[Besançon] Le travail du CRS: « Lacets rouge, badge anar, ça passe pas. On préfère le blanc »

A Besançon, il est courant que la préfecture fasse appel aux compagnies de CRS pour épauler le travail des flics de la PN et de la BAC. L’an dernier, des violences de leur part avait été rapportées à leurs médias locaux. Ci-dessous, l’article de MaCommune.info daté du 05/12/2011:

Besançon: un jeune de Planoise giflé par un CRS ?

Karim Touil, 20 ans, dit avoir été giflé par un CRS, place du Huit Septembre à Besançon, jeudi dernier à l’occasion d’un contrôle d’identité. Une plainte a été déposée.

Le jeune Planoisien, salarié dans une entreprise du bâtiment, raconte qu’il était installé sur la place du Huit Septembre devant l’hôtel de Ville avec des copains quand trois CRS sont venus les contrôler. « Un des CRS m’a pris à part et m’a dit  » t’es gros, il faut que tu fasses du sport ». Je lui ai répondu qu’il n’avait pas le droit de me parler comme ça et il m’a donné une baffe. Ensuite, ils m’ont embarqué et emmené au commissariat. Quand j’ai dit que je porterai porter plainte, ils m’ont fait du chantage et j’ai été convoqué pour outrage à agent. Le CRS a dit que je l’avais traité de « batard de flic », ce qui est faux ».

Un témoin confirme la version de Karim Touil. « Effectivement, j’ai assisté à une interpellation musclée sur des jeunes qui buvaient tranquillement du Coca Cola sans aucune provocation. Deux contrôles se passaient très bien, mais le troisième s’est terminé par un plaquage contre le mur et une grosse calotte. On ne frappe pas sur des jeunes comme ça », raconte le témoin qui a assisté à toute la scène.

Le commissariat confirme qu’une plainte a été déposée et que Karim Touil a eu un rappel à la loi du parquet à la suite de la démarche du CRS.

Dernièrement, plusieurs compagnies de CRS patrouillaient partout dans Besançon durant plusieurs semaines. Donc sans grand étonnement, les potentielles cibles de ces porcs sont majoritairement les jeunes des quartiers d’origine immigrée, les « zonards » du centre-ville et tout.e.s celles et ceux ayant des dreadlocks, des traits sur le visage ou à la façon de s’habiller qui, pour eux, est typique d’un criminel potentiel ». Le racisme fait partie intégrante de ces « patrouilleurs », et les témoignages ci-dessous le prouvent. D’ailleurs, ils n’hésitent pas à afficher leurs opinions fascistes lors des contrôles.

1ère interpellation (08/11/2012):

À l’arrêt de bus Granvelle avec 2 amis (dont un looké Skinhead), on parlait avec d’autres types (de type maghrébins = délit de sale gueule). 6 CRS viennent, nous contrôlent et nous fouillent. J’avais une matraque télescopique, je reconnais que j’avais ça : Ils m’embarquent au poste. Mis sous surveillance d’un autre CRS (qui, vu mon look, pensait que j’étais un FAF), il mime une expression de mauvaise odeur qui émanerait de mon voisin (qui est noir). Je lui réponds calmement « Vos allusions racistes ne m’intéressent pas. »

  • 13h de GAV
  • 150EUR pour outrage
  • 1 rappel à la loi

2ème interpellation (11/11/2012):

Après mon interpellation du Jeudi soir je me suis rééquipé (un peu bêtement). 4 CRS s’avancent vers moi d’un air décidé. Ils me fouillent, je leur avoue que j’ai une télesco : « Cherchez pas plus j’ai uniquement une télésco dans ma rangers gauche ». Un des 4 valeureux gaillards me plaque alors violemment contre le mur et un autre me dit « On a vu tes badges. Saloperie d’anarchiste antifa. Nous on aime pas les gars comme toi. » Ce à quoi je réponds (un peu vite peut-être) « Antifa vaincra » ce à quoi ils répondent « On vous matera à coups de tonfa ».

  • 3h de poste
  • 2ème rappel à la loi
  • 50EUR d’amende pour « conso d’alcool sur la voie publique » (ils ont trouvé un 75cl de bière entamé dans mon sac)

3ème interpellation:

Maintenant ils me « connaissent »… Je suis vers le square qui est derrière le local UMP (j’attends ma copine). 2 CRS viennent vers moi, me disent de m’arrêter (je continue jusqu’à eux et leur demande pourquoi. Un des deux sort une lacrymo. « Oh, j’ai rien et vous avez rien contre moi » ils répondent: « Lacets rouge, Badge anar, ça passe pas. On préfère le blanc ». Ils me fouillent, ne trouvent rien.

Un antifa bisontin

D’autres violences (verbales et physiques) ont été évoquées aussi sans que des témoignages précis puissent être rapportés à nos médias de contre-information (selon de nombreuses sources, il y a notamment eu un sans-papiers sur un scooter qui s’est fait coursé par des CRS puis attrapé: sans savoir ce qu’il a subi, on sait que suite à son interpellation par les CRSS, il a été immédiatement transporté à l’hôpital Minjoz. On ignore ce qu’il en est.

Ces actes impunis sont trop fréquents pour qu’ils restent dans l’oubli. C’est pourquoi Le Chat Noir Emeutier attend vos témoignages de violences policières (même s’ils remontent dans le temps, on s’en fout!) en l’envoyant à l’adresse mail lechatnoiremeutier[arobase]riseup[point]net

Flics, fachos, hors de nos vi(ll)es !

Une réflexion sur “[Besançon] Le travail du CRS: « Lacets rouge, badge anar, ça passe pas. On préfère le blanc »

  1. Pingback: [Besançon] Brèves antifascistes et antiflics – Fin novembre / début décembre 2012 | Le Chat Noir Emeutier

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