LE CROUS COLLABORE AUX DEPORTATIONS – quand la police rafle dans les logements universitaires

Protestations après l’interpellation d’une étudiante algérienne à Strasbourg

Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté mercredi à Strasbourg contre l’interpellation dans une résidence universitaire d’une étudiante algérienne en situation irrégulière, ont indiqué le collectif Justice et Libertés et le Réseau Universités Sans Frontières.

Ils condamnent l’interpellation de Walid Belatal, étudiante en 2e année de Master de Civilisation anglaise « qui était déjà en possession d’un billet retour vers l’Algérie mais voulait passer son examen de fin d’études avant de rentrer dans son pays ».

Elle s’était vu refuser en début d’année le renouvellement de son titre de séjour « étudiant » par la préfecture et avait alors déposé un recours administratif qui avait été rejeté. La jeune femme a été placée en centre de rétention en vue de son expulsion.

L’UNEF a dénoncé dans un communiqué « les conditions scandaleuses de l’arrestation opérée directement dans sa chambre, attribuée par le CROUS ».

Pour le syndicat étudiant « cette situation est symptomatique de la logique purement comptable dans laquelle basculent les politiques en matière d’immigration ».
Il interpelle le gouvernement et le réseau des CROUS, exigeant qu’ils permettent aux étudiants de se concentrer sans inquiétude sur leurs études dans les lieux de vie étudiante prévus à cet effet.

Interrogé à Strasbourg par l’AFP, Christian Chazal, le directeur du CROUS a argumenté: « il y a des lois que les représentants de l’Etat appliquent et il est difficile pour l’opérateur public que nous sommes, situé en bout de chaîne, de s’y opposer ». « Nous devons ainsi permettre l’accès de forces de police en cas de situation illégale », a-t-il résumé.

Leur presse – LeParisien.fr, 20 avril 2011

Strasbourg: étudiante algérienne expulsée, CROUS accusé

SOCIETE L’Union des étudiants étrangers de Strasbourg et le Réseau universités sans frontières (RUSF) ont organisé une manifestation ce matin devant la préfecture du Bas-Rhin, à Strasbourg, pour dénoncer l’arrestation la veille de Widad Belatel, une étudiante algérienne en situation irrégulière. Trente-cinq personnes y ont participé, d’après les organisateurs. Selon Mehdi Amadir, président de l’Udees, la jeune femme a déjà été reconduite en Algérie : « Ca a été une expulsion flash. Elle a été arrêtée hier matin à 9 heures et elle a été expulsée ce matin à 10h45 ».

Widad Belatel était « inscrite en deuxième année de master de civilisation Anglaise à l’Université de Strasbourg ». « Très sérieuse et motivée dans ses études, elle a cependant rencontré des difficultés lors de son parcours qui ne lui ont pas permis de valider ses semestres », explique RUSF. Elle voulait cependant « réussir ses examens du deuxième semestre pour obtenir son diplôme et rentrer dans son pays comme prévu depuis son arrivée en France ».

Le renouvellement de son titre de séjour en France lui aurait été refusé « en début d’année ». Elle a été arrêtée mardi matin à la cité universitaire Paul-Appell, où elle était logée. Son arrestation « s’est faite avec la collaboration malheureuse et immorale de la direction de la Cité-U », dénonce RUSF. « C’est la deuxième arrestation d’un étudiant en situation irrégulière au sein de cette cité et c’est un cas unique en France de collaboration active entre une cité universitaire et les services de police à l’encontre des étudiants étrangers », poursuit Syamak Agha Babaei, conseiller municipal PS de Strasbourg et représentant de la communauté urbaine au conseil d’administration du Crous.

« Normalement, les policiers n’ont pas le droit de rentrer sur les terrains ou les bâtiments de l’université et du Crous. Il faut que le Crous leur accorde une autorisation. Au premier semestre, un étudiant avait déjà été arrêté chez lui à 7 heures du matin, mais il avait été relâché suite à une décision du juge des libertés et de la détention pour un vice de procédure », précise Mehdi Amadir.

L’Udees entend « demander des explications au Crous et réclamer l’arrêt de ces pratiques ». « On ne peut pas se revendiquer comme l’université de France qui accueille le plus d’étudiants étrangers et en même temps tolérer ce genre de choses », estime Mehdi Amadir.

Contacté, le directeur du Crous, Christian Chazal, répond que « l’établissement (qu’il) dirige, opérateur public de l’Etat, n’a pas vocation à s’opposer aux services du préfet dans la cadre de la réalisation d’une mission qui n’est pas de sa compétence ». « Sur le bien fondé de cette opération, je n’ai rien à dire. C’est le rôle du préfet de faire appliquer la loi », ajoute-t-il.
En pratique, les forces de l’ordre doivent demander aux directeurs des cités universitaires l’autorisation de pénétrer dans les bâtiments. « Si la police de l’air et des frontières vient et que le directeur est absent, elle ne pourra pas rentrer dans la cité et repartira. »
Christian Chazal juge par ailleurs « très choquant qu’un conseiller municipal de la ville de Strasbourg dise que le Crous collabore« . Il y voit « la volonté d’une récupération politique de cet événement ».

Leur presse – Libération Strasbourg, 20 avril 2011

Expulsion d’une étudiante algérienne

À l’appel de RUSF 67, une manifestation a été organisée  hier matin, à Strasbourg, devant la préfecture. Photo Dominique GutekunstUne étudiante algérienne a été arrêtée mardi matin, dans sa cité universitaire de Strasbourg. Elle a été emmenée au CRA (Centre de rétention administrative) de Geispolsheim pour y attendre son expulsion.

Widad Belatel était inscrite en 2 e année de master de civilisation anglaise à l’Université de Strasbourg (UdS). Début 2011, elle s’est vue refuser par la préfecture le renouvellement de son titre de séjour étudiant et un recours contre cette décision a également été rejeté par le tribunal administratif de Strasbourg.

Depuis, elle était en situation irrégulière en France. Malgré cela, elle a continué à préparer ses examens de mai 2011. Des examens qu’elle n’aura pas l’occasion de passer puisqu’elle a été arrêtée mardi matin, dans sa chambre de la cité universitaire Paul-Appel à Strasbourg.

Des fonctionnaires de la Police de l’air et des frontières (Paf) sont venus la chercher pour l’emmener au CRA de Geispolsheim où elle attend d’être expulsée vers l’Algérie.

Des « collaborateurs »

Pour le Réseau universités sans frontières (RUSF) 67, qui a organisé une manifestation hier matin, devant la préfecture de Strasbourg, « c’est la 2 e fois cette année qu’un étudiant est arrêté dans cette cité universitaire depuis le début de l’année ».

Selon l’association, « c’est aussi la seule Cité U à collaborer ainsi avec la police ». Les bénévoles de l’association qui ont pris contact avec Widad Belatel après son arrestation ont indiqué qu’elle avait signé les documents d’expulsion. « C’est la France qui va payer son billet de retour, relève l’un d’eux, alors que Widad avait déjà un billet pour rentrer définitivement en Algérie après ses examens de fin d’année universitaire. » RUSF 67 et diverses associations étudiantes demandent la libération de l’étudiante et sa régularisation.

La directrice de la Cité U Paul-Appel a, de son côté, indiqué qu’elle ne pouvait pas s’opposer à l’intervention de la police : « Si elle le demande, on lui ouvre les portes. La police fait son travail. On ne connaît pas la situation de l’étudiante, ce n’est pas notre affaire… » Elle indique également qu’elle a demandé à la jeune femme lors de son arrestation si tout allait bien. « Elle m’a répondu : oui, ça va ».

Une situation plutôt indigne

Pour Christian Chazal, directeur du Crous à Strasbourg, « si la directrice avait refusé son accord, la Paf n’aurait pas pu intervenir ». Mais il ajoute immédiatement que « l’institution, établissement public, n’a pas lieu de refuser une telle demande d’intervention ». Revenant sur le cas de l’étudiante, il a également indiqué que « sa scolarité avait été très chaotique » et que cette année « était sa 6 e inscription en master et qu’une demande d’inscription en doctorat lui avait été refusée ».

Reste que l’on peut s’interroger sur l’absurdité de délivrer des titres de séjour « étudiant » qui ne couvrent pas la totalité de l’année universitaire… Permettre à ces étudiants d’achever leur année d’études et passer leurs examens avant de leur refuser éventuellement un renouvellement éviterait la situation que vit Widad, absurde et plutôt indigne.

Leur presse – L’Alsace.fr, 21 avril 2011

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