[UNIVERSITE] En grève dès la rentrée 2011 !

Appel de SUD et de la FSE sur la réforme de la Licence:

Réforme de la licence  :

Valérie Pécresse a annoncé une réforme de la licence, qui devrait sortir par arrêté ministériel avant la fin de l’année universitaire ou pendant les vacances, pour application dès la rentrée 2011 dans certains établissements.

Ce texte propose donc à la FSE et à SUD-Étudiant une campagne commune de rentrée pour le premier semestre de l’année 2011-2012, en vue d’une mobilisation, et une préparation de cette campagne dès le second semestre, afin que les étudiant-e-s aient été suffisamment informé-e-s sur les enjeux de la réforme de la licence avant la rentrée, et que les syndicats soient en ordre de bataille dès septembre.

Pourquoi une campagne de rentrée ? Pourquoi nous devons être moteurs d’une mobilisation ?

On ne sait pas encore grand chose du contenu de cette réforme, parce que Pécresse ne laisse pas filtrer grand chose et se contente de déclarations vagues. La commission mixte de travail (dont la mise en place devra être actée au moment du CN/CF , avant le CF de Sud et le congrès local de la FSE ) analysera les documents sur cette réforme au fur et à mesure de leur arrivée, avec tou-te-s les militant-e-s de la FSE intéressé-e-s par ce travail (avant le Conseil fédéral ; pendant le Conseil fédéral si cette campagne est actée, un groupe de travail mixte SUD/FSE « licence » sera mis en place).

Ce qu’on sait à présent, c’est que la réforme est en cours de négociations avec les organisations patronales (MEDEF et CGPME), mais pas avec les syndicats d’étudiant-e-s et de personnels. Cela laisse penser que son contenu visera essentiellement à renforcer l’exploitation des étudiant-e-s en licence par les entreprises. Il s’agira notamment de rendre obligatoires les mesures qui étaient facultatives dans le Plan licence de 2007 (tutorat, réorientation des étudiant-e-s en difficulté, augmentation du volume des matières professionnalisantes comme l’informatique et les langues vivantes). Ainsi, le volume d’heures de cours de la licence va être augmenté (sans augmentation des moyens ni embauche de personnels), et sera mis en place un « semestre de professionnalisation », par le biais d’un stage en entreprise obligatoire (une main d’oeuvre gratuite pour le patronat), sans que soient prévues dans les universités les structures nécessaires pour aider les étudiant-e-s à trouver des stages et à y être rémunéré-e-s pour leur travail. Cette réforme vise également à retarder la spécialisation, dans la lignée du LMD 2, mis en place dans certaines universités, comme à Créteil, où la première année de licence est « généraliste » : les étudiant-e-s en sciences humaines sont mis-e-s ensemble dans la même licence et ont un saupoudrage de chaque matière, ceci pour faire des économies d’échelle en mutualisant les cours et les TD de différentes disciplines.

Cette réforme d’ampleur touche la licence, c’est-à-dire un des lieux centraux où s’opère la sélection sociale à l’université, le peu d’enfants des classes populaires ayant accès au système universitaire, sortent souvent sans master. Elle risque d’accélérer cette sélection sociale, puisque les étudiant-e-s les plus précaires (dont les étudiant-e-s salarié-e-s) seront défavorisé-e-s par l’augmentation du volume horaire, et parce qu’ils/elles seront orienté-e-s vers une formation strictement professionnelle, la formation « à et par la recherche » (qui représente une formation générale, des méthodes de raisonnement, même si elle ne constitue pas un idéal pédagogique en soi) commençant dès lors seulement en master. SUD-Étudiant et la FSE dénoncent continuellement cette sélection sociale : c’est le moment de faire de ce sujet le centre d’une mobilisation d’ampleur. De plus, les étudiant-e-s en licence se mobilisent souvent : ils/elles ont plus de temps, et les réformes de la licence ou du DEUG ont toujours été le vecteur de mobilisations importantes, précisément parce que c’est à ce moment-là des études que la sélection sociale, les conditions d’études déplorables (sureffectifs en TD et en cours, sites d’études les plus vétustes, etc.) sont les plus criantes.

Pour mener cette mobilisation, nous risquons d’être très seul-e-s. L’UNEF Majo prévoit de se mettre en sommeil jusqu’aux élections de 2012 (élection présidentielle et élections aux conseils centraux des universités). Elle a toujours été très ambiguë (voire très enthousiaste) face au Plan Licence, qui reprenait certaines de ses revendications. Seule la TUUD compte travailler à mobiliser. Nous risquons donc de nous retrouver dans la situation de la mobilisation contre la LRU en 2007. Pour cela, nous avons la responsabilité de préparer et de mener au mieux cette campagne.

Calendrier

Cette campagne serait notre campagne de rentrée commune, mais pour que la mobilisation soit forte dès la rentrée, il faut la préparer.

C’est pourquoi nous ferons un travail d’information dès le second semestre de cette année, avec un tract à destination des étudiant-e-s, et un tract à diffuser devant les lycées. Les étudiant-e-s seront ainsi au courant des enjeux de la réforme avant la rentrée.

La commission mixte de travail, avec tou-te-s les militant-e-s de la FSE qui le souhaiteront, rédigera d’ici la rencontre fédérale commune un argumentaire sur la licence (analyse de la réforme, des précédentes réformes de la licence, des problèmes qui se posent en licence et présentation de nos revendications), qui pourra rapidement être transformée en matériel de propagande par un groupe de travail mixte qui se réunira dès cette rencontre fédérale. Ce matériel sera actualisé au fur et à mesure que la commission expertise aura analysé les nouvelles informations sur la réforme, tout au long du second semestre. Les syndicats pourront également faire ce travail d’information par des réunions publiques sur la licence.

D’autre part, SUD-Étudiant et la FSE s’engagent à appeler à des intersyndicales dès le second semestre, pour que cette mobilisation puisse être préparée de la façon la plus unitaire possible, au niveau national et au niveau local, en invitant tous les syndicats de la CNT à l’UNEF. Il faudra également tenter d’intégrer au maximum les syndicats de personnels, qui auront une surcharge de travail avec cette réforme, aux intersyndicales locales. SUD-Étudiant et la FSE auront pour mandat dans ces intersyndicales de proposer notre calendrier de campagne et du matériel commun.

En juin, au moment de nos congrès respectifs, nous aurons de nouveaux textes qui, en fonction du contexte et de ce qu’on saura de la réforme, donneront des perspectives pour les modalités que prendra la campagne à la rentrée.

Plate-forme de revendications :

- Mettre fin au salariat forcé des étudiant-e-s, par la mise en place d’un réel systéme d’aides sociales :

- augmentation des bourses en montnat et en nombre, fin du systéme des palnchers et révisions des critéres d’attributions

- construction massive de logements sociaux à hauteur des besoins

- Augmentation du taux d’encadrement par des embauches massives de personnels enseignants ou non enseignants titulaires et non pas augmenter le volume horaire.

- Pas de sélection sociale à l’entrée de l’université

- Réinvestissement massif de l’Etat dans l’enseignement supérieur, suppression des Grandes Ecoles suppression de l’enseignement supérieur privé et renversement de leur budget dans le budget des Universités pour toutes les formations ( et non pas des formations d’excellence) »

- Mise en place d’une compensation semestrielle et inter-semestrielle dans toutes les filières

- Mise en place d’une réelle session de rattrapage dans toutes les filières sans notes éliminatoires.


Télécharger le tract en pdf

Source: NPA06, 6 avril 2011

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s