[Québec] Peu importe les votes, la grève continue !

Contre le faux consensus qu’est la «société»

Sabotage Média reçoit et transmet (30 août 2012)

Peu importe les votes, la grève continue!

Avec la loi 12 (le projet de loi 78), le gouvernement du Québec a habilement mis en place un moyen politique de gérer une situation dans laquelle l’État perdait le contrôle. Il y eut usage d’élections (une mascarade que l’État ne connait que trop bien) et de matraques, de médias et de peines de prison, la carotte et le bâton, la main douce et le bras de fer. D’une part, l’État a arrangé un retour en classe forcé, en commençant d’abord par les écoles les plus susceptibles de voter contre la grève dans le but de donner le ton de la défaite, en escaladant ensuite avec celles ayant de fortes traditions de résistance, tentant ainsi d’isoler ces dernières. Après tant d’arrestations, de conditions, d’exiles, de vies renversées, les étudiants marchent maintenant au rythme des tambours de l’État vers les urnes, la tête basse. Et maintenant, les médias proclament le triomphe de la démocratie étudiante en faisant l’éloge aux plus sensibles qui veulent un retour à l’ordre.

Par exemple, les médias rapportent que 2200 étudiants se sont présentés à l’AG du Cégep de Maisonneuve et que 1400 ont opté pour un retour en classe. Cela veut dire qu’il y a au moins 800 autres personnes, seulement à cette école, qui veulent que la grève continue. Multipliez ce chiffre avec chaque école qui a eu un vote, et vous obtenez une quantité importante de gens qui sont inspirés par la grève et qui refusent qu’elle se termine.

Plutôt que de nous forcer nous-mêmes à réprimer nos désirs et à retourner en classe à cause de l’autorité de la «majorité» ou «la masse», pourquoi ne pas prendre acte du désir de poursuivre la grève, tout simplement parce que nous voulons, parce que nous le pouvons. Nous n’avons pas besoin d’aucune autorité pour nous dire si ce pourquoi nous nous battons est valide ou non – que cette autorité soit l’État une AG. Tout simplement parce qu’il n’y a plus l’étampe d’approbation imaginaire – l’absence apparente de légitimité que comporte 49 voix pour la grève vs 51 contre, en opposition à la cette légitimité fantôme que serait 51 vs 49 – cela ne veut pas dire que nous avons tout à coup perdu ce qui a rendu la grève possible dès le début. Autrement dit, la capacité de faire des manifestations et des actions dans la rue, de bloquer les écoles, de conspirer entre ami.es. Tout ce que nous devons faire, c’est continuer la grève et nous retrouver au milieu de ce désordre.

L’une des manière peut être de trouver d’autres espaces pour communiquer. Par exemple, à la prochaine assemblée autonome anticapitaliste qui aura lieu le 15 septembre (plus d’informations à venir sur http://www.clac-montreal.net). Autrement, s’organiser peut être aussi simple qu’avoir un plan et quelques ami.es.

Déchiquetons cette fiction de démocratie, de société – l’idée que chacun.e en fait parti et a quelque chose de commun avec les autres – en lambeaux. Ce qui nous tient ensemble est une fiction. C’est la croyance en cette fiction qui nous tient liés aux relations d’exploitation, qui fait qu’on continu à avaler ces ordures. Que nous soyons francophone ou anglophone, nous ne parlons pas le même langage que ceux qui sont au pouvoir, ni ceux qui votent pour un retour à une normalité que nous méprisons.

Nous voulons qu’ils – toute personne qui aspirent a ce qu’il y ait une autorité sur nous – perdent le contrôle.

La grève continue.

Un autre texte sur le mouvement au Québec 

Une réflexion sur “[Québec] Peu importe les votes, la grève continue !

  1. De très bons passages dans ce texte. Il reste maintenant à nos amis grévistes de s’interroger sur le « POURQUOI » ils étudient, sur ce qu’ils étudient et pourquoi ils ne feraient pas autre chose de leur vie que ce à quoi précisément les destinent ces études qu’ils ont bien du mal à poursuivre…

    Peut-être découvriront-ils dans le plaisir de la grève qui ne cesse plus la joie tumultueuse du refus de servir et d’asservir celles et ceux qui eux/elles ne pourront même pas se bagarrer pour « suivre » des études tellement leur propre « devenir » est scellé.
    Faudra-t-il pour cela les mettre en garde? Leur faire savoir que lorsqu’ils seront cadres, fonctionnaires, agents de l’État ou banquiers, que celles et ceux restés sur le palier desservi par aucun « ascenseur social » se révolteront, beaucoup se souviendront de ces étudiants révoltés devenus les successeurs des maitres d’hier entendant faire endurer à leur tour tout ce qui perdure. Leur sera réservée la pleine légitimité de la vengeance et de la guerre sociale qui elle ne s’arrête pas!
    Beaucoup ne l’ignorent pas Craintifs ils auront voté pour la reprise des cours, la chasse aux diplomes, d’autres doivent redécouvrir ce qu’il y a de subversif dans toute grève.

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