[REVOLTE AU MAROC] La police travaille à Rabat et Casablanca

La police pourchasse des contestataires à Rabat et Casablanca

La police pourchasse des contestataires à Rabat et Casablanca

Des policiers pourchassent des manifestants à Rabat, au Maroc. La police antiémeutes s’est déployée dans la capitale et Casablanca pour disperser des centaines de contestataires qui avaient enfreint une interdiction de manifester. (Reuters/Adam Tanner)


La police antiémeutes marocaine a pourchassé dimanche à Rabat et Casablanca des centaines de contestataires qui avaient enfreint une interdiction de manifester.

Cette réaction policière pourrait signaler un durcissement de la position du gouvernement contre un mouvement populaire qui se fait contestataire après avoir été festif en février.

« Manifester est un droit, de quoi le Makhzen (terme désignant l’appareil d’Etat) a-t-il peur ?« , criait la foule à Casablanca. « Dehors le Makhzen. Non au despotisme.« 

Les langues se délient pour critiquer le roi Mohammed VI mais les manifestations n’ont pas l’ampleur de celles des rues de Tunis ou du Caire.

À Rabat, les manifestants avaient l’intention de camper devant le parlement mais les autorités sont soucieuses d’éviter la création d’une nouvelle place Tahrir, la place centrale du Caire où les opposants ont campé jusqu’au renversement du président égyptien Hosni Moubarak.

Les policiers, armés de matraques et de boucliers, ont dispersé la manifestation avant même qu’elle ne commence, les contestataires se divisant en petits groupes pourchassés dans les rues de Rabat, comme à Casablanca.

L’un des meneurs, déjà battu par la police la semaine dernière, souffre d’une commotion cérébrale, a dit Jalal Makhfi, l’un des manifestants. Six personnes ont selon lui été blessées mais d’autres témoins avancent des chiffres bien plus élevés.

Des dizaines de personnes ont été frappées à Casablanca.

Un journaliste de Reuters a vu sept policiers s’en prendre à un homme, le frappant à la tête et au corps. Le manifestant, âgé d’une trentaine d’années, était en sang.

Le Maroc, longtemps considéré comme une monarchie stable, est agité par de plus en plus de troubles, inspirés des révolutions tunisienne et égyptienne.

Les manifestants réclament davantage de droits et une plus grande répartition des fruits de la croissance. Six contestataires sont morts ces derniers mois.

Vendredi, un groupe d’étudiants au chômage a réussi à approcher le roi Mohammed VI aux cris de « Votre majesté, nous voulons du travail« . Une inhabituelle violation du protocole, dans un pays où le portrait du roi orne les murs des échoppes et des grandes places et où Mohammed VI est décrit comme le descendant du prophète Mahomet.

Le Maroc a le plus faible produit intérieur brut par habitant du Maghreb et près de la moitié de sa population est illettrée.

En réponse à ces petites manifestations, le roi a annoncé en mars un amendement de la constitution qui garantirait davantage de démocratie. Une commission doit présenter ces modifications le mois prochain.

Leur presse – Reuters, 22 mai 2011

Maroc: La police use de violence pour disperser des manifestants pro-démocratie

RABAT, Maroc — Les policiers marocains ont passé des heures dimanche à pourchasser des centaines de contestataires dans les rues de Rabat, la capitale du Maroc, afin de les empêcher de manifester en faveur de la démocratie.

Armés de matraques, les agents de l’escouade antiémeute s’en sont pris à tout ce qui ressemblait à un rassemblement de protestataires, en blessant certains et en traînant d’autres jusqu’à des fourgons de police.

Selon le mouvement de contestation marocain, qui demande depuis le 20 février des réformes politiques et davantage de démocratie dans le royaume d’Afrique du Nord, le gouvernement semble avoir adopté une nouvelle politique de tolérance zéro par rapport aux manifestations.

Dimanche, les manifestants ayant réussi à se réunir scandaient des slogans antigouvernementaux avant de s’enfuir devant les policiers. Les contestataires se plaignent également du coût élevé de la vie et du manque d’emplois.

Des dizaines de membres du mouvement ont plus tard tenté de se regrouper devant le parlement, mais les forces de l’ordre les ont violemment dispersés. Au coucher du soleil, les activistes s’étaient réfugiés au siège social du principal syndicat du Maroc alors que de nombreux policiers étaient postés à l’extérieur de l’édifice.

Les protestataires ont rapporté que la police avait aussi usé de violence pour réprimer des soulèvements populaires dans les villes de Tanger et d’Agadir. Plusieurs personnes ont été blessées et arrêtées mais aucun un bilan officiel n’était disponible.

Comme plusieurs pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, le Maroc est aux prises avec un mouvement de contestation pro-démocratie principalement composé de jeunes et inspiré des événements survenus en Tunisie et en Égypte ce printemps.

Même si les constestataires n’exigent pas l’abolition de la monarchie, ils souhaitent réduire son pouvoir et renforcer celui du premier ministre, réformer le système judiciaire et lutter contre la corruption qui, selon eux, mine le Maroc.

En mars, le roi avait promis de mettre en place une série d’amendements constitutionnels afin de remédier aux problèmes soulevés et nommé un comité chargé de s’acquitter de cette mission. Ce dernier doit présenter ses recommandations en juin.

Pendant que les membres du comité délibèrent, le gouvernement marocain semble toutefois avoir décidé d’interdire les manifestations alors qu’il les avait auparavant tolérées.

Le 15 mai, une tentative de rassemblement devant le quartier général du service de renseignements marocain en banlieue de Rabat avait été violemment réprimée. Au moins un des leaders du mouvement avait été sévèrement battu.

La police avait également mis fin, vendredi, à une protestation contre les dépenses de Mawazine, le prestigieux festival de musique du monde de Rabat.

Leur presse  – AP, 21 mai 2011

2 réflexions sur “[REVOLTE AU MAROC] La police travaille à Rabat et Casablanca

  1. Que recherche le mouvement du 20 février ?
    Le Mouvement du 20 février ne demande pas des réformes politiques au Maroc. En refusant de s’associer au processus engagé, il s’est mis hors course et a dévoilé sa véritable intention, à savoir mettre le pays à feu et à sang et ce, conformément à un plan de déstabilisation concocté par les ennemis du Maroc. Il devra, un jour ou l’autre répondre de ses actes devant les tribunaux et le peuple marocain pour haute trahison. Et la peine de mort, si elle est prononcée à l’encontre des commanditaires, ne sera que justice rendue au Maroc et à son peuple. En vous demandant de publier et diffuser ce commentaire. Farid Mnebhi

    • tu dois faire partie des gens qui souhaite voir régner l’ordre public , les marocains (et les autres peuples qui se soulèvent, du Maghreb au Proche-Orient, en passant par l’Espagne et la Grèce) continuer à subir la misère, la répression étatique, etc… Juste pour te signaler que sur ce blog, la fierté de la nation, le patriotisme et autres on s’en fout! Mieux, nous sommes les ennemis de cette France qui affame, détruit, enferme, déporte, assassine ..!
      Que tous les opprimé.e.s du monde s’unissent

      REVOLUTION SOCIALE MONDIALE !
      MORT AU CAPITAL ET AUX ETATS !

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