[Italie] Les services d’Etat travaillent – décembre 2012

Italie : Je crache sur l’offre de service

Il y a quelques jours, tandis que je me promenais, seule, j’ai été importunée par deux personnes louches.

Ces deux-là, un homme et une femme, m’ont interpellée dans la rue et, de manière affable, m’ont demandé de les suivre dans un coin tranquille, afin de me faire une proposition de travail très intéressante. Frappée par l’étrangeté de la situation, je leur demande s’ils sont journalistes ou flics, et leur signifie que je ne les suivrais nulle part.

Les deux se présentent alors comme des fonctionnaires de la Présidence du conseil des ministres, et en particulier du département « information et sécurité ». Ils s’occupent, disent-ils, de l’étude des phénomènes sociaux, et voudraient que je les aide à approfondir celui de l’anarcho-insurrectionnalisme.

Scotchée et énervée, je leur répond que si j’avais choisi dans ma vie de travailler pour l’Etat, le ministère ou des trucs de ce genre, j’aurais déjà passé des concours, mais vu que j’ai heureusement fait des choix différents, je ne suis en rien intéressée à leur proposition. J’ai rajouté que le fait qu’ils se soient permis de me suivre, de m’espionner et de m’importuner me choquait beaucoup. Ceci dit, je leur ai tourné le dos, et je suis partie.

Je ne peux pas décrire ici la rage et le dégoût que j’éprouve. Je me sens offensée. Offensée, parce qu’ils se sont permis de s’approcher de moi et de me faire leurs viles propositions.

Je suis convaincue que des choses de ce genre peuvent arriver à n’importe qui. Imaginer cette possibilité me conduit à faire plusieurs réflexions.

Depuis toujours, l’Etat tente de s’immiscer parmi les compagnons, à travers des surveillances, des agents infiltrés ou de viles balances, cherchant des sujets prêts à se vendre et à fournir des informations utiles à leurs enquêtes.

Je pense que c’est très facile pour l’Etat, aujourd’hui. Il dispose d’instruments technologiques sophistiqués, et se trouve face à un mouvement faible et confus, incapable de constituer une menace réelle au-delà des slogans.

Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’un mouvement anarchiste dans lequel se reconnaissent des groupes et des individus capables de demander que soit garantie l’intégrité d’une balance une fois découverte (1), qui sont prêts à se dissocier et prompts à la calomnie, qui sont attentifs à une croissance quantitative plus que qualitative, qui visent à recueillir l’approbation des « honnêtes » citoyens, qu’un tel mouvement, donc, ne peut que se prêter à des tentatives du pouvoir de le pénétrer et de le frapper dans sa faiblesse et sa vulnérabilité.

Les anarchistes semblent avoir cessé de vouloir connaître et reconnaître l’ennemi et de l’attaquer. L’ennemi, au contraire, a déjà commencé sa guerre depuis longtemps.

Avec un peu d’amertume au coeur mais avec la détermination de toujours, je vais de l’avant comme individu le long des sentiers escarpés et fascinants de la liberté et du désir de détruire cet existant.

M.

(1) NdT : référence à une « affaire » qui s’est passée dans la ville de Gênes il y a deux ans.

Traduit de l’italien de informa-azione par Brèves du désordre, 23/12/2012 à 14h47

Une réflexion sur “[Italie] Les services d’Etat travaillent – décembre 2012

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s