[Villeneuve Saint-Georges, 94] Les porcs policiers travaillent – 20 avril 2013

Une Guyanaise porte plainte pour violences policières

Josette Emile, 58 ans, assure avoir été frappée à plusieurs reprises par un policier de Villeneuve Saint-Georges (94) qui lui reprochait un stationnement interdit. Selon la police, c’est son comportement à elle qui aurait été violent. Les deux parties ont porté plainte.

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Josette Emile n’en revient pas. Du haut de son petit mètre 55, cette grand-mère de 6 petits-enfants laisse transparaître sa stupeur à travers ses lunettes.

« Vous vous rendez compte? Jamais je n’ai eu de souci avec la police, et là à 58 ans, je suis passée à tabac et je passe 28 heures en garde à vue? » s’étonne-t-elle encore.

Depuis quelques jours, sa joue commence à perdre du volume, mais sa lèvre reste tuméfiée, freinant par moments son élocution.

Son histoire commence samedi 20 avril alors qu’elle conduit ses parents, arrivés de Guyane et âgés de 77 et 84 ans au marché de Villeneuve-Saint-Georges, à une dizaine de kilomètres de son domicile. Elle aperçoit une file de voitures stationnées, trouve une place, et se gare. Ses parents descendent, elle préfère les attendre dans la voiture.

Mauvais stationnement

Une voiture de police passe à sa hauteur et lui fait signe. Josette Emile baisse la vitre. C’est alors, raconte-t-elle, que sa mésaventure commence. « Un policier est descendu de sa voiture et, sans dire bonjour, se présenter ni m’expliquer pourquoi,  m’a demandé de déplacer mon véhicule », raconte-t-elle. Plus tard, elle apprendra que malgré la présence de nombreux véhicules, le stationnement à cet endroit est interdit.

Sur le coup, la conductrice demande à appeler ses parents, encore sur le marché, pour les prévenir qu’elle changeait de place. « Le policier s’est alors approché et m’a arraché le téléphone des mains. Lorsque j’ai protesté, il m’a mis 90 euros d’amende », poursuit-elle.

 « J’ai pris trois coups de poings dans la joue »

L’affaire aurait pu en rester là. Josette Emile, échaudée selon ses dires, prend la contravention et démarre sa voiture. « C’est alors qu’il s’est mis à hurler: « délit de fuite, délit de fuite! » Mais j’avais encore mon frein à main! ». Le policier passe alors la main dans le véhicule pour tenter de prendre les clés. Elle refuse d’obtempérer et garde la main sur le contact. Il lui  « tord violemment le poignet », elle le mord à la main.

Ensuite, tout s’enchaîne. Josette Emile affirme avoir été insultée, menottée, sortie de sa voiture, projetée à terre avant d’être emmenée dans la voiture de police. « J’étais seule avec lui à l’arrière, raconte-t-elle. A l’avant, une policière était tétanisée, un policier conduisait; Ils ne disaient rien ». Et pourtant, les faits dénoncés sont graves. « J’ai pris trois coups de poings dans la joue. Pour le dernier, le plus douloureux, le policier a recouvert ma tête avec mon manteau avant de me frapper. J’ai eu tellement mal j’ai cru qu’il m’avait brisé la mâchoire ».

Dix jours d’ITT

Conduite au commissariat de Villeneuve-Saint-Georges, Josette Emile passera 28 heures en garde à vue « dans une cellule couverte d’excréments » entrecoupé d’un passage à l’hôpital pour y recevoir des soins. Ses enfants, alertés, font venir un avocat, mais, une fois ce dernier reparti, les policiers l’ont de nouveau auditionnée. « Ils voulaient absolument que je dise que je n’avais pas reçu de coup de poing, juste un coup de coude », explique-t-elle, assurant avoir refusé  de revenir sur ses déclarations. A sa sortie, un médecin lui prescrit 10 jours d’ITT.

L’infirmière retraitée, également  sapeur-pompier volontaire, médaillée du courage et du dévouement pour son rôle dans une fusillade survenue à Awala-Yalimapo reste traumatisée par son expérience. « Je ne veux pas discréditer la profession de la police, j’ai moi-même beaucoup travaillé avec les gendarmes, mais là, je suis terrifiée rien qu’à l’idée de devoir un jour remettre les pieds dans un commissariat », assure-t-elle.  

 » Elle s’est rebellée de façon violente »

Contactés, le commissariat mis en cause, comme  la préfecture de police, se refusent à commenter l’affaire. Du coté des syndicats de police, on ne nie pas que l’altercation ait été violente, mais la version de Josette Emile est complètement remise en cause. « On ne peut pas parler de violences policières, répond un responsable d’Alliance. On a eu affaire à une personne qui a refusé d’obtempérer. Elle s’est rebellée de façon violente en mordant et en griffant le policier « . Selon le syndicaliste, le policier a reconnu avoir administré un coup de coude à  le quinquagénaire après avoir été mordu à la main. « Il a tenté de prendre la clé, car en redémarrant, elle était sur le point de renverser la collègue féminine qui se tenait devant la voiture », explique-t-il. D’après la déposition du policier, alors qu’elle se trouvait dans le véhicule de police, Josette Emile a  de nouveau mordu le policier et tenté de frapper le conducteur. « Notre collègue porte des traces de morsures et de griffures aux deux bras et aux oreilles. Il a eu 7 jours d’ITT et a porté plainte contre cette dame », nous explique-t-on.

Josette Emile est effectivement convoquée au tribunal pour le 24 septembre. Elle aussi a porté plainte auprès du procureur de la République et s’est signalée auprès de l’IGS (inspection générale des services). Une enquête est en cours.

Leur presse – la1ere.fr (Maïté Koda), 26/04/2013 à 15h05 via réseau Résistons Ensemble

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