[Algérie] Emeute suite à une vague d’expulsion de squats à Oran : des centaines de familles à la rue – 7 janvier 2013

squatteurs du centre-ville

Affrontements et interpellations à Oran

Scènes de siège, hier matin, au centre-ville d’Oran avec des dizaines de fourgons de police, des brigades antiémeutes qui, dès l’aurore, ont bouclé plusieurs quartiers pour procéder à l’expulsion de squats.

Pas moins de 8 immeubles désaffectés, répartis dans la rue Cavaignac, à Saint-Pierre ou encore dans la rue Ghandi près du marché de la Bastille, ont été ainsi ciblés afin de procéder à l’expulsion et l’évacuation de squats qui perduraient depuis plusieurs semaines. Les précédents occupants de ces bâtisses avaient été relogés dans le cadre de l’opération de lutte contre l’habitat précaire et le vieux bâti, laissant derrière eux les lieux vides et les accès aux immeubles condamnés.

Cela n’a pas empêché des dizaines de familles et de célibataires d’investir ces vieux immeubles et s’y installer contre l’avis des autorités, faisant naître du même coup un véritable sentiment d’insécurité, sans compter l’insalubrité qui s’en dégageait, comme dénoncée par certains riverains.

À la rue Ghandi, les familles installées ont résisté et refusé de répondre aux injonctions des forces de l’ordre allant même jusqu’à faire barrage de leur corps, surtout les femmes, espérant faire reculer les policiers et les empêcher de pénétrer à l’intérieur.

Ces derniers essuyèrent des jets de pierres et de bouteilles à partir des fenêtres et des toits.

La présence d’enfants sur place a rendu l’opération difficile, notamment lorsqu’il a fallu les évacuer et les séparer des adultes au moment où l’ordre d’investir les lieux a été donné pour éviter qu’ils ne soient pris au milieu des bousculades et des jets de pierres.

Huit personnes, dont une femme, avons-nous appris, ont été interpellées et arrêtées sur place. Sur un autre front de cette opération, au quartier Saint-Pierre et à Cavaignac, des squatteurs ont menacé de mettre le feu aux lieux et de se suicider. Là aussi, ce sont des jets de pierres qui ont accueilli les brigades antiémeutes alors que des véhicules de particuliers ont été endommagés, a-t-on appris auprès des premiers témoins de la scène. Aux abords des rues, comme à la place Hoche, les camions de la Protection civile attendaient prêts à intervenir en cas d’accident et les camions dépêchés par l’APC ont servi à évacuer les biens des occupants ce qui a été fait, non sans mal, en fin de matinée.

En tout, ce sont plus d’une centaine de familles qui ont été ainsi expulsées, par la force, hier matin, dont certaines sont originaires d’Afrique subsaharienne. Si majoritairement, ces squats ont été opérés dans l’illégalité la plus totale à Cavaignac et Saint-Pierre, certains expulsés ont affirmé avoir “acheté les logements”, avant de s’y installer, ce qui dénote d’un possible trafic tournant autour de ces immeubles désaffectés. Chose qui a déjà été dénoncée à maintes reprises à Oran, avec l’existence de réseaux de “marchand de sommeil à l’algérienne” alimentés par la crise du logement.

En fin de journée, d’autres squats se trouvant dans plusieurs vieux quartiers devaient être aussi évacués, soit en tout plus d’une trentaine d’immeubles recensés pour le seul centre-ville d’Oran.

 Leur presse de rentiers – Liberté Algérie.com (D.Loukil), 08/01/2013 à 09h50

Centre-ville : l’expulsion de squatteurs d’immeubles tourne à l’affrontement

Une opération d’expulsion des squatteurs d’une trentaine d’immeubles désaffectés du centre-ville a été menée, hier matin. Le centre-ville d’Oran a été barricadé par les services de sécurité avant que des affrontements n’éclatent.

oran_1360772_465x348pL’opération d’expulsion a été menée sous la présidence du chef de la daïra d’Oran, M.Bouchemma. Huit immeubles au secteur urbain El Emir ont été les premiers touchés par l’expulsion de leurs occupants. Si dans les ruelles de la rue Cavaignac cette opération s’est déroulée sans incidents, à la rue Mahatma Ghandi, elle a tourné aux affrontements entre squatteurs et éléments de l’ordre public. Les squatteurs ont commencé par dresser un bouclier composé d’enfants et de femmes pour interdire aux policiers d’investir les immeubles et de les déloger. Cependant, quand ils ont constaté que les policiers ont réussi à évacuer les enfants, ils se sont mis à leur lancer des pierres et des bouteilles de bière. On a aussi noté des tentatives de suicide parmi les squatteurs qui ont vite été maîtrisés.

Les policiers ont cerné les squatteurs et ont arrêté les plus déchaînés d’entre eux. «07 personnes dont une femme ont été embarquées», apprend-on de source sécuritaire. Les arrestations ont dissuadé les squatteurs de poursuivre les affrontements avec les policiers, l’opération s’est poursuivie. Dans l’après-midi, ce sont 14 autres immeubles du quartier de Sid El-Houari qui seront évacués. Les immeubles dans la même situation le seront également. «35 immeubles désaffectés sont squattés à travers les vieux quartiers de la commune d’Oran», dira le chef de la daïra, précisant : «ils seront tous évacués.»  Il s’agit d’immeubles désaffectés, leurs premiers occupants ont été relogés dans le cadre de la lutte contre l’habitat précaire.

«Ce sont des immeubles jugés en péril dont on a bloqué les accès suite au relogement de leurs occupants mais des squatteurs ont trouvé le moyen d’y revenir mettant leur vie et celle de leurs enfants en danger», dira le chef de la daïra. A la rue Mahatma Ghandi, les riverains ont salué l’intervention de la police et de la daïra. Le même soulagement a été noté chez les habitants de la rue Thiers au quartier de Saint Pierre. L’immeuble évacué était occupé par des Subsahariens. Ces derniers ont déclaré avoir acheté les logements qu’ils occupent. C’est d’ailleurs le cas de toutes les familles évacuées.

Certaines ont déclaré avoir acquis à hauteur de 20 millions leur logement en ruine. Ces familles espéraient bénéficier d’un nouveau logement, or les temps ont changé et tels procédés ne peuvent que nuire à ceux qui en usent. Elles sont malheureusement des dizaines de familles qui se font prendre au piège de l’arnaque. «Chaque immeuble abritait une moyenne de 20 familles», a déclaré le secrétaire général de la commune d’Oran, M. Fakha Benoumer. Il a ajouté : «Ces squatteurs devront revenir d’où ils viennent, nous avons mis à leur disposition des camions pour le transport de leurs effets». La commune d’Oran a mis les moyens humains et matériels nécessaires pour l’opération d’expulsion d’hier. Ce sont les agents de la commune qui ont assuré la démolition des immeubles évacués, cette fois-ci de manière à ce que nul ne puisse y retourner.

 Leur presse – El Watan (Hafida Benarmas), 08/01/2013 à 10h00

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