[Algérie] Saccages d’agences d’assurances et bancaires, sabotages d’installations téléphoniques… Ouargla brûle – 10-12 avril 2013

Après 48 heures de violentes émeutes

Calme précaire à Ouargla

Un calme précaire régnait hier à Ouargla, après une très vive tension de deux jours qui a plongé la ville dans l’insécurité totale avec des scènes de saccage du siège de la daïra, du parc logistique communal, les agences CNAS, CAAR, CNEP, BADR, Mobilis, l’entreprise chinoise chargée du projet des stations de déminéralisation ainsi que les directions de l’éducation et de la formation professionnelle.

Les émeutiers ont également tenté une incursion au niveau du complexe régional des PTT de Mekhadma, que la police a réussi à préserver cette fois-ci. Mais les protestataires se sont rabattus sur les chambres de câbles téléphoniques et de fibre optique, provoquant ainsi l’isolement total de Ouargla et Hassi Messaoud depuis jeudi soir jusqu’à hier après-midi. Les agents communaux de nettoyage et ceux des différentes instances touchées ont procédé au déblayage des lieux pour faciliter l’inventaire des dégâts. Le bilan provisoire de ces affrontements est grave vu l’état des lieux, les recoupements d’informations permettent de retenir le recensement de 27 blessés parmi les forces de l’ordre, dont un policier ayant subi de graves traumatismes a dû être évacué vers un CHU.

Sur le plan matériel, une trentaine de véhicules communaux, six autres de la BADR et plusieurs voitures de particuliers ont été incendiés. Ouargla a, pour rappel, connu des violences suite à l’affichage d’une liste d’attribution de logements sociaux mercredi dernier. De violents affrontements ont opposé les manifestants et les services de sécurité. Dans la nuit de mercredi à jeudi, la protestation a fait tache d’huile s’étendant aux quatre coins de la ville, et ce, jusqu’à l’aube pour reprendre dans la matinée à partir du  même point de départ : le siège de la daïra de Ouargla. Les affrontements ont repris dans la soirée de jeudi, lorsque des jeunes encagoulés ont essayé d’incendier le siège de la sûreté de wilaya de Ouargla sur l’avenue de la Palestine. Toutes les issues de la ville ont été fermées et les habitants ont été ainsi pris en otages dans une escalade de violence sans fin.

A l’issue de deux jours d’émeute, les forces de l’ordre, dont des renforts ont été dépêchés des wilayas environnantes, sont intervenues. Du côté officiel, le gel de la liste de la discorde a été décidé, jeudi soir, par le wali de Ouargla, qui se chargera désormais personnellement de superviser les enquêtes sociales et les prochaines attributions. A souligner que la situation chaotique de la ville a motivé des squats des logements sociaux achevés à El Khafdi où plusieurs familles attributaires ou exclues ont décidé d’élire domicile dans ces maisons inoccupées. Une réunion regroupant le wali et le P/APW de Ouargla avec l’ensemble des élus de la wilaya, des imams, des notables et des jeunes représentant les différents quartiers de Ouargla était programmée dans la soirée d’hier au niveau de la salle de réunion de l’APW afin de débattre des solutions à trouver pour mettre fin à cette nouvelle crise.

Leur presse de l’ordre – ElWatan.com (Houria Alioua & Mohamed Ali Algmi), 13/04/2013 à 10h00

Algérie : des installations de Mobilis et d’Algérie Télécom détruits lors des émeutes d’Ouargla

(Agence Ecofin) – Dans la journée du 10 avril 2013, des émeutes ont éclaté dans la localité d’Ouargla. Le conflit a pris sa source dans le mécontentement des populations qui se sont senties lésées dans l’attribution de logements sociaux dont la liste des bénéficiaires a été affichée le 10 avril. Les manifestations avec affrontements entre jeunes cagoulés et forces de l’ordre qui ont suivi ont duré jusqu’au 12 avril, causant de nombreux dégâts.

L’agence locale de l’opérateur de téléphonie mobile Mobilis a été attaquée, saccagée puis incendiée par les émeutiers. L’opérateur signale aussi la coupure de deux câbles de fibre optique qui a contribué à isoler la wilaya d’Ouargla et une tentative d’attaque de la direction régionale de Mobilis à Ouargla.

Les populations en colère s’en sont aussi prit au siège d’Algérie Télécom, l’opérateur historique des télécommunications, s’attaquant au passage à plusieurs bâtiments de service public comme les directions de l’éducation et de la formation professionnelle.

Dans un communiqué, Saâd Damma, le président directeur général d’ATM Mobilis, a déclaré ne pas comprendre l’ « acharnement sur les infrastructures de Mobilis alors que c’est l’opérateur qui a consenti le plus d’efforts et d’investissements. Pour preuve, aujourd’hui, il dispose de la plus grande et de la meilleure couverture réseau même dans des zones qui ne sont pas forcément rentables ».

Dénonçant des manipulations comme à El-Oued où Mobilis a été accusée il y a quelques jours d’être à l’origine d’un problème technique sur le réseau, le patron de la société de télécommunications a avertit que « les manipulateurs prendront leurs responsabilités ».

Leur presse – Agence Ecofin, 15/04/2013 à 16h16

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