[CROUS de Grenoble… et partout ailleurs!] Quand l’UNEF magouille, les étudiants douillent.

Volons-le-COUS_12/2012

Tag vu le 2 décembre 2012 sur les murs de la faculté de lettres de Besançon (site Mégevand)

Au CROUS de Grenoble : Quand on magouille les étudiants douillent.

Comme tout le monde le sait, c’est la CRISE. Exploité.e.s et humilié.e.s depuis des décennies par des travailleur-euses sans vergognes, les banquiers réclament leurs dus.

Les universités, les CROUS comme tous les services publics se voient sommés de réduire drastiquement leurs budgets. ¼ des universités sont en déficit, les CROUS se retrouvent avec toujours moins de moyens pour soutenir une population étudiante de plus en plus précaire. Les CROUS sont contraints de s’endetter massivement (41.5 millions d’euros à la rentrée 2012.) Le 10ème mois de bourse, tant vanté par l’UNEF, n’ayant pas reçu les fonds nécessaires à sa mise en place, le déficit ne cesse de se creuser. Le nouveau gouvernement « socialiste » à défaut de redonner des moyens aux services publics creuse encore le fossé ; coupes budgétaires et plans d’austérité se succèdent.

Par conséquent, les universités comme les CROUS se voient fortement invités à devenir plus « autonomes » c’est à dire à se financer par eux-mêmes, soit en dégageant du bénéfice, soit en attirant des investisseurs privés. Les tarifs sociaux (tickets de restau U, logement étudiant) n’étant pas particulièrement rentables, ni « attractifs », on décide alors d’entrer pleinement dans l’ère de la « compétitivité ».

Quand l’argent manque et que le service public devient un marché, la concurrence règne et tous les coups sont permis. A ce titre deux cas particulièrement pathétiques méritent notre attention.

Le cas du « Café littéraire »

Des travaux en cours au niveau de la « BU droit lettre » on peut être retenu votre attention. Il est prévu une nouvelle cafétéria pour soulager un peu celles qui sont surchargées. BONNE IDEE !!! Seulement on remarque quelques entourloupes de la part de l’administration. Tout d’abord cette cafétéria ne sera pas soumise au tarif étudiant, ainsi les sandwichs passent de 2€20 à 3€. Mais surtout il est précisé dans la convention d’occupation du bâtiment (qui est propriété de l’UPMF) à destination du CROUS (qui sera gestionnaire) que ce dernier sera redevable à l’UPMF de 5000 euros pour la première année d’occupation et 10 000 euros pour la seconde année. En temps normal les services publics ne se doivent pas d’argent entre eux ; alors à quoi correspondent ces sommes ? Aucune once d’explication n’est donnée. En tout cas si l’on souhaite couler les finances du CROUS, c’est le meilleur moyen…Pour le remplacer par un restaurateur privé par exemple, ou renflouer à l’amiable les caisses de l’UPMF…Qui sait ?

Le restaurant « Magellan »

Situé derrière la maison des sciences de l’homme (MSH) ce restaurant privé a récemment déposé le bilan. Très « select » ce dernier proposait des menus servis à table à 25 euros. L’UPMF, soucieuse, de préserver son image de marque dans les milieux avertis exige que le CROUS adapte la cafétéria universitaire « La verrière » à la hauteur des goûts raffinés de ses convives. La situation financière du CROUS étant ce qu’elle est (catastrophique), la direction de ce dernier y voit une bonne occasion de reprendre une affaire intéressante. Ba oui il faut bien « sauver le service public » même si cela suppose de transformer un restaurant à caractère social en usine à pognon alors que ces derniers sont déjà surchargés et en sous-nombre. On soulignera le vote favorable des élus UNEF et Fac verte à cette mise aux enchères du service public.

Rentabilité et service public ne font pas bon ménage. La politique qui consiste à sauver une administration publique en l’adaptant à des critères relevant du privé ne peut avoir qu’une seule conséquence : le règne de la loi du marché sur l’université. Oui les tarifs de la restauration universitaire vont se niveler sur ceux du privé. Oui les loyers des chambres étudiantes vont grimper.

Face aux politiques d’austérité, il ne sert à rien de gérer la misère mais impératif d’engager un véritable rapport de force afin que l’argent soit pris ou il se trouve et non pas dans le porte-monnaie des usagers.

Le collectif CROUS en lutte

Source: Indymedia Grenoble, 27 novembre 2012

Une réflexion sur “[CROUS de Grenoble… et partout ailleurs!] Quand l’UNEF magouille, les étudiants douillent.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s