gouvernement et des syndicats.

La paralysie est de 100% dans tous les secteurs de Codelco, à l’exception de quelques équipes d’urgence, a indiqué le ministre des Mines, Hernan de Solminihac.

L’activité de Codelco est paralysée. Les entreprises minières privées sont également à l’arrêt, avait déclaré auparavant à l’AFP un porte-parole de la Fédération des travailleurs du cuivre (FTC), Jorge Varas.

Le président de la FTC, Raimundo Espinoza, ainsi que celui de la Fédération minière du Chili (FMCJ), Gustavo Tapia, avaient appelé lundi à un arrêt de toutes les activités au niveau national dans toutes les unités de production ainsi qu’au siège de Codelco et dans toutes les compagnies privées.

Quelque 29.000 travailleurs de l’industrie minière d’Etat et privée sont concernés par ce mouvement, selon eux.

La grève illégale lancée aujourd’hui par les travailleurs de Codelco n’a aucune justification, a estimé pour sa part Thomas Keller, membre de la direction de Codelco.

Cela signifie que le pays, que tous les Chiliens, perdent 35 millions de dollars, a-t-il ajouté.

Les syndicats veulent protester contre une série de mesures prises par la nouvelle direction de Codelco pour limiter les coûts de production afin de se rapprocher des niveaux de compétitivité de ses concurrents privés.

Le mouvement n’a été que partiellement suivi dans les mines privées, notamment Minera Escondida, gérée par la compagnie anglo-australienne BHP Billiton.

A Collahuasi, opérée par Anglo American Sur et Xstrata, les travailleurs ne se sont pas joints au mouvement de grève, selon des sources syndicales.

Au cours des deux dernières semaines, les exportations de cuivre ont déjà été fortement perturbées par une grève dans les principaux ports chiliens.

Cette mobilisation coïncide avec le début de la sixième édition de la Conférence mondiale du cuivre, qui réunit mardi et mercredi à Santiago les principaux acteurs du secteur.

Les experts présents estiment que la forte demande de la Chine, basée sur un processus d’industrialisation qui en est encore à ses débuts, continuera à soutenir la demande en cuivre sur le long terme.

Selon nos projections, la Chine va continuer à consommer plus de 50% du cuivre mondial jusqu’en 2024, a indiqué le ministre des Mines.

La croissance de la Chine impulse la demande de cuivre à long terme, à renchéri quant à lui Jean Sebastien Jacques, directeur de la section cuivre de la compagnie anglo-australienne Rio Tinto.

Les besoins en énergie et la demande de cuivre vont augmenter, notamment dans la construction en Chine, où 60% du cuivre est utilisé pour différents types de câbles, a ajouté M. Jacques.

Le ministre de l’Economie Pablo Longueira a, par ailleurs, appelé les travailleurs du cuivre au dialogue, et rappelé qu’ils appartiennent à un secteur privilégié.

On ne comprend pas qu’il existe des paralysies illégales dans un secteur qui compte parmi les mieux rémunérés du Chili, a indiqué M. Longueira.

La production de Codelco représente environ 11% de l’offre mondiale en cuivre, et ses bénéfices sont versés à l’Etat chilien. Le Chili produit environ 5,6 millions de tonnes de cuivre par an, un tiers de l’offre mondiale.

Leur presse – Romandie.com (AFP), 09/04/2013 à 21h49

[Belgique] Grève à l’entreprise Meister: nique la surveillance et la marchandise – Sprimont, 25 mars 2013

Meister Sprimont: les travailleurs poursuivent leur grève au finish

SPRIMONT – Réunis en assemblée générale lundi matin, les travailleurs de Meister Sprimont ont voté pour la poursuite de la grève au finish entamée il y a une semaine. Ils attendent un signe de la direction.

«Nous avons fait part de la décision du personnel à la direction», déclare René Petit, secrétaire permanent CSC Metea. «La balle est dans son camp.»

Vendredi, une tentative de contact entre syndicats et direction avait été organisée à l’initiative du conciliateur social.

Chacun campant sur ses positions, l’entreprise, spécialisée dans la fabrication de pièces pour automobiles, avait envoyé un huissier et des policiers à Sprimont pour y déloger les travailleurs qui bloquaient l’entrée du site et empêchaient les expéditions. Ceux-ci craignent une délocalisation des activités de Meister.

«Concrètement, il n’y a plus de piquets de grève devant l’entreprise puisqu’il y a une ordonnance qui dit qu’on ne peut pas s’opposer à la circulation des pièces et des personnes», précise René Petit. «Mais le barrage qui bloque l’entrée est toujours en place. Si la direction veut passer, elle doit le démonter.»

Leur presse – lavenir.net, 25/03/2013 à 14h46

Meister Sprimont: l’administrateur-délégué va porter plainte pour vandalisme

La tension monte d’un cran chez Meister à Sprimont. L’administrateur-délégué allemand de la société va déposer plainte pour vandalisme. Par ailleurs, il n’a pas retrouvé certaines marchandises bloquées toute la semaine dernière par les travailleurs. Des travailleurs qui ont décidé ce lundi matin de poursuivre la grève au finish.

Aucune trace de ces marchandises et aucune image vidéo puisque les enregistreurs des caméras de surveillance ont également disparu. Une dizaine d’ordinateurs avec des dossiers de maintenance et de planning n’ont pas été retrouvés non plus.

Où tout cela a-t-il disparu? Dieter Klingmann, administrateur-délégué de Meister, a sa petite idée. Il pense que les pièces manquantes ont été jetées dans l’étang juste derrière l’entreprise: « Je vois dans notre étang des transpalettes. Pour moi, les pièces et les transpalettes sont dans notre étang. Il y a une caméra qui surveille l’espace extérieur. J’ai regardé si on avait l’enregistrement de cette caméra et j’ai réalisé qu’on avait enlevé l’enregistreur. Je vais porter plainte ».

Côté syndical, on dément avoir balancé ces marchandises dans l’étang. « C’était quand même beaucoup de palettes donc je ne sais pas qui aurait été jeter ça dans l’eau aussi vite que les huissiers sont arrivés » souligne René Petit, pour la CSC. « Je n’ai encore rien entendu » précise de son côté Patrick Moens, pour la FGTB. « Mais je ne l’ai pas vu non, à moins qu’ils ne parleraient des carpes … »

S’agit-il donc de carpes ou de d’engin de transport de palettes? Seule certitude, réunis ce lundi matin en assemblée du personnel, la soixantaine d’ouvriers de Meister a voté contre la reprise du travail. La grève entamée lundi dernier va donc se poursuivre. « Concrètement, il n’y a plus de piquets de grève devant l’entreprise puisqu’il y a une ordonnance qui dit qu’on ne peut pas s’opposer à la circulation des pièces et des personnes », a précisé René Petit, secrétaire permanent CSC Metea. « Mais le barrage qui bloque l’entrée est toujours en place. Si la direction veut passer, elle doit le démonter. »

Leur presse – RTBF.be (F. Braibant avec Belga), 25/03/2013

[Afrique du Sud] Grèves et manifs sauvages dans les mines de charbon

Sept mineurs à l’hôpital et 9 arrestations suite à des affrontement avec la police

  • 7 mineurs hospitalisés et 9 arrestations lors d’affrontement avec la police
  • Les perturbations sauvages se propagent dans l’industrie du charbon
  • Exxaro menace de tirer sur les mineurs en grève

JOHANNESBURG, 20 Mars (Reuters) – La police a tiré des balles en caoutchouc sur les travailleurs en grève de la mine Shanduka Coal à Graspan en Afrique du Sud après que les manifestants aient tenté de charger les cordons policiers avec des engins de terrassement, ont déclaré la police et la compagnie minière mercredi.

Sept travailleurs ont été admis à l’hôpital et neuf ont été arrêtés après l’incident de mardi. Les machines restaient suspendues mercredi à Graspan à la suite de la manifestation sauvage d’environ 250 employés.

Le débrayage de Shanduka ajoute à l’agitation ouvrière de plus en plus forte dans l’industrie du charbon en Afrique du Sud, qui a éclaté à nouveau il y a deux semaines après les grèves minières violentes de l’année dernière qui comprenait le meurtre par la police de 34 mineurs en grève.

Les problèmes pourraient sérieusement toucher le secteur et affecter l’approvisionnement en électricité.

La mine de charbon de Shanduka, en partie détenue par le géant mondial Glencore, a déclaré que la grève était illégale et en violation des contrats de travail des employés.

« La police a dispersé les grévistes, qui occupaient le site illégalement, se sont emparés de l’équipement minier et ont refusé de le quitter pacifiquement », a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Selon la police, les travailleurs ont refusé de se disperser après la remise d’un avis à la gestion de leurs demandes détaillant. Certains d’entre eux ont chargé les rangs de la police avec de lourdes engins de terrassement, a déclaré le brigadier Selvy Mohlala, porte-parole de la police de la province de Mpumalanga.

« C’est à ce moment que la police a utilisé des balles en caoutchouc pour disperser la foule», a-t-il dit.

Le porte-parole du Syndicat national des mineurs, Lesiba Seshoka, a dit qu’il n’était pas sûr si les travailleurs blessés étaient des membres du NUM ou non.

« Mais nous sommes très préoccupés par les agissements de la police. Nous avons envoyé une équipe d’investigation pour enquêter sur les allégations selon lesquelles des balles auraient été utilisées, » a-t-il dit à Reuters.

Le conflit de travail dans l’industrie du charbon a commencé à la mine appartenant à des sociétés minières diversifiées Exxaro il y a deux semaines, avec des opérations dans cinq de ses mines de charbon et une dans l’usine de char, qui a suspendu ses livraisons à l’industrie des ferro-alliages.

Exxaro a déclaré mercredi qu’il pourrait licencier les 3.200 mineurs qui participent à la grève illégale si elles refusaient de retourner au travail la semaine prochaine.

« A ce stade, l’entreprise pèse ses options à l’avenir, mais l’engagement se poursuit avec le Syndicat national des mineurs pour essayer de remettre les gens au travail et à trouver une solution », a-t-il indiqué dans une réponse écrite à nos questions.

La grève sauvage chez Exxaro a également tourné à la violence cette semaine, la police a tiré des balles en caoutchouc grévistes dans une mine.

Un arrêt prolongé dans les mines de charbon pourrait mettre la pression sur la société d’électricité d’Etat Eskom, qui utilise le charbon pour produire 85% de l’électricité alimentant la plus grande part de l’économie africaine.

Eskom a déjà du mal à se maintenir au pouvoir s’écouler vers les usines, les mines et les fonderies qui ont dû fermer pendant plusieurs jours il y a cinq ans lorsque le réseau national s’est quasiment effondré, coûtant des milliards de dollars en pertes de production.

Traduit de l’anglais de leur presse – Reuters, 20/03/2013 à 12h17 (Original ci-dessous)

UPDATE 1-Striking S.Africa coal miners injured in clash with police

* Seven in hospital, nine arrested after clash with police

* Illegal labour unrest spreads across coal industry

* Exxaro threatens to fire striking miners

JOHANNESBURG, March 20 (Reuters) – Police fired rubber bullets at striking workers at Shanduka Coal’s Graspan colliery in South Africa after the demonstrators tried to charge their lines with earth-moving equipment, police and the company said on Wednesday.

Seven workers were admitted to hospital and nine were arrested after the incident on Tuesday. Operations at Graspan remained suspended on Wednesday following the wildcat protest by about 250 employees.

The Shanduka walkout adds to growing labour unrest in South Africa’s coal industry, which flared again two weeks ago after violent mining strikes last year which included the killing by police of 34 striking platinum miners.

The problems could seriously hit the sector and affect electricity supplies.

Shanduka Coal, partly owned by global commodity trader Glencore, said the walkout was unlawful and a breach of employees’ contracts.

« The police dispersed the striking employees, who were on mine premises illegally, had seized mine equipment, and were refusing to leave peacefully, » it said in a statement.

Police said workers refused to disperse after handing over a notice to management detailing their demands. Some of them charged the police lines with heavy earth-moving equipment, said

Mpumalanga province police spokesman Brigadier Selvy Mohlala.

« That is when the police used rubber bullets to disperse the crowd, » he said.

National Union of Mineworkers spokesman Lesiba Seshoka said he was not sure if the injured workers were NUM members or not.

« But we are very concerned about the actions of the police. We have sent an investigating team to investigate allegations that live ammunition was used, » he told Reuters.

The labour strife in the coal industry started at collieries owned by diversified mining company Exxaro two weeks ago, with operations at five of its collieries and a char plant, which supplies the ferroalloys industry, suspended.

Exxaro said on Wednesday it could dismiss the 3,200 coal miners who are participating in the illegal strike if they refused to return to work by next week.

« At this stage the company is weighing its options going forward, but engagement continues with the National Union of Mineworkers to try get people back to work and to find a solution, » it said in a written response to questions.

Exxaro’s strike also turned violent this week, with police firing rubber bullets at strikers at one mine.

A prolonged shutdown at coal mines could put pressure on state electricity utility Eskom, which uses coal to generate 85 percent of the electricity powering Africa’s biggest economy.

Eskom is already struggling to keep power flowing to factories, mines and smelters that had to shut for days five years ago when the national grid nearly collapsed, costing billions of dollars in lost output.

Afrique du sud : Exxaro veut sévir contre les grévistes pour sécuriser ses mines

La société Exxaro, qui se dit « excédée » par une  « grève illégale » à laquelle près de 3200 employés se sont ralliés, a lancé mercredi une menace de licenciement pour tout gréviste qui ne reprendrait pas les activités dans la semaine du 25 mars, a rapporté jeudi Miningweekly.

Six sites de la société sont actuellement touchés par cette grève [voir ci-dessus] qui a commencé deux semaines auparavant pour progressivement s’étendre.

Pour l’heure, Exxaro soupèse les mesures à prendre mais reste certaine sur « l’option de licencier les travailleurs grévistes qui ne retourneront pas au travail dans la semaine du 25 mars », a déclaré Sipho Nkosi, CEO d’Exxaro.

Les discussions engagées pour ramener le calme et maintenir la continuité de la production se poursuivent avec l’Union nationale des travailleurs des mines (NUM) aux fins de trouver, à temps, une solution acceptable par les deux parties.

Leur presse patronale – AgenceEcofin.com, 22/03/2013

[Belgique] Manif des ouvriers d’Arcelor: les syndicats travaillent – Namur, 2 mars 2013

ArcelorMittal: la manifestation à Namur dégénère

La police a dû intervenir plusieurs fois avec les auto-pompes pour écarter certains manifestants.

manifestation arcelor

Une arrestation administrative a eu lieu et trois personnes ont été blessées lors de la manifestation des travailleurs d’ArcelorMittal mercredi à Namur, selon la police. Vers 15h15, l’important dispositif policier était levé et les manifestants avaient regagné leurs autocars pour rejoindre Liège, d’où ils étaient venus.

« Une personne a été arrêtée administrativement, le temps d’être identifiée, puis a été relâchée », a indiqué Pierre Jacobs, commissaire à la zone de police de Namur.

Trois personnes ont été admises à l’hôpital pour y recevoir des soins. L’une d’elles a été blessée à l’oeil par le jet d’une auto-pompe. Toutes les forces de l’ordre qui étaient prévues n’ont pas dû être déployées, selon le commissaire. Il y avait environ 150 policiers et des auto-pompes disposées de part et d’autre du Grognon, rue Notre-Dame, avenue Baron Louis Huart et rue Bord de l’Eau.

La police a dû intervenir plusieurs fois avec les auto-pompes pour écarter certains manifestants. Ces derniers ont notamment lancé des bouteilles en verre dans les vitres du Parlement wallon et ont tenté de franchir les chevaux de frise. Pierre Jacobs a souligné la bonne attitude des délégués syndicaux qui ont tenté de canaliser et de raisonner les manifestants les plus récalcitrants.

L’ensemble des partis s’est redit solidaire avec les travailleurs. Ces derniers espèrent que les travaux de la task-force seront terminés d’ici quinze jours/trois semaines et que des solutions seront apportées pour sauver la sidérurgie. « Si les décisions prises nous sont défavorables, nous reviendrons », ont-ils promis.

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Leur presse de l’ordre – LaLibre.be (Belga), 20/03/2013

Un diaporama visible ici

Selon les dernières infos, Rudy, un travailleur qui manifestait, a perdu un œil, touché en plein visage par un violent jet d’eau.

Source: Indymedia Bruxelles, 21 mars 2013