[Guerre au Mali] Que crève le néo-colonialisme

QUE CREVE LE NEO-COLONIALISME

PAS DE GUERRE ENTRE LES PEUPLES, PAS DE PAIX ENTRE LES CLASSES

Ne se souciant jusque-là des Maliens que pour les enfermer en camp de rétention et les expulser, l’Etat français déploie maintenant violente propagande de guerre et troupes pour sauvegarder son influence néo-coloniale et ses intérêts impérialistes au Mali.  Ne pouvant tolérer la perte de contrôle des mines d’uranium et des gisements d’or au Nord-Mali par différentes factions rebelles armées pour la plupart par ses propres services, la France, comme tous les Etats impérialistes, se veut sauveur d’une situation qu’elle a elle-même suscitée.  

Comme à chaque fois dans la gestion de son influence néo-coloniale en Afrique, le capitalisme français a forcé le recours à l’intervention militaire, utilise la médiatisation de la campagne comme vitrine publicitaire de son énorme marché de commerce d’armes, créé le conflit intérieur sur le territoire en étant derrière chaque force qui s’affronte, recycle son éternelle quête civilisatrice, agite un pantin islamo-terroriste qu’il a lui-même entretenu, relance l’islamophobie et le racisme populaire, justifie les coupes sociales et la hausse des impôts pour l’effort de guerre, redore le blason dégueulasse de la démocratie occidentale, maintient les peuples africains dans la terreur néo-coloniale en les forçant à dire merci, envoie se faire tuer de jeunes gens pour beaucoup sans diplômes qui fuient le chômage.

Nous déclarons la guerre à la guerre impérialiste, au néo-colonialisme intérieur et extérieur, donc nous déclarons la guerre au capitalisme prédateur.

Communistes Libertaires Autonomes/ groupe région parisienne

Le texte au format PDF

Reçu par mail, 25 janvier 2013

[Chili] Protestations étudiantes à Santiago (21/12/2012) et résistance mapuche

Ce vendredi 21 décembre, les étudiant.e. chilien.ne.s sont descendu.e.s dans la rue: la manifestation a été déclarée illégale par les autorités chiliennes dès le début de la journée. La situation a viré à l’émeute vers midi, durant laquelle des encapuchados se sont affrontés avec les policiers anti-émeute à coups de cocktails molotov et de barricades dans les rues (notamment dans le secteur de la rue Alameda), ce qui a paralysé le trafic.

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Les affrontements ont duré pendant plus de trois heures.

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« La vraie « fin du monde » est de voir le Chili sans éducation »

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8293982551_41974aeb20_z-287x190Par ailleurs, des affrontements se sont déroulés entre la police et des lycéen.nes, qui s’étaient rassemblé.e.s à la Plaza Los Heroes de Santiago: deux manifestant.e.s ont été arrêté.e.s selon terra.cl, alors que biobiochile.cl a annoncé qu’à la fin de la journée, au moins 25 manifestant.e.s ont été interpellé.e.s.

Résumé rédigé à partir de la presse chilienne, 21/12/2012

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Des affrontements se sont déroulés ce samedi matin /22/12/2012) entre les flics et des encapuchados mapuches dans la région de l’Araucanie, sur la route entre Carahue et Imperial. Un flic aurait été blessé suite aux émeutes.

Selon RBB, les manifestants ont érigé des barricades sur les routes du secteur. Un peu plus tard, lorsque la police est intervenue pour rétablir la circulation, la volaille s’est fait canardée de cocktails molotov et visée par des tirs de fusil.

Des tracts se référant aux revendications mapuche ont été retrouvés sur la zone d’affrontements.

Résumé rédigé par nos soins à partir d’un article en espagnol de leur presse – Biobiochile.cl, 22/12/2012

[Paris] Manif’, révoltes et évasions au centre de rétention de Vincennes – Novembre / Décembre 2012

Manif’, révoltes et évasions au centre de rétention de Vincennes

Depuis plusieurs semaines, les actes de résistance individuels et collectifs dans le centre de rétention de Vincennes, comme à l’extérieur, se sont multipliés. Petite chronologie non-exhaustive de ce qui s’est passé ces dernières semaines.

Le 15 novembre, à la veille d’une manifestation organisée vers le centre de rétention de Vincennes, une révolte éclate dans le bâtiment 2. Un retenu a tenté de se suicider suite à des maltraitances policières, ce qui anime la colère des autres. Ils cassent alors des néons, des caméras, des portes, et des feux sont allumés.

Le 16 novembre, une manifestation nocturne a lieu aux alentours du centre de rétention de Vincennes. Le cortège, d’environ 80 personnes, ne peut pas s’approcher aussi près du centre qu’il le souhaite, car les keufs sont deux fois plus nombreux et bien équipés. Bloqués devant l’hippodrome, les manifestants ont quand même pu être entendus des retenus du centre 1 à force de pétards, feux d’artifices et cris de liberté.

«On entendait la manif’ mais vite fait, on est loin, on est loin t’as vu, mais on l’entend quand même.»

À l’intérieur les retenus réagissent. Ils mettent le feu à des poubelles, et tentent de sauter les grilles. Sans succès. Les crs débarquent alors en force dans le centre :

«[…] ils étaient 60 ou 70 personnes quand même, tu peux rien faire.»

Heureusement, il n’y a eu aucune interpellation à l’intérieur comme à l’extérieur.

Le 21 novembre, on découvre que les grilles du centre ne sont pas si épaisses que ça.

La nuit précédente, sept retenus du bâtiment 3 se sont en effet échappés en passant par une porte à l’arrière du centre. Ils ont traversé l’autoroute pour ensuite prendre le RER.

Un retenu revient sur les évasions :

«C’était trop facile de s’évader ! Ils ont ouvert une porte, ils ont couru, moi j’ai vu la porte ouverte mais j’ai pas voulu courir parce que moi ils connaissent toute ma vie […]En fait l’alarme elle fait semblant, ici ils sont en mort d’effectifs en fait, le soir ils sont même pas dix, ils sont même pas dix dans tout le centre!

Ça veut dire là quand y’a eu l’alarme, les mecs ils mettent au moins 3-4 minutes pour réagir, même plus ! Ça veut dire 3-4 minutes t’es déjà dans le RER, tu cours vite là et t’es dans le RER.»

À ce jour, aucun n’a été rattrapé, on leur souhaite bonne chance pour la suite !

La semaine du 10 décembre, plusieurs retenus tentent de se suicider. L’un d’entre eux avale des lames de rasoir, les flics mettent du temps à réagir.

«Ils l’ont laissé en chien pendant une heure, ils attendaient. Ils ont appelé le samu, après une heure y’a qui qui vient ? L’infirmière, elle sait à peine faire des piqûres, elle va pas soigner quelqu’un qui a des lames dans son estomac !»

Suite à cela, les retenus commencent à se plaindre, à boucher toute les caméras, à mettre le feu à du mobilier.

«[les flics] ils sont montés, ils ont calmé le jeu. Et le lendemain vers 4h du matin ils ont mis l’alarme, comme quoi y’avait des gens qui fumaient dans les chambre mais c’était comme ça, pour nous faire chier !»

Dimanche 16 décembre au soir, au centre de rétention de Palaiseau (91), 4 sans-papiers se sont évadés. Après avoir pris son badge magnétique a un flic pour ouvrir les portes, ils ont escaladé les grillages et disparu. Malheureusement un autre retenu accusé d’avoir aidé à l’évasion a été mis en garde-à-vue.

Voir/Télécharger le tract (en format PDF)

Source: Sans Papiers Ni Frontières, 19 décembre 2012

Voir la brochure La Croix-Rouge collabore aux expulsions

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[Algérie] Sabotage incendiaire contre Algérie Télécom lors de la venue de François Hollande – Alger, 19 décembre 2012

LE FEU S’EST DÉCLARÉ, HIER, DANS LE SOUS-SOL DE LA GRANDE-POSTE

Simple incendie ou acte de sabotage?

Des Algérois qui guettaient tranquillement l’arrivée de François Hollande, ont été surpris, hier, à la vue de l’épaisse fumée qui venait de la Grande-Poste.

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De la place Emir Abdelkader on aperçoit aisément l’épaisse fumée provenant de la Grande-Poste. Des centaines d’Algérois venus pour saluer le président français François Hollande, étaient surpris à la vue des colonnes de fumée qui s’échappaient des bouches d’aération faisant face au Central téléphonique. La présence sur les lieux de véhicules appartenant à la Protection civile et surtout d’agents de la police scientifique indique qu’il pourrait bien s’agir d’un acte de sabotage.

La plupart des gens que nous avons croisés penchent, en tout cas, pour cette hypothèse et s’interrogent pourquoi précisément le Central téléphonique et pourquoi le jour de la venue en Algérie de François Hollande?

«Ce n’est pas normal du tout. Le jour de l’arrivée du président français, un incendie se déclare aussitôt à la Grande-Poste», nous dit un jeune citoyen, guettant depuis les premières heures de la matinée l’arrivée de l’hôte de l’Algérie. Ayant du mal à comprendre comment de tels incidents puissent se produire à quelques heures du passage du cortège officiel, un autre ne va pas par quatre chemins, en concluant à un acte de sabotage pour éviter, clame- t-il, un réchauffement des relations entre l’Algérie et la France.

Plus mesuré, un vieil homme qui tentait de s’informer auprès d’un postier, pense qu’il s’agit, lui, d’un incendie involontaire, d’autant que ce n’est pas la première fois qu’un foyer se déclare dans le centre et ravage les câbles souterrains.

En effet, en 2007, un incendie s’était déclaré, tôt le matin dans le même central téléphonique. Selon la Protection civile, c’est un court-circuit qui a provoqué l’incendie à 4 heures 30 minutes. Selon des témoins, le feu s’est déclaré, hier, aux alentours de onze heures et n’a pu être maîtrisé totalement que trois heures après. La fumée qui s’échappait des quatre bouches d’aération disposées le long du boulevard Mohamed Khemisti était tellement dense qu’elle avait rendu très difficile la mission des sapeurs-pompiers dépêchés sur les lieux pour éteindre le feu. Selon le sous-directeur de l’information des statistiques de la Protection civile, le commandant Farouk Achour «le feu a pris au niveau des câbles souterrains», soulignant que l’incendie n’a fait aucune victime, ni parmi le personnel du Central téléphonique, ni parmi la foule très nombreuse qui se trouvait à la Grande-Poste. De plus, il a précisé que l’origine du sinistre restait pour le moment inconnue.

La présence d’éléments de la police scientifique laisse à penser qu’un acte criminel n’est pas à écarter et qu’une enquête a été ouverte pour déterminer les causes de l’incendie. Dans un communiqué rendu public, hier, le groupe Algérie Télécom informe qu’ «un incendie s’est déclaré au niveau de la galerie souterraine de la Grande-Poste d’Alger engendrant d’importantes perturbations du réseau téléphonique et d’Internet». Le groupe qui ne précise pas l’origine de l’incendie, ajoute que «des équipes techniques d’Algérie Télécom ont été vite dépêchées sur les lieux en vue de juguler le sinistre et de procéder au rétablissement de toutes les lignes dont certaines le sont déjà». A noter que le directeur général de la Protection civile s’est rendu en personne sur les lieux pour superviser la situation et apporter un soutien moral à ses éléments, dont certains furent blessés.

Enfin, même si cet incident a perturbé quelque peu la cérémonie précédant l’arrivée du président François Hollande, elle ne la pas empêché, cependant, de fouler le sol algérien et de prendre un bain de foule en compagnie de la forte délégation qui l’accompagne dans un voyage qualifié, déjà, de très réussi.

Leur presse – L’Expressiondz.com (Kaci AGGAD), 20/12/2012

Soutien inconditionnel à Saïdou (ZEP) et Saïd Bouamama, poursuivis en justice pour la publication de Nique La France: devoir d’insolence

Du droit de niquer la france

Le devoir d’Insolence devant les tribunaux

C’est officiel : pour avoir publié ensemble un livre-disque intitulé Nique la France, Saïdou de la ZEP et Saïd Bouamama sont mis en examen pour… racisme antifrançais ! En guise de premier geste de soutien, dans une lutte qui va être longue et difficile, nous republions un premier hommage rendu, dès sa sortie il y a quelques années, à l’un des objets du litige : la chanson de la ZEP – assorti de quelques réflexions sur la question plus large du droit, pour un non-blanc, de niquer la France… et de le dire !

Il y a quelques années, dans un passionnant entretien accordé à la revue Mouvements, Saïdou abordait déjà la question :

« Quand tu prends clairement position contre le privilège racial blanc en France, tout le monde, y compris les gens qui subissent ces discriminations eux-mêmes, vient te voir pour te dire “attention, tu bascules dans la victimisation, le racisme anti-blanc…”. Quand tu prends position là-dessus en tant qu’artiste, ce n’est pas reçu comme tel : on va te définir comme un arabe issu de l’immigration, pas comme un intellectuel ou un artiste. Alors que si Blanchard [1] dit la même chose, tout le monde va dire “Oui, effectivement, c’est indéniable…”. Ou du moins, on ne va pas bondir de la même manière que si c’est moi qui le dis. Il y a un traitement raciste de l’analyse que fait un individu. Le blanc qui siffle la Marseillaise, on va le tolérer plus facilement que l’arabe qui la siffle… L’Arabe sera un “raciste anti-français”, le blanc sera juste un “gauchiste”. L’Arabe n’a pas le droit d’être un gauchiste !

Quand il y a eu les sifflets du Stade de France, on s’est amusé à faire le test : on a joué la Marseillaise en concert, et évidemment presque tout le monde a sifflé, et pas seulement les Arabes ! On a même demandé aux Noirs et aux Arabes de ne pas siffler, pour voir, et évidemment les blancs ont sifflé eux aussi ! Il faut arrêter de se foutre de nous ! Comme si, en France, il n’y avait que les Arabes pour siffler la Marseillaise ! Comme si, chez les franco-français, il n’y avait pas d’anti-patriotisme… Comme si tous les blancs adoraient la Marseillaise, comme si les noirs et les Arabes étaient seuls à la siffler… »

Un an plus tard, il joint le geste à la parole, en enrôlant dans son entreprise de sédition des séniors tout ce qu’il y a de plus blancs. Comment comprendre la chose ? L’arabe est-il devenu gauchiste, ou bien les gauchistes se sont-ils arabisés ? Peu importe, en vérité. Ce qui est certain, qu’on le déplore ou qu’on s’en réjouisse, c’est que – comme le chantait il y a bien longtemps un certain Bob Dylan – les temps changent !

Note:
[1] Allusion à Pascal Blanchard, chercheur travaillant sur l’histoire coloniale et la transmission de l’imaginaire colonial, auteur notamment du recueil collectif La fracture coloniale, paru aux Éditions La Découverte en 2005.

Source: Collectif Les Mots Sont Importants, 18 octobre 2012

Lire également De l’urgence d’en finir avec le « racisme anti-blanc »

“Nique la France”: un rappeur et un sociologue poursuivis par une association d’extrême droite

Mis en examen pour un ouvrage et une chanson intitulés Nique la France, Saïdou, rappeur, et Saïd Bouamama, sociologue, se réclament d’une longue tradition pamphlétaire. Ils sont soutenus par une pétition.

NTM, Sniper, La Rumeur, Youssoupha… Les artistes hip-hop passent devant la justice depuis que le monde est rap.

Dernières cibles : le chanteur Saïdou du groupe ZEP (Zone d’expression populaire) et le sociologue Saïd Bouamama se voient mis en examen pour“injure publique” et “provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence” sur une plainte de l’Agrif (Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne), association située à la droite du FN. L’Agrif s’intéresse de près au “racisme anti-Blanc”,récemment piqué dans l’argumentaire d’extrême droite par Jean-François Copé.

En cause, un ouvrage et une chanson du même nom, Nique la France,sortis conjointement en 2010 dans une démarche intellectuelle et artistique commune : “On vise deux publics différents, l’idée était de les faire converger. On voulait sortir un outil nouveau, mêlant recherche et art”, expliquent le rappeur et le sociologue.

Pour eux, ce titre provocateur n’est pas une fin en soi. Leur collaboration reflète cette intention. Pour Saïdou le musicien, “c’était à l’époque une réponse à ‘la France, tu l’aimes ou tu la quittes’ et au ministère de l’Identité nationale créé par Nicolas Sarkozy.

Nique la France incarne une expression populaire, spontanée et politique. Qu’on le veuille ou non, elle existe et on l’entend tous les jours dans les quartiers, alors pourquoi ne pas en faire une chanson ?” Saïd Bouamama complète : “Nous voulions comprendre ce que les jeunes veulent dire à travers cette expression. Et ce qu’ils expriment, c’est le sentiment d’être méprisés et insultés. Derrière, (…) il y a une demande d’égalité.”

S’inscrivant dans une longue tradition pamphlétaire d’artistes engagés contre l’État français – la “nation de porcs et de chiens” d’André Breton,“le temps que j’baise ma Marseillaise” de Léo Ferré, le “votre République, moi j’la tringle” de Renaud -, Saïdou et Saïd Bouamama ont choisi d’assumer un Devoir d’insolence, nom de leur comité de soutien. Car l’inégalité dont il est ici question concerne aussi la liberté d’expression. Le sociologue l’interroge ainsi : “Pourquoi Jean-Pierre peut-il dire qu’il n’aime pas le drapeau et pas Mohamed ?” Du côté de l’Agrif, porter plainte contre des oeuvres touchant à l’identité française et chrétienne est devenu un véritable fonds de commerce. Généralement déboutée par les tribunaux, l’Alliance s’est déjà attaquée au cinéma, avec une plainte contre Amen de Costa-Gavras, aux Guignols de l’info, à la presse, en visant à cinq reprisesCharlie Hebdo, ou encore à des oeuvres littéraires, des associations ou des hommes politiques.

Le comité de soutien Devoir d’insolence lance une pétition qu’il est possible de consulter et de signer sur le site des Inrockuptibles. En attendant de connaître la date du procès des deux Saïd, des collectifs se constituent un peu partout en France, afin d’éviter que ne s’installe “une liberté d’expression à deux vitesses”.

Leur presse – Les Inrocks.com (Basile Lemaire), 28/11/2012 à 06h21

 Ci-dessous la pétition de soutien, pour le devoir d’insolence:

Devoir d'insolence

Le rappeur Saïdou du groupe Z.E.P (Zone d’expression populaire) et le sociologue et militant Saïd Bouamama ont été mis en examen pour « injure publique » et « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » sur une plainte de l’Agrif, un groupe d’extrême droite nostalgique de l’Algérie française. En cause, un ouvrage et une chanson du même nom, Nique la France, qui assènent en refrain :

« Nique la France et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes / Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes. »

Comme des millions de gens à travers le globe ces dernières années, les deux auteurs ont attaqué le colonialisme et le système capitaliste et impérialiste. Comme beaucoup d’entre nous, ils dénoncent une idéologie toujours très en vogue : le racisme, sous ses formes les plus courantes mais aussi les plus décomplexées. Comme de nombreux habitants des quartiers populaires, ils ont crié leur colère contre les inégalités, les discriminations et la justice à double vitesse.

S’inscrivant dans une longue tradition pamphlétaire des artistes engagés en France contre l’État français, du « nation de porcs et de chiens » d’André Breton au « le temps que j’baise ma Marseillaise » de Léo Ferré en passant par le « je conchie l’armée française »d’Aragon ou le « votre République, moi j’la tringle » de Renaud, Saïdou et Saïd Bouamama ont choisi d’assumer leur « devoir d’insolence » afin d’interpeller et de faire entendre des opinions qui ont peu droit de cité au sein des grands canaux de diffusion médiatique.

Mais voilà, cela dépasse, choque et insupporte qu’une telle parole puisse être portée, d’autant plus quand elle l’est par ceux qui subissent en premier lieu les politiques racistes et antisociales. Lorsque des Noirs ou des Arabes font le choix de sortir de l’invisibilité et du mutisme afin de décrire la réalité telle qu’elle est – violente, inégale et destructrice – la droite extrême, l’extrême droite ou encore l’État s’emploient à tenter de convaincre l’opinion publique de l’illégitimité de ces discours.

NTM, Sniper, Ministère Amër, Mr. R, La Rumeur, Youssoupha ou Houria Bouteldja sont autant de rappeurs et militants attaqués ces dernières années pour des paroles jugées trop irrévérencieuses. Pourtant, tous n’ont fait que porter publiquement l’expression populaire du rejet des discriminations et de la stigmatisation des quartiers populaires, des Noirs, arabes et musulmans.

En signant cette pétition, nous exigeons que les poursuites contre Saïdou et Saïd Bouamama soient abandonnées. D’accord ou pas d’accord avec les propos et les formulations incriminés, nous défendons leur droit de les tenir. L’extrême droite veut interdire le droit de chanter la révolte, imposons le droit de l’exprimer sans entraves.

Comité de soutien Devoir d’insolence

Ils ont déjà signé :
La Rumeur, YoussouphaCasey, Zebda, Scred Connexion, Rachid Taha, Mathieu Kassovitz, Amazigh Kateb,  Les Ogres de Barback, La Rue Kétanou,  Guizmo (Tryo), Imhotep (IAM), Les Ramoneurs de Menhirs, HK et les Saltimbanks, La Compagnie Jolie Môme, Dub Inc,  Elli Medeiros, Archie Shepp, Slimane Dazi, Axiom, Oai Star, Maitre Madj, Première Ligne (Skalpel, E.One et Akye), Siné,  Raphaël Confiant, Judith Butler, Rokhaya Diallo, Pascal Blanchard, Eric Fassin, Laurent Levy, Pierre Tevanian, Christine Delphy, Elie Domota, Olivier Besancenot, Houria Bouteldja,  Eva Joly, Noel Mamère, Sergio Cornado, Hervé Poly,  Xavier Mathieu, Clémentine Autain, Malsa Garcin.

Pour nous rejoindre et agir : devoirdinsolence@gmail.com

Page Facebook: https://www.facebook.com/devoirdinsolence

Site internet: www.zep-site.com

Signer la pétition en ligne

 Il est clair qu’il nous ait impensables de collaborer avec ce genre d’organisations pourris (LICRA, SOS Racisme), qui inversent les rapports dominants/dominés: ne nous associons pas avec ces porcs

Le livre de Saïdou (ZEP) et Said Bouamama, Nique la France: Devoir d’Insolence en téléchargement libre (cliquer sur la couverture du livre):

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[Contre-culture] Expo sur « les années de plombs » à Toulouse: « La mémoire est une arme pour se défendre, pour savoir comment et pourquoi lutter contre les diktats étatiques et la toute-puissance des maîtres »

L’expo qui met en scène les années de plomb

CULTURE. Brigades Rouges, Fraction Armée Rouge, Action Directe, Black Panthers. Ces noms désignent les groupes qui dans les années 70 firent le choix de l’affrontement armé avec les représentants de l’Etat.

Sur fond de guerre du Vietnam et d’affrontements Est-Ouest, ces « années de plomb » s’achèveront à la fin des années 80 avec la chute du mur de Berlin.

Marie-Claire Cordat, plasticienne, revisite cette époque dans une expo-performance. Sa mise en scène d’archives inédites et de dessins à la mine de plomb prend le parti de ces «mecs et de ces nanas qui choisirent la lutte armée au nom de la liberté des peuples».

LibéToulouse : La pensée peut-elle se dessiner ?

Marie Claire Cordat : L’exposition présente une série de dessins à la mine de plomb grand format réalisés à partir de photos de presse. Ce sont des images qui ont marqué notre mémoire, comme le corps de Moro dans le coffre de la Renault Rouge via Caetani, l’arrestation d’Ulrike Meinhoff, la prise d’otage d’un tribunal par un groupe de Black Panthers…  Ces images font partie de l’imaginaire collectif. Dans les archives, je suis allé rechercher les mots de l’engagement des militants de ces années de plomb pour les faire résonner aux traits de crayon. Je crois qu’un simple dessin peut susciter une émotion assez forte sur une personne pour la rendre capable d’aller à la recherche de cette mémoire interdite. Il est impossible de penser un élan culturel séparé d’une nouvelle étincelle révolutionnaire… l’acte de dessiner, d’écrire, de faire de la musique… ne peut faire l’impasse d’une critique politique radicale.

Qu’est-ce que vous inspire cette période des années de plomb ?

Marie Claire Cordat : Pendant ce que l’on a appelé les années de plomb, je passais mon temps dans les salles de concert underground aux quatre coins de l’Europe, souvent le poing dressé et, à la sortie nous causions de ces groupes qui osaient foutre un grand coup de pied dans la fourmilière capitaliste. Ils défiaient le système ! Ces groupes révolutionnaires me donnaient la force et la possibilité de lutter contre ce qui est révoltant et injuste. Je me souviens très bien des images à la télévision de ces enfants qui crevaient de faim et des coulisses de l’histoire révoltante de la France-Afrique… La crise des missiles nucléaire… Reagan président et la mère Thatcher… la fausse gauche de Mitterrand… la corruption… les guerres…Notre génération de punk no futur les admirait. Ces mecs et ces nanas passaient à l’acte au lieu de se plaindre. Ils ne se contentaient pas de la routine de la protestation, ils contestaient. Ces Freaks-brothers passaient à l’attaque et l’excitation était totale ! Nous sentions que ces personnes avaient la même culture que nous et ils étaient nos héros. Je les trouvais sexy et intelligents.

Selon vous, la mémoire serait une arme ?

Marie Claire Cordat : La mémoire est une arme pour se défendre, pour savoir comment et pourquoi lutter contre les diktats étatiques et la toute-puissance des maîtres. Les jeunes et les moins jeunes sont souvent déprimés, sans repères, victimes de la propagande médiatique ou du silence organisé sur des sujets à ne surtout pas aborder dans la bonne société et la gauche-pépère.

À propos du nazisme, on répète jusqu’à la nausée : «plus jamais ça». Mais l’histoire est implacable et finalement on accepte les mécanismes qui se répètent sans jamais oser lever le petit doigt avant qu’il ne soit trop tard. La dictature des trusts fait son beurre sur le dos des pauvres et avec la peau des pauvres. L’amnésie est diffusée et entretenue pour nous maintenir dans la soumission. Le prolétariat subit l’histoire. S’il récupérait sa propre mémoire des luttes collectives, il sortirait de l’isolement individuel et deviendrait l’acteur de l’histoire, de son histoire qui parle de la libération de tous et de toutes. Le contrôle des individus nous démontre que nous ne sommes pas dans une crise mais bien dans une guerre économique. Et pour le moment encore, ils ont le dessus.

Pourquoi cette tranche de l’Histoire est-elle si peu évoquées en France ?

Marie Claire Cordat : Dans le pays des droits de l’homme, la mémoire de ces années est interdite. Les ex d’Action Directe, Jann Marc Rouillan, Georges Cipriani ou Nathalie Ménigon n’ont pas le droit de raconter pourquoi ils ont lutté ; ils ont quitté leur cellule, mais leur mémoire reste prisonnière. Les juges leur imposent une auto-surveillance même après un quart de siècle de prison et des années d’isolement. Cela en dit long ! L’Ordre ne veut pas que cette histoire soit connue ni transmise.

Exposition « Retour sur les années de plomb »du 8 au 30 novembre à Mix Arts Myrys, 12 rue Ferdinand Lassalle.

Leur presse – LibéToulouse (Propos recueillis par J-M.E), 05/ 11/2012

[Mexique] Caravane de solidarité avec les communautés zapatistes suite aux attaques paramilitaires

Vidéo: Caravane de solidarité avec les communautés zapatistes suite aux attaques paramilitaires

Une centaine d’indigènes déplacés par les paramilitaires au Chiapas attaqués par des armes à feu, ils ont dû quitter les communautés « Comandante Abel » et « Union Hidalgo ».

Près d’une centaine d’indigènes, bases d’appui de l’EZLN, appartenant aux communautés « Comandante Abel » et « Union Hidalgo », commune autonome de « La Dignidad » au Chiapas se sont réfugiés dans d’autres villages dans des conditions qui ont été considérées comme « graves » par le « Frayba ».

Le 8 septembre dernier, 73 personnes de la communauté « Commandant Abel » on été déplacées sous la menaces d’armes à feu par un groupe considéré comme paramilitaire, lié à un autre que l’on connaissait sous le nom « Développement, Paix et Justice » et au PRI. Entre le 6 et le 19 septembre, le nombre des agresseurs est passé de 55 à 150, et ils ont installé un campement à 500 mètres de la communauté. D’autres familles ont dû abandonner « Union Hidalgo » à Sabadilla.

Une brigade d’observation, formée par des organismes civils et des collectifs de l’Autre Campagne a visité la zone pour rencontrer les déplacés et a constaté les faits et les a fait connaître. Notamment plusieurs impacts de balle sur les murs de l’école autonome et des boutiques coopératives et « elle a découvert aussi des tranchées cimentées creusées près de la rivière à 200 mètres du village ». Grâce aux témoignages des réfugiés eux-mêmes, on a pu identifier des armes R15. Pendant la nuit, les agresseurs depuis leurs tranchées menacent les villageois de leurs armes.

Deux jours avant de commencer leurs agressions , les paramilitaires se sont réunis à San Patricio avec les fonctionnaires Eduardo Montoya, Maximiliano Narvaez et Noé Castañon Leon, secrétaire du gouvernement, et avec des agents de la Sécurité Publique. Après sont arrivés d’autres individus en uniformes militaires et armés. « Il y a eu des coups de feu et nous nous sommes jetés à terre pour sauver nos vies ». Le 8 septembre, il y a eu tellement de coups de feu que les femmes sont parties sans savoir où aller. Il y a eu encore plus d’individus armés et en uniformes qui ont tiré ». Il ne reste qu’une trentaine de villageois dans la communauté. La moitié des 147 hectares est« occupée ». À l’entrée, il y a un contrôle de la Sécurité Publique de l’État depuis le 16 septembre, et il a plutôt l’air d’être là pour protéger les envahisseurs. Le 18 les policiers aussi ont tiré.

Quelques femmes se sont échappées vers la rivière. Les enfants « sont partis vers la forêt, sans savoir par où s’enfuir ; les coups de feu venaient de très près, claquant au dessus de nos têtes, touchant les murs de la maison », racontèrent les femmes. L’une d’elles expliqua : « J’étais en train de servir à la Boutique, soudain, les coups de feu ont éclaté, et les compagnes sont sorties en désordre. Trois jours sans boire ni manger ». Une autre raconte : Certaines se sont cachées sous les rochers et les arbres, deux avaient disparu, trois jours plus tard, elles ont réapparu à San Marcos ».

Les paramilitaires ont occupé la maison de santé communautaire autonome. « Les terrains sont surveillés, ils essaient de nous faire évacuer les bases d’appui. Beaucoup de nos parcelles sont envahies entre la rivière et la forêt. Le bétail et les pâturages se perdent, les paramilitaires coupent les clôtures, détruisent les récoltes, mais nous sèmerons de nouveau », annoncent-ils. Ils accusent le « mauvais gouvernement », car « c’est sa façon de nous faire la guerre et de nous user pour nous acculer. Nous n’abandonnerons pas la lutte et nous ne nous rendrons pas ».

La communauté de Union Hidalgo aussi « a été attaquée par les mêmes paramilitaires.

Dans la communauté autonome de San Marcos, les observateurs ont trouvé que les « déplacés » de Comandante Abel » étaient « dans des conditions très précaires ». Quatre des femmes sont enceintes et craignent de faire une fausse-couche. L’une des femmes qui avaient disparu après l’attaque raconte : « Les balles nous poursuivaient et quand nous sommes arrivées ici, nous en étions déjà malades. Nous ne sommes pas passées par le chemin, mais par le ravin. J’ai senti qu’il y avait un tigre derrière moi, je me suis perdue, j’avais l’impression que je n’étais plus de ce monde ». Maintenant elles sont prises en charge par le personnel de santé et les sages-femmes de San Marcos.

À Zaquitel Ojo de Agua se sont réfugiées douze autres membres de la communauté de Union Hidalgo où il ne reste que quelques jeunes pour s’occuper des poules, des porcs et des dindons, sans pouvoir sortir. Ces jeunes sont menacés par des membres du PRI qui se cachent pour leur tirer dessus. Voici leur témoignage : « Nuit et jour, grâce à un mégaphone, les paramilitaires nous annoncent qu’ils vont nous éliminer parce que nous sommes sur une autre ligne, hors de leur justice et de leurs lois ; s’ils ne parviennent pas à prendre la communauté de « Comandante Abel », ils vont nous massacrer ». Des membres de la « Junta de Buen Gobierno »(JBG : Conseil de Bon Gouvernement) ont fait à leur tour une déclaration : « Le gouvernement achète des gens. Ensuite, il les convainc de nous chasser de nos terres ».

Texte traduit par Michèle

Sous-titrage vidéo: Les trois passants et Caracol Solidario

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