[Afrique du Sud] La grève pour les salaires s’étend à deux autres mines de platine – 22 août 2012

En Afrique du Sud, la grève s’étend à deux autres mines de platine

La grève ayant dégénéré en affrontements meurtriers en Afrique du Sud s’est étendue, mercredi 22 août, à une mine voisine, appartenant à Royal Bafokeng Platinum, où « des salariés ne sont pas venus travailler », a indiqué l’entreprise, en précisant que « la situation était calme ». Environ 600 grévistes, des foreurs, étaient massés devant le puits affecté par la grève où quatre fourgons de police étaient également déployés.

La mine, dont les deux puits emploient un total de 7 000 salariés, appartient au royaume sud-africain de la tribu des Bafokeng, assis sur la plus riche réserve mondiale de platine près de la municipalité de Rustenburg, où un stade rénové avait accueilli des matches de la Coupe du monde de football 2010.

« LA SITUATION EST CALME »

Les foreurs étaient également à la pointe de la grève à la mine de platine de Marikana, exploitée par le groupe britannique Lonmin, où des affrontements ont fait 44 morts, la plupart tombés sous les balles de la police le jeudi 16 août.

Des représentants des grévistes ont été reçus par la direction pour discuter.« Nous tentons encore d’établir ce qui se passe, la situation est calme, ils chantaient et évidemment nous surveillons la situation », a confié une porte-parole du groupe.

Selon le quotidien économique sud-africain Business Day, une autre mine de platine est aussi sous la pression de ses salariés à Thembelani. Ils exigent deporter les salaires des foreurs à 12 500 rands, soit 1 250 euros environ par mois, comme à Marikana et ont donné jusqu’à vendredi à l’entreprise, le géant anglo-sud-africain Anglo American Platinum, pour répondre. Un porte-parole du groupe a indiqué au journal que la revendication datait de mars.

DES CÉRÉMONIES D’HOMMAGE POUR LES 44 MORTS

En parallèle, le président sud-africain, Jacob Zuma, est allé mercredi à la rencontre des grévistes de la mine de Marikana où 44 personnes sont mortes dans des affrontements, dont 34 sous les balles de la police, a constaté une journaliste de l’AFP. S’adressant à une foule d’environ 2 000 mineurs et épouses de mineur du groupe britannique Lonmin, il les a appelés au calme et leur a affirméavoir entendu leur revendication de 12 500 rands de salaire mensuel (1 250 euros environ).

« Les grèves sont courantes en Afrique du Sud et protégées par la Constitution. Ceux qui disent que notre gouvernement a donné l’ordre de tuer sont mal informés, car jamais notre police ne s’attaquerait à ceux que nous représentons, cela n’arrivera jamais », a-t-il déclaré, en soulignant qu’il attendait le rapport de la commission d’enquête « pour savoir qui était en tort et qui avait raison ». Le président Zuma tenait à rencontrer le comité interministériel à pied d’oeuvre à Marikana pour venir en aide aux familles, notamment pour les formalités de rapatriement des corps et des obsèques.

Des cérémonies d’hommage sont prévues jeudi dans tout le pays. Il n’y aura pas d’obsèques collectives, les corps des grévistes tués ayant été rapatriés dans leurs familles, souvent loin de la mine de Marikana située à une heure et demie de route à l’ouest de Johannesburg. Une autre cérémonie est prévue à Mthatha, à Cap oriental, la ville la plus proche du village de Nelson Mandela, dans le sud rural du pays d’où de nombreux mineurs sont originaires. « La plupart des gens viennent de zones rurales, c’est pourquoi le Cap oriental prépare une cérémonie », a précisé le secrétaire général de la présidence sud-africaine, Collins Chabane, dans une interview sur une radio publique.

La plupart des grévistes tués étaient des travailleurs migrants. Un seul n’est pas sud-africain mais originaire du Lesotho, petit pays enclavé dans le vaste territoire sud-africain. Les drapeaux sont en berne depuis lundi, début d’une semaine de deuil national décrété par le président Jacob Zuma, dont le gouvernement est accusé de n’avoir pas anticipé le drame malgré des signes avant-coureurs, et qui est réduit aujourd’hui à faire de la gestion compassionnelle de la crise.

Leur presse – Le Monde.fr (AFP), 22/08/2012 à 16h59

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