[ANTI-G8] Retour sur les mobilisations décentralisées contre le sommet du G8 de Deauville

Reçu par mail

Bonsoir, un petit compte-rendu vite fait de la manif de ce soir à Caen.

Environ 500 manifestant-e-s, plus pour certains (jusqu’à 700 au plus fort). C’est honorable pour une manif de ce genre, et probablement plus qu’espérer par les plus pessimistes d’entre nous (dont moi). La manif était légale et le parcours déposé. (Pour moi c’est la deuxième fois en 40 ans de militantisme !!) Présence policière plus que massive et beaucoup plus visible qu’au Havre. En fait on a souvent défilé entre des rangées de flics ne laissant ouvert que le parcours prévu. A noter devant la préfecture la présence de grilles de protection pour les flics et un canon à eau. Mais aucune présence policière pour protéger la mairie PS. La sarkozie ne sait pas remercier ses mercenaires. Double ridicule pour la politique de la tension relayée par Duron: aucun incident, même mineur, et beaucoup de magasins sont restés ouverts. Voilà, un communiqué de presse est en cours de rédaction. Bonne soirée à tout le monde. Demain repos !

 Des photos d’un camarade sur le site de Résistance-Caen

Manifestation, arrestations, occupation: la journée anti-G8 de l’intérieur

Dans ce genre de mini-opération commando, on ne sait jamais jusqu’où on va réussir à aller. Les activistes anti-G8, qui mènent cette semaine des actions décentralisées contre le sommet de Deauville, avaient planifié l’opération depuis longtemps.

D’un côté, ils ont abreuvé les sites militants d’appels à une manifestation, métro Stalingrad à Paris, pour constituer un cortège conséquent et attirer l’attention de la police et des médias. De l’autre, ils ont bûché sur un rendez-vous confidentiel, à garder secret jusqu’au dernier moment : l’invasion financière de l’agence de notation Standard and Poor’s, à la même heure, dans le VIIIe arrondissement. Les Inrocks étaient présents aux deux endroits.

Dans le meilleur des cas, le défilé “officiel” (mais non déposé en préfecture) parvenait à rejoindre les trublions de l’agence. Dans le pire, tout le monde se faisait arrêter pour une manifestation non déclarée et une occupation illégale.

Le bilan se trouve entre les deux : pendant que le hall de Standard and Poor’s a servi de terrain de jeu pendant une bonne heure, les manifestants de Stalingrad étaient encerclés et leurs identités contrôlées. 99 interpellations explique la préfecture, dont 95 contrôles d’identité et quatre gardes à vue pour port d’armes prohibées.

Avec Nina, une militante anti-G8 plutôt tendance écolo – l’opération réunit diverses chapelles, de l’autonome à l’altermondialiste, ainsi que quelques clowns – on entre dans le hall de Standard and Poor’s. Une vingtaine d’activistes sont là, discrets. Ça n’a pas l’air d’affoler la sécurité.

Une petite grappe se détache et cavalcade dans les escaliers pour essayer de rentrer dans les bureaux de l’agence de notation. Pas moyen pour le moment. L’attitude de ces invités qui sautent les portiques de sécurité commence à intriguer les salariés de l’accueil. La manif commence.

Ils viennent pour “dénoncer le capitalisme et ses ravages sociaux”, au siège d’une agence qui “note les Etats et impose des politiques d’austérité sous peine de dégrader leur note”. Ils l’expliquent dans un communiqué :

“Pour nous, cette occupation constitue un moyen de pointer du doigt ce à quoi nous nous opposons quotidiennement: un système économique et politique qui favorise les multinationales, les banques et les institutions financières au détriment des peuples, mondialisant l’austérité et les guerres, provoquant la destruction de l’environnement et générant l’individualisme et la destruction des liens sociaux.”

Nous, on reçoit des gens qui n’ont rien à voir avec vos problèmes”, tente un responsable de la sécurité. Peine perdue, les militants déploient une banderole “Boursicoteur viendra ton heure” sans se troubler. Pour l’instant, les dames de l’accueil sourient toujours. Elles doivent penser que ça ne vas pas durer longtemps, ces trucs de jeunes.

Au bout d’un moment, le sol est couvert de pancartes pour figurer le Monopoly de la finance mondiale. Les anti-G8, sans rien casser, collent des petits autocollants partout, sur les murs, sur le sol. Dessus : “G8-G20 Mettons fin aux privilèges – décapitalisme”. Ils lâchent des billes de peinture, déplacent des lampes et finalement flanquent un canapé en travers de l’entrée. Les salariés et les visiteurs, intrigués, le prennent plus ou moins bien.

L’arrivée d’une délégation de Standard and Poor’s, désignée (sans doute à la courte paille) pour négocier, tourne au dialogue de sourds.

“Pourquoi vous continuez à noter des pays? Pourquoi, éthiquement parlant, vous continuez à travailler pour cette compagnie ?, demandent les manifestants à deux femmes en tailleur lookées Wall Street.

– On peut vous expliquer notre rôle. Il y a un marché où les gens prêtent et empruntent. C’est nécessaire à la marche du monde.

– C’est le système qui vous a rendus nécessaires.

– On est un thermomètre, madame, pas les responsables du système capitaliste.”

La discussion se poursuit mais devient franchement ennuyeuse. La police, qui est arrivée, essaie de piger ce qui se passe. “C’est quoi vos revendications?” “Pas de G8, pas de G20, pas d’agences de notation.” Le bleu répète à son chef à la radio. Un coursier salue l’accueil en passant : “Bon ben bonne journée, bon courage.

Dans le hall de l’agence, c’est un gros bordel dans une bonne ambiance. Marcios fait un petit point d’étape :

Pendant que deux policiers discutent (“Qu’est-ce qu’ils ont fait dans le bureau ?” “Ils ont mis du scotch”), les activistes débattent assis en rond. De l’intérêt ou non de se faire arrêter. D’aller ou non rejoindre les derniers manifestants de Stalingrad pas encore embarqués au commissariat. La diversité d’inspirations leur joue des tours.

Xavier Renou, le VRP des Désobéissants, en costard, ferait bien le poids mort. “Y’a la télé, c’est l’occasion de faire de belles images d’évacuation.” “Moi je suis pas là pour faire des images”, lui rétorque un militant, qui comme beaucoup ne voulait pas voir son visage apparaître. Ce matin à Paris, la finance mondiale n’a pas tremblé, mais elle mettra quelques heures à faire le ménage dans son hall.

Leur presse – Les Inrocks (Camille Polloni & Vincent Barros), 26 mai 2011

Des anti-G8 occupent les locaux de Standard’s and Poor à Paris

Une vingtaine de militants altermondialistes a occupé pendant plus d’une heure, jeudi 26 mai au matin, les locaux de l’agence de notation Standard’s and Poor à Paris. « C’est pour nous l’un des plus importants symboles du capitalisme financier actuel et des plans d’austérité », a expliqué un militant joint par téléphone. « On fait en sorte que le coût de l’irresponsabilité des marchés soit assumé par la majorité de la population, notamment par les plus vulnérables », s’indigne le communiqué de ces militants anti G8, publié sur leur site Internet. « Cette occupation constitue un moyen de pointer du doigt ce à quoi nous nous opposons quotidiennement : un système économique et politique qui favorise les multinationales, les banques et les institutions financières au détriment des peuples », écrivent-ils encore.

Un collectif de militants altermondialistes avait appelé sur Internet « une horde débonnaire et clandestine » à occuper « un symbole bien connu de la manigance capitaliste », en parodiant les noms d’organisations internationales, comme l’Organisation des téléspectateurs anarco-nihilistes (OTAN), la Fédération malgache des insoumis (FMI) ou encore le Groupe invivable des garçonnières du Nébraska (GIGN).

Les militants sont entrés dans le hall, ont distribué des tracts dans les locaux et discuté avec les responsables de l’agence de notation à Paris. Ils ont quitté les lieux dans le calme, suivis de près par la police.

Peu auparavant la police a empêché une cinquantaine d’autres militants s’étaient donnés rendez-vous dans un autre lieu de Paris de se joindre à cette action. Selon des manifestants sur place, les altermondialistes ont été « encerclés par un déploiement considérable de policiers » et ont « été amenés au commissariat du 18e arrondissement ».

Leur presse – LeMonde.fr, 26 mai 2011

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